Ce soir, Nicolas Sarkozy était en noir. Un costume de croque-mort. Mais quoi de plus normal quand on porte comme lui le deuil. Car si on doit retenir une chose de son intervention télévisée, c’est que le programme qui lui a permis d’être élu en 2007 est bien mort et enterré. Il nous l’a annoncé, le pouvoir d’achat vient de décéder. Demain, on ne travaillera pas plus pour gagner plus, mais on travaillera plus pour gagner autant, voire moins. Tout cela pour un seul et même objectif, lutter contre le chômage.
Il était quand même étonnant de voir un homme politique se renier à ce point sans jamais prononcer le mot « échec ». Car c’est bien de cela dont il nous a parlé ce soir. De l’inefficacité de la politique mise en place depuis 5 ans. De l’erreur dans les objectifs et les moyens. De promesses non tenues. Bien sûr, il aura expliqué que tout cela n’est pas de sa faute, mais celle de la crise et, naturellement, des socialistes et des 35 heures.
Face à lui, 4 journalistes partagés entre incrédulité et dépit. Pourtant, les premières minutes ont plutôt montré un Nicolas Sarkozy plutôt combatif, presque convaincant. Puis est venu le moment de parler de l’augmentation de la TVA. Le moment où il a fallu parler chiffres et propositions concrètes. Le problème alors ne tenait pas tellement dans le contenu, sur lequel on peut être évidemment en accord ou en désaccord, mais de l’impossibilité de rendre le tout cohérent avec les politiques menées jusqu’alors. Chaque contre-argument avancé par un de ses interlocuteurs semblait le plonger un peu plus dans la confusion.
Son bilan, Nicolas Sarkozy le traînera comme un boulet jusqu’au jour de l’élection. Chaque jour qui passe semble nous démontrer qu’il constituera un handicap insurmontable, face à un François Hollande sûr de lui et de son programme. On a assisté ce soir à un enterrement. Celui du Nicolas Sarkozy de 2007. S’il veut encore espérer être réélu, notre Président devra se muer en Phénix. Mais si ça commence à sentir le roussi, pas sûr que quoique ce soit puisse encore renaître de ces cendres.
Le 18 avril 1988 mourrait Pierre Desproges. Voilà une perte beaucoup plus lourde que d’autres. 24 ans plus tard, l’humour français est toujours un peu orphelin de ce maître de l’humour noir, qui a tant plaisanté sur le cancer avant d’y succomber. On est toujours un peu à la recherche de son héritier. Et si un Stéphane Guillon entretient un peu la flamme, il y demeure tout de même une très grande différence entre les deux hommes. Desproges maniait la langue française comme un véritable écrivain et n’avait quelque chose à envier dans ce domaine qu’à un Raymond Devos. Pour preuve, cette édition papier de ses Chroniques de la Haine Ordinaire, qui ont occupé l’antenne de France Inter du 3 février au 24 juin 1986.
Avant de rentrer dans le vif du sujet, un petit mot sur l’édition dont je suis en possession. Il s’agit d’un livre des éditions 2. au format particulièrement original… et particulièrement pratique. En effet, il s’agit de livre au format 8x12cm, imprimé dans le sens inverse des livres de poche habituel. Ainsi, en l’ouvrant vous serez comme devant une seule page au format classique. Les caractères ne sont donc pas plus petits que d’habitude. Par contre, ces livres tiennent vraiment dans la poche et se lisent d’une seule main. L’idéal pour les transports.
Bon revenons à notre livre qui regroupe en deux vagues, correspondant aux deux tomes originaux, l’ensemble des chroniques radiophoniques. On y retrouve tout ce qui a fait le succès de Pierre Desproges. Cet humour toujours grinçant, acide et que certains qualifieront de méchant. Mais cela fonctionne et surtout cela égratigne toujours tous ceux qu’il faut savoir remettre à leur place. D’ailleurs, on pourra constater que certaines de ses têtes de turc sont toujours là, comme BHL ou Indochine, alors qu’il nous a quittés. Décidemment, il n’y a pas de justice ! D’autres de ses sujets favoris sont plus intemporels, comme le football, les jeunes et le surtout le racisme et l’antisémitisme qu’il pourfend régulièrement avec une efficacité inégalée.
