LES KAIRA : La banlieue qui fait rire… ou pas

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leskairaafficheSi j’avais su, j’aurais pas venu… Voici ce que m’inspire les Kaïra, comédie française lourdingue que je n’ai pas vraiment apprécié. Pourquoi donc m’y suis-je rendu, alors que la bande-annonce et la promotion ne me donnait pas du tout envie ? Je me suis fié aux critiques très positives, pour ne pas dire élogieuses, qui ont piqué ma curiosité. Mais parfois, il faut savoir ne pas écouter l’opinion des autres…

Mousten, Abdelkrim et Momo sont trois losers dont la vie se limite à leur triste cité de Melun, où règne en maître Warner, un crétin absolu qui se prend pour Tony Montana. Ils sont surtout désespérément célibataire et commencent à être sérieusement en manque. Ils décident alors de se présenter à un casting pour tourner dans un film pornographique. Un seul problème, on leur demande une vidéo de démo…

J’avais pu lire que les Kaïra étaient une comédie à l’américaine, c’est à dire avec un humour très premier degré, mais surtout dix gags à la minute. Le problème, c’est que pendant une bonne heure, on est plutôt à un gag toutes les dix minutes. Peut-être qu’il y en a que je n’ai pas compris et donc même pas remarqué. Mais je crois simplement que le tout souffre d’un manque flagrant d’inspiration. C’est franchement poussif et la plupart des chutes sont totalement téléphonées. Sans parler de quelques gags pipi-caca d’un goût douteux. Et pourtant, il n’y a rien qui ne me fasse plus rire que les blagues de cul…

L’humour des Kaïra repose presque exclusivement sur les trois personnages. Le seul problème, c’est qu’on les connaît déjà pour les avoir vus de nombreuses fois à la télé. Ce n’est donc pas vraiment suffisant pour donner un réel intérêt à ce spectacle jamais surprenant. Franck Gastambide essaye bien de broder une histoire autour de tout ça, mais ça reste léger, trop léger. Ca manque franchement de consistance et c’est dommage car on s’attache quand même à ces trois compères qu’on aimerait voir autrement mis en valeur.

C’est vraiment dommage car la dernière demi-heure est elle bien meilleure. L’intrigue accélère enfin, les personnages évoluent un minimum et quittent la pure caricature. On laisse derrière soi la parodie un peu trop sommaire de la culture des banlieues pour délivrer un message plus subtil et faire sortir les personnages des lieux communs attendus où ils sont enfermés. Ces derniers prennent de l’épaisseur et ainsi s’achève le processus d’attachement qui nous permet d’apprécier pleinement un dénouement fort sympathique.

leskairaParler autrement des banlieues est évidemment un but de la démarche des auteurs des Kaïra. Bien sûr, ce film est avant tout et presque exclusivement voué à nous faire rire, mais cherche tout de même à donner une image plus positive de ces quartiers, de cette culture. Bref, les cités de Melun sont des sujets de comédie comme les autres ! Je trouve que la démarche est vraiment ratée pendant les deux premiers tiers avant de se mettre à fonctionner sur la fin. Du coup, je suis sorti de ce film largement déçu, mais aussi un peu frustré en me disant que le tout aurait pu être facilement bien meilleur.

Le trio Franck Gastambide, Medi Sadoun et Jib Pochtier est égal à lui-même, tel qu’on peut le voir à la télé. Encore une fois, il n’y a aucune surprise à ce niveau-là, ce qui peut-être vu comme une force ou une faiblesse. Les Kaïra multiplie surtout les caméos. Si certains ne sont pas très convaincants comme François Damiens en producteur porno, on appréciera celui d’Eric Cantona et celui d’Elie Semoun, qui prouvent leur sens de l’auto-dérision. Et bien sûr le public averti sera ravi de voir sur grand écran Rocco Sifredi et surtout la belle et troublante Katsuni.

Les Kaïra cherche avant tout à faire rire et n’y réussit que trop rarement pour que l’on soit vraiment convaincu, malgré un dénouement plutôt sympathique.

Fiche technique :
Réalisation : Franck Gastambide
Scénario : Franck Gastambide
Décors : Laurent Tesseyre
Costumes : Sandra Berrebi
Photographie : Antoine Marteau
Montage : Véronique Parnet
Musique : Sinik, Cheb Bilal et Big Ali
Production : Éric Altmayer, Nicolas Altmeyer, Jean-Charles Felli et Christophe Tomas
Société de production : Save Ferris/Mandarin
Durée : 95 minutes

Casting :
Franck Gastambide : Mousten
Medi Sadoun : Abdelkrim
Jib Pocthier : Momo
Ramzy Bédia : Warner
Alice Belaïdi : Kadija
Pom Klementieff : Tia
Demon One : Steeve
Ismaël Sy Savané : Ismaël
Annabelle Lengronne : Stay
Sissi Duparc : Sylvaine
Anouar Toubali : le mini-facteur
Jérôme Paquatte : le videur du Pacha Club
Doudou Masta : l’organisateur festival rap
François Bureloup : Bernard
Fatsah Bouyahmed : Roger
Katsuni : elle-même
François Damiens : Claude Fachoune, le producteur porno
Éric Cantona : l’entraîneur de l’équipe de foot
Elie Semoun : Lui même
François Levantal : le vendeur sex-shop
Armelle : Fille du casting pour les TTBM
Alex Lutz : l’Egyptien partouze haut de gamme
Kafka : le physio club branché
Cut Killer : le DJ festival hip-hop
Jean-Louis Barcelona : le physio club branché
Mafia K’1 fry : eux même
Rocco Siffredi : lui-même

 

WEST SIDE STORY : Ainsi naissait le cinéma moderne

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westsidestoryafficheA la question absolument essentielle « Quel est le plus grand classique de l’histoire du cinéma ? », j’ai évidemment une réponse à apporter. Certains diront que j’ai des réponses à apporter même sur les sujets dont j’ignore tout, mais bon, dans le domaine du 7ème art, j’ai quelques connaissance à faire valoir. Bref, je dirai qu’ils sont deux. Autant en Emporte le Vent d’une part… Sauf que je déteste ce film. Heureusement, je citerai également West Side Story. Il faut dire, quoi de plus classique qu’une adaptation d’une des histoires les plus éternelles qui soit : Roméo et Juliette.

