LA BALLADE DE L’IMPOSSIBLE : Amour impossible ?

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laballadedelimpossibleafficheBon pour commencer, mon petit coup de gueule habituel contre les traductions à la con. Je vais ici parler de la Ballade de l’Impossible, un film japonais réalisé par le Vietnamien Tran Anh Hung, dont le titre original est…Norvegian Wood, du nom de la chanson des Beatles, qui joue un rôle dans le film. Pourquoi alors ne s’est-il pas appelé comme ça à sa sortie en France ? La raison semble simple, le titre du roman dont il est tiré avait déjà été « traduit » de cette façon… Mais alors pourquoi avoir changé le titre du livre ? Bref, ce genre de choses m’énerve au plus au point et si je devais soutenir une grande cause futile, ça serait la lutte contre les traductions débiles.

Naoko, Kizuki et Watanabe sont trois adolescents qui traînent souvent ensemble. Les deux premiers forment un couple depuis l’enfance, mais la présence constante de leur ami ne les dérange pas. Cet équilibre va se briser brutalement avec le suicide de Kizuki. Watanabe part alors à Tokyo pour poursuivre ses études. Un jour, il croise par hasard Naoko. Ils commencent alors à se revoir et finiront pas devenir amants. Mais comment s’aimer quand on porte en soi un fantôme omniprésent ?

Vous l’aurez compris, la Ballade de l’Impossible n’est pas la dernière comédie hilarante. Mais ce n’est pas un film sur le deuil ou la mort, mais une magnifique histoire d’amour. Un amour impossible et dramatique, mais à la fois si les amours heureux et routiniers donnaient de bons films, ça se saurait. Nous sommes donc là face à un thème éternel qui continuera encore longtemps à inspirer littérature et cinéma puisqu’il constitue une source inépuisable d’inspiration.

Mais si la Ballade de l’Impossible nous présente des sentiments et des situations extrêmes, il parle au fond de quelque chose qu’à peu près tout le monde a pu expérimenter dans son existence : l’irrésistible attraction exercée par l’amour impossible, celui voué à l’échec d’avance et qui ne pourra que nous conduire à la peine et la souffrance. Cet instinct bizarre qui nous pousse à préférer celui ou celle qui nous fuit et à délaisser celle qui nous attend et nous promet un amour heureux et apaisé. Le thème vraiment central de ce film est bien celui-là et la dramaturgie n’est qu’un support à la réflexion sur ce sujet qui pourra concerner bon nombre d’entre nous.

Reste tout de même le rythme de narration. La Ballade de l’Impossible est un film profondément « asiatique » dans la forme. Il est long, 2h13, et les évènements se déroulent à une vitesse qui n’est pas celle des récits occidentaux. Rappelez-vous les matchs de foot qui duraient 4h30 dans Olive et Tom, et bien c’est exactement la même chose ici. Ce n’est pas qu’il ne se passe rien, simplement les choses se passent lentement. Pour tout dire, une personne a quitté la salle en plein milieu du film et en a entraîné quelques autres à sa suite (j’adore ce genre de phénomène de comportement moutonnier). Bon après, on peut se demander pourquoi ont-ils été voir ce film qui était en fin d’exploitation, s’ils n’étaient visiblement pas très motivés, ni renseignés… Mais c’est une autre question.

laballadedelimpossibleSi ce petit fossé culturel ne rebute pas, la Ballade de l’Impossible se révèle un film terriblement émouvant sur le fond et magnifique dans sa forme. La caméra de Tran Ahn Hung est d’une incroyable élégance et d’une infinie subtilité, nous faisant partager les émotions des personnages de manière sensible. Le film est très crue, parlant beaucoup de sexualité, mais jamais une seule seconde vulgaire. Il explore simplement les sentiments des personnages de manière incroyablement profonde, nous entraînant avec lui dans cette histoire bouleversante. Aucun misérabilisme, aucune émotion facile, mais une exploration sans fard de la manière dont l’âme humaine peut se dissoudre dans la douleur.

Tran Ahn Hung s’appuie sur un formidable casting, qu’il sublime par un merveilleux talent de direction. Dommage que ce réalisateur, qui avait croulé sous les prix il y a 20 ans avec son premier film, l’Odeur de la Papaye Verte, soit si rare. 5 films tout et pour tout dans sa filmographie, dont un superbe Cyclo (enfin paraît-il, il manque malheureusement à ma culture), remake du Voleur des Bicyclettes et Lion d’Or à Venise en 1995. La Ballade l’Impossible confirme qu’il est bien un des réalisateurs le plus talentueux de la planète, même si son œuvre n’est pas la plus accessible qui soit.

La Ballade de l’Impossible fait donc partie de ces films qui peut toucher l’âme humaine, pour peu que l’on sache accepter une forme qui bouscule nos habitudes culturelles.