Bien sûr, il vaut mieux avoir connu cette époque pour saisir tout ce à quoi il fait référence. Il commence très souvent l’actualité et les célébrités de l’époque avec un mordant qui fait passer les Guignols pour des Bisounours. Mais tous ceux qui sont en âge de se souvenir des années 80 apprécieront cette plongée nostalgique… même si Desproges se serait sûrement moqué de ce genre de sentiment. En tout cas, c’est une façon beaucoup plus intelligente de se replonger dans l’univers politiquo-médiatique de cette décennie que tous les éditions des Enfants de la Télé.
Comme je l’ai évoqué plus haut, les Chroniques de la Haine Ordinaire constituent également une occasion de se rappeler combien Pierre Desproges savait manier la plume. Les jeux de mots sont nombreux, subtils et servent toujours son propos. Il y a là un vrai amour de la langue française chez celui qui n’avait jamais peur de traiter ses propres auditeurs d’analphabètes. D’ailleurs, les chroniques dans lesquelles ils commentent le courrier qu’il reçoit sont parmi les plus drôles. Même s’il s’agit de retranscriptions de chroniques radiophoniques, on prend un vrai plaisir à la leur lecture, bien au-delà du simple humour noir.
Les Chroniques de la Haine Ordinaire constituent donc une très bonne occasion de se rappeler combien Pierre Desproges était grand et combien il manque aujourd’hui.
Bon, j’en ai marre. Il y en a toujours pour les mêmes, toujours les mêmes qui reçoivent fleurs et compliments. Cela suffit ! Un peu de partage, d’égalité, de redistribution. Mais que voulez-vous, quand c’est mérité, c’est mérité… On n’y peut rien et c’est plus fort que nous. Certaines personnes méritent tout le bien que l’on pense d’eux et le confirment à chacune de leur sortie. C’est notamment le cas de George Clooney, au sommet de son art dans The Descendants.
Matt King est un père et un mari distant, pris par son travail d’avocat et la gestion d’un patrimoine familial possédé en commun avec une dizaine de cousins. Mais un jour sa vie bascule quand sa femme sombre dans le coma suite à un accident de bateau. Il va donc devoir s’occuper seul de ses deux filles, âgées de 10 et 17 ans. Et gérer la découverte du fait que sa femme avait un amant.
Si on regarde The Descendants de très loin, on peut se dire que c’est un film sur la mort et le deuil. Il est vrai que ces deux éléments jouent un rôle central dans ce film. Mais c’est avant tout un film sur les vivants, sur ceux qui restent, sur l’existence qui continue et qui n’a aucune raison d’arrêter d’être heureuse. Voici un film qui traite un sujet plutôt grave et sombre, mais avec un recul et détachement qui remettent les choses à leur place. Les morts n’ont pas que des qualités et savoir leur dire au revoir constitue une forme de libération.
The Descendants est un film très émouvant, très bien senti, mais aussi très drôle. On passe un peu constamment du rire aux larmes, mais c’est le premier qui domine largement. Le final est notamment remarquable de sobriété et d’intelligence, avec un magnifique dernier plan, tout simple, mais qui en dit presque aussi long que tout le reste du film. Bref, un film humaniste au propos parfaitement maîtrisé, qui reste très accessible, tout en évitant totalement le piège des lieux communs.
Si le fond ne souffre guère de défauts, la forme est un tout petit peu moins parfaite. En effet, The Descendants souffre de quelques longueurs. Rien de bien méchant, mais avec vingt minutes de moins, le film aurait été encore meilleur. Il y a notamment sur la fin une scène au final inutile, même si elle semble apporter une conclusion à un large pan de l’intrigue. Du coup, le film à du coffre, à défaut d’avoir pleinement du souffle.
Concernant l’interprétation, on retiendra avant tout un nouveau très grand rôle pour George Clooney. Il s’annonce d’ailleurs comme un très sérieux rival pour notre Jean Dujardin national. Les derniers Golden Globes n’ont d’ailleurs pas pu les départager car chacun d’eux est reparti avec un prix, l’un comme meilleur acteur dans une comédie, l’autre comme meilleur acteur dans une tragédie. A moins que Di Caprio ne les mette d’accord. Dans tous les cas, le vainqueur aura bien mérité sa statuette. Mais n’oublions pas à ces côtés, la jeune Shailen Woodley dont les débuts sur grand écran sont particulièrement réussis.
