LE TEST : A PROPOS

Une pure comédie est le genre cinématographique qui a le plus de chance de cartonner au box-office en France. Il suffit de voir la place qu’occupent la Grande Vadrouille, les Visiteurs et Bienvenue chez les Ch’tis dans l’histoire du cinéma hexagonal. Du coup, il est parfois tentant pour un distributeur d’insister sur cet aspect d’un film, même s’il en possède bien d’autres. Cependant, ce stratagème conduit le plus souvent à de la déception chez ceux qui y vont finalement et qui s’attendaient à autre chose et vont détourner des écrans ceux qui aspirent à un peu plus de profondeur. C’est exactement ce qui arrive avec le Test, un film beaucoup plus riche que ce que laissait présager la bande-annonce.

Le premier tiers du Test laisse effectivement penser que le seul propos de ce film est de faire rire le spectateur, sans forcément se révéler d’une grande finesse. On peut alors commencer à se dire qu’on n’en aura pas pour notre argent. Les situations sont certes amusantes, mais on ne rit pas non plus aux éclats toutes les trente secondes. Mais peu à peu, on comprend aussi que le scénario nous parle aussi de bien d’autres choses. La crise de la quarantaine, l’adolescence, le désir et l’amour face au temps qui passe… Des propos qui sont amenés avec plus de subtilité et de profondeur qu’attendues et qui, si on est près à accepter ce changement de pied, fait naître un intérêt nouveau chez le spectateur.

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BELLE : Jamais sans la bête

Cette année, j’ai pris un terrible risque. Oui, je suis un peu fou parfois… Bon OK, il n’était pas si terrible que cela. J’ai juste établi mon classement de l’année avant de voir tous les films de 2021 que je souhaitais rajouter à ma culture. Ainsi, j’ai vu Belle assez tardivement et je ne l’ai pas regretté. La question qui reste en suspens est de savoir s’il s’est montré suffisamment bon pour intégrer ce club très privé. Réponse dans quelques lignes. J’espère que vous survivrez à ce suspense insoutenable. En tout cas, mon absence de regret démontre d’ors et déjà de nombreuses qualités.

Belle est un mélange assez détonnant du mythe de la Belle et la Bête et d’une vision du futur qui rappelle celle de Ready Player One. Entre Jean Cocteau et Steven Spielberg, il semblait y avoir un fossé impossible à combler. Mais ce n’est pas le genre de chose qui puisse faire peur aux Japonais. C’est aussi pour ça que l’on aime autant l’animation nippone. Surtout que le cocktail fonctionne très bien et cela donne une histoire dont aucun élément n’est réellement original, mais dont l’assemblage nous réserve son lot de surprises. L’histoire offre son lot de péripéties et d’émotions diverses et variées pour contenter les spectateurs les plus exigeants.

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STANDING IN THE DOORWAY (Chrissie Hynde), SEEK SHELTER (Iceage), ANIMAL (LUMP) : A trois voix

On commence par un petit plaisir que s’est offert Chrissie Hynde en enregistrant l’année dernière Standing in the Doorway, un album de reprises de Bob Dylan. Sa voix inimitable nous séduit immédiatement car elle colle parfaitement à la musique de Dylan. Le résultat est un vrai régal, même si elle reprend des morceaux peu connus (enfin pour un non spécialiste de Dylan comme moi) mais que l’on prend beaucoup de plaisir à découvrir. Elle parvient à transmettre beaucoup d’émotions à travers ses interprétations. L’album est donc parfaitement réussi du début jusqu’à la fin.

Iceage est un groupe danois, ce qui peut ne pas totalement étonner, vu son nom. Seek Shelter est leur 5ème album. On y découvre la voix de Elias Bender Rønnenfelt. Une voix cassée, vraiment pas harmonieuse et rarement juste. Bref, pas le principal atout de ce groupe, qui compense en partie par beaucoup d’énergie et de maîtrise. Il possède incontestablement un réel potentiel mais ne parvient pas totalement à convaincre. Ils mettent beaucoup de conviction dans chacune de leurs interprétations, mais elle n’est pas totalement partagée par l’auditeur.

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LICORICE PIZZA : 2022 bien lancée !

Paul Thomas Anderson n’est pas le réalisateur le plus prolifique qui soit. 9 films en 25 ans de carrière. Mais aucun de ses films n’est totalement anodin. Il fait surtout partie de ces cinéastes qui auront offert des œuvres extrêmement différentes avec la même maestria. Pas grand chose de commun entre Punch-Drunk Love et There Will Be Blood, ses deux films qui m’ont le plus marqué. Licorice Pizza ne ressemble à nouveau à aucun de ses films précédents. Une comédie pseudo-romantique pseudo-adolescente merveilleusement bien réalisée et pleine de jolies surprises.

