APPRENTI GIGOLO : apprenti réalisateur (ou pas)

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apprentigigoloafficheJ’adore John Turturro, l’acteur ! J’avoue que je ne connaissais pas encore John Turturro, le réalisateur. Je suis même allé voir Apprenti Gigolo en étant persuadé qu’il s’agissait de son premier passage de l’autre côté de la caméra. Il n’en est rien puisque c’est le 5ème long métrage de sa filmographie. Cependant, ce n’est pas sûr que je garde le même enthousiasme pour cet aspect de sa carrière.

Apprenti Gigolo est n’est pas un film désagréable. Une comédie humaniste avec de bonnes idées, de bons moments, un Woody Allen qui en fait des tonnes mais pour notre plus grand plaisir et une fin plutôt inattendue. On ne s’ennuie pas et le spectacle est plutôt sympathique. John Turturro possède incontestablement de grandes qualités dans la direction d’acteurs, car ses comédiens prennent beaucoup de plaisir à l’écran et ça se voit. Et comme le casting est plutôt prestigieux, Sharon Stone et Vanessa Paradis, complétant l’affiche, le spectateur en a pour son argent.

apprentigigoloCependant, Apprenti Gigolo n’arrive pas à aller plus loin qu’une aimable comédie légère. Les bonnes idées sont bonnes, mais jamais totalement exploitées. Le film reste très superficiel, ni vraiment intéressant, ni irrésistiblement drôle. John Turturro semble n’avoir pas su choisir entre un second degré clairement assumé et un ton un peu plus sérieux. Jouer sur les deux tableaux peut être source de richesse, mais ici, il est surtout source d’une petite frustration.

LA NOTE : 11/20

Fiche technique :
Réalisation : John Turturro
Scénario : John Turturro
Musique : Abraham Laboriel et Bill Maxwell
Photographie : Marco Pontecorvo
Montage : Simona Paggi
Décors : Lester Cohen
Costumes : Donna Zakowska
Direction artistique : Sarah Frank
Production : Jeffrey Levy-Hinte, Bill Block et Paul Hanson
Genre : comédie dramatique
Durée : 98 minutes

Casting :
John Turturro : Fioravante
Woody Allen : Murray
Vanessa Paradis : Avigal
Sharon Stone : Dr Parker, dermatologue de Murray
Liev Schreiber : Dovi
Sofia Vergara : Selima
Bob Balaban : Sol

AIMER, BOIRE ET CHANTER : Les histoires d’amour finissent mal…

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aimerboireetchanterafficheBon, je sais bien que ça ne se fait pas trop de dire du mal d’un mort. A la fois, je ne vais pas vraiment en dire du mal. J’aime beaucoup Alain Resnais. Son imagination, son énergie, son petit grand de folie… Simplement, je n’ai que rarement partagé l’enthousiasme délirant de certains critiques vis-à-vis de ses œuvres. La faute notamment, pour moi, à une direction d’acteurs particulièrement défaillante. C’est bien d’aimer les comédiens, mais ce n’est pas une raison pour les laisser errer dans leur rôle sans cadrage. Une nouvelle preuve avec Aimer, Boire et Chanter. Une dernière preuve…

Aimer, Boire et Chanter nous démontre une nouvelle fois que ce n’est pas parce qu’on manque de moyen financier qu’on ne peut pas proposer une mise en scène originale et créative. Sur la forme, le film est plutôt original, une sorte de Dogville en beaucoup plus coloré. La réalisation arrive à insuffler une certaine énergie dans quelque chose d’assez minimaliste qui aurait pu facilement être statique. Là est vraiment le génie de Alain Resnais.

aimerboireetchanterMalheureusement, Aimer, Boire et Chanter souffre par ailleurs de défauts largement rédhibitoires. Déjà, l’histoire manque juste totalement d’intérêt. Ce faux marivaudage ne passionne pas et les petits détails, comme l’amour d’un des personnages pour les pendules, ne sont jamais vraiment exploités et ne semblent là que pour remplir les grands vides laissés par l’intrigue. Mais le pire reste la performance de certains acteurs. André Dussolier se demande vraiment ce qu’il fait là. Et surtout, Caroline Silhol est tellement mauvaise que chacun de ses apparitions tournent au supplice. Et comme elle est là la moitié du temps…

Bref, la grande histoire d’amour entre Alain Resnais et les acteurs se termine plutôt mal. Mais n’est-ce pas comme ça qu’elles sont censées toutes se terminer ?

