LE GAMIN AU VELO : Deux claques et au lit !

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legaminauveloafficheLes frères Dardenne sont deux petits rigolos qui réalisent toujours des comédies hilarantes. A côté d’eux, les frères Farelly sont tristes à mourir… Bon, je plaisante, les réalisateurs belges étant les champions du monde du film social pas drôle qui finit mal. En ressortant d’un de leur film, soit vous êtes déprimé et avez envie de vous tirer une balle, soit vous avez la pêche, à l’idée qu’il y a infiniment plus malheureux que vous. Le Gamin au Vélo n’échappe à la règle, même s’il est parcouru d’un peu plus d’optimisme que d’habitude.

Cyril a bientôt 12 ans et ne nage pas vraiment dans le bonheur. Placé dans un foyer par un père qui semble s’être volatilisé dans la nature, il cherche à tout prix à la retrouver, ainsi que son vélo qui a visiblement été vendu. Cette quête le conduira à croiser Samantha, qui va se prendre d’affection pour le gamin et commencer à l’accueillir chez elle le week-end.

Le Gamin au Vélo ressemble à tous les autres films des frères Dardenne, c’est à dire qu’il nous raconte l’histoire de quelqu’un qui n’a vraiment pas eu de chance de la vie. Etre abandonné par ses parents fait partie des situations que l’on ne souhaite à personne et qui donne rarement envie de rigoler. Cela peut bien sûr constituer un très bon sujet pour un film, à la condition de faire naître chez le spectateur un minimum de compassion et de tendresse pour la victime.

Et c’est bien là le problème avec le Gamin au Vélo ! De mon point de vue en tout cas. Certes, le jeune Cyril a eu bien des malheurs dans sa vie, mais il y a des limites à tout, y compris dans l’agressivité, l’ingratitude et l’agitation perpétuelle. Du coup, il est antipathique dès la première seconde et toute la générosité du monde ne suffit pas à comprendre l’attachement qui naît chez Samantha pour ce gamin qui aurait pu figurer comme la 8ème plaie d’Egypte. Du coup, on n’a pas envie qu’il retrouve son père ou qu’il soit heureux, on veut juste qu’il se calme et qu’il disparaisse. Bref que le film se termine au plus vite.

Tout cela noie du coup complètement l’intérêt que peut avoir le sujet du film en lui-même. Et c’est dommage, car pour une fois, le film des frères Dardenne est bien équilibré entre lueur d’espoir et « vous ne pensiez pas que ça pouvait être pire… et bien si !». Le Gamin au Vélo alterne les hauts et les bas et on se demande jusqu’au bout où le curseur va bien pouvoir s’arrêter. Cela change des pures descentes aux enfers qu’ils nous racontent le plus souvent. A côté du Silence de Lorna, ce film aurait pu figurer dans la filmographie de Claude Zidi.

legaminauveloReste tout de même cette réalisation épurée qui, elle, n’a jamais varié. Si on est méchant, on dit que ça a le relief d’un téléfilm ou d’un film roumain, si on est gentil, on parle de sobriété au service de l’histoire et des acteurs. Dans tous les cas, le problème est que, si on accroche pas à l’histoire, il ne reste plus grand chose pour satisfaire le spectateur. Et comme ce fut mon cas, ce film ne restera pas pour moi un grand souvenir.

Il y avait pourtant la charmante et sémillante Cécile de France, qui est bien belge, ne l’oublions pas. Elle apporte toute l’énergie positive qu’elle peut, portée par son sourire à nul autre pareil, mais elle ne peut rien faire face à cette tête à claques, interprété par le jeune Thomas Doret, dont on espère qu’il ne ressemble pas à ça dans la vie… Reste enfin, Jérémie Régnier, le fonctionnaire du cinéma des Frères Dardenne, puisqu’il joue dans chacun de leur film. Vous l’aurez compris, sa performance n’a vraiment rien de transcendant et il se contente du minimum.

Le Gamin au Vélo ne restera pas comme l’œuvre les plus aboutie des Frères Dardenne, faute à un personnage principal plus repoussant qu’attachant. Mais cela reste un point de vue personnel, qui est loin d’être partagé par la majorité.

Fiche technique :
Production : Archipel 35, Les films du fleuve, Lucky Red
Réalisation : Jean-Pierre & Luc Dardenne
Scénario : Jean-Pierre & Luc Dardenne
Montage : Marie-Hélène Dozo
Photo : Alain Marcoen
Décors : Igor Gabriel
Distribution : Diaphana
Son : Jean-Pierre Duret
Durée : 87 mn

Casting :
Thomas Doret : Cyril
Cécile de France : Samantha
Egon di Mateo : Wes
Jérémie Rénier : Guy Catoul
Fabrizio Rongione : le libraire

DEUX FOIS 16 ANS

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16ansVoici quelques jours, j’ai eu la malheureuse idée d’avoir 32 ans… J’aurais pu dire 2 fois 16 ans, histoire de croire que je suis encore jeune. Mais cette façon de voir les choses n’est guère plus rassurante, puisqu’elle me fait réaliser qu’il y a désormais 16 ans que j’ai eu 16 ans… Et ça aussi, ça fait peur… Par contre, cette phrase toute faite m’a conduit à me demander ce que je pourrais bien dire au Julien Bouffartigue venant de souffler ses 16 bougies, si j’avais l’occasion de le rencontrer.