Le quartier de West Side à New York est marqué par les tensions entre deux bandes rivales. D’un côté, les Jets, composés d’immigrés d’origine irlandaise ou polonaise. De l’autre, les Sharks, composés de Porto-Ricains. Pour régler définitivement leurs différents, un duel doit être organisé. Mais au même moment, Tony, ancien chef des Jets, et Maria, sœur du chef des Sharks, tombent follement amoureux.

West Side Story marque un tournant dans l’histoire du cinéma. Sorti en 1961, il marque la fin de ce qu’on appelé l’âge d’or d’Hollywood. En effet, il va casser beaucoup de codes en proposant la première comédie musicale à l’intrigue dramatique (qui n’a donc rien d’une comédie) et doté d’un fond social. Mais le succès n’en fut pas moins fulgurant. Aussi bien aux Etats-Unis qu’en France, le film va rester à l’écran de certains cinémas pendant près de quatre ans sans discontinuer. Il sera également récompensé par 10 Oscars. Bref, un monument du cinéma.

Après, on peut entamer le débat : West Side Story a-t-il vieilli ? De mon point de vue, cette question est aussi absurde que se demander si la Joconde ou Hamlet sont passés de mode. Bien sûr, toutes ces œuvres ont été réalisées dans un contexte et une époque déterminée et en sont justement la représentation. C’est d’ailleurs là un de ses principaux intérêts. Oui, ce film est daté… et c’est tant mieux ! Surtout si on considère que la représentation des quartiers populaires américains dans des comédies musicales modernes donne désormais Sexy Dance…

Si West Side Story reste et restera longtemps un film extraordinaire, c’est avant tout grâce à cette musique et ces chansons signées Leonard Bernstein. Une bande-originale entre swing et jazz et qui laisse entrevoir ce qui allait devenir le rock… Vous me direz que le rock existait déjà en 1961, mais le film est l’adaptation d’une comédie musicale de Broadway, jouée à partir de 1957. A la fois, il paraît que Starmania est un opéra-rock, donc toutes ces étiquettes ne veulent pas dire grand chose. Seuls survivent le génie et les mélodies éternelles. Il est vrai que certains éléments peuvent surprendre, comme ce très long générique avec une image fixe et la musique en fond. Cela correspond à la notion d’ouverture, héritée de l’Opéra classique, où un morceau introductif annonce toutes les principales mélodies que l’on retrouvera plus tard.

Dans West Side Story, on chante, mais aussi on danse. On sent bien que les chorégraphies viennent de la scène car l’influence de la danse classique se fait grandement sentir. Tout est assez codifié et ne cherche pas le réalisme. Cela est particulièrement visible dans les scènes de bagarres qui peuvent paraître gentillettes. Mais la danse constituait justement un moyen de représenter de manière assez symbolique une violence physique qui n’avait pas sa place à l’écran à l’époque. Hors contexte, ça pourrait presque prêter à sourire, mais il faut bien comprendre qu’il s’agissait là d’une véritable transgression. Les chorégraphies de Jerome Robbins resteront pour longtemps des modèles du genre.

West Side Story nous raconte une histoire connue et éternelle. Mais c’est justement parce qu’elle a été raconté par des œuvres aussi intemporelles qu’elles font désormais partie du patrimoine commun. Ce qui fait l’intérêt de ce film est le travail de transposition de cette intrigue dans un contexte différent. On peut comprendre que le public des années 60 ait plus été touché par cette version que par la rivalité entre les Montaigu et les Capulet à Vérone au XVème siècle. Shakespeare n’avait lui-même fait qu’adapter une histoire déjà existante. Ce film poursuit ce mouvement perpétuel de la culture humaine !

westsidestoryD’un point de vue cinématographique, West Side Story est à la fois représentatif du classicisme hollywoodien, mais ouvre une nouvelle ère. On est encore dans un cinéma où les plans séquences sont nombreux, où le spectateur a le temps de comprendre ce qu’il voit. Mais Robert Wise a su introduire des innovations visuelles. La scène du dancing et la représentation du coup de foudre entre Tony et Maria mélange réalité et imaginaire de manière surprenantes pour l’époque, même si les comédies musicales ont toujours été à la pointe à ce niveau-là. A la fois, on ne danse pas et on ne chante pas dans la vraie vie. Même s’il peut paraître un peu vieillot pour certains, notamment du fait d’une narration assez lente, il reste le film qui a fait entrer le cinéma hollywoodien dans la modernité. Une modernité que nous vivons encore aujourd’hui.

West Side Story, comme toutes les grandes histoires d’amour, est avant tout l’histoire de deux amoureux. L’inoubliable Nathalie Wood, la seule qui a connu une grande carrière après ce film, incarne une Maria qui continue inlassablement à nous faire tomber amoureux. Le jeu de Richard Beymer est peut-être un peu plus daté et ne correspond plus vraiment à l’archétype de l’idéal masculin d’aujourd’hui. Mais son rôle et son personnage font partie à jamais du patrimoine cinématographique. Un mot enfin sur Marni Nixon, la doublure voix de Nathalie Wood, qui fut aussi celle de Deborah Kerr dans le Roi et Moi et surtout celle d’Audrey Hepburn dans My Fair Lady. Jamais créditée au générique, cette chanteuse a pourtant largement contribué à faire de ces films des légendes éternelles.