LA NOTE : 07/20

Fiche technique :
Production : F Comme Film, France 2 Cinéma, Solivagus
Distribution : Le Pacte
Réalisation : Alain Resnais
Scénario : Alex Reval, Jean-Marie Besset, Laurent Herbiet, d’après la pièce de Alan Ayckboum
Montage : Hervé De Luze
Photo : Dominique Bouilleret
Décors : Jacques Saulnier
Son : Jean-Pierre Duret, Gerard Hardy, Gérard Lamps
Musique : Mark Snow
Durée : 108 mn

Casting :
Sabine Azéma : Kathryn
Hippolyte Girardot : Colin
Caroline Silhol : Tamara
Michel Vuillermoz : Jack
Sandrine Kiberlain : Monica
André Dussollier : Simeon
Alba Gaia Bellugi : Tilly

SLEEP FOREVER (Crocodiles), KISS EACH OTHER CLEAN (Iron and Wine), L’AN DEMAIN (Têtes Raides) : Retour en musique

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sleepforevercrocodilesUn petit avis musical comme je n’en ai pas écrit depuis une éternité. Comme d’habitude, trois albums au programme. Sûrement mon côté chrétien qui me pousse à foutre de la trinité partout. On commence donc par Sleep Forever, sorti en 2011, du groupe Crocodiles, venu de San Diego. Du rock saupoudré d’électro pour un résultat pas à la hauteur du talent en présence. La faute à cet effet « loin du micro » qui gâche passablement la voix du chanteur et une certaine dissonance parfois. Bref, deux caractéristiques que je n’apprécie pas du tout personnellement et qui, de mon point de vue, viennent gâcher la maîtrise artistique et surtout la conviction qui sont également bien présentes !

kisseachothercleanironandwineOn passe à Kiss Each Other Clean de Iron and Wine. Comme son nom ne l’indique pas, il s’agit d’un artiste solo venu lui aussi des Etats-Unis. On passe à un registre beaucoup plus paisible et folk, globalement maîtrisé, mais qui manque parfois passablement de peps. A côté de ça, on peut tout de même saluer un travail très intéressant sur les sonorités, qui viennent enrichir le duo voix-guitare. Mais là aussi, cela reste un peu en-dedans et souffre d’une trop grande discrétion. Au final, l’album se laisse écouter, ça coule tout seul aux oreilles, mais cela manque de relief pour être vraiment marquant.

landemaintetesraidesOn revient par chez nous avec l’An Demain, un album des Têtes Raides qui change un peu de ce que nous propose d’habitude ce groupe. Il s’ouvre d’ailleurs sur le morceau titre lent et mélancolique qui donne le ton pour la suite. Il se poursuit avec Fulgurance, un excellent single qui constitue le meilleur titre de l’album, mais là encore avec un rien de noirceur. La suite sera parfois plus dynamique, mais sans être jamais aussi enjoué que d’habitude. Cela nous permet cependant de profiter pleinement de la profondeur de la très belle voix de Christian Olivier. Les textes restent de leur côtés assez obscurs et le sens profond nous échappent souvent.

CAPTAIN AMERICA : LE SOLDAT DE L’HIVER : Coup de froid

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CaptainAmericalesoldatdelhiverafficheDe mon point de vue, Captain America : First Avenger est des meilleurs films de super-héros de ces dernières années, tant il avait su respecter à la lettre l’esprit du comics original, y compris d’un point de vue graphique. C’est donc avec une certaine impatience que j’attendais, Captain America : le Soldat de l’Hiver. Mais aussi avec une certaine appréhension car le personnage du Soldat de l’Hiver n’est certainement pas le plus réussi de l’univers Marvel. Là aussi, malheureusement, la fidélité est de mise.

