
Ernest est un pithécanthrope tout ce qu’il y’a de plus banal, si ce n’est sa famille. En effet, son père, toujours avide de découvertes et d’inventions, vient tout juste de maîtriser le feu. Du coup, tout un nouveau champ d’activité s’offre à eux : barbecue, chauffage et même art rupestre. Enfin, tout cela ne plaît guère à son oncle Vania, qui trouve tout cela contre nature, même si cela ne l’empêche pas de se resservir plusieurs fois à chaque barbecue…
Pourquoi J’Ai Mangé mon Père repose sur un ressort comique et un seul. L’anachronisme. Ici, il concerne surtout les pensées des personnages, tout ce qu’il y’a de plus modernes, en décalage complet avec leur mode de vie. Ainsi, le père du narrateur n’arrête pas de s’interroger sur l’âge géologique dans lequel ils se situent et a bien du mal à trancher entre le pléistocène inférieur ou supérieur. Bon, ce n’est pas l’exemple le plus drôle, mais celui qui illustre le mieux le principe général sur lequel repose cet excellent bouquin : les personnages ont conscience de leur étant de préhumain et anticipe les évolutions à venir. C’est un principe qui peut sembler un peu mince, mais Roy Lewis a eu la bonne idée de ne pas pousser le bouchon trop loin et nous livrer un livre court (180 pages chez Pocket avec une taille de police assez élevée) mais suffisant.
Si Pourquoi J’Ai Mangé mon Père est une réussite, c’est parce qu’il est avant tout très drôle. Le principe que je viens d’expliciter est exploité à la perfection et nous offre quelques moments de bravoure littéraire. On retiendra par exemple le moment où le père, au nom du progrès de l’espèce, explique à ses fils qu’ils ne pourront plus coucher avec leurs sœurs et qu’ils vont devoir les échanger avec des femmes de la tribut d’à côté. Bref, un vraiment moment de bonheur drôle et savoureux et, qui plus est, réellement original. Le tout se lit très rapidement, mais les livres, c’est comme tout, ça peut être néanmoins très bon, même quand c’est très court.
Roy Lewis a connu un succès tardif en France avec ce livre puisqu’il n’a été traduit qu’en 1990, alors qu’il a été écrit en… 1960. Comme quoi, parfois, les bonnes choses prennent leur temps avant d’éclore… Ok, j’arrête les expressions toutes faites… Mais que voulez-vous, je n’ai pas le talent littéraire de cet auteur qui, sans avoir une plume de génie, nous emballe son humour avec assez de brio pour que l’on puisse apprécier ce dernier à son entière et juste valeur.
Pourquoi J’Ai Mangé mon Père n’est donc pas du tout un livre à réserver à ceux qui passent leur week-end au Muséum. Non, il s’agit vraiment d’un de ces rares livres qui arrivent à vous arracher un vrai éclat de rire lors de sa lecture. Et ça, c’est un vrai bonheur.

Casablanca est aussi une ambiance. Bien sûr, tout cela fait un peu carte postale. Un univers recrée depuis l’autre côté de l’Atlantique dans un monde en guerre. Il cherche à nous faire pénétrer au cœur de la petite société coloniale et occidentale de Casablanca, où tout le monde se connaît, mais où, en ces temps troublés, tout le monde peut trahir tout le monde. Le film se déroule en grande partie dans le night-club tenu par Rick Blaine, en endroit dédié à l’amusement et à la détente, mais où bien d’autres choses se jouent, à une époque où il était bien difficile de garder l’esprit à la bagatelle. 

Un autre élément qui sauve les Runaways est la performance de ses deux actrices principales, Kristen Stewart et Dakota Fanning. La première a été révélée très jeune par le film Panic Room, avant de décrocher le premier rôle dans la saga Twilight. La seconde a débuté en jouant le rôle d’Ally McBeal à l’âge de 5 ans avant d’elle aussi jouer dans Twilight. En tout cas, elles tiennent là deux beaux rôles de composition dont elles s’acquittent avec brio et talent. On retrouve là une opposition classique blonde contre brune, introvertie contre délurée… Elles apportent cependant surtout une touche d’ambiguïté et de sensualité un peu dérangeante pour des personnages censés avoir 15 ans. Mais c’est bien tout l’intérêt et l’épaisseur de ses personnages à la fois familiers (enfin surtout Joan Jett pour ma part), attachants et intrigants.


Par contre, Piranha 3D se fait un plaisir de récupérer les poncifs du genre, de les filmer avec le plus grand sérieux, mais surtout la plus grande ironie. Vous vous souvenez de la blonde en short mini et en chemise offrant une vue plongeante sur son décolleté qui se fait toujours courser par un tueur psychopathe dans ce genre de film ? Et bien ici, pas besoin de tenue vestimentaire improbable puisque le film met notamment en scène une équipe de tournage d’un film porno. On peut prendre ça au premier degré, mais deux plans provoquant l’hilarité dans la salle prouvent bien que ce n’est sûrement pas l’esprit dans lequel ce film a été tourné. Il s’agit plutôt d’une manière assez subtile de mélange horreur et rire, sans tomber dans grosse parodie qui tâche à la Scary Movie. 


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