
Cyril a bientôt 12 ans et ne nage pas vraiment dans le bonheur. Placé dans un foyer par un père qui semble s’être volatilisé dans la nature, il cherche à tout prix à la retrouver, ainsi que son vélo qui a visiblement été vendu. Cette quête le conduira à croiser Samantha, qui va se prendre d’affection pour le gamin et commencer à l’accueillir chez elle le week-end.
Le Gamin au Vélo ressemble à tous les autres films des frères Dardenne, c’est à dire qu’il nous raconte l’histoire de quelqu’un qui n’a vraiment pas eu de chance de la vie. Etre abandonné par ses parents fait partie des situations que l’on ne souhaite à personne et qui donne rarement envie de rigoler. Cela peut bien sûr constituer un très bon sujet pour un film, à la condition de faire naître chez le spectateur un minimum de compassion et de tendresse pour la victime.
Et c’est bien là le problème avec le Gamin au Vélo ! De mon point de vue en tout cas. Certes, le jeune Cyril a eu bien des malheurs dans sa vie, mais il y a des limites à tout, y compris dans l’agressivité, l’ingratitude et l’agitation perpétuelle. Du coup, il est antipathique dès la première seconde et toute la générosité du monde ne suffit pas à comprendre l’attachement qui naît chez Samantha pour ce gamin qui aurait pu figurer comme la 8ème plaie d’Egypte. Du coup, on n’a pas envie qu’il retrouve son père ou qu’il soit heureux, on veut juste qu’il se calme et qu’il disparaisse. Bref que le film se termine au plus vite.
Tout cela noie du coup complètement l’intérêt que peut avoir le sujet du film en lui-même. Et c’est dommage, car pour une fois, le film des frères Dardenne est bien équilibré entre lueur d’espoir et « vous ne pensiez pas que ça pouvait être pire… et bien si !». Le Gamin au Vélo alterne les hauts et les bas et on se demande jusqu’au bout où le curseur va bien pouvoir s’arrêter. Cela change des pures descentes aux enfers qu’ils nous racontent le plus souvent. A côté du Silence de Lorna, ce film aurait pu figurer dans la filmographie de Claude Zidi.

Il y avait pourtant la charmante et sémillante Cécile de France, qui est bien belge, ne l’oublions pas. Elle apporte toute l’énergie positive qu’elle peut, portée par son sourire à nul autre pareil, mais elle ne peut rien faire face à cette tête à claques, interprété par le jeune Thomas Doret, dont on espère qu’il ne ressemble pas à ça dans la vie… Reste enfin, Jérémie Régnier, le fonctionnaire du cinéma des Frères Dardenne, puisqu’il joue dans chacun de leur film. Vous l’aurez compris, sa performance n’a vraiment rien de transcendant et il se contente du minimum.
Le Gamin au Vélo ne restera pas comme l’œuvre les plus aboutie des Frères Dardenne, faute à un personnage principal plus repoussant qu’attachant. Mais cela reste un point de vue personnel, qui est loin d’être partagé par la majorité.
Fiche technique :
Production : Archipel 35, Les films du fleuve, Lucky Red
Réalisation : Jean-Pierre & Luc Dardenne
Scénario : Jean-Pierre & Luc Dardenne
Montage : Marie-Hélène Dozo
Photo : Alain Marcoen
Décors : Igor Gabriel
Distribution : Diaphana
Son : Jean-Pierre Duret
Durée : 87 mn
Casting :
Thomas Doret : Cyril
Cécile de France : Samantha
Egon di Mateo : Wes
Jérémie Rénier : Guy Catoul
Fabrizio Rongione : le libraire


Car la réalisation de Terrence Mallick tient du miraculeux, sans jamais la moindre fraction d’esbroufe ou de spectaculaire faussement élaboré. Certains plans constituent de pures merveilles, simplement par le positionnement de la caméra. On retiendra notamment celui où Jack s’approche du berceau de son petit frère, où comment la simple vision d’un bébé marchant vers un couffin touche au divin. Comme quoi, il ne faut parfois pas grand-chose, si ce n’est un talent et la force si mystérieuse du génie et de l’inspiration. 

Le casting est un des points forts de Priest. Pas de tête d’affiche spectaculaire, mais un certain nombre de valeurs sûres du cinéma hollywoodien. Paul Bettany plutôt habitué au second rôle tient cette fois le premier. Evidemment, ce n’est pas non plus un grand rôle shakespearien, mais il arrive à donner de la crédibilité à un personnage qui, avec sa croix tatoué sur son front, aurait pu facilement faire rire. Face à lui, Karl Urban est lui aussi convaincant, comme à chacune de ses sorties de plus en plus nombreuses depuis ses débuts en Eomer dans le Seigneur des Anneaux. Maggie Q n’est pas l’actrice du siècle, mais elle apporte une vraie touche de charme à ce monde un peu glauque. Enfin, c’est un vrai plaisir de voir apparaître Brad Dourif, excellent acteur trop peu utilisé, que l’on avait lui aussi découvert dans le Seigneur des Anneaux et surtout dans la série Deadwood. 
Woody Allen confirme son incomparable talent de directeur d’acteur en offrant à Owen Wilson un des rôles les plus intéressants et le plus subtils. L’habitué des grosses comédies qui tâchent trouve ici un personnage qu’il peut incarner sans grimace ou en faire des tonnes. Et il s’en sort parfaitement, arrivant à attirer immédiatement la sympathie du spectateur. En face de lui, Marion Cotillard est égale à elle-même. Certains diront, quoi encore elle ! Mais si on pense ce qu’on veut de la femme qu’elle est, l’actrice dégage un peu plus de charisme à chacun de ses apparitions, devant peu à peu une véritable étoile du cinéma mondial. 
La réalisation est sobre, mais efficace. Comme évoqué plus haut, elle ne cherche pas à rendre la violence séduisante, ni au contraire à insister dessus jusqu’au dégoût. Elle se contente de ce qui est indispensable au déroulement de l’histoire, ce qui colle parfaitement avec le ton relativement sérieux de Animal Kingdom. Je ne qualifierai pas ce film de particulièrement dur, mais par contre, il y a un vrai effort de réalisme. 


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