JE SAIS QUE LA TERRE EST PLATE (Raphaël) : Il n’y a pas que la Terre qui est plate…

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jesaisquelaterreestplateraphaelDe Raphaël, je connaissais uniquement les singles qui sont passés à la radio. Et je dois avouer que j’aimais généralement bien, même si je ne suis pas fan du genre grand mou qui n’articule pas. C’est donc sans aucune crainte qu’après avoir lu une bonne critique, j’ai rajouté Je Sais que la Terre est Plate à la liste des CD à téléch… euh à acheter…

Et bien, j’ai eu tort car ce disque est un des plus dénués d’intérêt qui m’ai été donné d’entendre. Texte et mélodie sont d’une platitude absolue. Et encore, donner le nom de mélodie au vague accompagnement que l’on entend derrière le chant est déjà faire preuve d’une grande magnanimité. Quant à la voix, il y met tellement peu de conviction qu’on se demande s’il comprend même le sens de ce qu’il a lui même écrit…

Pourtant Je Sais que la Terre est Plate commence bien puisque la seule chanson audible est la première. Le Vent d’Hiver est le seul titre qui ressort quelque peu du lot. Mais bon, point d’enthousiasme démesuré, je n’ai employé que le terme audible, ni génial, ni même super. Bref, cet album est vraiment consternant de médiocrité.

Le fond est atteint avec Concordia, une chanson où Raphaël se contente de répéter les trois mêmes phrases sans intérêt. Franchement, on est proche du foutage de gueule. Ca se veut certainement une effet de genre, il y’a sûrement des fans pour se pâmer et trouver ça génialement original, mais les autres trouveront ça juste dénué d’intérêt. Bref, c’est vraiment le service minimum artistique.

Après, il reste sa voix relativement unique, qui a largement contribué à son succès. Elle a une vraie personnalité et permet de le reconnaître à la première note. C’est évidemment le cas ici, les fans ne seront pas déçus, mais Raphaël donne l’impression de ne plus que se contenter que de ça. Il s’était précédemment également démarqué par la qualité de ses textes, mais dans Je Sais que la Terre est Plate, ce n’est plus du tout le cas. Du coup, il semble aussi motivé que moi, le lundi matin quand je me rend au bureau. Certes, j’adore mon boulot, mais je ne déborde pas non plus d’énergie et d’enthousiasme…

Il est rare que je conserve pas un album qui atterrit sur mon disque dur. Mais Je Sais que la Terre est Plate va finir dans la corbeille sans aucun regret.

Allez, on va tout de même se donner la peine de faire le tour des titres de cet album.

1-Le Vent de l’Hiver
Raphaël articule plus qu’à son habitude pour cette ballade mélancolique. De loin, la meilleur chanson de l’album.

2-Je Sais que la Terre est Plate
La chanson titre de l’album, au rythme heurté, mais surtout un rien lancinante.

3-Adieu Haïti
La voix ici fait tout, car il n’y a pas vraiment de mélodie derrière cette dernière. Mais cela limite quand même largement l’intérêt du titre, même si le texte est peut-être le plus intéressant de l’album

4-Le Petit Train
Une chanson un peu guillerette. Ca a le mérite de changer…

5-Sixième étage
Pas de réelle mélodie là non plus. C’est avant tout très chiant

6-La Jonque
Un peu plus mélodique que le titre précédent, mais chanté sans énergie

7-Quand c’est toi qui conduis
Une chanson triste et sans relief et très répétitive

8-Concordia
3 phrases répétées plusieurs fois… C’est sensé faire style ?

9-Tess
Ca ressemblerait presque à une vraie chanson, même si cela reste encore assez répétitif

10-Les limites du monde
De la poésie plus parlée que chantée, sur une vague mélodie. Le problème, c’est que ce n’est guère poétique

11-Transibérien
Un instrumental pour conclure… et soulager l’auditeur.

LE VENT DU TRIOMPHE

jasonlamychappuis

jasonlamychappuisRépondre présent alors qu’on est très attendu n’a jamais été une spécialité des sportifs français. Les tricolores ont toujours mieux fonctionner dans le registre « exploit sorti de nul part et divine surprise ». Certes, cela s’estompe quelque peu depuis deux décennies depuis que Marie-Josée Perec et David Douillet ont montré la voix. Leur héritier pour ses Jeux Olympiques d’hiver a un nom : Jason Lamy Chappuis.

La course d’hier soir, et surtout ses cinq dernières minutes, furent de ces petits moments de bonheur absolu qui vous rappellent pourquoi vous aimez le sport. Ces instants où vous finissez debout dans votre salon, le cœur qui bat à 100 à l’heure en train de hurler des encouragements à votre poste de télévision, avant de vous mettre à sauter partout.

Jason Lamy Chappuis était incontestablement le plus fort hier et il a fallu des conditions climatiques difficiles lors de son passage au saut à ski pour ménager un peu (beaucoup) le suspense. Tant mieux pour le spectacle, qui fut magnifique, et pour la légende olympique. Si Jason Lamy Chappuis avait mené la course de bout en bout pour triompher sans coup férir, sa médaille d’or n’aurait pas eu la même saveur.