Nominés également pour le meilleur film, réalisateur et scénario, je doute que The Descendants rafle toutes les statuettes. Mais il constitue incontestablement un de premiers très bons films de l’année 2012.
Fiche technique :
Production : Ad HominemEnterprises Distribution : 20th Century Fox Réalisation : Alexander Payne Scénario : Nat Faxon, Alexander Payne, Jim Rash, d’après le livre de Kaui Hart Hemmings Montage : Kevin Tent Photo : Phedon Papamichael Décors : Jane Ann Stewart Son : Jose Antonio Garcia Musique : Dondi Bastone Effets spéciaux : Mark Dornfeld Maquillage : Julie Hewett Directeur artistique : T.K. Kirkpatrick Durée : 110 mn
Casting :
George Clooney : Matt King Shailene Woodley : Alexandra King Amara Miller : Scottie King Nick Krause : Sid Patricia Hastie : Elizabeth King Kaui Hart Hemmings : Noé, la secrétaire de Matt Beau Bridges : cousin Hugh Robert Forster : Scott Barbara Lee Southern : Alice «Tutu» Thorson
Le racisme est un fléau dans le sport, tout le monde pourra en convenir. Que ce soit sur le terrain et dans les tribunes, l’adrénaline ambiante a tendance à pousser aux pires comportements humains. Ces déviances doivent évidemment être combattues et espérons que dans quelques années, plus aucun cris de singe ou symbole nazi n’aura sa place en tribune.
Mais le racisme sert parfois aussi d’excuse à ceux qui n’ont pas l’honnêteté intellectuelle d’assumer leurs actes et leurs conséquences, ou tout simplement d’accepter la défaite. Sans parler même de sanction. Le sport français nous a malheureusement offert deux beaux exemples de complexe de persécution très mal placé. D’un côté, Mourad Boudjellal, le président du RC Toulon (rugby) qui trouve insupportable qu’on lui reproche de parler de sodomie quand il revient sur l’arbitrage d’un des matchs où son équipe a perdu. De l’autre, les dirigeants du Sporting Club de Bastia (football) qui crie au racisme anti-corse, alors que c’est le seul déplacement où une équipe de Ligue 2 peut raisonnablement craindre de voir son bus caillasser.
Le complexe de persécution est évidemment un phénomène beaucoup plus large dans le sport. Le complot venu de Paris est un grand classique. Chaque club au budget modeste va toujours se retrancher derrière l’indémodable « on dérange » dès qu’une décision arbitrale leur sera contraire. Depuis que l’homme joue, l’humanité connaît des mauvais perdants. Mais parfois, ces derniers se retranchent derrière des arguments parfois simplement ridicules, parfois réellement déplacés.
Ni Toulon, ni Bastia ne sont victimes d’un quelconque acharnement. Si ce n’est celui de leurs dirigeants à se couvrir de ridicule et à mériter au final le mépris qu’il dénonce.
Les chiens ne font pas des chats… Voilà, c’était le lieu commun du jour… Bon, pour ce n’est vraiment pas original pour introduire le deuxième film de Goro Miyazaki, le fils de Hayao. Et comme tel père, tel fils (deuxième lieu commun du jour, promis c’est de dernier…), les deux travaillent pour les studios Ghibli. Après, un premier film, Les Contes de Terremer, qui marchait quelque peu dans les traces paternelles, voici la Colline aux Coquelicots, un film qui s’affranchit nettement de l’influence de son aîné.
Pendant les années 60, une partie des élèves d’un lycée se mobilisent pour sauver de la destruction un vieux bâtiment qui leur sert de foyer. Ce combat va rapprocher Umi et Shun. Une histoire d’amour adolescente semble en train de naître. Mais en apprenant à se connaître, ils vont découvrir des éléments de leur passé qui les relient et qui va tout changer.
Un simple élément prouve que l’œuvre du fils n’est pas forcément parti pour ressembler à celle du père : il n’y a aucun élément de fantastique dans la Coline aux Coquelicots. Il s’agit d’une histoire réaliste sur l’adolescence, parcourue d’un peu de nostalgie. Une histoire assez simple, mais pas simpliste, qui réserve beaucoup de surprises et beaucoup de poésie.
