POURQUOI J’AI MANGE MON PERE (Roy Lewis) : Fous rires à l’aube de l’humanité

pourquoijaimangemonpere

pourquoijaimangemonperePaléontologie, voilà un gros mot qui ne donne pas vraiment envie de rire. Il nous fait plutôt penser à un monsieur barbu et sérieux (Yves Coppens pour ne pas le citer) ou bien à des hommes préhistoriques criant « hunk hunk atra atra ! » (La Guerre du Feu pour ne pas la citer non plus). Bon, si j’avais pensé à Grrrrrr ! (pas eu le courage de vérifier le nombre de r), ma démonstration s’écroulerait, mais je n’y pense pas, je préfère oublier. Bref, humour et préhistoire ne faisaient pas très bon ménage. Mais c’était avant Pourquoi J’Ai Mangé mon Père.

Ernest est un pithécanthrope tout ce qu’il y’a de plus banal, si ce n’est sa famille. En effet, son père, toujours avide de découvertes et d’inventions, vient tout juste de maîtriser le feu. Du coup, tout un nouveau champ d’activité s’offre à eux : barbecue, chauffage et même art rupestre. Enfin, tout cela ne plaît guère à son oncle Vania, qui trouve tout cela contre nature, même si cela ne l’empêche pas de se resservir plusieurs fois à chaque barbecue…

Pourquoi J’Ai Mangé mon Père repose sur un ressort comique et un seul. L’anachronisme. Ici, il concerne surtout les pensées des personnages, tout ce qu’il y’a de plus modernes, en décalage complet avec leur mode de vie. Ainsi, le père du narrateur n’arrête pas de s’interroger sur l’âge géologique dans lequel ils se situent et a bien du mal à trancher entre le pléistocène inférieur ou supérieur. Bon, ce n’est pas l’exemple le plus drôle, mais celui qui illustre le mieux le principe général sur lequel repose cet excellent bouquin : les personnages ont conscience de leur étant de préhumain et anticipe les évolutions à venir. C’est un principe qui peut sembler un peu mince, mais Roy Lewis a eu la bonne idée de ne pas pousser le bouchon trop loin et nous livrer un livre court (180 pages chez Pocket avec une taille de police assez élevée) mais suffisant.

Si Pourquoi J’Ai Mangé mon Père est une réussite, c’est parce qu’il est avant tout très drôle. Le principe que je viens d’expliciter est exploité à la perfection et nous offre quelques moments de bravoure littéraire. On retiendra par exemple le moment où le père, au nom du progrès de l’espèce, explique à ses fils qu’ils ne pourront plus coucher avec leurs sœurs et qu’ils vont devoir les échanger avec des femmes de la tribut d’à côté. Bref, un vraiment moment de bonheur drôle et savoureux et, qui plus est, réellement original. Le tout se lit très rapidement, mais les livres, c’est comme tout, ça peut être néanmoins très bon, même quand c’est très court.

Roy Lewis a connu un succès tardif en France avec ce livre puisqu’il n’a été traduit qu’en 1990, alors qu’il a été écrit en… 1960. Comme quoi, parfois, les bonnes choses prennent leur temps avant d’éclore… Ok, j’arrête les expressions toutes faites… Mais que voulez-vous, je n’ai pas le talent littéraire de cet auteur qui, sans avoir une plume de génie, nous emballe son humour avec assez de brio pour que l’on puisse apprécier ce dernier à son entière et juste valeur.

Pourquoi J’Ai Mangé mon Père n’est donc pas du tout un livre à réserver à ceux qui passent leur week-end au Muséum. Non, il s’agit vraiment d’un de ces rares livres qui arrivent à vous arracher un vrai éclat de rire lors de sa lecture. Et ça, c’est un vrai bonheur.

CASABLANCA : J’ai enfin visité Casablanca !

casablancaaffiche

casablancaafficheCertains films semblent pour moi frappés d’une malédiction qui m’empêchent inlassablement de les voir. Casablanca en faisait partie… Mais grâce à Arte et à mon antique magnétoscope, j’ai pu enfin triompher de la bête et du démon et découvrir après tant d’années ce chef d’œuvre du 7ème art. Un des plus grands classiques du cinéma qui n’a pas pris une ride…ou si peu…

Rick Blaine, américain, est le patron d’un night-club de Casablanca pendant l’occupation allemande. Il reste au maximum en dehors des tensions et des conflits qui règnent entre collaborateurs et résistants. Sa neutralité va cependant être mise à mal par l’arrivée de Ugarte, un petit truand qui lui confie, avant de mourir, deux précieux sauf-conduits, permettant à n’importe qui de partir pour l’Amérique. Mais aussi celle de Ilsa avec qui il avait vécu une intense histoire d’amour quelques années plus tôt à Paris.

