FIELD MUSIC (MEASURE) (Field Music) : Une double dose d’ennui

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fieldmusicmeasurefieldmusicLes histoires de famille peuvent être plus ou moins bonnes. Il y a peu, je vous en ai rapporté une excellente avec l’album Down the Way de Angus et Julia Stone. Cette fois-ci, je vais vous en raconter une nettement moins enthousiasmante en vous livrant mon avis sur le groupe Field Music et leur album Field Music (Measure). Un album qui nous laisse longtemps dubitatif avant de franchement nous lasser.

Field Music est donc principalement composé de deux frères, David et Peter Brewis, originaires de Sunderland en Angleterre. Ils ont crée leur groupe en 2004. Ils ont été accompagnés de plusieurs autres musiciens en studio et en tournée, mais pas de manière permanente. Le groupe a sorti deux premiers albums en 2005 et 2007, avant une séparation qui a permis à chacun d’eux de sortir un album solo. Ils se sont reformés pour sortir ce Field Music (Measure) en 2010.

En écoutant les premières plages de Field Music (Measure), on reste hésitant. En effet, les titres s’enchaînent avec une qualité très hétérogène. Certains sont plutôt sympathiques, avec le minimum d’énergie et de conviction qui vont bien. D’autres manquent beaucoup plus de peps, voire sont carrément transparents. Malheureusement, au fur et à mesure, c’est le second type de morceau qui l’emporte, emportant justement avec lui le début d’intérêt que le groupe avait réussi à susciter chez l’auditeur.

Le problème est que Field Music (Measure) est un double album qui comporte pas moins de 20 titres. Au moins, on peut se dire qu’on en a pour notre argent, sauf qu’il n’y a plus rien de bien intéressant après la Clear Water qui n’est que la sixième plage. Seul Share the Words, l’avant-dernier titre, rallume une toute petite flamme. C’est dire si la traversée de cet album est longue et particulièrement ennuyeuse.

On pourra tout de même reconnaître à Field Music une volonté de proposer une musique travaillée et créative, avec parfois des instrumentations élaborées. On n’est pas du tout dans une pop britannique enchaînée à son éternel triptyque guitare-basse-batterie. Clavier, cordes interviennent ça et là. Les titres de Field Music (Measure) ne se ressemblent pas, mais sont souvent décousus, tristounets, mous et j’en passe. Bref, parfois ça aimerait ressembler à du Bowie et du Gorillaz niveau créativité, mais avec infiniment moins de talent.

Field Music (Measure) aurait donc mieux fait d’être un simple album. En prenant, les dix meilleurs titres ont auraient obtenu un album moyen. Là, on obtient juste un album qui s’étire désespérément dans un musique sans intérêt et sans énergie.

Pour finir, faisons le tour des titres que l’on trouve sur cet album.

Disque 1 :
1.: In the Mirror
Une pop qui manque un peu de peps.

2.: Them That Do Nothing
Plus dynamique, beaucoup plus sympa et convaincant.

3.: Each Time Is a New Time
Un peu dissonant, mais enthousiaste.

4.: Measure
La voix est en retrait derrière une instrumentation assez recherchée, faisant intervenir des violons.

5.: Effortlessly
Plus en retrait, plus transparent.

6.: Clear Water
Un titre assez pop et assez réussi.

7.: Lights Up
Un peu tristounet.

8.: All You’d Ever Need to Say
Un titre réellement décousu.

9.: Let’s Write a Book
Un titre qui sonne quelque peu électro… Quelque peu n’importe quoi aussi…

10.: You and I
Lent, mais pas vraiment envoûtant.

Disque 2 :
1.: The Rest Is Noise
On attend que ça décolle et ça ne décolle jamais vraiment.

2.: Curves of the Needle
Un titre qui voudrait être du Bowie, mais qui n’en est pas…

3.: Choosing Numbers
Une petite ballade un peu transparente.

4.: The Wheels Are in Place
Un titre carrément ennuyeux.

5.: First Come the Wish
Les guitares sont mises en avant. Mais ça reste mou…

6.: Precious Plans
Comme une longue intro qui n’en finit pas…

7.: See You Later
Une sorte d’interlude…

8.: Something Familiar
Un peu plus dynamique, un peu plus de conviction, mais ça reste confus.

9.: Share the Words
Un titre assez pop et surtout assez bon.

10.: It’s About Time
Un long instrumental.

L’ODYSSEE DE PI : Un gars, un tigre

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lodysseedepiafficheDans la longue série des films dont la bande-annonce ne me donnait absolument pas envie, mais que des critiques positives m’ont poussé à aller voir, voici L’Odyssée de Pi. Un film que je n’ai failli par suivre jusqu’au bout car la 3D, une intrigue située essentiellement sur un bateau, conjuguées avec une huître du Réveillon qui n’était bien passée, ont été à deux doigts de me faire… Bref, je ne vais pas vous faire un dessin. Mais j’ai tout de même pu apprécier le spectacle proposé.

Pi et sa famille gèrent le zoo de Pondichéry. Mais la suppression des soutiens publics vont les forcer à vendre leurs animaux au zoo de Winnipeg et à s’embarquer avec eux pour le Canada. Malheureusement, une terrible tempête va faire sombrer le navire. Le jeune homme va alors se retrouver seul sur une chaloupe, au milieu de l’océan. Enfin seul en tête à tête avec Richard Parker… un tigre du Bengale.

L’Odyssée de Pi se situe dans la tradition des récits de survie, popularisée par Robinson Crusoé. Le cœur de l’intrigue est donc assez mince. Pourtant, le début du film va vous faire penser qu’il s’agit d’un film riche d’aventures variées et extraordinaires. Evidemment, le récit est raconté en flash-back (c’est le contraire qui est désormais étonnant) et est entrecoupé de dialogues pas très intéressants entre le héros devenu adulte et un écrivain. Tout cela donne un film assez long, deux bonnes heures, dont une bonne partie n’a vraiment rien d’indispensable, si ce n’est nous livrer des discours pseudo-philosophiques.