A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. Jason Lamy Chappuis pourra remercier les bourrasques de vent qui lui auront apporté plus de gloire qu’il n’aurait pu imaginer.

MALHEUREUSEMENT IKEA EST LA

ikeaengreve

ikeaengreveJ’ai des revenus modestes, je démarre dans la vie, mais j’ai besoin de meubler. Heureusement, Ikea est là…

Visiblement, Ikea est une entreprise particulièrement intelligente puisqu’elle vise à élargir sa clientèle avec ses propres salariés… Enfin, à ce train là, ils n’auront même plus de quoi acheter un meuble en kit.

On pensait tous que, si Ikea propose des meubles pas chers, c’était parce qu’ils étaient vendus en kit et que cela engendrait des économies à tous les niveaux. Visiblement, on se trompait car c’est en sous-payant ses employés qu’elle arrive à ce résultat… Ah bah non plus en fait, vue la hausse continue de ses profits, sans que le prix des meubles ne suivent le même chemin. Mais où vont ces profits alors si ce n’est dans la poche des salariés ou celles des clients ?

Dans celles des dirigeants bien sûr ! Ikea, entreprise familiale, certes, mais ça n’empêche pas la famille dirigeante de se comporter comme les derniers des connards d’actionnaires. En fait, tout cela est symbolique du comportement des grandes entreprises au cours de la première décennie du XXIème siècle. Un comportement qui touche à sa fin, espérons-le, mais le combat est loin d’être gagné.

Entre 2000 et 2010, le taux d’investissement des entreprises a stagné, tout comme les salaires et même les profits. Par contre la rémunération des dirigeants et des actionnaires s’est envolée. Comment un tel miracle est-il possible ? Par l’endettement ! C’est évidemment un comportement suicidaire, même si la faiblesse des taux d’intérêt d’avant Crise a permis à l’illusion de perdurer si longtemps.

La Crise est passée par là et il a fallu revenir (un peu) à la réalité. Qui a trinqué ? Les actionnaires bien sûr puisque leur rémunération est censée être proportionnelle aux risques qu’ils prennent…. Sauf qu’évidemment, ça ne s’est absolument pas passé de cette façon. Ce sont les salariés qui ont trinqué, par la stagnation de leur salaire, quant ce n’était pas des licenciements massifs. On touche là un des dysfonctionnements principaux de l’économie actuelle qui scie la branche sur laquelle elle est assise. En détruisant l’économie réelle au profit de l’économie financière, elle réduit la solvabilité des entreprises et des consommateurs, qui forment encore le moteur de base de la machine économique. Le principe de l’argent qui va à l’argent ne peut bien sûr se poursuivre infiniment si les entreprises n’ont plus de clients et que les locataires se retrouvent incapables de payer leur loyer.

Tout cela découle d’une même école de pensée née à Chicago dans les années 70 et dont la traduction politique s’est faite avec Reagan et Thatcher. Une école de pensée qui a nourri les Sarkozy, les Merkel et les Berlusconi… Bref, les dirigeants des principales économies européennes. Le basculement à gauche des Etats-Unis et du Japon peuvent redonner espoir dans des lendemains meilleurs. En attendant, les salariés d’Ikea se battent !

VIVEMENT LA SAINT-PATRICK !

stvalentin

stvalentinVous l’avez peut-être déjà remarqué, mais des journées dédiées à thème particulier, il y’en a de deux sortes. Celles qui sont relatives à un fléau : les guerres de toute sorte, la misère, le SIDA, le cancer, la lèpre, l’ongle incarné, les mines antipersonnelles, le cheval… Bref tous les trucs à éradiquer. Il y’a également celles qui sont là pour soutenir des personnes qui souffrent d’un handicap : les aveugles, les paraplégiques, les hémiplégiques, les autres plégiques, les sourds, les unijambistes, les femmes…

Alors dans quelle catégorie doit-on ranger la St Valentin ? J’entends déjà tous les contradicteurs habituels qui vont me dire que j’ai oublié une troisième catégorie dans laquelle on peut ranger la fête des mères et la fête des pères. Et bien ceux-là n’ont pas encore eu trois adolescents à la maison. Je suis convaincu que les créateurs de ces deux célébrations ont simplement voulu compenser tous ce que leur affreuse progéniture leur faisait subir le reste de l’année.

Revenons à nos moutons. Ou plutôt à nos amoureux. Enfin, à vrai dire, il n’y a guère de différence entre les deux. Ce que j’adore quand on est célibataire, c’est la manière condescendante dont vous regardent les gens en couple en vous souhaitant « Ne t’inquiète pas, ça t’arrivera aussi… ». Oui, ok, y’a des couples qui font envie, mais y’en a quand même beaucoup qui te rassurent et te font penser que tu es très bien tout seul.

