THE SALVATION : Il était une fois Mads Mikelsen

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thesalvationafficheMads Mikkelsen est devenu un des acteurs les plus courus du cinéma mondial, d’Hollywood aux plateaux européens. Il est pourtant loin du beau gosse devenu star grâce à son sourire ravageur. Un visage si particulier, mais pour une présence à l’écran si extraordinaire. A tel point que sa seule présence suffit presque à donner un réel intérêt à un film. C’est le cas notamment de The Salvation, western brianico-dano-sud-africain.

The Salvation repose sur une intrigue ultra-classique. Une histoire de vengeance, où les rôles sont quelques peu inversées, mais qui en rappelle bien d’autres. Le scénario présente quelques rebondissements, mais le déroulement des événements reste quand même sans grande surprise. L’ambiance, les décors, les personnages, tous ces éléments sont tels qu’on les attend dans un western. Bref, si on s’arrête là, on se demande si c’est vraiment la peine de se déplacer pour voir ce film ous’il vaut mieux revoir Il Etait Une Fois dans l’Ouest.

thesalvation2Mais voilà, il y a Mads Mikkelsen au générique. Un acteur ne fait pas un film, mais il faut avouer que son incroyable charisme irradie assez pour que le spectateur soit totalement happé par le spectacle proposé. Sa carrure lui permet aisément de porter ainsi The Salvation sur ses seules épaules. On aurait aimé dire la même chose de notre Eric Cantona national, au rôle certes savoureux, mais beaucoup plus anecdotique. Enfin, ne soyons pas totalement injuste en oubliant de citer Kristian Levring dont la réalisation est réellement élégante… mais extrêmement classique.

LA NOTE : 12,5/20

Fiche technique :
Production : Zentropa Entertainments,
Réalisation : Kristian Levring
Scénario : Kristian Levring, Anders Thomas Jensen
Montage : Pernille Bech Christensen, Alastair Sirkett
Photo : Jens Schlosser
Décors : Jorgen Munk
Distribution : Jour 2 Fête, Chrysalis Films
Musique : Kasper Winding
Durée : 92 mn

Casting :
Mads Mikkelsen : John
Mikael Persbrandt : Peter
Eva Green : Madelaine
Jeffrey Dean Morgan : Delarue
Eric Cantona : le Corse
Jonathan Pryce : Keane

HIPPOCRATE : Blues blanche

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hippocrateafficheA force de regarder Urgences et Greys Anatomy, on a une image vraiment glamour du fonctionnement d’un hôpital. Sauf qu’évidemment la réalité est quelque peu différente. C’est ce que nous montre Hippocrate. Une plongée dans le quotidien des médecins et des infirmières qui a le très bon goût de ne pas en faire trop, ni pas assez. Un film remarquable donc qui devrait être remboursé par la sécu !

La qualité la plus remarquable d’Hippocrate est donc d’avoir su traiter autant de sujets à la fois sans tomber dans les clichés qui lui tendaient les bras. Le film cherche bien à nous montrer la réalité telle qu’elle est, flirtant parfois même avec le docu-fiction. On y retrouve donc la plupart des éléments qu’on imaginait trouver dans un tel film. Mais tout cela est présenté avec assez d’intelligence, de finesse, de retenu pour être toujours convaincant, jamais caricatural. Le tout est soutenu par un fil narratif assez solide, reposant sur l’évolution des personnages et de leurs relations, mais à travers de vrais péripéties et des moments d’émotion assez forts, voire parfois même un peu durs. Le scénario est vraiment riche. Si je cherche la petite bête, je dirais presque trop puisque certaines thématiques ne sont qu’effleurées, alors qu’on aurait aimé les voir abordé de manière plus consistante.

hippocratePour finir, je voudrais dire du bien d’un acteur dont j’ai pour l’instant surtout dit du mal au cours de sa jeune carrière. Hippocrate est en effet de mon pointe de vue le premier rôle de Vincent Lacoste mettant réellement en valeur son talent et ne le confine pas dans un rôle d’abruti. Il a gardé son air un peu ahuri, mais arrive cette fois à donner progressivement une véritable épaisseur dramatique à son personnage. Comme quoi, il n’existe pas de mauvais acteurs, mais que de mauvais metteurs en scène…

