2013, SURPRENDS MOI !

2013

20132012 est terminée, nous voici en 2013. Et comme chaque année, voici un petit billet bilan et perspectives. Rien de très original donc, mais puisque le statut de vieux garçon semble m’aller à ravir, il faut bien que j’ai quelques habitudes indécrottables.

2012 a réservé quelques moments inoubliables. Le premier d’entre eux a eu lieu un soir de mai, Place de la Bastille, quelques temps après avoir failli mourir étouffé rue de Solférino. Bien sûr, depuis le ciel n’est pas plus bleu et le chômage est même plus profond que jamais. Mais quand on consacre autant de temps et d’énergie à une cause, un combat, les moments de victoire restent des moments importants, ceux qui donnent un sens à toutes ces heures consacrées à défendre ses convictions. Effectivement, le plus dur vient tout de suite après, mais les souvenirs de joie demeurent à jamais.

2012, année olympique également ! Des JO que j’ai suivi plus qu’assidument, un peu même jusqu’à l’overdose ! Mais ces émotions, aussi futiles soient-elles, valaient le coup d’être vécues ! Ces bons dans mon salon méritaient d’être faits ! Alors je dis vivement Rio, même si le décalage horaire risque de rendre les évènements un peu plus difficiles à suivre.

D’un point de vue plus personnel, il s’est passé beaucoup de choses également en 2012. Mais comme tout ne s’est pas vraiment bien fini, je préfère regarder vers 2013, qui après tout sera peut-être l’année de la…. Bref, passons…

2013 commence plutôt bien pour moi puisqu’elle commencera par une belle augmentation. Bon, je ne suis définitivement pas un homme d’argent, mais cela fait toujours plaisir et ça met un peu de beurre dans les épinards, même si elles n’en manquaient pas précédemment. J’espère surtout que mon activité professionnelle va sortir d’un marasme dans lequel elle s’est quelque peu enlisée depuis deux ans. De toute façon, si ce n’est pas le cas, j’irai sûrement voir ailleurs si l’herbe n’est pas plus verte.

Dans la série des vœux futiles, il y en a un qui me tient particulièrement à cœur cette année, surtout que je l’avais déjà formulé, confiant, l’année dernière. En fait, je le forme tous les ans depuis 1995, cela commence à dater. Mais cette année sera la bonne, le PSG retrouvera enfin son titre de champion de France. Ca sera le triomphe de l’argent roi, mais je me dis que c’est aussi un peu le mien à chaque fois que je fais le plein. Du coup, j’ai définitivement décidé de laisser les scrupules au vestiaire et de zlataner les grincheux !

2013 sera une année vierge d’élections. Mais les municipales seront tôt en 2014, alors la préparation commencera très vite dès cette année. Evidemment, c’est l’élection qui me concerne de plus près, puisque c’est celle pour laquelle je suis vraiment candidat. Après, on verra un peu plus tard pour la position exacte sur la liste !

J’aurais évidemment plein d’autres choses à me souhaiter pour 2013, mais je ferai encore une fois preuve de bien peu d’imagination en parlant de bonheur, d’amour et de santé. J’espère donc simplement cette année plutôt de l’inattendu et des surprises… Enfin avant tout de bonnes surprises !

Y’A T’IL UN PILOTE DANS L’AVION ? : 25 ans après, on en rit encore

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yatilunpilotedanslavionafficheRevoir un film dont on se rappelait fort bien et réaliser soudain que cela fait environ 25 ans qu’on ne l’avait pas vu… Voici le constat extrêmement douloureux que j’ai fait en regardant Y’a-t-il un Pilote dans l’Avion ?… Putain 25 ans… C’est que je ne me fais pas tout jeune… Le film non plus d’ailleurs me direz-vous, mais il mérite toujours autant son statut de film comique culte à connaître par cœur.

Ted essaye désespérément de parler à Elaine, sa fiancée qui vient de le quitter. Pour se faire, il monte dans l’avion où elle est hôtesse de l’air, surmontant sa phobie issue d’un passé douloureux de pilote dans l’armée de l’air. Mais il devra reprendre les commandes lorsque l’ensemble de l’équipage est victime d’une intoxication alimentaire.

Y’a-t-il un Pilote dans l’Avion ? recouvre deux aspects bien distincts qui ont vieilli de manière différente. Il faut tout d’abord savoir que ce film est né à une époque, au début des années 80, où les films de catastrophe aérienne étaient particulièrement à la mode, ce qui a légué au 7èmeart un certain nombre de nanars qui passent de moins en moins à la télé. Il parodie donc un genre quelque peu oublié et propose quelques références datées qu’une partie du public n’est plus capable de saisir.

Heureusement, Y’a-t-il un Pilote dans l’Avion ? est avant tout une somme de gags intemporels car totalement au premier degré. Ils peuvent être visuels ou prendre la forme de jeux de mots, mais fonctionnent encore et encore. Ils font mouche quasiment à chaque fois, nous arrachant de vrais éclats de rire. Ce n’est peut-être pas toujours hyper subtil, mais c’est d’une efficacité redoutable, avec cette capacité à nous faire rire bien des heures après la fin du film, rien qu’en y repensant.

Mais ce qui fait vraiment la différence et fait de Y’a-t-il un Pilote dans l’Avion ? un film aussi culte, c’est la densité des gags. En effet, ils sont encore plus nombreux que drôles. Il ne s’agit pas d’un de ces films comiques où chaque chute (que l’on a déjà vu dans la bande-annonce) est amené par un bon quart d’heure de rien. Non, ici tout s’enchaîne avec frénésie, parfois même en arrière-plan. C’est un film que l’on peut revoir plusieurs fois d’affilée pour enfin voir tout ce qui nous avait précédemment échappé, de petits détails parfois hilarant. Cette densité a rarement été égalée dans l’histoire du cinéma comique.