Cependant, il est vrai que le principal reproche que l’on peut adresser à La Colline aux Coquelicots est peut-être un léger manque de densité. L’histoire est intéressante, mais pas passionnante. Les personnages sont attachants, mais pas inoubliables. Le tout est porté par un graphisme classique et sobre, exploitant somme toute assez peu les possibilités offertes par l’animation. Ce n’est pas le premier film de ce genre japonais réaliste, mais on est quand même loin d’avoir un sujet aussi fort que pour le Tombeau des Lucioles notamment.
On pourra tout de même apprécier une vision de l’adolescence plutôt réussie, ce qui n’est pas rien quand on connaît le nombre de films qui se plantent totalement à ce niveau-là. On y retrouve beaucoup d’éléments propres à la culture japonaise. Les films d’animation venus de ce pays, et dieu sait s’ils sont nombreux, mettent le plus souvent en scène des protagonistes de cet âge là, que ce soit dans un cadre réaliste comme ici ou pour aller combattre des Chevaliers d’Or vêtus d’armures de bronze. Mais il y a quand même dans ce film quelque chose de beaucoup plus universel, une nostalgie qui pourra toucher n’importe qui. L’histoire est également intemporelle et le lien avec les années 60 est assez ténu.
Graphiquement, La Colline aux Coquelicots se situe dans la tradition Ghibli, au niveau des personnages humains notamment. Mais, comme je l’ai évoqué plus haut, il n’y pas d’imagination graphique foisonnante. Tout se concentre sur l’intrigue. Un tel contraste avec l’œuvre d’Hayao n’est peut-être pas anodin. Il y a sûrement une volonté chez Goro de se démarquer de l’œuvre de son géniteur, histoire de se faire un prénom, comme l’on dit. Surtout que le jeune homme a déjà 45 ans, il serait donc grand temps…
Il faut être cependant honnête et constater qu’une autre différence existe entre les deux œuvres. Une différence de qualité et d’intérêt. Encore une fois, la Colline aux Coquelicots est fort sympathique et se laisse regarder, mais n’a rien à avoir avec des chefs d’œuvres comme Princesse Mononoke ou Porco Rosso. Cela viendra peut-être avec le temps, mais quand on regarde les œuvres de jeunesse d’Hayao, on se situait déjà bien plus haut que ça.
La carrière de Goro Miyazaki reste néanmoins à suivre. Espérons qu’il fasse encore mieux que ce la Colline aux Coquelicots. Mais enfin, c’est déjà pas mal.
Fiche technique : Production : Studio Ghibli, NTV, Dentsu, Walt Disney Company, Toho Company Distribution : Walt Disney Studios Motion Pictures France Réalisation : Goro Miyazaki Scénario : Hayao Miyazaki, Keiko Niwa, d’après le manga de Tetsuro Sayama et Chizuru Takahashi Photo : Atsushi Okui Musique : Satoshi Takebe Durée : 91 mn
Bon l’idée de ce billet était de faire un commentaire à chaud du débat de ce soir. Sauf que c’est à ce moment-là que je m’aperçois que je ne suis pas journaliste, parce que les trucs à chaud, ce n’est pas vraiment mon fort. Sûrement mon côté ingénieur scientifique cartésien chiant… Enfin bon, je vais quand même livrer une ou deux impressions.
Déjà, une chose est sûre, dans cette campagne, il y en a un qui a un programme et des idées, et les autres les commentent. Les autres vont forcément finir par sortir du bois, mais en attendant, certains ne sont même pas encore candidats… Mais globalement cet état de fait est une vraie nouveauté par rapport aux campagnes présidentielles précédentes, où la droite avait clairement fixé les principales thématiques. On se souvient notamment de l’insécurité en 2002. Là, même si la campagne s’annonce encore longue, on voit bien que c’est François Hollande qui donne le ton. Le débat de ce soir l’a encore confirmé puisque si les propositions du candidat socialiste ont pu être discutées et même contestées, personne n’a pu lui opposer des idées alternatives précises, puisqu’aucune n’a encore été présentée par qui que ce soit. La prestation d’Alain Juppé fut de ce point de vue là éloquente… pour ne pas dire consternante.
