LE TRONE DE FER, TOME 2 : LE DONJON ROUGE (George R.R. Martin) : Cette fois, c’est clair !

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ledonjonrougeCes derniers temps mes lectures ont été plutôt décevantes ou alors juste sympathiques. J’étais donc vraiment en manque d’un putain de bon bouquin, si vous me pardonnez l’expression. Il fallait donc en revenir aux valeurs sûres, ce que j’ai fait en me plongeant dans Le Trône de Fer, tome 2 : le Donjon Rouge. Certes, le premier tome n’était que prometteur, à défaut d’être totalement passionnant. Mais le succès phénoménal de cette œuvre devait bien reposer sur quelque chose. Je sais désormais quoi.

Le Trône de Fer, tome 2 : le Donjon Rouge se dévore de la première à la dernière page. Maintenant qu’on a assimilé un minimum la complexité des relations entre les très nombreux personnages, on peut se plonger totalement dans les intrigues. Elles sont nombreuses, variées, passant des complots de cour aux batailles épiques, mais toujours aussi prenantes. Nous sommes au début d’une longue saga, pourtant on échappe totalement à l’impression de voir s’ouvrir de très nombreux chemins dont on n’est pas près de voir le bout. Ici, l’histoire avance, des épisodes se concluent avant qu’un autre chapitre ne s’ouvre immédiatement. George R.R. Martin maîtrise parfaitement son récit. Il sait où il va et le lecteur est ravi de le suivre.

Surtout George R.R. Martin possède une qualité d’écriture qui a manqué à beaucoup des œuvres que j’ai parcouru ces derniers temps. Le Trône de Fer, tome 2 : le Donjon Rouge est incroyablement riche, parfois complexe, mais jamais le lecteur ne se perd. Le récit est fluide, les intentions des personnages sont limpides, les évènements décrits avec précision et clarté. Si on se noyait un peu dans un premier tome qui nous avait fourni une quantité importante d’informations, ce deuxième volet nous porte vraiment dans l’action avec brio et force. Et si le premier volet avait crée une attente, celui-ci fait naître une véritable impatience !

UN PETIT TOUR A LA CAMPAGNE

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groupesiteIl y a bien longtemps que je n’avais pas ajouté à un billet à cette rubrique. J’ai même renoncé à mon traditionnel mot de début d’année. Il faut dire que j’étais alors très occupé par une campagne électorale qui fut une expérience un peu particulière, sur laquelle je vais revenir ici. Forcément, ces moments sont de ceux où on en apprend beaucoup sur soi-même (et accessoirement sur les autres), des instants qui sont à la fois terrifiants, pénibles, mais tellement exaltants.

Cette campagne m’aura rassuré au moins sur un point. Je suis toujours capable de travailler beaucoup sur une durée assez longue. Non que je glande totalement au boulot, contrairement à ce que pensent beaucoup d’entre vous, mais il est vrai que je n’ai pas non plus des journées de 12h et je ne ramène pas du travail pour le week-end. C’est vrai qu’après bientôt 8 ans dans ce rythme très particulier, il m’arrivait de me demander si j’étais encore à même d’en sortir. J’ai même réussi à survivre à mes deux semaines où j’ai mené de front le cœur de la campagne avec la réponse à un appel d’offre. Mes limites sont donc encore loin.

Beaucoup moins anecdotique, cette campagne fut aussi un moment particulier où je suis devenu le « leader » d’un groupe et le centre de l’attention. Je suis loin d’être la personne la plus modeste du monde, mais il est vrai que j’ai eu un peu de mal à me mettre autant que nécessaire dans ce genre d’exercice et que ce n’est clairement pas naturel pour moi. Enfin d’un autre côté, ça gonfle parfois l’ego, même s’il faut bien veiller dans ce domaine à ne pas y prendre trop goût et surtout ne pas prendre goût qu’à ça !