Bon déjà, qu’il faut arrêter d’espérer pouvoir avoir les cheveux longs. Inutile de demander au coiffeur de ne pas couper la longueur derrière, cela aboutit juste à une espèce de queue de canard ridicule. Si je me les laisse pousser, je n’aurais d’autre espoir que de pouvoir postuler pour les Jackson 5 ou éventuellement d’être la doublure de Michael Bolton, si je suis assez patient pour attendre que cela retombe. Bref, je me conseillerai d’accepter le fait que je l’ai cheveux bouclés, parce qu’au final, il vaut mieux ça que l’inverse… Enfin, je me cacherais aussi que je finirai par me dégarnir quelque peu.

Ensuite, je m’inciterais fortement à me mettre doucement à muscu. Quand j’étais au lycée, je prenais quasiment une demi-heure le matin pour lire avant de me lever, alors j’aurais bien pu prendre aussi 5 minutes pour quelques pompes et abdos. J’aurais attendu d’avoir 30 ans pour m’y mettre sérieusement, commencer bien plus tôt n’aurais rien gâté. J’aurais peut-être moins peiné à chaque fois que j’aurais eu quelque chose de lourd à porter et j’aurais peut-être, qui sait, gagné quelques temps de jeu lors de ma courte carrière de rugbyman. J’aurais aussi pu envisager avoir un corps de rêve terriblement séduisant… mais bon, je parle ici de conseils intelligents, pas de bercer mon moi d’il y a 16 ans d’inaccessibles illusions.

J’aurais bien été tenté de m’expliquer qu’être premier de la classe, c’est bien, mais ça ne fait pas tout dans la vie. Mais voilà, avec le recul, je suis content d’en être là où j’en suis aujourd’hui professionnellement et des perspectives qui s’ouvrent à moi pour les 30 prochaines années. Donc, pas vraiment de regret à ce niveau-là, même si j’aurais pu m’inciter à me lâcher un petit peu plus, une fois les leçons apprises…

… en m’expliquant par exemple qu’être convaincu que je n’aimerais jamais l’alcool est une illusion de mes 16 ans. Je m’y serais mis sur le tard, et heureusement, j’ai quelque peu rattrapé le temps perdu depuis. Enfin, découvrir ce plaisir un peu plus tôt, sans forcément repeindre les toilettes comme l’ont fait certains potes de lycée, n’aurait sûrement pas nui à ma vie sociale de mes 16 ans. Par contre, sur le fait de n’avoir jamais touché une cigarette de ma vie, je ne pourrais que féliciter mon jeune moi pour avoir largement contribué à ce petit exploit.

Je me conseillerai aussi de ne pas attendre une seule seconde superflue avant de m’engager, politiquement ou sous une autre forme, parce que les problèmes du monde n’attendent pas et qu’il n’est jamais trop tôt pour chercher à les résoudre. Après, peut-être que ça aidera l’essor de ma carrière de politicien émérite de commencer jeune, mais bien sûr, cela est secondaire, seules comptent vraiment les convictions.

Evidemment, un long sujet de conversation sera sur ce qui occupe beaucoup les pensées d’un garçon de cet âge : les filles ! Parce que bon, le Julien d’il y a 16 ans n’était pas vraiment très doué à ce niveau. Ou plutôt tellement aveugle que Gilbert Montagné ferait figure de visionnaire à côté de lui. Simplement lui expliquer que lorsqu’il passe l’après-midi avec une fille, qu’il connaissait pas le matin, mais qu’il trouve terriblement charmante, et qu’elle lui pose innocemment la question de savoir si c’est envisageable de tomber amoureux la première fois que l’on rencontre quelqu’un, ce n’est pas pour une étude sociologique ou un sondage… Quand j’y repense… En plus, chez moi, la cécité a duré encore bien au-delà de mes 16 ans…

Enfin, après tous ces conseils, je pourrais surtout lui dire que les 16 années qui viennent seront pleines de joie et de bonheur, d’amis, d’amour, de fête, de quelques chagrins que l’on oublie très vite… Bref, qu’il n’a pas trop à s’en faire et qu’il peut affronter l’avenir avec confiance et entrain. Et puis, de toute façon, je me connais. Le Julien à 16 ans n’en aurait rien à foutre des conseils du Julien de 32 ans et n’en ferais qu’à sa tête… Comme quoi, il y a des choses qui ne changent pas…

THE TREE OF LIFE : La Palme retrouve son or

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thetreeoflifeafficheL’année dernière, j’avais été la seule personne de mon entourage, pourtant rempli de cinéphiles émérites, voire compulsifs, a avoir trouvé le courage d’aller voir la Palme d’Or, l’inoubliable, mais par pour les bonnes raisons, Oncle Boonmee, Celui qui se Souvient de ses Vies Antérieures. Un film qu’on aimait ou que l’on détestait, ou plutôt que l’on détestait si on était sain d’esprit. Cette année The Tree of Life divise de la même façon et les détracteurs formulent les mêmes reproches : c’est long, chiant et incompréhensible. Sauf que cette fois, le camp des défenseurs est nettement plus fourni et c’est normal. Ce film est un vrai chef d’œuvre… imparfait, mais chef d’œuvre tout de même.

The Tree of Life nous fait partager l’enfance de Jack. Une enfance passée entre une mère affectueuse et protectrice, un père exigeant et parfois violent et ses deux petits frères. Une enfance qui se terminera par un évènement tragique. Mais ce film ne nous raconte pas que la naissance et l’essor d’une existence, mais aussi la naissance et l’essor de notre univers et de la vie.