Deuxièmement, si le débat s’est atrocement étendu sur le régime et le supposé changement de personnalité de François Holllande, c’est avant tout parce que son image a tellement évolué que ceux qui le suivent depuis longtemps ont du mal à le croire. Mais elle est désormais bien là, elle s’affirme même un peu plus à chacune de ses sorties. Or, on l’a vu avec Sarkozy en 2007, c’est sur son image au moment d’une élection que l’on gagne cette dernière.
Enfin, le débat de ce soir a quand même montré que si François Hollande maîtrisait très bien son sujet, il était encore possible de le bousculer un peu. Le journaliste de BFM a notamment réussi à révéler quelques points faibles. Bon après, on pourra rétorquer que ce brave homme a une vision quelque peu déformée de la société en plaçant le bas de l’échelle sociale à un revenu de 1700 euros par mois et les classes moyennes à plus de 4 000 euros… quand le revenu médian se situe en France à 1 500 euros.
François Hollande reste donc plus que jamais favori. D’ailleurs, on notera que Alain Juppé a dit spontanément, au début de son intervention, « quand vous serez Président »… Si même Alain Juppé le dit…
Fonder un groupe aujourd’hui devient une affaire très compliqué. En effet, il faut lui trouver un nom… et après des décennies de musique rock, la plupart des idées les plus évidentes ont déjà été utilisées. Il faut donc désormais faire preuve d’une grande imagination pour trouver un patronyme à la fois original, qui sonne bien et que l’on retienne facilement. C’est donc avec beaucoup de plaisir que je vais vous parler d’un groupe dont j’adore le nom : Panic at the Disco. Rassurez-vous, je l’aime encore plus pour sa musique.
Panic at the Disco est un groupe américain, originaire de Las Vegas. A l’origine, il s’appelait Panic ! at the Disco et comptait quatre membres, comme tout bonne formation de rock : Spencer Simth, Brendon Urie, Ryan Ross et Brent Wilson. Les deux derniers ont finalement quitté le groupe. Entre temps, le groupe était devenu Panic at the Disco. Mais depuis, il a repris son nom d’origine… C’est dingue tout ce que l’on peut écrire sur un simple point d’exclamation !
Je vais donc vous parler ici de Pretty. Odd., le deuxième album (sur trois) du groupe, sorti en 2008. Vous remarquerez que le groupe est décidément très attaché à la ponctuation. Lorsque je l’ai écouté, j’aurais pu jurer que ce groupe était un groupe anglais, car il y a quelque chose de très brit’pop dans leur musique. Ah, j’en vois déjà qui font un peu la tête. Je tiens à les rassurer. Je ne sais pas si c’est du à leur nationalité, mais Panic at the Disco, c’est comme de la brit’pop mais en mieux…
Enfin, tout cela reste une question de goût. Mais ce qui est incontestable, c’est que Pretty. Odd. brille par sa musique pleine de maîtrise et de classe. Il y une vraie élégance dans leur musique qu’ils arrivent à garder toujours mélodieuse, même dans les moments où ils y insufflent un regain d’énergie. Cela n’agresse jamais les oreilles, ça coule tout seul et l’album est un vrai moment de plaisir musical du début jusqu’à la fin.
Pretty. Odd. reste tout extrêmement classique par bien des aspects. C’est sans doute là sa plus grande limite. Cependant, les titres ne sont pas du tout monotones et on n’a jamais l’impression d’entendre deux fois le même. Même si on reste dans le répertoire pop-rock, Panic at the Disco nous propose aussi bien des titres énergiques que de belles ballades. Il nous font également voyager dans le temps avec des sonorités parfois 60’s ou 70’s. Et tout cela en conservant toujours la même maîtrise et la même élégance.
La plus grande qualité de Pretty. Odd. reste sa densité. Tous les titres sont vraiment bons, ce qui est rare pour un album qui compte quand même 15 plages. Allez, si on chipote, on dira que When the Day Met the Night et Behind the Sea sont un tout petit peu plus en retrait. Mais on pardonnera facilement ces tout petits moments de faiblesse, tant cet album reste constant dans la qualité, et dans la grande qualité. On attend toujours la prochaine piste avec joie, impatient de savoir quelle bonne surprise le groupe nous réserve. Bref, un album qui ne se résume pas à son principal single, Nine in the Afternoon, mais qui nous fait découvrir un groupe de tout premier ordre.