On a tous nos moments préférés dans ce genre de film. Personnellement, c’est le passage qui parodie Saturday Night Fever qui continue de me faire rire en y repensant. Il y a bien sûr aussi les répliques devenues presque proverbiales comme « tu aimes les films de gladiateurs ? » ou bien « tu as déjà vu un monsieur tout nu ? ». Si vous avez déjà entendu certains de vos amis les placer dans la conversation et rire, sans que vous ne compreniez ce qu’il y a de si drôle, c’est qu’il faut de toute urgence voir Y’a-t-il un Pilote dans l’Avion ?

yatilunpilotedanslavionY’a-t-il un Pilote dans l’Avion ? est l’occasion de revoir l’inimitable Leslie Nielsen qui aura accompagné tous les succès de Abrahams, Zucker et Zucker. Son visage ahuri lui donne un potentiel comique qui restera à jamais légendaire. Le reste du casting est plus anonyme et ne brille pas forcément par un talent dramatique inoubliable. Cependant, cela colle très bien avec le genre avec une parodie de nanars. Robert Hays et Julie Hagerty auront au moins eu le privilège d’être les têtes d’affiche d’un des films le plus culte de l’histoire du 7ème art.

25 ans d’attente, ce fut long. Je peux parier que je n’attendrai pas autant de temps avant de revoir encore une fois Y’a-t-il un Pilote dans l’Avion ?

Fiche technique :
Titre original : Airplane! (sous-titré Flying high)
Réalisation et scénario : Jim Abrahams, David Zucker, Jerry Zucker
Directeur de la photographie : Joseph F. Biroc
Montage : Patrick Kennedy
Musique : Elmer Bernstein
Durée : 85 Minutes

Casting :
Robert Hays : Ted Striker
Julie Hagerty : Elaine Dickinson
Lloyd Bridges : Steven McCrosky
Leslie Nielsen : Dr Rumack
Robert Stack : Capitaine Rex Kramer
Peter Graves : Capitaine Clarence Oveur
Kareem Abdul-Jabbar : Roger Murdock
Lorna Patterson : Randy
Ethel Merman : Lieutenant Hurwitz
Joyce Bulifent : Mme Davis
Stephen Stucker : Johnny Hinshaw
Kenneth Tobey : Neubauer

AND THE WE SAW LAND (Tunng) : Expérimentation réussie

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andthenwesawlandtunngNouvelle découverte et nouvelle bonne surprise avec le groupe Tunng. Par contre, ne me demandez pas d’où vient leur nom étrange et plein de consonnes, je n’en ai pas la moindre idée et même le Dieu Wikipedia semble l’ignorer. En tout cas, ils font de la sacrée bonne musique comme le démontre ce très bel album sorti en 2010, And Then We Saw Land.

Tunng est un groupe anglais de folk expérimental. D’habitude, je me moque allègrement de ce genre d’étiquette qui ne semble pas dire grand chose, mais cette fois-ci, vous le verrez, cela colle plutôt bien à leur musique. Ils sont nés en 2005 sous l’impulsion de Sam Genders et Mike Lindsay. Le premier a quitté le groupe en 2007. Il reste tout de même cinq membres, dont Becky Jacobs au chant. And Then We Saw Land constitue leur quatrième album et le dernier en date.

La musique de Tunng se caractérise par l’utilisation d’instruments passablement originaux, comme des coquillages. Il est vrai que And Then We Saw Land est parcouru de sonorités étranges, mais toujours utilisées avec beaucoup de talent. Ceci explique le qualificatif d’expérimental, car, effectivement, on sent chez eux une réelle volonté de s’aventurer dans des chemins encore inexplorés et de créer de la musique à partir d’éléments inattendus, au moins dans leur association.

Cependant, à côté de ça, Tunng nous livre une vraie musique folk. Les mélodies sont parfaitement maîtrisées. L’expérimentation n’est vraiment pas à ce niveau et il ne faut pas redouter d’entendre des morceaux sombrer dans le n’importe quoi dans And Then We Saw Land. Cela reste vraiment solide à ce niveau là et offre un très beau support pour leurs sonorités plus originales. Les morceaux se situent quand même largement dans le ton de la ballade et de la douceur, mais le tout donne un résultat toujours surprenant et jamais une seule seconde monotone.

Le jeu constant entre une voix masculine et une voix féminine fait également l’identité de Tunng. Dans And The We Saw Land, l’une et l’autre est mise en avant alternativement. D’autres titres les font dialoguer, d’autres au contraire cherchent les fusionner. Ce travail se situe dans la même logique que celui sur les instruments et est couronné de la même réussite. Le groupe nous propose donc définitivement une vraie recherche musicale, mais au service d’une musique totalement maîtrisée.

Ce qui manque peut-être à And Then We Saw Land est sans doute un vrai tube qui fasse réellement la différence. L’album est très homogène en qualité, sans pour autant proposer un titre que l’on aurait envie d’écouter encore et encore sans se lasser. Personnellement, J’ai un faible pour Don’t Look Down or Back qui propose à la fois des passages très doux et un refrain beaucoup plus énergique. Il permet de faire le tour de tout le talent de Tunng. J’aime beaucoup aussi October, un joli moment de romantisme.

And Then We Saw Land est donc un excellent album proposant une musique à l’identité forte et originale, sans pour autant dérouter totalement les amateurs de pur folk.

Pour finir, faisons le tour des titres que l’on trouve sur cet album.

1.: Hustle
Les instruments se rajoutent au fur et à mesure pour former un titre assez entraînant que l’on a envie d’écouter autour d’un feu de camps.