LA NOTE : 14/20

Fiche technique :
Production : 31 Juin Films, France 2 Cinéma
Réalisation : Thomas Lilti
Scénario : Thomas Lilti, Julien Lilti, Baya Kasmi, Pierre Chausson
Montage : Christel Dewynter
Photo : Nicolas Gaurin
Décors : Philippe Van Herwijnen
Distribution : Le Pacte
Durée : 102 mn

Casting :
Vincent Lacoste : Benjamin
Marianne Denicourt : Dr. Denormandy
Jacques Gamblin : Le professeur Barois
Reda Kateb : Abdel Rezzak
Félix Moati : Stéphane
Philippe Rebbot : Guy
Carole Franck : Myriam

OLDUVAI (Vladimir Volkoff) : De mauvaise humeur

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olduvaiMon ancien voisin a eu l’idée saugrenue de mettre sur le trottoir une bonne centaine de bouquins que j’ai récupéré avant que le camion-benne ne passe. Parmi eux, une très large majorité de polars, roman de science-fiction et de fantasy. Mais aussi, quelques ouvrages franchement intellos, à l’image de d’Olduvaï, premier tome d’une tétralogie intitulée les Humeurs de la Mer et signée Vladimir Volkoff. Personnellement, je n’avais jamais entendu parler de cet auteur. Sauf que j’ai découvert en préparant cette critique, qu’il était également connu sous le pseudonyme de Lieutenant X, sous lequel il a écrit la série des Langelot, parue dans la Bibliothèque Verte, et que j’adorais enfant.

Olduvaï nous plonge au milieu d’une troupe de théâtre amateur, montant une pièce inspirée du mythe de Caïn et Abel. Le roman est ponctué de large extrait du texte qu’ils sont censés interprétés. Si ce mélange aurait pu être sympathique, il est ici relativement sans intérêt et revient à ponctuer le récit de long passage relativement abscons. Enfin de toute façon, globalement, on n’est rarement passionné par le propos, qui, s’il est riche et varié, est noyé sous une forme qui ne facile ni la compréhension, ni le simple plaisir du lecteur.

Il y a donc un monde entre le style du Lieutenant X et celui de Vladimir Volkoff. Odluvaï est une œuvre assez guindée, pour ne pas dire prétentieuse. J’ai les deux tomes suivant qui m’attendent au pied de mon lit et j’avoue que j’hésite à poursuivre. Bon me connaissant, je les lirai sûrement, car je ne perds jamais espoir. Mais il est clair que ce premier volet n’a rien d’encourageant.

WINTER SLEEP : L’hiver est parfois long…

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wintersleepafficheUne Palme d’Or, c’est un peu comme une boîte de chocolats, on ne sait jamais vraiment à l’avance sur quoi on va tomber. On peut tomber sur du grand n’importe quoi, qui nous fait nous demander ce que le jury a bien pu fumer quand il a décidé de donner un prix aussi prestigieux à un tel film, à l’image de Oncle Boonmee. On peut aussi tomber sur des chefs d’œuvre qui touchent au sublime, comme The Tree Of Life ou la Vie d’Adèle. Et puis, on peut aussi tomber sur du cinéma intello à la fois chiant, beau et intéressant. C’est le cas de Winter Sleep… 3h16 quand même…

Je reste assez sceptique quant à l’attribution de cette Palme d’Or. En effet, je ne trouve pas dans Winter Sleep l’audace qui caractérise les films primés à Cannes, même si c’est parfois pour le meilleur, mais aussi parfois pour le pire. Ce film est au fond assez académique. Le travail de réalisation et de photographie est certes proche de la perfection, le film est vraiment beau esthétiquement parlant, mais sans rien de très innovant. Les acteurs sont remarquablement dirigés, mais font preuve d’une sobriété qui apporte de la crédibilité au film plutôt que de leur permettre de briller de mille feux. Quant au scénario, il est trop inégal pour justifier un tel prix.

