MONTPELLIER, UN DAUHPIN TOUJOURS LA

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montpellierJe viens de m’apercevoir que 4 des 5 derniers articles de ce blog ont été consacrés au Paris-Saint-Germain. Alors certes, je revendique complètement le statut de supporter tout à fait partial. Certes, le club de la capitale a donné de nombreuses raisons (bonnes et surtout mauvaises) de faire parler de lui. Mais tout de même, l’actualité footballistique ne se limite pas aux mufleries de Leonardo. Car si Paris reste le grand favori pour le titre en fin de saison, il devra visiblement compter sur une concurrence acharnée de son surprenant dauphin : Montpellier.

 

J’ai toujours beaucoup aimé le club de Louis Nicollin, bien avant même de savoir à quoi cette ville pouvait bien ressembler. Cette affection est née avec le très beau parcours en Coupe des Coupes du club héraultais, lors de la saison 1990-91, la première que j’ai suivi. Je garde un vrai souvenir de ce match retour contre Manchester United, en quart de finale, perdu 2-0, après une bévue du gardien Claude Barrabé, alors que le match aller, 1-1 à Old Trafford, avait fait naître de grands espoirs. Valderama, Ziober, Xuereb et un certain Laurent Blanc, formaient une très belle équipe.

 Alors bien sûr depuis, Louis Nicollin a quelque peu cessé de me faire rire. Ses sorties à la limite de l’homophobie, son complexe de persécution, ses dérapages verbaux à répétition gâchent quelque peu l’admiration que l’on peut avoir pour l’homme et tout ce qu’il a accompli avec son club. Et quoiqu’il puisse en penser, il n’y a pas que les Parisiens qui le trouvent grossier et vulgaire. 

Montpellier est aussi un club sympathique parce qu’il a toujours misé sur la formation. Si Laurent Blanc reste le joueur le plus marquant qui ait été formé au club, d’autres internationaux en sont issus : Gérald Passi, Pascal Baills, Laurent Robert et un autre champion du monde, Vincent Candela. Et c’est sans compter tous les bons joueurs de notre championnat comme Jérôme Bonnissel, Kader Ferahoui, Ibrahima Bakayoko ou encore Bruno Carrotti. Cette tradition se poursuit encore aujourd’hui avec Younes Belhanda ou Mapou Yanga-Mbiwa.

 

Et si Montpellier réussit une telle saison, c’est avant tout grâce à deux hommes un peu moins médiatiques que Loulou Nicollin. Tout d’abord, René Girard, l’entraîneur, arrivé au club après avoir été poussé hors de la Direction Technique National par un Gérard Houllier qui a toujours adoré les intrigues de palais. Il attaque sa troisième saison au club où on lui a laissé le temps de bâtir une équipe de haut niveau, composé de jeunes formés au club et aussi de recrues aux rapport qualité-prix défiant toute concurrence. On pense en particulier à Olivier Giroud, bien sûr, mais aussi au Chilien Estrada, à John Utaka ou à Geoffrey Dernis. 

Cette politique de recrutement particulièrement intelligente porte un nom : Nicollin. Mais pas Louis, qui a souvent eu tendance au cours de l’histoire du club à commettre de grosses erreurs à ce niveau là. Non, c’est aujourd’hui son fils, Laurent, qui s’il est discret dans les médias, réalise un travail remarquable et est devenu le vrai dirigeant de ce club. Bref, il a le talent de son père, mais pas ses défauts.

 

Le plus dur pour un club comme Montpellier reste de se maintenir à un tel niveau. Son effectif est déjà objet de bien des convoitises et on sait à quel point il est parfois difficile de se remettre du départ d’un joueur emblématique. La saison dernière, les résultats ont été moyens et le transfert de Tino Costa à Valence n’y était sûrement pas étranger. Le club connaîtra forcément des hauts et des bas, ne pouvant rivaliser financièrement avec ses concurrents directs.

Mais pour l’instant le club est très haut. J’espère simplement, malgré toute l’affection que j’ai pour lui, qu’il ne grimpera pas encore un échelon en fin de saison.

MALVEILLANCE : Cesar, un ami qui vous veut du bien

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malveillanceafficheLorsque Maveillance est sorti, j’ai eu comme un doute. En effet, la promotion insistait lourdement sur le fait que c’était le nouveau film du réalisateur de Rec. Or, si je considère effectivement ce dernier comme un grand film, je trouve toujours louche de faire la pub d’un film en parlant d’un autre. Mais bon, c’est quand même une technique marketing très classique et comme les critiques étaient bonnes, je me suis laissé tenter. Et je ne le regrette pas.

Cesar est un gardien d’immeuble qui n’est pas heureux et qui n’a jamais su l’être. Du coup, il n’aime pas les gens heureux. Il n’aime surtout pas le bonheur qu’affiche chaque jour Clara. Alors, il va tout faire pour que son bonheur cesse.

