UNE EDUCATION : L’apéro ne suffit pas

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uneeducationafficheLes bons films sont comme les bons repas. L’apéritif nous met l’eau à la bouche, l’entrée nous met en appétit, le plat principal nous rassasie et le dessert laisse la note finale en bouche. Un repas réussi, c’est un équilibre entre ces quatre éléments. Mais, malgré tout, c’est quand même le plat principal et le dessert qui sont décisifs. Dans un film, un début prometteur ne peut vraiment compenser un cœur d’intrigue et un dénouement décevant. C’est exactement ce qui se passe dans Une Education.

Dans l’Angleterre des années 60, Jenny est une jeune fille de 16 ans modèle. Première de la classe, elle fait tout pour intégrer la prestigieuse université d’Oxford. Un jour, elle croise David, trentenaire séduisant. Il va la sortir de la petite vie austère dans laquelle la confine ses parents. Ces derniers sont aussi sous le charme. Mais est-il vraiment aussi parfait qu’il en a l’air ?

Le premier tiers de Une Education est, vous l’aurez compris, particulièrement prometteur. Bien sûr, le pitch n’est pas si original que ça, mais le tout est parfaitement réalisé et interprété, et surtout vraiment empli d’humour. Bref, une mise en bouche très prometteuse. On attend la suite avec impatience. On s’attend surtout à être surpris… sauf que l’on ne l’est jamais. Lone Scherfing nous amène exactement là où on pouvait s’y attendre. Il y’a certes le rebondissement qui va bien, mais même là, si on en ignorait les détails, on se doutait bien qu’il allait arriver quelque chose comme ça. Quand au dénouement, il est d’une platitude désespérante. Faire un film pour arriver à une conclusion aussi attendue, ce n’était vraiment pas la peine.

Pourtant, tout est-il à jeter dans Une Education ? Non, car un élément qui aurait presque pu sauver le film. Il y’a malheureusement un presque, mais ça vaut quand même le coup de s’y attarder. En effet, la sympathie qu’inspire la jeune Jenny arriver à maintenir l’intérêt du spectateur juste au-dessus de la ligne rouge. Malgré les défauts de l’intrigue, elle arrive à ne pas non plus plonger le spectateur dans un ennui profond. L’attachement réel que l’on ressent nous fait partager les émotions du personnage. Si le dénouement est décevant, on est quand même soulagé que les mésaventures de la jeune fille prennent fin.

uneeducationL’autre personnage réjouissant est celui du père, interprété par Docteur Octopus… enfin Alfred Molina. Il est l’élément comique de Une Education et il remplit son rôle à la perfection. Si la première partie du film est une vraie réussite, c’est en grande partie grâce à lui. A l’inverse, si Peter Sarsgaard est irréprochable, son rôle est à l’image du film, prometteur, mais qui ne possède finalement pas l’épaisseur qu’on attendait de lui.

Lone Scherfing a donc raté son coup avec Une Education. Sa caméra élégante, un vrai talent dans la direction d’acteur aurait du lui permettre de nous offrir une œuvre humaniste réjouissante comme le cinéma britannique en compte tant. Mais voilà, si le plat était appétissant à la vue, au goût, il est beaucoup trop fade et plat pour rester dans les mémoires.

Une Education est une vraie déception culinaire… euh pardon, cinématographique.

Fiche technique :
Production : BBC Films, Endgame Entertainment
Distribution : Metropolitan Filmexport
Réalisation : Lone Scherfig
Scénario : Nick Hornby, d’après la biographie de Lynn Barber
Montage : Barney Pilling
Photo : John de Borman
Décors : Andrew McAlpine
Musique : Paul Englishby
Costumes : Odile Dicks-Mireaux
Durée : 98 mn

Casting :
Carey Mulligan : Jenny
Olivia Williams : Miss Stubs
Alfred Molina : Jack
Cara Seymour : Marjorie
Peter Sarsgaard : David
Dominic Cooper : Danny
Rosamund Pike : helen
Emma Thompson : la directrice
Sally Hawkins : Sarah

IL N’Y A PAS QUE LE SKI ALPIN ET LE PATINAGE DANS LA VIE

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relaisbiathlondameLa France est donc bien partie pour battre son record de médailles au Jeux Olympiques d’hiver. Encore une pour l’égaler, alors que le relais de combiné nordique est en cours… Et ce malgré les bides totaux du ski alpin et du patinage.

La première bonne nouvelle, c’est la réussite du ski nordique, le biathlon en tête. Voici des sports à l’histoire séculaire (pour le combiné nordique notamment) dont la France a été totalement absente pendant des décennies. Les médailles d’or de Fabrice Guy et du relais féminin de biathlon avaient lancé ces disciplines qui depuis ont rapporté bien des titres au sport tricolore. Même le ski de fond aura enfin connu un grand champion, Vincent Vittoz, même s’il finira sa carrière sans médaille olympique. Seul le saut à ski résiste pour l’instant à toute velléité française de compter dans le concert mondial.

La seconde est la présence de la France dans les sports nouveaux. Si les puristes peuvent douter de la valeur sportive de ces disciplines, leur « spectacularité » est indéniable. Elles étoffent surtout un programme olympique d’hiver jusqu’alors limité. Le ski de bosses avait joué les pionniers, avec Edgar Gropsiron en tête de proue, le skicross et Marion Josserand ont assuré la relève.

