STARBUCK : Famille nombreuse, famille heureuse

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starbuckafficheLe Québec est une charmante contrée, mais qui a la malheureuse habitude de nous refiler tout un tas de chanteurs et de chanteuses dont on se passerait bien. Malgré cela, on les aime bien nos cousins de l’autre côté de l’Atlantique. Parce qu’ils se rattrapent avec leur gentillesse, leur sirop d’érable et quelques bons films de temps en temps. En voici un particulièrement réussi, on peut même dire génial, intitulé Starbuck.

Il y a une vingtaine d’années, pour gagner de l’argent, David Wozniak a donné son sperme plus qu’à son tour, sous le pseudonyme de Starbuck. Mais aujourd’hui, il apprend qu’il est le géniteur de 533 enfants, dont 142 ont monté une association pour connaître l’identité de leur père. Dépassé par les évènements, il sollicite l’aide d’un de ses amis avocat pour l’aider à conserver son anonymat. Mais peu à peu, il commence à espionner sa progéniture et à s’attacher à elle.

Starbuck est une comédie humaniste, moderne et drôle, où humour et une certaine profondeur se côtoient. C’est tendre, touchant, subtil, bien mené, toujours de bon goût, jamais vulgaire, intéressant, prenant du début à la fin,… Bref, on pourrait passer la nuit à lister toutes ses qualités. On ne sait d’ailleurs pas trop par quoi commencer car nous sommes typiquement face à un film qui fonctionne incroyablement bien sans que l’on sache vraiment pourquoi.

Ceux qui ont déjà vu maintes fois la bande-annonce de Starbuck savent déjà quel est le point de départ du film. Mais ce n’est pas grave car c’est justement simplement un point de départ qui est rapidement exposé. Cela permet de rentrer tout de suite dans l’histoire qui va se dérouler à un rythme très juste, entre une intrigue qui avance constamment et le temps nécessaire pour faire réellement connaissance avec les personnages.

Ces derniers sont d’ailleurs le point fort du film. Le personnage de David, loser au grand cœur, complètement dépassé par les évènements nous rappelle un peu The Dude de The Big Lebowski. Quelqu’un qu’on n’aimerait pas avoir comme ami, sauf si on est déjà son ami et qu’on sait à quel point c’est un ami formidable… Ce n’est pas forcément très clair ce que je dis, mais on a tous dans notre entourage quelqu’un comme ça. A propos de David, dans le film, son père explique que malgré sa maladresse, partout où il va, il sait se faire aimer. C’est exactement ce qui se passe dans Starbuck où très vite le spectateur est sous le charme.

Starbuck parle beaucoup de famille, mais d’une manière tellement plus intelligente, subtile et drôle que l’éternel message hollywoodien. Rien que pour ça, ce film apporte un vrai vent de fraîcheur absolument réjouissant. Et puis, encore une fois, Ken Scot ne s’est absolument pas contenté d’exploiter une idée de départ sympathique. Il a construit un film remarquable à tout point de vue. La réalisation est sobre, mais l’écriture et la direction d’acteurs sont-elles vraiment de tout premier plan. Bien des réalisateurs paresseux devraient prendre modèle sur lui !

starbuckStarbuck ne fonctionnerait pas si bien sans une belle brochette d’acteurs. Des acteurs bien du cru. Pour preuve leur accent qui nécessite parfois quelques sous-titres qui permettront à nous, maudits Français, de bien tout comprendre. Honneur tout d’abord à Patrick Huard, qui porte une bonne partie du film sur ses épaules mais s’en sort merveilleusement. Sans son charme et son charisme, jamais on ne croirait à cette histoire. Ensuite, Antoine Bernard apporte une touche comique plus premier degré, mais qui touche parfaitement à son but. Enfin, Igor Ovadis, le père, est lui vecteur d’une légère émotion qui vient apporte une petite touche d’émotion délicieuse.

Starbuck est donc une excellente comédie qui cartonnerait sûrement si elle était hollywoodienne. Espérons que le public français lui fera tout de même honneur !

Fiche technique :
Production : Caramel film
Distribution : Diaphana
Réalisation : Ken Scott
Scénario : Ken Scott, Martin Petit
Montage : Yann Thibaudeau
Photo : Pierre Gill
Musique : David Laflèche
Costumes : Sharon Scott
Directeur artistique : Danielle Labrie
Durée : 109 mn

Casting :
Patrick Huard : David Wozniak
Julie Le Breton : Valérie
Antoine Bertrand : l’ami et l’avocat de David
Igor Ovadis : le père de David

UNE GRANDE BOUCLE DEJA BOUCLEE ?