Jaume Balaquero, au vu de sa filmographie, semble vouloir rester un réalisateur de film de genre. Mais avec Malveillance, il nous prouve qu’il possède quand même une palette assez large et peut exprimer son talent dans diverses contextes. En effet, ce film est très différent de Rec, qui était un pur film d’horreur, avec zombies et un groupe d’humains cherchant à survivre. Là, ça n’a rien à voir, car nous sommes devant à un film totalement psychologique et en rien visuellement spectaculaire.

Malveillance est typiquement le film sur lequel il ne faut pas trop en dire pour ne pas gâcher le plaisir du futur spectateur. En effet, son principal ressort narratif repose sur la manière dont progressivement le malaise diffus que l’on ressent immédiatement prend corps, à mesure que l’on comprend les intentions exactes du personnage. Ce voyage au-delà des apparences et cette plongée dans la perversité est ici conduit avec beaucoup de maestria par Jaume Balaquero.

Maveillance n’est pas donc pas vraiment un film qui fait peur. Plutôt un film empli d’une tension extrêmement forte qui provoque un vrai suspense. Le personnage de Cesar inquiète et fascine et vous conduit à vous demander si votre propre concierge ne serait pas un dangereux psychopathe manipulateur. Heureusement, il y a de moins en moins de concierge à l’entrée des immeubles… C’est déjà ça… En tout cas, on est vraiment là face un bel exemple de malaise indéfinissable qui transparaît à l’écran dès les premières secondes. Du coup, on regrette que le film commence par un bout de scène située au milieu du film… Il faudrait vraiment que les réalisateurs perdent cette habitude qui devient vraiment systématique et du coup n’apporte vraiment plus rien.

malveillanceMalveillance propose vraiment un scénario maîtrisé de bout en bout. Le dénouement est à la hauteur du reste du film et aucun rebondissement n’est prévisible. Il n’y aucun effet facile, comme des fausses pistes ornées de grosse ficelle. Le film reste sur son idée principale, n’en dévie pas et surtout l’exploite jusqu’au bout et avec beaucoup de réussite. Comme pour Rec, on est face à un film de genre, avec toutes les limites que cela implique, mais qui a le mérite d’atteindre parfaitement son but grâce à tout le talent déployé.

Le casting repose sur un beau duo. D’un côté, Luis Tosar, que tous les amateurs du cinéma espagnol connaissent bien et qui confirme ici son statut de valeur sûre du cinéma européen. A ses côtés, Marta Etura nous livre une belle performance dans le rôle jamais facile de la victime innocente. On ne crie pas au génie, mais elle contribue à donner de la crédibilité à cette histoire, sans laquelle il n’y aurait aucune tension réelle.

Avec Malveillance, Jaume Balaquero confirme son statut de réalisateur phare du cinéma européen. Espérons qu’il continue à nous livrer des films aussi aboutis, et non pas des suites sans grand intérêt comme Rec 2.

Fiche technique :
Titre original : Mientras duermes
Titre français : Malveillance
Réalisation : Jaume Balagueró
Scénario : Alberto Marini
Direction artistique : Javier Alvariño
Décors : Nina Caussà
Photographie : Pablo Rosso
Son : Oriol Tarragó
Montage : Guillermo de la Cal
Musique : Lucas Vidal
Production : Julio Fernández
Pays d’origine :  Espagne
Langue : Espagnol
Durée : 102 minutes
 
Casting :
Luis Tosar : César
Marta Etura : Clara
Alberto San Juan : Marcos
Pep Tosar : le père d’Úrsula
Carlos Lasarte : le voisin du 4e B
Iris Almeida : Úrsula
Petra Martínez : Mme Verónica

AH AH LA BONNE BLAGUE !

AAA

AAACa y’est, nous allons tous mourir, c’est la fin du monde, notre futur vient de sombrer dans le néant… Et oui, la France vient de perdre son triple A chez Standard and Poors. C’est terrible, horrible, effrayant, tragique, désastreux, dramatique, terrifiant, catastrophique… Mais pourquoi au fait ? Et surtout qu’est ce qui c’est passé dans la nuit de jeudi à vendredi qui justifie ce basculement ?

Bon, il est évident que dans l’absolu cette dégradation ne constitue pas une bonne nouvelle pour notre pays. Mais tout ceci est avant tout symbolique car cela ne devrait pas changer grand-chose, à l’image de ce qu’a vécu les Etats-Unis après la perte de leur triple A. En effet, les acteurs économiques n’ont pas attendu que le couperet tombe pour changer d’opinion sur la dette française et faire que les taux d’intérêt entre notre pays et l’Allemagne par exemple se soient déjà nettement différenciés. Mais tout ceci est révélateur d’un fonctionnement absolument délirant de la finance mondiale et de sa gouvernance.

Il suffit d’ouvrir le moindre journal ou magazine économique (personnellement, je vous conseille Alternatives Economiques, mais après, c’est chacun qui voit), pour y trouver moult analyses sur la situation budgétaire en France et en Europe, sur ses causes et sur les solutions pour sortir de l’ornière. Il y a donc matière à débat et il n’y a sûrement pas une seule voie pour surmonter les difficultés actuelles. Alors pourquoi Standard and Poors, et ses deux collègues, seraient parole d’évangile ?