En fait, plus conne est la personne avec qui votre interlocuteur est, plus elle va te souhaiter de connaître le même sort. En effet, au fond, il s’en fout totalement de tes malheurs, il s’en tamponne le coquillard même. Il cherche juste ton approbation. Il y’a chez lui une réelle angoisse qu’il cherche à calmer. Ce qu’il cherche vraiment, c’est que tu lui confirmes qu’il est bien heureux et que, du coup, tu es super jaloux. Vu qu’il pratique la méthode coué pour se convaincre qu’il est avec une personne formidable, il est l’affût du moindre indice pouvant aller dans ce sens, quitte à tendre des perches aussi grosses que son aveuglement. Et comme on peut être célibataire et gentil, on acquiesce. Et si on espère que sa relation dure encore longtemps, ce n’est pas tant qu’on veuille son bonheur, on cherche juste à reculer le plus possible le moment où il viendra nous pleurer sur l’épaule. Et ce jour-là, encore une fois, on fera preuve de compassion, en ne répondant pas « pauvre con(ne), tu as eu exactement ce que tu as cherché, on a tous vu que c’était un(e) enculé(e) » mais « oui, oui, je comprends, ça fait mal et tu ne mérites pas ça ».

Pour illustrer mon propos, je vais juste citer deux anecdotes tirées de mes aventures sur Meetic (oui, oui, promis, j’écrirai un roman là-dessus). Tout d’abord, une fille très sympa, bien que flic, comme quoi ça arrive, qui avait une passion dans la vie : chanter ! Ca transparaissait à travers elle et j’ai quelques titres enregistrés en studio sur mon ordinateur qui me font dire, qu’en plus de ça, elle avait un réel talent. Elle faisait de la scène régulièrement et cela faisait partie intégrante de ce qu’elle était. C’était se façon de s’épanouir, de s’exprimer. Un jour elle m’a raconté qu’elle avait rencontre un type génial, formidable, fantastique, merveilleux… Zou, en six mois, ils se sont mis la bague au doigt. C’est beau non ? Oui enfin je suis tombé de l’arbre le jour où elle m’a dit « il n’aime pas quand je chante, ça me fait rencontrer d’autres gens ». Un type merveilleux qu’elle disait…

L’autre était une jeune fille qui avait envoyé un mail de détresse à tous ses amis, expliquant que son mec s’était barré en vacances au ski avec ses potes, la laissant organiser leur emménagement toute seule, qu’elle avait plein d’emmerdes et qu’il semblait n’en avoir rien à foutre. Bref, un mec top… Et bien un mois après, elle m’annonce tout guillerette qu’elle est.. enceinte !

Bon ok, aucune des deux n’avait inventé l’eau tiède. Donc si l’amour rend con, il faut admettre qu’il y’a parfois un terreau propice. Si on a inventé la St Valentin, c’est bien que l’amoureux de base a besoin d’une date au calendrier pour se rappeler qu’il faut être attentionné au moins une fois par an. Sans cela, le connard ordinaire n’aurait même pas un jour pour rattraper l’autre.

Mais bon, avouons-le, la St Valentin, c’est un truc que l’on fête pour faire plaisir à sa copine. C’est le jour où, en tant qu’homme, on est censé être gentil, imaginatif, attentionné et bien sûr offrir un cadeau à sa chère et tendre. La réciproque est vraie ? Mon oeil ! Si on devait faire une version masculine du 14 février, ce serait la journée « steack et pipe », pas une journée pleine de poésie, de romantisme et de raffinement.

Pourquoi nos copines nous font-elles la gueule si on oublie la St Valentin ? En fait, soit la fille vous en veut tout simplement parce qu’elle n’a pas eu son cadeau, soit cela est une expression du manque de confiance en elle-même, typique de la gente féminine. Et avec l’expérience, il vaut mieux être avec une copine de la première catégorie.

Mais pourquoi bon dieu, les filles veulent toujours qu’on leur apporte des preuves qu’on les aime ? Pourquoi, elles ne se demandent pas plutôt si on leur donne ne serait-ce que des indices du contraire ? Pourquoi ne comprennent-elles pas que douter constamment de nos sentiments est la principale raison pour laquelle on finit toujours par avoir enfin de faire l’amour sauvagement à sa secrétaire ? Pourquoi Megan Fox n’est elle jamais dans mon lit ? Ok, la dernière question n’a rien à voir avec le sujet…

Enfin, la St Valentin, c’est important, c’est la pub qui me le dit. Cependant, dès demain, elle va me raconter qu’il faut que je pense déjà à acheter des œufs en chocolat pour Pâques. En fait, je crois que j’ai trouvé ma vocation. Dans la vie, il faut être polyvalent. Alors désormais, je serai boulanger pour l’Epiphanie, crêpier pour la Chandeleur, bijoutier pour la St Valentin, chocolatier pour Pâques, fleuriste pour la Fête des mères, marchand de cravates pour la fête des pères, vendeur de confettis pour le 14 juillet, costumier pour Halloween et bien sûr, marchant de jouets pour Noël ! Si avec ça, je ne travaille pas plus pour gagner plus !