Fiche technique :
Production : Asmik Ace Entertainment, Fuji Television Network, Toho Company Ltd.
Distribution : Pretty Pictures
Réalisation : Tran Anh Hung
Scénario : Tran Anh Hung, d’après l’oeuvre de Haruki Murakami
Montage : Mario Battistel
Photo : Lee Ping Bing Mark
Décors : Yen-Khe Tran-Nu
Son : Tomoharu Urata
Musique : Jonny Greenwood
Durée : 133 mn

Casting :
Kenichi Matsuyama : Watanabe
Rinko Kikuchi : Naoko
Kiko Mizuhara : Midori
Reika Kirishima : Reiko Ishida
Tetsuji Tamayama : Nagasawa

NIGHTS OUT (Metronomy) : Ah oui, mais là non !

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nightsoutmetronomyBon, je sais, je n’aime pas du tout la musique électro, alors pourquoi donc ai-je eu l’idée d’écouter Nights Out du groupe anglais Metronomy ? Bon, en fait, je ne sais pas du tout comment il a atterri sur ma liste. J’ai sans doute été appâté par une critique élogieuse et sans doute par une classification ambiguë, genre pop-électro. Et puis à la fois, j’aime bien Daft Punk, Goldfrapp et je reconnais le talent de Massive Attack (même si ce n’est définitivement pas ma tasse de thé). Mais là, cela dépasse vraiment mon entendement.

Metronomy est donc un groupe anglais formé en 1999 par Joseph Mount. Leur discrographie comporte trois albums, dont ce Nights Out, leur deuxième, sorti en 2008. Leur dernier, intitulé The English Riviera vient de sortir, mais à la lecture de cette critique, vous comprendrez aisément que je n’ai pas du tout l’intention d’aller voir ce que cela peut donner.

Effet, Nights Out est tout simplement mauvais. Si seulement, il n’était que sans intérêt, transparent ou juste oubliable. Non, il est carrément déplaisant, voire pénible à écouter pour certains titres. On passe de l’étonnement quand la musique nage en plein ridicule à la consternation quand la musique s’apparente à l’antithèse totale du mot harmonie. Ca a l’intérêt artistique de David Gueta et l’énergie de Massive Attack. Et autant vous dire que le mélange est indigeste.

Certains trouveront peut-être un côté vintage à ce son qui semble parfois sortir tout droit des synthétiseurs Bontempi de notre enfance. Mais au moins, quand nous cassions les oreilles de nos parents, personne n’aurait eu l’idée d’en faire un disque. Bon, je suis un peu sévère car quelques fois dans Nights Out surgit un véritable instrument de musique. Et immédiatement, cela ressemble presque alors à de la vraie musique. Heartbreaker, Side 2 et surtout On Dancefloors s’écoutent ainsi sans donner envie de s’enfuir en courant, mais sans donner envie de sauter au plafond, ni se rouler par terre de plaisir.

Parfois, Nights Out rappelle l’excellent groupe anglais Just Jack, qui lui fait vraiment de l’électro-pop de toute première qualité. Mais Metronomy a infiniment moins de talent et le résultat sonne comme une mauvais parodie. Si les titres sont assez variés, on ne peut pas vraiment parler de créativité, mais tout simplement de grands n’importe quoi successifs. Quand on affiche aussi peu de maîtrise de son art, ce n’est pas très difficile d’arriver à des résultats toujours différents.

Je ne vais donc pas appesantir plus longtemps sur ce Nights Out de Metronomy qui ne va définitivement pas me réconcilier avec l’électro. Enfin, même sans aimer ce genre musical, j’ai du mal à concevoir une telle médiocrité artistique.

Avant d’en finir, faisons le tour des titres de Nights Out.

1.: Nights Out
Une ambiance étrange pour ce morceau introductif.

2.: End Of You Too
Electro plus enjouée, mais assez nulle…

3.: Radio Ladio
Enfin du chant se pose sur la musique. Du coup, ça ressemblerait presque à quelque chose. Presque…

4.: My Heart Rate Rapid
Nul et inaudible.

5.: Heartbreaker
Plus jazzy et peu meilleur.

6.: On The Motorway
Instrumental ridicule.

7.: Side 2
Plus mélodieux et élaboré.

8.: Holiday
Horrible, dissonant, pénible.

9.: Thing For Me
Voix suraiguë pénible sur une instrumentation sans intérêt.

10.: Back On The Motorway
Ca ressemble beaucoup à du Just Jack, mais en moins bien…

11.: On Dancefloors
C’est mieux… Dommage, le CD est presque fini.

12.: Nights Outro
Oh une guitare !

VIVE L’OL ! VIVE L’EUROPE ! VIVE LES FEMMES !