Cela constitue aussi évidemment une lourde responsabilité. Si je travaillais largement pour moi-même (j’y reviendrai), il y avait derrière moi toute une équipe qui comptait sur moi. Tous les messages d’encouragement des anonymes à l’occasion des tractages mettent toujours du baume au cœur, mais aussi un peu de pression. Ces sentiments sont évidemment positifs, du bon stress comme l’on dit, mais du stress quand même. De celui qui raccourcit vos nuits et vos occupent la tête même lorsque vous voudriez penser à autre chose. De celui qui vous fait poser tout un tas de questions existentielles sur vous-même, qui vous fait parfois douter que vous soyez vraiment à la hauteur des attentes que l’on place en vous.

Ces doutes concernaient notamment ma capacité à travailler en équipe. Il est vrai que j’ai un métier extrêmement solitaire depuis 8 ans et cette campagne m’a montré que je ne savais clairement pas travailler en équipe. Je suis tellement habitué à avoir tout dans ma tête, à savoir précisément où j’en suis dans un projet, quels sont les objectifs poursuivis et pourquoi on fait comme ça, qu’il m’est difficile de concevoir que tout le monde autour d’une table ne soit pas dans ce cas-là. Je n’ai pas l’habitude de devoir me répéter, de réexpliquer constamment, de toujours tout remettre en perspective. Et surtout, quand je dis quelque chose (que j’ai donc décidé), que tout le monde a visiblement entendu, que personne ne proteste, il m’est parfois difficile d’admettre que cela n’est pas forcément immédiatement enregistré, assimilé et approprié par tous les membres du groupe. J’ai donc beaucoup appris à ce niveau lors de cette campagne… qui a m’a fait aussi mesuré les avantages d’une autonomie totale comme celle que m’offre mon emploi actuel.

Au final, ce qui fait vraiment de cette expérience un moment très particulier, c’est que tout cet investissement est pour soi-même. Pas pour son employeur, pas pour un client, pas pour quelqu’un d’autre. Evidemment, une campagne revient en théorie à travailler avant tout pour des idées, des valeurs, un programme tout ça, tout ça, mais concrètement, on dépense de l’énergie, du temps pour un projet dont on est le centre. Et c’est une situation rare dans une existence, si ce n’est peut-être dans la création artistique. Cela décuple évidemment, mais c’est parfois quand même assez effrayant.

Se présenter à une élection n’a rien d’anodin, quelle que soit la modestie de ses ambitions. Se confronter au jugement de l’ensemble de ses concitoyens (enfin ceux qui daignent voter), et non seulement à un groupe de personnes qui va partager une activité, une passion, un point de vue, reste une démarche qui peu facilement broyer votre amour propre… ou au contraire gonfler considérablement votre ego. Dans le monde associatif ou professionnel, ou même dans sa vie sociale, on passe quand même son temps à parler devant un public acquis, que l’on domine de son expertise ou qui parle le même langage que vous. On se confronte au regard de personnes qui vous connaissent, vous apprécient, avec qui vous partagez un certain nombre de choses. Cette fois-ci, il s’agissait de s’adresser à tout le monde, ou au moins au plus grand nombre, à une population qui n’a le plus souvent aucune raison de vous ménager ou de vous accorder a priori sa confiance. Et encore, appartenant à une famille politique bien établie, j’ai tout de même la chance de pouvoir compter quoiqu’il en soit sur un socle qui m’aurait suivi même si j’avais été extrêmement mauvais. Mais cela reste quand même un exercice qui ressemble parfois un saut sans parachute.

Et puis, il y a eu le résultat. Décevant, un peu brutal, qui sur le moment fait plus de mal que de bien. Certes, dans un seconde temps, j’ai pu comparer avec les scores de mes camarades un peu partout en France, ce qui a permis de relativiser largement l’échec. Mais personne ne s’attendait à ce que la vague contraire issue de la situation nationale soit d’une telle ampleur. Jamais, je n’avais envisagé, ne serait qu’une seule seconde, de perde un élu au Conseil Municipal. Après avoir dépensé tant d’énergie, passé tant de temps, avoir mis autant de soi-même, il est vrai que le réveil fut douloureux, sur les coups de 20h20 quand les premiers bulletins dépouillés montraient déjà clairement que l’on serait très très loin des objectifs que l’on s’était fixé. C’est dur à accepter, cela crée un immense sentiment d’injustice, beaucoup de frustration, de la colère, de la tristesse…

