
Mousten, Abdelkrim et Momo sont trois losers dont la vie se limite à leur triste cité de Melun, où règne en maître Warner, un crétin absolu qui se prend pour Tony Montana. Ils sont surtout désespérément célibataire et commencent à être sérieusement en manque. Ils décident alors de se présenter à un casting pour tourner dans un film pornographique. Un seul problème, on leur demande une vidéo de démo…
J’avais pu lire que les Kaïra étaient une comédie à l’américaine, c’est à dire avec un humour très premier degré, mais surtout dix gags à la minute. Le problème, c’est que pendant une bonne heure, on est plutôt à un gag toutes les dix minutes. Peut-être qu’il y en a que je n’ai pas compris et donc même pas remarqué. Mais je crois simplement que le tout souffre d’un manque flagrant d’inspiration. C’est franchement poussif et la plupart des chutes sont totalement téléphonées. Sans parler de quelques gags pipi-caca d’un goût douteux. Et pourtant, il n’y a rien qui ne me fasse plus rire que les blagues de cul…
L’humour des Kaïra repose presque exclusivement sur les trois personnages. Le seul problème, c’est qu’on les connaît déjà pour les avoir vus de nombreuses fois à la télé. Ce n’est donc pas vraiment suffisant pour donner un réel intérêt à ce spectacle jamais surprenant. Franck Gastambide essaye bien de broder une histoire autour de tout ça, mais ça reste léger, trop léger. Ca manque franchement de consistance et c’est dommage car on s’attache quand même à ces trois compères qu’on aimerait voir autrement mis en valeur.
C’est vraiment dommage car la dernière demi-heure est elle bien meilleure. L’intrigue accélère enfin, les personnages évoluent un minimum et quittent la pure caricature. On laisse derrière soi la parodie un peu trop sommaire de la culture des banlieues pour délivrer un message plus subtil et faire sortir les personnages des lieux communs attendus où ils sont enfermés. Ces derniers prennent de l’épaisseur et ainsi s’achève le processus d’attachement qui nous permet d’apprécier pleinement un dénouement fort sympathique.

Le trio Franck Gastambide, Medi Sadoun et Jib Pochtier est égal à lui-même, tel qu’on peut le voir à la télé. Encore une fois, il n’y a aucune surprise à ce niveau-là, ce qui peut-être vu comme une force ou une faiblesse. Les Kaïra multiplie surtout les caméos. Si certains ne sont pas très convaincants comme François Damiens en producteur porno, on appréciera celui d’Eric Cantona et celui d’Elie Semoun, qui prouvent leur sens de l’auto-dérision. Et bien sûr le public averti sera ravi de voir sur grand écran Rocco Sifredi et surtout la belle et troublante Katsuni.
Les Kaïra cherche avant tout à faire rire et n’y réussit que trop rarement pour que l’on soit vraiment convaincu, malgré un dénouement plutôt sympathique.
Fiche technique :
Réalisation : Franck Gastambide
Scénario : Franck Gastambide
Décors : Laurent Tesseyre
Costumes : Sandra Berrebi
Photographie : Antoine Marteau
Montage : Véronique Parnet
Musique : Sinik, Cheb Bilal et Big Ali
Production : Éric Altmayer, Nicolas Altmeyer, Jean-Charles Felli et Christophe Tomas
Société de production : Save Ferris/Mandarin
Durée : 95 minutes
Casting :
Franck Gastambide : Mousten
Medi Sadoun : Abdelkrim
Jib Pocthier : Momo
Ramzy Bédia : Warner
Alice Belaïdi : Kadija
Pom Klementieff : Tia
Demon One : Steeve
Ismaël Sy Savané : Ismaël
Annabelle Lengronne : Stay
Sissi Duparc : Sylvaine
Anouar Toubali : le mini-facteur
Jérôme Paquatte : le videur du Pacha Club
Doudou Masta : l’organisateur festival rap
François Bureloup : Bernard
Fatsah Bouyahmed : Roger
Katsuni : elle-même
François Damiens : Claude Fachoune, le producteur porno
Éric Cantona : l’entraîneur de l’équipe de foot
Elie Semoun : Lui même
François Levantal : le vendeur sex-shop
Armelle : Fille du casting pour les TTBM
Alex Lutz : l’Egyptien partouze haut de gamme
Kafka : le physio club branché
Cut Killer : le DJ festival hip-hop
Jean-Louis Barcelona : le physio club branché
Mafia K’1 fry : eux même
Rocco Siffredi : lui-même