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olchampiondeuropeLa victoire hier soir des Lyonnaises en finale de la Ligue des Champions contre Postdam 2-0 constitue une bonne nouvelle à bien des points de vue. Déjà, pour l’ensemble du sport collectif français qui, sans cela, aurait connu une année vierge au niveau européen, après les défaites d’Arras (basket), Tremblay-en-France (handball) et du Stade Français (rugby) lors de leurs finales respectives. Et encore, ces trois clubs avaient accédé à la dernière marche de la « petite » Coupe d’Europe de leur sport. L’Olympique Lyonnais est lui bel et bien champion d’Europe. Un titre amplement mérité après avoir échoué de si peu la saison dernière.
 
C’est également une bonne nouvelle pour le sport collectif féminin, qui souffre dans notre pays d’un manque criant d’exposition médiatique. Pourtant les résultats sont souvent meilleurs que chez les garçons et dans la plupart des autres pays, un tel déséquilibre n’existe pas. A l’heure où le machisme de la société française fait débat, le peu de notoriété acquise hier soir par le football féminin est un tout petit pas, mais un pas dans la bonne direction. Alors certes, la qualité du spectacle d’hier soir n’était pas sûrement pas tout à fait à la hauteur de celui qui nous attend demain lors de la finale Barcelone-Manchester, mais ces jeunes femmes n’ont rien à envier à leurs homologues masculins en termes de technique et d’engagement physique. La seule grosse différence réside au niveau de la vitesse, ce qui fait ressembler un match de football féminin à un match des années 60. Mais avec la professionnalisation accrue, cet écart devrait régresser.

Enfin, cette victoire constitue évidemment une bonne nouvelle pour le football féminin, à quelques mois du début de la Coupe du Monde. Une compétition où les filles n’auront guère de mal à faire mieux que les garçons en Afrique du Sud. Si les Bleues semblent encore justes pour jouer le titre, leurs indéniables progrès leur offrent une vraie carte à jouer pour jouer les trouble-fêtes et venir titiller les favorites habituelles : Allemagne, USA, Chine…
 
Espérons que le football féminin français continue dans les prochaines années à nous offrir d’autres belles victoires comme celle-ci. Et peut-être alors que les soirées bière-pizza-foot prendront alors soudain une touche beaucoup plus glamour.

PRIORITE A DROITE

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radarsLorsque Laurent Wauquiez compare les Rmistes à un cancer, quelques députés UMP ont quand même laissé entendre du bout des lèvres que les termes employés étaient quelque peu maladroits. Mais bon, pas vraiment d’indignation ou de réaction violente. Mais lorsque le gouvernement propose de supprimer les panneaux avertissant de la présence d’un radar, alors là, c’est le branle-bas de combat, la mobilisation générale, la révolte qui gronde. Des dizaines de parlementaires du parti majoritaire ont ruée dans les brancards pour faire plier le gouvernement.

J’aurais presque envie d’arrêter mon billet ici, tant les faits sont consternants et parlent d’eux-mêmes. Si certains s’engagent en politique pour changer le monde, certains sont là pour des raisons beaucoup plus obscures, et en tout cas beaucoup moins nobles. Ce spectacle lamentable rappelle que si notre beau pays a des raisons d’être fier de ses valeurs et son histoire, il possède aussi des traits dont il n’a pas vraiment à se vanter.

Posséder les routes les plus meurtrières d’Occident n’est vraiment pas un titre de gloire pour la France. Mais le pire reste cette attachement viscéral de nombre de nos concitoyens à la délinquance routière. Rouler vite est un signe de puissance et de virilité dont il est bon de faire étalage à la première occasion. Les policiers et les radars sont des fléaux qui empêchent le bon peuple de l’Hexagone de rouler en paix…

Si les policiers et les radars empêchent une chose, c’est de tuer en paix. Rouler volontairement au-dessus des limitations de vitesse revient à mettre la vie d’autrui en danger en toute connaissance de cause. Lorsqu’un chauffard cause la mort accidentellement, il a simplement moins de chances que tous ceux qui ont eu le même comportement sans incident. Il n’est guère plus coupable que ces derniers, qui argueront toujours que si ils ne leur aient jamais rien arrivé, cela provient de leurs talents de conducteur émérite. Sauf que tuer est un risque auquel s’expose toute personne derrière un volant.

Répéter à l’envie que le gouvernement ne cherche qu’à s’en prendre aux portefeuilles des automobilistes est d’une mauvaise foie morbide et irresponsable. Qu’on le veuille ou non, la politique répressive mise en place ces dernières années a atteint son objectif : celui de faire baisser significativement le nombre de morts sur les routes. Il a fallu certes taper là où cela faisait le plus mal, c’est à dire au porte-monnaie. Mais si cela prouve une chose, c’est que certains préfèrent risquer leur vie et celles des autres que de payer quelques dizaines d’euros. Pour eux la vie à un prix et elle ne vaut pas bien cher.