… mais aussi l’envie de rejouer le match au plus vite. Le retour à une vie « normale » laisse un grand vide. On prend goût à cette bouffée d’adrénaline. On a tant appris, on a vu une partie de ses erreurs, on sait ce qu’on aurait pu faire de mieux. Il y a là comme une « petite mort », une descente où se mélange une forme de soulagement, mais aussi un manque. Si j’ai pu mieux comprendre quelque chose dans cette campagne, c’est comment la politique, où plus précisément les campagnes électorales, peuvent rendre dépendants, pourquoi certains ne semblent vivre que pour ça.

J’en suis loin et heureusement. Je ne me sens par exemple pas prêt à replonger dès l’année prochaine pour les cantonales (même s’il ne faut jamais dire jamais…). Mais je sais bien que ce ne sera certainement pas la dernière campagne électorale que je mènerai comme candidat. Et j’avoue, que sans être pressé,… j’ai un peu hâte quand même…

WOUNDED RHYMES (Lykke Li), I’M HAVING FUN NOW (Jenny and Johnny), GIMME SOME (Peter, Bjorn and John) : Energie, conviction, maîtrise

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woundedrhymeslykkeliEnergie, conviction et maîtrise, voici trois caractéristiques que j’apprécie de retrouver dans un groupe de musique. Et il est rare que je présente trois disques qui les présentent dans un seul et même billet. Ca sera pourtant le cas cette fois-ci et c’est une très bonne nouvelle pour ma discothèque. On commence avec Lykke Li et son album Wounded Rhymes, sorti en 2011. Une artiste venue de Suède dont la musique a un côté quelque peu 80’s et nous rappelle parfois Blondie. L’album est porté par l’excellent single I Follow Rivers qui a fait beaucoup pour son succès. Je lui reproche néanmoins le choix constant d’un effet « loin du micro » (il existe sûrement un terme technique, mais à défaut je continuerai à utiliser celui-là) qui m’horripile toujours un peu car, même si cela donne un style, je trouve toujours que cela gâche un peu la voix. Globalement l’album reste quand même très bon, même si les titres moins énergiques ne sont pas hyper mélodieux et donc plutôt en retrait.

imhavingfunnowjennyandjohnnyMon enthousiasme monte de deux crans avec I’m Having Fun Now signé par Jenny and Johnny. Sous ce nom se cache un duo, et accessoirement un couple dans la vie, composé de Jenny Lewis et Johnathan Rice, deux songwriters américains. Ils nous offrent un rock un peu rétro qui sonne très bien à nos oreilles. Les titres jouent avec l’alternance des deux voix, qui se succèdent, se mélangent, se complètent. Les titres où c’est la voix de Jenny qui domine sont d’ailleurs de loin les meilleurs car elle possède un organe bien plus intéressant que son compagnon. L’album finit par ronronner quelque peu, mais le jeu des voix fait que la monotonie ne s’installe jamais complètement car aucun titre ne sonne tout à fait comme un autre. On retiendra deux titres vraiment top : My Pet Smookes et The Highs and Lows of Being 1#.

gimmesomepeterbjornandjohnOn termine avec le rock classique mais assez stylé de Peter, Bjorn and John, qui nous viennent également de Suède. Et plus précisément de leur 6ème album, intitulé Gimme Some. L’album s’ouvre pourtant sur un titre plus martelé que fluide, qui n’augure rien de bon. Mais le suivant, Dig A Little Deeper, nous plonge dans une ambiance un peu rétro mais bien sympathique. Ce titre sera à l’image de l’album. Le tout avec énergie, maîtrise et conviction bien sûr !