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bradleywigginsBradley Wiggins était le grand favori de ce Tour de France dessiné pour les rouleurs comme lui et il n’a pas déçu. Si bien que sa victoire écrasante dans le contre-la-montre d’hier pourrait nous annoncer une des Grande Boucle les plus ennuyeuses depuis des lustres, nous renvoyant au temps où Miguel Indurain tuait la course dès le premier contre-la-montre. Certes, les écarts ne sont pas si imposants qu’à l’époque, mais on voit mal comment ils pourraient être comblés par une concurrence visiblement en demi-teinte.

Sauf qu’il n’existe jamais de certitude. Bradley Wiggins semble invincible, mais il est encore trop tôt pour être déjà affirmatif sur son potentiel sur trois semaines. Lors des dernières éditions, il a parfois déçu, ne se mêlant jamais à la course à la victoire, ni même au podium. Cette saison, il semble avoir franchi un cap, aidé par une armada à son service. Mais une défaillance n’est jamais impossible et le métronome Cadel Evans pourrait bien en profiter. La spécificité et toute la difficulté du Tour est bien dans la répétition des efforts et on a vu des leaders plus solides s’écrouler soudainement.

La haute montagne commence demain. Cependant, le programme semble trop léger pour pouvoir déstabiliser l’Anglais. On peut espérer que le Tour 2012 soit aussi spectaculaire que celui de l’an dernier… comme on peut espérer gagner au Loto…

LA PART DES ANGES : Looking for the whisky

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lapartdesangesafficheKen Loach est un réalisateur génial mais à qui on fait souvent le reproche, souvent justifié, de faire toujours un peu le même film. Pourtant, toutes les fois où il a proposé quelque chose d’un peu différent, il a souvent connu une grande réussite. Ceci est notamment vrai quand le ton de ses films devient plus léger, comme pour Looking for Eric. La Part des Anges se situe dans cette lignée pour une réussite identique !

Robbie est sur le point d’être papa pour la première fois. Il mesure donc sa chance quand il échappe à la prison pour une énième bagarre et se voit condamné à de simples travaux d’intérêt général. Il y rencontre Henri, le superviseur du groupe, qui va le prendre sous son aile et l’initier au plaisir de la dégustation du whisky. Une simple passion d’abord avant d’y voir une opportunité de gagner beaucoup d’argent d’un coup, de refaire sa vie et d’échapper enfin à un passé qui ne cesse de le rattraper.

La Part des Anges commence comme un Ken Loach des plus classiques avec un fond social très fort et pas forcément beaucoup de raisons de sourire. Mais peu à peu le film change de ton et devient plus léger. La première partie campe longuement le décor, nous permet d’appréhender en profondeur les personnages. La seconde est vraiment axé sur l’intrigue avec un vrai suspense et des rebondissements. Tout le cinéma de Ken Loach dans un seul film et c’est un vrai régal.

En effet, du début à la fin, la Part des Anges est réellement passionnant. On entre dans cette histoire de manière immédiate et s’il nous faut un peu de temps pour vraiment s’attacher aux personnages, on finit par les aimer passionnément. Ni vrais gentils, ni jamais méchants, ce sont simplement des victimes de leur milieu qui tentent tant bien que mal de survivre et de s’en sortir le mieux qu’ils peuvent. Il n’inspire ni pitié, ni peur, mais une vraie sympathie sincère.

On retrouve dans la Part des Anges cette vision de la société britannique assez dure avec les plus faibles. Mais jamais Ken Loach ne devient moralisateur. Il n’y a pas vraiment de morale ou de conclusion à ce film. On suit simplement le parcours de personnages auquel on finit par s’identifier. On vit l’histoire totalement, surtout que ses aspects sombres restent assez limités et qu’il s’en dégage un vrai optimisme absolument pas béat. Le bien ne triomphe pas à la fin, il n’y a aucun manichéisme ici et c’est particulièrement réjouissant !

lapartdesangesLa réalisation de Ken Loach reste toujours aussi sobre. Mais sobre ne veut pas dire minimaliste. Une photographie qui peut paraître parfois un peu terne, mais qui est en fait le reflet de la réalité sociale qu’il cherche à retranscrire. Il garde surtout son extraordinaire sens de la narration et son qualité inégalée de direction d’acteurs.

En effet, encore une fois, Ken Loach a été chercher un grand nombre d’acteurs totalement inconnus pour leur faire jouer le rôle de leur vie. Ils sont une nouvelle fois tous géniaux. On sait bien que le réservoir de comédiens britanniques est très profond, mais tout de même, le réalisateur y est forcément pour quelque chose. On saluera donc les performances de Paul Brannigan, John Henshaw, Gary Maitland, Jasmin Riggins et Roger Allam.

