DELTA KREAM (The Black Keys), BRIGHT GREEN FIELD (Squid), BE RIGHT BACK (Jorja Smith) : Droit de retrait

On commence avec l’album d’une figure importante de la scène rock actuel. Delta Kream est sorti il y a quelques semaines et représente leur 10ème album en 20 ans de carrière. Il s’ouvre dans une ambiance plus proche du blues que du rock. Le résultat est très maîtrisé et parvient à conjuguer une plongée dans les racines du rock avec une vraie modernité. Dommage que la voix de Dan Auerbach semble quelque peu en retrait. Du coup, si le résultat est vraiment propre, il ne parvient pas tout à fait à se montrer enthousiasmant. Surtout que l’album manque d’un titre vraiment accrocheur.

On enchaîne avec Squid, un groupe « post-punk » britannique et leur premier album Bright Green Field. On est immédiatement marqué par le caractère très énergique de leur musique. Mais à vrai dire aussi par son aspect très bordélique. On est proche de la fusion, mais tout cela sonne plutôt comme une agression pour les oreilles. Cela s’apparente plus à des cris qu’à du chant. Les instrumentations sont stressantes et criardes. C’est franchement insupportable et inaudible.

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LES MAGNETIQUES : vivement la quille !

S’il y a bien une chose que je ne regrette pas dans ma vie, c’est d’être né en 1979. Non qu’être né sous Giscard soit un titre de gloire, mais au moins cette date de naissance m’a permis d’échapper totalement au service militaire ou même à la moindre journée d’appel quelle qu’elle soit. Je n’ai jamais donc porté d’uniforme, ni d’arme dans mes mains et je m’en porte très bien. Mais ce n’était pas le cas de ceux qui ont vécu leur prime jeunesse au début des années 80. Tant pis pour eux. Par contre, tant mieux pour les cinéphiles d’aujourd’hui, puisque cet état de fait leur permet de découvrir un beau film intitulé les Magnétiques.

De l’amour et de la musique, voilà les ingrédients principaux qui composent les Magnétiques. Une bonne dose de famille aussi. Rien de très original donc, mais avec assez de consistance pour nous livrer une histoire digne d’intérêt. Elle repose notamment sur des personnages très réussis, dotés d’une vraie épaisseur, d’une belle sensibilité, le tout avec beaucoup de subtilité. Les nostalgiques de l’époque retrouveront aussi l’ambiance qui y régnait. Enfin j’imagine parce que j’avais deux ans à l’époque où se déroule l’intrigue, donc mes souvenirs de 1981 sont relativement limités.

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LAST NIGHT IN SOHO : Fantôme sur prise

La vie, c’est comme une boîte de chocolats, on ne sait jamais sur quoi on va tomber. Voici une des répliques les plus célèbres de l’histoire du cinéma. Mais celle-ci ne peut-elle pas s’appliquer au cinéma lui-même ? Mais pour cela, il faut parfois oser se laisser surprendre en allant voir des films dont on ne sait pas grand chose avant d’entrer dans la salle. Cette pratique étonne parfois ceux qui ont des goûts étroits et veulent être sûrs que ce qu’ils vont voir y répond à la virgule près. Mais les esprits ouverts s’y adonnent avec beaucoup de satisfaction. Bien sûr, dans une boîte, il y a toujours le chocolat à la liqueur de mauvaise qualité qui vous donne un haut le cœur quand vous croquer dedans. Mais il y a aussi celui au praliné fondant qui vous réjouit tout le palais quand il le recouvre. Last Night in Soho est un chocolat au praliné.

Certes, il ne vient peut-être pas du meilleur chocolatier du monde. Mais il constitue un petit plaisir coupable dont on a aucune raison valable de se priver. Last Night in Soho souffre néanmoins d’un défaut notable. Le twist de fin est hyper prévisible et arrive en tapant très fort du pied avec ses gros sabots. Evidemment, je n’en dirais pas plus, pour ne pas priver d’éventuels futurs spectateurs du moindre effet de surprise dont j’ai pu bénéficier. Je dirais simplement que ce film ne sera pas le nouveau Sixième Sens, même s’il y est question de fantômes. Mais il nous offre par ailleurs bien d’autres raisons de nous réjouir et d’apprécier pleinement le spectacle proposé. Surtout que si on finit par voir où tout cela doit nous mener, le début est lui plein d’un mystère pleinement maîtrisé et nous plonge très vite au cœur de l’histoire. Le tout reste quand même globalement solide et convaincant.

