Pensez à la personne la plus atrocement méchante, vicieuse et manipulatrice que vous ayez jamais croisé. Bref pensez à votre ex. Et bien dites vous que ce n’est rien par rapport à Sarah, une des deux protagonistes de Respire, premier film de Mélanie Laurent, qui fait décidément toujours prevue de beaucoup de talent dans tout ce qu’elle entreprend. Un film sur l’adolescence dur et cruel, mais globalement bien maîtrisé.
Respire se démarque par une scénario au tempo parfaitement ajusté. Il n’y a rien de vraiment inattendu dans ce film, à part le dénouement sur lequel je reviendrai, mais il se déroule de manière assez intelligente et subtile pour que la tension narrative soit toujours particulièrement forte. Cette histoire d’amitié qui tourne à la relation malsaine et destructrice est un modèle de construction dans la progressivité d’une évolution que l’on sait inéluctable (sinon il n’y aurait pas de film), mais qu’on aurait envie à chaque instant d’arrêter.
Respire est aussi l’occasion de confirmer le grand talent de deux jeunes actrices. Celui de Lou De Laâge, qui a déjà eu l’honneur d’une nomination aux César du Meilleur Espoir Féminin pour son rôle dans Jappeloup, et qui est absolument terrifiante dans ce rôle. Mais la vraie révélation de Respire reste Joséphine Japy, que l’on avait déjà remarquée dans le Moine et en dans le rôle de France Gall dans Cloclo. La réussite de ce film doit beaucoup à ses deux actrices, mais on peut évidemment souligner la direction remarquable de Mélanie Laurent.
On peut cependant émettre deux petites critiques à propos de Respire. Tout d’abord, si le propos est parfaitement construit, il cosntitue au final un spectacle un peu voyeur et sadique. Certes, il retranscrit parfaitement la cruauté que revêt parfois l’adolescence, mais ne va guère au-delà du constat et de la reconstitution méthodique et exhaustive. Ensuite, le dénouement m’a laissé quelque peu circonspect. Evidemment je n’en dirai rien et je laissera à chacun le loisir de se faire sa propre opinion.
LA NOTE : 12/20
Fiche technique :
Production : Move Movie, Gaumont, Mely productions, Canal +
Réalisation : Mélanie Laurent
Scénario : Mélanie Laurent, Julien Lambroschini, d’après le roman d’Anne-Sophie Brasme
D’habitude je réserve mes critiques littéraires aux œuvres de fiction. Mais je ne pouvais pas ne pas vous parler de ce best-seller mondial qu’est le Capital au XXIème siècle de Thomas Piketty, un des succès les plus étonnant de l’histoire de l’édition. J’ai déjà lu des bouquins d’économie passionnants qui semblaient plus abordables que ce livre de 1000 pages, plein de courbes et de graphiques, et parfois très techniques. Mais le succès ne s’explique pas…
… mais il peut néanmoins se comprendre. En effet, le Capital au XXIème siècle est unique en son genre et incroyablement intéressant de la première à la dernière page. Son côté exhaustif n’est jamais rébarbatif. Au contraire, il force l’admiration et rend le propos particulièrement convaincant. Les courbes ne sont pas là pour illustrer des équations théoriques, mais bien pour se confronter avec la réalité des données objectives. Ce travail de confrontation n’est que trop peu souvent mené (voire jamais, comme l’explique parfaitement le premier chapitre), ce qui a des conséquences catastrophiques sur la pensée économique, de plus en plus déconnectée du réel.
L’avantage de le Capital au XXIème est qu’on peut le lire sans forcément lire tous les chapitres en entier. Thomas Piketty prévient souvent le lecteur qu’il peut passer directement au chapitre suivant s’il craint les propos trop techniques. Ceux qui me connaissent se doutent bien que j’ai tout lu de A à Z, mais il est évident que cette facilité de lecture a contribué au succès de ce livre. Mais de toute façon, le propos reste toujours très clair et accessible. Il s’appuie sur des faits, très peu sur des éléments mathématiques abstraits. Très peu de verbiage ou de termes incompréhensibles, mais une force de conviction et un réel brio dans les démonstrations renouvelés à chaque page.
