
Eddie Mora est loser, écrivain raté en mal d’inspiration, qui voit sa petite amie le quitter, fatiguée de lui servir de soutien moral et financier. Alors quand il croise son ancien beau-frère, ancien dealer, prétendument reconverti en commercial pour l’industrie pharmaceutique et que ce dernier lui propose une drogue révolutionnaire capable de booster son intelligence et l’aider à écrire enfin une ligne, il finit par essayer. Le résultat est spectaculaire… mais temporaire. Et quand il cherche à en obtenir plus, il trouve un cadavre, mais finit par dénicher le stock que le assassins recherchaient probablement. Commence alors pour lui une fulgurante ascension. Mais entre les effets secondaires et les convoitises, son rêve flirte vite avec le cauchemar.
Limitless tient plus du polar que du film de science-fiction. La drogue révolutionnaire n’est qu’un prétexte et représente simplement une forme nouvelle et originale d’une recette vieille comme le cinéma : un personnage se retrouve en possession d’un objet qu’il n’est pas censé posséder, qui lui apporte beaucoup, mais le met en danger. Et pendant une bonne partie du film tout se déroule comme on pouvait s’y attendre. Le dénouement qui se dessine semble vraiment cousu de fil blanc, et si le spectacle fut tout de même divertissant, on s’attend à en repartir un tantinet déçu. Puis les ultimes secondes nous offrent un rebond inattendu qui change radicalement le regard que l’on peut porter sur ce scénario, plus intelligent qu’il en avait l’air.
Limitless échappe, et c’est tant mieux, à un discours moralisateur lourdingue. On parle de drogue, de succès obtenu en « trichant », il aurait donc été facile de nous livrer une conclusion manichéenne. Il n’en est rien et sans dévoiler la teneur du dénouement, sachez simplement que tout ne se termine pas par « il a été puni, il se repend et trouve finalement le vrai bonheur dans une vie simple et honnête ».
En plus de cela, Limitless est réalisé avec efficacité, à défaut de brio. Neil Burger s’essaye bien à quelques effets « artistiques » originaux, mais franchement, cela n’apporte rien, si ce n’est quelques fois prêter un peu à sourire. L’effort était louable certes, mais le résultat n’apporte pas grand chose. Ca ne gâche pas le plaisir non plus. Mais enfin, cela contribue avec le côté faussement attendu du scénario à laisser le spectateur un rien sceptique pendant une bonne partie du film.

Limitless est donc un film qui nous laisse sur une assez bonne impression finale pour nous faire totalement oublier qu’on a craint pendant fort longtemps d’être devant d’une production moyenne, si ce n’est médiocre. Il ne révolutionnera certainement pas le 7ème art, mais peut vous permettre néanmoins de passer un bon moment.
Fiche technique :
Production : Gaumont, Relativity Produced, Rogue-Many River / Boy of the Year, Intermedia Film
Distribution : Gaumont Distribution
Réalisation : Neil Burger
Scénario : Leslie Dixon
Montage : Naomi Geraghty
Photo : Jo Wilems
Format : 35mm
Décors : Patrizia Von Brandenstein
Musique : Paul Leonard-Morgan
Durée : 105 mn
Casting :
Bradley Cooper : Eddie Morra
Abbie Cornish : Lindy
Robert De Niro : Van Loon
Anna Friel : Melissa
Andrew Howard : Gennady
Johnny Whitworth : Vernon

X-Men : le Commencement, sans être du même niveau que les deux premiers Spider-man de Sam Raimi, constitue sans aucun doute une des meilleures productions Marvel. Les films de super-héros reposant forcément beaucoup sur leurs personnages, leur donner de l’intérêt et de l’épaisseur est fondamental. Matthew Vaughn y parvient à la perfection, ce qui permet d’apprécier encore plus pleinement les scènes d’actions spectaculaires et les effets-spéciaux remarquables. Du grand spectacle donc, mais pas que. 