2.: It Breaks
La voix féminine plus claire est mise en avant pour un joli duo.

3.: Don’t Look Down Or Back
Une ballade douce où les deux voix se répondent, avec un refrain beaucoup plus dynamique. Top !

4.: The Roadside
Une longue introduction avec un titre doux et épuré.

5.: October
Les deux voix ne font plus qu’une pour titre aux accents romantiques.

6.: Sashimi
Plus rythmé, aux sonorités électro.

7.: With Whiskey
La voix masculine domine dans ce beau titre presque murmuré.

8.: By Dusk They Were In The City
Un instrumental.

9.: These Winds
Un titre assez court où la voix féminine est seule présente.

10.: Santiago
Une mélodie enjouée, mais avec des voix qui le sont moins.

11.: Weekend Away
Un titre qui sonné un peu comme un générique de fin, suivi d’un joli titre caché.

JACK REACHER : Tom Cruise, touti rikiki, maousse costo

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jackreacherafficheQuoi de mieux pour finir l’année cinématographique qu’un bon polar… Ok, c’est complètement con ce que je viens de dire, puisque si jamais j’avais terminé 2012 par une comédie, j’aurais dit « quoi de mieux pour finir l’année cinématographique qu’une bonne comédie »… Bref, tout ça pour dire que j’ai bouclé la boucle en allant voir Jack Reacher. Un film solide, même si je m’attendais à mieux, je dois bien l’avouer.

Un ancien militaire abat six personnes visiblement au hasard. Les preuves de sa culpabilité sont accablantes. De plus, il est plongé dans dans le coma après avoir été molesté par des codétenus avant même d’avoir pu parler à son avocate. Mais avant cela, il avait juste eu le temps de demander une seule chose à la police : retrouver Jack Reacher.

Je tiens tout d’abord à féliciter ceux qui ont signé la bande-annonce de Jack Reacher. Féliciter ou réprimander, c’est selon les goûts. En effet, elle donne une image assez fausse du film, du personnage principal et de l’intrigue. On aurait aussi un peu l’impression qu’elle racontait totalement le film, alors que ce n’est absolument pas le cas. Personnellement, j’apprécie beaucoup de ce genre de surprises, même si on peut aussi répondre qu’il y a légèrement tromperie sur la marchandise.

Jack Reacher est donc un polar de facture classique, sur le thème du « je vais prouver l’innocence d’un homme que tout accuse seul contre tous ! ». En fait, il s’agit de l’adaptation sur grand écran d’un personnage très populaire de roman, plus précisément du 9ème tome, édité en France sous le titre de Folie Furieuse. Il est vrai que le personnage principal constitue un des points forts de ce film et change légèrement du flic, du détective privé ou du journaliste habituels.

L’intrigue m’a par contre laissé un peu plus dubitatif. En effet, il faut bien avouer que les éléments qui ressemblent le plus à des rebondissements ou des surprises sont assez prévisibles. Mais il ne semble pas que Christopher McQuarrie ait vraiment cherché à ménager un faux suspense. Le spectateur en sait toujours plus que notre héros, il est donc toujours moins surpris. Jack Reacher est donc un polar où on se demande plus comment que pourquoi. Je trouve cependant que jouer sur les deux tableaux aurait rendu le film meilleur. Sinon, autant nous montrer tout de suite la vérité comme dans Colombo !

Autre petit bémol, le dénouement délivre une morale qu’on est en droit de ne pas du tout partager. Je trouve surtout qu’elle enlève toute ambiguïté au personnage qui devient exactement ce qu’on craignait qu’il soit. Jack Reacher finit donc par tomber dans le clichés qu’il semblait pouvoir éviter et là aussi, c’est bien dommage. Reste que Jack Reacher est un film rythmé, sûrement pas ennuyeux et aux scènes d’action spectaculaires et bien foutus. On échappe même à la romance à trente centimes d’euro qui nous pend pourtant au nez pendant tout le film. On a donc quand même pas le droit à tous les clichés…

jackreacherJack Reacher est bâti à la gloire pleine et entière de Tom Cruise. Et il faut bien avouer que ce con (non je ne suis pas jaloux…) ne prend pas beaucoup de rides et continue de posséder un des charismes les plus frappant de l’histoire du cinéma. On en oublierait presque qu’il est tout petit… Mais puisque je vous dis que je ne suis pas jaloux… En tout cas, il éclipse quelque peu Rosamund Pike, sympathique, mais tout à fait au niveau. On n’oubliera pas de saluer également la belle performance de Werner Herzog en méchant vraiment méchant, mais alors vraiment méchant. Et puis un mot enfin sur Richard Jenkins que j’aime toujours autant.

Jack Reacher est un film efficace. Mais certains éléments viennent quand même légèrement gâché le plaisir et empêchent ce film d’être un grand polar !

Fiche technique :
Production : Paramount Pictures, Skydance Productions, Mutual Film Company
Distribution : Paramount Pictures France
Réalisation : Christopher McQuarrie
Scénario : Christopher McQuarrie, d’après le roman Folie furieuse de Lee Child
Montage : Kevin Stitt
Photo : Caleb Deschanel
Décors : Jim Bissell
Musique : Joe Kraemer
Costumes : Susan Matheson
Durée : 130 mn

Casting :
Tom Cruise : Reacher
Rosamund Pike : Helen
Richard Jenkins : Rodin
David Oyelowo : Emerson
Werner Herzog : Zec
Jai Courtney : Charlie
Vladimir Sizov : Vlad
Robert Duvall : Cash

 

BATMAN : Pas une ride pour le Joker

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batmanafficheLes films sont comme nous… Ils vieillissent… Certes, ils ne font pas comme moi et ne perdent pas progressivement leurs cheveux, mais parfois les revoir avec quelques années de recul nous fait dire qu’ils portent sur leurs pellicules quand même un peu le poids des années. Ca a été mon cas il y a quelques temps en revoyant Ghostbusters. Ca l’a été de nouveau la semaine dernière en revoyant le premier Batman de Tim Burton… Mais cet aspect vintage nous empêche-t-il de les aimer toujours autant ? Certainement pas !