Le Capital au XXIème siècle, c’est 900 pages de constats pour comprendre le monde actuel, son fonctionnement et les évolutions qu’il connaît. Il met en avant de manière éclatante un certain nombre de problèmes que l’on pressent mais qui se trouvent ici démontrés et quantifiés. A l’inverse, il détruit un certain nombre d’idées reçus qu’une certaine idéologie s’attache à faire vivre. En cela, cet ouvrage fait partie des livres indispensables qui rendent moins cons. Certes, la dernière partie consacrée aux solutions à mettre en œuvre est un peu moins convaincante. Thomas Piketty explique d’ailleurs bien qu’il propose là une utopie chargée de faire progresser la pensée, mais qui ne constitue pas un programme politique qui puisse être mis en œuvre rapidement. Cela montre bien à quel point les problèmes sont compliqués, que le « faukon, yaka » est toujours plus facile que de mettre réellement des politiques en œuvre, y compris quand on a parfaitement identifié et démontré quels sont les problèmes et comment ils évoluent.
Du coup, on peut facilement imaginer à quel point c’est difficile quand on n’a pas cette connaissance. Bref, quand on n’a pas lu le Capital au XXIème Siècle de Thomas Piketty.
Après un épisode initial très réussi et devenu culte et un deuxième plutôt raté et sans grand intérêt, revoici la saga Hunger Games, avec la première partie du troisième volet (je sais c’est subtil… mais Harry Potter nous avait déjà habitué à ça). Un épisode qui sort alors que des symboles de cet univers sont repris par les opposants au pouvoir en Thaïlande, ce qui montre quand même son impact sur l’imaginaire collectif mondial. Les attentes étaient donc grandes. Le résultat est au final… allez gardons encore un peu de suspense pour quelques lignes…
Hunger Games : la Révolte Partie 1 ressemble au deuxième épisode dans le sens où le contenu est relativement limité. On est en droit de se demander si cette division en deux parties du chapitre final était vraiment nécessaire. Franchement, le film aurait pu tenir en une grosse heure sans que l’histoire n’en souffre vraiment. Le récit est quand même largement dilué et se concentre longuement sur les états d’âme des personnages, beaucoup plus que sur l’avancée de l’intrigue qui fait du surplace.
Hunger Games : la Révolte Partie 1 ne ressemble pas du tout au deuxième épisode dans le sens où ce qui est raconté présente un réel intérêt. Le rythme de narration est lent, mais à force de voir des séries télévisées (ou des films asiatiques), on est habitué à ce tempo et on se dit qu’on ne fait que prolonger le plaisir. Car le plaisir est réel de voir l’histoire s’attarder ainsi sur des personnages qui nous tiennent à cœur. Surtout que le propos n’est pas dénué d’un minimum de subtilité et réserve un peu d’inattendu.
Hunger Games : la Révolte Partie 1 ressemble surtout au premier épisode dans le sens où il nous réserve de beaux moments de cinéma. On retrouve dans certaines séquences la qualité de la réalisation et l’esprit épique qui nous avaient cloués au fauteuil au premier round et on ne peut que s’en réjouir. Certes, cet épisode est beaucoup plus inégal que le premier et certaines séquences font parfois sourire par une maladresse flagrante. Mais on se régale devant ces petits moments enthousiasmants, un enthousiasme que l’on redoutait de ne jamais retrouver et qui nous fait attendre la conclusion avec une réelle impatience.
Reste enfin la grâce de Jennifer Lawrence. Elle possède ce petit quelque chose en plus qui fait les grandes actrices. Sa présence, son charisme compensent largement les dialogues parfois un peu faibles, même parfois, à de rares moments heureusement, un peu ridicules. Cette saga a fait d’elle une star mondiale. Elle connaîtra, et a déjà connu, de plus grands rôles, dirigés par de vrais grands réalisateurs (sans faire injure à Francis Lawrence), mais elle restera à jamais dans le cœur de beaucoup de cinéphile Katniss Everdeen.