En attendant, la prochaine fois qu’on me demandera, ce que je fais pour la St Valentin, je sais ce que je répondrai : j’attends la St Patrick…

DES PROMESSES A TENIR

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franceirlande3310Il me plaît bien ce XV de France ! Ah bien sûr, il a encore quelque peu tendance à jouer les intermittents du spectacle, mais quand il joue comme cette après-midi, on se dit qu’il peut aller loin. Mettre 33-10 aux Irlandais, sans avoir eu l’air de trop forcé son talent, est une vraie et grande performance, comparable à la belle victoire de l’automne contre l’Afrique du Sud. Après, il faut oublier la prestation contre l’Ecosse du week-end dernier ou la quasi-humiliation subie face aux All Blacks.

Cette équipe possède un certain nombre de qualités très intéressantes. Tout d’abord, une qualité défensive impressionnante. Voilà une culture héritée de l’ère Laporte qui s’était un peu perdu au début de l’ère Lievremont et que l’on est très heureux de voir ressurgir. Et avec elle, le discipline, ce qui fut si longtemps notre grande faiblesse. Si taper sur les arbitres fut pendant de longues décennies le sport favori des supporter du XV tricolore, il faut bien avouer que c’est aussi parce qu’on leur donnait bien des occasions de nous pénaliser.

L’autre qualité qui impressionne, c’est celle de son pack. Ce dernier a broyé celui des Sud-Africains, ce qui n’est pas un exploit à la portée de la première équipe venue. Celui de l’Irlande n’a guère fait mieux et on peut facilement affirmer que nous possédons actuellement la meilleur mêlée fermée au monde. Reste à assurer des libérations plus rapides dans les zones de ruck et on pourra prétendre aux plus grandes ambitions.

Depuis que Marc Lièvremont est à la tête de l’Equipe de France, les essais se sont multipliés à l’arrière. Mais enfin, le XV tricolore semble avoir trouvé ses marques dans ce domaine. Déjà, une charnière est en train d’émerger. Pendant longtemps, François Trinh-Duc fut considéré comme le maillon faible de l’équipe. Sa performance d’aujourd’hui a du rassurer même les plus sceptique. Et l’autre bonne nouvelle, c’est le retour tonitruant de Matthieu Bastareaud qui va vite faire oublier ses mésaventures néo-zélandaises pour s’imposer comme une grande star du rugby français. Rarement, un centre français avait dégagé une telle impression de puissance.

Reste enfin une dernière faiblesse à éliminer : les pertes de balles en touche. Ceci nous renvoie à une des faiblesses historiques du rugby hexagonal, même si nous étions plutôt performants dans de domaine depuis près de 15 ans. Si les qualités dans le jeu de Servat, qui redevient peu à peu le meilleur talonneur du monde, et de Szarzewski sont elles-aussi exceptionnelles, leur technique de lancer reste sans doute à améliorer.

L’Equipe de France de rugby est donc pleine de promesses. Mais nombre d’entre elles l’ont été sans les tenir sur le long terme. Espérons que celle-ci saura porter enfin le XV de France au sommet du monde.

UN GOUVERNEMENT OFF-LINE

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loppsiNotre cher gouvernement adoré a décidé de renforcer la législation pour lutter contre notamment la pédopornographie sur Internet ! C’est du moins un des prétextes de la nouvelle loi en I, qui répond au doux nom de LOPPSI (qui contient par ailleurs bien d’autres mesures sécuritaires).

Encore une fois, tout cela n’est qu’une vaste fumisterie, un effet d’annonce, qui servira au mieux à fliquer l’internaute de base. Car les solutions techniques pour contourner les nouvelles mesures existent déjà, les rendant totalement inefficaces. Pire, en rendant les pédophiles beaucoup plus prudents et en les poussant vers des outils plus discrets, cela compliquera fortement la vie de ceux qui luttent contre ces réseaux. Bref, encore une fois le délire sécuritaire et répressif du gouvernement va avoir des résultats totalement contraires aux objectifs, mais aura eu le mérite de flatter son électorat haineux.

Plus généralement, cela montre son incapacité à comprendre ce que Internet a changé dans nos sociétés. Encore une fois, au lieu de prendre les problèmes à leur source, il lutte désespérément pour faire disparaître les symptômes les plus visibles, sans aucune chance de faire disparaître ainsi les dysfonctionnements qui les provoquent. De plus, les plus gros « délinquants » sont ceux qui maîtrisent généralement le mieux l’outil informatique et donc ceux qui mettront d’autant plus facilement en œuvre les moyens qui existeront toujours pour contourner les moyens de répressions.

Un des mérites, ou torts comme l’on veut, d’Internet et du numérique en général est la facilité qu’il offre pour les échanges non marchands. La dématérialisation est évidemment une bénédiction pour l’humanité qui ne sait plus quoi faire de ses déchets. Mais évidemment, dématérialiser c’est détruire toute la sphère marchande qu’il y’avait derrière. Pour un CD, il fallait extraire les matières premières pour les fabriquer dans des usines, il fallait des transporteurs et des magasins pour les vendre. Chaque CD a donc un coût par lui-même et en voler un dans un magasin, c’est faire perdre de l’argent à chacun des maillons de la chaîne.

