
Tecumseh Sansonnet Spivet a 12 ans et vit dans un ranch au fin fond du Montana. Sa grande passion, ce sont les cartes, les dessins, les schémas… Rien n’échappe à son crayon qui emplit des pages des pages de ses carnets. Son talent est tel que ses œuvres figurent régulièrement dans les plus grandes publications scientifiques du pays, en cachette de ses parents et sans que personne ne se doute un seul instant que l’auteur est un jeune garçon. Alors quand il reçoit un coup de fil qui l’invite à recevoir un prix prestigieux et qu’il accepte, il se trouve obligé de faire face à son double mensonge. Il n’a alors d’autre choix que de partir à l’aventure caché dans un train de marchandise, première étape d’un long voyage jusqu’à Washington.
Une page de L’Extravagant Voyage du Jeune et Prodigieux T.S. Spivet n’est pas qu’une simple page de roman. Car ça se passe autant dans la marge qu’au centre. A côté du récit, on retrouve notes, remarques, apartés, explications et bien sûr moult schémas et dessins. Comme si le livre avait été commenté et illustré par le narrateur lui-même. Si on doit faire un parallèle avec quelque chose de connu, on retrouve un peu le principe des œuvre de Bernard Werber où les chapitres de récit s’enchaînent avec des extraits de l’Encyclopédie du Savoir Relatif et Absolu. Sauf que là, les deux se superposent sur une même page.
Tout cela n’aurait pu être qu’un gadget, mais les deux éléments sont tout aussi importants l’un que l’autre. Les notes dans la marge en disent largement autant sur le personnage principal que le récit en lui-même. En fait, les deux sont complémentaires et indissociables et composent autant l’un que l’autre L’Extravagant Voyage du Jeune et Prodigieux T.S. Spivet. Ce livre s’apprécie donc vraiment dans toutes ses dimensions, en tant que récit et en tant qu’objet.
Bon, mais maintenant parlant tout de même un peu du fond. L’Extravagant Voyage du Jeune et Prodigieux T.S. Spivet est un road-book savoureux qui nous fera voyage de l’Amérique hyper profonde à l’élite intellectuelle et scientifique de Washington. Il nous fait découvrir un monde à travers le regard d’un personnage si enfantin par certains côtés, mais qui fait preuve également d’une érudition rare. Bref, une interprétation scientifico-naïve de la vie, mais qui fait preuve parfois d’une incroyable pertinence. Certaines réflexions sur nos petits travers d’adultes sont particulièrement bien senties.
L’Extravagant Voyage du Jeune et Prodigieux T.S. Spivet est aussi une formidable ode à la curiosité intellectuelle. Il nous montre que dans les détails les plus anodins de notre quotidien peut se cacher un sujet d’émerveillement.. Ainsi, grâce à ce livre, vous comprendrez enfin pourquoi, malgré le principe d’action et de réaction qui veut que les forces s’exercent dans le même sens avec la même intensité, l’écureuil qui percute un bus finit à l’état de crêpe suzette. Vous ne regarderez plus jamais les moustiques écrasés sur votre pare-brise de la même façon.
L’Extravagant Voyage du Jeune et Prodigieux T.S. Spivet est un livre qui vous charmera, vous étonnera, vous intéressera, vous passionnera, vous divertira, vous fera rêver, vous ravira, vous enchantera, vous plaira, vous fascinera, vous enthousiasmera, vous cultivera, j’en passe et des meilleurs. De plus, il fera forte impression sur les rayons de votre bibliothèque. Alors que demander de plus !



La réalisation de Xavier Beauvois est réellement remarquable. Discrète, sans fioriture, elle épouse la gravité du sujet. Elle est surtout au service de l’histoire et des acteurs, qui portent trop d’émotions en eux pour s’embarrasser d’effets visuels mal venus. La distribution est tout simplement magistrale, chacun étant à la hauteur d’un rôle qui aurait pu facilement écraser n’importe quel comédien. Le duo Lambert Wilson et Michael Lonsdale est bluffant, même si on ne doutait pas une seule seconde de leur talent. Mais Xavier Beauvois leur offre ici un des plus beaux rôles de leur déjà longue carrière. Ca sent le César amplement mérité. 
Après, c’est sûr que vous verrez dans Oncle Boonmee (celui qui se souvient de ses vies antérieures) des choses que vous n’avez pas l’habitude de voir ailleurs. Il vous permettra notamment de voir une femme faire l’amour avec un poisson-chat qui parle. Oui, vous pouvez relire cette phrase et la prendre au premier degré. C’est bien ce qui se passe dans ce film, dans le seul moment qui, par sa bizarrerie, allumerait presque une lueur d’intérêt dans l’œil du spectateur étonné sur le coup. Mais bon, quant à un trouver un sens et un rapport avec le reste du film, là, c’est une toute autre histoire.




Et puis, Salt vaut aussi pour son personnage principal. Bon, ce genre de l’espion proche du surhomme est un poncif du cinéma, mais il porte rarement des talons hauts. Certains exploits d’Evelyn Salt sont encore plus improbables que James Bond rattrapant un avion en vol. Mais ce qui compte ici, c’est leur caractère spectaculaire, on n’est pas ici pour assister à l’exposé d’une thèse sur les effets de la gravité. Certains trouveront peut-être que les scènes d’action se ressemblent quelque peu, mais elles s’enchaînent avec assez de rythme pour que le spectateur n’ait vraiment pas le temps de s’ennuyer.
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