DANS LA COUR : La bonne fin

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danslacourafficheBon pour ceux qui liraient cette critique et qui envisageraient de vraiment aller voir Dans la Cour, dites-vous simplement que c’est très bien et allez-y. Parce que je vais parler largement de l’histoire et surtout de la fin, donc je ne voudrais pas gâcher de trop surprise et plaisir. Pour les autres, vous pouvez écouter mon propos… enfin le lire pour être plus exact…

Pendant une bonne partie de Dans la Cour, on se dit que l’on est devant un de ces très nombreux films nous racontant l’histoire de deux paumés qui arrivent à se soutenir mutuellement pour s’en sortir. Ca peut donner de très bons films, type Happiness Therapy, mais on sait bien que ce n’est pas comme ça que les choses se passent dans la vie. Il faut être généralement soi-même extrêmement solide pour tirer quelqu’un vers le haut et deux personnes en détresse s’entraînent généralement mutuellement vers le fond.

danslecourLa grande force de Dans la Cour est donc de nous amener vers une conclusion et un dénouement qui ne sont pas ceux que l’on attend et, vous l’aurez compris, se révèlent beaucoup plus dramatiques. Bon, je ne pousserai pas le bouchon jusqu’à vous dire en quoi il consiste exactement. Et comme souvent, une fin réussie jette une lumière encore plus favorable sur le propos qui avait précédé, qui était ici déjà touchant et intéressant. On se retrouve donc devant un mélange très réussi d’optimisme et de drame, de poésie humaniste et de réalisme.

Enfin, Dans la Cour, c’est aussi un formidable duo d’acteurs. Catherine Deneuve n’a jamais figuré parmi les idoles. Mais sa performance nous permet de mesurer ce petite je ne sais quoi qui sépare les bons comédiens des grands comédiens. La grande star de ce film reste cependant Gustave Kervern dont on peut regretter amèrement que le cinéma français ait pour l’instant utilisé son talent avec autant de parcimonie.

LA NOTE : 14/20

Fiche technique :
Production : Les films Pelléas, France 2 Cinéma, Delta Cinéma, Tovo Films
Distribution : Wild Bunch Distribution
Réalisation : Pierre Salvadori
Scénario : Pierre Salvadori, David Léotard
Montage : Isabelle Devinck
Photo : Gilles Henry
Décors : Michel Barthélémy
Musique : Grégoire Hetzel
Costumes : Virginie Montel
Durée : 93 mn

Casting :
Catherine Deneuve : Mathilde
Gustave Kervern : Antoine
Féodor Atkine : Serge
Pio Marmaï : Stéphane
Michèle Moretti : Colette
Nicolas Bouchaud : Mr Maillard
Oleg Kupchik : Lev

MADRID, CAPITALE DU FOOTBALL

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atleticomadridL’Espagne reste bien le centre du monde footballistique. La ville de Madrid va devenir la capitale du ballon rond jusqu’à une finale de la Ligue des Champions qui va diviser la cité en deux. Retrouver deux clubs espagnols en finale ne constitue pas non plus la plus grande surprise de l’histoire, mais la saison précédente avait pu laisser imaginer une certaine forme de déclin et une domination future de la Bundesliga. Ce déclin n’est sans doute en fait par pour demain.

La présence du Real Madrid en finale n’est évidemment pas une surprise. La Ligue des Champions est ancrée au plus profond de l’ADN de ce club depuis la création de cette compétition. Et après tout, sa victoire contre le Bayern de Munich n’en est pas une non plus. Les Allemands étaient certes favoris, mais ont été frappés par la malédiction qui touche tous les champions d’Europe en titre depuis trente ans. Mails il est vrai que la victoire 4-0 des Espagnols en terre germanique a marqué les esprits par son ampleur. Le roi bavarois est tombé du trône en chutant particulièrement violemment.