LA NOTE : 12/20
Fiche technique :
Production : Lionsgate, Colorforce
Distribution : Metropolitan Filmexport
Réalisation : Francis Lawrence
Scénario : Peter Craig, Danny Strong, d’après le roman de Suzanne Collins
On commence ce nouvel avis musical avec Bill Calahan. Un musicien américain méconnu dans notre pays, mais qui a tout de même sorti 16 albums depuis 1990. Je vais vous parler ici de l’avant-dernier en date (oui j’ai toujours autant de retard) sorti en 2011 et intitulé Apocalypse. Un album court de sept titres. Dès les premières secondes, on est assez subjugué par la voix profonde et grave, qui dégage une certaine magie. Le style entre pop et country est particulièrement épuré. Malheureusement, l’album manque d’un titre vraiment marquant. Le titre America ! est lui carrément inaudible. Avec un peu plus de punch, l’album aurait pu prendre une autre dimension et on peut vraiment regretter au final que le potentiel vocal assez impressionnant soit assez mal exploité.
On enchaîne avec Wu Lyf et l’album Go Tell Fire to the Mountain. Il s’agit d’un groupe anglais, guère plus renommé de ce côté de la Manche que l’artiste précédent. Leur nom vient des initiales de World Unite Lucifer Youth Foundation… Rien que cela ! Ils nous proposent un rock maîtrisé et assez propre sur lui. La partie vocale a quelque peu tendance à se transformer en cri un rien éraillé et les mélodies sont parfois lancinantes. Bref, tout cela manque passablement de relief et aucun titre n’arrive réellement à décoller.
On termine avec la plus intéressante de ces trois découvertes. TV on Radio et leur album Nine Types of Light. Il s’agit d’un groupe américain aux influences très diverses. Cet album mélange d’ailleurs allégrement rock et électro. Les titres sont parfois assez déstructurés mais toujours variés pour un résultat qui retient très souvent l’intention et titille la curiosité de l’auditeur. Le travail sur la voix est aussi très intéressant, alternant une voix profonde qui entre souvent en dissonance par rapport à la mélodie et une voix plus aiguë mais aussi plus mélodieuse. Pas de chef d’œuvre ici, mais un album qui mérite qu’on lui consacre un peu d’attention.
L’adaptation de faits divers ou d’affaires criminelles réelles est devenue une idée récurrente chez les réalisateurs français. Et visiblement, pour cela, il pense immédiatement à Guillaume Canet pour incarner le psychopathe de service. Après sa prestation dans L’Homme Qu’on Aimait Trop (dont le scénariste n’était autre que… Cédric Anger), le voici à l’affiche de La Prochaine Fois Je Viserai le Coeur, un film de… Cédric Anger. Un film portrait plutôt qu’un film policier.
La Prochaine Fois Je Viserai le Coeur nous confronte à ce que l’on nommera de manière simpliste la folie. Non tant sur ses racines, mais dans la manière dont elle se manifeste, peut consumer un homme et le pousser à commettre les pires atrocités, poussé par des pulsions incontrôlables. Le film aurait donc pu facilement être vain, un peu voyeur et dénué de profondeur. Il n’en est rien. Cédric Anger évite les pièges dans lequel il aurait pu tomber et livre un propos convaincant, une plongée fascinante dans les méandres de l’âme humaine. Il n’y a pas de morale finale à cette histoire, mais on en ressort quand même quelque peu secoué.