La remontée de la mortalité routière vient du fait que les automobilistes ont fini par s’habituer aux radars et ont appris à contourner les obstacles qu’ils représentaient à leurs habitudes meurtrières. Face à ce constant, la réaction du gouvernement fut la bonne, on peut même la trouver mesurée. Les radars n’auraient jamais du être annoncés. Un peu comme si la police appelait un meurtrier en cavale pour le prévenir qu’ils viennent l’arrêter d’ici peu. Si cette absurdité prend fin, cela constituera une très bonne nouvelle et, espérons-le, bien des vies préservées.

Les députés UMP qui participent à cette mobilisation sont une honte pour la nation. Par cette action, ils auront un peu du sang de tous les innocents tués sur la route par ceux qu’ils défendent. Un sang qui tâchent les roue de tous ceux incapables de comprendre que respecter le code de la route, c’est respecter la vie.

UN BIEN BEAU CHAMPION

lillechampion

lillechampionIls étaient peu nombreux à être prêts à miser une grosse somme sur un doublé lillois en début de saison. Pourtant, au final, le double triomphe des Dogues ne souffre d’aucune contestation et c’est toute la France du football qui salue unanimement l’équipe de Rudi Garcia. Elle était meilleure que toutes les autres, la voir accéder au titre de champion n’est donc que pure logique.

Mais si on attendait plus Marseille, Lyon ou le PSG, c’est sans doute par manque d’imagination. Car, même si c’est toujours facile a posteriori, tout cela était en fait totalement prévisible. En effet, le LOSC présentait dès l’entame du championnat de trois qualités qui font souvent les champions : une dynamique de progression, une stabilité dans l’effectif et un joueur de grande classe, capable de faire la différence.

Le premier point aurait été beaucoup plus frappant si les Nordistes n’avaient pas bêtement laissé échapper la qualification pour la Ligue des Champions au profit d’Auxerre lors de la dernière journée du précédent championnat. Mais même sans cela, cette équipe a progressivement acquis l’habitude de jouer la première moitié du classement, puis les places européennes. Il était donc logique que cette équipe finisse par se mêler à la lutte pour le titre.

Surtout que cette dynamique positive s’est couplée avec une forte stabilité de l’effectif. C’est là toute la différence entre Lille et Rennes, qui auraient pu poursuivre des trajectoires réellement similaires, si les Bretons ne perdaient régulièrement leurs meilleurs joueurs. Lille au contraire a su garder toutes ses forces vives et se renforcer progressivement. L’arrivée de Sow, en provenance de…Rennes, fut la dernière pièce du puzzle mis en place par Rudi Garcia. Et quel puzzle !

Enfin, le LOSC possède en Eden Hazard le meilleur joueur de notre championnat. Le jeune Belge a connu la même trajectoire que son club, élu deux années de suite meilleur espoir avant de recevoir cette année la récompense suprême lors des trophées UNFP. Un trophée mérité pour un joueur au talent pur de classe mondial. Reste à savoir s’il pourra encore rester longtemps dans le Nord, tant il attise l’appétit de tous les recruteurs européens.

Si ces trois facteurs lui ont permis de se mêler à la course au titre, un dernier élément a au final fait la différence. La qualité et l’apport des remplaçants. Si le trio offensif Sow-Hazard-Gervinho a largement contribué au titre, leurs remplaçants, De Melo-Obraniak-Frau a également joué un rôle majeur. Pour preuve, le but de l’international polonais en finale de la Coupe de France et celui de l’ancien Sochalien à Marseille, pour une victoire au Vélodrome qui se sera révélée décisive.

Enfin, Lille mérite son titre tout simplement parce qu’elle a produit le jeu le plus spectaculaire, le collectif le plus abouti et l’esprit offensif le plus marqué. Les titres ne vont pas toujours à ce type d’équipe, surtout à une époque où on valorise tellement les notions de « block-équipe » ou de « replis défensif ». Alors saluons encore une fois les joueurs de Rudi Garcia et espérons que le champion de France 2011-2012 soit aussi beau.

CASINO : Le chef d’oeuvre de Scorsese

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casinoafficheDans la série des débats futiles, mais totalement indispensables, en voici un qui peut donner lieu à des discussions animées, pour peu que l’assemblée soit composée de cinéphiles avertis : quel est le meilleur film de Martin Scorsese ? Bien sûr, les supporters de Taxi Driver seront nombreux, mais peut-être pas autant que ceux de Raging Bull. Ils auront fort à faire face aux inconditionnels des Affranchis et ceux de Shutter Island. Moins nombreux, mais non moins coriaces, seront les fans de After Hours, Aviator ou Gangs of New York. Mais si jamais je prenais part à ce débat, mon choix serait ferme et définitif. Et il se porterait sur Casino.