West Side Story fait peut-être moins pleurer désormais, alors qu’au moment de sa sortie, des salles entières en ressortaient en larmes. On est sans doute plus blasé désormais. Mais il n’en reste pas moins une force incroyable à ce film fondateur. Des générations entières à aimer ce film, tout comme on continue à jouer Shakespeare. Le génie est intemporel, West Side Story aussi !

Fiche technique :
Réalisation : Robert Wise et Jerome Robbins (séquence dansées)
Scénario : Ernest Lehman d’après le livret de la comédie musicale d’Arthur Laurents, Stephen Sondheim et Leonard Bernstein
Lyrics : Stephen Sondheim
Musique : Leonard Bernstein
Chorégraphie : Jerome Robbins
Photographie : Daniel L. Fappani
Montage : Thomas Stanford
Production : Robert Wise
Pays : États-Unis
Durée : 152 minutes (2 h 32)
Dates de sortie : États-Unis : 18 octobre 1961 (avant-première New York), 13 décembre 1961 (sortie nationale) ; France : 2 mars 1962

Casting :
Natalie Wood : Maria
Marni Nixon : Maria (voix chantée)
Richard Beymer : Tony
Jimmy Bryant : Tony (voix chantée)
Russ Tamblyn : Riff
Rita Moreno : Anita
Betty Wand : Anita (voix chantée)
George Chakiris : Bernardo
Suzie Kaye : Rosalia
Simon Oakland : lieutenant Schrank
Ned Glass : Doc
William Bramley : officer Krupke
Tucker Smith : Ice
David Winters : A-Rab
Eliot Feld : Baby John
Tony Mordente : Action
José De Vegas : Chino
Yvonne Wilder : Consuelo
Joanne Miya : Francisca

LA SOIREE DE LA FEMME

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francenorvegeJe ne sais pas si c’est le discours de Jacques Rogge qui les a inspirées, mais les joueuses des Equipes de France engagées aux JO nous ont offert hier soir un triple bonheur particulièrement réjouissant. Une victoire attendue, celle des footballeuses contre la Corée du Nord, une espérée, celle des basketteuses contre le Brésil et enfin une immense performance avec celle acquise contre les championnes du monde norvégiennes en handball. Ce magnifique triplé met en avant un sport collectif féminin qui a bien du mal à exister médiatiquement dans notre pays.

Si le sport féminin tricolore nous a donné certaines des athlètes les plus populaires, Kiki Caron et Colette Besson hier, Marie-Josée Perec, Amélie Mauresmo et Laure Manaudou plus récemment, les équipes collectives ont souvent évolué dans un grand anonymat. Pourtant les résultats sont là ! Les basketteuses ont été deux fois championnes d’Europe en une décennie, quant les handballeuses ont même été championnes du monde. Et ne parlons même pas des clubs qui, même quand Bourges et Valenciennes dominaient outrageusement le basket européen, avaient droit au mieux à une citation.

On peut pourtant espérer que les choses changent… Les footballeuses en tout cas sont en train d’obtenir une popularité jusqu’alors inconnue pour une équipe tricolore féminine. Il est encore trop tôt pour savoir si elle va continuer à croître dans la durée ou si elle bénéficie simplement de la double conjoncture de bons résultats et d’une équipe masculine plus impopulaire que jamais. Reste aussi à savoir si cette popularité va rejaillir sur les autres sports collectifs…

Cette première journée d’hier fut aussi marquée par le titre olympique d’Alexandre Vinokourov. Une victoire qui me procure un sentiment mitigé. Ce que j’ai peu aimer ce coureur ! Toujours à l’attaque, constamment offensif, il a fait preuve tout au long de sa longue carrière de ce panache qui fait la marque aujourd’hui d’un Voeckler. De plus, ses initiatives spectaculaires étaient souvent couronnées de succès. On se souvient notamment de sa superbe victoire sur les Champs Elysées. Mais le champion faut aussi suspendu pour deux ans pour dopage, jetant une inévitable suspicion sur ses performances. Son titre olympique, acquis à 38 ans, le fut-il à l’eau claire ? Mais après tout qu’importe, car s’il a gagné, c’est tout simplement parce qu’il a osé attaquer quand les autres restaient le cul sur leur selle. Pour ça, merci Monsieur Vino !

PIEGEE : Soderbergh nous distraît

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piegeeafficheOn l’oublie peut-être quelque peu, mais Steven Soderbergh est un personnage historique du 7ème art. En effet, son film, Sexe, Mensonges et Vidéo en remportant la Palme d’Or en 1989 a brisé la mainmise complète d’Hollywood sur le cinéma américain. De nombreux réalisateurs se sont depuis engouffrés dans la brèche, au premier rang desquels Quentin Tarantino. Mais tourner loin de Los Angeles ne signifie pas que l’on ne cherche pas à gagner de l’argent avec un cinéma « commercial ». Soderbergh, comme un certains nombres de réalisateurs d’Outre-Atlantique, doit alterner des films d’auteur, comme son (chiantissime) Che, avec des œuvres aptes à séduire un large public pour conserver le soutien de ses producteurs. Son dernier film, Piégée, fait incontestablement partie de la seconde catégorie avec un polar classique, rythmé et loin d’être désagréable.

Dans un café quelque part aux Etats-Unis, Mallory reçoit une visite visiblement inopportune. La rencontre va se terminer en un combat violent entre deux professionnels surentraînés. La jeune fille finira par s’enfuir et forcer un des clients à la conduire chez son père, au Nouveau-Mexique. Elle va en profiter pour lui raconter son histoire, commencée à Barcelone, lors ce qui semblait être une mission comme une autre.

