
Il y a une vingtaine d’années, pour gagner de l’argent, David Wozniak a donné son sperme plus qu’à son tour, sous le pseudonyme de Starbuck. Mais aujourd’hui, il apprend qu’il est le géniteur de 533 enfants, dont 142 ont monté une association pour connaître l’identité de leur père. Dépassé par les évènements, il sollicite l’aide d’un de ses amis avocat pour l’aider à conserver son anonymat. Mais peu à peu, il commence à espionner sa progéniture et à s’attacher à elle.
Starbuck est une comédie humaniste, moderne et drôle, où humour et une certaine profondeur se côtoient. C’est tendre, touchant, subtil, bien mené, toujours de bon goût, jamais vulgaire, intéressant, prenant du début à la fin,… Bref, on pourrait passer la nuit à lister toutes ses qualités. On ne sait d’ailleurs pas trop par quoi commencer car nous sommes typiquement face à un film qui fonctionne incroyablement bien sans que l’on sache vraiment pourquoi.
Ceux qui ont déjà vu maintes fois la bande-annonce de Starbuck savent déjà quel est le point de départ du film. Mais ce n’est pas grave car c’est justement simplement un point de départ qui est rapidement exposé. Cela permet de rentrer tout de suite dans l’histoire qui va se dérouler à un rythme très juste, entre une intrigue qui avance constamment et le temps nécessaire pour faire réellement connaissance avec les personnages.
Ces derniers sont d’ailleurs le point fort du film. Le personnage de David, loser au grand cœur, complètement dépassé par les évènements nous rappelle un peu The Dude de The Big Lebowski. Quelqu’un qu’on n’aimerait pas avoir comme ami, sauf si on est déjà son ami et qu’on sait à quel point c’est un ami formidable… Ce n’est pas forcément très clair ce que je dis, mais on a tous dans notre entourage quelqu’un comme ça. A propos de David, dans le film, son père explique que malgré sa maladresse, partout où il va, il sait se faire aimer. C’est exactement ce qui se passe dans Starbuck où très vite le spectateur est sous le charme.
Starbuck parle beaucoup de famille, mais d’une manière tellement plus intelligente, subtile et drôle que l’éternel message hollywoodien. Rien que pour ça, ce film apporte un vrai vent de fraîcheur absolument réjouissant. Et puis, encore une fois, Ken Scot ne s’est absolument pas contenté d’exploiter une idée de départ sympathique. Il a construit un film remarquable à tout point de vue. La réalisation est sobre, mais l’écriture et la direction d’acteurs sont-elles vraiment de tout premier plan. Bien des réalisateurs paresseux devraient prendre modèle sur lui !

Starbuck est donc une excellente comédie qui cartonnerait sûrement si elle était hollywoodienne. Espérons que le public français lui fera tout de même honneur !
Fiche technique :
Production : Caramel film
Distribution : Diaphana
Réalisation : Ken Scott
Scénario : Ken Scott, Martin Petit
Montage : Yann Thibaudeau
Photo : Pierre Gill
Musique : David Laflèche
Costumes : Sharon Scott
Directeur artistique : Danielle Labrie
Durée : 109 mn
Casting :
Patrick Huard : David Wozniak
Julie Le Breton : Valérie
Antoine Bertrand : l’ami et l’avocat de David
Igor Ovadis : le père de David


La réalisation de Ken Loach reste toujours aussi sobre. Mais sobre ne veut pas dire minimaliste. Une photographie qui peut paraître parfois un peu terne, mais qui est en fait le reflet de la réalité sociale qu’il cherche à retranscrire. Il garde surtout son extraordinaire sens de la narration et son qualité inégalée de direction d’acteurs. 

Le tout est porté par une réalisation musclée et efficace, mais qui sait parfois s’attarder pour créer une ambiance et une vraie tension. C’est là que The Raid finit de prendre un intérêt bien supérieur à ce que peut donner à penser le synopsis. Gareth Evans ne nous livre pas un clip vidéo, mais un vrai moment de cinéma porté par un réel travail artistique et une photographie soignée, à défaut d’être géniale. La bande-son et la bande originale viennent encore souligner la qualité de la réalisation. 


Evidemment, c’est Sacha Baron Cohen lui-même qui occupe le haut de l’affiche. Ses personnages changent, mais c’est vrai que certaines de ses mimiques restent. Il continue d’exploiter avec bonheur son créneau. Cependant, on aimerait le voir de temps en temps prendre un peu plus de risque, histoire de voir ce qu’il a vraiment dans ses tripes de comédiens. Il est accompagné à l’écran par un casting secondaire de qualité. Ben Kingsley est évidemment très bon. Mais les deux autres grands contributeurs au comique de The Dictator restent Anna Farris, nettement plus convaincante en brune, et Jason Mantzoukas, qui tient là son premier vrai rôle au cinéma. 
En fait, 21 Jump Street peut permettre de passer un bon moment grâce à l’attachement que l’on ressent pour les deux personnages principaux. Des personnages plus proches de Max la Menace que James Bond, mais que l’on apprend très vite à aimer. C’est cette sympathie qui donne vraiment son âme au film et maintient le spectateur dans une histoire qui, sans cela, ne casserait vraiment pas trois pattes à un canard. Par contre, il est clair que la parenté avec le personnage interprété par Johnny Depp.
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