wintersleepWinter Sleep plonge le spectateur dans des sentiments contrastés. Il faut bien avouer qu’il y a des moments où on finit pas s’ennuyer ferme. Certains dialogues s’étirent en longueur d’une matière démesuré et je me suis surpris à penser carrément à autre chose et ne plus prêter du tout d’attention à ce qu’il se disait. Heureusement, le film va crescendo à mesure que l’on prend conscience des relations qu’entretiennent réellement les personnages et qui se traduit par des tensions croissantes. Cet montée en puissance aurait pu donner toute son ampleur à ce film, magnifique par bien des aspects. Mais le propos est un peu trop dilué pour que le spectateur en apprécie toute la force. Parce que 3h16 quand même…

LA NOTE : 12/20

Fiche technique :
Production : Zeynofilm
Réalisation : Nuri Bilge Ceylan
Scénario : Nuri Bilge Ceylan, Ebru Ceylan
Montage : Nuri Bilge Ceylan, Bora Gökşingöl
Photo : Gökhan Tiryaki
Décors : Gamze Kuş
Distribution : Memento distribution
Directeur artistique : Gamze Kuş
Durée : 196 mn

Casting :
Haluk Bilginer : Aydın
Melisa Sözen : Nihal
Demet Akba : Necla
Ayberk Pekcan : Hidayet
Serhat Mustafa Kilic : Hamdi
Nejat Isler : Ismail
Tamer Levent : Suavi
Nadir Sanbacak : Levent

LUCY : Sérieusement ?

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lucyafficheMon cher Luc… Je sais bien que cela fait quelques temps que tu ne nous pas livré un bon et grand film. Je sais bien que tes oeuvres se sont toujours caractérisées par des idées piquées chez les autres. Je sais bien que ton style de réalisation a toujours été proche de la naïveté, avec des effets qui s’apparentent à des gros sabots. Mais malgré cela, on a adoré passionnément Nikita, Leon et Le Cinquième Element et on espère retrouver ces émotions là en ta compagnie. En regardant la bande-annonce de Lucy, on pouvait un instant espérer qu’elles seraient cette fois-ci au rendez-vous. Mais au final, quelle déception…

Le film nous met très vite dans le bain avec une pseudo-conférence d’un professeur d’université, incarné par Morgan Freeman, qui est aussi crédible que si on m’avait sélectionné pour incarner Nelson Mandela. Parce que ce ne sont pas des phrases qui sortent de sa bouche, mais une série d’inepties totales qui fera mourir de rire tous ceux qui ont écouter plus de cinq minutes leurs profs de science au lycée. C’est juste n’importe quoi, tout ça débité avec le plus grand sérieux, ce qui ne fait évidemment que multiplier le côté ridicule de la scène.

lucyEt si seulement, ça s’arrêtait là… Non, Lucy est ponctué de logorrhées aussi solides scientifiquement qu’un exposé d’un évangéliste extrémiste sur l’Evolution à peu près toutes les cinq minutes. Ce n’est pas une couche, ce n’est pas deux, ce n’est pas trois, c’est un mille-feuille d’envolées lyriques totalement crétines. Très vite, on n’en peut plus, on demande grâce ! Mais pourquoi, Luc ne t’es pas contenté de nous raconter une histoire fantastique sans crédibilité scientifique comme il en existe tant et qui nous incite au rêve souvent ? Pourquoi t’es-tu évertué à souligner encore et encore, avec une application démesurée et sans jamais faire preuve du moindre sens du second degré, à quel point les explications apportées sont profondément risibles. Parfois, les explications sont superflues, car devant ce film, on ne rit pas, on pleure.

Du coup, tous les autres défauts ressortent d’autant plus, puisqu’il est impossible de croire et de mettre ne serait-ce qu’un orteil dans cette histoire. La fin de Lucy rappellera des souvenirs à tous ceux qui ont aimé le Cobaye, film de 1992, au scénario signé par Stephen King, dont beaucoup se sont inspirés, mais sans pratiquer à ce point le copier-coller. On mesure à chaque plan à quel point Luc Besson ne sait jamais faire preuve de subtilité dans sa réalisation. Et puis, faut arrêter avec Eric Serra pour la musique, parce que lui aussi en fait des caisses, donnant à certaines scènes l’allure d’une parodie. Mais une parodie qui se prend à ce point au sérieux est juste insupportable !

