CHOMAGE, YFO, YAKA

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chomage2Alors que Xavier Bertrand nous promettait encore il y a peu une courbe qui allait s’inverser, les chiffres du chômage continuent de battre des records mois après mois. A chaque parution des chiffres donnés par l’INSEE les articles de journaux foisonnent. Ils donnent généralement deux bonnes occasions d’être consternés.

Déjà par les commentaires laissés par les internautes. Bon, il est vrai qu’ils offrent souvent de grands moments de pensées et d’analyses profondes, quand ils ne proviennent pas tout carrément de la cellule web du Front National. Mais à propos du chômage, on bat tous les records. En effet, il s’y développe la vieille théorie du « quand on veut vraiment bosser, on y arrive ». Voilà une idée toute faite qui n’est généralement formulée que par des gens qui n’ont jamais eu l’occasion de chercher du travail en période de crise économique. 3 millions de chômeurs ne sont pas égaux à 3 millions de feignants.

On nous rétorque aussi que de nombreux recruteurs n’arrivent pas à trouver de candidats satisfaisants à leurs exigences. Par contre, ceux qui avancent cet argument qu’ils jugent massue oublient de se demander si le problème, ou au moins une partie, ne proviendrait pas justement de ces exigences. J’en ai récemment parlé avec un ingénieur suisse qui m’a bien confirmé que la France était le seul pays au monde à accorder autant d’importance au diplôme. Le recruteur français de base voudrait toujours trouver un candidat ayant exactement le bon cursus, le bon diplôme, les bons stages et la bonne expérience. Bref, le candidat doit prouver qu’il a voulu, depuis son berceau, exercer exactement ce métier et que l’entretien représente l’aboutissement d’un rêve.

Les entreprises françaises souffrent d’un grave handicap culturel. Elles ne savent pas prendre de risque dans leur recrutement et ont des fonctionnements gérontocratiques qui privent notre pays de plusieurs points de croissance. Vous ne savez pas quoi faire faire à un jeune diplômé ? Lui saura… En effet, c’est lorsque l’on finit ses études que l’on a la connaissance la plus pointue des innovations en cours dans son domaine, mais aussi une compréhension plus fine des tendances sociétales à venir. Il n’est ainsi pas étonnant de voir notre pays rater régulièrement les grands virages. Je me rappelle d’avoir visité le stand de St Gobain au salon du bâtiment en 2007, au milieu duquel trônait un superbe panneau solaire. Il faut dire que le photovoltaïque avait alors le vent en poupe. Cependant, les animateurs du stand m’ont expliqué qu’il était là surtout pour faire joli parce que l’entreprise venait juste de se pencher sur la question et que rien ne serait prêt avant un an. On peut imaginer à quel point l’équipe chargée de la stratégie d’entreprise devait être jeune, dynamique et capable d’anticiper les nouvelles tendances.

Mais la consternation se poursuit quand les articles traitent des solutions à apporter. On assiste alors à un festival de « il faut », « y’a qu’à » de la part des politiques, économistes, patrons ou syndicalistes, comme si le chômage pouvait être résorbé par une seule mesure magique. Cette dernière n’existe pas et chaque mesure présente ses avantages et ses inconvénients. On assiste généralement à des discours qui parent les actions proposées de toutes les vertus ou à l’inverse de tous les maux. Il est évident que cette question ne peut être traitée que par une politique à la fois économique, sociale et fiscale. Il faut de la croissance, de l’activité, de l’optimisme, des perspectives, des possibilités de rencontres entre recruteurs et candidats, des procédures d’embauches plus légères, un coût du travail le plus bas possible, mais aussi de la consommation pour soutenir l’activité, une épargne pas trop forte et donc pas trop de précarité… Bref beaucoup de choses parfois totalement contradictoires et qui ne peuvent sûrement pas se résumer en une phrase, soit-elle sortie de la bouche du plus brillant des économistes.

On n’a jamais résolu un problème aussi complexe que la persistance du chômage par le déni ou des slogans. Malheureusement, ces derniers restent encore le meilleur moyen de gagner les élections… Tiens je viens de faire à mon tour une belle phrase toute faite…

MAIGRET A VICHY (George Simenon) : 1ère rencontre avec un grand détective

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maigretavichyCet été, j’ai enfin lu mon premier roman de George Simenon, à savoir l’Enterrement de Monsieur Bouvet. Il faut savoir que ma mère est une fan absolu de cet auteur et que ses livres ont toujours peuplé les rayons de nos bibliothèques. Cette fois, je franchis une seconde étape dans cette découverte étonnamment tardive en m’attaquant à mon premier Maigret, Maigret à Vichy.

