LE RETOUR DE LA FRANCE ETERNELLE

espagnefrance

espagnefranceEn cette journée sans médaille pour le clan tricolore, il est temps de faire un peu de mauvais esprit. Car si le judo et la natation nous avaient fait espérer une moisson historique, il semble de plus en plus probable que le décompte des médailles sera au final en deçà des objectifs. Il est vrai que depuis Barcelone, on a toujours été gâté et on a un peu l’impression que notre pays peut toujours faire mieux, alors que la concurrence s’intensifie.

Depuis deux jours, les Français sont victimes de deux fléaux qui les ont toujours privés de titres qui leur tendaient les bras. Déjà cette saloperie de pression, qui visiblement s’exerce toujours plus fortement sur nous que sur les autres. Mais heureusement, nos champions ont souvent la grande excuse d’être jeune et de manquer d’expérience. On s’est extasié sur la médaille d’argent de Bryan Coquard en cyclisme sur piste acquise à seulement 20 ans… Quelle précocité ! Incroyable ! Formidable ! Sauf que le Hollandais, champion olympique, a exactement le même âge…

Aujourd’hui, le sommet a été atteint lorsque l’on a pu entendre que les Français avaient flanché sur la fin face aux Espagnols en basket, par faute d’un manque d’expérience. Sauf qu’on parle de sportifs quasi-trentenaires, qui jouent tous dans le meilleur championnat du monde et qui ont été champion d’Europe junior il y a dix ans. S’ils ne savent pas aborder un grand rendez-vous maintenant quand le sauront-ils ? S’ils ont objectivement livré un match remarquable, ils ont tout simplement flanché mentalement et le mental fait pleinement partie des qualités requises pour un compétiteur, surtout dans un sport d’adresse comme le basket. C’est exactement ce qui a frappé notre brave pagayeur ce matin ou nos cavaliers cette après-midi.

Mais les Français ont aussi été encore une fois victimes d’injustices, pour ne pas dire de vol. Depuis le France-Allemagne de Séville en 1982, une malédiction semble nous poursuivre. J’ai beau essayé de prendre du recul, tenté de regarder les choses objectivement, je n’arrive pas à me défaire de l’impression qu’on se fait beaucoup plus avoir que l’inverse. Allez, on va dire que nos basketteuses ont bénéficié d’une décision arbitrale très litigieuse à une minute de la fin, mais rien ne dit qu’elles n’auraient pas gagné sans cela. Mais le compte n’y est pas.

Quand une dizaine de joueuses de badminton font exprès de perdre leur match, on les exclut des Jeux Olympiques. Pas de chance, nous ne brillons pas spécialement dans cette discipline. Par contre, quand l’Equipe d’Espagne de basket le fait à notre détriment, il ne se passe que dalle. Quand un pistard anglais admet avoir triché, ce qui a peut-être privé les France d’une médaille d’or, rien ne se passe. Vive le fair-play britannique ! Quand à l’arbitrage de boxe, c’est toujours la même histoire.

Mais dans des Jeux Olympiques qu’on nous a volés, comment en aurait-il pu être autrement ? Le lobbying n’a jamais été notre fort, mais la défaite honorable oui ! On pourra peut-être nous rétorquer que l’on paye encore la main de Thierry Henry, mais je crois qu’avec notre Equipe de France de football en bois, on l’a déjà payée au centuple…

Mauvais perdant, moi ? Je ne vois pas ce qui peut vous faire dire ça !

TWO DANCERS (Wild Beasts) : Le tour de la (bonne) question

twodancerswildbeasts

twodancerswildbeastsLa cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques de Londres a largement insisté sur le fait que le Royaume-Uni est le fournisseur officiel de groupes de rock et de pop pour le monde entier. Il est vrai que là-bas, comme il pleut tout le temps, on reste chez soi et vu qu’on n’a que du bœuf bouilli à se mettre sous la dent, on ne reste pas non plus très longtemps à table. Du coup, il faut bien trouver une autre activité pour s’occuper. Donc pourquoi pas faire du rock ! C’est exactement ce qu’ont du se dire les groupe Wild Beasts qui nous livre leur album, Two Dancers.