LA NOTE : 3/20

Fiche technique :
Production : EuropaCorp, Canal +, Ciné +, TF1 Films Production
Distribution : EuropaCorp
Réalisation : Luc Besson
Scénario : Luc Besson
Montage : Julien Rey
Photo : Thierry Arbogast
Décors : Hugues Tissandier
Musique : Eric Serra
Durée : 89 mn

Casting :
Scarlett Johansson : Lucy
Morgan Freeman : Professeur Norman
Min-sik Choi : Mr. Jang
Amr Waked : Pierre del Rio
Julian Rhind-Tutt : Le limier
Pilou Asbaek : Richard
Analeigh Tipton : Caroline

THE EXPANDABLES 3 : Les papys font défitivement de la résistance

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theexpandables3afficheIls sont encore un peu plus vieux que la dernière fois, alors on pouvait légitimement craindre qu’ils n’aient plus vraiment de beaux restes. Surtout qu’après un premier épisode vraiment jouissif, The Expandables nous avaient offert une suite vraiment médiocre. Cependant les vieux de la vieille en ont encore sous la semelle puisque le troisième volet des aventures de ces mercenaires sur le retour comblera tous les fans de film d’action premier degré.

The Expandables 3 est un film parfait dans le sens où il atteint pleinement son but et on pouvait difficilement lui en demander plus. Les scénario est basique mais déjà beaucoup moins linéaire que la dernière fois. Les scènes d’action restent d’une redoutable efficacité, avec ce qui faut d’excès et de non respect des règles fondamentales de la physique et de la logique. Et les acteurs ont l’air de s’amuser comme des petits fous. Mention spéciale à Antonio Banderas qui fait une entrée tonitruante dans la bande..

theexpandables3… tonitruante, car pleine d’humour. The Expandables 3 joue vraiment la carte du second degré et de l’autoparodie. C’est le cas dans la franchise tout entière, mais cela fonctionne particulièrement bien cette fois-ci. Certains dialogues sont vraiment drôles, même s’ils nécessitent une petite culture en film d’action bourrin pour en saisir l’humour. Le film ne se prend pas une seule seconde au sérieux, ne cherche pas à être autre chose qu’une blague un peu potache. Du coup, le spectateur prend son pied, à défaut de perdre trop de neurones.

The Expandables 3 est aussi l’occasion de mettre en avant une nouvelle génération. On peut s’attendre donc à encore quelques autres épisodes. Et à notre grande et surtout bonne surprise, on en redemande !

LA NOTE : 13,5/20

Fiche technique :
Production : Nu Image, Millenium Films, Davis Films, EX3 Productions
Distribution : Metropolitan FilmExport
Réalisation : Patrick Hugues
Scénario : Sylvester Stallone, Creighton Rothenberger, Katrin Benedikt
Montage : Sean Albertson, Paul Harb
Photo : Peter Menzies Jr
Décors : Daniel T. Dorrance
Musique : Brian Tyler
Costumes : Lizz Wolf
Durée : 126 mn

Casting :
Sylvester Stallone : Barney Ross
Jason Statham : Lee Christmas
Harrison Ford : Drummer
Arnold Schwarzenegger : Trench
Mel Gibson : Stonebanks
Wesley Snipes : Doc
Dolph Lungren : Gunnar Jensen
Antonio Banderas : Galgo
Jet Li : Yin Yang

SILS MARIA : Talent dilué

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silsmariaafficheRassembler tous les bons ingrédients reste le meilleur moyen pour préparer un plat savoureux. Mais le résultat sera nettement moins satisfaisant si vous vous évertuez à diluer tout ça dans une grande quantité d’eau… Bon, j’admets, j’abuse des métaphores culinaires quand je rédige mes critiques, mais c’est peut-être parce que j’aime aussi bien le bon cinéma que la bonne bouffe. Tout ça pour vous dire que Sils Maria, le dernier film d’Olivier Assayas dont je vais vous parler maintenant, aurait pu être un bon film s’il avait été beaucoup plus court.