Sam Rothstein dirige un des principaux casinos de Las Vegas pour le compte de la mafia de Chicago. Il a la situation bien en main, l’argent coule à flot et permet à tout le monde, y compris les notables locaux, d’y trouver leur compte. Mais l’arrivée dans sa vie de deux personnes va vite venir perturber ce bel édifice. D’un côté, Nicky Santoro, un gangster, ami d’enfance, beaucoup moins discret et subtil que lui. De l’autre, la belle Ginger McKenna, prostituée dont il va tomber fou amoureux.

Si la trilogie du Parrain de Coppola reste le classique des classiques des films sur la mafia, Martin Scorsese, avec la complicité de Robert De Niro, reste le cinéaste qui aura le mieux mis en image ce monde inquiétant et fascinant. Et Casino est son chef d’œuvre. On pourrait dire qu’il ressemble à bien d’autres films, mais c’est l’inverse ! Ce sont les autres longs métrages qui ne sont que de pâles copies… Bon, ok, je m’emballe un peu car cette histoire de montée en puissance puis de chute de truands développe un thème cher au cinéma. Mais lorsque cela est si magnifiquement mis en image, on en redemande !

Comme beaucoup de films de gangsters, Casino repose en grande partie sur ses personnages. En dehors de l’intrigue principale, Scorsese dresse le portrait de protagonistes hauts en couleur, plaçant le spectateur entre admiration, sympathie d’un côté et dégout et inquiétude de l’autre. L’ambiguïté morale du monde de la mafia, un monde où l’on parle sans arrêt d’honneur mais où on n’hésite pas à faire régner la loi du plus fort le plus lâchement du monde, prend ici une dimension rarement atteinte. On en sait pour qui prendre partie et jamais le film n’est même qu’effleuré par un manichéisme qui nous pousserait à excuser les travers de certains personnages.

Casino est une fresque magnifique qui nous plonge de manière incroyablement immersive dans l’envers de l’envers du décor du monde du jeu et de la nuit à Las Vegas. Un film qui voyage du glamour à la plus profonde noirceur en un rien de temps et avec la même force. On sait des le début que la mécanique parfaite décrite au début va finir par s’enrayer et s’écrouler, mais qu’importe, on se laisse porter par cette histoire qui, à travers un casino, pourrait résumer la chute de bien des empires au cours de l’histoire. Le récit reste tout aussi fascinant dans la montée en puissance que dans la longue descente en enfer et jamais le spectateur n’a l’occasion de sortir du film ne serait-ce qu’une seconde.

Casino est aussi sans doute l’œuvre la plus aboutie techniquement de Martin Scorsese. Son incroyable sens de la mise en scène, du cadrage et de la photographie se conjugue ici avec une bande-originale sidérante qui reprend tout ce qui s’est fait de mieux musicalement au cours des années 70. Le spectacle est grandiose, d’une perfection intangible qui en fait un très grand film. Rien n’y est vraiment révolutionnaire, mais tout y est mieux que dans les œuvres qui chercheraient à rivaliser.

casinoSi Casino est un tel chef d’œuvre, c’est aussi grâce à un trio d’acteurs qui font corps avec leur metteur en scène. Robert de Niro et Joe Pesci se sont faits face dans de nombreux films de Scorsese et leur confrontation est parfaitement rodée. Elle prend ici une dimension supplémentaire dans cette rivalité qui va crescendo vers une fin dramatique qui semble vite inexorable. Le seul léger reproche que l’on pourrait formuler à propos de ce film est d’avoir tenté de nous faire croire que Robert De Niro est un juif embauché par la mafia, alors que, malgré son immense talent d’acteur, il continue de respirer l’Italie par tous les pores !

Et que dire enfin de la performance de Sharon Stone. Casino est le rôle de sa carrière. Elle y est tour à tour sublime, pathétique, troublante, vénéneuse, pitoyable, irrésistible et détestable. Bref, elle est l’âme de ce film, ce petit plus qui en fait un classique inoubliable et éternel.

Le débat évoqué en introduction n’est évidemment pas clos, surtout que Martin Scorsese est loin d’avoir rangé sa caméra. Il aura de toute façon livré parmi les plus beaux moments de cinéma de l’histoire. Et Casino en fait incontestablement partie.

Fiche technique :
Réalisation : Martin Scorsese
Robert De Niro : Sam ‘Ace’ Rothstein
Sharon Stone : Ginger McKenna/Rothstein
Joe Pesci : Nicky Santoro
James Woods : Lester Diamond
Don Rickles : Billy Sherbert
Alan King : Andy Stone
Kevin Pollak (VF : José Luccioni) : Phillip Green
Pasquale Cajano : Remo Gaggi
L.Q. Jones : Pat Webb
Dick Smothers : Senateur
Frank Vincent : Frank Marino
John Bloom : Don Ward
Catherine Scorsese : Mme Piscano
Nobu Matsuhisa : Ichikawa
Scénario : Martin Scorsese et Nicholas Pileggi, adapté du roman Casino : amour et honneur à Las Vegas de ce dernier
Production : Barbara De Fina (en) et Joseph P. Reidy
Distribution : Universal
Musique : Jean-Sébastien Bach, Otis Redding, Keith Richards, Mick Jagger, Georges Delerue, Maria Graver, Devo, The Animals…
Photographie : Robert Richardson
Montage : Thelma Schoonmaker
Pays d’origine : États-Unis
Format : Couleurs (Technicolor) – 2,35:1 – DTS-Stereo – 35mm
Genre : Drame, gangsters
Durée : 178 minutes