La Part des Anges est donc une comédie sociale joyeuse, dans la pure tradition britannique. Mais avec Ken Loach derrière la caméra, elle prend une saveur toute particulière ! Un grand moment de bonheur cinématographique !

Fiche technique :
Production : Sixteen films, why not productions
Réalisation : Ken Loach
Scénario : Paul Laverty
Montage : Jonathan Morris
Photo : Robbie Ryan
Décors : Fergus Clegg
Distribution : Le pacte
Son : Ray Beckett
Musique : George Fenton
Costumes: Carole K. Fraser
Durée : 101 mn

Casting :
Roger Allam : Thaddeus
Jasmin Riggins : Mo
Gary Maitland : Albert
John Henshaw : Harry
Paul Brannigan : Robbie

LE DECLIN LUI VA SI BIEN

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rogerfedererwimbledonQuand on parle d’un homme sur le déclin, forcément on énonce là une considération plutôt négative, voire inquiétante. Mais en fait, tout dépend d’où vous partez. Car il n’est jamais sûr que la descente finisse par croisée la montée. On peut rester à des hauteurs inaccessibles, même en perdant chaque jour un peu plus de l’altitude.

Roger Federer est un champion en déclin. Il n’est plus l’homme qui avait remporté trois petits chelems de suite et qui dominait outrageusement le tennis mondial. Le poids des ans a fait son effet et il est désormais moins performant, moins impitoyable. Mais quand on a pratiqué le meilleur tennis de l’histoire pendant si longtemps, on peut encore se permettre de lever un peu le pied, sans pour autant voir la meute de la concurrence vous dépasser irrémédiablement.

Ce qu’a accompli Roger Federer lors du dernier tournoi de Wimbledon et son retour à la première place mondiale montrent bien à quel point le Suisse se situe encore à un niveau stratosphérique. Voilà, plusieurs années que l’on disserte abondamment sur son déclin, guettant chaque signe qui ferait de lui désormais un has been complet. Mais il est toujours là. Certes il partage le sommet avec Nadal et Djokovic, mais c’est encore bien de là-haut qu’il toise la grande majorité de ses adversaires.

Bien sûr, il arrivera bien un jour où ça sera définitivement la fin. Mais à force de l’annoncer et de voir Roger Federer finalement toujours présent, on commence à se demander s’il n’est pas éternel. Cependant, soyons réalistes. Il lui sera toujours plus difficile de remporter un nouveau tournoi du Grand Chelem, surtout en dehors de Wimbledon. Par contre, sur le gazon anglais, je miserai bien une petite pièce sur un 8ème titre en 2013 !

THE RAID : John McLane est un Bisounours

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theraidafficheLe cinéma asiatique est le cinéma de tous les excès… Voilà, je vous ai livré le lieu commun qui ne veut strictement rien dire du jour pour commencer cette critique. Mais que voulez-vous, je suis parfois très faignant et j’avoue qu’il m’arrangeait pour introduire mon avis sur The Raid. Si on est plus habitué à voir sur nos écrans des longs métrages venus du Japon, de Corée ou de Chine, ce moment de pure adrénaline a été réalisé en Indonésie.

Une unité d’élite de la police de Java s’apprête à donner l’assaut à un immeuble qui tient lieu de quartier général à un baron de la drogue local. Une vraie forteresse qui va vite ressembler à un piège qui se referme sur le groupe. Va alors commencer une lutte sans merci pour survivre et arriver à échapper à cet enfer.

Autant vous le dire tout de suite, The Raid ne tire pas du tout son intérêt de son scénario. Certes, il nous réserve quelques surprises et un rebondissement plutôt inattendu, mais rien de bien transcendant. L’intrigue n’est qu’un support à tout autre chose et il serait très sévère de le juger sur ce point. C’est souvent le cas dans des films de pure action, mais là, on est face à un OVNI cinématographique dont l’intérêt dépasse de loin la plupart des blockbusters hollywoodiens.

The Raid est presque un film de danse… Ok, vous ne voyez pas vraiment le rapport entre ce film et un Sexy Dance. Pourtant, les films d’arts martiaux s’apprécient par les chorégraphies qu’ils nous proposent, même si le ballet des danseurs revient à vouloir s’étriper joyeusement. Certes, il est vrai aussi que le pistolet automatique n’est pas tout à fait comparable à un tutu et un diadème, mais il s’agit toujours de mettre en exergue les possibilités offertes par le corps humains quand on le maîtrise à la perfection.