Wild Beasts est originaire de Kendal, en Angleterre. Comme tout bon groupe de rock qui se respecte, ils sont quatre jeune gens, sans doute dans le vent. Il y a Hayden Thorpe (chant, guitare, basse, clavier), Ben Little (guitare, clavier), Tom Fleming (basse, chant, guitare, clavier) et Chris Talbot (batterie, chant). Vous noterez donc la polyvalence de ces garçons et l’importance des claviers. Car si on veut vraiment être précis, nous sommes là face à un groupe d’indie rock, même si ce terme reste toujours assez mystérieux pour moi. Two Dancers est sorti en 2009. Il s’agit de leur deuxième album, un troisième l’ayant suivi en 2011.

Wild Beasts nous propose dans Two Dancers un son plutôt original (c’est sans doute pour ça que leur musique est qualifiée d’indie rock), très mélodieux et qui laisse une large place à des instrumentations assez complexes. Le premier titre, The Fun Powder Plot, nous met tout de suite dans le bain avec plusieurs couches qui s’ajoutent au fur et à mesure. Les fans de punk trouveront peut-être ça beaucoup trop ampoulé, mais les amateurs de sonorités travaillées apprécieront.

Ce qui caractérise donc Wild Beasts est donc sa maîtrise. Two Dancers n’est pas dans l’énergie, mais l’œuvre de musiciens qui aiment forger les sons avec minutie. Cela ne les empêche pas de mettre de la conviction, voire même un vrai punch, dans certains de leurs titres, même si on aimerait parfois qu’ils lâchent un peu plus les chevaux. Cependant, l’équilibre trouvé fait toute la personnalité de leur musique, vouloir le modifier, changerait tout simplement qui ils sont.

La seule chose qui m’a quelque peu dérangé dans Two Dancers est l’aspect haut perché de la partie vocale. Parfois, ils jouent en duo entre Hayden Thorpe et Tom Fleming, ce qui donne le plus souvent un résultat plutôt intéressant. Mais généralement le premier chante seul et va chercher loin dans les aigües. Honnêtement, il ferait mieux de redescendre car on croirait parfois qu’il s’auto-parodie. Bon, ce ne gâche pas totalement le plaisir, mais ça m’a quand même empêché de me laisser totalement porté par leur musique.

Two Dancers est assez court, 10 titres seulement. Il est donc assez dense car tous les titres sont plutôt bons, à part peut-être When I’m Sleepy qui est un peu en dessous des autres. Ca manque peut-être un tantinet de variété, même si les titres sont plus ou moins énergiques. Wild Beasts imprime vraiment sa personnalité sur l’ensemble des morceaux, alors il vaut mieux accrocher dès le début, sinon il y a peu de chance que ça vienne au fur et à mesure. D’ailleurs, on sent bien à la dernière plage qu’on a un peu fait le tour de la question et que le groupe a complètement exploité son idée de départ. On retiendra cependant Hooting and Howling comme étant le morceau le plus intéressant de l’album.

Two Dancers est donc globalement un bon album dont le son original sort du lot. Cependant, Wild Beasts semble un peu enfermé dans leur propre idée et on se dit que 10 plages, même agréables, sont suffisantes.

Pour finir, regardons de plus près les titre que l’on trouve sur Two Dancers.

1.: The Fun Powder Plot
Chaque couche d’instrumentation s’ajoute l’une après l’autre. Les deux voix viennent en dernier pour un premier long titre envoûtant.

2.: Hooting and Howling
Une instrumentation épurée qui met la voix en avant. Le résultat est très mélodieux dans sa première partie, avant que le rythme s’accélère pour un titre plein de conviction et surtout très bon.

3.: All the King’s Men
La batterie se fait plus présente pour un titre rythmé et entraînant, où la voix grave répond à la voix aigüe.

4.: When I’m Sleepy
Un titre plus évaporé, un peu en dessous des précédents.

5.: We Still Got the Taste Dancing on Our Tongues
Un son moins original, plus pop, mais ça reste mélodieux et pas mal du tout.

6.: Two Dancers
Un titre tout en maîtrise, avec la voix grave et une instrumentation qui s’enrichit au fur et à mesure.

7.: Two Dancers II
Une version plus mélodieuse et douce, mais surtout très belle.

8.: This Is Our Lot
Une voix évaporée mais pleine de conviction qui compense une instrumentation un peu lancinante.

9.: Underbelly
Un titre calme et mélodieux, pas mal du tout.

10.: The Empty Nest
Un morceau à l’image de l’album, mais qui n’apporte plus rien de plus.