J’ai hésité avant d’inclure un synopsis à cette critique. Car parler d’une intrigue pour The Tree of Life n’a pas vraiment de sens. Cela reviendrait à définir un tableau ou un morceau de musique par l’histoire qu’ils cherchent à raconter (Par exemple, pour décrire l’Automne des Quatre Saisons de Vivaldi, se contenter de dire que la musique décrit une partie de chasse). Il y a certes une histoire, mais elle ne joue pas ici le même rôle central que dans un film classique. On est sûrement plus proche de l’Opéra de ce point de vue, surtout que la musique est ici au cœur du film.

Evidemment tout cela peut dérouter. Entre cinéma, opéra et clip vidéo, The Tree of Life est tout simplement une œuvre d’art originale qui s’affranchit des règles préconçues inhérentes à chaque domaine. Pendant plus de deux heures, c’est vrai que cela peut faire long, mais quand c’est beau, c’est beau… A condition de trouver ça beau, sinon, c’est vrai, c’est juste chiant. On peut parler ici d’art pour l’art, mais à la fois, est-ce que l’art est là pour autre chose que lui-même… Vous avez deux heures… Bon, je m’égare.

Après que dire de plus sur The Tree of Life à part que c’est beau, vraiment très beau, sans tomber dans le verbiage creux du critique de cinéma qui ce la raconte. Mais bon, comme j’aime bien me la raconter un peu, je rajouterai que certains passages sont particulièrement émouvants. Qu’importe que l’on ne comprenne pas toujours le lien entre ce qui nous est présenté, on se situe ici dans le ressenti. Les images de la création de notre univers n’éblouiront pas que les fondus d’astronomie. Mais le plus beau passage reste la naissance et les premières années de Jack, tournés sans paroles avec la Moldau en musique de fond. Un moment d’émotion pure, de grand cinéma, tourné à la fois avec une très grande sobriété et un fascinant génie.

thetreeoflifeCar la réalisation de Terrence Mallick tient du miraculeux, sans jamais la moindre fraction d’esbroufe ou de spectaculaire faussement élaboré. Certains plans constituent de pures merveilles, simplement par le positionnement de la caméra. On retiendra notamment celui où Jack s’approche du berceau de son petit frère, où comment la simple vision d’un bébé marchant vers un couffin touche au divin. Comme quoi, il ne faut parfois pas grand-chose, si ce n’est un talent et la force si mystérieuse du génie et de l’inspiration.

Après, il est vrai que malgré ces moments de grâce, The Tree of Life s’étire peut-être quelque peu au-delà du nécessaire. J’avoue avoir eu quelques minutes où mon intérêt commençait à faiblir et où j’attendais que le film ne rebondisse. Mais c’était une attente chargée d’impatience, espérant de tout mon cœur que la prochaine étape de ce merveilleux voyage serait aussi envoûtante et sublime. En fait, mon seul vrai reproche portera sur la fin du film, dont la symbolique m’a quelque peu échappé. Mais encore une fois, cela ne m’a guère empêché d’avoir la gorge noué, même si j’aurais bien du mal à expliciter le pourquoi.

The Tree of Life est une Palme d’Or totalement méritée. Déjà parce que ce prix n’a jamais eu vocation à récompenser un film faisant l’unanimité, mais plutôt les œuvres audacieuses et originales. Pour le pire parfois, comme l’année dernière. Pour le meilleur, souvent, comme pour The Tree of Life.

Fiche technique :
Production : River Road Entertainment, Plan B
Réalisation : Terrence Malick
Scénario : Terrence Malick
Montage : Hank Corwin, Jay Rabinowitz, Daniel Rezende, Mark Yoshikawa, Billy Weber
Photo : Emmanuel Lubezki
Décors : Jack Fisk, Amy Bell, David Hackl, Jeanette Scott
Distribution : EuropaCorp Distribution
Son : Erik Aadahl, Marcus Chandler, Kay Colvin, Shawn Harper
Musique : Alexandre Desplat
Effets spéciaux : Ryan Roundy, Robert Coquia jr., Donnie Creighton, Tom Debenham, Nick Damico, Devin Fairbairn, Traci Duran, Graham Duglinson, Conrad Dueck, Brian Delmonico
Maquillage : Meredith Johns, Darylin Nagy
Directeur artistique : David Crank
Durée : 138 mn

Casting :
Hunter McCracken : Jack jeune
Sean Penn : Jack
Jessica Chastain : Mme O’Brien
Brad Pitt : M. O’Brien

L’HERITAGE, TOME 3 : BRISINGR (Christopher Paolini) : Bonne frustration

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brisingrParfois la joie vous attend au détour d’un rayon d’un supermarché, lorsque vous venez acheter du jambon avec votre copine (j’ai une vie passionnante!) et que, en allant vers les caisses, vous apercevez déjà en livre de poche un bouquin que vous ne pensiez pas trouver dans ce format avant longtemps. Comme quoi, le bonheur tient à rien parfois. Ce fut donc mon cas en découvrant le troisième tome de l’Héritage, intitulé Brisingr.

Eragon est encore sous le choc de son duel avec Murtagh, qu’il pensait mort et qui a finalement rejoint les rangs de l’armée de Galbatorix (oui, je sais, le nom est ridicule, mais bon, l’auteur n’a sûrement jamais lu Asterix). Dépossédé de son épée Zar’roc, il tient néanmoins à tenir sa promesse faite à son cousin de l’aider à délivrer sa financée des griffes des terribles Ra’zacks et venger par la même occasion la mort de son oncle. Mais alors que la guerre se répand un peu partout, le jeune dragonnier sait qu’il lui faudra retourner auprès des elfes compléter sa formation.

