
Thérèse Larroque a réussi un beau mariage en épousant Bernard Desqueyroux. Leurs propriétés foncières pourront être réunies et forger un très beau patrimoine. Mais la jeune femme rêve d’une autre vie, de liberté, loin de la routine et des conventions. Alors la vie qu’elle mène l’oppresse chaque jour un peu plus. Et la pousse à commettre certaines extrémités…
Thérèse Desqueyroux est un film qu’on aurait été triste de ne pas aimer, car on a toujours peine à dire du mal de ceux qui nous ont quitté. Heureusement, il n’est nul besoin de feindre son plaisir, car la filmographie de Claude Miller s’achèvera sur une bonne note. Pourtant, je dois bien avouer que la bande-annonce ne m’avait absolument pas donné envie et que, sans les bonnes critiques, je n’aurais jamais été le voir. Je lui ai finalement donné sa chance et je ne le regrette pas.
Le thème central reste tout de même très classique. L’émancipation de la femme reste un sujet central de bien des films et celui-ci ne bouleversera pas le genre. Si les époques, les lieux, les contextes sociaux diffèrent, il est vrai que les schémas sont un peu toujours les mêmes. Mais Thérèse Desqueyroux brille par une réelle intensité dramatique qui confère un réel intérêt à cette histoire, au-delà du seul intérêt du sujet de fond, jusqu’à un remarquable dénouement. Le mérite en revient surtout à François Mauriac, mais le travail d’adaptation de Claude Miller ne demeure pas moins formidable.
De plus, le réalisateur s’est attaché à rester d’une extrêmement fidèle au roman, y compris dans les dialogues. Je ne l’ai personnellement pas lu, mais ce n’est guère étonnant, car on sent vraiment que le film n’est jamais parasité par des points de vue, des manières de penser qui se révèleraient anachroniques. Il ne s’agit pas ici d’un Thérèse Desqueyroux modernisé, mais au contraire une retranscription fidèle de l’esprit d’une époque. Les deux démarches peuvent se justifier, mais en tout cas le choix de Claude Miller se révèle payant.

Thérèse Desqueyroux offre un rôle sur mesure à Audrey Tautou. Interpréter une femme fragile et sensible lui va comme un gant. Peut-être un peu trop d’ailleurs, car son jeu ne réservant aucune surprise, le personnage principal n’arrive pas totalement à nous enthousiasmer, ce qui constitue sûrement la plus grand limite de ce film. Par contre, à ses côtés Gilles Lellouche tient ici un des rôles les plus marquants, prouvant qu’il peut sans peine sortir du registre comédie ou film d’action dans lequel le cantonne le plus souvent le cinéma français.
Claude Miller nous a quitté, mais son cinéma reste avec nous. Et parmi les beaux moments de sa filmographie figurera ces Thérèse Desqueyroux.
Fiche technique :
Production : Les films du 24, UGC YM, Cofinova 7
Réalisation : Claude Miller
Scénario : Claude Miller, Natalie Carter, d’après le roman de François Mauriac
Montage : Véronique Lange
Photo : Gérard de Battista
Décors : Laurence Brenguier
Distribution : UGC Distribution
Durée : 110 minutes
Casting :
Gilles Lellouche : Bernard Desqueyroux
Audrey Tautou : Thérèse Desqueyroux
Jean-Claude Calon : Monsieur de la Trave
Francis Perrin : Monsieur Larroque
Isabelle Sadoyan : Tante Clara
Catherine Arditi : Madame de la Trave
Anaïs Demoustier : Anne de la Trave
Stanley Weber : Jean Azevedo
Yves Jacques : Maître Duros

Mauvaise Fille pêche aussi quelque peu par la forme. En effet, le film est composé d’un enchaînement entre présent et flashbacks. Le problème est qu’on a parfois du mal à distinguer ces deux moments, surtout au début quand la mère est encore en bonne santé. On finit par s’y faire et ne plus se sentir perdu, mais c’est parfois un peu perturbant dans la première partie du film. Le problème est que cela rend plus difficile au spectateur de vraiment rentrer dans cette histoire. Personnellement, je crois bien que je n’y suis jamais vraiment parvenu.
La reconstitution historique est remarquable dans A Royal Affair. Le film prouve, après les Lignes de Wellington, que le cinéma européen sait mettre les moyens quand il le veut bien. Certes, il a toujours su proposer de beaux costumes et de beaux décors, mais on sent ici que Nikolaj Arcel n’a pas eu à se limiter en termes d’extérieur ou de figurants. Bref, c’est convaincant et parfois assez spectaculaire. Il offre aussi une vision certainement plus réaliste des cours européennes que l’a proposé le Marie-Antoinette un peu rêvée de Sofia Coppola.
Les Neiges du Kilimandjaro est donc un film riche et agréable à suivre. Visuellement, Robert Guédiguian reste un réalisateur classique et sobre. Il est au service de ses acteurs dont il sait parfaitement mettre en valeur le jeu. Mais il sait aussi mettre en valeur ses décors et la région de Marseille qui aura constitué la toile de fond de toute son œuvre. 
L’Auberge Espagnole permet aussi de se rappelle que Cédric Klapisch est également un réalisateur qui sait faire preuve d’une certaine imagination visuelle. Rien de bouleversant d’un point de vue artistique, mais cela montre un vrai soucis de soigner à la fois le fond et la forme. Et dans le cinéma français, ce n’est pas si fréquent. Surtout que tout cela est fait avec vrai talent, reste au service de l’histoire, tout en l’agrémentant pour la rendre encore plus agréable à suivre. 



Et le social dans tout ça ? The Full Monty n’est certainement pas un film sur les raisons profondes du déclin industriel britannique et sur les ravages du chômage longue durée. Certes, ces aspects sont très édulcorés et les personnages apparaissent plus comme des losers sympathiques que comme de vraies victimes. Mais ce film est surtout un réquisitoire contre la morosité et le pessimisme. Personne ne devient milliardaire à la fin, chacun reçoit juste un peu de reconnaissance et quelques billets quand même. Un film qui vante la créativité, la débrouillardise, l’audace et l’imagination. La réalité n’est certainement pas si simple, mais ce n’est pas sujet du film ! 
Les Lignes de Wellington bénéficie d’un casting international assez impressionnant. Du côté portugais, on retrouve évidemment Marisa Paredes. Les autres acteurs lusitaniens sont moins connus chez nous, mais on saluera notamment la performance de Nuno Lopez et Soraia Chaves. Côté anglophone, la grande star s’appelle John Malkovich, qui donne une vision assez caustique du Général Wellington. Côté français, on peut citer la participation de Melvil Poupaud, Matthieu Amalric, Elsa Zylberstein, Vincent Perez et les apparitions plus furtives de Catherine Deneuve, Chiara Mastroiani, Michel Picoli et Isabelle Huppert. Bref, un casting hexagonal que bien des cinéastes de notre pays aimeraient pouvoir se payer.
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