DES LARMES AUX RIRES

francerepubliquetcheque

francerepubliquetchequeLes journées se suivent et se ressemblent à Londres. Une nouvelle fois, une équipe de France nous a donné des raisons de pleurer. L’élimination des handballeuses en quart de finale contre le Monténégro, après avoir mené toute la second période a un goût amer. Après qu’elles aient terminé première de leur groupe en battant deux favorites (Norvège et Coréé du Sud), on s’était mis à rêver d’un titre pour les filles d’Olivier Krumbholz. Elles n’auront même pas de médaille.

Si la défaite des footballeuses nous ont laissé un sentiment d’injustice, celle des handballeuses est dure à encaisseur mais la défaite est méritée. Certes, la gardienne adversaire a sorti un dernier quart d’heure sorti de nul part, mais autant d’échec est aussi forcément le signe d’une grande fébrilité. Les Françaises avaient les moyens de l’emporter, mais elles sont cédées sous le poids de l’évènement. On peut tout de même les féliciter pour la qualité de leur tournoi, mais avouons-le, on leur en veut un peu !

Mais deux heures plus tard, tout était oublié grâce à cette merveilleuse Equipe de France de basket et sa formidable capitaine Céline Dumerc, qui a une nouvelle fois marché sur l’eau pour nous proposer un improbable renversement de situation ! Mais comment ont-elles pu connaître une telle absence de quatre minutes en début de seconde mi-temps ? A début du dernier quart-temps, tout semblait encore perdu avant une remontée fantastique, un scénario que seul le basket peut nous proposer ! Cette fois, les larmes étaient chez l’adversaire (victime d’une erreur d’arbitrage à une minute de la fin, admettons-le) et c’est tant mieux !

Rendez-vous en demi-finale pour de nouveaux moments d’émotion !

THE DARK KNIGHT RISES : Trilogie conclue !

thedarkknightrisesaffiche

thedarkknightrisesafficheEtre le grand favori aux Jeux Olympiques et triompher quand même n’est jamais facile. La faute à la pression tout ça, tout ça… Réaliser un film qui suscite une énorme attente de la part de millions de fans à travers le monde ne l’est pas non plus. On n’a pas le droit de se rater et on sait que son travail sera décortiqué à l’infini. Christopher Nolan en signant un chef d’œuvre en 2008 avec The Dark Knight était condamné à livrer un nouveau film de très haute tenue avec le troisième et dernier volet de sa trilogie consacrée à l’homme chauve-souris. The Dark Knight Rises répond à ces attentes… mais peut-être pas totalement.

Voilà huit ans que la paix règne à Gotham City depuis que Batman s’est accusé du meutre d’Harvey Dent et a disparu de la circulation. Bruce Wayne vit depuis reclus et diminué physiquement. Mais une nouvelle menace apparaît, en la personne du mercenaire Bane. Elle n’est pas prise au sérieux par la police locale, persuadée d’avoir définitivement mis le crime au pas. Le seul espoir réside alors dans le retour du héros masqué avant qu’il ne soit trop tard.

On peut difficilement contester que The Dark Knight Rises se situe quand même largement un ton en dessous de The Dark Knight. Evidemment, il est toujours dommage de juger un film en le comparant en tout point à un autre. Mais dans ce cas, c’est malheureusement relativement inévitable. Surtout que Christopher Nolan a vraiment cherché à unifier la trilogie et conclure les deux thèmes développés précédents épisodes. Il donne un sens à l’ensemble et c’est là un de ses plus grands mérites, au-delà des faiblesses dont il fait preuve. Les cinq dernières minutes sont notamment de toute beauté et nous offre une magnifique conclusion à toutes les péripéties vécues précédemment.

Le scénario de The Dark Knight Rises est à l’image de ce film. D’un côté, l’intrigue est solide et particulièrement prenante. Des rebondissements, de vraies surprises, des personnages dont l’épaisseur constitue un vrai plus. Et surtout une ambiance sombre et gothique à la hauteur du mythe de Batman. Mais à côté de ça, trop de détails clochent. Des incohérences, des éléments absolument pas crédibles font parfois sortir le spectateur de l’histoire et lui font lever un sourcil circonspect. Un seul exemple, qui ne révèlera pas trop de l’histoire. A un moment, alors que « les policiers sont traqués comme des chiens », le commissaire Gordon va chercher son adjoint… chez lui, où il est tranquillement avec sa femme… Ce n’est pas grand chose, mais le problème est que l’on peut multiplier ce genre de petites choses. C’est surtout très surprenant de la part des frères Nolan qui font partie des scénaristes les plus magistraux de l’histoire du cinéma.