D’un point de vue cinématographique, West Side Story est à la fois représentatif du classicisme hollywoodien, mais ouvre une nouvelle ère. On est encore dans un cinéma où les plans séquences sont nombreux, où le spectateur a le temps de comprendre ce qu’il voit. Mais Robert Wise a su introduire des innovations visuelles. La scène du dancing et la représentation du coup de foudre entre Tony et Maria mélange réalité et imaginaire de manière surprenantes pour l’époque, même si les comédies musicales ont toujours été à la pointe à ce niveau-là. A la fois, on ne danse pas et on ne chante pas dans la vraie vie. Même s’il peut paraître un peu vieillot pour certains, notamment du fait d’une narration assez lente, il reste le film qui a fait entrer le cinéma hollywoodien dans la modernité. Une modernité que nous vivons encore aujourd’hui. 

Le petit élément en plus de Piégée reste quand même le formidable sens de l’image de Steven Soderbergh. Le travail de photographie et de cadrage, de montage montre qu’on a un vrai réalisateur derrière la caméra. On est loin d’un clip vidéo donnant mal à tête, alors que le scénario s’y prêtait pourtant. On peut comparer ce film avec Salt, avec Angelina Jolie, au scénario quelque peu similaire, mais réalisé par Philipp Noyce, qui n’a a peu-près fait que cela de sa vie artistique.

Le seul domaine où le match est proche du nul est la bande-originale. Les inconditionnels de Danny Elfman hurleront peut-être, mais j’ai vraiment apprécié le travail de James Horner, qui avait signé les musiques d’Avatar. Le résultat est peut-être moins symphonique, mais colle en fait assez bien avec l’ambiance de ce The Amazing Spider-Man, sans pour autant être tiré vers le bas. Des musiques plus modernes, moins présentes à l’écran, mais qui constituent le seul point fort de ce film raté. 
La réalisation reste égale à elle-même. Du jazz ou de la musique classique en fond sonore et une caméra qui n’hésite pas à s’attarder sur le décor pour nous en faire partager la beauté. Je ne sais pas si les Romains ressentent le même plaisir en regardant To Rome With Love que les Parisiens en regardant Minuit à Paris. Personnellement, ça m’a tout de même envie de sauter dans le premier avion et d’aller passer un week-end chez mes amis qui vivent dans la Ville Eternelle. 
Je veux bien cependant admettre une chose. Leos Carax sait tenir une caméra. Il le démontre encore avec Holy Motors. Mais quand un grand écrivain réécrit l’annuaire, cela ne fait pas du bottin de la grande littérature. Après, il y en aura toujours pour trouver ça génial. Personnellement, je veux surtout connaître les coordonnées de leur revendeur de drogue, parce qu’elle doit être de très bonne qualité ! Franchement, je ne sais pas à quoi me raccrocher d’autre pour énoncer quelque chose de positif, tant ce film m’a plongé dans un abîme de consternation.

Visuellement, là aussi, l’Age de Glace 4, la Dérive des Continents ne réserve aucune surprise. C’est très beau, mais ça l’était depuis le début. De toute façon, les progrès techniques ont été tels depuis dix ans qu’on a bien du mal à s’enthousiasmer désormais devant ce qui est devenu tout simplement la norme. On est un tantinet blasé, avouons-le. Il est loin le temps où l’ordinateur ouvrait de nouvelles possibilités encore inconnues et fascinantes aux animateurs. Tout semble désormais exploré. Y compris la banquise donc…
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