Pretty. Odd. est donc à conseiller à tous les amateurs de très bon son pop-rock, pas forcément super original, mais remarquablement bien interprété.
Pour finir, faisons le tour des titres que l’on trouve sur cet album.
1.: We’re So Starving Une introduction pop rock plutôt paisible.
2.: Nine in the Afternoon Un single entraînant, mélodique et sympathique.
3.: She’s a Handsome Woman Un titre pop rock très classique, mais aussi très classieux.
4.: Do You Know What I’m Seeing? Une ballade très mélodieuse.
5.: That Green Gentleman Une ballade mélodique très bien fichue.
6.: I Have Friends in Holy Spaces Un titre à la sonorité de vieux vinyle pour un résultat très reposant.
7.: Northern Downpour Une nouvelle très belle ballade.
8.: When the Day Met the Night Un titre pop rock un peu plus transparent
9.: Pas de Cheval Un rock au dynamisme communicatif.
10.: The Piano Knows Something I Don’t Know Titre à l’introduction éthérée, qui sonne très 60’s.
11.: Behind the Sea Un son plus 70’s… mais moins bon.
12.: Folkin’ Around Un titre très country et surtout très bon.
13.: She Had the World Une sonorité qui ressemble à un clavecin. Surprenant, mais très bon.
14.: From a Mountain in the Middle of the Cabins Un morceau guilleret et mélodieux, toujours aussi bon.
15.: Mad as Rabbits Un titre pop rock à l’image de l’album
Qu’il est difficile de parler de Millenium : les Hommes qui n’Aimaient pas les Femmes de manière objective, sans faire incessamment des comparaisons. En effet, ce film réussi l’exploit d’être à la fois l’adaptation d’un des plus grands succès de l’histoire de la littérature moderne (succès beaucoup plus mérité que pour Da Vinci Code soit dit en passant) et le remake d’un film européen, sorti il y a moins de trois ans. Ca fait beaucoup et à moins d’avoir vécu dans une grotte depuis cinq ans, on voit mal comment on ne pourrait pas mettre tout cela en parallèle. J’assure donc la part de subjectivité de cet avis.
Le journaliste Mikael Blomkvist est embauché par Henrik Vanger, un des plus riches industriels de Suède, pour enquêter sur le meurtre supposé de la nièce de ce dernier, survenu dans les années 60. Supposé car aucun corps n’a jamais été retrouvé. Le vieil homme est persuadé que le coupable se cache dans sa famille. Pour mener ses investigations, Mikael va recevoir l’aide de Lisbeth Salander, une jeune femme aussi mystérieuse que douée en informatique.
Allez, commençons par mon aparté préféré : les problèmes de traduction. Bon, cette fois, ce n’est pas le titre français qui pose problème, mais le titre original du film : The Girl with the Dragon Tattoo. Un titre qui n’a rien à voir avec le titre du roman en suédois, à la grande colère de la veuve de Stieg Larsson, qui a dénoncé cette édulcoration ridicule. Parenthèse refermée.
Si la question est : Millenium : les Hommes qui n’Aimaient pas les Femmes est-il une bonne adaptation du roman de Stieg Larsson ? La réponse est oui. Si la question est : Présente-t-il vraiment un intérêt supérieur à la version suédoise déjà sortie sur nos écrans ? La réponse est plutôt non. Enfin, si la question, ce film est-il vraiment digne du talent de David Fincher ? La réponse est pour le coup clairement non !
Il faut savoir que David Fincher a accepté de réaliser Millenium : les Hommes qui n’Aimaient pas les Femmes, en échange du financement de son The Social Network qui lui tenait à cœur. On est donc face à un film de commande, pas de l’accomplissement d’un rêve d’artiste. Et cela se ressent. Certes, même sans y mettre beaucoup du sien, il arrive à nous livrer un film plutôt brillant, mais sans cette étincelle de génie qu’il arrive à insuffler dans les projets dans lesquels il s’investit vraiment. Du coup, on n’est pas franchement convaincu de la supériorité de cette version sur celle de Niels Arden Oplev.