Le scénario de Piégée est l’archétype du scénario de polar moderne. Un film qui commence par une scène située au milieu de l’intrigue, qui enchaîne ensuite les flashbacks, avant de reprendre un cours plus linéaire. Une construction qui n’a donc plus rien d’originale, tant elle est utilisée de manière quasi systématique désormais. Pourtant, commencer une histoire par le début n’a rien d’illogique… ni de ringard de moins point de vue. Mais ce n’est que le mien…

De toute façon, tout cela ne change pas le fond de cette histoire de trahisons multiples, avec le traditionnel qui trahit qui et pourquoi. Pas de surprise donc, mais une intrigue assez bien foutue pour être à la fois claire et proposer un suspense qui tient la route. Si la trame est sans surprise, la narration n’en est pas pour autant cousue de fil blanc et on se laisse porter de bout en bout. Surtout que le tout est rythmé et alterne les avancées narratives avec les passages d’action pure. Ces derniers rappelleront des souvenirs à tous les anciens fans de la série Alias, puisque la jeune femme prend un malin plaisir à dérouiller des hommes qui font une bonne tête de plus qu’elle.

piegeeLe petit élément en plus de Piégée reste quand même le formidable sens de l’image de Steven Soderbergh. Le travail de photographie et de cadrage, de montage montre qu’on a un vrai réalisateur derrière la caméra. On est loin d’un clip vidéo donnant mal à tête, alors que le scénario s’y prêtait pourtant. On peut comparer ce film avec Salt, avec Angelina Jolie, au scénario quelque peu similaire, mais réalisé par Philipp Noyce, qui n’a a peu-près fait que cela de sa vie artistique.

La grande star de ce film reste la belle Gina Carano qui fait une entrée très remarquée dans le monde du film d’action. Elle n’a rien à envier à Jennifer Garner, voire même la bat à plate couture en terme de sex-appeal. A ses côté, un casting masculin très prestigieux, et très européen, qui montre à quel point Steven Soderbergh fait partie de ces réalisateurs avec lesquels les acteurs on envie de tourner : Ewan McGregor, Michael Fassbender (toujours aussi génial!), Matthieu Kassovitz et Antonio Banderas. A cela s’ajoute deux Américains : l’éternel Michael Douglas et le jeune et très musclé Channing Tatum. Tout ce petit monde est particulièrement bien dirigé par ce grand monsieur du cinéma.

Piégée souffre donc d’un manque d’originalité d’un scénario cependant divertissant et rythmé. Cependant, la qualité de la réalisation et du casting permet de passer définitivement un bon moment.

Fiche technique :
Production : Relativity media, Lionsgate, Irish Film Board
Distribution : UGC distribution
Réalisation : Steven Soderbergh
Scénario : Lem Dobbs
Montage : Steven Soderbergh
Photo : Steven Soderbergh
Décors : Howard Cummings
Musique : David Holmes
Costumes : Shoshana Rubin
Durée : 93 mn

Casting :
Gina Carano : Mallory Kane
Channing tatum : Aaron
Michael Douglas : Conlenz
Antonio Banderas : Rodrigo
Ewan McGregor : Kenneth
Michael Fassbender : Paul
Mathieu Kassovitz : Studer

15 JOURS DE BONHEUR

JO2012

JO2012Si j’ai commencé à m’intéresser au sport avec la Coupe du Monde 1990, quelque chose a définitivement changé dans ma vie lors de l’été 1992. Une flamme s’est allumée dans mes yeux lors de la Cérémonie d’Ouverture des Jeux de Barcelone pour ne jamais s’éteindre. Un moment de pur magie qui fait naître une passion pour la vie. Jamais je n’oublierai l’allumage de la vasque par un archer qui a provoqué comme un coup de foudre. Un amour qui a grandi chaque jour un peu plus pendant cette quinzaine de pur bonheur. Je pourrais lister un nombre incalculable de moments restés gravés dans ma mémoire.

Du coup, tous les quatre ans, j’espère revivre ces mêmes émotions. Bien sûr, j’ai peut-être perdu un peu de mon enthousiasme enfantin, mais je suis encore capable de me réveiller à 3h du matin pour voir une finale de natation, comme lors des Jeux de Pékin. Les Jeux Olympiques restent pour moi un rendez-vous incontournable que j’attends toujours avec impatience des mois à l’avance. Ceux de Londres n’échappent évidemment pas à la règle.

Pourtant, je garde encore bien en mémoire le jour funeste de leur attribution où, en tout objectivité, Paris s’est fait tout simplement voler, pêchant par naïveté, alors qu’elle brillait par sa compétence et la qualité de son projet. Alors j’avoue qu’hier, je l’avais parfois un peu mauvaise, en voyant cette Reine d’Angleterre, incapable de cacher le profond ennui dans lequel elle était plongée. Mais bon, le spectacle proposé par Danny Boyle m’a émerveillé et je compte bien profiter de la compétition avec la plus grande passion !

Mais au-delà du sport, la Cérémonie d’Ouverture de ces Jeux Olympiques a été aussi un vrai moment d’émotion par sa dimension « politique ». On peut trouver l’image surfaite, mais voir toute l’humanité, toutes les nations rassemblées a quelque chose de profondément émouvant. Les sourires sur tous ces visages, tous ces costumes aussi variés que le sont les cultures humaines rendent vivant l’idéal olympique de fraternité et de concorde.

