






Hijacking n’a donc rien de spectaculaire visuellement. Pas de scène d’actions, de commando qui vient à la rescousse de l’équipage. Mais de la tension, de la tension et encore de la tension. Un vrai suspense donc, qui arrive à se renouveler, malgré le côté quelque peu linéaire des négociations. Le film nous propose quelques petits moments de bravoure. Mais surtout, il permet au spectateur de rentrer totalement dans l’histoire et de suivre son déroulement avec une angoisse commune à celles des familles des otages.

LA NOTE : 13/20
Fiche technique :
Production : Nordisk Film Production, Danish Film Institute, Filmklubben in DR, Nordisk Film & TV Fund
Distribution : Ad Vitam
Réalisation : Tobias Lindholm
Scénario : Tobias Lindholm
Montage : Adam Nieslen
Photo : Magnus Nordenhof Jonk
Format : 35mm
Décors : Thomas Greve
Son : Morten Green
Musique : Hildur Gudnadottir
Durée : 99 mn
Casting :
Pilou Asbaek : Mikkel Hartmann
Soren Malling : Peter C. Ludvigsen
Dar Salim : Lars Vestergaard
Roalnd Moller : Jan Soresen
Abdihakin Asgar : Omar
Gary Skoldmose Porter : Connor Julian

Grigris est en fait une histoire très classique. Celui du jeune homme, qui pour une cause noble, va s’acoquiner avec la pègre local pour gagner l’argent dont il a besoin pour son beau-père, hospitalisé. Son histoire d’amour avec une prostituée pourrait tourner au cliché du genre, si le décor, l’ambiance générale de ce film nous propulsait dans un monde que l’on a pu l’habitude de voir sur grand écran. Le film nous montrera d’ailleurs les différentes facettes d’une société tchadienne écartelée entre ses propres traditions et un modèle occidental de plus en plus envahissant. Le film prend grâce à cela un intérêt bien plus large que celui proposé par le simple fil rouge narratif.

LA NOTE : 13/20
Fiche technique :
Production : Pili Films, Goi-goi productions
Réalisation : Mahamat-Saleh Haroun
Scénario : Mahamat-Saleh Haroun
Montage : marie-Hélène Dozo
Photo : Antoine Heberle
Distribution : Les films du losange
Son : André Rigaut
Durée : 101 mn
Casting :
Souleymane Démé : Grigris
Cyril Guei : Moussa
Anais Monory : Mimi

Peut-être que je garde une certaine aigreur de ma longue période de chômage à la fin de mes études, mais je ne crois pas me tromper en comparant nos grandes entreprises à une gérontocratie, hyper hiérarchisée où réseau et pédigrée sont plus importants que le talent ou l’imagination. La France est connue pour être le pays où le diplôme joue le plus grand rôle et ce tout au long de la carrière. Mais même avec le bon sésame, vous devrez patienter longtemps avant d’accéder à de vraies responsabilités. Si beaucoup de jeunes diplômés de haut niveau s’expatrient à la fin de leurs études, ce n’est pas pour payer moins d’impôts ailleurs, comme le voudraient certains, mais parce qu’il n’y a qu’à l’étranger qu’ils trouveront un job à la hauteur de leurs qualités et de leurs ambitions.
Il y a là quelques points de croissance qui s’évanouissent dans la nature, bien plus en tout cas que notre fiscalité soit-disant confiscatoire. Le MEDEF reproche à l’Etat les maux qui rongent nos grandes entreprises qui peuvent souvent se muer en monstres technocratiques. Tout en appelant ce même Etat au secours à la première occasion. Mais son attitude face à la transition énergétique montre bien qu’elle est incapable de vraiment inventer le monde de demain. Après avoir totalement raté la révolution numérique, nos grandes entreprises vont-elles raté la transition énergétique ? Vont- elles encore une fois imaginer que le monde sera comme elles le souhaitent, même si toutes les tendances semblent indiquer le contraire ?
Tout cela me rappelle les débats que j’ai pu avoir avec mon Maire concernant la construction de logements. Il ne s’agit pas de savoir les efforts qu’on est prêt à faire, il s’agit de répondre à un besoin quantifié qui engendre une urgence. Même si cela engendre des évolutions qu’on voudrait éviter dans l’absolu, on n’a pas le choix, il faut les accepter. C’est la même chose avec la lutte contre le changement climatique. Il est temps de comprendre que nous ne sommes pas devant un choix, mais devant une obligation. Mais visiblement, encore une fois, le MEDEF a préféré le déni.