Le Commissaire Maigret souffre de surmenage. Sur les conseils avisés de son médecin, il part en cure à Vichy, histoire de prendre du repos. Chaque jour, avec sa femme, il observe les habitués des lieux qu’ils sont amenés à fréquenter. Parmi elles, une femme d’un certain âge à propos de laquelle ils s’amusent à formuler diverses hypothèses. Jusqu’au jour où ils découvrent dans les journaux qu’elle a été retrouvée morte assassinée. Maigret n’est pas en service, mais sa curiosité lui permettra-t-il de rester en dehors de cette affaire ?

Comme pour l’Enterrement de Monsieur Bouvet, on comprend mieux à la lecture de Maigret à Vichy ce qui a fait le succès de plus célèbre des romanciers belges. Tout d’abord, l’histoire est particulièrement simple et accessible. Il s’agit d’une enquête policière extrêmement classique et sans grande surprise pour les habitués du genre. Le mystère se dévoile peu à peu, mais à la manière d’un puzzle qui se complète peu à peu et non pas avec de multiples rebondissements, comme c’est devenu l’habitude de nos jours, parfois jusqu’à l’excès.

Mais le grand intérêt de Maigret à Vichy, et pour le peu que j’en sais celui de l’œuvre de Simenon, c’est la manière dont il décrit et fait vivre ses personnages, afin de brosser un vrai portrait de société. Ceci se fait sur deux dimensions : une humaine, avec les petits travers et les faiblesses universels. Une plus sociale, en décrivant méticuleusement comment la position ou la profession engendrent des apparences souvent trompeuses.

Enfin, Maigret à Vichy est surtout la marque d’une très grande plume. Comme pour l’Enterrement de Monsieur Bouvet (bon, il faut vite que j’en lise d’autres pour arrêter d’avoir un seul point de comparaison), des passages qui chez n’importe quel auteur aurait pu paraître anodin prennent ici une toute autre dimension. Le moins que l’on puisse dire, c’est que ce n’est pas écrit avec les pieds. On voit bien ici comment le style peut faire toute la différence et comment le choix des mots en eux-mêmes détermine une large partie du plaisir de la lecture.

En seulement deux romans, je comprends beaucoup mieux la passion de ma mère pour cet auteur. Elle aussi très attachée à Agatha Christie. Il y a un certains nombres de points communs, malgré aussi d’immenses différences. Les deux s’attachent à démonter les faux-semblants sociaux (en gros : les gens biens sont des voyous comme les autres) autour d’enquêtes policières. Après, Simenon a une plume d’un autre calibre (la faute à la traduction ?) alors que l’Anglaise se caractérise par des intrigues d’une complexité supérieure. En tout cas, tout cela me donne envie de rattraper mon retard car j’ai pour l’instant lu plusieurs dizaines d’Agatha Christie contre deux Simenon.

Maigret à Vichy peut donc constituer une bonne porte d’entrée à l’univers de Simenon. Mais en fait, face à l’œuvre d’un tel auteur, y’a-t-il vraiment une entrée meilleure qu’une autre ?

LE HAVRE : Humanisme décalé

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lehavreafficheJ’ai découvert Ari Kaurismaki un peu par hasard. Enfin, je l’aurais peut-être découvert de toute façon, mais j’avais reçu une invitation pour une avant-première mystère, c’est-à-dire sans savoir quel film j’allais voir, dans le cadre du label des spectateurs UGC. J’avais alors espéré qu’il s’agisse du Pianiste de Roman Polanski, mais j’avais eu la surprise d’assister à un film finlandais, l’Homme sans Passé. Je ne l’avais absolument pas regretté. J’ai donc été très heureux de le voir tourner à nouveau en France et nous proposer son nouveau film, Le Havre.

Marcel Marx est cireur de chaussures au Havre. Autant dire qu’il ne roule pas sur l’or. Heureusement, Arletty, sa femme, est là pour prendre soin de lui. Mais cette dernière tombe malade et doit être hospitalisée. Marcel va donc devoir se débrouiller seul. C’est alors qu’il croise le chemin d’Idrissa, immigré clandestin qui s’est échappé quand le reste de son groupe s’est fait arrêter sur le port, alors qu’ils tentaient de rejoindre Londres, cachés dans un conteneur. Il mettra alors tout en œuvre pour aider le jeune garçon.

Le Havre est une fable. Pour preuve son caractère intemporel. S’il renvoie à des évènements politiques très récents, notamment le démantèlement du camp de réfugiés de Sangatte, l’univers visuel, les objets, les habits nous revoient plutôt vers les années 60. Ari Kaurismaki a voulu ainsi donner un caractère plus universel à son film qui constitue un très beau moment d’humanisme. Un film sur la solidarité contre les logiques déshumanisées.

Le Havre est un film simple au message clair et direct. C’est ce qui en fait sa plus grande force, mais aussi sa plus grande limite. Pas d’esbroufe, mais une forme qui ne sublime pas son propos et se contente de le porter. Mais cette simplicité est aussi vecteur d’une grande poésie car elle crée un décalage complet par rapport aux canons du cinéma d’aujourd’hui, lui donnant un côté… décalé justement. En fait, c’est un peu comme si c’étaient les rapports humains et la solidarité qui étaient eux-mêmes décalés à notre époque.