Sils Maria dure deux heures, sauf qu’il ne devient vraiment intéressant qu’au bout d’une heure. Certes, toute histoire a besoin d’une introduction et il est parfois nécessaire de poser longuement les choses, aussi bien les circonstances que les protagonistes, mais à un moment donné, il faut quand même penser au spectateur qui commence à s’ennuyer ferme. La deuxième heure vient enfin et on on aurait pu presque tout pardonner si les scènes n’avaient pas tendance à s’étirer de manière quelque démesurée et se succéder parfois avec une redondance irritante. C’est bien de vouloir enfoncer le clou, mais une fois qu’il est bien rentré, inutile de continuer à donner des coups de marteau au cas où…

silsmariaSils Maria est donc relativement désastreux au niveau du rythme. Il n’y avait clairement pas matière à faire deux heures de film. On gardera cependant en mémoire ce très beau tête à tête entre deux actrices que beaucoup de choses séparent, mais certainement pas le talent. Kristen Stewart et Juliette Binoche se confondent littéralement avec leurs personnages. Une grande partie du film repose sur l’ambiguïté des dialogues, dont on ne sait jamais très bien s’ils correspondent à une vraie conversation entre les deux femmes ou bien si elles sont en train de réciter le texte de la pièce qu’elles sont en train de répéter. L’exercice demande beaucoup de subtilité et de maîtrise de la part des deux actrices, mais même l’admiration qui en résulte ne peut à elle seule faire oublier les trop nombreuses longueurs.

LA NOTE : 11/20

Fiche technique :
Production : CG Cinéma, CAB Productions, Pallas Film, Arte France Cinéma
Réalisation : Olivier Assayas
Scénario : Olivier Assayas
Montage : Marion Monnier
Photo : Yorick Le Saux
Décors : Francois-Renaud Labarthe
Distribution : Les Films du Losange
Directeur artistique : Gabriella Ausonio
Durée : 123 mn

Casting :
Juliette Binoche : Maria Enders
Kristen Stewart : Valentine
Claire Tran : Mei Lin
Chloë Grace Moretz : Jo-Ann Ellis
Hanns Zischler : Henryk Wald
Lars Eidinger : Klaus Diesterweg
Johnny Flynn : Christopher Giles
Angela Winkler : Rosa Melchior

ZULU (Caryl Ferey) : Passionnant

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zuluLes polars, c’est comme le café, ça peut se prendre très noir ! Et on peut difficilement faire plus noir que Zulu de Caryl Ferey. Et ceci n’est pas un mauvais jeu de mot sur le fait qu’il nous parle des tensions raciales en Afrique du Sud. Il s’agit bien d’un roman sombre et dur qui vous plongera au cœur d’une société violente et cruelle. Mais surtout un roman passionnant.

Zulu est cependant inséparable de son contexte puisque l’auteur fait très souvent le lien entre les événements de l’intrigue policière en lui-même et des éléments historico-sociologiques sur l’Afrique du Sud et les profondes mutations liées à la fin de l’Appartheid. Le vrai tour de force est que jamais ce qu’on pourrait considérer comme des digressions n’alourdit le récit, bien au contraire. Il permet au lecteur de vraiment comprendre ce qui se passe et les motivations profondes des protagonistes. Il y a toujours un lien fort entre ces passages, toujours très courts, et les péripéties qui suivent. Le résultat est toujours alerte, vivant et encore une fois passionnant.

Zulu est d’une grande richesse. L’intrigue s’épaissit à chaque chapitre, plongeant le lecteur un peu plus loin dans ce monde d’une terrible noirceur. Ce qui devait être une enquête anodine révèle progressivement une réalité beaucoup plus complexe. Cette progressivité entretient l’appétit du lecteur et lui permet de ne jamais se sentir perdu dans ce récit très dense. Le tout est remarquablement écrit et donc au final passionnant… Oui, je sais, je me répète…

LES COMBATTANTS : Faites l’amour, pas la guerre

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lescombattantsafficheDécidemment, le cinéma français s’est définitivement approprié ce genre cinématographique si hollywoodien qu’est la comédie romantique. Et force est de constater qu’il arrive à y apporter sa singularité et ses qualités propres. Après Maestro, intello et gentillet, voici donc les Combattants, une des très bonne surprise de cet été qui se distingue par de nombreuses qualités et des personnages assez inattendus.