Captain America : le Soldat de l’Hiver manque tout simplement d’intérêt, de cœur, de moelle, de souffle épique… C’est bien foutu, carré, parfois spectaculaire, mais on ne peut pas s’empêcher d’en avoir un peu rien à foutre de ce qui se passe à l’écran. En plus, le scénario n’échappe pas à quelques faiblesses, voire quelques moments franchement crétins. Les protagonistes semblent s’être lancés dans un concours de platitude, ce qui est quand même un petit exploit quand on compte Robert Redford à son casting.

captainamericalesoldatdelhiverAu final, le meilleur moment de Captain America reste la petite scène cachée au milieu du générique qui annonce la prochaine production Marvel. Les amateurs de comics seront ravis cette fois de voir enfin apparaître deux personnages qui ne pouvaient pas rester plus longtemps sans prendre vie à l’écran.

LA NOTE : 9/20

Fiche technique :
Production : Marvel Entertainment, Marvel Studios, Sony Pictures Imageworks
Distribution : Walt Disney Studios Motion Pictures France
Réalisation : Anthony Russo, Joe Russo
Scénario : Chrsitopher Markus, Stephen McFeely, d’après la BD de Jack Kirby et Joe Simon
Montage : Jeffrey Ford
Photo : Trent Opaloch
Décors : Peter Wenham
Musique : Henry Jackman
Durée : 136 mn

Casting :
Chris Evans : Steve Rogers, Captain America
Scarlett Johansson : Natasha Romanoff, Black Widow
Sebastian Stan : Bucky Barnes, Winter Soldier
Dominic Cooper : Howard Stark
Samuel L. Jackson : Nick Fury
Robert Redford : Alexander Pierce
Hayley Atwell : Peggy Carter
Anthony Mackie : Sam Wilson, The Falcon

HER : Dans la peau de Windows Johansson

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herafficheLa confusion entre le virtuel est le réel est un sujet qui hante le cinéma depuis une vingtaine d’années. Le sujet se prête aux clichés et on peut parfois avoir l’impression que tout a déjà été dit. Pourtant, il nous réserve encore de belles surprises comme Her, le dernier film de Spike Jonze, qui n’avait jamais vraiment confirmé les espoirs qu’avaient fait naître Dans la Peau de John Malkowitch. 15 plus tard, il nous offre un nouvelle preuve de son réel talent de réalisateur.

Tomber amoureux de son système d’exploitation constitue évidemment une idée assez saugrenue, surtout pour tous les utilisateurs de Windows Vista. Il est vrai que l’on reste un peu circonspect au début du film. Certes, un ordinateur qui a la voix de Scarlett Johansson est tout de suite plus sexy, mais ça ne peut pas tout expliquer non plus. Mais la plus grande force de Her est d’arriver à nous faire entrer et croire en cette histoire, qui devient au final d’une grande logique. Le film nous livre au final une belle réflexion sur les raisons pour lesquelles nous tombons amoureux.

herD’un point de vue plus formel, Her souffre peut-être d’une légère longueur excessive. Un peu plus de deux heures, alors que le film se répète parfois un peu. L’intrigue avance toujours, mais souvent en faisant des cercles plutôt qu’en ligne droite. Cependant, jamais l’ennui ne gagne le spectateur du fait de la qualité de la mise en scène de Spike Jonze, mais aussi évidemment du charisme toujours aussi ravageur de Joaquin Phoenix.

LA NOTE : 14/20

Fiche technique :
Production : Annapurna Pictures
Distribution : Wild Bunch Distribution
Réalisation : Spike Jonze
Scénario : Spike Jonze
Montage : Jeff Buchanan, Eric Zumbrunnen
Photo : Hoyte Van Hoytema
Décors : Gene Serdena
Musique : Arcade Fire
Costumes : Casey Storm
Durée : 126 mn

Casting :
Joaquin Phoenix : Theodore
Scarlett Johansson : la voix de Samantha
Chris Pratt : Paul
Amy Adams : Amy
Rooney Mara : Catherine
Kristen Wiig : la voix de Sexy Kitten
Matt Letscher : Charles
Olivia Wilda : le blind date
Brian Cox : la voix d’Alan Watts

SITUATION AMOUREUSE : C’EST COMPLIQUE : Triangle hexagonal

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situationamoureusecestcompliqueaffichePendant longtemps, le cinéma français a été plutôt réfractaire à la comédie romantique. Puis le genre s’est peu à peu imposé dans le paysage hexagonal, avec une ou deux belles réussites par an. En 2014, on peut déjà compter sur Situation Amoureuse : c’est Compliqué. Une comédie bien foutue, drôle et pas aussi cousue de fil blanc que bien d’autres œuvres du genre.