Reste tout de même ce long face à face entre l’homme et l’animal. J’avoue n’être vraiment pas fan de ce genre de récit, qui tourne vite à la projection anthropomorphique. L’Odyssée de Pi échappe à ce défaut car il intègre justement cet aspect dans la réflexion, sans aboutir justement à la conclusion « mais oui les animaux ont une âme et des sentiments ». Elle est au final beaucoup subtile et nuancée que cela.

De toute façon, L’Odyssée de Pi reste avant tout un film d’aventures. On peut même regretter qu’il n’ait pas vraiment cherché à n’être que ça. Car l’aspect survie et cohabitation avec un animal sauvage et dangereux constitue tout de même un spectacle plaisant. Certes, être coincé sur une chaloupe au beau milieu de l’océan n’offre pas forcément la possibilité de proposer des aventures variées, mais le récit arrive à être assez imaginatif pour maintenir une tension constante et entretenir la curiosité du spectateur. Ca manque peut-être d’un véritable souffle épique pour valoir le terme d’odyssée, mais au moins cela reste distrayant et même surprenant par moment.

lodysseedepiL’Odyssée de Pi est aussi une belle réussite technique. En effet, le tigre est entièrement réalisé en images de synthèse et on doit bien avouer que le résultat est assez bluffant. Si on ajoute à ça la qualité de réalisation de Ang Lee, le film reste esthétiquement très agréable, alors qu’un décor aussi uniforme et plat que l’immensité océane n’est pas forcément facile à mettre en valeur. Cela participe à la part de rêve que nous apporte ce film.

Si le tigre est peut-être la plus grande star de L’Odyssée de Pi, il serait injuste de ne pas souligner la qualité du jeu de Suraj Sharma. Il n’est peut-être pas particulièrement charismatique, son interprétation est plus sobre que spectaculaire, mais il arrive tout de même à nous faire croire à toutes ces circonstances improbables.

L’Odyssée de Pi est un film plaisant, malheureusement quelque peu alourdi par des considérations philosophiques plus mièvres qu’intéressantes.

Fiche technique :
Production : Fox 2000 Pictures, Haishang Films, Rythm and Hues
Distribution : 20th Century Fox France
Réalisation : Ang Lee
Scénario : David Magee, d’après le roman de Yann Martel
Montage : Tim Squyres
Photo : Claudio Miranda
Décors : David Gropman
Musique : Mychael Danna
Effets spéciaux : Rythm and Hies, Animal Makers, BUF, Plowman Craven, Crazy Horse Effects
Durée : 127 mn

Casting :
Suraj Sharma : Pi Patel
Irrfan Khan : Pi Patel adulte
Ayush Tandon : Pi Patel à 11 ans
Adil Hussain : Santosh Patel
Tabu : Gita Patel
Rafe Spall : l’écrivain
Gérard Depardieu : le cuisinier

MAIN DANS LA MAIN : L’amour pot de colle

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maindanslamainaffichePour moi, personnellement, à mon humble point de vue, La Guerre Est Déclarée a été le meilleur film français (et presque tout court, ayant uniquement placé The Tree of Life au-dessus de lui) de 2011. Valérie Donzelli revient cette année avec Main Dans la Main, un film beaucoup plus léger et, disons-le, beaucoup moins marquant. Mais un film qui confirme toutes les qualités de cette réalisatrice qui ne bride pas son imagination.

Joachim vit une relation fusionnelle avec sa sœur Véro. Modeste employé d’une miroiterie de province, il croise pas hasard Hélène, directrice de l’école de danse de l’Opéra Garnier. Entre eux se produit une sorte de coup de foudre soudain et surtout très bref. Mais il reste inexplicablement incapable de se séparer.

Main Dans la Main est une sorte de comédie romantique fantaisiste et poétique. Une sorte car ce film reste relativement inclassable, partant d’une idée de base assez farfelue où deux personnages que tout sépare reste collés l’une à l’autre par une force mystérieuse et irrésistible. Mais le tout est amené avec une sorte de candeur rafraîchissante qui nous permet de l’accepter et d’entrer immédiatement dans cette très belle histoire.

Le cinéma de Valérie Donzelli a ceci de remarquable qu’il s’affranchit des codes, des conventions, voire même de la réalité, mais sans jamais donner l’impression d’être dans une recherche expérimentale. Tout cela semble naturel car bercé d’une douce poésie, aussi bien au niveau du scénario que visuellement. Main Dans la Main est film terriblement imaginatif, peut-être moins que la Guerre Est Déclarée, mais suffisant pour nous le faire aimer alors qu’il ne repose sur pas grand chose à part une idée saugrenue.

Le ton de Main Dans la Main est une comédie légère, parfaite pour cette fin d’année, à l’image de ce qu’avait été l’année dernière les Emotifs Anonymes. Une hymne à l’irrationalité de l’amour, sans pour autant livrer le moindre bons sentiments ou messages lourdingues. Un film qui nous allège le cœur et l’esprit. Le tout est parcouru d’un très léger souffle érotique, qui fera de Valérie Lemercier un objet de désir. Un exploit comparable à Le Plaisir de Chanter qui avait rendu Laurant Deustch sexy.

maindanslamainMain Dans la Main est un film riche qui ne se contente pas d’être une comédie romantique. Il nous parle de danse, des relations familiales, de la jalousie, de la maladie, du deuil… Des aspects plus ou moins graves, mais toujours traités avec cette même poésie qui permet au propos de n’être jamais alourdi. Valérie Donzelli a cette incroyable faculté de nous parler de tout avec ce regard si particulier qui fait tout le charme de son cinéma.