On retrouve dans le Havre, ce qui fait le charme du cinéma d’Ari Kaurismaki. Un regard d’une grande tendresse sur le genre humain, ses forces et ses faiblesses. Il n’a pas son pareil pour rendre ses personnages attachants, en faisant toujours preuve d’un humour très subtil et souvent ironique. Ce film vaut autant pour son intrigue que pour la galerie de protagonistes souvent lunaires, mais qui ont toujours en eux quelque chose qui nous renvoie à nos voisins et évidemment à nous-mêmes.

lehavreUne seule chose m’a cependant quelque peu déranger dans Le Havre. C’est l’interprétation très particulière d’André Wilms. Ce vieux routier du cinéma français tient là un de ses rares premiers rôles. Il livre une performance décalée qui colle assez bien avec l’esprit du film, mais qui je trouve sonne souvent faux. Du coup, au lieu d’être lunaire, son personnage semble juste interprété par un très mauvais acteur. Ce qui n’est pourtant pas le cas.

Le reste du casting est par contre tout à fait à la hauteur, au premier rang duquel Jean-Pierre Daroussin. Il est égal à lui-même, ce qui ne constitue pas le dernier des compliments. Oui, bon, je sais j’ai déjà employé cette expression pour Ruppert Everett dans ma précédente critique. Mais que voulez-vous, elle est très pratique pour parler d’un très bon acteur qui est très bon.

Le Havre constitue donc une belle surprise de ce début d’année. Un joli moyen, très poétique, de nous rappeler à l’essentiel.
 
Fiche technique :
Production : Sputnik Oy, Pyramide productiond, Pandora film
Réalisation : Aki Kaurismäki
Scénario : Aki Kaurismäki
Montage : Timo Linnasalo
Photo : Timo Salminen
Décors : Wouter Zoon
Distribution : Pyramide distribution
Son : Tero Malmberg
Durée : 93 mn
 
Casting :
André Wilms : Marcel Marx
Kati Outinen : Arletty Marx
Jean-Pierre Darroussin : Inspecteur Monet
Blondin Miguel : Idrissa
Elina Salo : Claire
Evelyne Didi : Yvette
Quoc-Dung Nguyen : Chang
Jean-Pierre Léaud : le dénonciateur
Pierre Etaix : Dr Becker
Roberto Piazza : Little Bob

BECKHAM, INVESTISSEMENT A RISQUE ?

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beckhamAlors que la tempête médiatique liée au renvoi inique d’Antoine Koumbouaré est vite retombée avec la trêve des confiseurs, le PSG continue d’occuper la une de l’actualité sportive. C’est désormais l’arrivée de David Beckham sous les couleurs parisiennes qui occupent toutes les conversations. Et si le changement d’entraîneur a fait l’unanimité contre lui, le recrutement de la star la plus médiatique du ballon rond divise profondément.

Premier élément de débat son âge. Il est vrai que 36 ans n’est pas tout à fait synonyme d’avenir prometteur et à long terme. Mais il ne faut pas entrer dans l’excès inverse qui pousse les clubs de notre pays à vouloir se débarrasser à tout prix des joueurs de plus de 30 ans. La très belle saison de Cédric Barbosa est là pour prouver qu’il faut savoir parfois faire confiance à des joueurs que d’autres voudraient mettre d’office à la retraite. Le titre de meilleur joueur de Premier League de Ryan Giggs et le capitanat de Javier Zanetti à l’Inter en sont d’autres exemples remarquables.

Cependant tous ces joueurs présentent des différences notables avec le cas Beckham. Barbosa évolue dans un petit club. Quant à Giggs et Zanetti, ils ont « vieilli » au sein de leur club dont ils portent les couleurs depuis plus de dix ans. Il est donc difficile d’émettre un pronostic quant à la réussite du milieu anglais au PSG. Si le bide n’a rien de certain, il n’a rien d’impossible non plus.

Reste la question financière qui occupe le centre des débats. Quoiqu’il en soit, David Beckham ne vaudra plus jamais « sportivement » 800 000 euros par mois. Qu’il apporte un vrai plus, c’est possible, mais là on parle d’un salaire d’une méga star mondial dans la force de l’âge. Mais le Spiceboys vaut économiquement bien plus que son apport sur le terrain. Cet investissement est beaucoup plus rationnel et moins risqué que les 42 millions alignés pour le transfert de Pastore. Le retour sur investissement est quasi obligatoire par les retombés en termes de marchandising et de notoriété à l’étranger, en Asie notamment, où David Beckham est un demi-dieu.