… bon bah voilà, j’ai tout dit… ou presque. Situation Amoureuse : c’est Compliqué reprend le principe du triangle amoureux, soit le sujet le plus vieux et le plus éternel qui soit. Mais l’amour possède ça de merveilleux qu’il constitue un sujet inépuisable. Le trio marche bien grâce à des personnages très différents, mais sans jamais être caricaturaux, et des acteurs bien dans leur jeu. Anaïs Demoustier et Emmanuelle Chriqui incarnent deux idéaux féminins qui, sans être opposés, nous permettent de partager le dilemme de l’homme qui se trouve au milieu. Ce dernier est remarquablement interprété par un Manu Payet, qui confirme tout son talent, dès lors qu’il est correctement dirigé.

situationamoureusecestcompliqueL’aspect purement comédie de Situation Amoureuse : c’est Compliqué tient dans ses rôles secondaires. De ce côté là, c’est un peu plus basique et lourdingue, même si cela nous arrache quelques bons fou-rires. C’est sans doute là la principale limite de ce film. Mais ce dernier n’essaye pas d’être autre chose qu’un très sympathique divertissement, alors on pardonne ces faiblesses et on prend un vrai plaisir avec cette comédie romantique made in France.

LA NOTE : 12,5/20

Fiche technique :
Production : StudioCanal, D8, Nexus Factory, LGM Productions, NoLiTa Cinema
Distribution : StudioCanal
Réalisation : Manu Payet, Rodolphe Lauga
Scénario : Manu Payet, Romain Levy, Nicolas Peufaillit
Montage : Frédérique Olszak
Photo : Martial Schmeltz
Décors : Jérémy Streliski
Son : Antoine Deflandre, Germain Boulay, Hubert Teissèdre
Durée : 100 mn

Casting :
Manu Payet : Ben
Anaïs Demoustier : Juliette
Emmanuelle Chriqui : Vanessa
Philippe Duquesne : Armand
Jean-François Cayrey : Sylvain
Jean-Charles Clichet : Jeremie
Romain Levy : Raphaël
Manon Kneusé : Sophie

FAUX REVEUR : Des nouvelles de Grande-Bretagne

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fauxreveurLa science-fiction est sans doute le genre littéraire où survit encore l’art subtil et particulier de la nouvelle. L’exercice occupe souvent les apprentis écrivains, avant qu’ils ne se consacrent à des romans, qui feront d’eux de « vrais » artistes. Pourtant, le nombre de pages ne fait pas la valeur d’un récit. Heureusement, il reste des recueils comme Faux Rêveur qui regroupe 8 nouvelles écrites par autant d’auteurs britanniques. Le résultat est forcément inégal, mais pas forcément transcendant.

Sur les 8 récits, seuls deux sortent vraiment du lot. Ce sont d’ailleurs ceux qui ouvrent et concluent cet ouvrage. Au milieu, c’est beaucoup plus médiocre et ne retient guère l’attention. Les histoires sont pourtant très variées. Le lien entre elles est d’ailleurs ténu, ce qui s’explique aussi par le fait qu’il s’agisse là du regroupement de deux recueils publiés séparément en Grande-Bretagne. Mais la variété n’est pas suffisante pour donner un réel intérêt à ces récits.

On retiendra donc tout d’abord Tendeléo de Ian McDonald qui avait reçu le Prix Théodore Sturgeon Memorial Award de la meilleure nouvelle. Ok, moi non plus, je n’ai aucune idée du prestige exact de cette récompense, malgré la présence d’une page Wikipédia en français. De toute façon, personnellement, je mettrais avant tout en avant En Regardant Pousser les Arbres de Peter F. Hamilton, le seul auteur parmi les 8 à posséder une vraie renommée mondiale. On sent tout de suite la différence avec un récit mieux construit et mieux écrit. Une façon de bien finir ce recueil qui n’a vraiment rien d’indispensable.

