FRONTIERE OBJECTIVEMENT SUBJECTIVE… OU L’INVERSE ?

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frontieresParmi les nouvelles anecdotiques mais qui se font une place dans les journaux, il y a eu aujourd’hui l’histoire de ce maire renvoyé en correctionnelle après avoir giflé un adolescent qui l’avait insulté. On a beaucoup débattu, beaucoup discuté pour savoir si, vraiment, la justice avait besoin de se mêler de cette histoire finalement assez anodine. Après tout une bonne paire de claques n’a jamais tué personne, surtout pas les petits cons. Cette histoire m’a pourtant amené à une réflexion plus large.

Une loi est une loi. Un coup est un coup. Or, donner des coups est puni par la loi. Je crois que personne ne voudrait que ce principe assez simple soit remis en cause. Simplement, nous sommes dans le cas d’un « oui, mais… » ou ce qui suit le mais est tellement long qu’il s’apparente à un nom à un non. Simplement, on n’écrit pas les lois de cette façon. Elles doivent tracer des lignes blanches dont le franchissement constitue une infraction. Après qu’on la franchisse un peu, beaucoup, passionnément ou à la folie, cela ne remet pas en cause la réalité de l’infraction.

En fait, cela pose le problème des frontières. Non, je ne veux pas parler d’immigration. Simplement de toutes les situations où l’on doit fixer une limite, une barrière, un seuil, un maximum, un minimum, appelons ça comme l’on veut. Et dans tous les cas, se pose la question du statut des éléments qui se situent juste à proximité, mais du mauvais côté, de cette ligne imaginaire.

Prenons deux exemples. Personnellement, je travaille sur des problèmes d’aménagement du territoire ou de développement territorial. Si les territoires administratifs ont des frontières bien définies, les « territoires de projet » n’en ont pas de facto, il faut les définir. Je travaille notamment sur un programme qui pousse à recycler localement les déchets. Il a fallu faire un bilan chiffré des entrées et des sorties du territoire que l’on avait défini, le but étant, à terme, de diminuer leur importance. Cela peut paraître un critère simple et objectif pour juger les priorités. Cependant, si on y réfléchit, il n’est peut-être pas plus urgent de traiter le problème relatif à 500 tonnes d’un déchet qui part à 10km de la frontière arbitraire que l’on s’est fixé que 50 t qui partent à l’autre bout du monde. Une solution simple pourrait être de reculer la frontière que l’on s’est fixé de 10km… sauf que l’on retrouvera exactement les mêmes problèmes à la nouvelle frontière. De proche en proche, on finirait par englober le monde entier et on perdrait totalement la notion du local qui présidait le projet de départ.

L’autre exemple concerne tous les automobilistes qui en recevant leur PV se plaignent de payer une amende, alors qu’ils n’ont dépassé la vitesse autorisée que d’un seul kilomètre/heure. Cependant, si on considère, par exemple, que, pour une limitation à 50km/h, on ne sanctionne pas jusqu’à 55km/h (on ne tient pas compte ici des tolérances dues à l’imprécision des mesures), la vitesse maximum autorisée devient de fait 55km/h, et non plus 50 km/h. Et donc, l’automobiliste sanctionné à 56km/h se plaindra à son tour et tout recommencera.

Les frontières imposées par toute règle objective constituent-elles donc une difficulté insurmontable ? Non bien sûr. Pour y arriver, il faut tout simplement un peu de bon sens, de souplesse, de jugement et de discernement. Autant de notions qui semblent extrêmement positives. Sauf qu’elles impliquent forcément une forme d’arbitraire… Bref pour que l’objectivité fonctionne totalement, il faut un peu de subjectivité…

Joli paradoxe…

L’ERMITE DE LA FORËT D’EYTON : Un Cadfael au meileur de sa forme

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lermitedelaforetdeytonNous voici de nouveau dans l’Angleterre du 12ème siècle pour retrouver notre moine aux talents de détective, Cadfael, dans une nouvelle aventure, l’Ermite de la Forêt d’Etyon. Si la dernière fois, j’avais souligné le caractère quelque peu inabouti du premier épisode de la série, il s’agit ici du 14ème. Cette fois, le style est bien affirmé et on retrouve bien tout ce qui a fait la popularité de cette série.