Bon, Main Dans la Main a quand même un petit défaut. Il est quelque peu surjoué. J’adore Valérie Donzelli, la réalisatrice, mais l’actrice en fait parfois un peu trop dans le expressions, suivi de près par son éternel compagnon (même s’ils ne sont plus ensemble dans la vie) Jérémie Elkaïm qui lui aussi nous livre un jeu parfois un peu forcé. Cela constitue la vraie limite de ce film, sans que cela ne gâche le plaisir outre mesure. De plus, tout cela est en grande partie compensé par la prestation magnifique et étonnante de Valérie Lemercier que j’ai déjà évoqué plus haut.

Main Dans la Main est une des bonnes surprises de cette fin d’année. Enfin, connaissant le talent de Valérie Donzelli, peut-on encore parler de surprise ?

Fiche technique :
Production : Wild Bunch, Rectangle Productions, Scope Pictures, France 3 cinéma
Distribution : Wild Bunch Distribution
Réalisation : Valérie Donzelli
Scénario : Valérie Donzelli, Jérémie Elkaïm, Gilles Marchand
Montage : Pauline Gaillard
Photo : Sébastien Buchmann
Décors : Gaëlle Usandivaras
Son : André Rigaut
Musique : Peter Von Poehl
Durée :
85 mn

Casting :
Valérie Donzelli : Véro
Béatrice de Staël : Constance De La Porte
Jérémie Elkaïm : Joachim Fox
Valérie Lemercier : Hélène Marchal
Serge Bozon : Jean-Pierre

SHERLOCK HOLMES EN ORBITE : Sherlock dans tous ses états

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sherlockholmesenorbiteIl est des personnages mythiques qui continue d’inspirer encore et encore les auteurs d’hier, d’aujourd’hui et de demain. Dracula, Frankenstein, Tarzan, Zorro, Superman… et Sherlock Holmes. Pour ce dernier, les œuvres le mettant en scène ne se sont pas arrêtés avec la mort de Arthur Conan Doyle. Si la plus connue reprenant le personnage du célèbre détective reste le film de Billy Wilder, La Vie Privée de Sherlock Holmes, des centaines de romans furent écrits en un siècle par des auteurs plus ou moins talentueux. Même la littérature français n’y a pas échapper avec le Arsène Lupin contre Herlock Sholmes (question de droits !) de Maurice Leblanc. Alors pourquoi pas carrément demander à une foule d’auteurs de nous livrer de petites histoires mettant en scène le pensionnaire du 221 Baker Street ? C’est justement le principe même de Sherlock Holmes en orbite.

Sherlock Holmes en orbite regroupe donc 26 nouvelles regroupées dans quatre catégories. 14 dans « Holmes dans le passé », 4 dans « Holmes dans le présent », 6 dans « Holmes dans le futur » et 2 dans « Holmes après la mort ». Elles sont toutes écrites par des auteurs strictement inconnus (de moi en tout cas) et mettent le détective dans des situations variées. Il fera ainsi aussi bien face à Dracula ou Fu Manchu, ou se transformera en programme informatique. Bien sûr, il sera le plus souvent épaulé du fidèle Docteur Watson et pourchassera inlassablement le Napoléon du crime, le Professeur Moriarty.

26 nouvelles, cela donne forcément un résultat plutôt hétérogène en qualité. Malheureusement, j’ai trouvé plus de bas que de hauts à Sherlock Holmes en Orbite. Je dois même dire qu’aucune d’entre elles ne m’a vraiment enthousiasmé. Je trouve donc l’ensemble globalement très moyen, pour ne pas dire décevant. Heureusement, comme les récits sont courts, la lecture n’est pas trop pénible puisqu’on a au moins la curiosité de découvrir ce que nous réserve le prochain récit.

Les histoires sont en effet très variées (en dehors des écarts de qualité). Il faut préciser que les auteurs ont été choisi pour être considéré comme des auteurs de fantasy ou de science-fiction. Le fantastique intervient donc souvent, même si certains cherchent à être assez proches de l’œuvre originelle de Arthur Conan Doyle. Mais il faut bien admettre que Sherlock Holmes en Orbite manque cruellement d’audace. On a pas vraiment l’impression que chacun nous livre sa vision du personnage, mais plutôt que l’on est face à un concours d’imitation, se permettant ça et là quelques fantaisies contenues.

Les meilleurs histoires sont d’ailleurs celles qui sortent Sherlock Holmes de son contexte originel, notamment celles qui se passent dans le futur. En effet, les auteurs ont pour le coup vraiment tenté de nous livrer quelque chose de nouveau et de personnel. Qui plus est ils se situent dans un univers littéraire qui est le leur et cela se ressent. Ce n’est toujours pas transcendant, car il semblent tout de même un peu limités (sans vouloir être méchant…), mais au moins est-on un tout petit peu surpris. Heureusement, ces histoires se situent à la fin de Sherlock Homes en Orbite, ce qui permet d’en sortir sur une impression un tantinet meilleure.

Niveau style, Sherlock Holmes en Orbite est assez transparent. On sent d’ailleurs là sûrement l’influence de la traduction, puisque tous les récits ont été transposés en français par le même traducteur. Cela lisse très certainement les styles. Au final, l’écriture n’est jamais déplaisante, mais on la qualifiera de professionnelle, plutôt que géniale ou même talentueuse.

Au final Sherlock Holmes en Orbite souffre d’un manque patent de talent pour rendre vraiment intéressant une démarche qui avait tout pour l’être.

LE HOBBIT : UN VOYAGE INATTENDU : Un voyage tant attendu

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lehobbitafficheIl y a des films inattendus, surprenants, que l’on voit par hasard, sans savoir à quoi s’attendre. Et puis, il y a ceux que l’on a attendu, espéré, imaginé mille fois avant leur sortie. On a compté les jours, espéré avoir le temps de le voir le plus rapidement possible. On est fou d’impatience, mais aussi tiraillé d’une certaine appréhension, une peur d’être déçu par rapport à nos attentes. Le Hobbit : Un Voyage Inattendu fait partie de ces films là.