The Raid ne cherche donc pas à être réaliste, mais simplement spectaculaire. Il nous offre de vrais moments de bravoure où le personnage principal déploie des ressources incroyables d’habileté, de souplesse, de rapidité et de force pour envoyer ses ennemis ad patres. C’est tellement improbable parfois, dans l’excès le plus total que ça en devient totalement jouissif. On est dans l’utra-violence, mais une violence tellement excessive et stylisée qu’elle en perd son sens. Cependant, le film mérite largement son interdiction au moins de 16 ans.

theraidLe tout est porté par une réalisation musclée et efficace, mais qui sait parfois s’attarder pour créer une ambiance et une vraie tension. C’est là que The Raid finit de prendre un intérêt bien supérieur à ce que peut donner à penser le synopsis. Gareth Evans ne nous livre pas un clip vidéo, mais un vrai moment de cinéma porté par un réel travail artistique et une photographie soignée, à défaut d’être géniale. La bande-son et la bande originale viennent encore souligner la qualité de la réalisation.

Alors évidemment, la performance de certains acteurs dépassent le seul cadre de l’expression dramatique. Nous sommes aussi face à des performances physiques réellement impressionnantes. Celles de Iko Uwais et Yayan Ruhian le sont de la première à la dernière seconde, avec comme point d’orgue leur inoubliable affrontement final. Le jeu de Ray Sahetapy est plus classique, mais il incarne parfaitement le grand méchant inquiétant et machiavélique.

The Raid est donc bien plus qu’un simple film d’action. En faisant passer Piège de Cristal pour un remake de la Mélodie du Bonheur, il repousse certaines limites pour notre plus grand bonheur.

Fiche technique :
Production : Pt. Merantau Films, XYZ Films
Distribution : SND
Réalisation : Gareth Evans
Scénario : Gareth Evans
Montage : Gareth Evans
Photo : Matt Flannery
Musique : Fajar Yueskemal, Aria Prayogi, Mike Shinoda, Joseph Trapanese
Durée : 101 mn

Casting :
Donny Alamsyah : Andi
Joe Taslim : Jaka
Yayan Ruhian : Mad Dog
Iko Uwais : Rama

SUNNY SIDE UP (Paolo Nutini) : Un vrai régal !

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sunnysideuppaolonutiniAh Paolo Conte, légende de la musique italienne, qui nous enchante depuis des décennies avec ses mélodies jazzy pleines d’entrain et sa voix rocailleuse inoubliable. Une musique qui nous fait sentir la chaleur de la Méditerranée, le soir à une terrasse devant un paysage magnifique. Une telle légende peut difficilement avoir un véritable successeur. Et pourtant, il semble que ça soit le cas avec un autre Paolo, Paolo Nutini. Sauf que, contrairement à ce que l’on pourrait penser, ce jeune homme nous vient d’Ecosse. Mais il n’en reste pas moins que son album Sunny Side Up est tout simplement un pur régal.

Paolo Nutini est donc issu de l’union d’une Ecossaise avec un Italien. Et comme les mélanges donnent souvent de très beau résultat, le jeune homme a été doté d’une voix suffisamment intéressante pour faire carrière. Il connut le succès dès son premier album, These Streets, sorti en 2007. Son univers était alors très pop-rock britannique, tout ce qu’il y a de plus classique. Sunny Side Up est venu deux ans plus tard dans un univers assez différent.

En effet, si son premier album était très écossais, Sunny Side Up est un peu plus… américain. Bon, il y a bien quelque chose de très méditerranéen dans cette musique, mais son univers folk et jazzy peut aussi faire penser à l’autre côté de l’Atlantique. Il y un vrai charme latin, mais surtout des influences multiples qui donnent un joyeux et réjouissant melting-pot. Vous l’aurez compris, comme je l’ai dit en introduction, on est devant un pur moment de bonheur musical.

Sunny Side Up mêle une grande gaité enthousiasmante avec une maîtrise artistique totale. Les titres sont souvent très dansants. Bref, ça swingue ! La musique de Paolo Nutini possède un vrai caractère festif, mais sans jamais sombrer dans le n’importe quoi. Il ne mise pas tout sur une énergie débridée, qui permet de pardonner quelques approximations artistiques. Chaque morceau est travaillé, avec une instrumentation qui ne sonne jamais deux fois de la même façon.

Sunny Side Up compte aussi son lot de jolies ballades plus calmes. Si les titres plus rythmés sont incontestablement les plus intéressants, on pourra apprécier aussi un peu de douceur et de romantisme. Surtout que Paolo Nutini a vraiment la voix pour faire fondre. Une voix qui n’est pas du tout celle d’un jeune homme de 22 ans. Elle est profonde, incroyablement chaude, presque éraillé parfois. Une maturité assez ahurissante qui confère à cet album une personnalité assez hors du commun. On est loin d’une soupe servi par un petit jeunot qui veut jouer les vieux briscards romantiques. Paolo Nutini possède un vrai talent et cet album permet de l’apprécier pleinement.