Ces Jeux Olympiques marquent aussi un tournant dans l’histoire du mouvement olympique. Pendant longtemps, ce dernier a été esclave de diverses revendications politiques, parfois jusqu’au drame, comme à Munich il y a quarante ans. Mais cette fois-ci, c’est lui qui s’est servi de sa puissance pour soutenir une grande cause. En menaçant les pays récalcitrants d’exclusion s’ils n’envoyaient pas des athlètes femmes aux JO, il a osé affirmer que certaines choses n’étaient pas négociables. La piqure de rappel dans le discours de Jacques Rogge a constitué un signe fort et presque étonnant, car on a rarement connu le CIO aussi volontariste dans ce domaine.

Quel bonheur de voir la délégation irakienne conduite par une femme à la tête nue ! D’autant plus que cette cérémonie est venue quelques semaines après la décision controversée de la FIFA d’autoriser les footballeuses à jouer la tête couverte. Cela nous rappelle la difficulté de trouver la bonne attitude face à ces questions. Vaut-il mieux se montrer intransigeant ou bien être plus souple et permettre à des femmes de participer à des compétitions hors de leur pays dont elles auraient été privées sans cela ? Bien sûr, on pourrait rêver qu’une athlète saoudienne, soumise à des restrictions inacceptables, se révolte sous les caméras du monde entier. Mais on sait qu’en retour, cela renforcerait les interdictions auxquelles sont soumises les femmes saoudiennes dans leur pays.

Je vais savourer chaque seconde de ces Jeux Olympiques londoniens ! 15 jours de pur bonheur et d’émotion ! Et, parce que j’assume mon chauvinisme, quelques belles médailles françaises.

THE AMAZING SPIDER-MAN : Inutile et pathétique

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theamazingspidermanafficheOn pouvait craindre le pire. En effet, un réalisateur moins prestigieux, un casting qui n’avait rien d’enthousiasmant, un compositeur professionnel, mais sûrement pas génial… Bref il était difficile d’imaginer que ce reboot de la franchise Spider-Man puisse vraiment rivaliser avec le génial original signé Sam Raimi. Et on avait totalement raison… Et encore, on ignorait toutes les trahisons au comics original.

Peter Parker est un lycéen brillant mais malmené par ses camarades. Orphelin, élevé par son oncle et sa tante, il rêve secrètement à la belle Gwen Stacy. Piqué par une araignée manipulée génétiquement, il hérite de super pouvoirs dont il ne sait pas vraiment quoi faire. Mais un drame va le pousser à se muer en justicier… et à chercher à percer les mystères qui planent autour de la mort de ses parents.

Le problème de The Amazing Spider-Man est bien qu’il ne souffre pas une seule seconde la comparaison avec son prédécesseur, bien trop récent pour ne plus être dans toutes les mémoires. Celui lui décerne le prix du film le plus inutile qui soit. Tout est moins bien et dans les grandes largeurs. Sans cela, il aurait peut-être pu passer pour un sympathique divertissement. Mais de toute façon, trop d’éléments sont objectivement pathétiques.

L’énorme faiblesse de The Amazing Spider-Man réside dans un scénario qui souffre de multiples faiblesses et de certains passages complètement idiots. Ca aurait pu faire rire au second degré, si Sam Raimi n’avait pas déjà prouvé l’immense potentiel de l’histoire et du personnage. De plus, il multiplie les infidélités à l’histoire originale imaginée par Lee et Ditko, non pour innover ou réinventer le mythe, mais simplement pour se démarquer du film de 2002 et justifier son existence. Sauf que toutes ces trahisons sont bancales, quant elles ne sont pas ridicules. Les fans pourraient se réjouir de voir à l’écran le personnage de Gwen Stacy, si important dans le comics, mais on sait bien que jamais les scénaristes n’oseront respecter son destin.

La réalisation de Marc Webb présente quelques éclairs, mais n’a rien de la maîtrise affichée par Sam Raimi. L’auteur du merveilleux 500 Jours Ensemble n’est pas franchement dans son élément. Il nous propose quelques bonnes idées, comme ces grues qui s’alignent pour ouvrir un chemin à l’homme-araignée. Mais les scènes au-dessus de New York sont tellement moins enthousiasmantes que celles de 2002… On en revient encore à la comparaison qui demeure définitivement inévitable.

theamazingspidermanLe seul domaine où le match est proche du nul est la bande-originale. Les inconditionnels de Danny Elfman hurleront peut-être, mais j’ai vraiment apprécié le travail de James Horner, qui avait signé les musiques d’Avatar. Le résultat est peut-être moins symphonique, mais colle en fait assez bien avec l’ambiance de ce The Amazing Spider-Man, sans pour autant être tiré vers le bas. Des musiques plus modernes, moins présentes à l’écran, mais qui constituent le seul point fort de ce film raté.

Le casting de The Amazing Spider-Man est quant à lui d’une médiocrité désolante. Andrew Garfield possède la personnalité d’une courge, pas aidé, il est vrai, par des dialogues parfois consternants. Emma Stone n’est pas dénuée de charme, mais là encore, elle ne peut rivaliser avec le talent de Kirsten Dunst. Enfin, Rhys Ifans n’arrive pas à donner la moindre épaisseur à un Docteur Connors que le scénario ridiculise dans les grandes largeurs.

The Amazing Spider-Man est donc un pur navet, une insulte à tous les fans des comics et prend les spectateurs qui ont apprécié le chef d’œuvre de Sam Raimi pour des crétins ou des vaches à lait.