Bilbo est un hobbit tout ce qu’il y a de plus paisible. Bref, un hobbit… Quelle surprise de voir débarquer chez lui le magicien Gandalf et treize nains à sa suite ! Tout ça pour lui proposer une aventure… Une aventure, voilà quelque chose que ne recherche pas un hobbit… Mais Bilbo n’est pas vraiment un hobbit comme les autres…

Qu’il est difficile de livrer une critique objective d’un film comme Le Hobbit : Un Voyage Inattendu. En effet, Bilbo, le Hobbit est le livre que j’ai le plus lu dans ma vie. L’univers Tolkien occupe une place importante dans mon imaginaire, il est donc difficile de se mettre dans la peau d’un spectateur qui s’y plongerait pour la première fois. Et au-delà de ça, une adaptation d’une œuvre aussi connue est de toute façon compliquée à juger car à travers le film, doit-on uniquement évaluer la qualité de la retranscription à l’écran ou bien doit aussi commenter le livre dont il est issu ?

En effet, Le Hobbit : Un Voyage Inattendu se heurte aux mêmes limites que le livre. Bilbo, le Hobbit n’est pas Le Seigneur des Anneaux. Moins complexe, moins sombre, moins riche, plus enfantin, plus accessible, plus linéaire. Et c’est exactement la même chose avec le film. Certes, Peter Jackson a essayé de rétablir un certain équilibre en puissant des éléments dans les annexes du Seigneur des Anneaux pour enrichir l’histoire et surtout créer des ponts avec ce dernier. Mais cela ne change pas grand chose, sinon donner l’impression, très légère, qu’il ne sait pas toujours tout à fait quel ton employer.

Après, au-delà de ça, est-ce que je me suis ennuyé une seule seconde ? La réponse est clairement non ! Est-ce que j’ai cessé, ne serait-ce qu’un instant, d’écarquiller les yeux d’émerveillement en voyant devenir vivant ce que j’avais toujours imaginer ? La réponse est clairement non ! Est-ce que j’irai le revoir ? La réponse est clairement oui ! Mais ça ne sera pas huit fois comme pour le Retour du Roi.

Peter Jackson a donné vie à la Terre du Milieu sur grand écran et tous les fans (ou presque) reconnaissent qu’il l’a fait avec un amour de l’œuvre initiale suffisante pour ne jamais la trahir, malgré des écarts minimes. Il continue avec Le Hobbit : Un Voyage Inattendu et toujours avec la même maestria. Le film est magique au-delà des prouesses techniques et le magnificence des décors, des costumes et des effets spéciaux. Il est toujours porté par un souffle épique assez unique, celui qui continue de rendre totalement accro tous les fans de Tolkien. Je suis même heureux au final qu’il est porté le projet jusqu’au bout. Pas sûr que Guillermo Del Toro aurait su conduire l’adaptation avec autant de respect et de déférence.

Beaucoup de critiques ont souligné que le film était sans surprise. Mais va-t-on voir l’adaptation d’un roman aussi populaire, d’un univers possédant des fans aussi pointilleux pour être surpris ? Bien sûr que non ! La remarque n’a pas de sens. Vous trouverez dans Le Hobbit : Un Voyage Inattendu exactement ce que vous attendez. Et nombreux auraient été les spectateurs à ne jamais pardonner à Peter Jackson s’il en avait été autrement. Même avec les limites que j’ai évoqué plus haut…

lehobbitAu niveau casting, la grande interrogation portant sur Martin Freeman dans le rôle de Bilbo. Un acteur quasi inconnu, si ce n’est à travers quelques obscurs seconds rôles. Force est de constater qu’il s’en sort haut la main et donne vie à son personnage. La même remarque vaut pour Richard Armitage qui incarne Thorin, le chef des nains. Quant à Ian McKellen, il continue d’être Gandalf. Il s’est définitivement et à jamais. Tout cela souligne que Peter Jackson est aussi un merveilleux directeur d’acteurs, ce qui est est trop peut souvent souligné !… J’allais oublier Adam Serkis… Comment oublié Gollum ? Il restera à jamais la plus grande star de tous ces films !

Encore une fois Bilbo, le Hobbit n’est pas le Seigneur des Anneaux. Leur adaptation suit la même règle. Mais Le Hobbit : Un Voyage Inattendu reste un morceau de l’imaginaire occidental superbement mis en image. Un beau moment de l’histoire du cinéma pour un grand moment de l’histoire de la littérature.

Fiche technique :
Production : New Line Cinema, MGM, Wingnut Films, Warner Bros
Distribution : Warner Bros, Entertainment France
Réalisation : Peter Jackson
Scénario : Fran Walsh, Philippa Boyens, Peter Jackson, Guillermo Del Toro, d’après l’oeuvre de J.R.R. Tolkien
Montage : Jabez Olssen
Photo : Andrew Lesnie
Décors : Dan Hennah
Musique : Howard Shore
Effets spéciaux : Joe Letteri, Weta Digital, Weta Workshop
Durée : 165 mn

Casting :
Ian McKellen : Gandalf
Martin Freeman : Bilbo
Richard Armitage : Thorin
Keb Scott : Balin
Andy Serkis : Gollum
Hugo Weaving : Elrond
Cate Blanchett : Galadriel
Christopher Lee : Saroumane
Ian Holm : Bilbo âgé

POPULAIRE : N’est pas populaire sans raison

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populaireaffichePourquoi le cinéma divertissant, un peu cousu de fil blanc, jamais prise de tête serait-il réservé à Hollywood ? Bref pourquoi le cinéma populaire n’aurait-il droit de cité que de l’autre côté de l’Atlantique ? Vous pouvez apprécier ici mon sens inné de la transition habile puisque je vais justement vous parler du film justement intitulé Populaire. Impressionnant non ?