Tout cela ne règle pas la question morale… Mais voilà une dimension ignorée par le monde du football et Leonardo en particulier.

TRAFIC DE RELIQUES (Ellis Peters) : Les débuts du moine détective

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traficdereliquesFrère Cadfael est un des premiers personnages du type « détective historique » puisque ses enquêtes nous mènent au cœur de l’Angleterre du XIIème siècle. Il a été crée en 1977 par Ellis Peters avec ce premier tome, Trafic de Reliques. Le roman ne nous présente pas encore un personnage ou une intrigue tout à fait mature, mais les prémisses du succès sont déjà là.

Le monastère bénédictin de Shrewsbury souffre d’un handicap majeur. Il ne recèle pas en son sein de reliques susceptibles d’attirer les pèlerins et leurs donations. Le Pays de Galles voisin, lui, en compte des centaines un peu partout. Un beau jour, Sainte Winifred apparaît à un des moines et lui ordonne d’aller chercher et de ramener ses ossements. Une délégation est alors envoyée dans ce but, mais va se heurter à l’hostilité du seigneur des lieux. Ce dernier est retrouvé mort assassiné le lendemain. Le signe d’une vengeance divine pour certain. Mais frère Cadfael pense très rapidement que la vérité est ailleurs.

Trafic de Reliques reprend les éléments d’un polar classique avec son crime, son mobile à déterminer puis enfin un coupable à confondre. Que le tout se passe en plein moyen-âge ne change pas grand-chose au fond. Les amateurs du genre ne seront pas déçus et trouveront là leur petit jeu préféré. Frère Cadfael est un détective qui en vaut bien d’autre et, tel un Hercule Poirot, se base sur les éléments matériels et une grande attention aux comportements humains pour dénouer les fils du mystère.

Cet aspect de Trafic de Reliques ne réserve donc pas de grande surprise. Cela constitue le fil rouge principal et il est assez solide pour que la lecture reste un plaisir. Le suspense n’est pas non plus insoutenable et l’intrigue suscite plus de la curiosité qu’une véritable passion. Le dénouement n’est pas non plus hyper surprenant et on ne peut pas dire que le roman est parcouru de bout en bout par une insoutenable tension.

Mais ce qui aurait pu faire la différence ce sont évidemment tous les à-côtés, les personnages et le contexte historique. J’ai déjà lu un autre roman de la série (l’Apprenti du Diable) et il m’avait fait une meilleure impression. Ellis Peters ne semble pas encore tout à fait sûr de la personnalité qu’il souhaite donner à Frère Cadfael. Il porte déjà son regard détaché de l’hypocrisie de la vie monastique, du à une vocation survenue sur la fin d’une vie pleine d’aventures. Mais il le fait ici avec moins d’acuité et sans l’ironie mordante qui a fait le succès de cette série.

Trafic de Reliques laisse donc quelque peu le lecteur sur sa faim. Il s’agit certes d’un premier épisode, on peut donc aisément pardonner les imperfections et les hésitations. Il est tout à fait possible que s’il avait été le premier de la série que j’avais lu, il m’aurait fait bien meilleure impression, puisque je n’aurais pas pu comparer avec les tomes suivants. On sent cependant le potentiel du personnage et savoir qu’il a été bien mieux exploité par la suite (enfin au moins dans l’épisode que j’ai lu) permet de relativiser les défauts de cet épisode.

Je ne sais donc pas s’il faut conseiller Trafic de Reliques à ceux qui voudraient découvrir les enquêtes de Frère Cadfael. Commencer par le commencement peut paraître logique, mais les lecteurs impatients seront peut-être déçus. En tout cas, cette série reste indispensable pour tous les amateurs de polars historiques.

 

OH MY GOD ! : Plaisir électrique

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ohmygodafficheUne fois n’est pas coutume, je vais saluer la bonne idée d’un traducteur qui a substitué un titre en anglais… à un autre titre en anglais (genre Fast and Furious pour the Fast and the Furious). En effet, le film dont je vais vous parler aujourd’hui porte le titre original de Hysteria, alors qu’il est sorti sur nos écrans sous le nom de Oh my God ! Cela aurait pu être ridicule, si cela ne proposait un excellent jeu de mot, puisque ce film nous parle de l’invention du…vibromasseur.

Mortimer Granville est un médecin idéaliste qui croit en les progrès scientifiques de l’hygiène et de la médecine. En butte à l’autorité de sa hiérarchie qui ne croit pas en l’existence des microbes, il finit une nouvelle fois par se faire renvoyer. Il retrouve une place chez un gynécologue, spécialiste des soins aux femmes hystériques sous forme de massage de la vulve. Il connaît tout de suite un succès foudroyant, mais son poignet a du mal à suivre. Avec son meilleur ami, fasciné par les nouvelles possibilités offertes par l’électricité, ils vont mettre au point un appareil massant automatique.