Si je devais retenir un seul titre de Sunny Side Up, je choisirais Pencil Full of Lead. Ce morceau jazzy et festif résume à lui seul tout l’album et tout ce qui fait son charme. Le principal single de l’album fut Candy, mais de toute façon, il ne compte que des titres de très bonne qualité. L’album a lui aussi très bien marché, surtout en Angleterre et c’est entièrement mérité. On attend la suite de sa carrière avec impatience car les deux univers très différents de ses deux premiers albums montre que le jeune homme en a encore sous la semelle.

Sunny Side Up est donc un petit concentré de bonheur musical pour tous ceux qui aiment la musique festives entraînante, mais qui reste maîtrisée et encore plus dans le charme que l’énergie.

Pour conclure, un petit passage en revue des titres de Sunny Side Up.

1.: 10/10
Un air gai et festif, où la voix donne toute sa personnalité au morceau.

2.: Coming Up Easy
La voix glisse sur ce beau titre très mélodieux.

3.: Growing Up Beside You
Une mélodie plus folk, la voix est plus aiguë, mais le résultat est très apaisant.

4.: Candy
Une ballade mélodieuse. La voix est plus posée, moins de personnalité, mais le résultat reste de qualité.

5.: Tricks of the Trade
Une instrumentation épurée, mais beaucoup d’émotion dans la voix.

6.: Pencil Full of Lead
Jazzy et festif. Excellent !

7.: No Other Way
Un rythme de slow, la voix est magnifique.

8.: High Hopes
Un rythme chaloupé et swinguant.

9.: Chamber Music
Une ballade épurée à la guitare. La voix fait tout le reste.

10.: Simple Things
Une ballade enjouée très country.

11.: Worried Man
Un titre avec une instrumentation mélodieuse, quasi symphonique.

12.: Keep Rolling
Un titre lent et mélancolique.

INEXORABLE !

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espagneeuro2012Le football est un sport qui se joue à 11 et à la fin, ce sont les Espagnols qui gagnent. Le célèbre proverbe inventé par Gary Lineker a pris un nouveau sens. Si la sentence initiale parlait de l’Allemagne, elle est plus que jamais d’actualité si on la remplace par la Roja. Jamais aucune équipe n’avait réussi un tel triplé, la RFA de Beckenbauer ayant échoué en finale de son second Euro, en 1976 face à la Tchecoslovaquie, aux tirs-aux-buts et la fameuse Panenka.

La victoire de l’Espagne était inexorable. On a eu beau guetter avec la plus grande attention le moindre signe de déclin, la finale et son score lui aussi historique ont renvoyé tous les sceptiques à leurs chères études. Bien sûr, en 2008 et en 2012, il y eu des victoires aux tirs-aux-buts. Bien sûr en 2010, le Paraguay a raté un pénalty qui lui aurait sûrement permis d’éliminer les Ibères s’il l’avait réussi. Mais comme pour la France en 1998, chacun de leur parcours a laissé l’impression que la victoire ne pouvait en aucun cas leur échapper. Quand ils ont les circonstances contre eux, tout au plus, cela a donné à l’adversaire l’illusion d’un espoir.

Inexorable est également la montée en puissance de la concurrence. L’Espagne a prouvé qu’elle était encore au-dessus. Mais le jeu pratiqué par l’Allemagne et l’Italie dans cet Euro montre bien comment les autres nations commencent à tirer les leçons et le meilleur du jeu de la Roja. C’est certain qu’un jour, une d’entre elles saura faire mieux, qu’un jour un élève dépassera le maître. Peut-être dès 2014, même si l’Espagne sera encore la grande favorite de cette compétition. Si elle arrivait à l’emporter au Brésil, qui évidemment fera tout pour triompher à domicile, cette équipe sera définitivement seule au monde dans l’histoire des sports collectifs.

Inexorable enfin, l’échec de l’Equipe de France. On ne peut pas bâtir une grande, ou même une très bonne équipe, sans leaders, sans chefs. Tous ceux qui ont pratiqué des sports collectifs savent que la discipline doit venir avant tout du groupe en lui-même. Chacun doit savoir que s’il déconne, ce sont ses propres coéquipiers qui lui en feront subir les conséquences. Dans cette équipe, personne n’est capable de remplir cette tâche. Les plus anciens comme Evra et Malouda ne sont pas forcément le mieux placés pour faire la leçon au plus jeune. Et quand on connaît le caractère de la jeune génération, on mesure à quelle point une autorité interne est indispensable. Le problème est qu’on ne voit pas dans les années à venir qui pourrait bien remplir ce rôle ?