La réussite tient aussi à la réalisation tout en sensibilité de Cédric Anger. La Prochaine Fois Je Viserai le Coeur n’est pas dénué de qualités esthétiques, mais elles restent toujours au service du propos et des personnages. La caméra est là pour nous faire partager des sentiments, aussi incompréhensibles soient-ils, non pour donner un caractère spectaculaire. Tout cela contribue à ce que le film soit parcouru tout du long par une réelle intensité narrative, bien que l’on se doute bien comment tout cela va finir. Une belle réussite cinématographique donc.
LA NOTE : 13/20
Fiche technique :
Réalisation : Cédric Anger
Scénario : Cédric Anger, d’après le roman Un assassin au-dessus de tout soupçon d’Yvan Stefanovitch
Décors : Thierry François
Costumes : Jürgen Dœring
Photographie : Thomas Hardmeier
Son : Pierre André, Jean Goudier, Nicolas Dambroise et Florent Lavallée
Les grands acteurs savent changer leur sourire, leur regard, leur physique tout entier parfois pour entrer dans les peau des personnages qu’ils sont chargés d’incarner. Et parfois aussi leur voix. Mais cette dernière transformation demande un supplément de talent qui n’est pas donné à tout le monde. Tom Hardy fait partie des valeurs sûres d’Hollywood. Mais il lui manque peut-être encore un petit quelque chose pour entrer dans le club très fermé des étoiles du cinéma. La preuve dans Quand Vient la Nuit.
Quand Vient la Nuit a pour personnage principal un homme que l’on qualifiera sobrement d’un peu limité. Il parle donc comme quelqu’un d’un peu limité. Tom Hardy était donc censé de parler comme quelqu’un d’un peu limité. Sauf qu’au final, il parle comme un acteur qui voudrait faire croire qu’il parle comme quelqu’un d’un peu limité. Bref, ça sonne très faux, son personnage sonne très faux et au final le film sonne un peu faux. Un peu seulement car heureusement il y a quand même quelques raisons d’aimer ce film.
On peut déjà l’aimer pour le reste du casting. C’est avec un petit pincement au cœur quand l’on voit à l’écran James Gandolfini, malheureusement décédé depuis et qui nous rappelle ici pourquoi on le regrette. Matthias Schoenaerts confirme de l’autre côté de l’Atlantique tout le bien que l’on pensait de lui sur le Vieux Continent. Ce chemin, Noomi Rapace l’a fait depuis quelques temps déjà, toujours avec bonheur. Mais Quand Vient la Nuit marque surtout les débuts américains de Michael R.Roskam, le réalisateur belge du fantastique Bullhead (mon film de l’année 2011 rappelons-le). Des débuts un peu mitigé donc, mais qui montre tout de même qu’il n’a pas perdu son sens de l’ambiance et de la réalisation. Il sait toujours faire des films noirs et on attend avec impatience le prochain !
LA NOTE : 11/20
Fiche technique :
Production : Chernin Entertainment, Fox Searchlight Pictures,
Distribution : 20th Century Fox
Réalisation : Michael R. Roskam
Scénario : Dennis Lehane, d’après sa nouvelle Animal Rescue
François, François, François… Non, je ne parle pas à François Hollande, même si ça peut m’arriver de m’adresser à lui ainsi (enfin virtuellement, je n’ai pas encore mes entrées à l’Elysée). Je parle à François Ozon, un des réalisateurs les plus brillants du cinéma français, mais qui me laisse toujours un peu sur ma faim. Et c’est une nouvelle fois le cas avec Une Nouvelle Amie.
François Ozon maîtrise totalement son sujet artistiquement. Comme toujours, Une Nouvelle Amie est parfaitement réalisé, chaque image est ciselée, les comédiens sont parfaitement dirigés, la narration est fluide et rythmée. Il n’y a pas de défaut, on frôle la perfection, mais le tout ressemble du coup quelque peu à un exercice de style, un peu lisse, un peu froid. Or le sujet, un homme qui se travestit après la mort brutale de son épouse et qui entame une relation ambiguë avec la meilleure amie de cette dernière, appelait plutôt un style avec un peu plus d’aspérités.