Oh my God ! est une pure comédie anglaise, à la fois drôle, décalée et irrévérencieuse. Elle arrive magistralement à parler de sexe et de masturbation sans pour autant être une seule seconde vulgaire. Les choses sont dites crûment, mais dans un univers médical où l’emploi de termes rigoureusement scientifiques est de rigueur. C’est justement ce décalage qui constitue le principal ressort comique de ce film. Il est exploité pleinement et avec beaucoup de subtilité et d’efficacité. On ne rit pas forcément aux éclats du début à la fin, mais on sourit au moins tout le temps et on ne s’ennuie pas une seule seconde.

Mais à la pure comédie s’ajoute aussi un propos social. Là encore, on est dans la plus pure tradition du cinéma britannique, en particulier depuis The Full Monty. Si la lutte des classes est largement évoquée, c’est surtout le féminisme qui prédomine. Bon, cet aspect est lui beaucoup moins subtil et beaucoup moins réussi. Au moins le message est clair, direct et compréhensible par tous, mais du coup, il n’apporte rien de bien nouveau, ni rien qui ne soit évident. Alors bien sûr, il y a certains messages qu’il n’est jamais superflu de rabâcher. Disons simplement que cela n’apporte pas vraiment de plus-value au film.

ohmygodEnfin, Oh my God ! présente aussi un petit aspect romance, mais il resgte vraiment cousu de fil blanc. Cependant, comme on s’attache vraiment aux personnages, cela passe comme une lettre à la poste. Cela représente plus un fil rouge narratif support de la comédie qu’un vrai facteur de tension. Rien de bien génial donc, mais rien de bien gênant non plus.

Hugh Dancy tient le haut de l’affiche de Oh my God ! Il tient là son premier premier rôle dont il s’acquitte avec talent, à défaut de génie. Mais les deux vraies vedettes de ce film sont Maggie Gyllenhaal qui ne sait toujours pas qu’elle finira par m’épouser et Ruppert Everett, égal à lui-même, ce qui constitue en soi un fort beau compliment. Une mention spéciale également à la sémillante Sheridan Smith, qui apporte une pointe de « coquinerie » à ce film.

Oh my God ! n’est certainement pas la comédie de l’année mais propose un divertissement rafraîchissant pour ces fêtes de fin d’année. Comme à son habitude, même quand il n’est pas génial, le cinéma anglais reste quand même très bon.

Fiche technique :
Production : Informant media, Forthcoming Films, Beachfront films, Chimera Films, arte France cinema
Distribution : Haut et Court
Réalisation : Tanya Wexler
Scénario : Jonah Lusa Dyer, Stephen Dyer, Howard Gensler
Montage : Jon Gregory
Photo : Sean Bobbitt
Décors : Sophie Becher
Musique : Christian Hensen
Durée : 100 mn

Casting :
Maggie Gyllenhaal : Charlotte Dalrymple
Hugh Dancy : Dr Mortimer Granville
Jonathan Pryce : Dr Robert Dalrymple
Felicity Jones : Emily Dalrymple
Ruper Everett : Mprs Edmund St John Smythe

ZAPPONS 2011

zapping

zappingEn regardant l’année du zapping, je me suis demandé si la fin du monde n’était pas proche. En effet, pas beaucoup de raison de se réjouir dans ce déluge d’images plutôt déprimantes. D’habitude, ce rendez-vous traditionnel de fin d’année fait passer le spectateur du rire aux larmes dans une à peu près égale proportion. En 2011, ce ne fut pas vraiment le cas. Bien sûr cela tient aux choix des monteurs, mais aussi à la nature de l’actualité en cette année qui se termine et qui ne nous a pas donné que des raisons de nous réjouir.

Bien sûr, le printemps arabe constitue une excellente nouvelle avec le départ d’un nombre non négligeable de dictateurs et même si d’immenses incertitudes pèsent sur l’avenir politique de ces pays. Mais cela nous a rappelé aussi à quel point la communauté internationale, et la France au tout premier plan, a pu être complice de ces régimes pendant tant de temps. Notre retournement de veste vis à vis de Khadafi fut de loin le plus spectaculaire. Mais ces images de lutte et de répression nous rappellent aussi à quel point le chemin est encore long dans bien des pays, en Syrie notamment. Et surtout, combien de régimes dictatoriaux en Asie centrale ou en Afrique demeurent dans l’indifférence générale ? Le spectacle offert par la Corée du Nord nous a rappelé que l’autocratie a encore de beaux jours devant elle.