Richard Ludel, tenant héréditaire du manoir d’Eaton, a confié l’éducation de son fils à l’abbaye de Shrewsbury. Quand il vient à décéder, ce dernier est trop jeune pour lui succéder. L’abbé décide donc de continuer sa mission et de garder le garçon auprès de lui, conformément à la promesse qu’il a faite à son père. Mais sa grand-mère a d’autres projets pour lui et exige de récupérer l’enfant, avec à ses côtés un mystérieux ermite et son assistant qui n’est peut-être pas celui qu’il prétend être.

Ce résumé n’est pas extrêmement révélateur de ce qu’est le cœur de l’intrigue de l’Ermite de la Forêt d’Eyton. Et c’est tant mieux, car il serait dommage de gâcher le plaisir d’un futur lecteur éventuel. En effet, Ellis Peters commence toujours ses récits pas des évènements qui semblent anodins, avant que tout s’envenime et se complique, avec généralement un mort à la clé. Mais également beaucoup de mystère que frère Cadfael va se faire un malin plaisir de dénouer. Heureusement, le plaisir est partagé.

L’Ermite de la Forêt d’Eyton se caractérise notamment par plusieurs intrigues qui s’entrecroisent. Le récit est donc riche, sans être non plus hyper dense. Les livres de Ellis Peters reste toujours très accessible et clair. Beaucoup d’intrigues ne signifient pas forcément intrigues complexes et alambiquées. Après, on y voit là une qualité ou un défaut, chacun ses préférences. Globalement, sans être inoubliable, cette histoire est très agréable à lire et propose un dénouement en rien prévisible, même si on ne peut pas non plus affirmer qu’il est hyper surprenant.

Comme pour les autres romans de la série, on retrouve dans l’Ermite de la Forêt d’Eyton ce qui fait le charme de ce détective moyenâgeux. Déjà, le personnage en lui-même, ce moine, ancien croisé, qui jette un regard toujours plein de recul sur les événements. Il se démarque des préjugés et des superstitions de ses contemporains et c’est ce qui en fait un enquêteur hors paire. Evidemment, on apprécie aussi l’aspect historique du roman. Ellis Peters est vraiment un pionner du genre détective du passé, qui désormais rempli largement les rayons des libraires. Il y a un vrai dépaysement dans la lecture de cette série, même si l’auteur ne cherche pas à tout pris à nous donner un cours d’histoire. C’est vraiment un décor, une toile de fond, mais qui apporte un aspect un peu décalé à ce « polar ».

La plume d’Ellis Peters est à l’image de ses intrigues. Pas inoubliable, mais qui permet de passer un très bon moment. L’Ermite de la Forêt d’Eyton se lit vraiment facilement et s’il est un peu plus épais que d’autres épisodes de la série, il reste relativement court (280 pages chez 10/18). Le récit ne s’encombre jamais de trop de descriptions et de lourdeurs. Chose appréciable, il y a une carte avant le début du roman qui permet de situer les lieux qui sont évoqués.

L’Ermite de la Forêt d’Eyton est vraiment de la littérature de « série ». Le plaisir de retrouver un personnage et un univers auxquels on s’est attaché renforce l’intérêt que l’on porte à un roman avant tout divertissant, mais qui ne révolutionne pas le genre. Même si pour le coup, cette série l’a un peu inventé…

ETERNELS PROBLEMES

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logementAvant parler boulangerie, le grand sujet politique d’hier a donc été le logement. Voilà évidemment un des thèmes qui vont animer la campagne présidentielle. C’est un sujet qui m’intéresse au plus haut point puisqu’en plus d’être directement concerné, payant un loyer exorbitant pour un appartement pas terrible, c’est le domaine dont je m’occupe le plus dans le cadre de mes fonctions hautement prestigieuses de conseiller municipal d’opposition.