Rose vit dans un petit village de Normandie, avec comme seule perspective d’épouser le fils du garagiste. Elle décide alors de vivre sa vie, de s’émanciper, de vivre de grandes aventures en devenant… secrétaire à Lisieux… Le problème est qu’elle ne brille pas vraiment pour son efficacité. Par contre, elle a un don pour taper à la machine. Un don que va chercher à exploiter son patron pour en faire une grande championne.

Populaire ne brille vraiment pas par un scénario plein de surprises et de suspense. Tout se déroule exactement comme on s’y attend, sans jamais dévier d’un seul mètre de la voix royale sur laquelle avance tranquillement l’intrigue. Vont-ils finir par tomber follement amoureux l’un de l’autre ? Va-t-elle devenir championne de Basse-Normandie ? De France ? Du Monde ? Je ne dévoilerai évidemment pas les réponses… Je vous dirai simplement que les réponses sont exactement celles que vous pouvez facilement imaginer.

Populaire est donc une comédie romantique comme Hollywood en produit beaucoup. En France, le genre est moins fréquent, même si Romain Duris semble en devenir le spécialiste après l’Arnacoeur. Enfin, ce film est quand même très loin de la qualité de ce dernier. Il lui manque en effet des seconds rôles vraiment marquants et un humour réellement corrosif. Si on veut positiver, on dira qu’il va droit à l’essentiel, mais c’est une façon quelque peu élégante de souligner une certaine pauvreté.

Cependant, malgré tout, Populaire fonctionne. Il fonctionne parce que le couple est convaincant et terriblement attachant. C’est souvent suffisant pour rendre une comédie romantique plaisante à suivre et c’est bien le cas de ce film. On sait bien qu’ils vont finir ensemble (oups, désolé…), mais on a envie de savoir comment ils vont abattre tous les obstacles qui les séparent. LEur histoire d’amour devrait être simple et immédiate, mais elle va évidemment passer par bien des péripéties pour enfin voir le jour. La recette est connue, pour ne pas dire archi-connue, mais on ne s’en lasse pas quand c’est bien fait.

populairePopulaire est aussi une réussite grâce à son côté nostalgique et rétro. Ce film, c’est un peu le Mad Men à la française, faisant revivre le temps où le couple patron-secrétaire était à la base de toutes les entreprises de France. Un temps où les femmes tapaient à la machine et faisait le café, tandis que les hommes dirigeaient et fumaient le cigare… Non, je n’ai pas dit que c’était le bon temps ! En tout cas, ce film jette un regard ironique et tendre sur cette époque sur lequel il nous livre sûrement un regard quelque peu idyllique. Mais encore une fois, on est ici dans du pur divertissement.

Une comédie romantique repose forcément sur un duo d’acteurs. Dans le rôle de l’homme, Romain Duris. Je ne pourrai exprimer en quelques lignes toute l’admiration et surtout l’affection que j’ai pour cet acteur, qui confirme encore une fois ici l’étendu de son talent et de son charme. En face de lui, il a du répondant en la personne de Déborah François, une étoile montante du cinéma français, qui rivalise largement dans la séduction qu’elle exerce sur le spectateur. C’est avant tout grâce à eux que le film fonctionne aussi bien.

Populaire n’est certainement pas le film de l’année, mais un moyen efficace et réussi pour passer un bon moment.

Fiche techique :
Production : Les Productions du Trésor, Panache productions, CCE, Mars Films
Distribution : Mars Distribution
Réalisation : Regis Roinsard
Scénario : Regis Roinsard, Daniel Presley, Romain Compingt
Montage : Sophie Reine, Laure Gardette
Photo : Guillaume Schiffman
Décors : Sylvie Olive
Son : Pierre Mertens, Olivier Ranquet
Maquillage : Thi-Thanh-Tu Nguyen
Durée : 111 mn

Casting :
Romain Duris : Louis Echard
Déborah François : Rose Pamphyle
Frédéric Pierrot : Jean Pamphyle
Marius Colucci : Lucien Echard
Eddy Mitchell : Georges Echard
Bérénice Béjo : Marie Taylor
Miou-Miou : Madeleine Echard
Mélanie Bernier : Annie Leprince Ringuet
Nicolas Bedos : Gilbert Japy

LES MONDES DE RALPH : Nostalgique du pixel

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lesmondesderalphafficheDeuxième prétendant au titre de film d’animation de cette fin d’année, Les Mondes de Ralph. Si le premier, Les Cinq Légendes, était sympathique et distrayant, celui-là est une taille nettement au-dessus. Parce qu’il saura parler aussi bien aux plus jeunes évidemment, mais aussi à leurs parents, surtout si ces derniers ont découvert les jeux vidéos dans les années 80 et 90.

La nuit, dans une salle d’arcade, tous les personnages des jeux vidéos vivent leur vie. Parmi eux, Ralph, le méchant d’une borne vieille de près de 30 ans. Il suit avec d’autres une thérapie pour accepter son rôle de vilain. Mais au fond de lui, il rêve d’être un héros et d’être enfin accepté par les autres acteurs du jeu dans lequel il évolue. Il se décide alors de prendre son destin en main et de commettre un acte interdit : quitter son jeu pour évoluer dans un autre qui lui apportera gloire et reconnaissance.

La nuit, Ralph se rend au bar du serveur central, où tous les personnages peuvent se retrouver une fois la salle fermée… Un bar tenu par Tapper… Alors là évidemment, pour la plupart des gens, cela n’évoque pas grand chose. Mais les quelques uns, qui ont, comme moi, joué pendant des heures sur leur Commodore 64, leur Atari ou leur Amstrad à ce jeu où il fallait servir des bières à des clients de plus en plus nombreux et pressés, ressentiront une bouffée de nostalgie très agréable. J’avais 8 ans et je trouvais ça génial !