Ensuite, il y a eu toute l’actualité liée à la crise financière et le spectacle affligeant offert par les élites dirigeantes de nos pays. Et les extraits d’un documentaire sur la manière dont Goldman Sachs arrive à placer des anciens de la maison dans à peu près tous les gouvernements nous montre que le bout du tunnel est encore loin. Les pompiers pyromanes nous dirigent, les derniers en date étant les nouveaux Président du Conseil Italien et le Président de la Banque Centrale Européenne. Rien que ça… De quoi avoir un peu peur…

2012 sera-t-elle plus souriante ? On peut peut l’espérer puisqu’il n’y a pire ennemi du progrès que la peur et le pessimisme. A notre échelle hexagonale, il s’agira évidemment d’une année exaltante avec les élections qui s’annoncent. Cependant, on sait bien que cela ne pourra modifier de manière brutale la marche du monde. Mais plus personne n’a désormais ce pouvoir. C’est qui fait le pouvoir des élites financières qui, elles, agissent de manière unie et coordonnée. Alors ne lâchons pas et apportons par notre bulletin de vote notre goutte à un océan 2012 qui donnerait enfin des raisons de se réjouir.

MOTEL 007 (Ian Fleming) : James Bond vu par la une James Bond Girl

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motel007Poursuite de l’exploration des romans originaux écrits Ian Fleming et mettant en scène le plus célèbre espion, avec ce dixième roman de la série des James Bond : Motel 007. Peut-être le plus anecdotique et qui s’apparente plus à une longue nouvelle, mais aussi le plus original sur la forme.

Vivienne Michel doit garder un motel pour la nuit avant le retour des propriétaires le lendemain. Frappent alors à sa porte deux hommes qui se font passer pour des experts en assurance, mais qui se révèlent bientôt être en fait deux gangsters chargés de mettre le feu au bâtiment et de maquiller ça en accident dont la jeune femme serait responsable. Un plan simple, mais qui n’avait pas anticipé l’arrivée impromptu d’un voyageur anglais.

Motel 007 a comme titre original « The Spie who Loved Me », soit en français, l’Espion qui m’aimait. Le amateurs de James Bond auront reconnu le titre d’un des films, mais ne verront pas vraiment le rapport entre le synopsis du livre et celui du film. C’est tout à fait normal car il n’y en a aucun. Ian Fleming était tellement mécontent de son roman qu’il a demandé aux producteurs de ne reprendre que le titre et rien qui soit en rapport avec l’histoire originale… Ce qui fut fait…

Il est vrai que Motel 007 n’est certainement pas un grand roman. En dehors de tout autre contexte, il n’aurait même aucun intérêt. Simplement, Ian Fleming a essayé ici de proposer une forme totalement différente des autres épisodes de la série. En effet, le récit est raconté à la première personne, mais le narrateur n’est en rien James Bond, mais Vivienne Michel. D’ailleurs, elle commence par raconter sa vie depuis sa naissance et ses différentes mésaventures sentimentales et on se demande bien alors quel sera le rapport avec notre agent secret préféré. Ce dernier n’interviendra que dans seconde moitié du roman.

L’idée à la base de Motel 007 aurait pourtant pu se révéler excellente. En effet, elle permet de voir ce personnage déjà fort célèbre à l’époque avec un regard extérieur. Ce dernier se caractérise notamment par son charme irrésistible et ses conquêtes féminines multiples (même si ce trait de caractère est né avec l’adaptation cinématographique et n’était pas du tout omniprésent dans les premiers romans). Du coup, adopter le regard d’une « James Bond Girl » aurait pu vraiment casser la routine de cette série de romans d’espionnage au final très classique sans la renommée de son personnage principal.

Malheureusement l’idée reste totalement sous-exploitée. La faute à une intrigue très simpliste et qui ne ménage quasiment aucun suspense. On se doute bien que les deux gangsters de bas étage ne vont pas triompher d’un espion de haut niveau qui d’ailleurs vient se jeter dans la gueule du loup en toute confiance. En plus, cette partie où l’action commence enfin n’occupe que le dernier tiers d’un roman certes très court, mais qui ne nous avait pas du tout passionné jusqu’à présent. Cela met un peu d’animation, mais cela ne soulève toujours pas le grand enthousiasme.

Restent tout de même quelques réflexions sur ce bel étranger qui fascine immédiatement la narratrice. Mais là encore, ça reste très basique. On sent bien là les limites du talent de Ian Fleming qui a donné naissance à un personnage légendaire, mais plus par hasard que par le talent de sa plume. L’idée de base était bonne, mais il se montre incapable d’en tirer le maximum, de véritablement faire preuve d’humour, d’originalité ou d’auto-dérision. Le fait qu’il est lui même était très insatisfait du résultat montre bien à quel point Motel 007 est passé à côté de quelque chose qui aurait pu vraiment se démarquer du reste de la série.

Au final, Motel 007 est un objectivement un mauvais roman, mais aussi une curiosité littéraire qui pourra titiller celle des fans du mythe.