Cet objet, ce fameux rouleau, a longtemps constitué un mythe. Il a notamment été vendu aux enchères pour un peu plus de 2 millions de dollars en 2001. La légende prétendait qu’il ne comportait aucune ponctuation, signe de la rapidité incroyable, de la ferveur quasi mystique avec lesquelles Jack Kerouac a écrit ce premier jet, où les personnages portent encore leurs vrais noms, en faisant donc pour le coup une réelle autobiographie. La publication de cette version mythique permet désormais à tout le monde d’y avoir accès.
Heureusement, Sur la Route dans sa version originale comporte bien une ponctuation tout à fait normale. Par contre, il compte 450 pages pour…un seul renvoi à la ligne… On ressent donc pleinement la frénésie de l’écriture de Kerouac. Simplement, si cela a quelque chose de fascinant, il faut bien avouer que cela rend la lecture de cette version parfois assez difficile. Si vous perdez le fil, vous pouvez vite vous retrouver quelque peu perdu. Surtout que ce roman est incroyablement touffu et dense. Mais affronter une légende ne peut se faire sans effort.
Il est donc difficile d’apporter une appréciation sur la qualité de cette version de Sur la Route. Il se dégage de cette œuvre une fièvre rare, mais sans doute trop peu communicative du fait de la difficulté pour le lecteur de suivre le rythme de son auteur. Mais au moins ce moment de l’histoire de la littérature a quelque chose d’unique, d’extraordinaire, pour ne pas dire de monstrueux. On en ressort quelque peu fatigué, mais avec la satisfaction d’avoir vécu une épreuve à nulle autre pareil.

Pacific Rim souffre malheureusement d’un défaut rédhibitoire, à savoir le manque total, mais alors total, de charisme des personnages. A part deux scientifiques un peu rigolos, ils ne présentent aucun intérêt, ne font naître aucun attachement chez le spectateur, tant ils sont d’une platitude désespérante. Le pire est que les deux pilotes dont la rivalité constitue un axe important du scénario se ressemble à tout point de vue, y compris la coupe de cheveux, démontrant le manque total d’idées à ce niveau. Du coup, on se contrefout de ce qu’il leur arrive, le film ne dégage pas la moindre étincelle d’émotion et au final, on trouve les passages entre deux combats bien longuets. A côté de ça, l’abus de verbiage scientifique ridicule paraît un défaut totalement mineur !

Au final, Pacific Rim nous propose de vraiment moments particulièrement jouissifs, mais noyés dans trop de médiocrité scénaristique pour qu’on puisse les apprécier sans réserve.
LA NOTE : 11/20
Fiche technique :
Production : Legendary pictures, DDY
Distribution : Warner Bros. France
Réalisation : Guillermo del Toro
Scénario : Guillermo del Toro, Travis Beacham
Montage : Peter Amundson, John Gilroy
Photo : Guillermo Navarro
Décors : Andrew Nescoromny, Carol Spier
Musique : Ramin Djawadi
Durée : 131 mn
Casting :
Rob Kazinsky : Chuck Hansen
Charlie Day : Dr Newton Geiszler
Ron Perlman : Hannibal Chau
Rinko Kikuchi : Mako Mori
Idris Elba : Stacker Pentecost
Charlie Hunnam : Raleigh Becket
Max Martini : Herc Hansen

Tyson Gay semblait être enfin en position de triompher de son grand rival Usain Bolt. En effet, depuis plusieurs années, il semble le seul à sembler pouvoir rivaliser, même si, le jour J, le Jamaïcain a pour l’instant toujours eu une longue d’avance… et parfois une bonne longueur. Cette année semblait différente, avec l’Américain qui détenait la meilleure performance de la saison. Mais c’était sans doute trop beau pour être vrai et la frustration accumulée (en des temps « normaux » Tyson Gay serait devenu une légende) l’aura poussé à franchir la ligne rouge pour essayer de compenser l’avantage qu’offre la physiologie exceptionnelle d’Usain Bolt.
Beaucoup l’ont sans doute oublié, mais Asafa Powell a été Usain Bolt avant Usain Bolt. 4 fois recordman du monde du 100m, il avait amené la discipline reine à des vitesses que l’on pensait alors inaccessibles. Mais il a été aussi l’homme des rendez-vous ratés, avec comme titres de gloire individuels, trois misérables médailles de bronze aux Championnats du Monde. Ces dernières années, il a surtout donné l’image d’un athlète en déclin, avec même une non-qualification pour le rendez-vous mondial de Moscou cette année. Il ne sera pas le premier dans son cas à tenter le diable pour essayer vainement de remonter le temps et retrouver son lustre passé.
Mais le contrôle positif d’Asafa Powell vient après celui il y a quelques mois de Veronica Campbell. Au-delà de la faute individuel, cela jette un soupçon, ou confirme plutôt, sur les racines du « miracle » du sprint jamaïcain, incroyablement dominateur depuis 2008. Il n’y a pas de fumée sans feu diront certains… qui n’hésiteront pas à porter un regard interrogateur sur le Dieu du sprint lui-même…