Son échec s’explique aussi tout simplement par un manque de talent. On a monté en épingle les problèmes de comportements, mais on a peut-être tout simplement oublié que le temps où l’équipe de France était composé de titulaires dans les plus grands clubs européens est désormais terminé. Seuls Benzema et Ribéry peuvent se targuer d’un tel statut. C’est trop peu pour atteindre le dernier carré d’une compétition internationale, à moins de bénéficier de circonstances très favorables. Mais ce n’est pas avec une mentalité de petit con que l’on provoque la chance.

Cet Euro 2012 aura surtout été celui d’un jeu offensif, de la qualité technique et du grand spectacle. Il y a longtemps qu’une compétition internationale ne nous avait pas autant réjouit. Et quand le football est gagnant, tout le monde est gagnant !

THE DICTATOR : Au mieux un gros pétard

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thedictatorafficheSacha Baron Cohen peut faire rire ou agacer, mais on peut au moins lui reconnaître un investissement total dans chacun de ses projets. Le temps d’un film et de sa promotion, il incarne ses personnages jour et nuit… Enfin jour et nuit, je ne suis pas sûr en fait, mais au moins à chacune de ses apparitions publiques. Si bien qu’avant même la sortie de The Dictator, nous étions déjà familiers avec l’Amiral Général Aladeen. Mais du coup, le film n’avait peut-être pas les moyens de réellement nous surprendre.

L’Amiral Général Aladeen règne d’une main de fer sur la République du Wadiya. Dictateur mégalomane, il essaye tant bien que mal de se doter de l’arme nucléaire, bien qu’il ait fait exécuter le chef de son programme quelques temps avant, suite à une remarque mal placée de ce dernier. La communauté internationale est alors sur le point d’intervenir, obligeant le dictateur à se rendre à New York pour faire un discours devant l’ONU. Mais son oncle, le chef de la police secrète, va tenter d’en profiter pour se débarrasser de lui et reprendre le pouvoir.

Contrairement à Borat et Bruno, The Dictator est un film entièrement tourné avec des acteurs professionnels, dans une mise en scène de fiction tout ce qu’il y a de plus classique. Terminé donc les scènes prises sur le vif auprès d’interlocuteurs incrédules, ignorant que la personne qui est devant eux est un acteur interprétant un personnage de fiction. On pourra donc reconnaître le mérite à Sacha Baron Cohen d’avoir su ne pas répéter une énième fois la même recette, afin d’éviter qu’elle ne finisse pas lasser.

Cependant, en perdant ce qui faisait le cœur de son originalité, Sacha Baron Cohen a perdu aussi un tout petit peu de son intérêt. The Dictator est une comédie comme une autre, dont seule la promotion a été originale. Le film souffre donc de deux défauts. Déjà, comme beaucoup de comédies, il est quelque peu inégal. Certains gags fonctionnent bien, d’autres moins, voire sont parfois un peu lourdingues. De plus, le meilleur nous a été livré par la bande-annonce. Ensuite, le film ne propose pas de vrais morceaux de bravoures, comme certains passages absolument inoubliables de Borat. Les éclats de rire sont disséminés dans le film, mais aucun passage n’est assez culte pour qu’on est envie de se le raconter encore et encore.

The Dictator se laisse quand même voir. Même s’il est inégal, il reste une comédie efficace et assez drôle. Le format est court, moins de 90 minutes, on n’a donc absolument pas le temps de s’ennuyer. Sacha Baron Cohen exploite pleinement ses bonnes idées (quelques unes un peu moins bonnes également), mais ne les étire pas artificiellement jusqu’à lasser. Cela donne un film plutôt dynamique qui atteint son but, même si certain tirs passent à côté de leur cible. On n’est donc pas devant du grand cinéma, mais il peut nous permettre de passer très facilement une très bonne soirée détente devant la télé.

thedictatorEvidemment, c’est Sacha Baron Cohen lui-même qui occupe le haut de l’affiche. Ses personnages changent, mais c’est vrai que certaines de ses mimiques restent. Il continue d’exploiter avec bonheur son créneau. Cependant, on aimerait le voir de temps en temps prendre un peu plus de risque, histoire de voir ce qu’il a vraiment dans ses tripes de comédiens. Il est accompagné à l’écran par un casting secondaire de qualité. Ben Kingsley est évidemment très bon. Mais les deux autres grands contributeurs au comique de The Dictator restent Anna Farris, nettement plus convaincante en brune, et Jason Mantzoukas, qui tient là son premier vrai rôle au cinéma.

The Dictator reste sympathique et drôle, mais on sent que Sacha Baron Cohen arrive un peu au bout de ses concepts. Espérons qu’il arrivera à réellement se renouveler.