Mais au-delà de cette réserve, Une Nouvelle Amie se caractérise quand même avant tout par un scénario remarquable, beaucoup plus intéressant que le laissait supposer la bande-annonce. Il propose une vraie matière à réflexion, évite tous les clichés et n’enfonce jamais de portes ouvertes. C’est aussi l’occasion de rendre compte une nouvelle fois de l’immensité du talent de Romain Duris, véritablement étonnant dans ce rôle difficile.
LA NOTE : 12,5/20
Fiche technique :
Production : Mandarin films, FOZ, Mars Films, France 2 Cinéma, Canal plus
Distribution : Mars distribution
Réalisation : François Ozon
Scénario : François Ozon, d’après un roman de Ruth Rendell
Montage : Laure Gardette
Photo : Pascal Marti
Décors : Michel Barthélémy
Musique : Philippe Rombi
Costumes : Pascaline Chavanne
Durée : 105 mn
Casting :
Romain Duris : David, Virginia
Anaïs Demoustier : Claire
Raphaël Personnaz : Gilles
Isild le Besco : Laura
Aurore Clément : Liz, la mère de Laura
Bruno Perard : Eva Carlton
Jean-Claude Bolle-Reddat : Robert, le père de Laura
Christopher Nolan a la particularité d’être à la fois un grand, un très grand, un immense réalisateur, mais aussi un grand, un très grand, un immense, un sublime, un incroyable, un formidable, un fantastique scénariste. Cela fait beaucoup pour un seul homme, mais le génie est une des choses les moins bien partagées sur cette Terre. Pourtant, si Interstellar est une nouvelle fois un vrai grand film, c’est par son scénario qu’il pêche un peu. Même si c’est aussi son scénario qui fait sa force.
Parlons donc du scénario. Celui d’Interstellar est typique de ceux de Christopher Nolan (à part peut-être ceux de sa trilogie Batman). D’une incroyable complexité, pouvant potentiellement donné mal à la tête, mais totalement compréhensible si on fait preuve d’une vraie concentration (et ici, si on possède quelques notions de physique relativiste). En effet, tout est cohérent, précis, réglé au millimètre et surtout expliqué de A à Z, sans zone d’ombre. On peut aussi accepter de ne pas tout comprendre, de ne pas traquer partout les indices et les explications et alors le tout prend une forme totalement poétique. A la fois poétique et cartésien, le cinéma de Nolan est un paradoxe digne de ceux soulevés par la théorie de la relativité.
On peut reprocher aux scénarios de Nolan un aspect très mécanique. Une mécanique complexe et parfaitement huilée, mais où chaque élément, y compris les personnages, s’apparentent à des rouages. C’est fascinant, mais au final très froid, ne laissant pas beaucoup de place à l’émotion. Interstellar est sûrement son film le plus chaleureux, celui où l’humain joue le plus grand rôle. Il aurait donc pu être son plus grand film, le premier où il aurait mis sa formidable intelligence, son imagination infinie, mais aussi un peu de son cœur.
Mais voilà, le scénario d’Interstellar souffre d’un gros défaut. On devine le dénouement beaucoup trop vite. L’habitude de semer des indices se retourne contre Nolan, car cette fois il dévoile de manière trop évidente là où il veut nous emmener. Du coup, la tension narrative ne porte plus que sur le comment on va arriver à destination, et se retrouve ainsi considérablement atténuée. Si cela n’est pas gênant pour une comédie romantique, cela nous empêche ici d’être totalement passionné, d’être totalement immergé dans le spectacle proposé, oubliant que l’on est simplement dans un fauteuil de cinéma. De plus, on peut ajouter à ça des ultimes minutes un peu longues et superflues.
Cependant, Interstellar reste une telle merveille de réalisation que l’on ne peut que savourer avec délectation le spectacle proposée. La très belle musique de Hans Zimmer sublime l’incroyable beauté des images que nous livre Christopher Nolan. Le film reste une leçon magistrale d’esthétique et en fait tout simplement de cinéma. Et comme le tout s’appuie sur des acteurs de la trempe de Matthew McConaughey, ce film s’apparente tout de même au final à un petit bijou, imparfait certes, mais tout de même particulièrement précieux.