Les malfrats de Gotham City ne parlent plus que de lui. Un journaliste enquête et la police se refuse à tout commentaire. Une chauve-souris rôde dans les rues de cette ville gangrénée par la violence. Et c’est une bonne nouvelle car la pègre possède désormais un nouveau leader aussi dangereux que fou… Le Joker !

On se souvient qu’à l’époque (soit 1989), Tim Burton avait su séduire le monde avec sa vison gothique et sombre de Gotham City. Avec le recul et à l’heure des effets numériques qui n’ont même plus l’air d’être des effets, il faut bien avouer que tout cela fait un peu carton-pâte. Les maquettes ressemblent vraiment à des maquettes, même sur ma petite télé. Je ne voudrais même pas imaginer sur grand écran… Bref, c’est vrai que je ne m’attendais pas à un tel choc des générations visuel et cela m’a un peu chagriné… au moins cinq minutes…

En effet, ce Batman aurait plutôt du s’appeler le Joker. Comme 20 ans plus tard, The Dark Knight me direz-vous. Comme tous les films du genre, j’ai envie de dire. Un bon super-héros, c’est avant tout un bon méchant. Et à ce niveau-là, l’homme chauve-souris a été particulièrement bien servi. Les cinéphiles éclairés pourront débattre encore pendant des décennies pour savoir qui de Jack Nicholson ou de Heath Ledger est le meilleur Joker. Bien sûr, il n’y aura jamais de réponse définitive, tant les deux sont différents, mais tout aussi géniaux.

Il est vrai que le scénario de Batman est un peu léger. D’ailleurs, à sa sortie, beaucoup de critiques furent extrêmement négatives, insistant sur ce point. Mais ce film est comme un classique du western. Qu’importe le reste, seul compte vraiment le duel final entre le gentil et le méchant. Le combat final au cœur de la cathédrale de Gotham City reste un grand moment de cinéma, dans ce décor plus exigu qui souffre moins des limites techniques dont souffre le film par ailleurs.

batmanEnfin, Batman reste légendaire parce qu’il reste un film de Tim Burton, un cinéaste à l’immense talent. La photographie reste sublime, même quand elle ne sert qu’à mettre en valeur des maquettes d’un autre âge. Et puis, il y a évidemment la musique de Danny Elfman, sans qui le cinéma de Tim Burton ne serait pas ce qu’il est. Le compositeur aura d’ailleurs su comme personne donner ses lettres de noblesse aux films de super-héros puisqu’il signera également la sublime bande-originale du non moins sublime Spider-man de Sam Raimi.

Batman, je l’ai dit, c’est presque Jack Nicholson et rien d’autre. Cependant, je tiens à saluer Michael Keaton dont le jeu totalement inexpressif lui vaudra bien des moqueries. Mais cette inexpressivité colle tellement au personnage qu’elle en est parfaite. Certes, pas sûr que l’acteur aurait pu faire autre chose, mais qu’importe, il est l’homme de la situation !

Le Batman de Tim Burton qui est un vrai chef d’œuvre reste avant tout le deuxième épisode, Batman le Défi. Mais on gardera toujours une tendresse particulière pour le premier volet qui reste le film qui aura inventé le film de super-héros moderne.

Fiche technique :
Réalisation : Tim Burton
Scénario : Sam Hamm et Warren Skaaren, d’après une histoire de Sam Hamm et d’après les personnages créés par Bob Kane
Musique : Danny Elfman
Musiques additionnelles : Prince
Directeur de la photographie : Roger Pratt
Montage : Ray Lovejoy
Chef décorateur : Anton Furst
Effets spéciaux : John Evans
Costumes : Linda Henrikson, Bob Ringwood et Tony Dunsterville
Durée : 126 minutes

Casting :
Michael Keaton : Bruce Wayne / Batman
Jack Nicholson : Jack Napier / Le Joker
Kim Basinger : Vicki Vale
Robert Wuhl : Alexandre Knox
Michael Gough : Alfred Pennyworth
Pat Hingle : James Gordon
Billy Dee Williams : Harvey Dent
Lee Wallace : Le maire Joe Borg
Jack Palance : Carl Grissom
Jerry Hall : Alicia Hunt
Tracey Walter : Robert « Bob » Hawkins, le bras droit du Joker
William Hootkins : Lieutenant Max Eckhardt

AS DAY FOLLOWS NIGHT (Sarah Blasko) : Voix sublime du pays des kangourous

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asdayfollowsnightsarahblaskoPosséder une belle voix représente tout de même un avantage certain lorsque l’on souhaite entamer une carrière de chanteur et de chanteuse. Ce n’est absolument pas mon cas, c’est pourquoi j’ai choisi ingénieur agronome finalement. C’était nettement plus dans mes cordes. De toute façon, si j’avais pu choisir, j’aurais pris footballeur professionnel, mais cela ne correspond guère plus à mes compétences. Bref, tout ça pour dire que Sarah Blasko a une très belle voix et qu’elle le prouve avec son album As Day Follows Night.

Sarah Blasko est une auteur-compositeur australienne, née en 1976. Entre 1998 et 2002, elle a fait partie du groupe Acquiesce, qui n’a même pas droit à sa page Wikipedia en anglais. C’est dire s’il n’a pas du passer à la postérité. Ensuite, elle débuta une carrière solo en 2004 qui a débouché sur 4 albums studios. As Day Follows Night est le troisième et est sorti en 2009. Ils ont tous connu un grand succès au pays des kangourous.