Celle de l’Atletico Madrid est par contre un événement beaucoup plus inattendue. Du moins, en début de saison, car la façon dont le club a occupé la première place de la Liga tout au long de l’année a démontré depuis longtemps la valeur de cette équipe. Il est évident qu’au mois de septembre dernier, une finale 100% espagnole ne pouvait s’imaginer qu’opposant le Real Madrid au FC Barcelone, surtout quand on espérait encore que le duo Messi-Neymar devienne totalement irrésistible. Ces succès inattendus montre la profondeur de la richesse du football espagnol, qui va au-delà de l’exceptionnelle génération championne du Monde et double championne d’Europe. Si Montpellier a montré que le championnat de France pouvait encore revenir à une équipe surprise, jamais une telle équipe de chez nous n’aurait connu dans le même temps un tel succès au niveau européen.

C’est donc un signe fort que l’Espagne envoie à un peu moins d’un mois du début d’une Coupe du Monde dont elle sera une nouvelle fois une grande favorite. Cependant, rappelons-nous que la dernière finale de Ligue des Champions remportée par le Real Madrid remonte à 2002. Ce soir-là, Zinedine Zidane signait un des plus beaux buts de l’histoire de la compétition. Il allait se rendre à la Coupe du Monde en compagnie du meilleur buteur du championnat d’Angleterre (Henry), d’Italie (Trézeguet) et de France (Cissé). L’Equipe de France semblait alors encore plus irrésistible que lors de ses sacres mondiaux et européens.

On sait ce qu’il en est advenu. L’histoire se répète parfois… Mais pas toujours…

BABYSITTING : Project Bad Trip

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babysittingafficheJe suis décidément quelqu’un de très influençable… Encore une fois, je vais vous parler d’un film que je ne me serai jamais imaginer aller voir et encore moins apprécier. Et oui, encore une fois, j’ai écouté mes confrères et je ne l’ai pas regretté. Pourtant, là, vraiment, sincèrement, je n’aurais jamais pu imaginer une seule seconde que Babysitting ne soit même que regardable.

Et pourtant… Et pourtant, le film démarre lentement et on se dit qu’on est vraiment parti pour ce que l’on craint : un mélange de Very Bad Trip et de Project X mollasson et qui serait à ces films que ce que David Guetta est à Beethoven. Certes, les personnages sont un peu plus approfondis que dans les versions hollywoodiennes, mais on est venu là avant tout pour se marrer un grand coup. Mais peut à peu, la sauce fini par prendre pour nous livrer un film qui nous offre de vrais et grands éclats de rire (mention particulière à celui qui fera se plier tous les fans de Mario Kart) à partir de parfois pas grand chose, mais ça fait vraiment mouche. Et mine de rien, avec tout ça, Babysitting présente au final une certaine personnalité et arrive à échapper à cette impression de remake franchouillard.

babysittingBabysitting ne dépasse évidemment pas le statut de délire potache plutôt bien foutu. Car mieux foutu que prévu ne veut pas non plus dire forcément génial. Mais c’est plaisant, distrayant, encore une fois vraiment drôle par moments. Il y a des moments un peu plus faibles, surtout au début, mais en choisissant de ne pas dépasser 1h25, le film garde une densité suffisante pour qu’on lui pardonne ce démarrage un peu poussif.

LA NOTE : 12/20

Fiche technique :
Production : Cinéfrance 1888, Axel Films, Madame Films, Good Lap Production
Distribution : Universal Pictures International France
Réalisation : Philippe Lacheau, Nicolas Benamou
Scénario : Philippe Lacheau, Pierre Lacheau, Julien Arruti, Tarek Boudali
Montage : Olivier Michaut Alchourroun
Photo : Antoine Marteau
Son : Arnaud Lavaleix, Frédéric Le Louêt
Musique : Michaël Tordjman, Maxime Desprez, Jean-Claude Sindres
Durée : 85 mn

Casting :
Tarek Boudali : Sam
Vincent Desagnat : Ernest
Alice David : Sonia
Clotilde Courau : Claire Schaudel
Gérard Jugnot : Marc Schaudel
Philippe Lacheau : Franck
Julien Arruti : Alex
Enzo Tomasini : Rémi

NOE : Non mais à l’eau quoi !

