
2020 avait été une année sombre pour le cinéma, avec la fermeture des salles obscures pendant une partie de l’année et l’annulation de beaucoup de sorties. Du coup, mon classement de l’année n’avait concerné que trois films. Malheureusement, 2021 n’a pas été loin de lui ressembler comme deux gouttes d’eau. Du coup, si j’avais continué à me contenter des films à qui j’ai attribué la note de 15 ou plus, la liste aurait une nouvelle fois riche de trois longs métrages. Le 7ème art méritant mieux, j’ai descendu la barre d’un cran pour accueillir aussi les films ayant reçu une note de 14 ou plus.
2021 aura donc été marquée par un triomphe du cinéma américain. Aussi bien dans son côté hollywoodien qu’indépendant. Evidemment, on pourra regretter un manque de renouvellement avec aux deux premières places, deux nouvelles adaptations d’une œuvre ayant déjà fait l’objet d’un passage sur grand écran. Tous les réalisateurs présents ici ne sont pas de première jeunesse : 75 ans pour Steven Spielberg et Paul Schrader et surtout 84 ans pour Ridley Scott. Heureusement, la liste compte aussi quelques premiers films comme The Father de Florian Zeller ou Promising Young Woman d’Emmerald Fennell.
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Le cinéma américain possède une capacité unique de transformer les blessures les plus fraîches en scénario. On peut trouver ça parfois un rien indécent, mais cela vaut sans doute mieux que laisser les choses s’enfouir dans le sable pour être oubliée, comme on le fait parfois chez nous. Surtout quand le résultat est de la qualité de The Card Counter. Un film dont le vrai sujet met du temps à se dévoiler, mais qui sera traité avec beaucoup de force. Paul Schrader signe là un film magnifique après plus de 40 ans d’une carrière qui n’en compte pas beaucoup. Comme quoi, le talent peut mettre bien du temps à avant de s’exprimer pleinement.
On commence avec les Américains de Lambchop. C’est la quatrième fois que je vous parle d’un de leurs albums. Si le premier d’entre eux avait trouvé grâce à mes yeux (Oh, Ohio), j’avais consacré une critique négative aux deux autres. Malheureusement, c’est cette même voie que va suivre ces quelques lignes consacrées à Showtunes, sorti l’année dernière. La voix grave de Kurt Wagner se pose sur ses mélodies sans jamais être tout à fait en harmonie avec elles. La dissonance est d’ailleurs plus large parfois. L’ambiance est évaporée, les interprétations en retrait, sans idée directrice apparente. L’auditeur traverse au final l’album comme un fantôme un espace éthéré.
On poursuit avec le vieux routier britannique Paul Weller et son album Fat Pop (volume 1). Il nous accueille avec sa voix un rien dissonante, mais cette fois-ci énergique (et ça change tout). Elle se pose sur des sonorités parfois étranges, pour une ambiance un rien psychédélique parfois. Le style varie cependant d’une titre à l’autre, si bien que celui-ci reste globalement relativement indéfinissable. La voix donne sa personnalité et son unicité à l’ensemble. L’album est solide et se laisse écouter avec un réel plaisir.
Maintenir un maximum de temps le spectateur dans le flou est un jeu dangereux, mais qui peut rapporter gros. Dangereux car cela peut empêcher celui-ci de rentrer dans une histoire dont il ne comprend pas les tenants et les aboutissants. Mais à l’inverse, cela peut aiguiser sa curiosité et le pousser à suivre avec un maximum d’implication une histoire dont il brûle de connaître la vraie nature. Antoine Barraud a pris ce risque avec Madeleine Collins, un film qui s’ouvre sur une longue séquence dont on attendra longtemps de comprendre quel est le rapport avec le reste. Mais ici, le pari est totalement réussi.
Ce qu’il y a de bien avec la musique, c’est qu’on ne s’en lasse pas facilement. On peut écouter tous les jours les chansons qu’on aime sans se lasser. C’est aussi pour ça qu’on regarde les comédies musicales sans se lasser non plus. Et on en redemande ! C’est donc pour cela que c’est avec un certain enthousiasme que tous ceux qui ont aimé Tous en Scène ont pu aller voir Tous en Scène 2! Les mêmes éléments, une légère impression de déjà vue, mais le même bonheur de retrouver tous ces personnages… et surtout la musique !
Un personnage qui dit la vérité (ou presque) et que personne ne croit, dont toutes les manœuvres pour prouver qu’il ne ment pas l’enfonce toujours un peu plus, est un ressort narratif classique que l’on retrouve dans beaucoup de films. Un Héros repose sur une telle base. Mais le nouveau film d’Asghar Farhadi est loin de se limiter à cela. Rien d’étonnant venant d’un tel cinéaste qui confirme une nouvelle fois l’immensité de son talent. Un film récompensé par le Grand Prix à Cannes, un trophée amplement mérité.
Etait-il bien raisonnable de proposer un quatrième volet à la saga Matrix ? En effet, il existe un rare décalage entre le culte voué à un premier volet et le mépris que beaucoup de spectateurs témoignent aux deux suivants. Une quatrième couche n’était donc réclamée par personne. Mais après quelques bandes-annonces alléchantes, une certaine curiosité, à défaut d’impatience, a fini par naître, portée par l’espoir que toutes ces années d’écart depuis le précédent épisode aient permis de rassembler un maximum de bonnes idées. Au final, Matrix Resurrections en propose bien quelques unes et constitue un agréable divertissement. Mais ne constituera certainement pas un objet de culte.
Parmi les réalisateurs qui ont un thème de prédilection qui marque profondément leur œuvre, Pedro Almodovar occupe une très bonne place. En effet, difficile de ne pas savoir que sa mère joue un rôle particulier chez lui si on a vu plus de deux de ses films. Cela ne va pas s’arrêter avec Madres Paralelas, l’histoire de non pas une seule, mais deux mères, comme son nom l’indique. Des mères, qui ont elles-mêmes des problèmes avec leurs propres mères. Bref, cela fait beaucoup de mères pour un seul film. Et cela procure quelque peu l’impression d’un cinéaste qui tourne quelque peu en rond, malgré la qualité du propos et de la réalisation.
En termes de promotion et de teasing précédent la sortie, Spider-Man : No Way Home représente un modèle du genre. En sortant une bande-annonce qui montrait les super-vilains des autres versions du personnage ressuscités, mais sans dévoiler un éventuel retour de Tobey Maguire ou Andrew Garfield, la production est parvenue à faire couler plus d’encre avant l’arrivée en salle que n’importe quel film avant lui. Cela a abouti à une ruée vers les salles. Restait à ne pas décevoir… Point de déception au final, mais sans pourtant autant d’enthousiasme que l’on aurait aimé.
Les films asiatiques peuvent avoir la réputation d’être relativement ennuyeux. Evidemment, c’est un lieu commun contre lequel je m’inscris en faux. Ou bien c’est juste une question de différence de mode de narration et c’est justement ce qui fait tout l’intérêt de ces longs métrages qui nous ouvrent un autre monde. Cependant, parfois, il faut bien le dire, des films asiatiques sont ennuyeux. C’est le cas des Amants Sacrifiés, un film de Kiyoshi Kurosawa (aucun lien de parenté). Le soucis est qu’il ne nous offre pas grand chose d’autre auquel nous raccrocher.
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