DIPLOMATIE : Face à face avec l’histoire (ou la légende)

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diplomatieafficheRien ne ressemble plus à une adaptation d’une pièce de théâtre au cinéma qu’une autre adaptation d’une pièce de théâtre au cinéma. Diplomatie n’échappe pas à l’effet « théâtre filmé » qui plombe beaucoup de ce genre de productions. Pour surmonter ce petit handicap, il faut trouver d’autres qualités. Par exemple, un intérêt historique ou deux grands acteurs…

Diplomatie nous fait vivre les dernières heures de l’occupation allemande à Paris, quand le gouverneur de la capitale s’apprête à raser la ville, et une bonne partie de ses habitants, à coup de dynamite. L’ordre vient de Berlin et il a seul la responsabilité d’exécuter cet ordre monstrueux. Face à lui, sa conscience… et le consul de Suède venu la titiller. Certes les circonstances décrites ici tiennent plus de la légende que de la reconstitution historique. Mais l’épisode fait partie de la mémoire nationale, notamment depuis le livre et le film Paris Brûle-t-il ? Il reprend donc ici une seconde jeunesse même si rien ne s’est a priori exactement passé comme cela.

diplomatieDiplomatie brille surtout par l’immense talent des deux acteurs qui se font face à face dans ce huis clos psychologique. D’un côté, André Dussolier qui livre une performance certes sans surprise. Il fait du André Dussolier et il le fait bien ! La vraie star de ce film reste Niels Arelstrup dont le charisme irradie à chaque seconde. Il tient le film sur ses épaules, mais celles de ce géant du cinéma français sont assez larges pour le supporter sans trembler.

Diplomatie est au final un numéro d’acteurs se suffisant à lui-même, dans un film assez court et chargé d’une portée symbolique suffisant pour largement justifier son passage sur grand écran.

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :
Production : Gaumont, Blue Print, Film Oblige, WDR / Arte
Distribution : Gaumont
Réalisation : Volker Schlöndorff
Scénario : Volker Schlöndorff, Cyril Gely d’après la pièce de Cyril Gely
Montage : Laurent Pelé
Photo : Michel Amathieu
Décors : Jacques Rouxel
Musique : Jörg Lemberg
Effets spéciaux : Pixomondo
Durée : 88 mn

Casting :
Niels Arestrup : Général von Choltitz
André Dussollier : Raoul Nordling
Burghart Klaußner : Hauptmann Werner Ebernach
Robert Stadlober : Lieutenant Bressensdorf
Charlie Nelson : Le concierge
Stefan Wilkening : Caporal Mayer
Jean-Marc Roulot : Jacques Lanvin

THE GRAND BUDAPEST HOTEL : Fantaisie et stars à tous les étages

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thegrandbudapesthotelafficheDans la série des réalisateurs qui ont un style bien à eux, après Jim Jarmush, je voudrais Wes Anderson. Si les deux réalisateurs sont parmi les plus fameux du cinéma indépendant américain, leur style pourrait être difficilement plus opposés. Si le premier nous livre des films sombres et lents, le second nous offre généralement des œuvres frénétiques et joyeuses. C’est une nouvelle fois le cas avec The Grand Budapest Hotel.

Si on reconnaît la qualité d’un cinéaste au prestige du casting qu’il est capable de rassembler devant la caméra, alors Wes Anderson est un des plus grand réalisateur de notre époque. Mais on peut imaginer que tourner dans un film comme The Grand Budapest Hotel constitue une expérience particulièrement stimulante pour un comédien car les acteurs s’amusent devant la caméra, cela se sent et cela est relativement communicatif. Le petit grain de folie de Wes Anderson semble atteindre toute la distribution, qui s’en donne à cœur joie pour faire vivre cette histoire pleine d’imagination, de fantaisie, d’enthousiasme et d’humour.