Casablanca reste avant tout le plus grand rôle de Humphrey Bogart, ce qui n’est évidemment pas peu dire. Son charisme, son regard, sa voix à nuls autres pareils ont fait de lui l’archétype du mâle, du pur, du vrai. Le personnage de Rick Blaine est sans doute celui dans lequel il s’incarna le plus parfaitement. Sa présence irradie l’écran comme peu d’acteurs dans l’histoire du cinéma ont pu le faire. Il n’y a rien de spectaculaire dans son jeu, jamais de grimaces ou d’élans dramatiques expansifs. Mais il est là et c’est bien suffisant.

Mais delà de Bogart lui-même, c’est le couple qu’il forme avec Ingrid Bergman qui a propulsé à jamais Casablanca dans la légende du 7ème art. Deux monstres sacrés réunis à l’écran pour un moment inoubliable de cinéma, échappé d’un temps, avant les effets spéciaux et le numérique, où les acteurs et les actrices étaient à la base de tout. Un temps où les stars faisaient réellement rêver et n’étaient jamais photographiées complètement saoules ou seins nus dans de la presse à bas prix.

Bon, arrêtons un peu la séquence nostalgie, surtout que même ma mère n’était pas née à l’époque où Casablanca est sorti au cinéma. Revenons un peu à cette histoire, car il y’en a une, indépendamment de ses protagonistes. Sans un grand scénario, ce film n’aurait évidemment pas autant marqué l’imaginaire collectif. Pour aboutir à la scène finale de l’aéroport, une des plus célèbres de l’histoire, il aura fallu bien des rebondissements, des revirements et des trahisons. Histoire d’amour, politique, instinct de survie, devoir, les motivations des personnages sont nombreuses et s’entremêlent et bien souvent s’entrechoquent, avant un dénouement légendaire.

casablancaCasablanca est aussi une ambiance. Bien sûr, tout cela fait un peu carte postale. Un univers recrée depuis l’autre côté de l’Atlantique dans un monde en guerre. Il cherche à nous faire pénétrer au cœur de la petite société coloniale et occidentale de Casablanca, où tout le monde se connaît, mais où, en ces temps troublés, tout le monde peut trahir tout le monde. Le film se déroule en grande partie dans le night-club tenu par Rick Blaine, en endroit dédié à l’amusement et à la détente, mais où bien d’autres choses se jouent, à une époque où il était bien difficile de garder l’esprit à la bagatelle.

Casablanca est à la fois un chef d’œuvre intemporel et un film bien dans son époque. Par le sujet bien sûr déjà, mais aussi évidemment par une manière de filmer et de diriger les acteurs qui n’ont évidemment plus court aujourd’hui. Cela va bien au-delà de l’emploi du noir et blanc. Mais le cinéma est un art vivant qui a connu des évolutions techniques et artistiques et un chef d’œuvre rester un chef d’œuvre pour toujours.

J’ai donc bouché un gros trou dans ma culture cinématographique en voyant enfin Casablanca. Il me reste encore bien des cavités à combler, alors, même si je ne le ferai jamais aussi bien que Bogart, je prends mon air de mâle dominateur et sûr de lui pour vous dire à bientôt !

Fiche technique :
Réalisation : Michael Curtiz
Scénario : Julius J. Epstein, Philip G. Epstein, Howard Koch d’après la pièce Everybody Comes to Rick’s de Murray Burnett et Joan Alison
Photographie : Arthur Edeson
Montage : Owen Marks
Direction artistique : Carl Jules Weyl
Costumes : Orry-Kelly
Musique : Max Steiner
Production : Hal B. Wallis (producteur) et Jack Warner (producteur délégué)
Sociétés de production : Warner Bros. et First National Pictures
Société de distribution : Warner Bros.
Budget : 1 039 000 $
Format[4] : Noir et blanc – Son monophonique (RCA Sound System) – 1,37:1 – 35 mm
Genre : Drame romantique
Durée : 102 minutes
Pays d’origine : États-Unis
Dates de sortie :
États-Unis : Avant-première à New York le 26 novembre 1942. Sortie nationale le 23 janvier 1943
France : 23 mai 1947

Casting :
Humphrey Bogart : Rick Blaine
Ingrid Bergman : Ilsa Lund
Paul Henreid : Victor Laszlo
Claude Rains : Capitaine Renault
Conrad Veidt : Major Strasser
Sydney Greenstreet : Señor Ferrari
Peter Lorre : Ugarte
S. Z. Sakall : Carl
Madeleine Lebeau : Yvonne
Dooley Wilson : Sam
Joy Page : Annina Brandel
John Qualen : Berger
Leonid Kinskey : Sascha

THE REAL THING (Jill Scott) : L’artiste ne fait pas la pouffe

therealthingjillscott

therealthingjillscottTout le monde le sait (j’adore ce genre d’introduction hyper modeste), j’aime beaucoup la soul et le R&B. Certains transforment cet intérêt musical et purement intellectuel en « toi qui aime la musique de pouffes ! ». Je m’insurge évidemment contre cette caricature de ma démarche de découverte artistique et esthétique d’un genre musical tout ce qu’il y’a de plus respectable. Après, si j’aime voir Jennifer Lopez ou Beyonce bouger leur popotin dans des clips vidéos, c’est un problème tout à fait différent… mais tout autant lié à l’esthétique.