Avant de rentrer dans le vif du sujet, un petit mea culpa. Lors de ma critique de deuxième tome de l’Héritage, l’Aîné, j’ai commis quelques petites erreurs. Déjà, le héros de cette saga s’appelle bien Eragon, et non Eragorn comme je n’ai cessé de l’appelé. Il reste assez évident que ce nom est inspiré d’Aragorn du Seigneur des Anneaux pour ne pas en remettre une couche. Ensuite, j’ai parlé de trilogie, alors qu’au final, le saga s’étendra sur quatre tomes. L’Héritage, tome 3, Brisingr ne met donc pas fin à cette histoire et l’attente du dénouement risque d’être encore longue, vu que le roman n’est pas encore paru aux Etats-Unis (c’est prévu pour le 8 novembre 2011). Alors d’ici qu’il sorte en poche en France…

La question que l’on se pose à la lecture de l’Héritage, tome 3, Brisingr est de savoir si ce passage à une tétralogie était vraiment indispensable. Car, en effet, l’intrigue avant assez peu dans ce tome, malgré ses plus de 800 pages. Il était certainement possible de conclure dès maintenant en proposant un récit aussi dense que dans le premier tome, Eragon. Mais d’un autre côté, quand un voyage littéraire est agréable, pourquoi ne pas s’attarder un peu et prendre le temps de découvrir un peu plus en détail un monde totalement imaginaire ?

Brisingr est donc quelque peu frustrant, mais il s’agit là de bonne frustration. On se situe sur un rythme plus proche de la série télévisée que celui d’un long métrage. Mais on y est désormais totalement habitué et on apprécie même cette lenteur. Surtout qu’il est loin de ne rien se passer, bien au contraire, simplement les évènements ne sont pas forcément tous cruciaux pour l’avancée de l’intrigue principale. La part faite aux descriptions au sens large est incontestablement plus importante, mais sans jamais alourdir le style.

Christopher Paolini publia le premier tome tout juste âgé de 19 ans, celui-là à 25 ans. Et on sent bien que l’auteur a bien mûri entre temps. D’ailleurs, ce ralentissement du rythme de narration montre une plus grande maîtrise, un impatience et une naïveté moins marquées. Mais le charme est toujours là et l’univers crée toujours aussi séduisant. Brisingr a peu de chance de décevoir ceux qui ont déjà apprécié le début de la saga. On retrouve toujours cet enthousiaste de l’auteur à puiser dans ses sources d’inspirations, quitte à ce que les emprunts soient parfois extrêmement visibles. On peut noter cependant une légère prise de distance, même si certains éléments continuent de rappeler très clairement le Seigneur des Anneaux.

L’Héritage, tome 3, Brisingr ne peut évidemment se lire sans ses deux prédécesseurs. Il réussit néanmoins à en être digne et à nous faire trépigner d’impatience jusqu’au dénouement.

PRIEST : Un prêtre bien étonnant

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priestafficheDans la très longue série des films que je ne pensais vraiment pas aller voir à première vue, voici Priest. Ce genre de film présente un immense avantage. Il me fournit une idée toute faite pour l’introduction de ma critique, qui représente toujours le passage le plus délicat dans le processus d’écriture. Après tout roule tout seul…

La Terre a été ravagée par une guerre sans merci entre les hommes et les vampires. Ces derniers sont désormais confinés dans des « réserves », tandis que la plupart des humains vivent à l’abri derrière les hautes murailles de villes tentaculaires, où l’Eglise règne en maître. Cette dernière a dissous l’ordre des prêtres, une armée d’élite qui a joué un rôle décisif dans la victoire, mais dont la puissance constituait une menace pour cette autorité dictatoriale. Mais quand l’un d’entre eux apprend que sa nièce a été enlevée par des vampires, il souhaite reprendre du service, malgré l’interdiction de son ancienne hiérarchie, qui nie la possibilité qu’une telle choses ait pu arriver.

Bon, effectivement, en relisant le synopsis, ça sent quand même le gros gros navet à plein nez. Mais justement, c’est peut-être ça qui fait la plus grand force de Priest. Un film de série B à l’ancienne et qui s’assume pleinement. Aussi invraisemblable soit le scénario, il se déroule avec rythme et une étonnante conviction, qui va très vite entraîner celle du spectateur. Cette vision apocalyptique du futur, avec ces guerriers arborant une croix tatouée sur le front, aurait pu provoquer l’hilarité si elle avait sombré, ne serait-ce qu’un instant, dans l’auto-caricature involontaire. Mais le film reste toujours loin de cet écueil, grâce notamment à de vraies qualités cinématographiques quelque peu inattendues.

Priest s’ouvre par une séquence de cinéma d’animation, nous exposant la situation de départ, vraiment élégante et réussie. C’est à ce moment là que le spectateur commence à se dire qu’il ne va peut-être pas assister d’un autre acabit que celui qu’il s’imaginait. Et tout le reste du film sera sur cette lignée. Une photographie soignée, des effets visuels impeccables, des scènes d’action parfaitement exécutées, ni trop courtes, ni trop longues, des acteurs pleinement dans leur rôle. L’intrigue n’est pas incroyablement complexe, mais elle possède assez de consistance pour maintenir l’intérêt du spectateur de bout en bout. Le film est court, un peu moins d’une heure et demi, et c’est bien là la preuve que rien de superflu ne vient parasiter le cours d’une histoire dans laquelle on finit par rentrer bien plus profondément qu’attendu.