Certes, l’adaptation suédoise avait parfois des allures de téléfilm… pour la simple et bonne raison que c’était ce qu’elle était à la base. Mais elle arrivait à capter l’ambiance du livre et à lui rester extrêmement fidèle. C’est exactement ce qu’a également réussi David Fincher. Donc de ce point de vue match nul… Sauf qu’il y a quand même quelque chose qui m’a quelque peu gêné. Lorsque j’ai entendu parler du remake américain, j’ai supposé que l’intrigue serait transposée aux Etats-Unis… Et bien pas du tout, l’histoire se situe toujours en Suède. Mais du coup, il est assez ridicule de voir les personnages parler anglais alors que tout est écris en suédois et de sortir quelques mots de cette langue de temps en temps. Cela donne un aspect assez artificiel. Je reste persuadé que ce Millenium : les Hommes qui n’Aimaient pas les Femmes aurait gagné à être moins fidèle au roman.
Mais là où la version de David Fincher n’a pas su faire la différence, c’est sur le casting. Entre Daniel Craig et Michael Nyqvist, le match est quasi nul. Par contre, Rooney Mara n’a pas pu égaler l’extraordinaire performance de Noomi Rapace. N’allez pas penser qu’elle est pour autant décevante et que ça nomination aux Oscars est imméritée. Simplement, la barre était extrêmement haute. Si la première version fait oublier tous ces défauts, c’est en grande partie grâce à elle, surtout quand on connaît l’importance de son personnage dans la saga Millenium.
Ce Millenium : les Hommes qui n’Aimaient pas les Femmes de David Fincher reste un excellent film avec un scénario fantastique qui fait que l’on ne s’ennuie pas une seule seconde sur les 2h38. Un film parfaitement réalisé, à défaut de l’être brillamment. Un film au casting que l’on applaudirait des deux mains, si on ne savait pas déjà qu’on pouvait faire encore mieux. Du coup, à ceux qui, comme moi, ont lu le livre et vu la première adaptation, je ne sais trop quelle conclusion apporter. Par contre, pour ceux qui n’ont fait ni l’un, ni l’autre, je n’ai qu’un conseil. Et il est excellent, croyez-moi. Vous ne regretterez pas une seule seconde de l’avoir suivi…
… lisez le livre !
Fiche technique :
Production : Columbia Pictures, MGM, Scott/Rudin, Yellow Bird Distribution : Sony Pictures Releasing France Réalisation : David Fincher Scénario : Steven Zaillian, d’après le livre de Stieg Larsson Montage : Kirk Baxter, Angus Wall Photo : Jeff Cronenweth Décors : Donald Graham Burt Musique : Trent Reznor & Atticus Ross Durée : 158 mn
Casting :
Daniel Craig : Mikael Blomkvist Rooney Mara : Lisbeth Salander Christopher Plummer : Henrik Vanger Stellan Skarsgard : Martin Vanger Steven Berkoff : Frode Robin Wright : Erika Berger Joely Richardson : Anita Vanger
Avec des si, on mettrait Paris en bouteille. Et avec des si, on peut réécrire totalement l’histoire du monde. C’est exactement ce qu’a fait Kim Stanley Robinson dans ses Chroniques des Années Noires. Une fresque étonnante et vraiment passionnante par moment.
1381, une épidémie de peste ravage l’Occident à tel point que l’ensemble de sa population est exterminée. Le monde laisse alors deux grandes puissances se partager la domination du monde : l’Islam et la Chine, avec l’Inde et le Japon comme arbitres. Aux quatre coins du monde et à travers, les époques, les progrès, les grandes découvertes, les périodes de paix et de guerre, des âmes se réincarnent encore et encore.
Avant de rentrer dans le vif du sujet, un peu coup de gueule contre la traduction du titre. Généralement, je fais cela pour les avis ciné, mais ça peut marcher également pour les livres visiblement. Le titre original est The Years of Rice and Salt, soit en français les Années de Sel et de Riz. Bon, c’est vrai que ça ne sonne pas super dans notre langue, mais tout de même, quelle perte de contenu. Surtout que le titre anglais fait référence à un élément du récit. Quelle pauvreté dans la traduction ! Car rien ne justifie l’emploi de l’expression « années noire ».