Copier le fichier MP3 d’un ami se situe dans une toute autre logique. Si je copie un titre pour lequel je n’aurais de toute façon pas dépenser un seul centime, il n’y a qu’un gagnant, moi, et aucun perdant. Le problème vient évidemment quand je fais la même chose pour de la musique pour laquelle j’aurais payé si je n’avais pu faire autrement.

Bien sûr, l’artiste doit être rémunéré. Mais on sait déjà que sauver la sphère marchande qui l’accompagnait précédemment n’est pas la solution. Avoir confié la réflexion sur ce sujet au patron de la FNAC montre bien que le gouvernement n’a absolument pas compris cela.

Pour moi le meilleur exemple de l’absurdité du système actuel est Kamini et son titre Marly-Gaumont. Mis gratuitement en ligne, il rencontra un succès phénoménal. Suite à cela, il décida légitimement de vouloir tirer profit de cette réussite et signa avec une maison de disque. Aussitôt fait, aussitôt la vidéo disparut du site où l’on pouvait la télécharger. C’était évidemment trop tard, elle circulait déjà largement sur n’importe quel réseau peer-to-peer et personne n’aurait jamais payé pour l’acquérir. Pourquoi le consommateur devrait-il rémunérer le patron de la maison de disque pour que Kamini, qui s’est très bien débrouillé sans lui, le soit également ?

Cela peut paraître paradoxal, mais c’est tout simplement la conséquence de la dématérialisation. Tout est à portée de main (ou plutôt de téléchargement) sans que l’on soit limité ni par un budget, ni par la place que prendrait des supports matériels. Renoncer volontairement à cela serait d’une part complètement masochiste, et d’autre part passer à côté d’une chance unique pour l’humanité. Le but de l’art et de la culture n’est-elle pas de se diffuser le plus largement possible ? Mais évidemment, si les artistes ne peuvent plus vivre, il n’y aura plus rien à diffuser.

Personnellement, je n’ai pas de solution miracle à proposer : licence globale, peer-to-peer payant, taxe sur les fournisseurs d’accès, je ne saurais dire quelle est la meilleure solution. Cette dernière est sûrement à inventer. Mais faudrait-il déjà la chercher.

MOTHER : Miss Marple dans un film noir coréen

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motherafficheA la base, je n’avais pas l’intention d’aller voir Mother. Mais, le week-end dernier, lors d’un repas familial pour l’anniversaire de mon frère, on en est venu à parler cinéma… Bon en fait, c’est idiot ce que je dis, vu que l’on parle toujours cinéma et ce, dès l’apéro… Bref, mon père et mon autre frère l’ayant vu, ils ont réussi à me donner envie de faire de même. Du coup, je me suis rendu un mardi soir à l’UGC des Halles, là où il se jouait encore, pour la séance de 22h30… Bref il était le temps de le voir ! Tout cela m’a fait rentrer chez moi à 2h du mat, ce qui a évidemment eu un impact important sur mon état de forme pour le reste de la semaine, et donc ma productivité… Mais est-ce que ce film valait vraiment tous ces efforts consentis ? Et bien maintenons le suspense et réponse après le synopsis.

Do-Joon est ce qu’on appelle un simplet, pour ne pas dire un débile léger. A 28 ans, il vit seul avec sa mère, femme très modeste, avec qui il partage même le lit. Alors quand il est accusé d’un meurtre qu’il n’a visiblement pas commis, cette dernière fera tout pour prouver son innocence.

Pendant une petite demi-heure, je me suis vraiment demandé ce que ma chère famille m’avait envoyé voir. Un film intimiste sur la folie douce ? Un truc bien ennuyeux en tout cas… Et puis peu à peu Mother change complètement de ton pour devenir un film noir, très noir, ce que les premières minutes ne laissent pas du tout deviner. Bon, je sais, j’aurais mieux fait de ne rien vous dire du tout pour vous réserver la même surprise qu’à moi, mais du coup, je ne sais pas ce que j’aurais bien pu raconter sur ce film.

Sur le fond, Mother n’est pas si original dans son genre, surtout pour un cinéma coréen qui nous livre régulièrement des polars très sombres. Ce qui est original c’est la plongée de cette vieille dame, un peu naïve et pas du tout préparée à cela dans une enquête qui devient vite assez glauque. Cela amène un mélange d’humour et de malaise, que l’on retrouve souvent dans le cinéma asiatique, mais qui prend vraiment là une dimension supplémentaire. Car Mother est superbement réalisé par Joon-Ho Bon, qui nous avait déjà surpris avec le fascinant The Host, un film d’horreur lui aussi pas du tout comme les autres. Au-delà de ça, ce film a tout du polar classique avec son enquête, ses fausses pistes, ses rebondissements et son dénouement final inattendu.

motherLa réussite de Mother n’aurait pas été complète sans une performance magistrale de Kim Hye-Ja. Dans ce film, on a l’impression qu’elle passe de la caméra d’Eric Rohmer à celle d’Olivier Marshall avec le même bonheur. Elle est aussi surprenante que le scénario et l’évolution qui lui impose. Une vraie numéro d’actrice pour cette femme 69 ans qui tient là le rôle de sa vie assurément. Et cela valait le coup d’attendre !