Pour Une Femme nous propose en plus la configuration la moins intéressante, c’est à dire le couple marié qui voit arriver un élément extérieur. Certes, il y aurait pu exister un suspense sur le fait que la femme reste ou non avec son mari… Sauf que le film est raconté en flash-backs, ce qui fait que l’on a la réponse immédiatement. Ou comment se tirer une balle dans le pied. De plus, les scènes qui se déroulent à l’époque de la narration forment un aspect du film assez peu intéressant, mais qui prend une place démesurée. Cela renforce l’impression d’un propos mal équilibré, alors que le contexte historico-politique est lui au final trop anecdotique par rapport au reste.

LA NOTE : 9,5/10
Fiche technique :
Réalisation : Diane Kurys
Scénario : Diane Kurys
Musique : Armand Amar
Montage : Sylvie Gadmer
Photographie : Gilles Henry
Producteur : Alexandre Arcady et Diane Kurys
Directeur de la production : Philippe Guez
Production : Alexandre Films, Rhône-Alpes Cinéma et EuropaCorpDistribution : EuropaCorpPays : FranceDurée : 110 minutes
Casting :
Benoît Magimel : Michel
Mélanie Thierry : Lena
Nicolas Duvauchelle : Jean
Sylvie Testud : Anne
Denis Podalydès : Maurice
Julie Ferrier : Tania
Clotilde Hesme : Madeleine
Clément Sibony : Sacha

J’ai notamment pu participer activement à ce débat lors du dernier Conseil Municipal de Viroflay, où nous avons discuté du projet de loi créant une instance de gouvernance à l’échelle de l’aire urbaine de Paris. Si bien des critiques peuvent être formulées contre ce projet, j’ai été choqué par l’étroitesse des arguments avancés par mon Maire pour s’y opposer. Seul lui importe la conservation de ses prérogatives attachée à son mandat. Aucun recul, aucune volonté de trouver enfin des solutions aux grands déséquilibres que connait notre Région et à l’insuffisance chronique de construction de logements. Les élus municipaux sont ceux qui détiennent le pouvoir dans le domaine de l’urbanisme, ces échecs sont donc les leurs. Mais ils étaient difficiles pour eux de réussir puisqu’on leur demande de traiter un problème qui se pose à une échelle supérieure à la leur.
Ceci montre à quel point une réforme territoriale profonde doit se faire contre ceux qui possèdent le pouvoir au niveau local. On parle ici des élus, mais aussi des administrations, des organismes, des services, bref tout ceux qui verraient leur quotidien bouleverser par de profonds changements. Or le changement, voilà quelque chose qui se heurte toujours à de fortes résistances. Et il est d’autant plus difficile de les surmonter que ceux qui en expriment possèdent du pouvoir et de l’influence. Le salut pourrait venir des citoyens, mais le référendum en Alsace sur la fusion possible des deux départements a également montré que le changement est avant tout souhaité, surtout s’il a lieu chez le voisin. On peut cracher tant qu’on veut sur les élus, force est de constater que les électeurs adoptent des comportements tout à fait similaires.
Une réforme en profondeur de la gouvernance territoriale est donc un long et difficile combat. La loi portée par Marilyse Lebranchu constitue une avancée très en deçà de ce qui serait nécessaire. En ces temps politiques difficiles, la majorité actuelle ne peut pas se mettre à dos la foule des élus locaux. Il y a là pourtant de grandes sources d’économie, de gain d’efficacité et de compétitivité pour notre pays. Des évolutions que tous les responsables appellent de leurs vœux… du moment que ce n’est pas au prix de la moindre diminution de leur petit pouvoir personnel.



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