Les Combattants s’ouvre sur une première scène assez géniale. Le spectateur est donc tout de suite dans l’ambiance et sent immédiatement qu’il est devant un film qui sort de l’ordinaire. Thomas Cailley fait étalage d’un talent de réalisateur particulièrement prometteur. Cela à tient parfois à pas grand chose, un choix de cadrage, un sens du rythme qui démontre à la fois un grand sens de l’image et de la narration. Cela donne une dimension supplémentaire à cette histoire à la fois simple et pleine de surprises.

lescombattantsLes Combattants se démarque au final avant tout par ses personnages, notamment celui interprété par Adèle Haenel, qui, après L’Homme qu’on Aimait Trop, est décidément la star française de cet été. Certes, ce n’est pas la première fois que le cinéma nous offre une histoire d’amour avec un protagoniste quelque peu névrosé, mais cela représente toujours un risque car il est d’autant plus difficile de faire naître l’attachement chez le spectateur. C’est d’ailleurs là que repose la plus grande limite de ce film que l’on quitte en souhaitant bon courage au jeune homme, incarné par Kevin Azaïs. L’amour triomphe de tout, mais quand même…

Cependant, le scénario de Les Combattants fonctionne trop bien pour ne pas rentrer dans cette histoire et finalement vouloir par dessus tout que la romance naisse malgré tout. Surtout que l’histoire repose sur de nombreuses péripéties et rebondissements qui permettent aux personnages d’évoluer tout en proposant un fil narratif réellement consistant. On ne s’ennuie pas une seule seconde, on sourit, on est ému et on a envie d’être amoureux… Et ce dernier point demeure quand même la preuve ultime d’une comédie romantique réussie.

LA NOTE : 14,5/20

Fiche technique :
Production : Nord Ouest Production
Réalisation : Thomas Cailley
Scénario : Thomas Cailley, Claude Le Pape
Montage : Lilian Corbeille
Photo : David Cailley
Décors : Paul Chapelle
Distribution : Haut et Court
Musique : Lionel Flairs, Benoît Rault
Durée : 98 mn

Casting :
Adèle Haenel : Madeleine
Kevin Azaïs : Arnaud
Antoine Laurent : Manu Labrède
Brigitte Roüan : Hélène Labrède
William Lebghil : Xavier
Thibault Berducat : Victor
Nicolas Wanczycki : Lt Schliefer
Frédéric Pellegeay : Recruteur

LES GARDIENS DE LA GALAXIE : Humour et aventures cosmiques

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lesgardiensdelagalaxieafficheLes productions Marvel alternent le très bon et le beaucoup plus médiocre. Jusqu’alors en 2014, elles nous avaient proposé un second volet des aventures de Captain America très moyen, un X-Men : Days of Future Past convaincant et un Spider-Man 2 qu’on préfère oublier… Les lois de la probabilité nous permettaient donc d’espérer que les Gardiens de la Galaxie se situe du bon côté de l’histoire cinématographique… Le résultat est largement à la hauteur de nos espoirs et même au-delà.

On le pressentait dans la bande-annonce, les Gardiens de la Galaxie joue à fond la carte de l’humour, du second degré et flirte toujours avec la parodie. Le tout fonctionne parfaitement et si on ne rit jamais aux éclats, le film nous arrache bien des sourires. Mais à côté de ça, il s’insère néanmoins totalement dans l’univers des Avengers and co et nous propose un vrai film d’aventures galactiques spectaculaires. Il nous offre donc une double dose de plaisir pour un résultat particulièrement jouissif et qui ne se prend jamais au sérieux. Les personnages, une belle brochette d’anti-héros, sont en particulier particulièrement bien trouvés, à la fois drôles et attachants, tout en ayant la stature pour être les stars d’un space opéra. Ils sont de plus interprétés par un casting qui prend visiblement un plaisir fou à donner vie à ces figures atypiques.

lesgardiensdelagalaxieLes Gardiens de la Galaxie est peut-être parti pour être le blockbuster purement divertissant de l’année. On pourra simplement lui reprocher quelques moments un peu cucul, qui décrédibilisent quelque peu la dimension épique de l’histoire. Sans cela, le scénario aurait pu donner par exemple une toute autre dimension au méchant, fanatique génocidaire, qui apparaît au final un peu en décalage avec tout le reste et largement sous-exploité. Mais il est vrai que l’équilibre avec l’humour et la parodie aurait peut-être été du coup assez difficile à trouver et que le résultat aurait perdu de sa fraîcheur jubilatoire. Il n’en reste pas moins qu’on est là face à un putain de bon film !

