
J’ai toujours beaucoup aimé le club de Louis Nicollin, bien avant même de savoir à quoi cette ville pouvait bien ressembler. Cette affection est née avec le très beau parcours en Coupe des Coupes du club héraultais, lors de la saison 1990-91, la première que j’ai suivi. Je garde un vrai souvenir de ce match retour contre Manchester United, en quart de finale, perdu 2-0, après une bévue du gardien Claude Barrabé, alors que le match aller, 1-1 à Old Trafford, avait fait naître de grands espoirs. Valderama, Ziober, Xuereb et un certain Laurent Blanc, formaient une très belle équipe.
Alors bien sûr depuis, Louis Nicollin a quelque peu cessé de me faire rire. Ses sorties à la limite de l’homophobie, son complexe de persécution, ses dérapages verbaux à répétition gâchent quelque peu l’admiration que l’on peut avoir pour l’homme et tout ce qu’il a accompli avec son club. Et quoiqu’il puisse en penser, il n’y a pas que les Parisiens qui le trouvent grossier et vulgaire.
Montpellier est aussi un club sympathique parce qu’il a toujours misé sur la formation. Si Laurent Blanc reste le joueur le plus marquant qui ait été formé au club, d’autres internationaux en sont issus : Gérald Passi, Pascal Baills, Laurent Robert et un autre champion du monde, Vincent Candela. Et c’est sans compter tous les bons joueurs de notre championnat comme Jérôme Bonnissel, Kader Ferahoui, Ibrahima Bakayoko ou encore Bruno Carrotti. Cette tradition se poursuit encore aujourd’hui avec Younes Belhanda ou Mapou Yanga-Mbiwa.
Et si Montpellier réussit une telle saison, c’est avant tout grâce à deux hommes un peu moins médiatiques que Loulou Nicollin. Tout d’abord, René Girard, l’entraîneur, arrivé au club après avoir été poussé hors de la Direction Technique National par un Gérard Houllier qui a toujours adoré les intrigues de palais. Il attaque sa troisième saison au club où on lui a laissé le temps de bâtir une équipe de haut niveau, composé de jeunes formés au club et aussi de recrues aux rapport qualité-prix défiant toute concurrence. On pense en particulier à Olivier Giroud, bien sûr, mais aussi au Chilien Estrada, à John Utaka ou à Geoffrey Dernis.
Cette politique de recrutement particulièrement intelligente porte un nom : Nicollin. Mais pas Louis, qui a souvent eu tendance au cours de l’histoire du club à commettre de grosses erreurs à ce niveau là. Non, c’est aujourd’hui son fils, Laurent, qui s’il est discret dans les médias, réalise un travail remarquable et est devenu le vrai dirigeant de ce club. Bref, il a le talent de son père, mais pas ses défauts.
Le plus dur pour un club comme Montpellier reste de se maintenir à un tel niveau. Son effectif est déjà objet de bien des convoitises et on sait à quel point il est parfois difficile de se remettre du départ d’un joueur emblématique. La saison dernière, les résultats ont été moyens et le transfert de Tino Costa à Valence n’y était sûrement pas étranger. Le club connaîtra forcément des hauts et des bas, ne pouvant rivaliser financièrement avec ses concurrents directs.
Mais pour l’instant le club est très haut. J’espère simplement, malgré toute l’affection que j’ai pour lui, qu’il ne grimpera pas encore un échelon en fin de saison.

Malveillance propose vraiment un scénario maîtrisé de bout en bout. Le dénouement est à la hauteur du reste du film et aucun rebondissement n’est prévisible. Il n’y aucun effet facile, comme des fausses pistes ornées de grosse ficelle. Le film reste sur son idée principale, n’en dévie pas et surtout l’exploite jusqu’au bout et avec beaucoup de réussite. Comme pour Rec, on est face à un film de genre, avec toutes les limites que cela implique, mais qui a le mérite d’atteindre parfaitement son but grâce à tout le talent déployé.

Une Nuit nous offre également une belle galerie de personnages. Là encore, c’est très romanesque, avec l’affrontement entre les différentes générations, un certain sens de l’honneur et de la loyauté et la frontière flou entre bons, méchants, flics, truands. Le film dresse un portrait des acteurs du monde de la nuit sûrement trop pittoresque pour être vrai, mais encore une fois, le tout fonctionne très bien et il n’y aucune raison de bouder son plaisir. 

Enfin, Take Shelter nous offre un dénouement très réussi. Savoir finir un film est déjà difficile, mais il l’est tout particulièrement quand l’histoire est basé sur un processus qui doit nous conduire d’un point A à un point B. Si la fin du voyage est sans surprise, cela nuit au film tout entier. Ce n’est absolument pas le cas ici, que ce soit pour la conclusion et pour l’épilogue.



Tout comme le scénario, la réalisation de Cédric Kahn fait d’Une Vie Meilleure un film dynamique. Certes, il y a quelques longueurs, mais c’est parce que l’intrigue parfois en rond, pas parce qu’elle s’éternise au même point. De même, le montage est plutôt nerveux, avec des scènes généralement assez courtes. Ce sont de vraies qualités cinématographiques, mais qui font naître de vrais regrets par rapport au fond qui n’est pas tout à fait au niveau.
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