Notre situation budgétaire souffre de problèmes structurels qui nécessite une analyse et des solutions à long terme. Ce n’est pas avec une taxe sur les sodas que tout va s’arranger. Il faut une vraie réflexion à la fois sur notre système fiscal, sur la nature même de notre économie, en particulier l’équilibre entre les services et l’industrie, sur les bases (et non simplement les taux) de financement de notre système de protection sociale, sur ce qui est du ressort ou non du service public… Bref de vrais débats politiques, qui doivent engendrer des réformes de fond et cohérentes entre elles.

Depuis que les Etats ont volé au secours du système financier mondial, ce dernier cherche à leur imposer de travailler dans une urgence absolument irrationnelle. Il faut évidemment à la fois refuser ce diktat et bien sûr ne pas non plus éluder les problèmes. La perte du triple A ne doit pas conduire qu’à des coupes budgétaires qui enfermeront l’économie dans la récession et ne règleront rien. Il faut au contraire, plus que jamais, parler de développement économique, de politique industrielle, de stratégie d’éducation et d’innovation.

Rassurons-nous, il y aura toujours des investisseurs pour financer ces politiques, surtout si elles sont bien conçues. Personne n’a intérêt à voir l’économie s’effondrer, même pas les pires spéculateurs. Il y a dans ce monde des économistes brillants qui ont vu voir venir les crises (Stiglitz pour ne pas le citer), contrairement aux analystes de Standard and Poors. Alors franchement pourquoi les écoute-t-on encore ?

UNE NUIT : Au fil de la face sombre de la Ville Lumière

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unenuitafficheAprès une série de petites déceptions du côté du cinéma français (La Délicatesse, Des Vents Contraires et Une Vie Meilleure), retour aux fondamentaux avec un genre qui a toujours bien réussi au 7ème art tricolore : le film noir. En effet, Une Nuit constitue le premier bon film hexagonal de 2012 qui marque le retour à l’écran de Philippe Lefebvre…27 ans après son dernier film.

Simon Weiss est flic à la brigade mondaine. Chaque nuit, il fait le tour des night-clubs de Paris. Mais cette nuit, il vient de comprendre qu’il est surveillé par l’Inspection Générale des Services, mais aussi qu’il se passe des choses pas très claires dans le milieu de la nuit parisien. Ces deux faits sont-ils liés ?

Une Nuit est un jeu de piste, sur la forme sur le fond. En effet, le scénario se déroule d’établissement en établissement, de quartier en quartier. Simon rencontre les différents protagonistes, les uns après les autres et jamais au même endroit. Entre deux scènes, le film nous offre des vues des rues de Paris by night. On n’est pas très loin de l’exercice de style, mais la cohérence entre l’intrigue et la mise en scène et le talent artistique de Philippe Lefebvre font qu’il est très réussi.

Les amoureux de Paris la nuit ne devront donc rater ce film sous aucun prétexte. Après quelques esprits chagrins pourront faire remarquer qu’Une Nuit nous présente un Paris où il n’y a strictement aucune circulation… mais c’est pour mieux profiter du spectacle, alors le plaisir des yeux vaut bien un léger manque de réalisme. En tout cas, voilà un très beau film qui nous fait ressentir l’âme d’un lieu, d’une ville, d’un monde qui a toujours fasciné…

Après, là encore, ce film nous montre très certainement une vision très romanesque de la brigade mondaine et du monde de la nuit parisien. Mais d’un autre côté, c’est une œuvre de fiction, pas un documentaire. On se laisse prendre par cette intrigue assez classique sur le fond (qui a trahi qui et pourquoi ?), mais originale sur la forme. C’est bien mené, elle avance à un rythme qui nous préserve de l’ennui et les rebondissements sont réels, même s’ils ne sont pas toujours hyper inattendus.

unenuitUne Nuit nous offre également une belle galerie de personnages. Là encore, c’est très romanesque, avec l’affrontement entre les différentes générations, un certain sens de l’honneur et de la loyauté et la frontière flou entre bons, méchants, flics, truands. Le film dresse un portrait des acteurs du monde de la nuit sûrement trop pittoresque pour être vrai, mais encore une fois, le tout fonctionne très bien et il n’y aucune raison de bouder son plaisir.

Une Nuit nous permet une nouvelle fois d’apprécier le charisme de Roschdy Zem. On l’a déjà vu plusieurs fois dans ce genre de rôle, mais ça lui va si bien qu’on ne s’en lasse pas. La vraie bonne surprise réside dans la performance de Sarah Forestier, dont ne doutait pas une seule seconde de l’immense talent, mais que l’on n’avait pas encore vu dans ce type de rôle. Elle s’en sort réellement à merveille. Enfin, Samuel Le Bihan est égal à lui-même. Pas le plus grand acteur du 7ème art français, mais une performance solide néanmoins.

Une Nuit est donc un film noir classique dans son intrigue et réussi dans sa forme originale, qui ravira tous les amoureux de la face sombre de la Ville Lumière.