Le style graphique est lui-aussi très personnel. Il correspond à celui de la bande-dessinée (enfin pour le peu de souvenir que j’ai de l’avoir feuilleté). Je n’en suis pas particulièrement fan, mais il colle finalement bien à l’ambiance générale du Chat du Rabbin. Alors, très vite, une fois rentré dans le film, on oublie ses réticences à ce niveau. Restera tout de même un léger regret quant à la qualité de l’animation en elle-même qui n’est pas non plus exceptionnelle. Quant à la 3D… je ne me prononcerai pas, puisque je l’ai vu en 2D, mais j’ai du mal à imaginer ce que le relief pourrait apporter (si ce n’est un euro pour le distributeur).
Pourtant, on sent bien que Very Bad Trip 2 ne déploie pas les moyens d’un film de seconde zone. Beaucoup de talent y est mis en œuvre, mais rien ne peut rattraper le caractère foireux des gags. Pas même la réalisation qui fait souvent preuve d’imagination et d’un vrai sens de la photographie. Todd Philipps sait définitivement manier une caméra et on aimerait bien voir ce que cela pourrait donner s’il se décidait à tourner autre chose que de la bonne grosse comédie qui tâche. Cela sera peut-être pour une prochaine fois, parce que là, pour le coup, ça tâche et ça a du mal à partir au lavage.
Et puis, Pirates des Caraïbes : la Fontaine de Jouvence recèle quelques jolis moments de cinéma. La séquence où surviennent les sirènes est notamment particulièrement réussie, aussi bien sur le contenu que sur la forme. Cela démontre que la franchise a plutôt bénéficié du passage de témoin entre Rob Marshall et Rob Verbinski. On sent la patte d’un vrai réalisateur, même si on sent aussi encore la patte du politiquement correct à la Disney. Cependant, le côté assez troublant, il faut bien l’avouer, de ces créatures de légende apportent un peu de sensualité dans une saga pour l’instant assez chaste.
La réalisation est quant à elle sobre et classieuse. Le travail de photographie donne à la Défense Lincoln un petit aspect rétro, hommage aux polars des années 60-70 (Bullit, les 3 Jours du Condor…). Le ton tire parfois sur le film noir, mais Brad Furman reste sur sa ligne directrice visuelle qui empêche le film de se prendre trop au sérieux. L’image de macho au grand cœur, l’importance donnée à sa voiture renvoie aux personnages interprétés par Boggart, même si c’était alors la figure du détective privée qui primait, non celle de l’avocat. En tout cas, pour un premier film, on ne peut que saluer ce travail, même si certains trouveront peut-être qu’il manque du coup un peu de personnalité. 

Le Complexe du Castor brille donc aussi bien par le fond et l’originalité du scénario que par la forme de sa mise en scène. Et au-delà du rythme, il y a une vraie élégance dans la caméra de Jodie Foster. Mais aussi une certaine virtuosité dans la manière dont elle fait de cette marionnette un personnage à part entière. Le choix des cadrages jouent un rôle capital dans la construction de l’intrigue et l’évolution du couple Walter-castor. On aurait pu facilement sombrer dans le ridicule, ou du moins sourire à des moments qui n’auraient pas du s’y prêter. Mais au contraire, on entre totalement dans cette histoire, qui pouvait pourtant nous sembler si improbable à l’origine.
Mais la Conquête reste néanmoins sans complaisance pour ses personnages et il est difficile de dire qu’il les rend plus sympathiques en les rendant plus humains. Au contraire, on plonge en plein cœur du décalage entre leur médiocrité d’hommes et la grandeur qu’ils doivent afficher en public. Ce décalage, s’il est inévitable en politique, donne un air de farce à chacun de leur agissement, alors que c’est le destin même du pays qui se joue. D’ailleurs, la musique est là pour le souligner constamment, avec des airs que l’on attendrait plus sur la piste d’un cirque que dans les salons de l’Elysée. Si on ajoute à cela des répliques sûrement trop bonnes et cinglantes pour être véridiques, ce film nous offre quelques moments d’anthologie délectables, comme le dernier déjeuner de travail entre Domique De Villepin qui vient de prendre la tempête CPE en pleine figure et un Nicolas Sarkozy qui sati pertinemment qu’il n’a plus rien à craindre de lui. Tout cela est étonnamment drôle, même si, parfois, on aimerait penser que tout cela n’est pas vrai.
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