Fiche technique :
Production : Marvel Entertainment, Laura Ziskin Productions, Columbia Pictures
Distribution : Sony Pictures Releasing France
Réalisation : Marc Webb
Scénario : James Vanderbilt, Alvin Sargent, Steve Kloves, d’après l’histoire de James Vanderbilt et la BD de Stan Lee & Steve Ditko
Montage : Alan Edward Bell, Pietro Scalia
Photo : John Schwartzman
Décors : J. Michael Riva
Musique : James Horner
Effets spéciaux : Sony Pictures Imageworks
Durée : 137 mn

Casting :
Andrew Garfield : Peter Parker, Spider-Man
Emma Stone : Gwen Stacy
Rhys Ifans : Dr Connors
Denis Leary : Capitaine Stacy
Campbell Scott : Richard Parker
Irrfan Khan : Ratha
Martin Sheen : Oncle Ben
Sally Field : Tante May

TO ROME WITH LOVE : Légèreté romaine

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toromewithloveafficheA chaque année, son Woody Allen. Le 2012 s’appelle To Rome With Love. Le réalisateur new-yorkais continue donc son tour d’horizon des capitales européennes, après sa trilogie londonienne et son délicieux Minuit à Paris. Il nous offre un regard peut-être moins amoureux, mais qui donne au final un film léger et agréable, plein du romantisme de la Ville Eternelle.

Une ville, quatre destins. Celui d’un couple de provinciaux innocents, celui d’un quidam qui devient une star du jour au lendemain et sans raison, celui d’un architecte qui revient sur les traces d’une vieille histoire d’amour et celui d’un producteur de musique retraité qui rêve de renouer avec son passé.
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To Rome With Love est un film à sketchs. Ces derniers ne se succèdent pas mais se déroulent en parallèle. On saute constamment d’une histoire à l’autre, dont le seul lien est la ville dans laquelle les évènements se déroulent. Forcément, il est du coup un peu inégal. Mais comme on navigue d’une histoire à l’autre, même s’il y a l’une ou l’autre que l’on aime moins, on n’y reste jamais trop longtemps. Tout est donc réuni pour passer un très bon moment.

Sur les quatre histoires, personnellement, il y en a une que j’ai vraiment aimée, deux que j’ai trouvé sympathiques et une dernière auquel je reproche un léger manque d’intérêt. Celle qui m’a le moins convaincue est celle mettant en scène Roberto Benigni, une farce sur le ridicule des gloires médiatiques éphémères consacrées à des gens qui n’en valent pas la peine. A l’inverse, celle où apparaît Alec Baldwin m’a vraiment séduite. Une intrigue classique de triangle amoureux mais particulièrement bien mené et parcouru par un délicieux souffle de nostalgie.

To Rome With Love est un Woody Allen léger, comme il nous en livre de plus en plus. Il s’affranchit de plus en plus du réalisme pour ne plus hésiter à introduire des éléments de « fantastique » pour soutenir son propos ou juste pour le délice des situations. C’est moins marqué que pour Minuit à Paris, mais parfois bien présente. Bien sûr il faut aimer l’humour basé presque exclusivement sur des dialogues à profusion, mais cela reste tout à fait accessible. On se laisse porter par cette intrigue qui met en valeur la capitale italienne, mais surtout des sentiments que l’on a tous ressenti à un moment ou l’autre de sa vie.

toromewithloveLa réalisation reste égale à elle-même. Du jazz ou de la musique classique en fond sonore et une caméra qui n’hésite pas à s’attarder sur le décor pour nous en faire partager la beauté. Je ne sais pas si les Romains ressentent le même plaisir en regardant To Rome With Love que les Parisiens en regardant Minuit à Paris. Personnellement, ça m’a tout de même envie de sauter dans le premier avion et d’aller passer un week-end chez mes amis qui vivent dans la Ville Eternelle.

Le casting de To Rome With Love est encore une fois flamboyant. Woody Allen lui-même apparaît à l’écran pour un rôle de new-yorkais névrosé que l’on connaît par cœur, mais qui fonctionne toujours aussi bien. Mais le plus grand plaisir est la présence du beaucoup trop rare Alec Baldwin, dont le charme et le charisme inonde l’écran. La jeune Ellen « Juno » Paige confirme son statut de future grande et Jesse « Mark Zuckerberg » Eisenberg est lui aussi très à son aise. La touche de charme ingénue d’Alessandra Mastronardi rappelle que le charme est une invention italienne.

To Rome With Love n’est peut-être pas le Woody Allen le plus inoubliable, mais il constitue un badinage léger et agréable qui donne envie d’être amoureux… et d’aller à Rome bien sûr.

Fiche technique :
Production : Medusa Film, Gravier productions, Perdido Porudctions, Mediapro
Distribution : Mars distribution
Réalisation : Woody Allen
Scénario : Woody Allen
Photo : Dairus Khondji
Décors : Anne Seibel
Costumes : Sonia Grande
Directeur artistique : Luca Tranchino
Durée : 102 mn

Casting :
Roberto Benigni : Leopoldo
Woody Allen : Jerry
Alec Baldwin : John
Penelope Cruz : Anna
Jesse Eisenberg : Jack
Ornella Muti : Pia Fusari
Judy Davis : Phyllis
Ellen Page : Monica
Riccardo Scamarcio : le voleur à l’hôtel

HOLY MOTORS : Mauvais et ridicule

holymotorsaffiche

holymotorsafficheRarement je suis sorti du cinéma en étant énervé par le spectacle auquel je venais d’assister. Déjà parce que quand je vais voir un mauvais film, c’est le plus souvent en connaissance de cause et j’assume donc mes choix. Parfois, je vais voir une œuvre qui divise la critique et l’opinion, ne sachant du coup à l’avance dans quel camp je vais me situer. C’est un peu le cas de Holy Motors, qui avait déjà fait parler de lui lors de sa projection à Cannes. Je savais que je risquais d’assister à un spectacle plutôt ennuyeux. Mais bon, quand même, pas à ce point.