Priest est aussi bien plus riche en références cinématographiques que ce qui était imaginable au premier abord. Si l’univers apocalyptique et la présence de vampires auraient pu en faire un clone des sagas Underwold ou Blade (relativement cultes, mais assez moyennes de mon point de vue), c’est au final à un western des plus classiques qu’il ressemble le plus. L’hommage à Il Etait une Fois dans l’Ouest est évident et apporte une touche finale à ce mélange des genres savoureux.

priestLe casting est un des points forts de Priest. Pas de tête d’affiche spectaculaire, mais un certain nombre de valeurs sûres du cinéma hollywoodien. Paul Bettany plutôt habitué au second rôle tient cette fois le premier. Evidemment, ce n’est pas non plus un grand rôle shakespearien, mais il arrive à donner de la crédibilité à un personnage qui, avec sa croix tatoué sur son front, aurait pu facilement faire rire. Face à lui, Karl Urban est lui aussi convaincant, comme à chacune de ses sorties de plus en plus nombreuses depuis ses débuts en Eomer dans le Seigneur des Anneaux. Maggie Q n’est pas l’actrice du siècle, mais elle apporte une vraie touche de charme à ce monde un peu glauque. Enfin, c’est un vrai plaisir de voir apparaître Brad Dourif, excellent acteur trop peu utilisé, que l’on avait lui aussi découvert dans le Seigneur des Anneaux et surtout dans la série Deadwood.

Legion, le premier film de Scott Charles Stewart avait fait rire le monde entier. Il en a visiblement tiré les leçons en signant avec Priest un film ni génial, ni révolutionnaire, mais néanmoins surprenant par les qualités affichées dans tous les aspects techniques et artistiques.

Fiche technique :
Réalisation : Scott Charles Stewart
Scénario : Cory Goodman et Min-Woo Hyung
Production : Josh Bratman et Michael De Luca
Musique : Christopher Young
Costumes : Ha Nguyen
Genre : science-fiction, action
Pays : États-Unis
Budget : 60 millions $
Durée : 87 minutes

Casting :
Paul Bettany : Le prêtre
Karl Urban : Chapeau Noir
Cam Gigandet : Hicks
Maggie Q : la prêtresse
Lily Collins : Lucy Pace
Brad Dourif : le vendeur ambulant
Stephen Moyer : Owen Pace
Christopher Plummer : Monseigneur Orelas
Alan Dale : Monseigneur Chamberlain
Mädchen Amick : Shannon Pace

MINUIT A PARIS : Voir Paris et mûrir

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minuitaparisafficheUne déclaration d’amour peut prendre bien des formes. On tremble de les formuler, on rêve de les recevoir. Bien des œuvres ressemblent à s’y méprendre à un tel aveu, comme si l’artiste trouvait dans la création un moyen de surmonter sa timidité. Mais les déclarations d’amour ne concernent pas toujours les sentiments entre deux êtres humains. On peut clamer sa flamme pour beaucoup de chose : son chien, sa voiture, son équipe de football préférée. Woody Allen dans Minuit à Paris nous livre lui une formidable déclaration d’amour à Carla Bru… mais non je déconne, c’est à la ville lumière qu’elle s’adresse.

Gil voyage avec sa femme et ses beaux parents dans la ville qui le fascine depuis toujours : Paris. Son rêve est de s’y installer, mais il ne recueille que railleries de ses proches, qui n’y voient là que caprice immature. Il les délaisse volontiers pour parcourir les rues de la capitale seul la nuit. Et un jour, miracle, il se retrouve sans savoir comment au cœur du Paris des années 30 qu’il vénère tant.

Minuit à Paris donne le ton dès les premières minutes : de la musique et des vues de Paris. Cela aurait pu ressembler à un clip du syndicat d’initiative, mais la caméra de Woody Allen vaut bien sûr bien mieux que ça. Des vues ordinaires et non touristiques, mais qui captent avec une justesse rare l’âme de cette ville à nulle autre pareille. Une vision que seul un étranger peut avoir, tant les autochtones dont je fais partie, oublient devant s’extasier devant le moindre immeuble haussmannien. Le court passage à Versailles m’a d’ailleurs fait particulièrement sourire, me rappelant que c’est là un des lieux les mythiques de la planète, mais que je peux aller y pique-niquer tous les dimanches si je veux.

Mais cette déclaration d’amour ne se contente évidemment pas de nous proposer quelques plans fixes. Minuit à Paris nous plonge dans ce qui a construit le mythe parisien au cours du XXème siècle. Le mot mythe est important car ce que nous fait vivre ce film, c’est la vision rêvée d’un Paris qui n’a évidemment jamais existé. C’est là le deuxième thème majeur du scénario. Une ode critique à la nostalgie, le fameux « c’était mieux avant », alors qu’avant, on n’avait pas encore inventé les antibiotiques… Woody Allen à travers son personnage nous chante son amour d’un Paris chargé d’une histoire plus ou moins légendaire, tout en nous rappelant que c’est le présent qu’il faut aimer.

Mais Minuit à Paris reste avant tout une comédie légère très réussie, telle que le réalisateur new-yorkais sait si bien nous offrir. Il en profite pour égratigner au passage l’Américain moyen, tendance Tea Party, sans imagination, ni poésie, incapable d’aimer autre chose que son pays. Il s’amuse aussi à nous livrer cette galerie de personnages hauts en couleur, caricatures des figures mythiques qu’ils incarnent. C’est aussi l’occasion de proposer un casting de seconds rôles de premier choix : Adrien Brody, Kathy Bates, Gad Elmaleh, Léa Seydoux… et Carla Bruni, dont l’apparition a fait couler tant d’encre…pour pas grand chose au final. En tout cas, une chose est sûre, son talent d’actrice est certes limité, mais sans non plus faire tâche. Elle ne serait pas qui elle est, son rôle serait tout simplement passé inaperçu en mal et en bien.

minuitaparisWoody Allen confirme son incomparable talent de directeur d’acteur en offrant à Owen Wilson un des rôles les plus intéressants et le plus subtils. L’habitué des grosses comédies qui tâchent trouve ici un personnage qu’il peut incarner sans grimace ou en faire des tonnes. Et il s’en sort parfaitement, arrivant à attirer immédiatement la sympathie du spectateur. En face de lui, Marion Cotillard est égale à elle-même. Certains diront, quoi encore elle ! Mais si on pense ce qu’on veut de la femme qu’elle est, l’actrice dégage un peu plus de charisme à chacun de ses apparitions, devant peu à peu une véritable étoile du cinéma mondial.