Sarah Blasko a une voix magnifique, pure, claire, cristalline. Elle se suffit généralement à elle-même. Il suffit d’un peu de piano et d’une jolie mélodie pour vous donner un titre envoûtant et charmeur. Cela semble presque trop facile, presque injuste. Mais cela fonctionne et on traverse As Day Follows Night avec un plaisir toujours renouvelé. Surtout que le voyage est doux et qu’il incite à la rêverie.

As Day Follows Night n’est en rien monotone. Certes, on tourne toujours autour de la ballade plus ou moins épuré et les titres les plus énergiques restent très loin d’un concert punk. Pourtant, Sarah Blasko arrive à se renouveler d’un titre à l’autre pour nous garder sous le charme. On a trop souvent entendu des voix comme la sienne se contenter de nous servir des morceaux monocorde. Il n’en est rien ici et cela contribue largement à la grande qualité de cet album qui ravira les amateurs de belles mélodies romantiques.

As Day Follows Night est particulièrement dense niveau qualité. A part peut-être Is My Baby Yours et I Never Knew, tous les titres se valent et valent cher ! Et encore, les deux titres que je viens de citer sont juste plus en retrait, mais pas forcément à jeter sans remords. Personnellement, j’ai un faible pour Bird on a Wire, le titre le plus jazzy, mais j’aurais tout aussi bien choisir n’importe quel autre.

La version de As Day Follows Night que j’ai écouté comporte un CD bonus de cinq titres, intitulé « Cinema Blasko ». En effet, il s’agit de reprises de chansons présentes dans des classiques du 7ème art. Un disque qui n’a rien d’un gadget car les cinq titres sont vraiment excellents. Je ne connais que deux des cinq versions originales. Mais les deux fois, il s’agit d’une version vraiment différente et séduisante. Je peux donc imaginer qu’il en est de même pour les trois autres. En tout cas, j’aime beaucoup ces cinq titres qui sont peut-être encore meilleurs que ceux que l’on trouve sur le disque de base.

As Day Follows Night est donc un disque aussi séduisant que la voix de Sarah Blasko est sublime. Et ce n’est pas peu dire !

Pour finir, faisons le tour des titres que l’on trouve sur As Day Follows Night.

1.: Down On Love
Une entrée en matière tout en douceur. La voix sublime sur une mélodie simple.

2.: All I Want
Plus rythmé, mais le charme continue d’opérer.

3.: Bird On A Wire
Plus jazzy, mais toujours agréable.

4.: Hold On My Heart
Enjoué et entraînant.

5.: We Won’t Run
Un titre au rythme quelque peu chaloupé.

6.: Is My Baby Yours
Un titre un peu moins convaincant.

7.: Sleeper Awake
La voix se fait plus chaude et sexy. Ca reste surtout très bon.

8.: No Turning Back
Plus sombre, avec des percussions très présentes.

9.: Lost And Defeated
La voix est beaucoup plus poussée pour un résultat qui sonne un peu comme du Björk.

10.: Over And Over
Un rythme presque tropical pour un titre plus entraînant.

11.: I Never Knew
Un peu lancinant.

12.: Night And Day
Un titre beau et mélodieux pour finir, avec un ton un rien mélancolique.

Disque bonus « Cinema Blasko »
1.: Seems Like Old Times (from Annie Hall)
Une voix charmeuse se pose sur le piano, pour un très joli résultat.

2.: Something Good (from The Sound Of Music)
Une belle chanson qui donne envie de danser un slow langoureux.

3.: Maybe This Time (from Cabaret)
Une chason au ton très romantique au piano.

4.: Out Here On My Own (from Fame)
Une très belle version très simple mais qui met surtout parfaitement en valeur la voix de Sarah.

5.: Xanadu (from Xanadu)
Une version douce est mélodieux, très romantique et surprenante.

LES BETES DU SUD SAUVAGE : Poésie sudiste et sauvage

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lesbetesdusudsauvageafficheSuite des films que je n’avais pas du tout l’intention de voir à la base, avant de me laisser tenter suite à de nombreux avis élogieux, voici les Bêtes du Sud Sauvage. Un film, ou plutôt un conte, à l’histoire particulièrement originale et inattendue. Une œuvre rafraîchissante pour passer ces fêtes de fin d’année devant un spectacle de qualité.

Hushpuppy a six ans et vit avec son père dans une communauté isolée et un rien sauvage du sud des Etats-Unis. Un groupe qui refuse de quitter leurs terres menacées par la montée des eaux et le changement climatique. Mais les problèmes de santé de son père et une terrible tempête qui s’annonce va venir perturber le quotidien de la petite fille et de tous ses compagnons.

Les Bêtes du Sud Sauvage est un film dont il est difficile de parler tant il ne ressemble à rien de déjà connu. C’est un film d’ambiance, de personnages, bien plus qu’une intrigue forte. Il nous enchante par sa poésie surprenante et un charme indéfinissable. Tout cela porte une réflexion sur la modernité, sur une certaine forme d’écologie ou de retour à la nature. Cependant, le message ne nous ai pas délivré sans subtilité, du genre « la technologie, c’est mal, vivons dans les grottes, nous serons bien plus heureux ». Non, c’est à chacun de tirer de ce film qu’il voudra, à partir de ce qui le touchera plus particulièrement.