Fiche technique :
Réalisateur : Philippe Lefebvre
Scénario : Simon Michael, Philippe Isard et Philippe Lefebvre
Musique : Olivier Florio
Photographie : Jérôme Almeras
Son : Pierre Gamet, Hervé Guyader et Hervé Buirette
Costumes : Anne David
Durée : 100 min

Casting :
Roschdy Zem : Simon Weiss, commandant dans la Brigade mondaine
Sara Forestier : Laurence Deray, chauffeur de Simon pour la nuit
Samuel Le Bihan : Tony Garcia, « roi de la nuit » à Paris
Grégory Fitoussi : Paul Gorsky, avocat de Garcia
Jean-Pierre Martins : Jo Linder
Jean-Paul Muel : « la baronne »
Sophie Broustal : Josy
Gérald Laroche : Alex, patron de boîte à partouze
Hélène Seuzaret : Danièle Weiss, la femme de Simon
Kamel Labroudi : Abdel, dealer et petit ami de « la baronne »
Richard Bohringer : le père de Jo Linder

IRRATIONALITE IMPATIENTE

pato

patoCe soir, j’aurais pu décider de réagir à chaud à l’actualité et vous proposer un article sur la perte du triple A que vient de subir notre pays. Et puis, je suis dit qu’il n’y avait pas le feu. A la fois, il ne s’est rien pensé entre hier et aujourd’hui qui fasse que tout ait subitement changé. Je vais donc vous parler plutôt du PSG, qui reste quand même mon sujet de dissertation préféré…surtout pour dire du mal de Leonardo.

Après le transfert raté de Beckham, qui a fait sourire gentiment toute la planète football, voici le bide engendré par l’annonce de la venue de Pato. Ceci ne tend à prouver qu’une seule chose : l’incompétence du directeur sportif parisien qui prouve jour après jour qu’il n’apporte guère de plus value au club. On peut lui accorder le crédit de la venue d’Ancelotti, sauf que rien ne vient démontrer que le PSG avait besoin de changer d’entraîneur.

Leonardo et la direction qatarie, par leur manque de patience et leur refus de faire grandir le club progressivement, commettent en fait une double erreur. Déjà sportivement, tout cela est aussi superflu qu’inutile. Le club est en tête du championnat et n’a donc aucun besoin impérieux de renforts immédiats (ni de changement d’entraîneur… mais bon j’en ai déjà largement parlé). L’arrivée de Maxwell constitue notamment une bien meilleure nouvelle pour l’équipe que la venue de n’importe quelle star, puisque les défenseurs latéraux sont le maillon faible de l’équipe. Un groupe, ça se construit patiemment joueur à joueur, selon un subtil équilibre et non pas en empilant les noms ronflants.

Tout cela est évidemment économiquement irrationnel. Le PSG ne va pas acquérir l’attractivité d’un très grand d’Europe du jour au lendemain. Il faut donc sortir le carnet de chèques et miser gros, très gros. En effet, on a beau dire, les footballers ne s’offrent pas forcément au plus offrant. Quand on gagne déjà plusieurs millions d’euros par an au Milan A.C., on peut se passer d’en gagner un ou deux de plus dans un club au prestige inférieur. Surtout que cela risque d’entraîner une diminution des revenus publicitaires, ces derniers constituant une bonne part de leurs revenus.

La voie choisie ne pourra donc que conduire à une surenchère dont les résultats restent très hasardeux. On ne va pas pleurer sur les millions perdus des Qataris… Par contre, si on pleure un échec pour la conquête du titre en fin de saison, Leonardo pourra sérieusement s’inquiéter pour son avenir. Et ça non plus, ça ne va pas nous faire pleurer.

TAKE SHELTER : La folie avant la tempête

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takeshelterafficheDans la série des critiques que je vais commencer par « dans la série de », voici Take Shelter. En effet, dans la série des thèmes récurrents inspirant les cinéastes, il y a celui de la folie, ou plus précisément celui du chemin qui y mène. Elle peut être plus ou moins douce, aux conséquences plus ou moins dramatiques. Je rassure tout de suite les âmes sensibles, personne ici ne finit pas découper qui que ce soit à la tronçonneuse.

Curtis LaForche rêve de plus en plus régulièrement d’une tempête aux conséquences dramatiques. Chaque nuit, il se réveille un peu plus angoissé et très vite les peurs de la nuit viennent envahir ses journées. Il plonge alors peu à peu dans une paranoïa qui inquiète ses proches et dont il a lui-même conscience. Surtout que sa mère a été internée pour schizophrénie alors qu’il n’était qu’un enfant.

Si le sujet est classique, il offre assez de possibilités pour que chacun des films sur le sujet n’offrent pas forcément une impression de déjà-vu. On peut bien sûr trouver moult similitudes avec bien des œuvres qui l’ont précédé, mais Take Shelter est un film qui sort de l’ordinaire, à défaut d’être réellement novateur. Notamment parce qu’il possède des qualités qui ne sont pas donnés à tout le monde.