Oscar parcourt les rues parisiennes à bord d’une limousine conduite par Céline, sa fidèle assistante. Il enchaîne les « rendez-vous » pour lesquels ils se transforment physiquement et jouent son rôle, dans la peau de divers personnages…

Holy Motors est tout simplement le film ayant le moins d’intérêt de tous les films que je n’ai jamais vu. Vous trouverez peut-être l’affirmation un peu extrême et péremptoire. Mais ce film est un film à sketchs, il y a donc quelque part plusieurs films en un. On se dit alors qu’il y’en aura bien au moins un qui va allumer une lueur d’intérêt au fond de notre regard. Et bien non, ils sont tous extrêmement différents, mais aucun d’entre eux ne fait naître quoique ce soit.

Peut-être pour la première fois de ma vie, j’ai failli sortir avant la fin d’un film. Si je suis resté, c’est parce que j’avais lu que l’apparition de Kylie Minogue constituait le meilleur moment de Holy Motors. Elle conclut le film, elle chante, elle chante bien… mais je ne vois toujours pas quel peut être l’intérêt de ce passage. Franchement, au-lieu d’aller voir ce grand n’importe quoi cinématographique, allez revoir tous les clips de l’Australienne, quand bien même vous ne l’aimez pas, ça sera toujours mieux.

Leos Carax est un réalisateur rare et dont les films sont toujours étranges et ne laissent jamais indifférents. On aime ou on déteste, mais le plus souvent on déteste. En fait, heureusement qu’il ne prend pas plus souvent la caméra, puisqu’il ne sait rien en faire d’intéressant. 14 ans d’absence pour pondre ça, c’est à se demander ce qu’il a fait de ses journées. Il se croit sûrement génial et provocateur (car monsieur est un peu mégalo sur les bords), il nous vend juste du vent et un grand vide. Un très grand vide…

holymotorsJe veux bien cependant admettre une chose. Leos Carax sait tenir une caméra. Il le démontre encore avec Holy Motors. Mais quand un grand écrivain réécrit l’annuaire, cela ne fait pas du bottin de la grande littérature. Après, il y en aura toujours pour trouver ça génial. Personnellement, je veux surtout connaître les coordonnées de leur revendeur de drogue, parce qu’elle doit être de très bonne qualité ! Franchement, je ne sais pas à quoi me raccrocher d’autre pour énoncer quelque chose de positif, tant ce film m’a plongé dans un abîme de consternation.

Holy Motors marque une nouvelle collaboration entre Leos Carax et Denis Lavant. Il peut faire étalage de tout son talent, de tous ses talents, tant il interprète des personnages totalement différents. Au moins, on admire sa polyvalence. Il croise à l’écran des stars internationales comme Eva Mendes et Kylie Minogue, mais ce n’est par pour autant que ce film sera un blockbuster…

Holy Motors est sans intérêt. N’y allez pas !

Fiche technique :
Production : Les films du Losange, Pierre Grise distribution, Arte
Réalisation : Leos Carax
Scénario : Leos Carax
Montage : Nelly Quettier
Photo : Caroline Champetier
Décors : Emmanuelle Cuillery
Distribution : Les films du Losange
Musique : Leos Carax, Neil Hannon
Durée : 115 mn

Casting :
Denis Lavant : Monsieur Oscar
Edith Scob : Céline
Kylie Minogue : une collègue de Monsieur Oscar
Eva Mendes : La beauté
Michel Piccoli : l employeur

LE PAYS DE LA LIBERTE (Ken Follet) : Ken Follet, égal à lui-même

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lepaysdelaliberteL’avantage avec un auteur comme Ken Follet, c’est que quand on ne sait pas trop quoi lire, on peut toujours attaquer un de ces nombreux romans, on a peu de chance d’être déçu. Bien sûr, il n’a pas non plus écrit que des chefs d’œuvre comme les Piliers de la Terre. Mais je n’ai pas le souvenir d’en avoir détesté un seul, alors que c’est peut-être, derrière Agatha Christie, sans doute l’auteur dont j’ai lu le plus de livre. Confirmation en tout cas avec le Pays de la Liberté, un roman historique qui se lit avec un grand plaisir.

Né en Ecosse au XVIIIème siècle, Mack a l’esprit rebelle. Mais Mack appartient à Lord Jamisson, le propriétaire de la mine où il travaille depuis qu’il est enfant. Un jour, il brave l’autorité de son maître, appuyé par une lettre d’un avocat londonien qui prétend que cet esclavage est illégal. Il attire l’attention de Lizzie, la future belle fille du propriétaire qui a elle aussi des idées qui bousculent les conventions immuables.

Le Pays de la Liberté est un roman d’aventures très classiques, qui vous entraîne de l’Ecosse à Londres, puis en Amérique (comme le titre le laisse penser). Des aventures, de la romance (avec les descriptions érotiques qui font un peu sourire, mais qui sont présentes dans tous les roman de Ken Follet), de l’exotisme, ingrédients éternels de ce genre de récit. Tout cela n’a rien de révolutionnaire, mais reste particulièrement divertissant. Surtout que l’auteur est particulièrement à l’aise dans cet exercice. Pas de la grande littérature, mais de quoi passer un bon moment de lecture qui ne prend pas trop la tête.

Le Pays de la Liberté séduit par ses personnages, peut-être un peu caricaturaux et manichéens, mais assez bien campés pour qu’on se laisse séduire. Leur caractère très marqué, avec des bons très bons et des méchants parfois très méchants, rend leurs faits et gestes, et du même coup le déroulement de l’histoire, quelque peu prévisibles. Qu’importe, on y croit combien même tout ça reste nettement improbable. De toute façon, ce genre de récit ne tire jamais rarement son intérêt de son réalisme, mais de sa dimension épique très réussie pour le coup.

