
Déjà par les commentaires laissés par les internautes. Bon, il est vrai qu’ils offrent souvent de grands moments de pensées et d’analyses profondes, quand ils ne proviennent pas tout carrément de la cellule web du Front National. Mais à propos du chômage, on bat tous les records. En effet, il s’y développe la vieille théorie du « quand on veut vraiment bosser, on y arrive ». Voilà une idée toute faite qui n’est généralement formulée que par des gens qui n’ont jamais eu l’occasion de chercher du travail en période de crise économique. 3 millions de chômeurs ne sont pas égaux à 3 millions de feignants.
On nous rétorque aussi que de nombreux recruteurs n’arrivent pas à trouver de candidats satisfaisants à leurs exigences. Par contre, ceux qui avancent cet argument qu’ils jugent massue oublient de se demander si le problème, ou au moins une partie, ne proviendrait pas justement de ces exigences. J’en ai récemment parlé avec un ingénieur suisse qui m’a bien confirmé que la France était le seul pays au monde à accorder autant d’importance au diplôme. Le recruteur français de base voudrait toujours trouver un candidat ayant exactement le bon cursus, le bon diplôme, les bons stages et la bonne expérience. Bref, le candidat doit prouver qu’il a voulu, depuis son berceau, exercer exactement ce métier et que l’entretien représente l’aboutissement d’un rêve.
Les entreprises françaises souffrent d’un grave handicap culturel. Elles ne savent pas prendre de risque dans leur recrutement et ont des fonctionnements gérontocratiques qui privent notre pays de plusieurs points de croissance. Vous ne savez pas quoi faire faire à un jeune diplômé ? Lui saura… En effet, c’est lorsque l’on finit ses études que l’on a la connaissance la plus pointue des innovations en cours dans son domaine, mais aussi une compréhension plus fine des tendances sociétales à venir. Il n’est ainsi pas étonnant de voir notre pays rater régulièrement les grands virages. Je me rappelle d’avoir visité le stand de St Gobain au salon du bâtiment en 2007, au milieu duquel trônait un superbe panneau solaire. Il faut dire que le photovoltaïque avait alors le vent en poupe. Cependant, les animateurs du stand m’ont expliqué qu’il était là surtout pour faire joli parce que l’entreprise venait juste de se pencher sur la question et que rien ne serait prêt avant un an. On peut imaginer à quel point l’équipe chargée de la stratégie d’entreprise devait être jeune, dynamique et capable d’anticiper les nouvelles tendances.
Mais la consternation se poursuit quand les articles traitent des solutions à apporter. On assiste alors à un festival de « il faut », « y’a qu’à » de la part des politiques, économistes, patrons ou syndicalistes, comme si le chômage pouvait être résorbé par une seule mesure magique. Cette dernière n’existe pas et chaque mesure présente ses avantages et ses inconvénients. On assiste généralement à des discours qui parent les actions proposées de toutes les vertus ou à l’inverse de tous les maux. Il est évident que cette question ne peut être traitée que par une politique à la fois économique, sociale et fiscale. Il faut de la croissance, de l’activité, de l’optimisme, des perspectives, des possibilités de rencontres entre recruteurs et candidats, des procédures d’embauches plus légères, un coût du travail le plus bas possible, mais aussi de la consommation pour soutenir l’activité, une épargne pas trop forte et donc pas trop de précarité… Bref beaucoup de choses parfois totalement contradictoires et qui ne peuvent sûrement pas se résumer en une phrase, soit-elle sortie de la bouche du plus brillant des économistes.
On n’a jamais résolu un problème aussi complexe que la persistance du chômage par le déni ou des slogans. Malheureusement, ces derniers restent encore le meilleur moyen de gagner les élections… Tiens je viens de faire à mon tour une belle phrase toute faite…


Une seule chose m’a cependant quelque peu déranger dans Le Havre. C’est l’interprétation très particulière d’André Wilms. Ce vieux routier du cinéma français tient là un de ses rares premiers rôles. Il livre une performance décalée qui colle assez bien avec l’esprit du film, mais qui je trouve sonne souvent faux. Du coup, au lieu d’être lunaire, son personnage semble juste interprété par un très mauvais acteur. Ce qui n’est pourtant pas le cas.


Enfin, Oh my God ! présente aussi un petit aspect romance, mais il resgte vraiment cousu de fil blanc. Cependant, comme on s’attache vraiment aux personnages, cela passe comme une lettre à la poste. Cela représente plus un fil rouge narratif support de la comédie qu’un vrai facteur de tension. Rien de bien génial donc, mais rien de bien gênant non plus.


On appréciera tout de même la sensibilité avec laquelle les sœurs Coulin ont traité le propos dans 17 filles. Elle s’attachent vraiment à nous faire ressentir toutes les émotions typiques de l’adolescence. En cela, le film est une vraie réussite. Le contexte est certes exceptionnel, mais au fond, on ne nous fait partager que des sentiments que beaucoup de nous ont ressenti à un moment ou à un autre entre 13 et 18 ans. L’ordinaire et l’extraordinaire se mêlent donc dans ce film qui, s’il laisse parfois perplexe, maintient l’intérêt du spectateur de bout en bout. On peut être, comme moi, absolument pas convaincu, mais sans pour autant s’être ennuyé. 
La réalisation de C’est donc ton Frère est elle aussi très basique. Laurel et Hardy faisait des films à la chaîne et on sent bien que l’aspect artistique était totalement négligé. On est très loin, une nouvelle fois, du travail de photographie d’un Chaplin. Mais c’est vrai là devant une œuvre dont le format (65 minutes) et la qualité seraient plus ceux qu’une production purement télévisuelle. Mais d’une œuvre qui a traversé près d’un siècle, on attend un plus qu’un bonne émission de télé.
Commentaires récents