Je suis donc là pour vous parler de Jill Scott et de son album The Real Thing. Cette dernière n’a rien d’une bimbo à qui on écrit des textes sans grand intérêt pour le plaisir de la voir bouge lascivement en chantant en play-back. Non, elle est une vraie « songwriter » qui a même publié plusieurs recueils de poèmes. Il s’agit donc d’un album personnel d’une artiste, non d’un pur produit marketing. Enfin, il n’empêche que je ne trouve pas ça exceptionnellement intéressant.

Et oui, parfois, les produits formatés ont plus de peps et d’énergie que les vraies œuvres d’artiste. Bon, pour le coup, je suis vache car The Real Thing recèle quand même quelques titres réellement excellents, mais également un certain nombre assez médiocres. Un album qui souffle le chaud et le froid donc et qui du coup, ne permet pas de rentrer vraiment pleinement dans cet univers musical. 17 morceaux, c’était sans doute 5 ou 6 de trop. Elagué des titres les moins intéressants, l’impression dégagée par cet album pourrait être radicalement différente.

On essayera donc de retenir quand même quelques belles mélodies et surtout une très belle voix. C’est vrai que chanteuse de soul music avec la voix cassée, cela ne le fait pas trop. Jill Scott est dotée d’une très bel organe (sans mauvais jeu de mots, svp !) mais elle ne le met pas toujours totalement en valeur. Trop timorée, trop en retrait, elle bride quelque peu son potentiel à ce niveau-là. Il est vrai que sa voix claire ou chaude, selon l’ambiance de ses morceaux, n’est pas non plus la plus exceptionnelle de l’arène musicale et même si sa musique repose sur autre chose, The Real Thing fait quand même naître quelques regrets à ce niveau-là.

Jill Scott et The Real Thing ne se démarque donc pas vraiment de la concurrence dans un domaine où elle est pléthorique. Encore une fois, cela vient en partie du fait que les meilleurs titres sont quelque peu noyés au milieu de titres plus médiocres. Mais, il faut bien l’avouer, même les meilleurs moments ne sont pas inoubliables et aucun morceau n’a le potentiel de tubes à l’épreuve du temps et des modes.

The Real Thing pourra donc être écouté avec un certain plaisir par tous les amateurs de R&B et de soul music. Il y trouveront quelques beaux moments musicaux. Pour ceux dont ce genre ne constitue pas le centre de l’univers musical, il y’a bien d’autres albums sur lesquels s’attarder avant celui-là.

Faisons pour finir le tour des titres que l’on trouve sur The Real Thing.

1.Let It Be
Un morceau d’introduction jazzy où l’on peut découvrir la belle voix chaude de Jill Scott

2.The Real Thing
Un titre groove-rock dans l’instrumentation, mais sur un rythme dur et heurté. Le tout manque un peu de peps et de fluidité.

3.Hate on Me
Une chanson dont l’instrumentation est plus ambitieuse et puissante, avec une voix à hauteur pour le premier vraiment bon titre de l’album.

4.Come See Me
Une chanson sympa, plus douce et sexy.

5.Crown Royal
Un morceau très court, qui sonne plus hip-hop.

6.Epiphany
Un titre sexy est chaud, mais qui ne fonctionne pas toujours très bien.

7.My Love
Une chanson plus groove et jazzy. La voix se fait plus grave et profonde, pour un résultat pas mal du tout.

8.Insomnia
Un morceau qui donne l’impression de ne pas être finalisé.

9.How It Make You Feel
Un titre plus intimiste. La voix est belle mais c’est bien tout.

10.Only You
Un morceau très transparent, alors qu’il se veut envoûtant.

11.Whenever You’re Around
Une chanson plus dynamique, mais pas encore assez.

12.Celibacy Blues
Un titre très simple, mais excellent, qui permet d’apprécier pleinement la belle voix de Jill Scott.

13.All I
La voix est ici plus aiguë, la musique plus douce, pour un titre plutôt bon.

14.Wanna Be Loved
Un jeu entre une voix aiguë et une voix grave qui se superpose…mais qui ne casse pas trois pattes à un canard.

15.Breathe
Un titre sans génie.

16.Imagination/Crown Royal Suite
Un morceau qui se content du minimum.

17.Rightness
Une chanson plus sombre, plus heurtée, mais surtout pas trop mal pour conclure.