17 FILLES : Bien traité, à défaut d’être convaincant

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17fillesafficheLes films sur l’adolescence sont généralement de très mauvais films. Le plus souvent les personnages ne ressemblent strictement à rien, en tout cas pas à un jeune de la vraie vie vraie… même si l’ado de la vraie vie vraie ne ressemble effectivement généralement à rien, mais c’est un autre débat. A chaque nouvelle production de ce genre, on peut donc s’attendre au pire. 17 filles en est un nouvel exemple, mais se démarque par des protagonistes enfin réalistes… à défaut que l’ensemble soit réellement convaincant.

La jeune Camille, jeune lycéenne, tombe accidentellement enceinte. Elle est terrifiée, mais décide tout de même de garder le bébé. Mais pour finir de conjurer son angoisse, elle arrive à convaincre plusieurs de ses camarades de faire comme elle pour qu’elles élèvent leurs enfants toutes ensemble.

17 filles est inspiré de faits réels. La manière dont les sœurs Coulin ont insisté sur ce point que ce soit lors de la promotion et avec la mention au début du film montre bien qu’elles n’ont qu’une peur : qu’on ne croit pas du tout à cette histoire. Le problème est que quand on regarde les choses de plus près, on s’aperçoit que la transposition entre la réalité et la fiction a pris quelques libertés. En effet, les faits en question se sont déroulés aux Etats-Unis, alors que le film se déroule à Lorient. On peut donc facilement imaginer que le contexte n’est pas tout à fait le même, avec un thème social sous-jacent, celui de la perte de dynamisme économique de la ville, qui s’applique à un contexte très franco-français.

Pris individuellement, tous les personnages d’adolescentes sont assez convaincants, réalistes et provoquent un certain attachement de la part du spectateur. Pour le coup, ça change vraiment des productions habituelles où ce genre de rôle provoque plutôt une aversion complète, comme par exemple pour Les Beaux Gosses, où les deux protagonistes principaux étaient absolument insupportables et antipathiques. Cette sympathie est vraiment ce qui sauve 17 Filles, qui fait que l’on s’intéresse malgré tout à ces jeunes filles et à leur choix quelque peu surprenant.

Malheureusement, ce n’est pas parce qu’on s’y intéresse, que l’on y croit vraiment. Déjà, il y a quelque chose d’extrêmement choquant, c’est l’absence total de personnage masculin. Certes, le propos est centré sur les jeunes filles, mais les deux sœurs Coulin auraient pu s’intéresser au moins un minimum à la réaction des garçons. Surtout que l’on évoque largement la réaction des professeurs et des parents. Ces adolescents savent quand même avec qui ils ont couché et ne doivent quand même être totalement indifférents à voir leurs conquêtes porter leur bébé. Cela appauvrit terriblement le propos et lui faire perdre une large part de sa crédibilité.

17fillesOn appréciera tout de même la sensibilité avec laquelle les sœurs Coulin ont traité le propos dans 17 filles. Elle s’attachent vraiment à nous faire ressentir toutes les émotions typiques de l’adolescence. En cela, le film est une vraie réussite. Le contexte est certes exceptionnel, mais au fond, on ne nous fait partager que des sentiments que beaucoup de nous ont ressenti à un moment ou à un autre entre 13 et 18 ans. L’ordinaire et l’extraordinaire se mêlent donc dans ce film qui, s’il laisse parfois perplexe, maintient l’intérêt du spectateur de bout en bout. On peut être, comme moi, absolument pas convaincu, mais sans pour autant s’être ennuyé.

Réunir un casting adolescent n’est pas toujours chose facile, car, à cet âge, on a souvent perdu la spontanéité qui fait des jeunes enfants souvent des acteurs naturels. Mais 17 filles nous offre une jolie brochette de jeunes actrices prometteuses. Louise Grinberg tient le rôle principal ce qu’elle assume parfaitement, peut-être grâce à son expérience accuse par sa prestation dans Entre les Murs. On saluera également la très jolie performance de Yara Pilartz qui fait de son personnage un des plus marquants du casting.

17 Filles propose donc une histoire quelque peu inattendue et bien traitée, mais à laquelle il est parfois difficile d’y croire. Comme quoi la réalité dépasse parfois la fiction.

Fiche technique :
Production : Archipel 35
Réalisation : Muriel Coulin, Delphine Coulin
Scénario : Muriel Coulin, Delphine Coulin
Montage : Julien Bourdeau
Photo : Jean-Louis Vialard
Décors : Benoît Pfauwadel
Distribution : Diaphana Films
Son : Olivier Mauvezin
Maquillage : Sylvie Aid-Denisot
Durée : 87 mn

Casting :
Noémie Lvovsky : L infirmière scolaire
Esther Garrel : Flavie
Roxane Duran : Florence
Juliette Darche : Julia
Louise Grinberg : Camille
Florence Thomassin : la mère de Camille

C’EST DONC TON FRERE : Une première mitigée

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cestdonctonfrereafficheEn tout modestie, je pense avoir une culture cinématographique légèrement supérieure à la moyenne. Pourtant, il me reste encore de grandes zones d’ombres. Je n’ai jamais vu les Enfants du Paradis (le truc que je n’ose dire au reste de ma famille sous peine d’être immédiatement déshérité… faut juste un jour que j’arrête d’oublier de piquer discrètement le DVD), je n’ai vu aucun Freddy (la première version) et jusqu’à jeudi dernier aucun Laurel et Hardy. Vous me direz, on peut vivre avec ça, mais je suis quand même heureux d’avoir complété ma culture avec C’est donc ton Frère du célèbre duo. Même si je ne pense pas devenir fan du jour au lendemain.