Casting :
Robert De Niro : Sam ‘Ace’ Rothstein
Sharon Stone : Ginger McKenna/Rothstein
Joe Pesci : Nicky Santoro
James Woods : Lester Diamond
Don Rickles : Billy Sherbert
Alan King : Andy Stone
Kevin Pollak : Phillip Green
Pasquale Cajano : Remo Gaggi
L.Q. Jones : Pat Webb
Dick Smothers : Senateur
Frank Vincent : Frank Marino
John Bloom : Don Ward
Catherine Scorsese : Mme Piscano
Nobu Matsuhisa : Ichikawa

L’ART DELICAT DE LA FRUSTRATION

frustration

frustrationHier soir, j’ai regardé les deux épisodes de Desperate Housewives diffusés sur Canal +. C’est mon petit plaisir du jeudi soir qui fait que toute la journée, je me répète : « chouette ce soir, je retourne à Wisteria Lane ». J’avais déjà eu à ce sujet un débat avec deux amies qui trouvaient saugrenues qu’à l’heure du streaming légal ou illégal, on puisse encore regarder une série un jour et à une heure fixe, qui plus est avec plusieurs mois de décalage par rapport à leur date de diffusion initiale outre-Atlantique. Je n’ai pas envie de recommencer ici ce débat, car ce n’est pas le sujet de ce billet. Enfin pas tout à fait…

Quand on est petit, on vous raconte à loisir qu’il faut savoir être patient, que l’on apprécie d’autant plus quelque chose qu’il faut d’effort et de temps pour l’avoir. Le genre de notion qui vous empêche de devenir un enfant pourri gâté, mais que l’on oublie quelque peu en vieillissant. Elle devient un mensonge pour gamin, au même titre que « arrête de faire la grimace, tu vas rester coincé ! ». Avec l’expérience, on apprend surtout que l’on a qu’une vie et qu’il faut mieux profiter des choses dès que l’on peut les avoir. Mais en y repensant, nos parents n’avaient pas si tort que ça.

Le mot « frustration » est plutôt connotée négativement. Pourtant, quand on y pense, n’est-il pas une des sources de plaisir ? Evidemment, le plaisir en lui-même vient de la levée de cette frustration, plus que de la frustration en elle-même. Sauf que ce plaisir est d’autant plus intense que la frustration a été forte. Bref, là où y’a pas de frustration, y’a pas de plaisir !

Naturellement, quelque fois, elle n’est jamais levée. Selon la situation, cela peut être totalement anodin ou constituer une grande souffrance. Mais sans elle, nous serions infiniment blasés et plus rien n’aurait de saveur. Dans la vie, tout est une question d’équilibre et celui entre frustration et satisfaction est essentiel au bonheur.

Alors ce n’est pas parce que les choses sont à disposition que l’on doit se jeter dessus sans retenue. Il n’y a pas de masochisme de se frustrer volontairement. On ne fait que rajouter un peu de piment à un plat que l’on sait de toute façon savoureux. Il n’a d’autant aucune de raison de s’en priver que l’on sait que l’on pourra lever la frustration de toute façon. Certains peuvent trouver ça quelque peu hypocrites. Mais ce sont souvent les mêmes qui font chauffer leur chocolat chaud au micro-onde. Ils y gagnent du temps, accède plus vite à leur satisfaction, mais oublie le plaisir de sentir l’odeur de lait chaud qui envahit la cuisine et apporte les savoureuses promesses d’un délice chocolaté.

Voilà, pourquoi j’aime attendre le jeudi soir 20h50 pour regarder mes deux épisodes de la semaine de Desperate Housewives. J’aime cette impatience, cette attente, cet envie d’être déjà à cette heure-là sur mon canapé devant la télé. Je peux les savourer pleinement puisque je sais que si je ne suis pas là le jour J à l’heure H, il me suffira de deux clics pour rattraper le retard. Mais pour rien au monde, je ne laisserai ces deux clics tuer cette délicieuse frustration !