Les Mondes de Ralph est plein de ces petites références. Certaines sont plus actuelles, avec la présence de Ken et Ryu de Street Fighter II et les inévitables Mario, Luigi et Bowser. Une multitude de clins d’œil à la culture vidéoludique… mais pas trop non plus ! En effet, la grande force de ce film, à mon sens, c’est d’avoir su éviter de se transformer en une usine à références pour nostalgiques. Elles apportent un vrai plus pour ceux qui savent les saisir, mais ne constituent que des détails accessoires. Ceux qui passent leur journée à regarder les vidéo du Joueur du Grenier trouveront peut-être cet aspect un peu trop léger, mais je crois que l’équilibre trouvé est le bon pour séduire le plus large public possible.

Car si j’ai vraiment adoré Les Mondes de Ralph, c’est avant tout parce qu’il nous propose un rythme soutenu d’aventures, d’action et d’humour. Rien de bien révolutionnaire, mais des péripéties variées et nombreuses. Bien sûr, tout cela est parfois un peu cousu de fil blanc et peuplé de bons sentiments. Cependant, ce film possède ce petit rien de second degré qui manquait notamment à Les Cinq Légendes. On retrouve ce qui a toujours fait le succès de Pixar, c’est à dire des histoires accessibles aux enfants, mais qui ne le prennent pas pour des crétins et qui peuvent ainsi aussi plaire au plus grands. Bien sûr le message sur « c’est bien d’être différent » sent peut-être un peu le réchauffé, mais je le trouve toujours plus sain que la célébration de la norme et de l’ordre que propose parfois le cinéma.

Pour moi, la plus grande force de Les Mondes de Ralph reste ses personnage incroyablement attachants. Ils possèdent chacun leur personnalité propre, sans être pour autant des archétypes. Ou plutôt si, des archétypes de héros (ou méchants) de jeux vidéos, mais pour lesquels on découvrirait qui ils sont vraiment une fois qu’ils rentrent à la maison après leur mission. Le tout fonctionne très bien, ce qui permet au spectateur de rentrer au cœur de l’histoire dès les premières minutes pour ne plus jamais en sortir.

lesmondesderalphVisuellement, les Mondes de Ralph est particulièrement réussi. En effet, au-delà de la technique pure et simple, les auteurs ont réussi à réunir en un seul univers cohérent des personnages et des éléments graphiques très différents à la base. Intégrer des « pixels » venus de 30 d’histoire des jeux vidéos dans un seul et même décor a du demandé une bonne dose d’imagination et surtout beaucoup de talents.

Le casting voix est sympa, avec John C. Reilly qui retrouve en dessin les rôles de brave type que l’on regarde avec un rien de condescendance qu’il incarne d’habitude en chair et en os. On soulignera aussi la performance de Sarah Silverman, une humoriste américaine qui arrive vraiment à donner un supplément d’âme au personnage qu’elle double.

Les Mondes de Ralph est un film qui séduira à coup sûr les nostalgiques. Mais les autres pourront tout à fait eux aussi apprécier ses aventures menées avec humour et entrain.

Fiche technique :
Production : Walt Disney Animation Studios
Distribution : The Walt Disney Company France
Réalisation : Rich Moore
Scénario : Phil Johnston, Jennifer Lee
Montage : William J. Caparella
Musique : Henry Jackman, Randy Newman
Effets spéciaux : Cesar Velazquez
Directeur artistique : Mike Gabriel, Jean-Marc Pannetier
Durée : 101 mn

Casting :
Sarah Silverman : Vanellope
John C. Reilly : Ralph

DOWN THE WAY (Angus and Julia Stone) : La belle famille

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downthewayangusandjuliastonePour introduire ma critique de Down The Way de Angus and Julia Stone, j’aurais pu vous parler du fait qu’ils soient frères et sœurs. J’aurais pu étaler ma science d’ingénieur agronome sur le fait que la génétique devait bien jouer un rôle dans tout ça ou qu’au contraire, cela s’expliquait avant tout parce que leurs parents étaient eux-mêmes musiciens. Nature contre culture, inné contre acquis, voilà un beau sujet de débat. Mais voilà, je n’en ai pas envie, alors je ne dirai rien de tout ça.

Angus et Julia Stone sont nés respectivement en 1986 et 1984 en Australie. Ils n’eurent donc pas de mal à se trouver pour former leur groupe en 2006. Ils optent pour une musique folk, comme celle que jouait leurs parents, qui aboutira à un premier album studio, A Book Like This, en 2007. Mais ils deviendront définitivement des stars dans leur pays et ailleurs avec ce second opus, sorti en 2010.

Dès les premières notes de Down The Way, on tombe sous le charme de ce duo dont la complicité semble presque fraternelle… Ah bah non, elle l’est en fait, ceci explique peut-être cela. Certes, ils ne réinventent pas le genre, mais leurs mélodies et le timbre de leurs voix nous transportent pour un joli voyage musical tout en douceur. Que ce soit Angus ou Julia qui soient mis en avant, le charme reste intact de la première à la dernière plage de cet excellent album.

La conviction dans l’interprétation est une caractéristique à laquelle je suis très attaché, je pense que cela se voit à la lecture de mes critiques. Heureusement, Angus et Julia n’en manquent pas ! Ce n’est pas parce qu’on livre des chansons mélodieuses, douces et posées, qu’il ne faut pas avoir l’air d’être un minimum concerné parce que l’on chante. Le duo semble vivre sa musique, s’implique dans le chant et l’instrumentation et du coup nous transmet un maximum d’émotions.

On sent donc qu’Angus et Julia Stone ont une maîtrise artistique réelle. Mais la technique ne faisant pas tout, ils savent dans Down the Way l’agrémenter d’une touche de créativité. Cette dernière repose sur le jeu avec les deux voix, l’une grave et masculine, l’autre claire et féminine. Bien sûr, le procédé n’est pas nouveau et n’a rien de révolutionnaire, mais ils possèdent tous les deux un timbre assez particulier, ce qui donne une vraie personnalité à leur musique.