Pour finir cette critique, je voudrais juste faire un petit aparté sur l’image des policiers dans les films coréens. Même quand ils sont les héros et qu’ils finissent par arrêter les coupables, ils ont toujours ce côté lunaire, dilettante, pour ne pas dire un peu simplet… Et quand ce n’est pas le héros qu’il l’est, c’est son collègue… Bref, c’était une remarque amusante et je ne connais pas assez bien la société coréenne pour savoir si c’est une coïncidence ou si c’est profondément ancré dans l’imaginaire de ce pays.

Mother confirme que le cinéma coréen est un des plus dynamique et des plus imaginatifs au monde. Il confirme aussi qu’il est maître dans l’art du film noir.

Fiche technique :
Production : Barunson, CJ Entertainment
Réalisation : Bong Joon-ho
Scénario : Bong Joon-ho , Park Wun-kyo
Montage : Moon Sae-Kyoung
Photo : Alex Hong Kyung-Pyo
Distribution : Diaphana Films
Musique : Lee Byeong-woo
Directeur artistique : Ryu Seong-hie
Durée : 130 mn

Casting :
Jin Ku : L ami de Do-Joon
Kim Hye-Ja : la mère
Won Bin : Do-joon
Je Mun : Le lieutenant  

UNE SECONDE CHANCE POUR LE MORTS (Charles Willeford) : Je vous présente Hoke Moseley

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unesecondechancepourlesmortsDans un roman policier, il y’a généralement deux centres d’intérêt. Tout d’abord, évidemment, l’enquête qui sert de fil rouge à la trame narrative, pouvant être plus ou moins passionnante, plus ou moins chargée de suspense et de rebondissements. Ensuite, il y’a la vie du policier à côté de ça, sa personnalité, les emmerdes de sa vie personnelle (étrangement souvent liée à sa femme…). Un bon roman policier est souvent un subtil équilibre entre ses deux aspects. C’est effectivement le cas de Une Seconde Chance pour les Morts de Charles Willeford.

Le Sergent Hoke Moseley se voit attribuer la mission de réexaminer 50 affaires plus ou moins classées par la police de Miami, alors qu’il enquête déjà sur une mort suspecte par overdose. Si cela ne suffisait pas, il doit trouver d’urgence un nouveau logement. Et pour couronner le tout, son ex-femme part en Californie suivre son nouveau compagnon, en laissant derrière elle leurs deux filles.

Si Une Seconde Chance pour les Morts ne marquera pas profondément l’histoire du genre, il constitue un roman policier fort sympathique. Certains trouveront peut-être la partie « enquête » un peu trop légère. Il est vrai que si on prend plaisir à lire ce livre, c’est surtout que l’on s’attache très facilement à son héros. Un héros qui prend avec philosophie les emmerdes qui s’accumulent. Avec son air détaché, il n’est pas moins attentionné envers autrui, même si l’expression de ses sentiments n’est pas son fort. Bref, un personnage dans lequel on peut plus ou moins se reconnaître, même si on ne sent pas du tout dans la peau d’un inspecteur de police de Miami.

Une Seconde Chance pour les Morts n’est pas vraiment un roman noir. Bien sûr, il nous plonge dans un univers moins glamour que celui de Nip Tuck, mais tous les personnages gardent cette part d’humanité qui fait que le trait n’est ni grossier, ni exagérément noirci. Certains trouveront peut-être que cela donne une impression que ce roman navigue entre deux eaux, mais pour moi il lui permet surtout d’échapper à la caricature et aux poncifs du genre.

Le style de Charles Willeford est clair et agréable. Le passage d’un aspect à l’autre de l’histoire se fait sans heurts, surtout qu’ils sont souvent étroitement mêlés. On ne voit pas les pages passées. Si le fond n’est pas inoubliable, le style léger lui correspond très bien et fait de ce film un bon moment à passer derrière un bouquin. Le personnage de Hoke Moseley est un personnage récurent et Une Seconde Chance pour les Morts donne envie de découvrir le reste de ses aventures, sans pour autant nécessiter de vendre père et mère pour cela.

Une Seconde Chance pour les Morts est donc à réserver aux amateurs de polars. Ils y trouveront là un univers familier, mais un récit plutôt original. Encore une fois, cela a peu de chance de devenir un livre culte, mais cela se lit avec le plus grand des plaisirs. Pour les rétifs au genre, passez votre chemin. Quitte à en lire un par décennie, on peut trouver mieux à tout point de vue, même si Hoke Moseley possède son charme bien à lui. Suffisant pour séduire les lecteurs assidus de romans policiers, mais pas tout à fait pour les autres.

Une Seconde Chance pour les Morts peut donc être lu sans crainte si jamais il vous tombe sous la main. Sinon, inutile de menacer de mort votre libraire s’il n’en a plus en stock. En plus, vous risque d’avoir Hoke Moseley à vos trousses !