Stan Laurel et Oliver Hardy sont deux respectables hommes mariés. Un jour l’un d’eux reçoit une lettre de sa mère leur annonçant que Alf Laurel et Bert Hardy, leurs deux frères jumeaux, deux mauvais garçons, ont été pendus lors d’une mutinerie. Or ces derniers sont bien vivants et débarquent dans la même ville. Va s’en suivre de multiples quiproquos.

C’est donc ton Frère est sorti en 1936 et fait partie de la multitudes de films et courts métrages mettant en scène Stan Laurel et Olivier Hardy. On est en plein age d’or du cinéma burlesque américain, avec comme autres têtes d’affiche les Marx Brothers et Charlie Chaplin. Ce dernier a vraiment marqué la naissance de ma culture cinématographique et je connais bon nombre de ses films par cœur. Forcément, je n’ai pu m’empêcher d’établir des comparaisons. Et elles ne sont pas favorables au duo comique.

Le comique de C’est donc ton Frère repose sur deux ressorts principaux. Le premier tient par les quiproquos qui naissent de la présence de deux paires de jumeaux qui ignorent qu’il sont dans la même ville au même moment. Voilà un point de départ très classique pour un film burlesque ou une comédie de boulevard populaire. Ici l’idée est exploitée avec réussite, mais sans génie. Rien de vraiment surprenant ou d’inattendu. On rit plus d’une fois, mais pas aux éclats car on voit arriver bon nombre de situations de très très loin.

Le second ressort est un comique visuel très premier degré. On n’échappe d’ailleurs pas à la traditionnelle tarte à la crème. C’est là que l’écart se creuse avec un Charlie Chaplin capable de livrer de vrais morceaux de bravoure comme le numéro de patins à roulettes dans les Temps Modernes ou le rasage en musique du Dictateur. Là, on en est très très loin. C’est parfois drôle, mais souvent c’est un rien lourdingue et s’étire aussi quelque peu en longueur. Cela reste extrêmement basique, jamais marié d’un rien de poésie, ni avec une autre forme d’expression artistique comme le chant ou la danse.

cestdonctonfrereLa réalisation de C’est donc ton Frère est elle aussi très basique. Laurel et Hardy faisait des films à la chaîne et on sent bien que l’aspect artistique était totalement négligé. On est très loin, une nouvelle fois, du travail de photographie d’un Chaplin. Mais c’est vrai là devant une œuvre dont le format (65 minutes) et la qualité seraient plus ceux qu’une production purement télévisuelle. Mais d’une œuvre qui a traversé près d’un siècle, on attend un plus qu’un bonne émission de télé.

Reste tout de même le talent et le charme du duo. Si leur renommé a traversé le temps et ai connu par des gens qui, comme moi, n’ont jamais aucun de leur film, c’est tout de même qu’ils possédaient un génie exceptionnel. Cependant, on sent bien qu’il est ici sous-exploité dans une production réalisé avec trop peu de soin et d’attention artistique.

Bon, voilà c’est fait, j’ai enfin vu un film de Laurel et Hardy. Je me couche désormais moins idiot, à défaut d’être franchement convaincu. Bon maintenant, je vais penser à voir un film de Marx Brothers…

Fche techinque :
Titre original : Our Relations
Réalisation : Harry Lachman
D’après la nouvelle The Money box de W.W. Jacobs
Scénario : Felix Adler, Richard Connell, Charles Rogers, et Jack Jevne
Photographie : Rudolph Maté
Musique : Leroy Shield
Production : Stan Laurel et Hal Roach
Pays d’origine : États-Unis
Format : Noir et blanc
Genre : Burlesque
Durée : 65 minutes
Date de sortie : 1936

Casting :
Stan Laurel : Stan Laurel et Alf Laurel
Oliver Hardy : Oliver Hardy et Bert Hardy
James Finlayson : Finn
Alan Hale : Joe Grogan, le patron du café
Sidney Toler : le capitaine du SS Periwinkle
Daphne Pollard : Madame Daphné Hardy
Betty Healy : Madame Betty Laurel
Iris Adrian : Alice
Lona André : Lily
Arthur Housman : L’ivrogne
Ralf Harolde, Noel Madison : Les gangsters