Après la comédie sur le coming-in (Toute Première Fois), voici une autre comédie française qui part d’une situation classique pour la renverser. En effet, dans Papa ou Maman, le deux parents ne se battent pas pour la garde des enfants, mais au contraire pour surtout pas l’avoir. Voilà une idée originale qui aurait pu être excellente. Elle est malheureusement là aussi assez mal exploitée et donne un résultat plutôt poussif.
Si Papa ou Maman est un film franchement médiocre, au moins, ce n’est pas la faute de Laurent Lafitte et Marina Foïs. S’ils ne tiennent pas là le rôle de leur vie, au moins donnent-ils leur maximum. Ils ne renouvellent pas non plus leur répertoire, mais insufflent une énergie qui aurait faire de ce film une réussite. Ils portent le film sur leur dos et font que l’on ne sombre pas complètement dans l’ennui, porté par un fol espoir que le final sera nettement plus intense que le reste du film. C’est légèrement le cas, mais pas assez pour sauver le film.
Papa ou Maman est long à démarrer. La mise en place de l’intrigue prend beaucoup de temps, or la majorité des spectateurs connaît déjà le pitch en arrivant dans la salle et a donc envie qu’on aille à l’essentiel. Et une fois que tout est lancé, c’est plutôt la déception qui domine. Les idées sont toutes assez attendues et surtout ne sont pas si nombreuses que ça. Cela reste au niveau du service minimum niveau intensité et créativité. On sourit de temps en temps, quelques éclats de rire surviennent, mais pas assez pour une comédie digne de ce nom. Bref, on se demande vraiment comment les scénaristes ont pu s’y mettre à trois pour nous livrer si peu de choses…
LA NOTE : 9/20

Gilles Lellouche est un acteur très sympathique, mais il faut bien l’admettre, il n’est cependant pas un très grand acteur. Jamais il ne sublime son personnage et se contente juste d’une interprétation professionnelle et sans relief. Il est à l’image de L’Enquête, un film sans souffle épique alors que la quête de la vérité… constitue justement une quête. Le propos reste très manichéen et ne nous épargne aucun des clichés relatifs au journaliste courageux face au vilain système corrompu. Certes, le combat de Denis Robert est courageux et le système largement pourri. Mais on combat rarement efficacement les ombres avec une blancheur trop éclatante pour être crédible… Putain, c’est beau ce que je dis…

Cependant, il est vrai que le tout ronronne pendant une heure et demi. Le suspense se maintient et par la même occasion la curiosité du spectateur. Puis vient ce moment de grâce cinématographique qui offre à Phoenix un magnifique dénouement. On en ressort donc le souffle un peu court et sous le charme d’une Nina Hoss qui se révèle d’un coup, alors qu’elle s’est surtout contentée de nous offrir une jolie collection de yeux de chien battu pendant tout le reste du film. Une belle fin n’est jamais une fin en soi, mais nous permet de ne pas trop rester sur notre faim.
Reste néanmoins deux raisons de se réjouir devant Toute Première Fois. Pour les hommes, le charme assez incroyable d’Adrianna Gradziel. Pourtant dieu sait si les grandes blondes filiformes ne sont pas ma tasse de thé, mais là, j’avoue, je peux tout à fait comprendre qu’un gay, ou bien même le Pape, ou encore un mort tombe amoureux de cette charmante créature. Mais que les femmes se rassurent, elles en auront aussi pour leur argent car elles auront largement l’occasion d’admirer la plastique de Pio Marmai… toute la plastique !!! C’est un peu faible pour faire un film, mais c’est déjà mieux que rien.
Imitation Game se distingue par le fond, mais aussi par la forme. Le sens de la narration se traduit par un montage brillant qui nous permet de suivre les trois époques auxquelles nous transporte le film en voyant toujours très bien ce qui les relie, apportant une vraie unité au propos qui ne se résume pas au déroulé d’une vie. La réalisation de Morten Tyldum est sobre mais très élégante, arrivant notamment à créer des ambiances visuelles légèrement différentes entre les époques nous permettant de toujours savoir où nous sommes. Enfin, la performance de Benedict Cumberbatch est d’une justesse remarquable. Il donne vie à son personnage en mettant en avant son caractère exceptionnel, sans lui retirer son humanité.
Dommage que la réalisation manque un peu de dynamisme pour amplifier cette tension. Le choix d’un rythme plutôt lent participe à l’ambiance générale de Foxcatcher, mais le prive d’un souffle qui aurait fait franchir à cet excellent film un palier supplémentaire. Cependant, cela nous laisse le temps d’admirer la performance d’un trio d’acteurs parfaitement dirigé. Channing Tatum et Mark Ruffalo tiennent là un de leurs rôles les plus marquants, en termes de qualité d’interprétation notamment. Et que dire d’un Steve Carell méconnaissable et terriblement inquiétant ! Cela renforce l’impression d’une maîtrise esthétique et artistique totale de la part de Bennett Miller, même si cette perfection l’a peut-être conduit à une légère tendance à l’auto-contemplation.
Et c’est vrai que cela peut marcher car les personnages sont assez attachants pour que l’on épouse leur combat. Mais tout cela fait que Discount n’est qu’une comédie légère, avec comme seul fond de réflexion « La grande distribution, c’est mal ! Les actionnaires sont vilains ! Bouh ! ». Ca reste un peu léger et le personnage de la directrice du magasin, interprétée par Zabou Breitman, présentée elle-aussi comme une victime malheureuse, ne vient pas vraiment enrichir le propos. D’ailleurs tout cela aboutit à un dénouement qui laisse la plupart des questions et des sous-intrigues en suspens, sans réelle conclusion. Et comme à côté de ça, le côté comédie est sympathique, mais sans plus, cela donne au final un résultat plutôt moyen.
On enchaîne avec The Whole Love du groupe de rock américain Wilco. C’est le troisième album de ce groupe dont j’écris la critique. Mes deux premières furent plus que positives. Cette dernière sera plus mitigée. Il faut dire que l’album s’ouvre avec un titre plutôt faiblard. La suite est plus convaincante, propre, maîtrisé, mais sans grand relief. L’album constitue en fait plutôt un fond musical sympathique, plutôt qu’une accroche d’oreille. On retiendra une belle ballade, Open Mind, et Standing le titre le plus dynamique et le plus rock.
On termine avec une vraie belle découverte. Mayer Hawthorne est un chanteur et compositeur américain, aux influences multiples. Avec How Do You Do, il nous livre une musique douce et envoûtante parfois, groovy et entraînante souvent. Mais une musique toujours marquée par une grande maîtrise et une réelle énergie. La voix de Mayer Hawthorne n’a peut-être pas une voix exceptionnelle, mais elle l’exploite parfaitement. L’album est très homogène et surtout toujours très bon. On retiendra tout de même le titre Hooked qui sort d’un lot déjà excellent.
Mais évidemment tout cela aurait été bien inutile sans un interprète à la hauteur, qui sache là aussi ne pas en faire trop. Un rôle à Oscar qui pourrait bien valoir à Eddie Redmayne une petite statuette ce dimanche. Pourtant, je n’avais jamais réussi à aimer cet acteur jusqu’à présent, mais là je dois m’incliner devant cette performance. Certes, les biopics se prêtent tout particulièrement à ce genre de performance, mais si jamais il était récompensé, cela serait amplement mérité. Mais plus largement, c’est le film qui mérite notre admiration sincère.
Commentaires récents