SHERLOCK HOLMES : Elémenta…(désolé, on a déjà changé de plan)

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sherlockholmesafficheLe cinéma et la télévision se sont souvent emparés des mythes de la littérature pour les adapter plus ou moins fidèlement. Mais c’est souvent la version audiovisuelle qui devient la version « officielle » dans l’esprit du public, au détriment de la version littéraire. Ces derniers temps, des réalisateurs ont souhaité se réapproprier des mythes pour les réinventer au cinéma sous une forme plus proche de celle imaginée par les auteurs originaux. Cela a été le cas avec le personnage de James Bond dans Casino Royale. C’est désormais le cas de Sherlock Holmes dans le film du même nom.

Sherlock Holmes et son fidèle acolyte, le Docteur James Watson, ont encore devancé la police londonienne en arrêtant Lord Blackwood, auteur de trois meurtres rituels sur des jeunes filles. La veille de son exécution, il demande à parler une dernière fois au célèbre détective et lui annonce que l’affaire est loin d’être terminée et que d’autres morts allaient bientôt suivre.

La célèbre casquette à carreaux qu’arbore Sherlock Holmes dans l’imagerie habituelle n’est en rien une invention de Conan Doyle. C’est donc sans regret que Guy Ritchie s’est débarrassé de cet accessoire pour refaire du détective un mauvais garçon, bagarreur et abusant des substances illicites. C’est comme cela qu’il est décrit dans les romans originaux, ce qui n’aura pas échapper à tous les fans de la Vie Privée de Sherlock Holmes, le film de Billy Wilder.

Cette version de Sherlock Holmes se veut résolument moderne dans sa réalisation. Trop peut-être. On est trop souvent proche du clip vidéo, chaque plan ne dépassant rarement les 2 secondes. Franchement, c’est parfois un peu pénible, fréquemment superflu et surtout beaucoup trop systématique. Bref, une réalisation qui se veut survitaminée et pleine de punch, mais qui peut surtout provoquer migraines et vomissements. Guy Ritchie a sans doute pensé que cela donnait un style visuelle, ça cache surtout une grande médiocrité artistique.

Mais à côté de ça, le scénario de Sherlock Holmes est quant à lui de très bonne facture. De l’action, du suspense, des rebondissements, du mystère et une certaine complexité qui donne un vrai charme à ce film. Il permet surtout de faire naître deux vrais héros à la personnalité distincte, qui échappé aux pièges d’un trop fort manichéisme. Ce personnage de héros-mauvais garçon n’est pas non plus super original, mais il lui donne une vraie personnalité à la fois attachante et compatible avec une certaine noirceur.

sherlockholmesLe vrai petit plus de Sherlock Holmes, ce sont les moments où sont illustrés les raisonnement du détective. Là encore, rien de révolutionnaire, mais cela donne une identité au visuelle au film et surtout relie le personnage avec sa légende. Ici, le passage du roman au film est parfaitement réalisé. Allez, Guy, fais pas la gueule, j’ai été vache tout à l’heure, tu n’es pas si médiocre que ça.

Je pense que beaucoup d’entres vous, et là je parle aux filles, iront voir ce film pour le duo Robert Downey Jr et Jude Law. Il fonctionne ici à merveille. On pourra seulement regretter que le montage façon clip-vidéo écrase un peu le jeu des acteurs. Si je voulais être méchant, je dirais que c’est triste pour Jude Law, mais peut-être salutaire pour son complice… Mais cet avis n’engage que moi, car sur ce film aucun n’éclipse l’autre.

D’autres s’insurgeront sur le fait que l’intrigue ouvre clairement sur un deuxième épisode. De toute façon, ceux qui connaissent un peu l’univers de Sherlock Holmes n’auront pas trop de doute sur l’indenté de ce mystérieux personnage qui agit dans l’ombre. Mais bon, globalement, ce film est un agréable divertissement et on a plutôt envie d’en reprendre pour un tour. Après, on peut ne pas apprécier de se faire forcer la main, mais bon que voulez-vous, faut bien rentabiliser la franchise…

Sherlock Holmes n’est peut-être pas tout à fait à la hauteur de la légende artistiquement parlant. Mais bon, il peut vous permettre un bon moment de détente et de cinéma.