Down the Way est un album dense qui comporte beaucoup d’excellents morceaux. Il n’y a rien à jeter, tout juste un Big Jet Plane un peu moins intéressant. Le reste nous transporte de douceur en émotion, sans que les morceaux n’aient l’air de se ressembler. Bien sûr on reste dans le domaine de la ballade folk douce et mélodieuse, mais on échappe à l’impression de monotonie. On soulignera simplement un procédé qui ressemble à force à un tic musical. En effet, près d’un tiers des morceaux sont construit avec une première partie tout en douceur avant une montée en puissance lors de la seconde. On peut presque dire qu’ils en abusent, mais il faut bien que cet album ait des défauts.

Si je dois choisir quelques titres parmi tous ceux que l’on trouve sur Down the Way, je mettrai en avant For You, qui permet de vraiment découvrir le style de Angus et Julia Stone, Hush qui sonne vraiment folk et I’m not Yours qui constitue un joli moment de romantisme. Mais franchement, j’aurais très bien pu en choisir d’autres, tant cet album est dense en qualité.

Down the Way est pour moi un très bel album pour ceux qui aiment le folk mélodieux et en douceur. Vive la famille Stone !

Pour finir, un petit tour des titres que l’on trouve sur Down the Way

1.: Hold On
Une jolie ballade pleine de conviction.

2.: Black Crow
Un titre plus évaporé, un son pop rock dandy pas mal du tout.

3.: For You
Une très belle ballade, qui sonne comme une berceuse au début, puis plus dynamique.

4.: Big Jet Plane
Un son plus éthéré. Sympa mais sans plus.

5.: Santa Monica Dream
Un très beau duo, avec beaucoup d’émotion dans la voix.

6.: Yellow Brick Road
La voix d’Angus domine dans ce titre assez envoûtant.

7.: And The Boys
La voix de Julia est ici très claire, très belle et terriblement séduisante.

8.: On The Road
Un son plus pop, mais la qualité demeure.

9.: Walk It Off
Beaucoup d’intensité et de conviction dans ce titre qui monte en puissance.

10.: Hush
Un son très folk, mais surtout toujours aussi agréable.

11.: Draw Your Swords
Une ballade avec peut-être un peu moins d’émotion. Mais la maîtrise est toujours là, avec une belle montée en puissance.

12.: I’m Not Yours
Beaucoup de romantisme et de douceur.

13.: The Devil’s Tears
Une ballade douce pour un bel au revoir.

COGAN : KILLING THEM SOFTLY : Pâle copie

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coganafficheOn peut être considéré comme un grand réalisateur lorsque l’on devient une source d’inspiration pour les autres. Si on suit cette définition, alors Quentin Tarantino est un immense réalisateur. Bon, de mon point de vue, quelque soit la définition choisie, on pourrait de toute façon lui coller ce qualificatif. Mais là n’est pas le débat. Je suis ici pour vous parler de Cogan : Killing Them Softly, largement inspiré du cinéma de l’auteur de Pulp Fiction. Largement, si ce n’est trop ?

Trois truands décident de monter le braquage d’une salle de jeux appartenant à la mafia. Mais leur manque de professionnalisme va vite conduire l’organisation criminelle à connaître leur identité. Elle charge alors Cogan d’éliminer les trois fautifs et le tenancier du tripot. Il tente d’abord de sous-traiter de le contrat, avant de devoir se résigner à œuvrer lui-même.

Le premier problème de Cogan : Killing Them Softly est qu’il ne fait pas que s’inspirer de Quentin Tarantino. Andrew Dominic, qu’on avait connu plus inspiré dans l’Assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford, copie, imite, plagie… Bref, il essaye de faire du Tarantino dans chaque millimètre carrée de pellicule. Le problème est qu’Andrew Dominic n’est pas Quentin Tarantino, alors le résultat est beaucoup moins bon que l’original, sans avoir la moindre parcelle de personnalité propre. Bref, cela manque franchement d’intérêt.

Le second problème, qui vient amplifier le premier, vient d’un scénario tellement minimaliste qu’on ne voit pas vraiment en quoi il est censé allumer chez le spectateur la moindre lueur d’intérêt. Le synopsis que je vous ai livré résume 80% de Cogan : Killing Them Soflty. Les 20% restants consistent en l’assassinat de quatre pauvres types par un professionnel efficace. Bonjour le suspense ! Evidemment, Andrew Dominic pensait nous charmer par ses longs dialogues, ce qui font le charme du cinéma de Tarantino… quand Tarantino est derrière la caméra.

Il ne reste plus qu’à Cogan : Killing Them Softly sa réalisation. Adrew Dominic garde quand même un sens de l’image de la composition aiguisé. Il nous livre donc un beau film, au-delà de son manque total d’intérêt. Evidemment, c’est loin d’être suffisant pour empêcher le spectateur de s’ennuyer ferme en attendant que le film commence vraiment, ce qui n’arrive malheureusement jamais. Le plaisir des yeux certes,  mais si on s’assoupit, on n’en profite guère…

coganIl est vrai qu’il est toujours injuste de faire la critique d’une œuvre en la comparant à une autre, surtout quand cette dernière est un pure chef d’œuvre. Mais Cogan : Killing Them Softly rappelle vraiment trop le cinéma de Tarantino pour que je puisse l’éviter. Le problème, c’est que dans le cinéma de ce dernier, les longues discutions sont suivies de moments de bruit et de fureur et tout l’intérêt est dans le contraste entre ces deux ambiances qui se succèdent soudainement. Ici, il n’y a rien qui succède au bavardage, sinon un total désintérêt.

Adrew Dominic a gâché un très beau casting avec comme tête d’affiche Brad Pitt. Ce dernier éclabousse Cogan : Killing Them Softly de sa classe, mais ce n’est pas suffisant pour le sauver. On appréciera également l’apparition de John Goodman en tueur décadent et celle du trop rare Ray Llota, qui ne se remettra visiblement jamais tout à fait de son rôle dans les Affranchis. Un mot enfin sur Richard Jenkins, éternel second rôle hollywoodien, mais je trouve toujours génial.