On est aussi quelque partagé sur le message délivré par The Dark Knight Rises. En effet, il en délivre plusieurs assez contradictoires. D’un côté, le film peut apparaître comme une célébration de l’ordre policier contre l’anarchie. Le personnage de Bane est un terroriste qui se sert d’un message social pour arriver à ses fins. Cela fait passer le message « le pouvoir au peuple » comme un message subversif. Mais de l’autre, on a aussi un discours célébrant la désobéissance aux ordres et à l’autorité des institutions. Ce contraste est en lui-même intéressant, mais Christopher Nolan ne tire pas de conclusion. Ce n’est pas forcément le rôle d’un film comme celui-là, mais cela laisse un peu le spectateur sur sa faim.

Et comme on ne peut échapper aux comparaisons entre The Dark Kinght et The Dark Kinght Rises, on ne peut que souligner que Bane est quand même loin de posséder le charisme du Joker. Pour faire de ce genre de film un chef d’œuvre, il faut un héros mythique, mais aussi, et même surtout, un méchant qui soit à la hauteur. Il faut dire que le personnage incarné par le regretté Heath Ledger a mis la barre incroyablement haut et on pouvait difficilement imaginer que Christopher Nolan puisse renouveler l’exploit. C’est loin d’être le cas, même si des éléments sont intéressants, comme le fait que Batman fait face à un adversaire qui lui ressemble beaucoup plus que ses précédents.

thedarkknightrisesBon après, toutes ses considérations objectives, reste la vraie question : The Dark Knight Rises fait-il passer un vrai bon moment ? En effet, tous les défauts que j’ai cité précédemment ne sont pas forcément rédhibitoire pour un film quand même largement tourné vers l’action. Surtout que ce film bénéficie quand même d’un atout majeur et irremplaçable : la merveilleuse réalisation de Christopher Nolan qui n’a pas son pareil pour créer un univers et une ambiance. Il fait preuve de sa maîtrise artistique habituelle pour nous offrir un film magnifique visuellement. Que ce soit dans les scènes spectaculaires ou plus intimistes, il nous livre un travail remarquable de mise en scène et de photographie. Ceci explique largement la facilité avec laquelle on entre dans ce film et à quel point les 2h44 passent à une vitesse vertigineuse.

The Dark Knight Rises propose un casting impeccable. Christopher Nolan sait parfaitement diriger ses acteurs, même si c’est derniers sont toujours un peu écrasés par la démesure visuelle de ses films. Il n’y a pas ici de nouveau Heath Ledger. Tom Hardy a de toute façon du mal à être vraiment expressif, affublé ainsi d’un masque. Christian Bale est un peu froid et monolithique, mais c’est le rôle qui veut ça. C’est avant tout par les rôles féminins que le film se démarque. Si Marion Cotillard ne brille pas outre mesure, la vraie touche de charme vient d’Anne Hataway qui le grand mérite de camper une Catwoman très différente de son illustre modèle, jouée par Michèle Pfeiffer dans le film de Tim Burton.

Au final, The Dark Knight Rises ne déçoit pas, mais ne provoque pas un enthousiasme comparable à celui engendré par l’épisode précédent. Mais pour un film d’action, il reste une œuvre merveilleusement bien réalisée, malgré quelques faiblesses dans l’intrigue.

Fiche technique :
Production : Warner Bros Pictures, DC Entertainment, Legendary Pictures, Syncopy
Distribution : Warner Bros Entertainment France
Réalisation : Christopher Nolan
Scénario : Christopher Nolan, Jonathan Nolan, d’après les personnages de Bob Kane
Montage : Lee Smith
Photo : Wally Pfister
Décors : Nathan Crowley, Kevin Kavanaugh
Musique : Hans Zimmer
Durée : 164 mn

Casting :
Christian Bale : Bruce Wayne, Batman
Tom Hardy : Bane
Anne Hathaway : Selina, Catwoman
Gary Oldman : Commissaire Gordon
Joseph Gordon-Levitt : Blake
Marion Cotillard : Miranda
Morgan Freeman : Fox
Michael Caine : Alfred
Matthew Modine : Foley

A PLEURER

francejapon

francejaponJusqu’à présent, nous avions eu beaucoup de raisons de sourire lors de ces Jeux Olympiques. Les exploits à répétition des nageurs et nageuses français resteront longtemps gravés dans nos mémoires. Mais les grands moments d’émotion sont parfois aussi des déceptions. La défaite de l’Equipe de France féminine de football en demi-finale du tournoi olympique en fait partie et laisse des regrets amers, même si la médaille de bronze reste à portée.