Fiche technique :
Production : Paramount Pictures, Faour By Two Films, Berg Mandel Schaffer, Scott Rundin Production
Distribution : Paramount Pictures France
Réalisation : Larry Charles
Scénario : Sacha Baron Cohen, Alec Berg, Jeff Schaffer, David Mandel
Montage : Greg Hayden, Eric Kissack
Format : 35mm
Décors : Victor Kempster
Musique : Erran Baron Cohen
Durée : 83 mn

Casting :
Sacha Baron Cohen : le général Aladeen
Anna Faris : Zoey
Ben Kingsley : Oncle Tamir
Jason Mantzoukas : Nadal
Megan Fox : elle-même
Anna Katarina : Angela Merkel

21 JUMP STREET : Trahison ?

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21jumpstreetafficheDans la série prends ton coup de vieux, lorsque j’ai dit à une jeune fille de 23 ans que j’allais voir 21 Jump Street au cinéma, elle m’a demandé le plus naturellement du monde de quoi il s’agissait. Evidemment, elle n’avait jamais entendu parlé de cette série mythique, qui a marqué ma génération (enfin moi pas trop en fait) et qui a surtout marqué les débuts de Johnny Depp. La voilà désormais portée sur grand écran, même si le ton choisi est clairement celui de la comédie.

Au lycée Schmidt était un intello timide, tandis que Jenko était un sportif ultra-populaire. Autant dire qu’ils n’étaient les meilleurs amis du monde. Ils se retrouvent quelques années plus tard à l’académie de police où ils vont finir par sympathiser et s’entre-aider. A leur sortie, ils sont envoyés dans une unité qui vient d’être recrée, dont la base est située 21 Jump Street. Leur mission : profiter de leur physique juvénile pour infiltrer les trafics de drogue lycéen.

21 Jump Street a tout pour diviser les fans de la série d’origine. En effet, s’il multiplie les clins d’œil vers cette dernière (dont un très gros, particulièrement savoureux), il est vrai que cette comédie potache et policière n’est pas du tout dans l’esprit d’origine. On pourra facilement accuser les producteurs d’utiliser un nom pour attirer un public, sans vraiment se soucier de ses attentes. Cependant, j’ai vraiment apprécié ce regard ironique sur ce qu’était la série à l’époque. Quelques éclats de rire naissent de ce dernier, sûrement les plus puissants du film.

Par ailleurs, 21 Jump Street reste une comédie adolescente inégale. On rit parfois très fort, mais pas non plus hyper souvent. Il y a même quelques moments de vraie lourdeur et des gags qui tombent carrément à plat, voire nous plongent dans une légère consternation. L’humour reste très premier degré et repose grandement sur les difficultés pour ces deux adultes de se faire passer pour deux lycéens. Mais quand ça ne marche pas, c’est simplement complètement idiot. Bon, franchement, dans le genre il y a carrément pire, donc le résultat reste quand même tout à fait regardable, faute de mieux.

L’intrigue policière reste un simple prétexte et un simple support pour l’humour potache. C’est sans doute ça que les vrais fans de 21 Jump Street, la série, ne pardonneront pas. Cet aspect n’est absolument pas pris au sérieux et n’apporte guère d’intérêt au film. Il ne faut donc surtout pas aller le voir pour ça et bien avoir à l’esprit qu’il s’agit d’une pure comédie.

21jumpstreetEn fait, 21 Jump Street peut permettre de passer un bon moment grâce à l’attachement que l’on ressent pour les deux personnages principaux. Des personnages plus proches de Max la Menace que James Bond, mais que l’on apprend très vite à aimer. C’est cette sympathie qui donne vraiment son âme au film et maintient le spectateur dans une histoire qui, sans cela, ne casserait vraiment pas trois pattes à un canard. Par contre, il est clair que la parenté avec le personnage interprété par Johnny Depp.

Jonnah Hill tient vraiment le rôle le plus marquant de 21 Jump Street. Il revient à un de ses rôles comiques habituels, avec beaucoup de bonheur, même s’il nous avait démontré dans le Stratège que son talent pouvait s’exprimer aussi bien dans des rôles un peu plus sérieux. A ses côtés, Channing Tatum quitte les films d’action et les comédies romantiques pour un rôle quelque peu à contre-emploi. Il ne s’en sort pas trop mal, même si son jeu est marqué par une certaine maladresse. Mais la touche de charme de ce film provient de la délicieuse Brie Larson, remarqué dans la série United States of Tara.

21 Jump Street est donc une comédie potache, pas forcément indispensable, mais tout à fait regardable… sauf peut-être par les inconditionnels de la série.