Déjà le processus est décrit de manière vraiment remarquable. La progressivité se fait sur un rythme peut-être un tantinet trop lent, un léger manque de rythme étant le seul vrai défaut du film. Mais cela laisse aussi le temps de vraiment rentrer dans cette histoire, d’être saisi par ce caractère inexorable de ce lent basculement que rien ne semble vouloir arrêter, même la volonté de la victime. Tout ceci se fait sans à-coups, avec une régularité d’une parfaite précision qui rend le tout vraiment réaliste et crédible.

Ensuite, Take Shelter est un beau film, d’une élégance singulière. La réalisation de Jeff Nichols est particulièrement soignée. On retrouve chez lui un peu des qualités d’un Steve McQueen (le réalisateur de Shame), mais avec un sens de la mesure qui ne transforme pas son film en exercice de style. Bref, une forme qui apporte une vraie valeur ajoutée, sans jamais prendre le pas sur le fond.

takeshelterEnfin, Take Shelter nous offre un dénouement très réussi. Savoir finir un film est déjà difficile, mais il l’est tout particulièrement quand l’histoire est basé sur un processus qui doit nous conduire d’un point A à un point B. Si la fin du voyage est sans surprise, cela nuit au film tout entier. Ce n’est absolument pas le cas ici, que ce soit pour la conclusion et pour l’épilogue.

Take Shelter nous offre également un casting plutôt réussi. On n’est pas surpris de voir Michael Shannon à l’aise dans un tel rôle, puisqu’il en avait déjà tenu un similaire dans Bug. Un acteur rare, dont le physique un peu particulier limite peut-être le répertoire, mais qui ne manque sûrement pas de talent. A ses côtés, Jessica Chastain nous livre une belle prestation et signe là le rôle le plus marquant de sa carrière.

Take Shelter ne figurera peut-être pas aux palmarès que l’on établira en fin d’année 2012, mais il constitue une des bonnes surprises cinématographique de ce début d’année.

Fiche technique :
Production : Low spark films
Réalisation : Jeff Nichols
Scénario : Jeff Nichols
Montage : Parke Gregg
Photo : Adam Stone
Décors : Chad Keith
Distribution : Ad Vitam
Son : Ryan Putz
Musique : David Wingo
Effets spéciaux : Chris Wells
Durée : 116 mn
Casting :
Michael Shannon : Curtis
Jessica Chastain : Samantha
Tova Stewart : Hannah
Shea Whigham : Dewart
Katy Mixon : Nat
Natasha Randall : Cammie

MS. KELLY (Kelly Rowland) : Une belle voix si mal mise en valeur

mskellykellyrowland

mskellykellyrowlandPour établir ma liste de CD à écouter, j’ai deux sources principales. Enfin, j’en avais deux, puisque l’une s’est tarie. D’un côté, je consulte les critiques de Télérama, qui mine de rien, vous font découvrir des groupes rock, folk ou country pas forcément hyper connus, mais qui valent parfois leur pesant de cacahuètes. Et puis, je m’étais basé sur une série de numéro du magazine Maximal… Vu le retard accumulé, je n’ai plus la moindre idée de quoi vient d’où. Enfin là, vu que je suis en pleine série musique de pouffes, je doute que cela vienne de Télérama…

Je vais donc vous parler aujourd’hui de Ms. Kelly de Kelly Rowland. Mon premier réflexe a été de me dire « encore une parfaite inconnue ! ». Sauf que pas du tout en fait, puisque cette charmante demoiselle est une ancienne du groupe Destiny’s Child. Et oui, il n’y avait pas que Beyonce ! L’album du jour est sorti en 2007, trois ans après la séparation définitive du groupe. Il s’agit de son deuxième album, le premier, Simply Deep, étant sorti en 2003, entre la 1ère séparation et l’excellent Destiny’s Fulfilled.

L’amateur des Destiny’s Child que je suis pouvait donc s’attendre à y trouver tout ce qui a fait le succès du groupe. De l’énergie, de la maîtrise et des arrangements bétons. Seulement, Ms. Kelly ne compte aucune de ses qualités, bien au contraire. Comme quoi un groupe est bien plus que la somme de ses parties. Enfin là, c’est surtout la production qui n’est pas du tout au niveau car Kelly Rowland reste avant tout une pure interprète.

Et justement, si on doit tout de même ne retenir que le positif de Ms. Kelly, on retiendra la très belle voix de Kelly Rowland. Une voix chaude, qui garde toute sa maîtrise et toute son harmonie quand elle est poussée. Un organe parfait pour la soul et le r’n’b, même si elle n’est pas la seule sur le marché à en avoir un de cette qualité. Mais bon la voix ne fait jamais tout (sauf chez Pow Wow me direz-vous) et on peut l’apprécier réellement que sur quelques morceaux de cet album. Mais j’y reviendrai…