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ALBATROS : Comme un oiseau sans aile

Xavier Beauvois s’attaque rarement à des sujets respirant la joie et l’allégresse. Il faut dire connaître son premier succès au cinéma avec un film intitulé N’Oublie Pas que Tu Vas Mourir vous pose un réalisateur. Il s’épanouit donc avant tout dans le drame et Albatros ne va pas déroger à la règle. Mais si le rire pour le rire peut se justifier par le bien qu’il nous fait, le drame pour le drame ne présente que peu d’intérêt. Si le sens nous échappe, si le propos sous-jacent est flou, l’émotion qui devrait naître naturellement nous paraît trop forcée pour nous toucher réellement. C’est ce qui arrive malheureusement avec ce film pas toujours convaincant.

La structure même d’Albatros semble marquée d’une certaine hésitation face à l’intérêt réel du propos. La situation et les personnages sont très longuement posés avant que le drame qui constitue le cœur du film ne survienne. Comme si Xavier Beauvois cherchait par ce temps long à faire naître un attachement plus profond que nécessaire au personnage pour être sûr de nous toucher par ce qui va lui arriver. Certes, dans un premier temps, on partage l’émotion et le choc que le personnage subit. Cette partie est très bien rendue et va pleinement accrocher l’intérêt du spectateur. Malheureusement, tout cela conduit à une fin quelque peu ridicule, qui prête plus à sourire qu’à être ému.

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THE FRENCH DISPATCH : The little Paris Journal

Certains réalisateurs ont un style suffisamment reconnaissable pour que l’on n’ait guère de doute sur la paternité de l’œuvre quand on en voit un extrait. Wes Anderson fait partie de ceux-là par sa fantaisie débridée et le regard tendre qu’il porte sur la folie douce de ses personnages. Cependant afficher une telle personnalité peut aussi parfois signifier en être prisonnier. C’est sans doute le reproche principal que l’on peut formuler à l’encontre de The French Dispatch : une ressemblance bien trop frappante avec les autres films de la filmographie de son réalisateur pour ne pas laisser une impression un peu trop prégnante de déjà-vue.

Même les fans les plus absolus de Wes Anderson peuvent se montrer quelque peu déçus du manque flagrant de renouvellement de la part de leur idole. La ressemblance visuelle et narrative avec The Grand Budapest Hôtel est vraiment très forte. On est en droit de reprocher à une réalisateur de cet acabit cette absence totale de prise de risque et cette tentative éhontée de surfer de manière facile sur le succès de son film précédent. De plus, ce film à sketchs est très inégal. Et pour tout dire, sur les trois principales parties, deux sont assez décevantes. Il reste donc peu de raisons de vraiment s’enthousiasmer, même si certains reproches sont sans doute un peu injustes, si on juge le film dans l’absolu et non relativement au reste de l’œuvre de Wes Anderson.

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FAKE FRUIT (Fake Fruit), SONGS FROM ANOTHER LIFE (The boys with the perpetual nervousness), Shapes OF THE FALL (Piers Faccini) : Revue de variété

On commence avec le groupe américain Fake Fruit et leur premier album sobrement appelé Fake Fruit. Leur style est qualifié d’indie punk et se démarque par la voix de la chanteuse Hannah D’Amato. L’album débute avec du rock classique mais accrocheur, avant que l’énergie ne prenne définitivement le dessus. Mais cette dernière ne peut totalement compenser le fait que le résultat n’est vraiment pas harmonieux. On pourrait même qualifier ça plutôt de bordélique. Le groupe nous offre néanmoins une certaine variété entre les titres.

The Boys With Perpetual Nervousness nous vient, comme leur nom de nous l’indique pas, d’Espagne. Songs From Another Life est leur deuxième album. Ils nous offrent une pop sucrée et entraînante. Le résultat est maîtrisé et les titres d’une qualité constante. Ils présentent un petit côté rétro assez savoureux. Le tout est solide et se laisse écouter avec plaisir. Cependant, à ce niveau d’easy listenning, on est en droit de regretter que tout cela manque quand même quelque peu d’aspérités.

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LES ETERNELS : Un oeil vers l’espace

L’univers cinématographique Marvel est entré dans une nouvelle phase. Et cette phase devrait nous emmener dans des décors plus larges que la simple planète Terre. Certes, les Gardiens de la Galaxie nous ont déjà offert des aventures spatiales, mais on peut s’attendre à visiter bien d’autres mondes dans les prochains films. L’adaptation des Eternels sur grand écran démontre cette volonté d’explorer pleinement une autre facette de l’univers qui prend vie à travers les comics, même si les péripéties décrites par ce film se déroulent encore essentiellement sur notre planète. Mais avant de parler de l’avenir de cette franchise protéiforme, parlons d’abord un peu de cet épisode en particulier.