Mais ce sujet, et quelques variantes comme celui des banlieues, semble être une sorte de mal chronique auquel aucune solution ne semble pouvoir être apportée. L’autre sujet de ce type est bien sûr le chômage, autre thématique qui va animer les débats qui s’annoncent. Alors, l’élection de 2012 sera-t-elle celle où surgiront enfin des solutions auxquelles personne n’avait encore pensé ? Pourtant, il suffit de consulter la littérature ou la presse pour voir que bon nombre de personnes, experts divers et variés, prétendent connaître la marche à suivre pour sortir de l’ornière. Leur mise en pratique ne doit pas être si simple que ça…

Je suis prêt à prendre les paris que l’élection de 2017 placera encore ces mêmes sujets au cœur des échanges. Evidemment, j’espère que la situation aura évolué favorablement d’ici là. Mais il est illusoire de croire qu’une quelconque baguette magique va venir effacer des problèmes auxquels on se heurte depuis plusieurs décennies. Je reste persuadé que résoudre une difficulté prend d’autant plus de temps que cette dernière existe depuis longtemps. C’est d’autant plus vrai en matière d’urbanisme, domaine où l’inertie est colossale. On ne construit pas un immeuble en claquant des doigts et 5 ans ne suffiront de toute façon pas à modifier la situation dans des proportions qui signifieraient que le problème peut être considéré comme résolu.

Les choses prennent du temps qu’on le veuille ou non. Mais la seule tare de la démocratie représentative est sa difficulté à traiter le long terme. On peut rêver, mais 2012 a peu de chance d’être très différent de ce point de vue là.

DIAMOND HOO HA (Supergrass) : Pas de hourras !

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diamondhoohasupergrassEn 1995, alors que la perfide Albion était divisée en deux camps irréconciliables, entre les fans d’Oasis et de Blur, souffla un vent de fraîcheur sur la brit’pop. Un vent nommé Supergrass et leur immense tube Aright. Chanson qui commence par « we are young », ce qui était effectivement le cas puisque les membres du groupe n’étaient alors âgés que de 18 ans. La valeur n’attend pas le nombre des années… surtout que l’on les a beaucoup moins entendu par la suite. Et ce n’est pas ce Diamond Hoo Ha, sorti en 2008 et dernier album en date, qui va vraiment nous le faire regretter.

A leurs débuts, contrairement aux autres groupes de rock ou de pop britannique, les Supergrass étaient trois. Il y a bien sûr un chanteur et guitariste, Gaz Coombes, un bassiste, Mick Quinn et un batteur, Danny Goffey. Mais comme l’originalité est toujours difficile à entretenir sur la durée, ils sont désormais quatre puisque le frère du chanteur, Robert Coombes, a rejoint le groupe après leur premier album pour y jouer principalement du piano ou tout autre instrument à clavier.

13 ans après leurs débuts, Supergrass n’a évidemment plus tout à fait la même fraîcheur et la même spontanéité. On ne demande pas la même chose à un groupe de gamins qu’à un groupe de trentenaire. On pouvait donc s’attendre à ce que que Diamond Hoo Ha nous offre une musique plus mature, plus maîtrisée. Elle l’est bel et bien dans une certaine mesure, mais cela s’accompagne également malheureusement aussi d’un léger manque d’intérêt.

Diamond Hoo Ha n’est pas un mauvais album en soit. Mais un album comme on en fait beaucoup, surtout de l’autre côté de la manche. Supergrass essaye bien de naviguer entre pop pure et dure et rock plus musclé, mais ça reste toujours sans grande surprise et sans créativité débridée. Les arrangements sont bien ceux d’un groupe professionnel, possédant un minimum de dextérité et de talent. Toutefois, cela n’est pas du tout suffisant pour se démarquer de la concurrence.

La voix de Gaz Coombes apporte bien un peu de personnalité au groupe, mais cela ne va pas très loin. Surtout quand il essaye d’imiter Iggy Pop, on réalise très bien les limites de son talent. Bon évidemment, la comparaison vise haut, mais il y a bien d’autres chanteurs auxquels il n’arrive pas à la cheville. Comme quoi commencer sa carrière par un énorme tube ne signifie en rien que l’on pourra aisément renouveler la performance.