Avant, passons en revue tous les défauts de Ms. Kelly. Du coup, les accompagnements musicaux ne sont pas du tout à la hauteur. Ils sont souvent brouillons, pas du tout mélodieux, même pas entraînant. Cela ressemble parfois à un truc bricolé en deux secondes, histoire de mettre quelque chose en fond sonore. Et quand on quitte le n’importe quoi, c’est généralement pour passer au strictement sans intérêt. Bref, Kelly Rowland n’est vraiment pas aidée et on en aurait presque de la peine pour elle. Un peu plus, je lui proposerai un câlin pour la consoler… Mais non, chérie, c’est juste pour la réconforter… Aie, aie, aie, pas taper…

Du coup, Ms. Kelly n’offre que de rares moments de plaisir musical que lorsque la voix est presque seule avec elle-même. En effet, les trois meilleurs titres sont les plus épurés, avec un accompagnement au piano ou à la guitare sèche. Every Thought is You, Better with you et This is Love sont les trois seuls morceaux qui laissent vraiment entrevoir le potentiel de Kelly Rowland en tant qu’interprète.

Ne connaissant pas ses autres albums (elle en a sorti 4 à ce jour), je ne peux dire si Ms. Kelly n’est qu’un accident, mais en tout cas, il ne met sûrement pas en valeur une voix qui peut sans problème nous proposer bien autre chose.

Pour finir faisons le tour des morceaux de Ms. Kelly

1.: Like This
On est tout de suite plongé dans une ambiance pouffy hip-hop (néologisme à moi).

2.: Comeback
La voix est plus poussée, plus mélodieuse, mais les arrangements ne sont vraiment pas terribles.

3.: Ghetto – Snoop Dogg
Un duo avec Snoop sans aucun intérêt.

4.: Work
Plus de maîtrise et de conviction et c’est tout de suite bien meilleur.

5.: Flashback
Le ton est plus sensuel, le rythme plus lent. C’est propre, mais sans génie.

6.: Every Thought Is You
Plus mélodique, plus mélodieux, très doux et surtout très bon.

7.: The Show
Brouillon et vraiment pas terrible.

8.: Interlude
Un piano, de la vraie musique douce et mélodieuse. Ca ne dure qu’une minute, mais ça fait du bien.

9.: Still in Love with My Ex
Le titre est tout un programme, mais le résultat est très moyen.

10.: Love
De l’énergie dans la voix, mais encore une fois la musique ne suit pas.

11.: Better Without You
Plus épuré, plus mélodique et pas mal du tout.

12.: This Is Love
Ballade à la guitare sèche très épurée, très classique, mais très belle.

13.: Gotsta Go, Pt. 1
Un titre méga pouffy pour finir. Pas mal du tout ce coup-ci.

NOUVELLE ANNEE, NOUVEAUX ESPOIRS

monfilstsonga

monfilstsongaEn commençant à écrire ces quelques lignes, je me dis que je n’ai pas peur de me répéter. En effet, voici un nouvel article sur nos nouveaux Mousquetaires du tennis français, un de mes sujets de dissertation favoris. Le problème est que le thème central est toujours le même : des espoirs pour l’avenir. Le fait que je me sente obligé de les reformuler encore et encore montre bien qu’ils n’y ont toujours pas complètement répondu.

Mais cette fois, j’y crois… Ok, je le dis à chaque fois, toujours convaincu que cette fois sera la bonne. Sauf que je me suis jusqu’à présente toujours plus ou moins trompé. Cependant, cette première semaine de tennis de l’année, avec une finale franco-francaise à Doha et la demi-finale de Gilles Simon à Brisbane me donnent à penser que jamais la conjoncture ne fut aussi bonne… mais c’est peut-être avant tout parce que la concurrence donne des signes de faiblesse.

Sur les 27 derniers tournois du Grand Chelem, un seul (l’US Open 2009) a échappé au trio Federer-Nadal-Djokovic. Nous vivons une période comme le tennis n’en a jamais connu et il est devenu presque impossible de se faire une place au soleil. Quand on voit comment le quatrième homme, Andy Murray, doit se contenter de maigres miettes, on se dit que ceux qui suivent ne peuvent guère espérer que des victoires dans des tournois de deuxième rang.

Mais entre l’âge de Federer, la santé de Nadal et le caractère slave de Djokovic, on se dit que la fin du règne absolu du trio infernal est proche. Bon bien sûr, le caractère slave constitue surtout un cliché ridicule et rien n’indique que le Serbe va connaître une moindre baisse de régime cette année. Cependant, on peut parier en 2012 sur un vainqueur en Grand Chelem qui connaîtrait pour la première fois cet honneur. Dans ce cas, pourquoi pas un de nos joueurs tricolores.

Jo-Wilfried Tsonga semble être celui taillé pour ce rôle. De la constance, malgré une certaine fragilité physique, et surtout une immense dose de talent, voilà de beaux atouts. Seule lui manque encore trop souvent cette faculté à se sublimer le jour J. A force de le répéter, on finit par se dire que cette caractéristique est profondément ancrée en lui, mais je crois qu’il serait encore prématuré de baisser les bras.