LA NOTE : 15/20

Fiche technique :
Enterprises, Moving Picture Company (MPC)
Distribution : Walt Disney Studios Motion Pictures France
Réalisation : James Gunn
Scénario : James Gunn, Nicole Perlman, d’après la série Comics Guardians of the Galaxy
Montage : Fred Raskin, Hughes Winborne, Craig Wood
Photo : Ben Davis
Décors : Charles Wood
Musique : Tyler Bates
Costumes : Alexandra Byrne
Durée : 121 mn

Casting :
Chris Pratt : Peter Quill
Zoe Saldana : Gamora
Dave Bautista : Drax
Vin Diesel : Groot (voix)
Bradley Cooper : Rocket (voix)
Lee Pace : Ronan
Djimon Hounsou : Korath
John C. Reilly : Corpsman Dey
Glenn Close : Nova Prime
Benicio Del Toro : le collectionneur

Les productions Marvel alternent le très bon et le beaucoup plus médiocre. Jusqu’alors en 2014, elles nous avaient proposé un second volet des aventures de Captain America très moyen, un X-Men : Days of Future Past convaincant et un Spider-Man 2 qu’on préfère oublier… Les lois de la probabilité nous permettaient donc d’espérer que les Gardiens de la Galaxie se situe du bon côté de l’histoire cinématographique… Le résultat est largement à la hauteur de nos espoirs et même au-delà.

 

On le pressentait dans la bande-annonce, les Gardiens de la Galaxie joue à fond la carte de l’humour, du second degré et flirte toujours avec la parodie. Le tout fonctionne parfaitement et si on ne rit jamais aux éclats, le film nous arrache bien des sourires. Mais à côté de ça, il s’insère néanmoins totalement dans l’univers des Avengers and co et nous propose un vrai film d’aventures galactiques spectaculaires. Il nous offre donc une double dose de plaisir pour un résultat particulièrement jouissif et qui ne se prend jamais au sérieux. Les personnages, une belle brochette d’anti-héros, sont en particulier particulièrement bien trouvés, à la fois drôles et attachants, tout en ayant la stature pour être les stars d’un space opéra. Ils sont de plus interprétés par un casting qui prend visiblement un plaisir fou à donner vie à ces figures atypiques.

 

Les Gardiens de la Galaxie est peut-être parti pour être le blockbuster purement divertissant de l’année. On pourra simplement lui reprocher quelques moments un peu cucul, qui décrédibilisent quelque peu la dimension épique de l’histoire. Sans cela, le scénario aurait pu donner par exemple une toute autre dimension au méchant, fanatique génocidaire, qui apparaît au final un peu en décalage avec tout le reste et largement sous-exploité. Mais il est vrai que l’équilibre avec l’humour et la parodie aurait peut-être été du coup assez difficile à trouver et que le résultat aurait perdu de sa fraîcheur jubilatoire. Il n’en reste pas moins qu’on est là face à un putain de bon film !

 

LA NOTE : 15/20

 

Fiche technique :

Enterprises, Moving Picture Company (MPC)

Distribution : Walt Disney Studios Motion Pictures France

Réalisation : James Gunn

Scénario : James Gunn, Nicole Perlman, d’après la série Comics Guardians of the Galaxy

Montage : Fred Raskin, Hughes Winborne, Craig Wood

Photo : Ben Davis

Décors : Charles Wood

Musique : Tyler Bates

Costumes : Alexandra Byrne

Durée : 121 mn

 

Casting :

Chris Pratt : Peter Quill

Zoe Saldana : Gamora

Dave Bautista : Drax

Vin Diesel : Groot (voix)

Bradley Cooper : Rocket (voix)

Lee Pace : Ronan

Djimon Hounsou : Korath

John C. Reilly : Corpsman Dey

Glenn Close : Nova Prime

Benicio Del Toro : le collectionneur