Si on doit tout de même sortir deux titres, je retiendrai Rebel in You. Il s’agit sûrement du titre le plus pop de Diamond Hoo Ha et il prouve que c’est encore ce qu’ils savent faire de mieux. Malheureusement, tout l’album n’est pas à son image, même si cela aurait fait fuir à toutes jambes les allergiques à la brit’pop. L’autre titre phare est pour moi Ghost of a Friend, un des rares titres qui se veut énergique qui décolle vraiment. Pas de quoi monter au plafond, mais au moins on a vraiment envie de taper du pied pour le coup.

Diamond Hoo Ha ne signe donc pas le retour fracassant de Supergrass sur le devant de la scène. Un album moyen pour une carrière de plus en plus discrète.

Pour finir, regardons de plus près les titres que l’on trouve sur cet album.

1.: Diamond Hoo Ha Man
Un titre très rock pour commencer.

2.: Bad Blood
La voix semble imiter celle de Iggy Pop, sans toutefois le même talent.

3.: Rebel in You
Un titre plus brit’pop. C’est encore ce qu’ils font de mieux.

4.: When I Needed You
Une ballade rock aux accent assez sombres. Bien, mais sans plus.

5.: 345
Un rock un peu mou.

6.: The Return of…
Pop rock sans relief.

7.: Rough Knuckles
Un titre assez énergique, à défaut d’être génial.

8.: Ghost of a Friend
Un morceau avec un peu plus de punch et qui décolle vraiment.

9.: Whiskey & Green Tea
Un titre qui rentre dans le rang.

10.: Outside
Plus rock, mais ça reste timide.

11.: Butterfly
Retour à Iggy Pop… mais de loin..

DES RENFORTS A DEFAUT DE STARS

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thiagomottaLe mercato vient de s’achever et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il a été plutôt calme, aussi bien en France qu’en Europe. On ne peut que s’en réjouir, tant cette redistribution des cartes en cours de saison est aussi superflue qu’éthiquement discutable. Pourtant, on a longtemps cru que la trêve hivernale allait marquer profondément la Ligue 1.

En effet, on pensait que le PSG allait frapper un grand coup et qu’une pluie de stars allait s’abattre sur la capitale. Le triple raté Beckham-Pato-Tevez démontre bien que malgré l’argent des Qatari, le club est encore loin de jouer dans la cour de grands et de pouvoir attirer les meilleurs joueurs du monde. On ne devrait pourtant pas s’en étonner, encore moins s’en plaindre, mais la patience n’est pas la une vertu très footballistique.

Même si la grande star n’est pas venue, le leader du championnat s’est tout de même incontestablement renforcé pendant ce mercato. Le trio Maxwell-Alex-Thiago Motta est composé de joueurs habitués au plus haut niveau européen. Ils devraient apporter un vrai plus au club parisien pour différentes raisons.

Maxwell, un latéral gauche, vient renforcer le poste sans doute le plus faible du club parisien. Sans vouloir faire offense à Tiéné, on tenait là un maillon faible de l’équipe. Et on voit mal un entraîneur italien accepter de voir sa défense considérée comme une faiblesse. Après, ce n’est pas parce que l’on vient du Barca que l’on est un cador et le Brésilien a encore tout à prouver.

Alex débarque à un poste, arrière central, où la concurrence était déjà maximale. On peut donc s’en étonner. Mais il s’agit là d’une valeur sûre au niveau européen, même s’il n’était plus titulaire à Chelsea. Il a été la pierre angulaire de la grande équipe du PSV Eindhoven, demi-finaliste de la Ligue des Champions en 2005… Il est vrai que ça commence à dater, mais le Brésilien (encore un !)  n’a sûrement pas perdu toutes ses qualités. Il faut juste espérer qu’il ne prenne pas la place de Mamadou Sakho, grand espoir du football français qui pourrait voir sa participation à l’Euro compromise.