LES RUNAWAYS : Moyennement rock’n’roll

lesrunawaysaffiche

lesrunawaysafficheLe biopic musical est devenu un genre cinématographique à part entière ces dernières années. Il faut dire que les rock-stars ont souvent une existence suffisamment épique pour valoir le coup d’être portée à l’écran. C’est au tour des Runaways, le premier groupe de Joan Jett, de faire l’objet d’un long métrage. Ma méconnaissance de leur histoire ne m’aurait jamais donné l’idée d’en faire un film… et ça n’aurait pas été forcément plus mal.

Les jeunes Joan Jett et Cherie Currie ont à peine 15 ans quand elles croisent Kim Fowley, producteur de rock, avec qui elles vont créer les Runaways, un groupe provoquant qui connaîtra vite un succès phénoménal. Mais en pleine adolescence, ces deux jeunes rebelles sont elles prêtes à vivre un telle aventure.

Les Runaways m’aura au moins appris que Joan Jett avait eu une vie avant d’aimer le rock’n’roll. C’est déjà bien, mais pas tout à fait suffisant pour faire un film. En fait, Flora Sigismondi axe surtout l’intrigue sur le « couple » Joan Jett – Cherie Currie. Le reste n’est qu’anecdotes qui intéresseront néanmoins tous ceux qui souhaitent mieux connaître l’histoire du rock. Malheureusement, le récit de cette relation ambiguë et forte, au milieu du succès, de la drogue et de la musique, ne passionne jamais vraiment. Du coup, c’est tout le film qui ne déchaîne guère l’enthousiasme.

Les Runaways est sauvé par la musique. Comme dans de nombreux film du genre, celui-là laisse une large place à la découverte des morceaux composés par le groupe. Il n’y a pas de longue scène purement musicale, mais les œuvres du groupe sont omniprésentes. L’énergie de leur musique vient donc largement compenser la relative indifférence qu’inspire le scénario. Mais bon du coup, au lieu de dépenser le prix du ticket de cinéma, vaut mieux carrément investir dans un de leurs albums, même si c’est toujours agréable de mieux connaître l’histoire d’une musique pour mieux l’apprécier.

lesrunawaysUn autre élément qui sauve les Runaways est la performance de ses deux actrices principales, Kristen Stewart et Dakota Fanning. La première a été révélée très jeune par le film Panic Room, avant de décrocher le premier rôle dans la saga Twilight. La seconde a débuté en jouant le rôle d’Ally McBeal à l’âge de 5 ans avant d’elle aussi jouer dans Twilight. En tout cas, elles tiennent là deux beaux rôles de composition dont elles s’acquittent avec brio et talent. On retrouve là une opposition classique blonde contre brune, introvertie contre délurée… Elles apportent cependant surtout une touche d’ambiguïté et de sensualité un peu dérangeante pour des personnages censés avoir 15 ans. Mais c’est bien tout l’intérêt et l’épaisseur de ses personnages à la fois familiers (enfin surtout Joan Jett pour ma part), attachants et intrigants.

La réalisation de Flora Sigismondi est elle aussi non dénuée de qualités. C’est encore dans la sensualité que les Runaways se distinguent avec une scène particulièrement élégante et troublante, sans être une seule seconde vulgaire. L’expression sexe, drogue et rock’n’roll prend ici tout son sens et le scénario nous compte tout autant le succès de ces jeunes filles que leur dérive. Mais jamais, la réalisatrice ne tombe dans un spectaculaire trash qui n’aurait pas du tout été de bon aloi.

Les Runaways est donc un film doté de qualités non négligeables, mais gâchées par un scénario un peu trop faible et trop peu emballant.

Fiche technique :
Titre original : The Runaways
Réalisation : Floria Sigismondi
Scénario : Floria Sigismondi, d’après l’autobiographie de Cherie Currie
Photographie : Benoît Debie
Montage : Richard Chew
Décors : Eugenio Caballero
Costumes : Carol Beadle
Production : Art Linson, John Linson et William Pohlad
Co-production : David Grace
Production exécutive : Joan Jett, Kenny Laguna et Brian Young
Production associée : Jonathan Sanford et Sabrina Sipantzi
Société de production : River Road Entertainment, Linson Entertainment, Road Rebel et Runaway Productions
Pays d’origine : États-Unis
Format : Couleurs – 2,35:1 – Super 16 – Dolby Digital
Durée : 109 minutes

Casting :
Kristen Stewart : Joan Jett
Dakota Fanning : Cherie Currie
Scout Taylor-Compton : Lita Ford
Stella Maeve : Sandy West
Alia Shawkat : Robin
Michael Shannon : Kim Fowley
Tatum O’Neal : mère de Cherie
Johnny Lewis : Scottie  

TIME MACHINE (The Shack) : Pop pop pop

timemachinetheshack

timemachinetheshackPour beaucoup, la brit’pop est née avec Oasis et Blur, et leur rivalité légendaire, au début des années 90. Mais d’autres groupes avaient déjà fait vivre et grandir ce genre musical avant eux. C’est le cas de The Shack, fondé à la fin des années 80, dont Time Machine est un compilation de leurs titres les plus marquants, issus de leur dix albums studio.