Ce mental qui autorise les exploits, Gael Monfils le possède. Par contre, la constance et la motivation de tous les instants ne sont toujours pas son fort. J’ai parfois dit beaucoup de mal de ce joueur à ces débuts. J’avoue humblement que je n’aurais jamais imaginé le voir à ce niveau pendant si longtemps. Cependant, les reproches restent les mêmes, même si un immense talent, supérieur à ce que j’imaginais, arrive à souvent à les compenser.

Gilles Simon reste de loin le moins médiatique des quatre, mais peut-être pas le moins talentueux. 2011 fut une année plutôt décevante, marquée aussi par les blessures. On peut croire que 2012 sera l’année où son ascension reprendra… ou pas. Ses mauvais résultats en Coupe Davis, malgré les excuses que le joueur avance, démontrent bien qu’il lui manque tout de même un tout petit peu de l’étoffe d’un très grand champion.

Enfin Richard Gasquet… Bon, j’ai déjà tellement dit de chose qui ne se sont pas vérifiées avec lui que cette fois-ci, je me contenterai d’un qui vivra verra.

BECAUSE OF THE TIMES : C’était mieux après

becauseofthetimeskingsofleon

becauseofthetimeskingsofleonJ’avais déjà rédigé une critique d’un album de Kings of Leon. Il s’agissait de Only by the Night, sorti en 2008 et qui les avait définitivement propulsé sur le devant de la scène rock mondiale. Je l’avais jugé assez bon, très propre, parfaitement maîtrisé, mais pas forcément parcouru par une souffle de génie et une créativité débridée. Cette fois-ci, je vais remonter le temps et vous parler de Because of the Times, sorti un an auparavant et qui permet de mesurer à quel point le groupe a pu progresser d’un album à l’autre.

Petit rappel, sur Kings of Leon : il s’agit d’un groupe de rock alternatif (je ne sais toujours pas ce que ça veut dire…) originaire de Nashville et est composé de trois frères et de leur cousin. Bref, on fait les choses en famille. D’ailleurs, il tire son nom du prénom des deux grand-pères des trois frangins. Leur plus grand tube à ce jour s’appelle Sex on Fire et on le trouve sur l’album Only by the Night.

Autant j’ai apprécié Only by the Night, autant Because of the Times m’a très fortement déçu. La faute avant tout à la voix de Caleb Followhill. Elle est vraiment particulière et donne sa personnalité au groupe. Elle est un rien cassée et éraillé, mais avec beaucoup de profondeur. Mise en valeur, elle est un atout. Dans le cas contraire, elle devient carrément pénible et disgracieuse. Et dans de nombre titre de cet album, elle casse bien plus les oreilles qu’elle ne les enchante.

A côté de ça, Kings of Leon a déjà cette maîtrise dans les arrangements et les instrumentations. Cependant, ils nous livre un grand nombre de titres aux sonorités sombres pour ne pas dire sinistres. Ca tourne parfois en rond, ne décolle jamais vraiment et reste souvent d’une grande platitude. Bref, on sent qu’ils savent vraiment bien manier leurs instruments, mais pas forcément quoi en faire. Ca manque d’une vraie créativité et le plus souvent d’énergie et de conviction. Ce n’est pas toujours mélodieux et quand ça l’est, ça n’est jamais vraiment entraînant et encore moins enthousiasmant.

Si on devait tout de même retenir quelque chose de positif de Because of the Times, on retiendrait deux titres. Ragoo d’abord est un des rares moments où Kings of Leon daignent mettre un tantinet d’énergie dans leur musique. Cela n’est pas débridé, mais au moins, ils n’ont pas l’air de jouer avec le frein à main enclenché. Ensuite, Fans, une belle ballade et surtout peut-être le seul morceau où la voix si particulière de Caleb Followhill est vraiment mise en valeur et se transforme en un vrai vecteur pour transmettre de l’émotion. Vraiment dommage que tout l’album ne soit pas à l’image de ces deux titres. Cela n’en aurait pas fait un pur chef d’œuvre, mais au moins un petit moment de plaisir musical.

Heureusement, Kings of Leon a sorti deux albums bien meilleurs depuis ce Because of the Times. Ce dernier révèle un certain potentiel, mais encore largement inexploité. La voix de Caleb Followhill est une arme à double tranchant. Sur cet album, c’est le groupe qui en fait les frais.

Pour finir, faisons le tour des titres que l’on trouve sur Because of the Times.

1.: Knocked Up
Un rock acoustique, presque country.

2.: Charmer
Un morceau plus rock, plus sombre, mais surtout pas terrible.

3.: On Call
Un titre qui reste plat et assez sinistre.

4.: McFearless
C’est lent, un peu distordu et surtout assez moche.

5.: Black Thumbnail
Un titre plus guilleret, mais la voix y est vraiment insupportable.

6.: My Party
Un morceau tout en maîtrise, mais où il manque l’étincelle.

7.: True Love Way
Un titre qui tourne en rond.

8.: Ragoo
Un peu plus de conviction et d’énergie.

9.: Fans
Une ballade maîtrisée qui exploite très bien la voix ce coup-ci.

10.: Runner
Un ballade plus triste, bien mais sans plus.