Fiche technique :
Production : Original Film, Cannell Studios
Distribution : Sony Pictures
Réalisation : Phil Lord, Christopher Miller
Scénario : Michael Bacall
Montage : Joel Negron
Photo : Barry Peterson
Décors : Peter Wenham
Musique : Mark Mothersbaugh
Costumes : Leah Katznelson
D’après la série télévisée créée par Patrick Hasburgh et Stephen J. Cannell
Durée : 109 mn

Casting :
Jonah Hill : Schmidt
Channing Tatum : Jenko
Brie Larson : Molly
Dave Franco : Eric
Ice Cube : Le capitaine Dickson

FINISTERIENS (Miossec) : Miossec et Tiersen sont sur un bateau

finistreriensmiossec

finistreriensmiossecLa Bretagne est une région merveilleuse. Sa pluie, ses crêpes, ses menhirs… Mais surtout ses merveilleux habitants, tellement sympathiques qu’on leur pardonne aisément leur alcoolisme légendaire. Quoi ? Je colporte des clichés ? Peut-être, mais pour ce qui est du dernier point que j’ai évoqué, ce n’est pas sûr qu’écouter Finistériens de Miossec mette fin à cette réputation. Un album qui démontre une nouvelle fois l’immense talent de cet artiste.

Christophe Miossec est né en 1964 à Brest. Il a connu le succès dès son premier album sorti en 1995, intitulé… Boire… Après on s’étonne que les idées reçues aient la vie dure… Surtout qu’il a débuté sa carrière en se produisant régulièrement dans les bars brestois. Depuis, 7 autres albums ont suivi, donc ce Finistériens, sorti en 2009.

Finisteriens nous offre tout ce que la Bretagne fait de mieux puisque cet album a été écrit et réalisé en collaboration avec Yann Tiersen, qui a joué à peu-près tous les instruments lors de l’enregistrement. Ce mélange de talents nous offre un très bon album qui mélange les qualités d’écritures de Miossec avec les qualités de musicien du célèbre violoniste. Un album riche donc, même s’il n’est pas forcément le meilleur de l’artiste.

Il manque sans doute à Finistériens une chanson vraiment marquante. Les textes sont bons, mais aucun ne se détache vraiment. Un album dense et homogène en qualité qui s’écoute avec un vrai plaisir. Les thèmes sont ceux qui ont toujours parcouru l’œuvre de Miossec. Je ne sais pas combien d’histoire d’amour il a pu foirer par son alcoolisme et son amour immodéré des femmes, mais en tout cas, cela lui a procuré une inépuisable inspiration. Il est vrai que ça manque peut-être un peu de vraies nouveautés dans les sujets abordés par rapport à ces albums précédents. Je ne dirais pas que le Breton tourne en rond, mais il reste tout de même dans un univers très familier.

Par contre, la vraie nouveauté c’est l’apport de Yann Tiersen. Les instrumentations sont plus élaborées, plus intéressantes que sur les autres albums de Miossec. Elles alternent entre piano et violon et apportent toujours un vrai plus à chacun des morceaux. On s’attarde parfois à écouter avec attention les mélodies et les accompagnements, ce qui n’a pas toujours été le cas. Cependant, là encore, les familiers de Yann Tiersen ne seront guère surpris par ce qu’il propose sur Finistériens.

Si je devais tout de même retenir deux titres sur Finisteriens, je choisirai tout d’abord Nos Plus Belles Années, pour son texte très poétique. Mais le meilleur reste pour moi Fermer la Maison car c’est celui où se mêle vraiment le talent de Miossec et de Yann Tiersen de manière vraiment égal. C’est avec ce morceau que l’on mesure le mieux tout l’intérêt de cette collaboration dont peut être fier toute la Bretagne.

Finisteriens est donc au final un bon album de Miossec. Mais c’est surtout l’apport de Yann Tiersen qui donne un réel intérêt à cet album.

Pour finir, faisons le tour des morceaux que l’on trouve sur Finisteriens.

1-Seul ce que j’ai perdu
Une chanson douce et mélancolique sur un ancien amour.

2-Les Joggers du dimanche
Un texte parcouru par une ironie typique de Miossec, proposant un regard quelque peu interrogateur sur la supposée normalité.

3-À Montparnasse
Une chanson sur le sens du travail salarié.

4-Les Chiens de paille
Une musique plus dynamique pour un texte toujours sur un amour difficile.

5-CDD
Quelques violons et une voix plein de conviction.

6-Nos plus belles années
Une chanson très poétique pour un nouveau retour mélancolique sur le passé.

7-Jésus au PMU
Un texte qui s’adresse à Jésus, avec une instrumentation à la guitare qui monte en intensité au fur et à mesure.

8-Haïs-moi
Une voix un peu distordue pour un résultat moins mélodieux.

9-Fermer la maison
La musique au violon est lente et mélodieuse et porte un très beau texte.

10-Loin de la foule
Un piano très présent sur laquelle se pose une voix presque murmurée, pleine d’émotion.

11-Une fortune de mer
Une ode à l’amour et à la mer.