De la pop, sur cet album, vous en aurez. De la bonne, de la moins bonne, de la sucrée, de la psychédélique, de la mélodique, de la guillerette, de la mélancolique, de la rock, de la ballade… Bref, cet album ressemble à un catalogue de toutes les manières possibles de décliner ce genre musical. Au moins, on ne peut pas reprocher à Time Machine de nous offrir 17 fois le même titres. De là à dire qu’il est particulièrement varié, il y’a quand même un pas que The Shack ne franchit pas en restant vraiment toujours dans son créneau.

Mais voilà, The Shack n’est ni Blur, ni Oasis. En fait, Time Machine laisse une impression bizarre. Chaque titre pris individuellement se laisse écouter, certains sont même intéressants. Cependant, il n’arrive pas à vraiment capter complètement notre attention car il manque le petit je ne sait quoi qui fait la différence entre le talent et le génie. Dans cet album, tout est propre, maîtrisé, lisse, sans fausses notes… Mais il aurait malheureusement sûrement gagné à en compter quelques unes, histoire de sortir l’auditeur de la certain torpeur dans laquelle il est plongé.

Dans Time Machine, The Shack garde le meilleur pour la fin, pour les trois derniers titres pour tout dire. Plus énergique, chanté avec une voix plus grave et plus adulte, Neigbours, Holiday Abroad et Wanda nous permettent de quitter cet album sur une bonne note…. Enfin, comme je l’ai déjà dit, cet album n’en compte pas de fausse. Le reste de l’album est par contre un peu plus plat, jamais mauvais encore une fois, mais jamais enthousiasmant.

Peut-être que les fans absolus de la brit’pop, ceux qui ne jurent que par Oasis, Blur, Pulp, Supergrass, voir même les Wet Wet Wet pour les plus anciens, pourront trouver un vrai plaisir dans cet album, certainement pas indispensable, mais qui n’agresse pas non plus les oreilles. Les autres, ceux qui préfèrent le rock’n’roll qui sent nettement plus la sueur et la bière chaude, délaisseront cette compilation qui manque parfois d’un peu d’énergie et de guitares qui grondent.

Avoir découvert The Shack à travers cette compilation ne fut donc pas pour moi une révélation. Resteront tout de même quelques vrais bon morceaux, mais aussi un peu de frustration, en ne pouvant s’empêcher de penser que ce groupe aurait tellement plus à proposer que cette musique un peu trop proprette.

Allez les gars, la prochaine fois, on se lâche ?

Pour finir, faisons le tour des titres que l’on trouve sur Time Machine

1.: I Know You Well
Une pop un peu psychédélique et pas désagréable.

2.: Comedy
Pop sucré sympa, mais qui sonne un peu comme de la musique pour adolescents.

3.: Cup Of Tea
La voix se fait plus grave, plus adulte et c’est tout de suite meilleur.

4.: Al’s Vacation
Une pop guillerette mais qui manque un peu d’énergie.

5.: Pull Together
Une pop mélodique avec un peu plus d’ambition musicale.

6.: Meant To Be
Une pop vraiment british pour le coup, mais pas réellement enthousiasmante.

7.: Butterfly
Une pop évanescente mais un tantinet transparente.

8.: Sgt Major
Une autre moment d’évanescence… Mais on préfèrera le groupe du même nom…

9.: On The Terrace
Une ballade-pop rythmé et qui serait le parfait tube pour la radio bien comme il faut.

10.: Undecided
Une pop qui ne décolle jamais vraiment.

11.: Cornish Town
Une ballade mélodique, sympa mais à laquelle il manque encore une fois une petite étincelle.

12.: Miles Apart
Un morceau sympa, propre… mais un peu plat.

13.: Streets Of Kenny
Un titre un peu plus rock, mais pas forcément meilleur.

14.: Shelley Brown
Une ballade qui a quelque chose de Simon et Garfunkel.

15.: Neighbours
Une pop énergique, nettement plus que d’habitude en tout cas.

16.: Holiday Abroad
Un morceau pop-rock, chanté d’une voix grave, pour le meilleur titre de l’album.

17.: Wanda
Le petit frère (ou plutôt la petite sœur vu le titre) du précédent.
 

COUPE DAVIS MON AMOUR !

coupedavis

coupedavisIl y’a des histoires d’amour qui ne s’explique pas. Elles durent sans jamais s’éteindre, malgré le temps qui passe et l’eau qui coule désespérément sous les ponts. L’histoire d’amour entre la France et la Coupe Davis est de celle-là.