Un autre international français à de quoi s’inquiéter. En effet, le temps de jeu de Blaise Matuidi risque de diminuer très nettement avec l’arrivée de Thiago Motta. L’Italien d’origine brésilienne (tiens, tiens…) est devenu un pilier de sa sélection. Un titulaire de la Squadra Azurra ne peut décemment pas constituer une mauvaise recrue…

On s’amusera à noter que le deuxième plus gros dépensier de ce mercato en France s’appelle… l’AS Monaco, toujours relégable en Ligue 2. Entre les deux clubs, il y a un monde au niveau des résultats. Mais ils ont au moins le point commun de pouvoir dépenser sans compter…

LES TUEURS : A l’origine du film noir

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lestueursafficheLe flash-back est devenu une mode cinématographique tellement répandue qu’elle en devient exaspérante. C’est désormais quand un film commence vraiment par le début qu’on le remarque. Pourtant, cette frénésie ne doit pas nous faire oublier que cette technique, à une époque où elle paraissait encore innovante, a pu donner de très grands films. Peut-être même le plus grand de l’histoire, avec Citizen Kane, mais aussi d’autres classiques inoubliables comme les Tueurs de Robert Siodmak.

Dans une petite et paisible ville de l’Amérique profonde, débarquent deux tueurs à gage. Ils viennent pour tuer « le Suédois », gérant de la station service. Ce dernier, averti avant leur arrivée, ne cherchera même pas à fuir et se laissera exécuter. Jim Reardon, enquêteur pour la compagnie auprès de laquelle la victime avait souscrit une assurance-vie, va alors mener une investigation pour savoir pourquoi on en est arrivé là.

Les Tueurs est un grand classique du film noir, pour ne pas dire l’archétype. C’est aussi un film puzzle puisque l’enquête prend la forme de différents témoignages sur le passé de la victime, permettant de reconstituer peu à peu un tableau cohérent. Le tout s’achèvera par un vrai rebondissement. Bref, un film à la forme extrêmement moderne, pourtant sorti en 1946, dont on comprend  aisément qu’il ait profondément influencé l’histoire du 7ème art. Il constitue également l’apogée de la carrière de Robert Siodmark, également auteur du Corsaire Rouge.

Les Tueurs nous rappelle aussi qu’il était une époque où on ne pouvait être réalisateur sans un vrai sens artistique. C’était l’époque du noir et blanc, où le travail sur l’éclairage donnait sa personnalité à un film. Là aussi, on est devant un modèle du genre, avec des ambiances plus ou moins lumineuses selon le ton de la scène. Les ombres deviennent presque des acteurs à part entière et il se dégage de ce film une beauté esthétique remarquable. On peut bien sûr faire également de beaux films en couleur, mais le noir et blanc garde son charme si particulier, lorsqu’il est talentueusement exploité.

lestueursOn pourrait éventuellement reprocher à les Tueurs un manque d’originalité quant au fond du scénario. Il est vrai qu’il s’agit d’un film noir à l’intrigue somme toute classique, une histoire de truands, avec une femme au milieu. Mais il faut évidemment replacer les choses dans leur contexte et si ce n’est pas le premier film du genre de l’histoire du cinéma, on était encore à une époque où les codes et les archétypes étaient à inventer. Ce film se situe à l’aube de l’âge d’or hollywoodien des années 50 et 60 dont il peut revendiquer une parcelle de paternité.

Les Tueurs, c’est aussi un casting comme on n’en fait plus. Burt Lancaster – Ava Gardner, voilà un couple historique du 7ème art, à une époque où les effets spéciaux n’avaient pas encore dispensés les acteurs d’être expressifs. Il y a toujours cette impression de « surjeu », comme dans beaucoup de classique, mais il y’a un tel talent à l’écran que l’on n’y prête guère attention.

Les Tueurs est donc un classique qui doit figurer dans toutes les bonnes cinémathèques de cinéphile. Un de ces films qui ont inventé le cinéma et dont on ressent encore l’influence aujourd’hui.

QUESTION DE CONFIANCE

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confianceLa confiance… Au bout combien de temps l’accorder ? A qui ? Avec quelle preuve ? Voilà, le genre de question qu’heureusement on ne se pose pas tous les matins en se levant. Enfin, il y en a tout de même qui aiment se poser des questions à longueur de journée, mais là n’est pas le sujet de ce billet. Bref, voilà le genre de chose que l’on fait sans trop réfléchir, en se basant inconsciemment sur son expérience passée, influencée aussi forcément par son éducation et sa propre personnalité.