Qui n’a jamais été fou de désir pour quelqu’un que se refusait à soi ? Qui n’a jamais connu l’infini plaisir d’arriver enfin à ses fins ? Même l’amour se nourrit de frustration. Bien sûr, il peut en mourir aussi, mais pour rien au monde je n’aimerais avoir toutes les femmes offertes à disposition… Enfin quoique…

LORD GAMMA (Michael Marrak) : Un dénouement comme on aimerait en voir plus souvent

lordgamma

lordgammaPlonger ses personnages, et ainsi son lecteur, brutalement dans une situation mystérieuse et étrange est un procédé narratif classique et qui fonctionne plutôt bien. L’auteur joue ainsi sur notre désir de compréhension ce qui semble inexplicable dans un premier temps. Les indices s’accumulent, dévoilant parfois une partie du mystère, mais pour souvent en remettre une bonne couche également. Tous les fans de Lost connaissent bien le procédé. Mais voilà, il arrive un moment où il faut tout dévoiler, tout expliquer et surtout donner une cohérence à l’ensemble. C’est généralement à ce moment que les choses se corsent et souvent, la déception est au rendez-vous. Cela aurait pu être le cas avec le roman Lord Gamma de Michael Marrak. Mais au final, c’est tout l’inverse qui se produit.

Stan Ternasky suite une route qui semble sans fin dans un décor désertique où le soleil est figé en crépuscule perpétuel. Une route uniquement ponctuée de bunkers dans lesquels vivent les clones (dont le sien) des passagers de l’avion dans lequel il se trouvait dans son dernier souvenir « terrestre ». Parmi eux, il doit à chaque fois retrouver Prill, sa compagne, et la convaincre de partir avec lui pour qu’il puisse vérifier si elle est bien le clone qu’il recherche. Tout cela sur les instructions du mystérieux Gamma qui communique avec lui par l’intermédiaire d’un poste de radio.

Lord Gamma présente la particularité d’être un roman de science-fiction allemand. Bon, cela reste au final anecdotique, mais assez rare pour être signalé. C’est surtout un excellent roman, bien meilleur que ce que laissent penser ses deux premiers tiers. En effet, passée la surprise initiale, on est qu’assez peu convaincu par la suite des évènements et par les débuts d’explications qui nous sont apportées. On s’imagine alors facilement que tout cela va se terminer en eau de boudin, dans une révélation confuse, incohérente et difficilement crédible.

Or, il n’en est rien. Michael Marrak prend le temps de tout expliquer et arrive remarquablement à recoller les morceaux de manière claire et convaincante. Si Lord Gamma n’est pas le roman de science-fiction du siècle, cela fait vraiment plaisir de trouver un auteur qui ne se contente pas de faire monter la sauce et qui se soucie de la cohérence des éléments dont il s’est servi pour accrocher le lecteur. Cela permet de rester sur une très bonne impression, sans aucune frustration et c’est très agréable, surtout que c’est malheureusement trop rare.

Lord Gamma enchaîne les passages tournés vers l’action et ceux plus descriptifs, où nous partageons les interrogations de Stan sur le pourquoi du comment de ce qu’il est en train de vivre. Le roman alterne également les chapitres entre ceux plus longs qui décrivent l’intrigue principal et ceux plus courts qui nous font vivre les premiers instants du personnage principal dans ce monde étrange. Cela contribue à éviter toute monotonie dans le récit et permet de passer sans problème même les passages un peu plus faibles.

Le style de Michael Marrak sans être exceptionnel est clair et vivant. Bien sûr, il plonge parfois le lecteur dans la perplexité à certains moments, mais le dénouement révèlera que cela provient bien d’une vraie démarche volontaire, totalement maîtrisée, non de défauts de la narration. Comme tout récit situé dans un monde imaginaire, les descriptions sont nombreuses mais elles se concentrent sur l’essentiel, étant avant tout informatives et non prolongées pour le simple plaisir. La fin prend la forme d’une longue explication, mais comme elle donne du sens à tout le reste, on la dévore avec avidité.

Lord Gamma n’est donc pas le roman de science-fiction du siècle, mais il possède certaines qualités rares qui raviront les amateurs du genre.

DE RETOUR POUR DE BON ?

richardgasquet

richardgasquetRichard Gasquet est depuis que je tiens ce blog un de mes sujets préférés. Il faut dire qu’il est certainement un des sportifs français dont le talent pur est le plus impressionnant. Un potentiel gigantesque malheureusement le plus souvent inexploité tant sa carrière est chaotique, avec des hauts, des bas et surtout des bas.

Si je n’avais pas écrit de billet à son propos depuis bien longtemps, c’est tout simplement qu’il était devenu doucement un acteur secondaire du tennis français, laissant les espoirs de gloire à Tsonga, Simon et Monfils. On s’était habitué à ses résultats médiocres et on espérait plus grand chose pour la fin d’une carrière qui s’annonce tout de même encore relativement longue.

Ses bons résultats de la semaine dernière à Rome, avec notamment une victoire sur Roger Federer, nous ont rappelé qu’il était encore bien vivant. Personnellement, cela m’a fait particulièrement plaisir, tant je continue à croire que, sans un mental défaillant, il lutterait régulièrement avec Nadal et Djokovic (enfin pas depuis 6 mois où personne ne peut lutter contre ce dernier) au sommet du tennis mondial. Il est sans doute trop tard pour cela, même si sa collaboration avec Sébastien Grosjean semble lui avoir fait beaucoup de bien. Mais l’éternel optimiste que je suis continue d’y croire ! Allez Richard !