L’Equipe de France de tennis va donc disputer une nouvelle finale de Coupe Davis, la 6ème depuis 1991. Une performance assez incroyable pour un pays dont les représentants sont incapables de gagner le moindre tournoi du Grand Chelem… Mais tant que ça quand on regarde les choses de plus près.

La France a en effet un avantage sur certains grands pays de tennis, c’est d’avoir toujours à sa disposition tous ses meilleurs joueurs. Quand un Federer ou les meilleurs Américains boudent la Coupe Davis, les joueurs français sont toujours prêts à saisir leur raquette pour défendre la patrie. Cette motivation crée une émulation interne qui pousse à se sublimer sur le terrain à la fois pour remporter le match, mais aussi pour conserver une place de titulaire pour le tour suivant.

Le tennis masculin est sans doute le sport individuel où l’élite est la plus dense. A part les trois ou quatre meilleurs mondiaux, tout le monde peut battre tout le monde sur le circuit principal. Les matchs se jouent à rien et c’est le plus souvent les qualités morales qui priment, tant les talents purs sont homogènes. Le tout n’est pas d’être capable de bien jouer, mais d’être capable de bien jouer tout au long d’un match, et plus encore d’un tournoi.

Alors quand un Français entre sur un court pour un match de Coupe Davis, il a l’avantage d’une motivation à nulle autre pareil. Et chaque performance de l’Equipe de France renforce un peu plus l’amour de notre pays pour cette compétition et par la même la motivation des joueurs. Bref, un cercle vertueux qui explique en grande partie nos résultats.

Enfin pour cette année, il reste tout de même le plus dur à réaliser…. Gagner la finale !

PIRANHA 3D : Laissez-vous croquer !

piranha3Daffiche

piranha3DafficheUne génération de jeunes réalisateurs français sont partis à la conquête d’Hollywood. Si un Louis Leterrier a décidé de faire carpette pour producteurs et a signé des merdes comme son Choc des Titans, un autre est en train de se faire remarquer par son imagination et son talent. Alexandre Aja nous avait déjà offert un très bon remake de la Colline à des Yeux. Le revoici avec un nouveau film de genre, Piranha 3D, qui sans révolutionner le genre, lui apporte un peu de fraîcheur.

Un lac, des piranhas féroces, des jeunes insouciants imbibés d’alcool, des actrices pornos… et au final beaucoup de sang.

Bon, pas trop besoin de trop s’attarder non plus sur le scénario et l’intrigue. On est là pour voir des gens se faire bouffer par des piranhas et un petit groupe de héros se battre pour survivre. Le reste s’apparente plus à un prétexte qu’à une intrigue. Alexandre Aja ne s’est d’ailleurs pas embarrassé d’une complexité qui n’aurait rien apporté. Il donne au spectateur ce qu’il est venu voir et il le fait très bien.

Il y’a un petit débat autour de ce film. Est-il ou non un remake du premier film de James Cameron ? L’équipe de Piranha 3D dit que non. Certes, beaucoup d’éléments des deux scénarios diffèrent, mais il n’en reste pas moins que les deux films consistent essentiellement à voir des baigneurs se faire bouffer sauvagement. Donc, oui, pour moi, il s’agit bien d’un remake, surtout que tout a quand même été fait pour pousser les fans de l’original à aller voir cette version largement modernisée.

Mais je m’intéresserai plutôt à un autre débat : vrai film de genre ou parodie ? En effet, Piranha 3D est lisible aussi bien au premier qu’au second degré. Alexandre Aja s’est efforcé de créer une vraie ambiance d’angoisse qui monte peu à peu. Le procédé est toujours un le même avec une caméra sous-marine dont on ne sait jamais si elle épouse le point de vue des sales bêtes ou pas. Du coup, on devient paranoïaque et on s’attend à voir un membre dévoré dès que quelqu’un à la malheureuse idée de mettre un orteil à l’eau. Dans ce domaine effectivement, il n’y a rien de bien innovant ou génial dans ce film, qui pourrait être qualifié de série B. La 3D et le budget conséquent n’y changent pas grand chose, car on sait bien que la réussite d’un film de ce genre n’est que rarement lié aux moyens déployés (cf. Blair Witch).

piranha3DPar contre, Piranha 3D se fait un plaisir de récupérer les poncifs du genre, de les filmer avec le plus grand sérieux, mais surtout la plus grande ironie. Vous vous souvenez de la blonde en short mini et en chemise offrant une vue plongeante sur son décolleté qui se fait toujours courser par un tueur psychopathe dans ce genre de film ? Et bien ici, pas besoin de tenue vestimentaire improbable puisque le film met notamment en scène une équipe de tournage d’un film porno. On peut prendre ça au premier degré, mais deux plans provoquant l’hilarité dans la salle prouvent bien que ce n’est sûrement pas l’esprit dans lequel ce film a été tourné. Il s’agit plutôt d’une manière assez subtile de mélange horreur et rire, sans tomber dans grosse parodie qui tâche à la Scary Movie.