C’est la vie, le sport, le football… On peut répéter à l’infini tous les lieux communs du monde, cela n’effacera pas ce sentiment d’injustice. Bien sûr, les Japonaises n’ont rien volé et la chance fait partie du jeu, surtout en football. Les seules responsables de cette défaite sont bien sûr les joueuses françaises, victimes de défaillances individuelles. Le scénario est cruel, avec ce pénalty raté à quelques minutes de la fin, mais il a été écrit par les Bleues elles-mêmes. Mais on peut aussi retenir leur domination quasi absolue, le nombre incroyable d’occasions crées et leur combativité admirable. Dans un pays aussi en mal d’amour pour une équipe nationale de football, on a surtout envie dire à ces jeunes femmes qu’on les aime, qu’on les admire et qu’on ne leur en veut pas !

Ce sont elles les plus déçues ce soir. Mais les larmes qui ont pu couler chez les supporters sont de celles qui forgent les histoires d’amour entre une équipe et tout un peuple. On va donc les sécher rapidement pour être de nouveau derrière elles pour décrocher une médaille de bronze qui serait mieux qu’une consolation.

HOLD TIME (M Ward) : Ballade au fil du rock

holdtimemward

holdtimemwardVoilà près de 60 ans que le rock est né. Il a connu bien des styles, des formes différents. Il s’est enrichi d’influences diverses. Certaines sonorités évoquent une décennie plutôt qu’une autre. Les musiciens d’aujourd’hui peuvent donc puiser leur inspiration dans une bibliothèque très riche. C’est ce qu’a fait M Ward dans son album Hold Time, un très joli mélange de notes rétro et de modernité.

M Ward est un musicien américain, né en 1973 à Portland. Son vrai nom est Matthew Stephen Ward. Il partage son temps entre une carrière solo et un groupe, She & Him, dont l’autre composante est l’actrice Zooey Deschanel (ma future femme, même si elle ne le sait pas encore), présente également sur un des morceaux de Hold Time. Ce dernier est sorti en 2009.

M Ward nous propose avec Hold Time une musique relativement intemporelle. De jolies mélodies allant du rock, au blues, en passant par la pop et la country. C’est souvent assez épuré, avec donc un côté assez classique et rétro. Mais la voix est souvent travaillée, de manière assez légère, mais suffisamment pour faire de cet album tout de même un disque bien de notre époque. On sent bien le travail d’un vrai compositeur, aimant jouer avec les musiques qu’il aime.

Les morceaux de Hold Time sont le plus souvent calme et mélodieux. Si M Ward explore diverses influences qui ont nourri l’histoire du rock, c’est sûr qu’il reste loin du metal et du hard rock. Les instrumentations sont souvent assez épurées, interprétées parfois à la guitare sèche, avec le renfort d’un piano ou de violons. Très souvent, sa musique nous rappelle fortement Simon et Garfunkel. C’est parfois plus énergique et dynamique, mais sans d’immenses envolées non plus. C’est donc un CD parfait pour une soirée tranquille, où on veut profiter de bonne musique, sans tomber dans le romantique sirupeux.

La point fort de Hold Time reste la qualité des morceaux. Certes, sur la fin, ça se relâche un petit peu, mais globalement, l’album est homogène. En plus, la plupart des titres sont relativement cours, généralement moins de 3 minutes. Donc si l’un deux nous plaît moins, on est vite passé à autre chose. Et comme cet album propose quand même de sonorités plutôt variées, on arrive forcément vite à quelque chose qui nous plaît.

Si je devais ressortir quelques morceaux de cet album, je citerai tout d’abord Jailbird, qui se trouve au centre des influences du musicien : rock, blues et country. Ensuite Fisher of Men car c’est sûrement le morceau où peut vraiment apprécier la voix de M Ward. Trop souvent, cette dernière est travaillée sans qu’à mon sens, cela n’apporte quoi que ce soit. Enfin, Shangri-La, le titre qui sonne le plus comme un de Simon and Garfunkel.

Hold Time de M Ward est donc un album très agréable et mélodieux aux influences multiples.

Pour finir, faisons le tour des titres de cet album.