Minuit à Paris est donc un film très agréable qui permet de redécouvrir avec un œil neuf des endroits anodins pour nous, mais exotiques et magiques pour d’autres. D’ailleurs, paradoxalement, ce film donne envie de voyager pour ressentir la même excitation que Gil. Tiens, et si j’allais faire un tour à New-York !

Fiche technique :
Production : Gravier Productions, MediaPro Pictures, Versátil Cinema
Réalisation : Woody Allen
Scénario : Woody Allen
Montage : Alisa Lepselter
Photo : Darius Khondji
Décors : Anne Seibel, Hélène Dubreuil
Distribution : Mars Distribution
Son : Frédéric Pardon, Jean-Marie Blondel
Durée : 94 mn

Casting :
Owen Wilson : Gil
Rachel McAdams : Inez
Kathy Bates : Gert
Marion Cotillard : Adriana
Michael Sheen : Paul
Carla Bruni : guide du musée
Gad Elmaleh : Détective Tisserand
Léa Seydoux : Gabrielle

ANIMAL KINGDOM : On choisit ses copains, mais rarement sa famille

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animalkingdomafficheLorsque je suis allé voir Animal Kingdom, je connaissais le « pitch », mais j’ignorais totalement le ton sur lequel il était traité. Vu que je sortais de la Ballade de l’Impossible, j’ai espéré qu’il s’agisse d’une comédie, histoire d’avoir une soirée cinéma équilibrée… Mais il n’en est rien, il s’agit en fait d’un film noir, très noir… Voilà, c’était l’anecdote passionnante que j’avais sur ce film… Oui, bah je sais ce que je peux…

Josh est un adolescent de 17 ans qui voit sa mère mourir d’une overdose. Il part alors vivre avec sa grand-mère et ses 4 oncles dans la banlieue de Melbourne. Sauf qu’il va vite comprendre pourquoi sa mère avait décidé de ne plus avoir de contact avec sa famille. Il s’agit en effet d’un gang de criminels endurcis et violents, qui agissent sous l’autorité bienveillante de sa grand-mère. La police met la pression pour mettre tous les membres de la famille sous les verrous et voit en Josh un maillon faible sur lequel appuyer. L’adolescent va devoir très rapidement choisir son camp.

Si Animal Kingdom est un film noir sur l’univers des truands, mais qui offre un angle original. Si vous ne jurez que par la violence presque glamour de la trilogie du Parrain, passez votre chemin. La banlieue de Melbourne ne fera rêver personne et encore moins ces quatre têtes brûlées aux rapports quasiment incestueux avec leur mère. Une belle famille de dégénérés, mais qui donnent réellement froid dans le dos. On comprend bien que le jeune Josh ne soit pas particulièrement enthousiaste à l’idée de partager leur quotidien.

Animal Kingdom est donc un film remarquablement intelligent qui nous fait découvrir le grand banditisme sans y ajouter une pointe d’esthétisme comme le fait souvent le cinéma. Ici la violence est crue et brute de décoffrage. Du coup, elle n’a pas besoin d’être spectaculaire visuellement pour donner quelques sueurs froides au spectateur. Elle n’a rien de fascinante ici, mais est au contraire particulièrement inquiétante. On comprend donc les hésitations de Josh, tiraillé entre la peur de rester au milieu de cette violence et celle de partir et de s’exposer aux représailles de ses oncles.

L’intrigue d’Animal Kingdom repose donc largement sur les choix de Josh. On peut craindre pendant une partie du film que cela soit un peu léger pour nous tenir en haleine pendant un peu moins de deux heures, mais le scénario arrive à remarquablement enchaîner rebondissements et surprises pendant la dernière demi-heure et donner finalement à l’histoire un tour inattendu. Du coup, on reste vraiment tendu dans son fauteuil pendant toute la dernière partie du film, ce qui contribue évidemment à nous laisser sur une très bonne impression.

animalkingdomLa réalisation est sobre, mais efficace. Comme évoqué plus haut, elle ne cherche pas à rendre la violence séduisante, ni au contraire à insister dessus jusqu’au dégoût. Elle se contente de ce qui est indispensable au déroulement de l’histoire, ce qui colle parfaitement avec le ton relativement sérieux de Animal Kingdom. Je ne qualifierai pas ce film de particulièrement dur, mais par contre, il y a un vrai effort de réalisme.

Un mot enfin sur l’interprétation. Si le jeune James Frecheville s’en sort très bien dans son rôle d’adolescent un peu perdu, on retiendra surtout la performance de Jacki Weaver, qui campe une grand-mère au premier abord tout ce qu’il y a de plus sympathique, mais qui se révèle être au centre de cette mini-mafia familiale. Ben Mendelsohn interprète lui le plus inquiétant des quatre oncles… et pour être inquiétant, il l’est !

Animal Kingdom ravira donc tous ceux qui aiment les films noirs qui changent des films noirs.