Le tout fait de Piranha 3D un film de genre qui ravira les fans, mais qui délectera tous ceux qui, sans être spécialement amateurs, regardent ce genre de film avec un œil amusé. Alexandre Aja a su ne pas se prendre au sérieux et rendre un hommage subtil à tous les films qui ont précédé le sien. Ce film est donc au film d’horreur, ce que Starship Troopers était au film de science-fiction.

Pas mal de peur, beaucoup de sang, mais aussi une bonne dose de rire font de Piranha 3D une vraie réussite.

Fiche technique :
Production : Chako Film Compagny, Dimension Films, Intellectual Preopeties Management
Distribution : Will Bunch Distribution
Réalisation : Alexandre Aja
Scénario : Alexandre Aja, Josh Stolberg, Pete Goldfinger, Gégory Levasseur
Montage : Baxter
Photo : John R. Leonetti
Format : 35mm
Décors : Clark Hunter
Musique : Michael Wandmacher
Directeur artistique : Marina Frantz
Durée : 89 mn

Casting :
Jessica Szohr : Kelly Driscoll
Steven R. Mcqueen : Jake Forester
Christopher Lloyd : M. Goodman
Kelly Brook : Danni Arslow
Jerry O Connell : Derrick Jones
Ving Rhames : Adjoint Fallon
Elisabeth Shue : Shérif Julie Forester
Richard Dreyfuss : Matt Hooper
Riley Steele : Crystal Shepard

JE DEBRANCHE QUAND JE VEUX !

cyberdependance

cyberdependanceCette après-midi, j’ai vécu une expérience horrible. Une après-midi de boulot sans internet !!! Non, mais vous imaginez quelle horreur !!! Je n’ai du faire que travailler… Et du coup, j’ai même pris de l’avance par rapport à ce que j’avais prévu de faire aujourd’hui. Si c’est pas scandaleux, jusqu’où tout cela s’arrêtera-t-il !

Plus sérieusement, ce sont ce genre de petits moments où l’on sent quand même chez soi une légère cyber-dépendance. Passer plusieurs jours de vacances sans accès à la toile ne me pose encore aucun problème (même si du coup, je m’inquiète beaucoup pour mon club de foot virtuel…), mais être assis devant un ordinateur plusieurs heures sans pouvoir se connecter est terriblement frustrant. Je n’étais pas tout à fait pris de sueur froide et de tremblements, mais bon, c’était limite…

Un ordinateur sans internet nous semble aujourd’hui aussi saugrenue et obsolète qu’une machine à écrire. Peut-être que dans un avenir proche, tous les ordinateurs seront directement capables de se connecter à un réseau wifi ou satellite universel, partout, tout le temps. Ok, ça s’appelle un Iphone, mais ce n’est pas encore tout à fait la même chose. Ah quand l’humanité (enfin l’Occident, faut pas déconner quand même) atteindra ce degré de civilisation, nous nagerons enfin tous dans la joie, le bonheur, l’allégresse, la félicité, le nirvana. Nos vies seront recouvertes de paillettes en chocolat. Nous danserons constamment dans la rue pour exprimer notre contentement le plus absolu. Mon Dieu que sera beau…

…ou pas, puisqu’il y’a aussi une chance qu’on meurt tous d’une tumeur au cerveau d’ici là…

TOUS A LA COUPE DU MONDE !

equipedefrancefeminiedefootball

equipedefrancefeminiedefootballEn ces temps de reprise de Ligue des Champions, je ne parlerai ni de Lyon, ni de Marseille, ni d’Auxerre. Je n’évoquerai même pas la belle victoire du PSG ce soir à Séville, où il n’est jamais facile de s’imposer (oh putain le beau lieu commun journalistique !). Je n’évoquerai pas non plus le championnat de France et encore moins les six nouvelles places perdues au classement FIFA par l’Equipe de France…masculine.

En effet, ce petit billet tiens avant tout à saluer la qualification de l’Equipe de France féminine de football pour la prochaine Coupe du Monde. Une qualification acquise qui plus est en allant gagner en Italie, où il n’est pas non plus facile de s’imposer ! Une belle récompense pour une équipe dont le parcours dans ces éliminatoires a frôlé la perfection.

Certes, le football féminin ressemble un peu au football masculin des années 50, niveau vitesse de jeu. Mais bon, du coup, il propose un jeu plus technique, moins physique et franchement pas désagréable à regarder. Et on ne pourra que regretter que les droits télévisuels de phase finale de la prochaine Coupe du Monde appartiennent à Eurosport. Espérons que d’ici là, une chaîne plus accessible leur rachète les droits. On aura alors le droit de rêver à une Coupe du Monde de football où une Equipe de France nous enthousiasmerait… Ah putain que ça ferait du bien !