1.: For Beginners (AKA Mt. Zion)
Un rock doux et mélodieux, qui sonne un peu 60’s.

2.: Never Had Anybody Like You
Un plus rock, avec un son toujours rétro et un fond de pop.

3.: Jailbird
Une ballade entre rock, blues et country.

4.: Hold Time
Une voie éthérée se pose sur un violon et un piano, pour un résultat moyen.

5.: Rave On
Un duo avec Zoey Deschanel, ma future femme, pour un résultat entraînant et sympathique.

6.: To Save Me
Un rock plus moderne. Pas mal, même si ça ne décolle jamais tout à fait.

7.: One Hundred Million Years
Guitare sèche pour un titre country classique mais particulièrement bien interprétée.

8.: Stars Of Leo
Une instrumentations épurée et douce, pour une très jolie chanson.

9.: Fisher Of Men
Un son country où la voix apporte un vrai supplément de personnalité.

10.: Oh Lonesome Me
Lent et un peu sinistre dans sa première partie. La seconde est bien meilleure, interprétée par Lucinda Williams.

11.: Epistemology
Un titre pop-rock sans trop de conviction.

12.: Blake’s View
Un peu mou du genou !

13.: Shangri-La
Retour à une country douce et classique, avec un côté Simon and Garfunkel.

14.: Outro, (AKA I’m A Fool To Want You)
Instrumental pour finir.

LA FOUDRE FRAPPE TOUJOURS DEUX FOIS

100m

100mOn avait des doutes… On n’en a plus ! Usain Bolt est le meilleur sprinteur du monde et sans doute désormais de l’histoire. Deuxième athlète après Carl Lewis a conservé son titre olympique du 100m, il a ajouté la manière à l’art. Il n’y a pas eu photo dans un chrono qu’on ne le voyait pas rééditer cette saison. Mais le génie est là, il est grand, il est absolu ! Il vient d’écrire une nouvelle page de la légende du sprint, de athlétisme, de l’olympisme et du sport en général. Une telle constance à un niveau si élevé pourrait banaliser l’exploit, mais la soirée d’aujourd’hui nous a montré qu’on en est heureusement encore loin !

Mais la plus belle image du jour reste un vainqueur et un dauphin dans les bras l’un de l’autre. Ezechiel Kemboi porté en triomphe par Mahiedine Mekhissi-Benabbad, voilà un beau moment d’amitié sincère et spontanée qui démontre qu’on peut être rivaux et entretenir des liens les plus cordiaux qui soient. C’est aussi une belle récompense pour un des athlètes français les plus injustement sous-médiatisés. Une deuxième médaille d’argent olympique qui lui offre déjà un des plus beau palmarès de l’histoire du sport français. Une telle régularité depuis 4 ans ne peut que provenir d’un incroyablement talent et ne doit certainement rien au hasard.

LE TENNIS BIEN A SA PLACE

LlodraTsonga

LlodraTsongaEvidemment, il serait de mauvais ton de cracher dans la soupe après les deux médailles du jour, mais à chaque JO revient toujours le même débat : le tennis a-t-il sa place aux Jeux ? Il en a été absent pendant de près de 60 ans et son retour au programme depuis 1988 s’est longtemps fait dans un relatif anonymat. Dans ce débat, je prendrai une position claire et nette. Pour moi la question est clairement oui !

Un des principaux critères pour qu’un sport ait droit de figurer au programme olympique est son universalité. Or le tennis est un sport pratiqué partout dans le monde. Certes, il compte peu de champions venus d’Afrique ou d’Asie, mais si on bouche le bouchon aussi loin, seul l’athlétisme serait autorisé. Et encore, si on le découpe épreuve par épreuve, cela n’est même plus vrai. L’autre argument qui veut que le tennis est déjà extrêmement médiatisé en dehors des Jeux est pour moi complètement idiot. Pourquoi les JO seraient-ils seulement l’addition de disciplines qui n’intéressent personne le reste du temps ?

Pendant longtemps, on pouvait certes arguer que l’épreuve n’intéressait guère les cadors de la discipline. Malgré toute l’affection que j’ai pour Marc Rosset ou Nicola Massu, il faut bien avouer que ce n’étaient pas des joueurs qu’on imaginait voir gagner un tournoi du Grand Chelem. Mais depuis deux Olympiades, la situation a bien évolué. Le dernier carré du Tournoi de Londres est là pour le prouver, tout comme le désarroi de Rafael Nadal à l’annonce de son forfait, qui l’a également privé de l’honneur d’être porte drapeau.