Fiche technique :
Production : Porchlight Films, Screen Australia
Distribution : ARP Selections
Réalisation : David Michôd
Scénario : David Michôd
Montage : Luke Doolan
Photo : Adam Arkapaw
Décors : Josephine Ford
Musique : Antony Partos
Durée : 113 mn

Casting :
James Frecheville : Josh
Ben Mendelsohn : Pope Cody
Jacki Weaver : Smurf Cody
Guy Pearce : Inspecteur Leckie
Joel Edgerton : Baz Brown
Luke Ford : Darren Cody
Sullivan Stapleton : Craig Cody

JEU IDIOT POUR UN JEU SI BEAU

barcelone

barceloneLe concert de superlatifs qui a accompagné la saison du FC Barcelone n’aurait pas eu la même valeur si elle ne s’était terminée aussi triomphalement qu’hier soir. L’art et la manière avec laquelle le club catalan a remporté la Ligue des Champions laisse le monde du football émerveillé, presque incrédule devant un tel niveau de jeu. Et comme à chaque fois qu’émerge un champion ou une équipe d’exception, les commentateurs divers et variés s’adonnent au jeu futile des comparaisons.

Le FC Barcelone 2010-2011 constitue-t-il la meilleure équipe de tous les temps ? Voilà une question quelque peu absurde, mais qui peut alimenter indéfiniment les discours. Evidemment, tout cela reste pure supputation et ne repose sur rien d’objectif. Il est indéniable que l’équipe entraînée par Guardiola mettrait une volée au Brésil 1970, souvent considéré comme la meilleure équipe de tous les temps. Cela repose sur une différence dans les techniques de préparation physique, dont les progrès a incroyablement accéléré le jeu lors de ces dernières décennies. Alors à quoi bon les comparer ?

Je n’ai jamais vu jouer l’équipe de Pelé, ni la Hongrie 1954, ni le Milan AC de 1988, ni l’Ajax de 1970… J’aurais donc bien du mal à m’adonner au petit jeu des comparaisons. Par contre, depuis que je suis le football avec attention, c’est à dire 1990, je n’ai jamais eu l’occasion de voir une équipe affichant une telle maîtrise technique, un collectif aussi efficace et un jeu aussi parfait. Quant à Lionel Messi, il est encore trop tôt pour connaître exactement la place qu’il occupera dans l’histoire du football, mais à seulement 23 ans, ses performances le situent au niveau des plus grands.

En tout cas, tous les amateurs de football n’ont plus qu’une seule hâte : revoir jouer le FC Barcelone.

ONE WAY TICKET (The Nerves) : Petit voyage dans le temps

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onewayticketthenervesJe m’apprêtais à introduire cette critique en me livrant à un petit discours sur la nostalgie. En effet, en écoutant One Way Ticket de The Nerves, j’ai tout de suite trouvé que leur musique avait un fort côté rétro. J’imaginais donc un groupe anglais, fan des Beatles et des Rolling Stones et nous proposant un son qui fleurait bon les années 60 et 70. Sauf que je faisais totalement erreur…

En effet, One Way Ticket est une compilation. Enfin, je ne sais pas vraiment si on peut appeler cela comme ça puisque The Nerves n’a sorti qu’un seul album studio… en 1976. Il s’agit donc plutôt d’une reprise, agrémentée de nombreux titres live. De plus, The Nerves ne sont pas du tout britanniques, mais américains. Bref j’avais tout faux… Si ce n’est qu’il s’agit bien d’une formation rock archi-classique avec chanteur, guitariste, bassiste et batteur, dont la carrière fut particulièrement courte. Mais vaut mieux parfois la qualité que la quantité.

The Nerves n’a pas réinventé le rock et apparaît même plutôt comme un des derniers héritiers du styles des 60’s. Il n’y a donc pas de grande surprise dans One Way Ticket, mais beaucoup de morceaux de qualité. Le plus connu est Hanging On The Telephone… qui n’est pas une reprise de Blondie comme je le pensais à la première écoute, mais bien la version originale. Bref, ils n’ont pas forcément laissé d’immenses tubes derrière eux car il est vrai qu’aucun titre ne se détache vraiment dans cet album.

One Way Ticket contient essentiellement des morceaux rock très classiques. Cependant, The Nerves y met assez d’énergie et de maîtrise pour ravir tous les amateurs du genre. Il n’y a peut-être pas la créativité des maîtres du genre, mais tout de même beaucoup de talent. Ils suivent un chemin déjà tracé par d’autres mais on éprouve beaucoup de plaisir de faire ce voyage avec eux.

Cependant, on sent bien également que la musique de The Nerves est au carrefour entre deux époques. Si l’influence des Beatles ou des Beach Boys se fait grandement sentir, on sent pointer d’autres styles musicaux émergeant dans les années 70. Quelques touches de punk, quelques titres rappelant Joy Division viennent agrémenter One Way Ticket qui, sans cela, serait quelque peu monotone. Au final, les titres studio forment un ensemble très agréable à écouter et qui ressemble à un voyage dans le temps. Cela prouve aussi que si la postérité n’a retenu que quelques groupes, il y a beaucoup de bonne musique que le temps a oublié.

Je n’en dirais pas tant des titres live que l’on trouve sur One Way Ticket. La qualité d’enregistrement est particulièrement médiocre et c’est très frustrant car on sent bien que The Nerves assuraient sur scène. On peut contester leur intérêt, puisque ils ne raviront que les fans purs et durs. Enfin, le CD fait tout de même 20 plages, dont la moitié sont des titres studios remarquables. On en a quand même pour son argent. Il est vrai que les albums live de cet époque ne sont pas toujours de très bonne qualité et il n’existe sûrement pas d’enregistrements meilleurs de ce groupe.