SUPER TARANTA (Gogol Bordello) : Savoureux mélange

supertarantagogolbordello

supertarantagogolbordelloGogol Bordello est un nom qui peut intriguer à première vue. Quand j’y ai prêté l’oreille, j’avoue que je ne savais pas du tout à quoi m’attendre. Mais au final, je n’ai pas été déçu par se mélange savoureux entre rock’n’roll et musique tzigane. Gipsy punks, voici comment ils se désignent eux-mêmes et il faut bien avouer que cela définit parfaitement leur style.

L’écoute de Gogol Bordello en rajeunira peut-être certains d’une dizaine d’années, quand la bande originale de Chat Noir Chat Blanc tournait en boucle sur toutes les chaînes hi-fi qui se respectaient. Le parallèle saute aux oreilles et c’est pour notre plus grand bonheur, car cet album provoque le même enthousiasme et dégage la même énergie que son glorieux prédécesseur.

New-Yorkais d’origine, les Gogol Bordello se sont formés en 1999. Super Taranta est lui sorti en 2007 et constitue le 6ème album du groupe. Il est avant tout un vrai moment de musique festive et entraînante, un formidable mélange de cultures différentes, mais qui se marient parfaitement. Comme quoi la bonne musique est un langage universel. Enfin, l’usage du violon dans la musique rock n’est pas non plus une révolution, mais il a ici la sonorité, et l’omniprésence, typique de la musique tzigane, ce qui donne une réelle personnalité musicale.

Si on devait faire une petite critique à Super Taranta, c’est sans doute sur le manque de variété des morceaux. On décline certes un concept de différentes manières, mais il n’y a guère de variation, sinon subtile, concernant le rythme et les arrangements. De ce côté-là, l’influence de la culture punk se fait bien sentir. Alors, vous me direz, quand quelque chose est bon, pourquoi en changer. Il est vrai que cet album s’écoute de bout en bout sans jamais trouver le temps long et sans que ne décline l’énergie qu’il transmet.

Car à côté de ça Super Taranta est très homogène niveau qualité. A part Tribal Connection, qui est un peu plus en retrait, il n’y a rien à jeter dans cet album. A contrario, aucun titre phare ne ressort vraiment, même si j’aime particulièrement le morceau de conclusion qui porte le même titre que l’album. Mais bon, ce n’est pas vraiment un problème car cela ne nuit pas au plaisir que l’on a à l’écouter. Simplement, on ne garde pas un morceau particulier en tête et on ne peut donc pas le fredonner sous la douche. Mais bon, de toute façon, le punk, ça ne se fredonne pas, ça se chante très très fort !

Mais si Gogol Bordello s’apprécie donc très bien en CD, paraît-il que ce n’est rien par rapport à assister à une de leurs performances scéniques. A l’écoute de Super Taranta, on n’en est guère étonné car il est peu probable que l’énergie qu’ils mettent dans leurs enregistrements studio ne soit pas décuplée une fois sur scène. Si j’en ai un jour l’occasion, je ne manquerais pas l’occasion de les voir en concert.

Super Taranta est donc un très bon album, plein d’énergie, à la frontière entre différentes cultures qui livrent ici le meilleur d’elles-mêmes.

Pour finir, faisons le tour des titre de cet album.

1.: Ultimate
Très énergique, ce titre nous met tout de suite dans l’ambiance en mélangeant rock et fanfare tzigane.

2.: Wonderlust King
Un peu moins rock, ce morceau nous permet d’apprécier le violon à sa juste valeur. Un peu comme un mélange de Louise Attaque et des Gipsy King.

3.: Zina Marina
Un rythme un peu plus martial, mais toujours aussi énergique.

4.: Supertheory Of Supereverything
Une chanson où l’influence tzigane est particulièrement prononcée.

5.: Harem In Tuscany (Taranta)
Un titre très entraînant, avec des passages plus parlés que chantés.

6.: Dub The Frequencies Of Love
Un morceau assez long qui nous ramène vers le punk, mais perdre le son très reconnaissable du groupe.

7.: My Strange Uncles From Abroad
Une chanson particulièrement festive et entraînante.

8.: Tribal Connection
Un morceau un peu plus transparent qui marque comme une pause.

9.: Forces Of Victory
Un rock un peu martial, plus puissant et moins joyeux.

10.: Alcohol
Une chanson plus mélancolique.

11.: Suddenly… (I Miss Caparty)
Un titre très gai, qui rappelle vraiment l’univers de Chat Noir Chat Blanc.

12.: Your Country
Un rock un peu sombre et au rythme martelé.

13.: American Wedding
Un titre très drôle et énergique.

14.: Super Taranta
Une parfaite conclusion dans un grand élan d’enthousiasme tzigane.