
Annie a 14 ans. Joueuse de volley, elle fréquente les chatrooms pour adolescents sur le sujet. Elle y fait la connaissance de Charlie, un lycéen avec qui elle noue une relation virtuelle. Ils discutent jour et nuit et s’attachent de plus en plus l’un à l’autre. Mais elle va se rendre compte peu à peu qu’il n’est pas vraiment ce qu’il prétend être…
Le synopsis que je viens d’exposer ne résume que les premières minutes du film. Trust n’est pas un film sur les dangers d’internet. La relation se terminera sur un drame et Trust porte essentiellement sur les conséquences de ce dernier pour la jeune fille et ses parents, individuellement et en tant que couple. Ce n’est pas non plus un film policier sur la traque d’un pervers pédophile. L’enquête ne joue qu’un rôle mineur et là encore, ce qui importe, c’est son impact sur la vie des protagonistes.
Trust est surtout remarquable d’intelligence. Le scénario explore beaucoup de directions et de thématiques. Pour chacune d’elle, le scénario sait mettre les barrière nécessaires et évitent toujours les pièges dans lesquels il aurait pu tomber. Les sujets autour de la justice, de la vengeance, de la culpabilité peuvent vraiment donner le pire et on l’a souvent vu. Ici, à chaque fois que le risque d’une telle dérive apparaît, le propos se conclut, évitant l’inutile, le superflu et le spectaculaire de mauvais goût.
Trust est donc impressionnant de maîtrise pour une second film. Surtout que le premier était une comédie pipi caca oubliée, Cours Toujours Dennis, dont la sortie est passée inaperçue et visiblement à raison. Il y a un changement radical de ton et David Schwimmer semble infiniment plus à l’aise dans ce sujet difficile qu’il a traité magistralement. Un film humain, poignant, dérangeant, dur parfois, mais jamais morbide ou voyeur. Bien sûr, on ne rigole pas beaucoup dans ce film, mais on ne s’ennuie jamais une seule seconde et on entre totalement dans cette histoire dès les premières minutes.
Le travail de David Schwimmer n’est pas remarquable que sur le traitement du sujet. Sa caméra est aussi pleine d’une subtilité pleine de promesse. On ne fait pas un si beau film par accident, mais grâce à un vrai talent, un vrai sens de l’image et de la mise en scène. Là encore, le résultat est particulièrement abouti, sans superflu, sans esbroufe. Le réalisateur a su trouver les limites qui fait de sa réalisation un serviteur de son sujet et non l’inverse.

Enfin, Trust souffre des mêmes limites que celles du talent de Clive Owen. On savait l’Anglais très à l’aise dans des films d’action, moins dans des rôles aussi difficile. Il s’en sort globalement remarquablement bien, jusqu’à cette scène finale qui nous rappelle qu’il n’est pas le plus grand acteur que la Terre ait connu. Par contre, les performances de Catherine Keener et Liana Liberato sont irréprochables. On saluera notamment le courage de la jeune actrice d’affronter un rôle aussi difficile.
Trust est donc un film remarquable et surprenant, quand on connaît le C.V. de son réalisateur. Comme quoi, il faut toujours se méfier des apparences… Comme sur le net…
Distribution : Metropolitan FilmExport
Réalisation : David Schwimmer
Scénario : Andy Bellin, Robert Festlinger
Montage : Douglas Crise
Photo : Andrzej Sekula
Décors : Michael Shaw
Musique : Nathan Larson
Directeur artistique : Kerry Sanders
Durée : 106 mn
Catherine Keener : Lynn
Liana Liberato : Annie
Jason Clarke : Doug Tate
Viola Davis : Gail Friedman
Chris Henry Coffey : Charlie / Graham Weston
Noah Emmerich : Al Hart

Bon vous l’aurez compris, l’Amour Dure Trois Ans donne une nouvelle occasion à Louise Bourguoin de rayonner. Et je ne dis pas ça parce qu’on la voit encore toute nue, même si c’est un spectacle dont on ne se lasse pas. Elle est tout simplement éblouissante de présence à l’écran. Ce n’est pas Meryl Streep, on n’est pas la technique magistrale d’interprétation, mais dans un charisme inexplicable, qui va bien au-delà de la simple qualité plastique. Il suffit qu’elle sourit pour qu’on se dise « putain, en plus d’être belle, elle est sympa et drôle ! ». Du coup, Gaspart Proust fait un peu pâlichon à ses côtés. Ses débuts comme vrai acteur ne sont pas désastreux, mais rien de très enthousiasmant non plus. Enfin pas sûr que la direction d’acteur l’ait beaucoup aidé.

La réalisation de Pierre Pinaud est sobre. Si on était méchant, on dirait que cela flirte parfois un peu avec le téléfilm. Plus objectivement, sa caméra est totalement au service de son actrice principale et il en oublie un peu quelque fois de mettre en valeur ce qu’il y a autour d’elle. En tout cas, il y a un vrai talent dans la direction d’acteur, même si artistiquement Parlez-moi de Vous ne présente aucun intérêt particulier.

Louise Wimmer nous propose une réalisation plutôt sobre de la part de Cyril Mennegun. Mais sobriété ne signifie en rien que le film ne soit pas travaillé visuellement. Le travail de cadrage pour saisir les émotions de cette femme pas toujours très bavarde et qui essaye de tout garder pour elle est remarquable. Le résultat est d’une formidable délicatesse et arrive parfaitement à nous faire ressentir les sentiments par lesquels elle passe.




J.Edgar reste cependant réalisé par Clint Eastwood. C’est-à-dire qu’il reste un plaisir pour les yeux, avec une maîtrise artistique parfaite et une musique signée par Eastwood lui-même qui colle parfaitement à l’image. Si cela donne un certain intérêt au film, cela renforce aussi le sentiment de frustration. On a le sentiment d’être passé à côté de quelque chose de grand, d’un vrai film politique, historique et passionnant. Au lieu de ça, le film tombe dans le piège de « l’humanisation du méchant », que l’on rend presque sympathique et humain en cherchant à comprendre d’où viennent les racines du mal. Bref, il manque vraiment à ce film une opinion au-delà de la description ou de la reconstitution historique.
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