 

ROMANCE AT SHORT NOTICE (The Dirty Pretty Things) : De la pure pop !

romanceatshortnoticethedirtyprettythings

romanceatshortnoticethedirtyprettythingsL’Angleterre a offert au monde le football, le Prince Charles et ses oreilles, Big Ben, les cabines téléphoniques rouges et le théâtre de Shakespeare. Elle a essayé de refourguer également le bœuf bouilli à la menthe, mais le monde a dit non, alors elle l’a gardé. Elle a aussi fourni à la planète entière un nombre incalculable de groupes de rock, qui ont, un peu comme pour la religion, fini par former une secte insulaire : celle de la Brit’pop. Dirty Pretty Things et leur album Romance at Short Notice en font partie.

La Brit’pop fonctionne exactement comme les familles recomposées. Pour preuve, Dirty Pretty Things a été fondé en 2005 par Carl Barat, qui formait précédemment le groupe The Libertines avec Pete Doherty (ex-Monsieur Kate Moss et toujours Monsieur le nez dans la coco et Monsieur j’ai le teint plus blanc qu’un cachet d’aspirine). Ce dernier avait alors lui-même crée son propre groupe, The Babyshambles. Depuis les deux groupes se sont séparés… et The Libertines se sont reformés. C’est bon, vous avez suivi ? Enfin pour résumer, Dirty Pretty Things aura duré le temps de deux albums : Waterloo to Anywhere sorti en 2006 et donc Romance at Short Notice en 2008.

Côté composition du groupe, aucune surprise : un chanteur, un guitariste, un bassiste et un batteur. Côté musique, aucune surprise non plus. Mais quand je dis aucune, c’est vraiment aucune. Romance at Short Notice nous propose de la pure Brit’pop, encore de la Brit’pop et toujours de la Brit’pop. La plupart des titres auraient pu être interprétés par bien d’autre groupes venus de l’autre côté de la Manche. Il faut dire à force de s’échanger les membres, forcément, leur musique ne peut pas être fondamentalement différente à chaque fois. La musique de Dirty Pretty Things penche plutôt du côté Oasis que Blur tout de même et on les compare souvent au groupe des années 80, The Smiths, que je connais trop peu pour savoir si le parallèle est juste.

Si la musique de Dirty Pretty Things n’est en rien originale, par contre, elle est parfaitement exécutée. De l’énergie, de la maîtrise, bref beaucoup de talent, même si la voix de Carl Barat n’est pas la plus inoubliable qui soit. Mais si on aime ce genre musical, on peut réellement se régaler à l’écoute de Romance at Short Notice. Bien sûr, l’impression d’avoir déjà entendu ça moult fois nuit quelque peu à l’enthousiasme, mais il serait injuste de totalement bouder son plaisir. Les fans eux-même reconnaissent que le groupe est bien meilleur sur scène qu’en studio. Sans jamais les avoir vus en concert, ce constat de m’étonne pas. Leur énergie alliée à leur maîtrise doit vraiment faire la différence en live.

Une autre qualité de Romance at Short Notice de Dirty Pretty Things, c’est sa densité. Il n’y a que deux morceaux un peu plus en retrait des autres, le restant s’écoutant avec le même plaisir. En gros si on aime un titre de cet album, on a toutes les chances de l’aimer en entier. Mais inversement, il n’y a pas de single phare pour tirer l’album vers le haut. Bref tout le contraire de Shotter’s Nation, l’album des Babyshambles qui proposait deux titres géniaux et un reste beaucoup plus moyen.

Romance at Short Notice n’a sûrement pas révolutionné la musique, pas même la Brit’pop. Mais il possède assez de qualité pour se laisser écouter avec plaisir, même si l’originalité n’en fait définitivement pas partie.

1.: Buzzards And Crows
Un rock dynamique et légèrement dissonant.

2.: Hippy’s Son
Plus pop, mais toujours énergique.

3.: Plastik Hearts
Une pop sucrée assez dansante.

4.: Tired Of England
Pop pure, mais très bonne pop.

5.: Come Closer
Très bonne ballade assez énergique.

6.: Faultlines
Une ballade pop classique.

7.: Kicks Or Consumption
Un morceau énergique mais brouillon.

8.: Best Face
Plus rock, plus maîtrisé que le précédent, mais encore un peu brouillon.

9.: Truth Begins
Belle ballade pop et énergique.

10.: Chinese Dogs
Morceau un peu punk… mais un peu seulement.

11.: North
Ballade quelque peu mélancolique.

12.: Blood On My Shoes
Chanson douce d’abord, puis très énergique. Un très bon final.