One Way Ticket permet donc de découvrir le groupe The Nerves qui ravira tous les amateurs de rock classique.

Pour finir, faisons le tour des plages de cet album :

1.: One Way Ticket
Rock très énergique.

2.: Paper Dolls
Sonne comme les Beatles, mais en un peu plus énervé.

3.: Hanging On The Telephone
Chanson reprise par Blondie. Mais l’original est vraiment excellent.

4.: When You Find Out
Très bon rock festif, rappelant les Beach Boys.

5.: Working Too Hard
Toujours aussi classique, rappelle une nouvelle fois les Beatles, mais reste très bon.

6.: Give Me Some Time
Son nettement plus américain.

7.: Walking Out On Love
L’influence du punk se fait sentir.

8.: Thing Of The Past
Un titre en live qui permet de voir qu’il assuraient sur scène.

9.: It’s Hot Outside
Un rock énervé qui sonne déjà beaucoup plus 70’s

10.: Many Roads To Follow
Ressemble à un vieil enregistrement des Beatles.

11.: Are You Famous (live)
Sonne comme un enregistrement pirate d’une face B.

12.: Why Am I Lonely (live)
Morceau un peu plus énervé que le précédent

13.: You Won’t Be Happy (live)
Rappelle un peu ce que donnera plus tard Joy Division.

14.: Any Day Now (live)
Retour à un rock très classique.

15.: Letter To G (live)
La qualité d’enregistrement n’est vraiment pas bonne, dommage.

16.: Come Back And Stay (live)
Excellent, si ce n’est toujours la qualité de l’enregistrement.

17.: I Need Your Love (live)
Très énergique et très bon.

18.: Stand Back And Take A Good Look (live)
Sonne comme une démo, mais sans grand intérêt.

19.: Are You Famous (version 2)
Idem que la plage précédente.

20.: Letter To G (version 2)
Nouvelle démo qui n’apporte pas grand chose.

LES PLUS RICHES, CES ASSISTES !

allocationsfamiliales

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Revenons une nouvelle fois sur les propos de Laurent Wauquiez, mon nouveau meilleur ami et illustrons à quel point ils pouvaient être inexacts et à quels points ceux qui s’empressent de le soutenir devraient se renseigner avant de parler.

Bon, d’abord expliquons le plus clairement possible ce que représente le graphique ici présent. Il représente le montant des aides accordées par enfants par le système de solidarité de notre beau pays selon le revenu des parents. Ces aides prennent deux formes. La première est celle qui est accusée de soutenir l’assistanat, ce sont les aides directes qui prennent en France des formes très variées (le fameux ça+ça+ça). Effectivement le graphique prend en compte :

AF : Allocations familiales

CF : Complément familial

ARS : Allocation de rentrée scolaire

ASF : Allocation de soutien familial

PAJE : Prestation d’Accueil du Jeune Enfant

Mais la solidarité nationale repose sur un second pilier moins visible et dont les personnes qui dénoncent le premier bénéficie allégrement : le quotient familial, qui veut que l’on paye moins d’impôts quand on a des enfants. Ce principe est tellement ancré dans notre culture fiscale qu’il paraît naturel et incontournable. Il n’en est rien et bon nombre de pays ne connaissent pas ce système. Quoiqu’il en soit que l’on verse directement de l’argent ou que l’on accorde une remise fiscale, cela revient au même, cela accorde du pouvoir d’achat supplémentaire aux ménages.

Sur le graphique, les aides directes apparaissent en blanc, les réductions d’impôts en gris. Ensuite, le graphique décompose la population en percentiles… Pour faire simple, P0-10 correspond aux 10% de la population française qui ont le revenu le plus faible, P10-20 aux 10% qui viennent ensuite et ainsi de suite. Le graphique est assez simple à comprendre, sauf pour les 10% qui gagnent le plus. En effet, le graphique « zoome » et découpe cette tranche de population en sous-tranches. Il faut donc avoir en tête que la partie du graphiques intitulées « classes aisées » n’est pas à la même échelle que le reste. Bon, j’espère que cette fois c’est clair.

Que fait apparaître ce graphique ? Et bien que pour 90% de la population, la solidarité nationale accorde, sous une forme ou une autre, en moyenne la même somme pour chaque enfant (autour de 180 euros par mois). Par contre, pour les 10% les plus aisés, le poids des remises d’impôts dues au quotient familial prend un poids qui dépasse de loin les aides versés directement. Ainsi, la solidarité nationale, au final, offre un apport de pouvoir d’achat supplémentaire de 400 euros en moyenne par enfants aux parents pour le 1% dont le revenu est le plus élevé, soit plus du double que pour les 10% les moins aisés. La solidarité nationale liée à la présence d’enfants dans les ménages n’entraîne donc pas globalement un transfert des classes moyennes vers des supposés oisifs et profiteurs du système, contrairement à ce que certains clament haut et fort, mais engendre globalement un transfert des plus pauvres vers les plus riches.

C’est peu de le dire que de parler d’injustice et on peut se demander si le terme de solidarité peut encore réellement s’appliquer. Si notre pays est gangréné par quelque chose, ce n’est sûrement pas par l’assistanat tel que le définit Laurent Wauquiez. S’il y a un cancer ici, c’est dans cette attitude qui pousse les plus aisés à retourner les classes moyennes contre les plus pauvres pour mieux conserver leurs privilèges.

Pour en savoir plus, rendez vous sur l’excellent site http://www.revolution-fiscale.fr/ dont est tiré ce graphique.