LA NOTE : 15/20
Fiche technique :
Production : Legendary Pictures, Syncopy, Lynda Obst Productions, Paramount pictures, Warner Bros pictures
La guerre civile en Irlande a souvent été racontée au cinéma du point de vue irlandais, assez peu du point de vue britannique. ’71 nous relate le conflit au travers l’histoire d’un jeune soldat anglais qui croyait être affecté dans un lieu tranquille, avant d’être finalement envoyé avec son unité au milieu d’un Belfast coupé en deux, où une partie de la population voue à ses compagnons et lui une haine qui peut être mortelle. Le résultat est très classique, mais non dénué d’intérêt.
L’histoire du jeune soldat se retrouvant plongé au milieu d’un conflit qui le dépasse et dont il se sent totalement étranger est un sujet maintes fois porté à l’écran. On a pu en voir une autre version récemment avec Fury. ’71 ne révolutionne pas le propos. Le but est clairement de montrer qu’il n’y a jamais de mal et de bien absolus et que la cause qu’on défend n’est au final ni plus noble, ni plus noblement défendue que pour le camp d’en face. L’armée britannique, l’IRA et ses différentes factions sont renvoyées dos à dos. Il n’y a au final pas de héros dans un tel conflit, mais beaucoup de victimes.
Sur la forme aussi, ’71 n’a rien de révolutionnaire. La réalisation est propre et soignée. Elle est avant tout au service de l’histoire, sans effets esthétiques superflus. Elle arrive néanmoins à créer une certaine tension et une ambiance assez immersive. Tout cela fait que l’on regarde ce film avec un intérêt soutenu, mais sans réel enthousiasme. Il lui manque peut-être un petit peu d’émotion pour vraiment prendre une dimension supplémentaire.
LA NOTE : 12/20
Fiche technique :
Production : Crab Apple Films, Protagonist Pictures, Wrap Films
Après avoir manqué la Naissance des Pieuvres et Tomboy, je ne pouvais pas passer à côté de Bande de Filles, le nouveau film de Céline Sciamma, réalisatrice française unanimement saluée par la critique et dont je ne connaissais pas encore l’univers. Avec ce film, elle s’attaque de front à deux sujets qui sont souvent susceptibles de donner de très mauvais résultats : l’adolescence et la banlieue. Mais quand le talent parle, le résultat est à la hauteur des attentes.
Bande de Filles est un film qui a bien des qualités. Le propos repose sur un fil narratif solide, avec de vrais rebondissements et une évolution des personnages parfois surprenantes, jamais cousues de fil blanc, même si cela reste au fond assez logique. Il ne s’agit pas d’un film militant, il délivre simplement une réflexion intéressante et non dénuée de profondeur sur de nombreux sujets. Cela reste un film de personnages avant tout. Ces derniers sont aussi insupportables qu’attachants, apportant une ambiguïté qui fait toute la richesse de ce film. Les questions qu’il soulève n’ont pas de réponses simples.
Bande de Filles nous propose un casting assez étonnant, composé de jeunes actrices plus formidables les unes que les autres, avec au premier rang d’entre elles Karidja Touré, qui fait là une première apparition à l’écran particulièrement remarquée. Elle bénéficie évidemment du très beau travail de direction et de mise en scène de Céline Sciamma, qui soigne aussi bien la forme que le fond. On regrettera juste une petite tendance à allonger plus que nécessaire les scènes qui donne parfois un aspect contemplatif au film et qui n’est jamais loin d’essouffler le propos. Mais on est plongé assez profondément dans l’histoire pour ne pas en ressortir pour si peu.
LA NOTE : 13/20
Fiche technique :
Production : Hold Up Films, Lilies films, Arte France Cinéma
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