J’ai donc eu l’occasion depuis deux jours de vérifier qu’il faut parfois quand même y réfléchir à deux fois. J’ai toujours considéré que la confiance était quelque chose qu’il fallait accorder au départ et qu’il fallait attendre d’avoir des preuves que la personne n’en est pas digne pour la retirer. Façon peut-être un peu naïve de voir les choses, mais qui fonctionne quand même plutôt bien. Personnellement, j’ai eu plus de retours positifs d’un confiance accordée d’entrée que l’inverse. Mais évidemment, quand on est dans ce dernier cas, cela est particulièrement décevant.

Ma mésaventure actuelle est heureusement dans un cadre professionnel. Si je rumine relativement intensément depuis deux jours, je sais bien que cela va finir par se calmer et que cela ne va pas non plus bouleverser ma vie. De plus, ce n’est pas vraiment une personne, mais plutôt une institution où la responsabilité est diluée qui s’est comporté de manière à mon sens extrêmement malhonnête. N’empêche que sont impliqués des personnes avec qui j’avais des relations très cordiales. C’est sans doute cela le plus dur à encaisser.

Un ancien collègue me disait qu’il ne fallait jamais accorder de valeur à la promesse orale et que seule comptait les engagements écrits. Professionnellement, je viens d’avoir la preuve éclatante qu’il avait raison et que pour le coup, j’ai peut-être été un peu léger. Mais bon après plus de deux ans de collaboration, j’avais l’impression qu’on était au-delà de ça et je m’étais trompé. Que cela me serve de leçon.

Après, faut-il élargir ces principes à la vie de tous les jours ? J’en suis moins sûr. Peut-être que cela me vaudra quelques déceptions plus ou moins amères, mais je continue de penser que le monde est quand même largement plus peuplé de gens biens que de gens indignes de confiance. Alors, ne laissons pas les quelques mauvais exemples gâcher toutes les expériences positives, auquel on pense beaucoup moins facilement.

Percevoir le bon avec la même force que le mauvais, voilà quand même une bonne philosophie de vie.

LA MORT DANS L’ART (Sandra Scoppettone) : Pour épater la galerie

lamortdanslart

lamortdanslartIl y a des milieux qui se prêtent mieux au polar que d’autres. Nombreux sont ceux qui nous amènent dans les casinos, les champs de course, le milieu politique ou encore le monde de la nuit. Bref, là où on s’attend à rencontrer des mauvais garçons et un minimum de violence. Les galeries d’art ne sont par contre pas vraiment un lieu où on s’attend à voir se nouer une intrigue policière. C’est pourtant possible. La Mort dans l’Art de Sandra Scoppettone est là pour le prouver.

Fortune Fanelli est un ancien flic, reconverti en détective privé. Il est chargé d’enquêter sur le meurtre d’une jeune fille dont le corps a été découvert disposé comme un mannequin dans la vitrine d’un magasin branché de Soho. Il s’agit surtout de retrouver son jeune frère, qui avait fugué pour vivre son rêve de devenir peintre.

Sandra Scoppetone est une femme. Bon dis, comme ça, on s’en doute un peu et on ne mesure pas vraiment l’intérêt d’une telle information. Mais il faut savoir qu’elle a tout d’abord publié ses premiers romans policiers sous le pseudonyme de Jack Early, avant d’assumer son sexe. A tel point qu’elle a crée la première (enfin à ma connaissance) détective ouvertement lesbienne, Lauren Laurano. Mais la Mort dans l’Art met en scène un autre personnage.

Le héros de ce roman s’appelle donc Fortune Fanelli. Or, on le sait bien (façon très prétentieuse d’ériger son avis personnel au range de vérité universelle…), pour faire un bon polar, il faut un enquêteur sympathique ou bien intéressant. Le personnage principal répond ici très bien à cette définition et on s’y attache très vite. Père célibataire, il tente de mener de front sa vie familiale, son enquête, tout en séduisant sa nouvelle voisine. Cela fait beaucoup pour un seul homme… Bon, évidemment, on ne tient pas là le cœur de la Mort dans l’Art, mais on sait bien que ces à-côtés sont capitaux pour vraiment apprécier ce genre de littérature.