Le Pays de la Liberté présente tout de même un intérêt historique. Si les personnages sont anachroniques, le décor dans lequel ils évoluent nous permet de découvrir certains aspects méconnus de la société britannique du XVIIIème siècle. Rien que l’esclavage des mineurs dans une nation qui se veut souvent la championne intemporelle des droits humains, attisera la curiosité d’amateurs de reconstitutions historiques. La description de la vie des dockers londoniens de l’époque est elle aussi assez passionnante. On n’est cependant pas du tout face à un roman documentaire, mais on apprend tout de même un certain nombre de choses.

La plume de Ken Follet est à l’image de son récit. Légère et agréable, à défaut d’être transcendante. Le Pays de la Liberté se lit très facilement, ne se perd jamais dans des descriptions lourdingues, quand bien même l’auteur cherche à nous faire découvrir la réalité d’une époque. Encore une fois, on est vraiment face à du divertissement littéraire, mais du bon divertissement.

Le Pays de la Liberté est donc une œuvre de Ken Follet par rapport aux Piliers de la Terre notamment, mais qui confirme son statut d’auteur qui ne déçoit que très rarement.

L’AGE DE GLACE 4 : LA DERIVE DES CONTINENTS : Il est temps de rentrer au port

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lagedeglace4afficheLa franchise l’Age de Glace s’était pour l’instant bien maintenue, le troisième épisode rebondissant après un deuxième un peu plus faiblard. La nécessité d’un quatrième pouvait donc prêter à discussion, mais l’attrait de recettes sonnantes et trébuchantes a évidemment incité les producteurs à se lancer dans l’aventure. Pour un résultat mitigé.

Scrat toujours a enfin tout pour être heureux puisqu’il a enfin un gland à sa disposition. Mais voulant l’enfouir, il va provoquer une série de catastrophes qui vont entraîner ni plus ni moins que le début de la dérive des continents… Si, si, je vous jure, on ne vous a appris que des conneries lors de vos cours de géologie… Un cataclysme qui va malheureusement couper en deux notre groupe d’amis, qui vont néanmoins tout faire pour se retrouver.

Si la question est simplement l’Age de Glace 4, la Dérive des Continents fait-il passer un bon moment, la réponse est oui. On ne s’ennuie pas, on rit quelques fois de très bon cœur car les gags s’enchaînent à un rythme plutôt soutenu et fonctionnent le plus souvent assez bien. Le film ne connaît pas de longs passages faibles et on reste tout même heureux de retrouver nos amis, dont la petite bande se voit renforcée par une mamie paresseuse pas piquée des hannetons (à dents de sabre bien sûr). Et puis, il y a Scrat, Scrat et encore Scrat…

Par contre, si la question est l’Age de Glace 4, la Dérive des Continents a-t-il un réel intérêt, la réponse est déjà beaucoup moins évidente. Parce qu’à part la mamie précitée, il n’y pas grand-chose de nouveau sous le soleil des glaciations. Les ressorts sont les mêmes et l’effet de surprise a définitivement disparu. Du coup, notre enthousiasme faibli pareillement et on se dit qu’on oubliera ce quatrième volet relativement rapidement.

L’Age de Glace 4, la Dérive des Continents n’est donc pas un mauvais film. Il reste un des meilleurs divertissements familiaux du marché. Mais son aspect tout public est aussi sa plus grande limite, car le public adulte a pour sa part des chances de franchement se lasser. Le scénario en lui-même n’a pas grand intérêt, seul l’humour le plus souvent visuel entretient l’attention du spectateur. L’histoire essaye bien se creuser un peu la personnalité de Diego, en le confrontant à un alter-ego féminin, mais ça ne va pas non plus très loin. Le thème de l’adolescence, lui aussi évoqué, reste de même très superficiel. A la fois, on ne va pas voir ce genre de film pour voir un documentaire sur la sociologie des mammouths…

lagedeglace4Visuellement, là aussi, l’Age de Glace 4, la Dérive des Continents ne réserve aucune surprise. C’est très beau, mais ça l’était depuis le début. De toute façon, les progrès techniques ont été tels depuis dix ans qu’on a bien du mal à s’enthousiasmer désormais devant ce qui est devenu tout simplement la norme. On est un tantinet blasé, avouons-le. Il est loin le temps où l’ordinateur ouvrait de nouvelles possibilités encore inconnues et fascinantes aux animateurs. Tout semble désormais exploré. Y compris la banquise donc…

Le casting voix reste d’un très haut niveau. On retrouve toujours Ray Romano, Denis Leary, John Leguizamo, Queen Latifah et Sean William Scott. Les deux petits nouveaux se nomment Jennifer Lopez, qui visiblement apprécie ce genre d’exercice et surtout Wanda Sykes, qui incarne la grand-mère, constituant le principal attrait et surtout la seule vraie nouveauté de ce film. Mais tout ce beau monde, par son grand professionnalisme, contribue à faire de l’Age de Glace 4, la Dérive des Continents un agréable moment.

L’Age de Glace 4, la Dérive des Continents ne relance pas la franchise, mais se situe dans sa droite lignée. Mais si le cap est toujours maintenu, il serait peut-être temps de penser à faire rentrer définitivement le bateau au port.

Fiche technique :
Production : Blue Sky Studios
Distribution : 20th Century Fox France
Réalisation : Steve Martino, Mike Thurmeier
Scénario : Michael berg, Jason Fuchs
Montage : James Palumbo, David Ian Salter
Photo : Renato Falcao
Musique : John Powell
Directeur artistique : Nash Dunnigan
Durée : 94 mn

Casting :
Ray Romano : Manny
John Leguizamo : Sid
Denis Leary : Diego
Queen Latifah : Ellie
Jennifer Lopez : Shira
Simon Pegg : Buck
Alain Chabat : Silas