Licorice Pizza n’est pas tout à fait une comédie romantique. Certes, le scénario tourne autour de la relation entre deux êtres liés par une attirance réciproque qui mettra un peu plus de deux heures à se définir précisément. Mais le film échappe à tous les poncifs et clichés du genre. L’histoire recèle une forme assez indéfinissable d’originalité, même si aucun élément ne se montre radicalement original. Le fait que l’histoire concerne un adolescent de 15 ans et une jeune femme de 25 ans aurait pu constituer un élément marquant du film (et sujet certainement à polémique). Mais le tout est amené avec un naturel étonnant pour nous offrir une belle histoire, qui ne prête guère à la polémique.

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LE JOUR OU J’AI QUITTE LE PARTI SOCIALISTE

A première vue, cela ressemble à un coup de tête. A 11h, le jeudi 13 janvier 2022, je ne m’imaginais pas quitter le Parti Socialiste. A midi, j’avais claqué la porte. Avec trois jours de recul, je sais que j’ai pris la bonne décision, parce que le soulagement surpasse de loin le doute. Rarement l’expression « la goutte d’eau qui fait déborder le vase » n’aura semblé si bien adaptée pour décrire une situation. Car tout cela vient de loin.

J’ai longuement raconté mon parcours au Parti Socialiste entre 2007 et 2017. Dix années qui s’étaient terminées en mon vote au premier tour de l’élection présidentielle pour un autre candidat que celui de mon parti. En tant que militant, cela poussait déjà à l’interrogation existentielle et la remise en cause. Et depuis ? Le candidat dont je suis le plus heureux d’avoir contribué à l’élection s’appelle Raphaël Glucksmann, dont j’admire le travail en tant que député européen particulièrement engagé. Mais sa principal caractéristique… est de représenter un autre parti que le PS. A côté de ça, j’ai vécu les campagnes des élections municipales et régionales avec le frein à main (pour des raisons très différentes néanmoins). Plus aucun enthousiasme nul part en tout cas.

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DARK IN HERE (The Mountain Goats), MEMORIES FROM SAINT FORGET (Peter Van Poehl), ENTERTAINMENT, DEATH (The Spirit of the Beehive) : Partir à la découverte

On débute cet avis avec une découverte venue de Californie, le groupe The Mountain Goats. Enfin une découverte pour moi, car Dark in Here, sorti en 2021, n’est pas moins que leur 20ème album. J’ai donc découvert leur pop enjouée aux accents très folk. Une musique parfaitement maîtrisée, où tout est bien en place et quelque peu gentillette. Cela s’apparente du coup quelque peu à de la musique pour adolescents. La qualité est cependant constante et on écoute cet album avec un certain plaisir. Les titres ne se ressemblent pas, nous offrant ce qu’il faut de variété, même si globalement cet album ne se démarque pas vraiment.

On peut faire le même constat en écoutant Memories from Saint Forget, de l’artiste suédois Peter Van Poehl, dont ce n’est que le cinquième album. Sa pop est douce et un rien sucrée. Cela coule tout seul aux oreilles, mais les accrocher forcément. Le style et les instrumentations sont maîtrisés mais le résultat manque passablement de relief. Surtout que le tout souffre de quelques passages où la voix est un peu trop poussée et prend des sonorités pas toujours très agréables.

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MES FRERES ET MOI : La comédie humaine

Le cinéma français n’échappe pas toujours à ses propres clichés, on vient de le voir avec Tromperie. Heureusement, c’est parfois le cas. Avec le sexe, les thèmes sociaux sont souvent prisés par les films hexagonaux, mais avec une fâcheuse tendance à un misérabilisme parfois un insupportable. Heureusement, certains films parviennent à échapper à ce travers fâcheux. C’est par exemple le cas de Mes Frères et Moi, dont les bases pouvaient pourtant faire craindre le pire. Mais le talent de Yohan Manca est suffisamment affirmé dès son premier film pour échapper à tous les pièges.