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noeafficheUn des premiers grands romans d’aventure de l’histoire fut la Bible. En tout cas l’Ancien Testament, où on retrouve des meurtres, des batailles, des combats, de la trahison, des catastrophes naturelles de grande ampleur, quand le Nouveau comporte quand même nettement moins d’action. Il est donc tentant de piocher dedans pour nous proposer des grands films comme les Dix Commandements. Par contre, vous vous exposez à la colère de quelques fanatiques qui auront vite fait de trouver votre film blasphématoire. Noé n’a ainsi pas échappé à la polémique. Par contre, pas sûr qu’il ait la même postérité que le chef d’œuvre de Cécil B. DeMille.

Darren Aronofsky est un vrai génie du cinéma. Mais un génie intermittent. Noé, comme tous ses films, propose quelques fulgurances de cinéma à l’état pur, qui vous cloue à votre fauteuil. Il propose aussi malheureusement beaucoup de moments qui prêtent à sourire. Quelques éclats de rire fusent même parfois dans la salle, alors que l’intention du réalisateur n’était clairement pas celle-ci. On est parfois dans un ridicule aussi profond que la beauté de certains passages. Le tout donne un résultat contrasté, dont le mauvais côté vient largement gâcher le bon.

noePourtant, le scénario de Noé est plutôt bien foutu. Ou disons qu’il évite beaucoup des pièges dans lesquels il aurait pu facilement tomber. Déjà, il parle beaucoup plus du rapport entre l’homme et sa planète que du rapport entre l’homme et Dieu. Le message clairement écolo passe plutôt bien et se révèle beaucoup moins lourdingue que ce que l’on pouvait craindre. Bon là aussi, le film nous arrache quelque sourires involontaire, mais au foins évite-t-on le naufrage.

Au final, Noé n’est pas un film complètement raté. Mais Darren Aronofsky a trop de génie en lui pour que l’on se satisfasse d’un résultat alternant à ce point le meilleur et le pire.

LA NOTE : 11/20

Fiche technique :
Production : Paramount Pictures, New Regency Pictures, Protozoa Pictures
Distribution : Paramount Pictures France
Réalisation : Darren Aronofsky
Scénario : Darren Aronofsky, Ari Handel
Montage : Andrew Weisblum
Photo : Matthew Libatique
Décors : Mark Friedberg
Musique : Clint Mansell
Directeur artistique : Alex DiGerlando, Deborah Jensen
Durée : 138 mn

Casting :
Russell Crowe : Noé
Ray Winstone : Tubal-Caïn
Logan Lerman : Ham
Douglas Booth : Shem
Emma Watson : Ila
Jennifer Connelly : Naameh
Anthony Hopkins : Mathusalem

FURIES DECHAINEES (Richard Morgan) : Pas le bon pied

furiesdechainees

furiesdechaineesTroisième volet des aventures de Takeshi Kovacs avec Furies Déchaînées de Richard Morgan. Après un premier épisode, Carbone Modifié, vraiment emballant et un deuxième, Anges Déchus, franchement décevant, j’ai attaqué ce roman de science-fiction avec une certaine perplexité. L’auteur allait-il savoir rebondir ou bien tomber dans les mêmes travers que dans son ouvrage précédent ? Malheureusement, la réponse est beaucoup plus proche de cette dernière option.

En effet, Furies Déchaînées est une nouvelle fois quelque peu écrit avec les pieds. C’est vraiment très dur à suivre, tant Richard Morgan se plaît à ne pas expliquer clairement qui est qui et surtout ce que les personnages sont en train de faire, ou du moins pourquoi ils le font. Le style « je rentre dans le vif du sujet » et je fais tout comprendre par allusions et à travers les dialogues rend certes les récits vivants, mais faut-il encore avoir le talent pour le maîtriser totalement. Or ce n’est clairement pas le cas du romancier britannique.

Après, avec beaucoup d’effort, on n’arrive quand même à comprendre à peu près ce qui se passe sur la fin. Beaucoup plus que pour Anges Déchus, mais pas encore assez. Enfin, on arrive quand même à profiter un minimum du dénouement, ce qui permet de quitter ce roman et ce personnage en restant sur une impression un peu moins désastreuse, mais certainement pas à regret.