Cogan : Killing Them Soflty est donc une pâle copie de Tarantino, confirmant l’adage qui veut que rien ne vaut jamais l’original.

Fiche technique :
Production : Inferno, Annapurna Pictures, 1984 Private Defense, Plan B, Chockstone Pictures
Réalisation : Andrew Dominik
Scénario : Andrew Dominik, d’après le roman de George V. Higgins
Montage : Brian A. Kates
Photo : Greig Fraser
Décors : Patricia Norris
Distribution : Metropolitan FilmExport
Durée : 98 min

Casting :
Brad Pitt : Jackie
Scoot McNairy : Frankie
Ben Mendelsohn : Russell
James Gandolfini : Mickey
Richard Jenkins : le médiateur
Ray Liotta : Markie Trattman
Sam Shepard : Dillon
Vincent Curatola : Johnny Amato

LES CINQ LEGENDES : Froidement efficace

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lescinqlegendesafficheL’approche des Fêtes est toujours l’occasion de voir sortir sur nos écrans les traditionnels films d’animation où nous pourrons emmener nos chères têtes blondes pendant les vacances de Noël. Cette année, ça se joue avant tout entre Les Cinq Légendes et Les Mondes de Ralph. J’ai vu les deux et le vainqueur est… Ah non, un peu de suspense encore ! Commençons donc pas disserter sur le premier.

Le Croquemitaine est de retour et cherche à semer la peur chez tous les enfants. Face à lui se dressent les quatre gardiens : le Père Noël, le Marchand de Sable, la Fée des Dents et le Lapin de Pâques. Ils devront cette fois-ci demander l’aide de Jack Frost, un adolescent qui amène avec lui l’hiver et qui n’est donc pas spécialement populaire dans l’imaginaire collectif.

Pour résumer Les Cinq Légendes en deux mots, je choisirais gentillet mais distrayant. Gentillet parce qu’assez enfantin et, il est vrai, relativement dépourvu de second degré destiné aux adultes. On peut regretter un manque d’ironie et de recul, qui démontre une volonté de cibler uniquement un public très jeune. Ou du moins de s’adresser qu’à l’enfant qui dort en chacun de nous. On tient là clairement une des plus grandes limites du film, qui ne restera pas forcément dans une postérité éternelle.

Mais distrayant aussi car l’histoire est rythmée et pleine d’action. Certes, le scénario est tout sauf complexe et les rebondissements restent quelque peu limités. On passe du Monde du Père Noël, à celui du Marchand de Sable, puis à celui de la Fée des Dents pour finir chez le Lapin de Pâques en suivant toujours le même principe, ce qui donne au tout un côté un peu artificiel. Les auteurs voulaient nous montrer tous ces mondes, alors ils ont fait le nécessaire pour y parvenir sans forcément creuser très loin dans leur imagination.

Cependant, comme le rythme est là, on ne s’ennuie jamais. Le manque d’intérêt des transitions n’enlève rien au plaisir que l’on ressent dans les longues séquences beaucoup plus spectaculaires. A la fois, on est venu avant tout pour ça, pas pour la complexité de l’intrigue. Et de ce point de vue, Les Cinq Légendes nous en donne vraiment pour son argent, à la fois en quantité et en qualité. Rien de révolutionnaire certes, mais l’idée de base est plutôt sympathique et on se surprend à ressentir un certain enthousiasme et une certaine excitation enfantins par moments.

L’humour est aussi une composante importante de Les Cinq Légendes. Là encore, on pourra déplorer un manque évident de second degré. Je retiendrai surtout le moment où la Fée des Dents croise la Petite Souris et dit « c’est notre concurrent européen »… Bon si ça ne fait pas rire, au moins cela nous donne un petit cours sur les différences culturelles… A côté de ça, le film échappe presque aux bons sentiments, même s’il flirte un peu constamment avec le mièvre. Comme d’habitude, sur la fin, ça dérape un peu, mais sans non plus nous donner l’impression d’être tombé dans un pot de miel bien gluant.

lescinqlegendesVisuellement, Cinq Légendes est plaisant. L’animation est fluide, mais existe-t-il encore des films d’animation où elle ne l’est pas ? Les personnages principaux et secondaires ont un look sympathique qui contribue à les rendre attachants. Là encore, rien de vraiment inoubliable, ni de terriblement imaginatif. Mais au moins, c’est efficace et cela atteint son but.

Le casting voix de Les Cinq Légendes est assez prestigieux, avec comme tête d’affiche, le méchant doublé par Jude Law. Bon, je connais des jeunes filles qui se réjouiront surtout à l’écoute de la voix de mâle viril de Hugh Jackman. Les plus âgées aimeront celle plus mature d’Alec Baldwin. Personne par contre ne sautera au plafond en écoutant Chris Pine doubler Jack Frost, ce qu’il fait avec professionnalisme, mais sans génie, ni beaucoup de charisme.

Au final, Les Cinq Légendes peut décevoir par rapport aux standards de l’écurie Dreamworks. Mais il reste distrayant et ravira les petits et grands enfants aimant les aventures rythmées.

Fiche technique :
Production : DreamWorks Animation
Distribution : Paramount Pictures France
Réalisation : Peter Ramsey
Scénario : David Lindsay-Abaire, d’après le livre de William Joyce
Montage : Joyce Arrastia
Décors : Patrick Marc Hanenberger
Musique : Alexande Desplat
Directeur artistique : Max Boas
Durée : 97 mn

Casting :
Chris Pine : Jack Frost
Isla Fisher : La fée des dents vo
Hugh Jackman : le lapin de Pâques
Alec Baldwin : le père Noël
Jude Law : Pitch le croquemitaine