Fiche technique :
Production : Warner Bros Pictures, Village Roadshow Pictures, Silver Pictures, Wigram Productions
Distribution : Warner Bros Pictures France
Réalisation : Guy Ritchie
Scénario : Michael Robert Johnson, Anthony Peckham, Simon Kinberg, d’après les romans de Sir Arthur Conan Doyle
Montage : James Herbert
Photo : Philippe Rousselot
Format : 35mm
Décors : Sarah Greenwood
Son : James Mather
Musique : Hans Zimmer
Effets spéciaux : Chas Jarrett
Durée : 127 mn

Casting :
Robert Downey Jr : Sherlock Holmes
Jude Law : Docteur Watson
Rachel McAdams : Irene Adler
Mark Strong : Lord Blackwood
Eddie Marsan : Inspecteur Lestrade
Kelly Reilly : Mary Morstan
James Fox : Sir Thomas Rotheram 

LA PRINCESSE ET LA GRENOUILLE : Succulent retour aux sources

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laprincesseetlagrenouilleafficheVous êtes allergiques à la 3D ? Vous avez pleuré les 254 fois où vous avez vu Bambi ou le Roi Lion ? Vous considérez que la fin de Ca Cartoon est la pire saloperie qui soit arrivée à l’humanité depuis la peste noire ? Vous aimez quand ça jazze et quand ça swingue ? Vous aimez avoir peur… mais pas trop ? Et bien, si vous avez répondu oui ne serait-ce qu’à une seule question et bien la Princesse et la Grenouille est fait pour vous !

Tania, jeune serveuse de la Nouvelle-Orléans, ne rêve que d’une chose : accomplir le rêve de son père et ouvrir son propre restaurant. Elle est sur le point d’acheter l’endroit qu’elle convoite depuis longtemps, quand une surenchère de dernière minute est proche de ruiner ses espoirs. C’est à ce moment là qu’elle croise une grenouille qui parle… Visiblement c’est un prince, victime d’un sorcier vaudou, qui reprendra forme humaine si elle l’embrasse. D’abord dégoûtée, elle finit par s’y résoudre. Mais l’effet produit n’est pas celui escompté puisque qu’elle est à son tour transformée en batracien.

La Princesse et la Grenouille a été élu film de l’année 2009 par Time Magazine. Bon si je ne souscris pas tout à fait à ce classement particulièrement élogieux, il est incontestable que ce film constitue à la fois un retour aux racines de Disney, sur la forme et surtout sur la qualité. Si on exclut complètement les productions Pixar et assimilées, ce film est largement le meilleur Disney depuis le Roi Lion. Bref, un retour en force pour un géant qu’on croyait définitivement endormi.

Déjà, Disney s’est enfin rappelé que même les enfants ont le droit de pleurer ou d’avoir peur au cinéma. Cela ne les a jamais traumatisé, bien au contraire. Les contes de fée ont toujours été fait pour apprendre à nos chers têtes blondes ce qu’est la vie d’adulte, et on sait bien qu’elle n’est pas toujours rose tous les jours. Bien évidemment, ne comptez pas sur moi pour en dire plus et vous dévoiler le moindre indice sur ce qui pourrait vous faire pleurer dans La Princesse et la Grenouille.

L’autre grande force de La Princesse et la Grenouille, c’est sa bande-originale, là encore, la meilleure depuis le Roi Lion. Et comme le film se passe à la Nouvelle-Orléans, le jazz est omniprésent. Et pour notre plus grand bonheur, car les titres sont tous de très grandes qualités. Heureusement, car on chante beaucoup dans ce film. Bref, les amateurs de comédie musicale seront autant ravis que les amateurs d’animation à l’ancienne.

laprincesseetlagrenouillePar contre, La Princesse et la Grenouille possède deux caractéristiques qui le distinguent des autres productions Disney. Déjà, et ce pour la première fois de l’histoire de cette noble institution, le personnage principal est…une noire ! Et une afro-américaine en plus, pas un membre d’une tribu exotique. Ca peut paraître anecdotique, mais ça mérite quand même d’être souligné. Le second est l’esprit très cartoon de ce dessin-animé. Disney ne nous avait jamais habitué aux personnages dont le corps se déforme ou s’aplatit après une chute. Et bien c’est le cas dans certains passages de ce film. Mais comme on n’a malheureusement plus trop l’occasion de voir Bip-bip et le Coyotte à la télé, on ne va pas s’en plaindre.

En fait, ce qui est si séduisant dans la Princesse et la Grenouille, c’est son charme, presque désuet. Il fait renaître un style qu’on pensait appartenir à l’histoire. Alors reste à savoir s’il est fait avant tout pour séduire les nostalgiques des Disney de leur enfance et s’il peut avoir le même attrait pour les plus jeunes nourris à la 3D. Mais bon étant nettement à ranger dans la première catégorie, je me fous un peu de connaître la réponse. J’ai trouvé ce film merveilleux un point c’est tout !

La Princesse et la Grenouille est donc un film comme on pensait ne plus en faire. Mais il prouve que c’est parfois dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes. De succulentes soupes !

Fiche technique :
Production : Walt Disney Animation Studios
Distribution : Walt Disney Studios Motion Pictures
Réalisation : Ron Clements, John Musker
Scénario : Ron Clements, John Musker, Rob Edwards, Greg Erb, Jazson Oremland
Décors : James Aaron Finch
Musique : Randy Newman
Directeur artistique : Ian Gooding
Durée : 95 mn

Casting :
Bruno Campos : Le Prince Naveen
Anika Noni Rose : Tiana
Jenifer Lewis : Mama Odie
Jim Cummings : Ray
Keith David : Dr Facilier
Oprah Winfrey : Eudora
Michael-Leon Wooldey : Louis