Chroniques des Années Noires, puisqu’il faut bien l’appeler ainsi, est certes de l’ordre du pavé. 1015 pages aux éditions Pocket. Mais c’est un « livre à sketchs » qui se lit très facilement et qui peut même éventuellement se parcourir en plusieurs fois. En effet, chaque épisode nous plonge dans un lieu, une époque, un contexte différents. Certes, on suit le parcours d’âmes d’une réincarnation à l’autre, mais les personnages auxquels ils donnent vie n’ont aucun lien entre eux. On suit simplement l’évolution du monde à travers eux.
Le plus grande originalité de Chroniques des Années Noires est la façon dont Kim Stanley Robinson arrive à varier la forme de son récit d’un épisode à l’autre. Cela tient parfois aux détails, comme la manière dont les chapitres sont découpés, mis en page et numérotés, mais cela donne vraiment l’impression de lire toujours quelque chose de nouveau. On sent tout de même que le style reste le même, mais si on nous disait qu’au contraire, chaque épisode a été rédigé par un auteur différent, on n’en serait pas plus étonné que cela.
Comme toute histoire « à sketchs », Chroniques des Années Noires reste quelque peu inégal. Certaines histoires (elles sont au nombre de 10) sont vraiment passionnantes, d’autres un peu moins. Mais par leur grande variété, elles maintiennent toujours l’intérêt du lecteur. Il y en aura pour tous les goûts, même si le récit est toujours axé autour de grands progrès scientifiques ou techniques. Certains épisodes constituent de vrais petits romans d’aventures, d’autres se focalisent pour sur les personnages. Mais toujours, le lecteur est amené à voyager et s’évader.
Chroniques des Années Noires n’est donc pas un roman historique. Ce n’est pas non plus vraiment une roman de science-fiction. On pourrait inventer pour lui la notion de passé-fiction… Un livre qui laisse une grande place à l’imaginaire mais qui relate des évènements qui auraient vraiment pu survenir. Je vous laisse découvrir le chemin que l’humanité empruntera en suivant les hypothèses inventées par Kim Stanley Robinson. Mais quand on y réfléchit, la conclusion qu’il nous propose est au final parfaitement logique.
Chroniques des Années Noires est original par son fond et sa forme. Sa longueur n’est pas forcément un problème, pouvant être lu en plusieurs fois. Kim Stanley Robinson n’est peut-être pas la plume du siècle, mais au moins il nous aura offert une œuvre vraiment unique.
Jusqu’à quel point les victoires du passé exonèrent des critiques lors d’un passage à vide ? Voilà une question qu’on ne pensait pas poser au sujet d’Arsène Wenger, tant son statut d’idole du côté d’Arsenal semblait le mettre à l’abri de la colère des supporters. Mais ce week-end, tout a changé après que le public de l’Emirates Stadium ait hué celui qu’il a longtemps considéré comme un Dieu vivant.
On peut trouver cela cruel. On peut aussi dire que cela fait partie du jeu. Mais on peut surtout se demander si cela est vraiment justifié. La saison d’Arsenal n’est pas si désastreuse que cela. Certes, il semble que la qualification pour la Ligue des Champions sera dure à obtenir, mais rien n’est encore fini. De plus, cela vient au moins autant de l’émergence d’une concurrence supplémentaire (Manchester City, Tottenham) que d’une réelle baisse de régime.
Mais les raisons de cette colère vienne de beaucoup plus loin. Les longues saisons sans trophée, une impression de tourner en rond. Longtemps, Arsène Wenger a justifié sa politique basée sur le recrutement de jeunes joueurs comme un investissement pour l’avenir. Tout comme les sommes colossales consacrée à la construction de l’Emirates Stadium. Mais les supporters attendent encore et toujours le retour sur investissement.
Alors oui, les sifflets à l’encontre de Wenger sont injustes et cruels. Mais il faut admettre que l’entraîneur français ne brille pas vraiment pas l’autocritique. Il reste fidèle à ses principes et sa politique, mais force est de constater qu’ils n’amènent plus le club londonien à briller comme au début des années 2000. Le départ en début de saison de Fabregas et Nasri montre bien qu’Arsenal glisse doucement vers une seconde division européenne.
Wenger reste un défenseur du fairplay financier, cher à Michel Platini. Peut-être que son instauration viendra prouve que sa ligne directrice est la bonne. Pas sûr que les supporters de l’Emirates Stadium soient prêts à attendre jusque là.
Commentaires récents