Si le tennis n’a pas sa place aux Jeux, que dire d’autres sports présents au programme depuis longtemps ? L’exemple le plus parlant est le handball, que l’on imaginerait mal voir quitter les JO. Pourtant, il ne concerne qu’un nombre très limité de nations, quasiment toutes européennes (c’est certes un peu moins vrai pour le handball féminin). Quant à la présence des stars, elle est acquise partout, comme en cyclisme. Qui imaginerait le cyclisme proposer une course espoir comme c’était encore le cas à Barcelone en 1992 ? Qui voudrait revoir débarquer une équipe américaine de basket composée de joueurs universitaires ?

En fait, le seul sport qui reste dans une situation rendant sa présence discutable est le football masculin. Proposer une compétition entre équipes espoir, renforcées par trois joueurs plus âgés est un peu ridicule et prive ce tournoi de tout intérêt, à part pour les nations engagées. Voilà donc le premier sport que j’éliminerai du programme, tout en gardant bien sur le tournoi féminin.

L’arrivée au programme en 2016 du rugby (même si c’est à 7) et du golf va encore faire couler beaucoup d’encre. Personnellement, je suis extrêmement favorable à l’arrivé de tous les grands sports, même si dans le cadre du rugby, on peut franchement discuter de son universalité. Les JO ne sont pas un lot de consolation pour des sports comme le trampoline, la GRS ou le BMX, que l’on regarde un œil amusé, pour ne pas dire condescendant. C’est là que s’écrit la légende du sport universel, sûrement le seul moment où se construit réellement une identité culturelle commune à toute l’humanité.

UN TITAN BON SANG !

teddyriner

teddyrinerEn 2009, j’écrivais : « D’un côté, Teddy Riner, 20 ans qui vient de conquérir le plus tranquillement du monde son troisième titre de champion du monde de judo. Tellement tranquillement qu’on est déjà en train de s’interroger pour lui sur les prochains challenges qui pourraient le motiver. Certes, d’ici 2012, on est tranquille, Teddy Riner restera sur les tatamis pour conquérir l’or olympique, après son « échec » tout relatif de Pékin. Evidemment, rien ne dit que l’année prochaine un champion de même envergure que lui ne surgira pas pour le mettre en difficulté. En attendant, à un âge où bien des sportifs sont encore affublés du titre d’espoir, Teddy Riner aura été ce que tout sportif aspire à être. Le meilleur, sûr de sa force et dominateur ! »

Le champion de son envergure n’est pas venu et on se demande désormais si cela est seulement envisageable. Sa médaille d’or a été acquise avec une incroyable facilité. Ses adversaires n’ont même pas vraiment essayé, se contentant d’éviter un ippon trop rapide. Comme si se tenir sur le tatami avec lui était déjà un honneur. Un sport de combat se gagne aussi forcément dans le respect qu’on impose à ses adversaires. Teddy Riner est un tel champion, un géant, un titan que ses combats sont déjà presque gagné d’avance ! A 23 ans, si l’envie est encore là, il est peut-être parti pour se forger un palmarès hors du commun. Et quand on pense qu’il a un peu bêtement perdu l’or à Pékin…

florentmanaudouPapa et maman Manaudou peuvent être fiers de leur progéniture. Ils ont peut-être été attristés de certains commentaires un peu idiots sur les performances de Laure dans ces Jeux. Mais ce soir, tout cela est effacé par ce titre aussi beau qu’inattendu. Une nouvelle belle histoire improbable, même si la génétique a forcément joué un rôle. Cela vient au bout d’une incroyable semaine pour la natation française. La dynamique d’équipe pousse chacun et donne la confiance qui permet de se dépasser. Mais sans talent, tout cela ne servirait pas à grand chose. Et celui de Florent Manaudou est immense à un âge où une carrière ne fait que commencer.

Un mot enfin pour saluer le carton plein des sports collectifs, en particulier féminin ! En se qualifiant pour les demi-finales, les footballeuses confirmant ainsi que leur Coupe du Monde n’était pas un accident et qu’elles font bien partie des 4 meilleures équipes du monde.