11.: Trunk
Un titre éthéré mais sinistre.

12.: Camaro
La voix part carrément en sucette.

13.: Arizona
Un rock lent, maîtrisé, mais sans génie.

UNE VIE MEILLEURE : Pour le meilleur et le moins bon

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uneviemeilleureafficheLa crise semble être devenu la dernière source d’inspiration des cinéastes. Si cela avait déjà été le cas l’année dernière de l’autre côté de l’Atlantique, avec notamment The Company Men, cette tendance arrive en force dans notre beau pays avec deux films cette semaine : Louise Wimmer (qui ne se joue pas dans les cinémas les plus près de chez moi malheureusement) et donc Une Vie Meilleur, objet de cette critique. Un film porté par un vrai scénario, mais qui souffre aussi de nombreux défauts.

Yann et Nadia s’aiment et rêvent de l’avenir. Ils finissent par acheter une maison au bord d’un lac avec l’espoir d’y ouvrir un restaurant. Mais sans argent, ils se couvrent de dettes et doivent faire face à des contraintes administratives qui les plongent vite en plein cauchemar financer. Du coup, Nadia est obligée d’accepter un emploi au Canada et part en laissant à son compagnon son fils âgé de dix ans. Une situation provisoire, mais qui laisse Yann seul face à ses difficultés et ses espoirs brisés.

Une Vie Meilleure est donc un film au scénario très solide et consistant. Il y a un vrai effort de narration, avec de multiples rebondissements et péripéties. On n’est donc loin du cinéma contemplatif et pseudo-psychologique que l’on pouvait craindre. Ce n’est pas un film sur les sentiments, mais une véritable histoire avec un début et… Bon, je reviendrai là-dessus…

Le soucis est que parfois, tout cela est un peu gros pour être crédible. Si pour Mission Impossible et un James Bond, on se moque bien du réalisme, pour une histoire avec un tel fond social, cela devient nettement plus embêtant. Certes, de nombreuses personnes semblent destinées à prendre systématiquement les mauvais décisions. Simplement, il arrive à un moment où cela fait perdre son statut de victime au profit de celui de coupable de ses propres ennuis. Certes, Yann est sympathique, plein d’une énergie et d’une ténacité qu’on aimerait voir récompenser, mais très vite, les ficelles deviennent trop grosses et on a vraiment le sentiment qu’il s’enfonce lui-même la tête sous l’eau…sinon il n’y aurait pas de film ! Du coup, l’attachement au personnage se dilue un peu et par la même occasion l’intérêt que l’on porte au film.

L’autre problème de Une Vie Meilleure est l’absence d’un réel dénouement. Le plan final laisse songeur et on voit mal en quoi il apporte la moindre conclusion à cette histoire. Certes, un film n’est pas une dissertation philosophique et je suis même le premier à l’affirmer. Mais tout de même, on sent bien que Cédric Kahn cherche à mettre du sens dans son film, mais n’y parvient qu’à moitié. Cela laisse un goût d’inachevé, alors que les dernières minutes nous avaient apporté les seuls vrais moments d’émotion et presque réconciliés avec les personnages.

uneviemeilleureTout comme le scénario, la réalisation de Cédric Kahn fait d’Une Vie Meilleure un film dynamique. Certes, il y a quelques longueurs, mais c’est parce que l’intrigue parfois en rond, pas parce qu’elle s’éternise au même point. De même, le montage est plutôt nerveux, avec des scènes généralement assez courtes. Ce sont de vraies qualités cinématographiques, mais qui font naître de vrais regrets par rapport au fond qui n’est pas tout à fait au niveau.

Une Vie Meilleure nous propose un beau trio de comédiens. Guillaume Canet occupe une place prépondérante dans ce film et nous offre un nouvel aperçu de l’étendu de son talent. Il porte véritablement le film sur ses épaules et on ne pourra lui reprocher ses faiblesses. A ses côtés, Leila Bekhti est toujours aussi belle et gagne encore en maturité. Si elle est moins présente que son compagnon, elle s’acquitte toujours avec un grand talent de ses passages à l’écran. Enfin, le jeune Slimane Khettabi nous offre un très beau rôle enfantin, surtout que celui-là n’est pas toujours facile.

Au final, Une Vie Meilleure n’est pas un film raté, mais un film mal maîtrisé où la volonté de bien faire de Cédric Kahn ne lui a pas permis d’être réellement convaincant.

 
Fiche technique :
Production : Les films du lendemain, Maia Cinéma, Cinémaginaire
Distribution : Mars distribution
Réalisation : Cédric Kahn
Scénario : Cédric Kahn, Catherine Paillé
Montage : Simon jacquet
Photo : Pascal Marti
Décors : Patrick Gilbert
Musique : Akido
Durée : 110 mn
 
Casting :
Guillaume Canet : Yann
Leïla Bekhti : Nadia
Slimane Khettabi : Slimane
Nicolas Abraham : L’entrepreneur
François Favrat : le banquier
Brigitte Sy : la femme qui so’ccupe de surendettement