Mais rentrons dans le vif du sujet avec l’enquête à proprement parler. Là on tient un récit très classique, avec son meurtre, sa recherche du mobile, puis du coupable. La Mort dans l’Art n’a vraiment rien de révolutionnaire de ce côté là, mais on entre tout de même très facilement dans cette histoire. Les rebondissements ne sont pas cousus de fil blanc et si le dénouement n’est pas inoubliable, on ne le voit pas venir dix ans, ou plutôt cinquante pages, à l’avance. Bref, les amateurs de polar apprécieront.

Globalement, la Mort dans l’Art est très agréable à lire. Le style de Sandra Scoppettone est très léger. Le livre est relativement court, 250 pages chez Pocket. C’est donc idéal pour un court moment de détente littéraire ou pour les transports vu qu’il ne pèsera pas une tonne et demi dans votre sac à main. On regrettera simplement l’absence d’une vraie immersion dans un quartier, une ambiance. Toute l’intrigue tourne autour de Soho, mais on n’arrive pas vraiment à se l’imaginer à travers ce roman, à ressentir ce qui fait son âme et sa particularité. Certes, de trop longues descriptions auraient pu alourdir le récit, mais aurait pu donner une autre dimension à ce livre qui restera au stade de divertissement sympathique.

Autre petit regret est que ce roman n’est pas donné lieu à une suite et l’apparition d’un personnage récurrent. Comme on a pu le voir, la vie personnel du protagoniste principal fait beaucoup dans le charme de ce livre. On aimerait donc beaucoup le retrouver et voir comment cela évolue avec sa charmante voisine. Tant pis… Et vu que ce roman date de 1984, il y a peu de chance que l’auteur se décide enfin de lui offrir une nouvelle vie.

La Mort dans l’Art est donc un bon polar, court, agréable à lire, à défaut d’être révolutionnaire.

GRANDEUR ET DECADENCE

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nadaldjokovicLe tennis masculin connaît la période la plus faste de son histoire, alors que le tennis féminin atteint des sommets désintérêt sportif et médiatique. Quel contraste ce week-end. Alors que Nadal et Djokovic nous offrait un combat titanesque qui marquera pour longtemps les mémoires, Azarenka triomphait de Sharapova en deux sets secs, 1h22, en finissant sur un 6-0. Ce ne serait pas si grave s’il ne s’agissait pas de la 19ème finale d’un tournoi du Grand Chelem en deux sets sur… les 21 dernières.

Les années 90 avaient été synonymes de grands progrès du tennis féminin. Finis les 6-0 ; 6-0 en finale comme Steffi Graff face à Zvereva en 1988, à Roland-Garros. Puis quelques chose s’est brisé au milieu des années 2000, quand les stars du moment se sont lancées dans un concours de blessures. Et jamais, une relève digne de ce nom n’a pu s’imposer. Du coup, on oublie aussi vite qu’elles sont apparues celles qui rajoutent leur nom aux palmarès des quatre tournois majeurs.

Du côté des hommes, on n’a pas vraiment ce genre de soucis. Le trio Nadal-Federer-Djokovic joue un tennis comme on en a rarement vu. Chaque tournoi nous offre son lot de match à couper le souffle, à un niveau que l’on imaginait pas possible aussi fréquemment sur une si longue période. Et ce pauvre Andy Murray risque de devenir à jamais le joueur le plus talentueux n’ayant jamais remporté de Grand Chelem. Pourtant, de talent, il n’en manque pas et à toute autre époque, il aurait déjà occupé le rang de numéro 1 mondial.

Espérons que très vite le niveau du tennis féminin se rapproche à nouveau de celui des garçons. Mais la barre est placée plus haut que jamais.

SLEEP THROUGH THE STATIC (Jack Johnson) : Jack Johnson surfe toujours sur la douceur

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sleepthroughthestaticjackjohnsonJack Johnson est un type cool. Normal, il porte des chemises à fleurs, fait du surf et gratte sa guitare. Il faut dire qu’il vient d’Hawaï, ça aide, surtout pour les chemises à fleurs. Longtemps le jeune homme s’est plutôt orienté vers une carrière de surfeur pro, comme papa. Mais une grave blessure brisera ses rêves. Il se concentre alors sur sa guitare pour notre plus grand bonheur. Pour preuve, ce Sleep Through the Static, son 5ème album, sorti en 2008, toujours aussi bon.