Si Les Bêtes du Sud Sauvage fonctionne, c’est avant tout parce qu’on ne peut que s’attacher de manière profonde et immédiate à la jeune Hushpuppy. Quelle personnalité, quelle présence à l’écran ! Comme le film est quand même quasiment exclusivement bâti autour de son personnage, qui est aussi la narratrice, cela était de toute façon indispensable. Mais elle fait incontestablement partie des personnages que l’on oublie pas et qui marque profondément. Qu’importe son jeune âge !

Si j’ai souligné l’absence d’une intrigue forte, il ne faut pas croire pour autant qu’il ne se passe rien dans Les Bêtes du Sud Sauvage. Des péripéties, des rebondissements nous préservent de l’ennui. On est dans un récit style « chroniques », mais qui n’a rien de contemplatif. Du coup, on traverse vraiment le film en se demandant où tout cela va bien pouvoir nous mener. Cela aboutira d’ailleurs à une très belle fin et à beaucoup d’émotion.

Si j’ai parlé de conte, c’est que les Bêtes du Sud Sauvage nous fait partager la vision du monde de Hushpuppy. Un monde où la magie et l’imaginaire ne sont pas absents, même si au final les évènements se situent tous dans un monde parfaitement réel et plausible… A une métaphore près, une histoire d’aurochs que je ne détaillerai pas ici. Mais cette vision enchantée du monde est particulièrement communicative et contribue largement au charme dévastateur de ce film.

lesbetesdusudsauvageUn dernier élément rendant les Bêtes du Sud Sauvage si envoûtant est la réalisation sobre de Benh Zeitlin. Elle arrive parfaitement à retranscrire ce mélange entre rêve et réalité. Une ambiance visuelle aussi particulière que l’est le film tout entier. Elle fait vraiment partie de l’identité si particulière de ce film définitivement surprenant et fascinant.

Les Bêtes du Sud Sauvag marque la révélation du talent de la très jeune Quvenzhané Wallis. Certes, il faut toujours se méfier des enfants-acteurs car rien ne permet d’être certain que le talent perdurera. Alors profitons simplement de son incroyable charisme qui participe fortement à la réussite de ce film inattendu.

Les Bêtes Sud Sauvage constitue un des plus beaux OVNI cinématographiques de cette année 2012 qui se termine. Qui se termine du coup en beauté.

Fiche technique :
Production : Cinereach, Court 13 Pictures, Journeyman Pictures
Réalisation : Benh Zeitlin
Scénario : Benh Zeitlin, Lucy Alibar
Montage : Crockett Doob, Alfonso Gonçalves
Photo : Ben Richardson
Décors : Annie Evelyn, Erin Straub
Distribution : ARP Selection
Musique : Dan Romer, Benh Zeitlin
Costumes: Stephani Lewis
Durée : 92 mn

Casting :
Quvenzhané Wallis : Hushpuppy
Dwight Henry : Wink
Joseph Brown : Winston
Jonshel Alexander : Joy Strong
Marilyn Barbarin : la chanteuse de cabaret

VEXATIONS (Get Well Soon) : Entre orchestre et groupe, entre folk et pop

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vexationsgetwellsoonVous n’avez jamais trouvé ça prétentieux quand un chanteur-compositeur s’évertue à se présenter comme un artiste solo quand il est toujours entouré de musiciens et même parfois souvent des mêmes ? Entre cette situation et celle d’un groupe dûment constitué, la différence est mince. C’est pourquoi Get Well Soon est devenu un groupe, après une tournée de l’artiste allemand Konstantin Gropper. Ce n’est que justice pour le quasi-orchestre qui l’accompagne et lui permet de proposer cette folk mélodieuse et élaborée.

A la base il n’y avait que Konstatin Gropper et son premier album, Rest Now, Weary Head ! You Will Get Well Soon, sorti en 2008. Il parti alors en tournée accompagné de 7 musiciens aux compétences diverses. A force de jouer avec eux, il finit par garder le nom du groupe. Deux autres albums sont sortis depuis, dont ce Vexations en 2010.

Get Well Soon n’est donc pas un groupe de pop, composé d’un chanteur, d’un guitariste, d’un bassiste et d’un batteur. Il ne propose pas non plus une musique folk qui s’accommode généralement d’une guitare sèche et d’une voix, portés par la même personne. Non, il nous propose un mélange de tout cela pour un résultat élaboré, riche et parfois surprenant. Il mêle allègrement la guitare et les percussions, avec des cordes, un piano ou des cuivres. Et tout cela avec beaucoup de talent.

Commençons tout de même par ce qui fâche un tout petit peu. La principale limite de ce groupe repose quand même dans la voix de Konstatin Gropper qui a tendance à flotter parfois. Il ne semble pas la maîtriser parfaitement, ce qui donne parfois un résultat qui ne colle pas tout à fait avec l’ambiance générale d’un morceau. C’est dommage, car quand il s’applique à la poser, cela donne sûrement les meilleurs titres de Vexations, comme We Are Ghosts ou A Burial At the Sea. C’est surtout dans les ambiance plus sombres, quand elle se fait plus grave qu’elle donne le meilleur d’elle-même.

Si on devait rapprocher Get Well Soon d’un groupe plus connu, je ferai le parallèle avec Radiohead. Certains titres, comme Red Nose Day ou encore Aureate, permettent de faire rapidement le rapprochement. On retrouve dans Vexations ce même sens de la mélodie et de l’instrumentation, avec un peu moins de personnalité et tout de même talent. On retrouve aussi une musique qui navigue entre différents genres sans se soucier des étiquettes précises.

Personnellement, j’ai basé cet avis sur la version 2CD, soit 22 titres au total. L’essentiel se situe sur le premier disque, qui en donne déjà pour son argent, avec 14 plages. Le second est un peu plus inégal et constitue plutôt un bonus. Cependant, la qualité reste remarquablement constante pour une tel nombre de morceaux, ce qui démontre bien les qualités artistiques de Get Well Soon. On reste toujours dans un ton plutôt doux et mélodieux, mais sans jamais tomber dans la monotonie et la répétition.