MOULIN ROUGE : Et Nicole paraît !

moulinrougeaffiche

moulinrougeafficheOn pensait que la comédie musicale était morte depuis la fin des années 60 et puis vint Moulin Rouge ! Mélange détonnant de tradition et de modernité, ce film est un feu d’artifice continuel de tout ce qui fait un grand film : de la magie, de l’imagination… et de l’amour. Toutes ces séquences musicales absolument splendides et surtout extrêmement variées n’auraient pas réussi à former un tel chef d’œuvre si elles n’étaient le support d’une formidable histoire d’amour. Recycler les tubes contemporains du rock pour illustrer une histoire se déroulant il y a plus d’un siècle était un pari particulièrement osé, mais qui au finale, est une totale réussite. Comme quoi la musique est un langage universel et intemporel.

Moulin Rouge nous plonge dans le Paris de la fin du XIXème, alors que l’électricité commence à éclairer de tous ses feux les nuits parisiennes. Ces dernières ont d’ailleurs leur reine, Satine, qui se produit au Moulin Rouge pour le plus grand plaisir des bourgeois qui ne rêvent que de finir la nuit en sa compagnie, quelque en soit le prix (et il est élevé généralement !). Alors quand débarque Christian, jeune Anglais désargenté, personne ne peut imaginer que cela sera le début d’une magnifique histoire d’amour !

Jamais la gaieté et la tristesse n’auront cohabité dans de tels extrêmes que dans Moulin Rouge. Tout est poussé à son maximum, à tel point que le premier quart d’heure peut rebuter. Je me rappelle très bien d’avoir eu très peur lorsque je l’ai vu pour la première fois (surtout que je l’ai vu en VF au Québec). Je ne pouvais alors m’imaginer à quel point j’allais tomber amoureux de ce film. C’est vrai que ça part fort, ne laissant pas le temps au spectateur de rentrer dans l’ambiance particulière du film. Il se sent un tantinet agressé par cette débauche de son, de paillettes, de personnages grandiloquents et par le montage, façon clip vidéo survitaminé.

Et puis, Nicole Kidman apparaît et alors, la grâce remplit l’écran pour ne plus jamais le quitter. Aucune actrice n’aurait pu remplir ce rôle avec un tel talent. Elle ne joue pas Satine, elle est Satine. C’est alors que le spectateur, saisi par ce contraste particulièrement étonnant, comprend enfin où va le film et peut enfin l’apprécier à sa juste valeur. Ca ressemble un peu à une cure d’électrochocs, mais franchement, dans ce cas-là, c’est très bon pour la santé !

L’histoire peut alors se dérouler dans un succulente alternance d’humour et d’amour, de romance et des chansons, d’ombre et de lumière. On est pris dans ce tourbillon, mais lâcher prise est alors une merveilleuse expérience. Moulin Rouge brille plus par sa forme que son fond, mais si l’histoire est simple, c’est parce qu’elle est éternelle et parlera à notre imaginaire de manière directe. Un version pop de la Dame aux Camélias qui s’inscrit dans la même tradition que Tristan et Yseult et Roméo et Juliette. Le tout se termine dans un final de toute beauté, véritable apothéose qui vient couronner magnifiquement cette œuvre magistrale.

moulinrougeLa performance des autres acteurs n’est pas en reste. Certes, il n’existe pas une telle osmose entre eux et leur personnage. Mais ce film réussit l’exploit de mettre en lumière le talent d’un acteur qui n’en a pourtant pas beaucoup, Ewan McGregor ! Il chante vraiment très bien, rend son personnage crédible et arrive à jouer ses dialogues sans sembler les réciter (tout le contraire de ses prestations dans Big Fish et La Revanche des Sith). Un bon point pour Baz Luhrman dans sa direction d’acteurs.

Que reprocher à ce film ? Rien en fait. On aime ou on n’aime pas, mais Moulin Rouge est une œuvre d’une telle force que changer quoique ce soit en ferait un film totalement différent. Et il faut avouer que ce serait une perte inestimable pour l’humanité.

Fiche technique :
Film américain de Baz Luhrman (2001)
Avec :
Nicole Kidman : Satine
Ewan McGregor : Christian
John Leguizamo : Toulouse-Lautrec
Jim Broadbent : Zidler
Richard Roxburgh : le duc de Monroth
Kylie Minogue : la fée verte
Jacek Koman : l’Argentin
Linal Haft : Warner

Compositeur : Craig Amstrong, Marius de Vries, Steve Hitchcock
Costumes : Catherine Martin, Ian Gracie
Décors : Catherine Martin
Animation et effets visuels : Rick Sander, Kristopher Kasper, Shannon Leigh Olds, Matt Villa