Les Eternels souffre d’un vrai défaut. Il est beaucoup trop long par rapport à son contenu. Il souffre tout du long d’un manque de rythme qui empêche le spectateur de s’enthousiasmer comme il l’aimerait. En effet, l’histoire recèle un potentiel épique indéniable et la galerie de nouveaux personnages comporte son lot de bonnes idées, qui fait que chacun pourra s’attacher à un ou plusieurs de ces nouveaux héros. Mais tout cela est un peu trop dilué pour que la sauce prenne totalement. Même en voyant ce film comme une introduction à quelque chose qui prendra de l’ampleur à terme, on est forcément un rien déçu.

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PIG : Un porc bien balancé

Nicolas Cage a longtemps été connu pour ses changements fréquents, et le plus souvent pour le moins improbables, de coiffure au gré de ses personnages. Il a surtout été un des acteurs les plus souvent sollicités pour assurer le succès de films d’action dans les années 90 et 2000. Cependant, lentement mais sûrement, il a fini par atteindre l’âge où ne court plus si facilement après les méchants (même si Liam Neeson ne semble toujours pas vouloir le comprendre). On peut donc être surpris ou pas de le voir à l’affiche d’un premier film à budget certainement pas immense au titre quelque peu intriguant : Pig. Une histoire où il est effectivement de cochon (et on parle bien ici de l’animal).

Je ne dirais pas grand chose de plus sur le scénario pour ceux qui, comme moi, s’y rendraient avec l’envie d’être surpris. Je rassure cependant les plus septiques, on est plus proche du polar que documentaire animalier. Cependant, il serait bien injuste de ranger Pig dans une case, tant l’originalité de son point de départ brouille quelque peu les repères du spectateur. Il est vrai que la suite de l’histoire est au final plus convenue et sonne parfois parfois quelque peu comme du déjà-vu, mais le tout reste au final assez surprenant pour se laisser porter avec grand plaisir par le film. Et les quelques rebondissements qui vont bien nous préservent de toute façon de l’ennui.

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COMPARTIMENT n°6 : Sur de bons rails

A 42 ans, parmi les petits regrets que je peux avoir concernant ma première moitié de vie, c’est de n’avoir pas autant voyagé que je l’aurais souhaité. Mais heureusement, j’ai pu compenser cette légère frustration par de très nombreux voyages par procuration grâce au cinéma. Compartiment n°6, récompensé par le Grand Prix au dernier Festival de Cannes, offre un tel moment de dépaysement. Pas forcément en nous amenant dans une destination rêvée, mais en tout cas en nous emmenant sur une route (ou plutôt une voie ferrée) que l’on imaginerait pas forcément emprunter sans la magie du 7ème art. En effet, le film nous emmène au cœur de la Russie ultra profonde, à la rencontre de ses habitants, pas toujours ultra sympathiques au premier abord.

Dans Compartiment n°6, on épouse bien le regard d’un étranger qui réaliserait ce voyage relativement inattendu. En effet, on suit les pas d’une archéologue finlandaise qui va traverser la Russie pour aller voir de très anciennes gravures rupestres (des pétroglyphes… nouveau mot à mon vocabulaire grâce à ce film). Ceci ne constitue évidemment qu’un prétexte pour toutes les découvertes et rencontres qui émaillent le scénario, et notamment avec l’homme, d’abord un peu rustre, avec laquelle elle se trouve contrainte de partager son compartiment pour ce trajet qui va durer plusieurs jours. L’histoire est riche d’épisodes savoureux qui confère un charge certain à ce film, avec une dimension humaine forte et réellement touchante.

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LES OLYMPIADES : L’amour éternel

Je souligne souvent par ici que l’amour reste le sujet numéro un des histoires que se racontent les êtres humains depuis qu’ils se racontent des histoires. Mais l’amour est-il pour autant quelque chose de totalement immuable ? Le sentiment au plus profond, oui sûrement, mais les pratiques amoureuses évoluent d’une époque à l’autre au gré des changements sociétaux. Les Olympiades est un film profondément romantique, contrairement à ce que pouvait laisser penser la très mauvaise bande-annonce, qui témoigne fidèlement (pour ne pas crûment) de celles d’une époque et d’une génération.

Comme pour tout film fortement générationnel, on ne voit pas les Olympiades de la même façon selon que l’on a l’impression ou non de faire partie de la « population » dont le scénario parle. Personnellement, je me trouve entre deux. Le film nous décrit la vie amoureuse de trentenaires, qualificatif qui ne peut malheureusement plus me définir depuis deux ans. Cependant, il y avait assez d’éléments résonnant avec ma propre expérience pour être touché de manière particulière par cette histoire. Ceci dit, indépendamment de cela, elle saura émouvoir n’importe quel spectateur par la poésie qui finira par se dessiner. La profondeur des sentiments décrits n’a rien à envier à ceux d’époques désormais dévolues.

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