Jack Johson c’est un peu comme les Beach Boys, mais version acoustique. Un océan de douceur et de calme, sûrement pas une vague déferlante. On l’imagine bien, sur la plage, séduisant les plus belles filles avec sa guitare, tandis que des benêts bodybuildés essayent de se faire remarquer sur leur planche à repasser aquatique. Mais qui pourrait résister à cette musique qui coule aux oreilles telle une brise rafraîchissante.

Sleep Through the Static prouve une nouvelle fois que Jack Johnson est vraiment le maître du genre. On retrouve tout ce qui fait son style et son succès. De belles mélodies, entre folk, blues et jazz, qui porte une voix qui affiche une vraie personnalité. Certes, on reste dans un répertoire relativement restreint, mais on n’a jamais l’impression d’entendre plusieurs fois la même chanson. Jack Jonhson affiche une vraie maîtrise qui en fait véritablement un artiste majeur.

Cependant, si on veut chercher la petite bête, on pourra tout de même rétorquer que si Sleep Throug the Static est aussi bon que ses albums précédents, ce qui constitue en soi un vrai et beau compliment, il n’apporte pas vraiment quelque chose de véritablement nouveau. Jack Johnson reste centré sur ce qu’il fait de mieux. Du coup, il le fait très bien, mais on ne pourra pas reconnaître dans cet album de réelle prise de risque artistique. Mais bon, encore une fois, dans l’absolu, on est face à un très bon album.

Un très bon album aussi parce que tous les titres sont de grande valeur… Enfin, sur l’album principal. Personnellement, j’ai une version 2CD avec des remix sur le second disque et vraiment ces derniers n’apportent pas grand chose. C’est pourquoi, je vais me militer aux 14 titres que l’on trouve sur toutes les versions. A part éventuellement, They Do, The Don’t, qui n’est même pas mauvais, mais juste un peu plus anodin, tous les morceaux que l’on trouve sur Sleep Through the Static procurent beaucoup de plaisir à l’auditeur.

On notera en particulier If I Had Eyes, le single de l’album qui constitue vraiment un titre phare. Un titre qui résume parfaitement le style de Jack Johnson, tout en douceur et en mélodie. J’ai aussi un faible pour What You Trough You Need, aux accents plus jazzy et Adrift, dont le ton est au contraire très mélancolique. Mais il y en a vraiment pour tous les goûts…. Enfin sauf ceux qui ne jure que par le rock très énervé avec des grosses guitares électriques qui tâchent et une batterie qui s’en donne à cœur joie. Ceux-là, effectivement, ont plutôt intérêt à passer leur chemin.

Au final, Sleep Through est donc un excellent album de Jack Johnson, qui ravira vraiment les fans, mais qui, par contre, ne les surprendra guère.

Pour finir, un petit tour des titres que l’on trouve sur cet album.

– 1. All At Once
Une belle ballade paisible.

– 2. Sleep Trough The Static
Du pur Jack Johnson. Et c’est bon !

– 3. Hope
Une ballade avec un soupçon d’énergie.

– 4. Angel
Une ballade au contraire très douce, mais toujours très belle.

– 5. Enemy
Encore beaucoup de douceur dans ce titre.

– 6. If I Had Eyes
Un magnifique single qu résume parfaitement le style de Jack Johnson.

– 7. Same Girl
Une ballade romantique où la voix est parfaitement mise en valeur.

– 8. What You Trough You Need
Un titre aux accents plus jazzy, mais toujours excellent.

– 9. Adrift
Une ballade mélancolique, mais surtout très jolie.

– 10. Go On
Un morceau plus rythmé, un peu plus heurté, mais ça coule quand même encore tout seul.

– 11. They Do, They Don’t
Un titre plus évaporé, un peu moins marquant.

– 12. While We Wait
Une belle ballade très épurée.

– 13. Monsoon
Un excellent titre chanté un peu à la manière d’un crooner.

– 14. Losing Keyes
Un morceau très épuré, tout en douceur, où Jack Johnson semble nous murmurer directement à l’oreille
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