Tous les ingrédients étaient pourtant réunis pour que l’histoire soit pleine de bons sentiments. Le jeune issu d’une famille et d’un quartier défavorisés repéré par un mentor qui pense qu’il a du talent et qui va le convaincre malgré l’hostilité de sa famille… voilà un point de départ largement éculé et qui se prête aux happy-ends lénifiants. Je ne dévoilerai rien du dénouement de Mes Frères et Moi, mais je peux par contre assurer que cet aspect du scénario n’est qu’une petite partie d’une histoire bien plus riche. Riche avant tout de ses personnages attachants, dotés d’une réelle épaisseur avec ce qu’il faut chacun de lumière et d’ombre. Certes, on n’échappe pas totalement aux bons sentiments, mais ils n’empêchent pas le propos d’être plutôt convaincant.

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TROMPERIE : De la page à l’écran

Les mauvaises langues véhiculent le cliché que les films français racontent quasiment exclusivement des histoires de culs entre intellectuels bourgeois. Et comme tous les clichés, il y a un fond de vrai… Tromperie, le nouveau film d’Arnaud Desplechin répond parfaitement à la définition énoncée plus haut. Certes, il s’agit de l’adaptation d’un roman américain, mais si c’est au final un Français qui l’a porté à l’écran, ce n’est sans doute pas pour rien. Après, il n’est pas certain que ce film réconcilient les mauvaises langues avec le cinéma français.

Tromperie suscite dans une premier temps une certaine curiosité chez le spectateur. Il se compose de scènes très courtes qui s’enchaînent. Cela donne un vrai rythme à la narration et préserve le public de l’ennui. Puis peu à peu, on s’aperçoit que cette narration, aussi dynamique soit-elle, est au service de pas grand chose. Une réflexion sur le couple, certes, mais qui ne va pas très loin. Je ne sais pas ce que vaut le livre de Philip Roth, mais la transition du papier au grand écran ne met peut-être pas totalement en lumière la qualité du texte. Ce côté très écrit finit par donner un côté quelque peu artificiel à l’ensemble et ne permet pas à l’émotion de naître.

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THE KING’S MAN : PREMIERE MISSION : Oubliable première

Quand on manque d’idée pour une nouvelle suite, il reste toujours la possibilité de proposer un prequel. C’est facile, c’est pas cher (enfin tout dépend du budget quand même) et ça peut rapporter gros au box-office. Bon, je ne suis pas certain que The King’s Man : Première Mission batte des records d’audience, mais ne doutons pas les producteurs rentreront dans leurs frais. Non que les qualités de ce film vaille de faire un grand détour, mais le marketing et l’envie des amateurs de la franchise assureront un minimum de public. La preuve, j’y suis allé…

The King’s Man : Première Mission rassemble ce qu’on peut attendre d’un divertissement de cette nature. Des scènes d’action spectaculaires, de l’humour, une pincée de drame et quelques rebondissement. Si tout ces éléments sont bien présents, leur qualité se montre quelque peu inégale. C’est suffisamment distrayant pour ne jamais s’ennuyer, mais ce n’est que trop rarement enthousiasmant. Et surtout les quelques rebondissements surprennent rarement. Le tout donne donc un résultat très loin de l’épisode original, qui avait représenté une divine surprise. C’est sympathique pour un jour de pluie, mais le film s’oublie aussi vite qu’on le voit.

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DOOMIN’SUN (Bachelor), BOY FROM MICHIGAN (John Grant), I BE TRYING (Cedric Burnside) : Pas terrible

On débute avec un duo féminin, intitulé Bachelor, composé d’Ellen Kempner au chant et de Melina Duarte pour l’accompagner. Ils viennent de sortir un album, Doomin’ Sun, qui commence par nous séduire par la voix légèrement travaillée. Par contre, les instrumentations, souvent martelées, sont moins convaincantes. L’ambiance est pop ou rock, parfois très classique. L’album déraille un peu parfois, quand Ellen Kempner pousse un peu trop dans les aiguës. C’est dommage, car cela donne un caractère assez inégal à ce disque, qui manque par ailleurs d’un titre phare pour vraiment accrocher l’auditeur.

On part dans le Michigan ensuite à la rencontre de John Grant de son album… Boy from Michigan (c’est donc bien là qu’il fallait le chercher). Sa voix attire d’entrée l’attention, ainsi que l’ambiance quelque peu 80’s. En effet, parfois il parle au lieu de chanter, lui donne des aspect synthétiques assez désagréables. Bref, il gâche son potentiel et ne se montre guère convaincant. Les accents électro dans les instrumentations sonnent plus ringardes que modernes. Et même quand il change de registre, pour une longue ballade sombre par exemple, cela n’est toujours pas terrible. A l’image de l’album au global.

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