NEBRASKA : De l’autre côté de l’Amérique

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nebraskaafficheLorsque le cinéma nous plonge au cœur de l’Amérique profonde, très profonde, c’est le plus souvent pour nous mettre en avant sa violence et la misère dont elle se nourrit. C’était le cas avec Les Brasiers de la Colère il y a quelques semaines ou Mud l’année dernière. Beaucoup plus rares sont les films qui portent sur cette « autre Amérique » un regard tendre, mais sans rien taire des travers de ce monde parfois cruel. C’est pourtant bien le cas de Nebraska, petit perle du cinéma indépendant qui a ravi nos écrans en ce printemps.

Nebraska rappelle par certains côtés Little Miss Sunshine. Déjà parce que c’est un film sur la famille, qui nous montre que c’est quelque chose de formidable… mais justement quand elle ne ressemble pas aux clichés qu’essayent de nous vendre le cinéma hollywoodien à longueur de temps. C’est un film aussi sur le droit d’être différent, ou plutôt un peu décalé, un peu excentrique. Parce que ceux qui semblent se couler sans problème dans le moule se révèlent en fait souvent être des connards finis insupportables, dont le film nous présente une belle brochette. L’histoire traite largement du rapport à l’argent et montre parfaitement comment il peut rendre beaucoup d’être humains aussi hypocrites que sans scrupules, ni fierté.

nebraskaEnfin, Nebraska est surtout parfois très drôle. Peut-être pas autant que Little Miss Sunshine (c’est ce qui sépare le chef d’œuvre du film très réussi). On est dans un comique avant tout situationnel, on rit rarement aux éclats, mais on en ressort le sourire aux lèvres et le cœur léger, grâce à une dernière scène savoureuse et qui conclue parfaitement ce film en tout point réjouissant.

LA NOTE : 14,5/20

Fiche technique :
Production : Bona Fide Productions
Réalisation : Alexander Payne
Scénario : Bob Nelson
Montage : Kevin Tent
Photo : Phedon Papamichael
Décors : J. Dennis Washington
Distribution : Diaphana
Directeur artistique : Sandy Veneziano
Durée : 110 mn

Casting :
Bruce Dern : Woody Grant
Will Forte : David Grant
Stacy Keach : Ed Peagram
June Squibb : Kate Grant
Bob Odenkirk : le frère de David
Missy Doty : Noel
Angela McEwan : Peg Nagy

LE PAYSAN PARVENU (Marivaux) : Pas parvenu au bout

lepaysanparvenu

lepaysanparvenuAu milieu de la science-fiction et de la fantasy qui caractérise mes lectures ces derniers temps, je me suis plongé dans un classique en la personne… en plutôt en le livre… du Paysan Parvenu de Marivaux. Deux romans en un même, puisque le livre se compose de cinq premières parties écrites par ce dernier, avant trois dernières écrites pas un auteur inconnu. On peut aussi employer le terme de suite apocryphe pour briller dans les salons.

En fait, je vais essentiellement parler des cinq premières parties, car la suite est d’un intérêt littéraire quand même assez limitée. Mais au final, tout cela est un peu frustrant de voir l’auteur abandonner son lecteur au beau milieu d’un récit, ce qu’il avait déjà fait pour la Vie de Marianne. A l’époque, ses romans paraissaient sous forme de feuilleton et il avait été le précurseur des séries qui ne finissent pas. Comme quoi les Américains n’ont décidément rien inventé.

Il reste certes l’intérêt d’une plongée au cœur des mœurs du XVIIIème siècle, mais avec un fil narratif aussi insatisfaisant, on a bien du mal à apprécier pleinement le voyage dans le temps. Les intrigues, les personnages sont quand même beaucoup moins convaincants que dans la Vie de Marianne, alors que les similitudes sont nombreuses, en dehors du sexe du personnage principal. Et on comprendrait presque pourquoi l’auteur a fini par délaisser son Paysan Parvenu au profit Madame la Comtesse de***. Même si elle aussi, il l’abandonnera avant la fin…