Avec Vexations, Get Well Soon ne réinvente ni la pop, ni le folk, mais nous propose un mélange très agréable et subtil.

Pour finir, regardons de plus près les titres qui composent Vexations.

CD1
1.: Nausea
Une introduction douce et mélodieuse.

2.: Seneca’s Silence
Plus dynamique avec des sonorités originales.

3.: We Are Free
Plus doux et mélodieux, parsemé de quelques élans symphoniques.

4.: Red Nose Day
Très doux, un rien éthéré, mais assez envoûtant, avec un petit côté Radiohead.

5.: 5 Steps 7 Swords
Une fouillis, avec une succession de passages assez différents.

6.: We Are Still
Un intermède.

7.: A Voice In the Louvre
Une ballade assez épurée.

8.: Werner Herzog Gets Shot
Pop-rock avec violon, tout en maîtrise, pour un résultat pas mal du tout.

9.: That Love
Très épuré, presque murmuré.

10.: Aureate
Plus rock, sonnant à nouveau très Radiohead.

11.: We Are Ghosts
La voix est plus posée, avec plus de conviction et c’est tout de suite meilleur !

12.: A Burial At Sea
Une ballade plus sombre, plus lente, mais la voix est parfaite.

13.: Angry Young Man
Une pop entre le symphonique et l’électro. Surprenant, mais pas mal du tout.

14.: We Are the Roman Empire
Ethéré et lent. Sans grand intérêt.

CD 2
1.: Teenage Fbi
Une belle ballade à la guitare sèche.

2.: Busy Hope
Un son pop-rock mélodique, plein de conviction et d’énergie.

3.: La Chanson D’Hélène
Une chanson triste en français.

4.: The World Needs a New…
Un titre quelque peu transparent.

5.: Harmour Love
Petit titre enjoué, au son très folk.

6.: My Door
Comme un intermède sans grand intérêt.

7.: I’m Deranged
Une ballade sombre pas mal du tout.

8.: Good Friday
Une ballade lente et un peu ennuyeuse.

PALMARES 2012, UNE FOIS !

bulhead

bulhead2012 ne restera pas comme l’année la plus inoubliable de l’histoire du 7ème art. Beaucoup de bons films, mais pas de futurs chefs d’œuvre intemporels. Je n’ai classé que 11+1 films cette année, seulement un de moins qu’en 2011, mais loin des 28 films de 2009 et des 23 de 2010. Certes, j’ai relevé mes critères d’exigence pour donner la note maximale à un film (soit 5 étoiles sur Ciao, la condition pour figurer dans ce palmarès), mais cela n’explique pas tout.

2012 restera surtout une année aussi médiocre pour le cinéma français qu’elle fut exceptionnelle en 2011 (3 films dans les 4 premiers). Résultat : aucun film purement hexagonal au palmarès. Je peux admettre que De Rouille et d’Os aurait pu y avoir sa place, mais j’ai définitivement du mal avec le manque de rythme des films de Jacques Audiard, auxquels je reconnais d’extraordinaires qualités par ailleurs. Reste le cas Amour, production franco-autrichienne, mais qui tient une place particulière dans ce classement.

Le grand vainqueur de ce palmarès reste notre voisin belge, Bullhead étant pour moi le film de l’année. Hasta la Vista n’est pas loin non plus. 1er et 4ème, voilà une performance inattendue pour un cinéma rarement présent sur nos écrans. Dans deux styles totalement différents, il nous a pourtant livré deux grands moments de pur bonheur cinématographique.

C’est donc logiquement que, niveau interprétation, je mettrai en avant Matthias Schoenaerts, révélé par Bullhead et confirmé par De Rouille et d’Os. A revoir très vite ! Chez les femmes, je saluerai l’a performance époustouflante d’Emmanuelle Riva dans Amour. Une performance qui paraît-il pourrait l’emmener jusqu’aux Oscars.

1-Bullhead
LE film surprise de l’année et au final, pour moi, LE film de l’année. Un film noir d’une grande force, dans un milieu inattendu, celui des éleveurs bovins des Flandres.

2-Margin Call
La crise a inspiré les cinéastes depuis quelques années, mais jamais avec autant de bonheur que Margin Call. Même sans être agrégé d’économie, on reste fasciné par le mécanisme qui peut conduire une société financière à faire couler toute l’économie pour sauver la peau de ses actionnaires.

3-Skyfall
James Bond est définitivement de retour, dans cet épisode qui remet tout à plat et qui surtout nous parle enfin de l’homme derrière le smoking.

4-Hasta la Vista
2011 avait Intouchables, 2012 a Hasta la Vista, l’histoire de trois handicapés qui vont traverser l’Europe pour connaître les plaisirs de la chair dans un club spécialisé en Espagne. Un film dont on sort avec une immense joie de vivre !

5-Argo
Ben Affleck gagne définitivement ses galons de grand réalisateur avec ce polar maîtrisé de bout en bout. Récit historique, sans esbroufe, où la mise en scène crée une incroyable tension sans avoir besoin de multiplier les péripéties spectaculaires.

6-La Taupe
Un grand film d’espionnage, porté par un casting brillantissime et une réalisation d’un esthétisme foudroyant. L’univers de John le Carré enfin porté à l’écran dans toute sa force et sa complexité.

7-Starbuck
La très bonne surprise francophone de l’année. Une comédie humaniste enthousiasmante !

8-La Part des Anges
Ken Loach nous livre un film léger et optimiste, prouvant qu’il est peut-être encore plus à l’aise dans ce domaine que dans celui du drame social.