thegrandbudapesthotelMais voilà… parce qu’il y a un mais… on est tenté de faire la comparaison avec Moonrise Kingdom, son précédent film qui avait rencontré un immense succès. Et il faut bien avouer que The Grand Budapest Hotel est moins drôle, moins enthousiasmant, moins fantaisiste et moins imaginatif que son prédécesseur, malgré beaucoup de similitudes stylistiques. C’est évidemment toujours un peu injuste de juger un film en le comparant à un autre, mais il est difficile d’y échapper dans le cas présent. La différence ce situe peut-être un dans un ton un peu plus sérieux, quand Moonrise Kingdom assumait pleinement son aspect enfantin. Du coup, la mayonnaise prend un tout petit peu moins bien, mais reste néanmoins savoureuse.

LA NOTE : 12,5/20

Fiche technique :
Production : American Empirical Pictures, , Fox Searchlight Pictures, Indian Paintbrush, Studio Babelsberg
Distribution : 20th Century Fox France
Réalisation : Wes Anderson
Scénario : Wes Anderson et Hugo Guinness
Montage : Barney Pilling
Photo : Robert D. Yeoman
Décors : Adam Stockhausen
Musique : Alexandre Desplat
Effets spéciaux : Nefzer Babelsberg
Maquillage : Frances Hannon
Directeur artistique : Nathan Parker, Pétia Jacquet-Pritkoff
Durée : 100 mn

Casting :
Ralph Fiennes : M. Gustave H.
Tony Revolori : Zero Moustafa, jeune
F. Murray Abraham : M. Moustafa
Saoirse Ronan : Agatha
Mathieu Amalric : Serge X.
Adrien Brody : Dmitri Desgoffe und Taxis
Willem Dafoe : Jopling
Jeff Goldblum : Kovacs
Harvey Keitel : Ludvig
Jude Law : l’écrivain
Bill Murray : M. Ivan
Edward Norton : Henckels
Jason Schwartzman : M. Jean
Tilda Swinton : la riche comtesse Céline Villeneuve Desgoffe und Taxis
Tom Wilkinson : l’écrivain, âgé
Owen Wilson : M. Chuck
Léa Seydoux : Clotilde

L’ASSASSIN ROYAL, TOME 3 : LA NEF DU CREPUSCULE : Pas rassasié !

lanefducrepuscule

lanefducrepusculeAprès un deuxième volet qui m’avait laissé sur ma faim, retour aux aventures de Fitz avec le troisième volet de la série l’Assassin Royal de Robin Hobb : La Nef du Crépuscule. Mais j’avoue que je suis encore loin d’être rassasié.

L’Assassin Royal, tome 3 : La Nef du Crépuscule commence pourtant par quelques scènes de combats spectaculaires, mais tout s’arrête rapidement et très brusquement, sans au final apporter grand chose au récit. On revient ensuite aux intrigues de cour qui constituent le cœur du récit. D’autres évènements plus épiques influent ensuite directement sur le récit, mais ne sont qu’évoqués, sans que Robin Hobb nous les fasse véritablement vivre. Bref, je reste sur cette impression d’un récit qui se déroule avec le frein à main quelque peu resserré. C’est tout le destin d’un monde qui se joue, mais l’intrigue reste confinée dans un décor trop étroit pour elle (alors que ce n’était pas du tout le cas pour le premier volet).

De plus, les personnages n’évoluent qu’assez peu dans l’Assassin Royal, tome 3: la Nef du Crépuscule. Or cette saga est largement centrée sur eux. Bien sûr le rapport de force entre eux se modifient nettement, mais dans le prolongement exact du tome précédent… Bon peut-être parce que le découpage français est totalement artificiel et ne sert qu’à vendre plus de romans, les deux épisodes ne formant qu’un seul dans son édition anglaise originale. Ca se ressent fortement et frustre un peu le lecteur que je suis qui attendait un peu plus de nouveauté.

Cependant, je ne décroche par pour autant et vais poursuivre tout de même avec plaisir à suivre les aventures de Fritz, car la plume de Robin Hobb reste assez habile et claire pour placer cette saga au top de l’heroic fantasy.