9-Avengers
La grosse production de Marvel de l’année. Une sorte de best of qui à grand coup d’effets spéciaux et d’adrénaline a su séduire des millions de spectateurs.

10-Les Mondes de Ralph
Le meilleur film d’animation de l’année. Certes, il séduira en particulier les nostalgiques du Commodore 64 dont je fais partie, mais aussi tous les amateurs d’aventures rythmées et imaginatives.

11-Prometheus
Oui, je sais, j’ai été un des rares à avoir été autant enthousiaste à propos de ce film, que la plupart ont aimé détesté. Mais je suis rentré dans cette histoire dès les premières secondes, sans jamais en ressortir, porté par la caméra sublime de Ridley Scott.

Enfin, hors classement, Amour, Palme d’Or du dernier Festival de Cannes. En effet, le film de Michael Haneke m’a inspiré des sentiments aussi extrêmes que contradictoires. Un film qui m’a autant bouleversé que j’ai pu le trouver voyeur et malsain. Bref, à la fois le meilleur et le pire film de 2012.

 

DE L’AUTRE COTE DU PERIPH’ : Du mauvais côté de la caricature

delautrecoteduperiphaffiche

delautrecoteduperiphafficheS’inspirer de choses qui ont marché ressemble à une démarche plutôt intelligente et sensée. Mais en termes de création artistique, quand cela se voit un peu trop, cela peut devenir quelque peu embêtant. Et qu’est ce qui a mieux marché qu’Intouchables ? On pouvait donc s’attendre à l’arrivée de films marchant sur ses traces. C’est le cas de De l’Autre Côté du Périph’, une comédie policière, où on retrouve Omar Sy… qui n’aura certainement pas le César du Meilleur Acteur pour ce rôle.

A côté du corps sans vie de Christine Chaligny, femme du Président du MEDEF, deux flics que tout sépare. D’un côté, François Monge, de la brigade criminelle de Paris. De l’autre, Ousmane Dakhité de la brigade financière de Bobigny. Les deux hommes vont devoir cohabiter et mener l’enquête ensemble. Pour le meilleur et pour le pire.

Certes, cette fois-ci, pas d’histoire de handicap, mais centrer un film sur le choc des cultures entre le Parisien caricatural et le banlieusard qui ne l’est pas moins, avec Omar Sy en vedette, avouez qu’il est difficile de ne pas faire le parallèle. Malheureusement, il n’est pas en faveur de De l’Autre Côté du Périph’. Mais même au-delà de la comparaison, il serait difficile de s’enthousiasmer pour cette comédie inégale et parfois bancale.

Jouer sur le contraste entre deux clichés est un ressort comique classique et on peut comprendre que l’on amplifie quelque peu les différences pour les besoins de la cause. Mais il faut alors que le résultat soit vraiment irréprochable, vraiment très drôle, pour que l’on oublie la grosse ficelle. De l’Autre Côté du Périph’ alterne le très amusant avec le franchement lourdingue et facile, sans jamais passer par la case hilarant. Je serais injuste si je disais que j’ai passé un mauvais moment et que je n’ai jamais ri, mais on a tellement fait mieux dans le genre que je ne peux le conseiller que pour une soirée télévisée pluvieuse.

Etant banlieusard d’une banlieue qui ne ressemble pas vraiment à une banlieue, en tout cas pas celle décrite dans De l’Autre Côté du Périph’, j’ai bien du mal à trancher pour dire quel est le côté du boulevard est le mieux décrit. Le flic de Bobigny nous apparaît plus sympathique que le hautain Parisien, mais il possède aussi ses mauvais côtés. Du coup, les reproches que lui adressent son collègue, même exprimés de manière assez méprisante, sont souvent mérités. Bref, tout ça m’a empêché d’adorer ces personnages, même s’ils se révèlent bien sûr beaucoup plus « aimables » sur la fin, et au final d’adorer le film dans son ensemble.

delautrecoteduperiphQui dit comédie policière, dit enquête policière. Cet aspect de De l’Autre Côté du Périph’ manque quand même légèrement d’intérêt. Au mieux, il constitue un support à l’humour, mais certainement pas une raison à part entière d’aller voir le film. Certes, on ne va pas voir ce film pour assister à un thriller palpitant, mais ça n’aurait pas gâché le tout de l’enrichir par une intrigue un peu plus épaisse et inattendue de ce côté du scénario.

La performance d’Omar Sy dans De l’Autre Côté du Périph’ est un peu à l’image du film. On a parfois l’impression qu’il se caricature lui-même. On est loin de sa justesse dans Intouchables et il ressemble pour le coup un peu trop à tous ces comiques issus de la télévision qui n’ont jamais su trouver le ton juste sur grand écran. On lui préfèrera Laurent Laffite, pas non plus éblouissant, mais qui est tout de même nettement plus convaincant.

De l’Autre Côté du Périph’ rassemble les éléments pour être une comédie policière vraiment réussie. Malheureusement, il ne l’est au final qu’à moitié.

Fiche technique :
Production : Mars films, Mandarin cinéma, M6 films
Distribution : Mars distribution
Réalisation : David Charhon
Scénario : Julien War, Rémy Four, David Charhon
Montage : Stéphane Pereira
Photo : Alain Duplantier
Décors : Thierry Chavenon
Musique : Ludovic Bource
Durée : 96 mn

Casting :
Omar Sy : Ousmane Diakhaté
Laurent Lafitte : François Monge
Sabrina Ouazani : Yasmine
Lionel Abelanski : Cardinet
Youssef Hajdi : Giovanni / Nabil
Maxime Motte : Van Gogh
André Marcon : Chaligny
Zabou Breitman : Morland
Katia Tchenko : Réjanne