Ces jeux de Vancouver sont un vrai moment de bonheur sportif qui laissera de très beaux souvenirs à tous les amateurs ! Et il reste encore 5 jours !

ROCKFERRY (Duffy) : Rien à jeter !

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rockferryduffyQuelques fois, on écoute la radio d’une oreille distraite et puis tout à coup raisonne une chanson que l’on ne connaissait pas. Et là, immédiatement, on veut savoir ce que c’est sans attendre et le réécouter au plus vite. Contrairement aux tubes crées par matraquage marketing, il y’a des chansons qui font mouche dès la première écoute. Ce fut le cas de Mercy, le premier tube de Duffy qui en a fait immédiatement une star planétaire. Et c’est mérité.

Bon, j’aurais mis longtemps à aller voir ce que donnait le reste de l’album dont cette chanson est tirée, Rockferry. Chez moi, certaines choses sont des processus lents. Mais bon, plus c’est long, plus c’est bon paraît-il. Alors mon plaisir n’en fut que plus grand. Et cela valait vraiment la peine d’attendre car si tout l’album n’est pas tout à fait au niveau de Mercy, il reste néanmoins excellent de bout en bout.

Duffy est dans la droite lignée des chanteuses jazz « énergique », à la Vonda Shepard (à différencier de la chanteuse jazz « douce » à la Diana Krall). Elle a un rien de Robert Palmer également, même si aucune marque de bière n’a fait d’une chanson de Duffy son hymne, sauf erreur de ma part. Bref, on s’imagine très bien l’écoutant dans un bar branché un peu classe, un bon verre à la main et bien accompagné si possible… Enfin vous pouvez aussi très bien l’écouter dans votre salon.

En fait, il y’a clairement deux types de morceaux sur Rockferry. Ce que j’appellerai les ballades, même si le terme est quelque peu imparfait, c’est à dire les chansons au rythme plutôt lent et misant avant tout sur le charme incontestable de la voix de Duffy. Et puis, il y’a les chansons beaucoup plus dansantes et énergiques (même si sa voix l’est toujours plus ou moins), comme Mercy. D’ailleurs, si je devais faire un seul reproche à cet album, c’est l’équilibre entre les deux types, qui penchent largement pour le ballades. Et il faut bien avouer que les chansons qui font vraiment bondir l’oreille sont les plus rythmées. Donc un peu plus de chansons entraînantes auraient rendu cet album encore plus parfait.

Rockferry se démarque vraiment par sa densité. Si Mercy sort clairement du lot, rien n’est à jeter. Toutes les chansons sont dignes d’intérêt, ce qui constitue malheureusement quelque chose de rare. Il ne s’agit donc pas là d’un produit marketing bâti autour d’un single phare, mais d’un vrai bon moment de bonne musique. Et ça, ça n’a pas de prix !

Rockferry est donc à conseiller à toutes les oreilles. Il pourra séduire un large public, de toutes les générations. On verra avec le temps si Duffy arrive à se renouveler, mais pour un coup d’essai, c’est un coup de maître !

Faisons maintenant le tour des chansons que l’on trouve sur cet album.

1.: Rockferry
Une chanson qui débute très simplement et qui nous permet de prendre le temps de découvrir la voix de Duffy. Au fur et à mesure, des instruments viennent s’ajouter à l’instrumentation

2.: Warwick Avenue
La voix de Duffy se fait ici plus claire pour une chouette ballade très énergique.

3.: Serious
Un morceau très jazzy qui rappelle vraiment Robert Palmer.

4.: Stepping Stone
Une ballade au ton plutôt triste et mélancolique cette fois-ci. Mais on sent toujours la même énergie sous-jacente.

5.: Syrup And Honey
Une ballade triste avec une instrumentation très simple. Mais la qualité de la voix est largement suffisante pour donner de l’intérêt au morceau.

6.: Hanging On Too Long
Encore une ballade, mais cette fois sur un ton chaud et assez sensuel.

7.: Mercy
Le tube de l’album, une chanson qui ferait dresser l’oreille d’un mort. Energique en diable, tout simplement génial.

8.: Delayed Devotion
Une chanson douce, un slow gai et joyeux.

9.: I’m Scared
Une ballade douce également, mais plus énergique que le morceau précédent

10.: Distant Dreamer
Une ballade très puissante, avec une instrumentation presque symphonique, qui pourrait être une musique de film. 

L’AUTRE DUMAS : Dans l’ombre d’un géant

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lautredumasafficheAccuser un auteur célèbre d’utiliser un « nègre » est une polémique historique très classique. L’affaire Corneille-Molière est la plus célèbre et possède un site Internet qui lui est intégralement dédié. Moins connu est la polémique autour de la relation entre Alexandre Dumas et Auguste Maquet, officiellement simple collaborateur, mais qui serait l’auteur de pans entiers de l’œuvre du père supposé des Trois Mousquetaires. Ce débat est le point central de l’Autre Dumas, un très bon film français.

Alexandre Dumas et son ombre, Auguste Maquet, débarquent à Trouville pour travailler sur le Vicomte de Bragelonne et l’adaptation au théâtre du Comte de Montecristo. Un jour, la jeune Charlotte entre dans la chambre du maître et prend Maquet pour Dumas. Ce dernier ne résiste pas à la tentation de prendre la place de ce dernier. Elle lui demande de faire le nécessaire pour libérer son père, emprisonné pour complot contre le Roi. Lui en tombera éperdument amoureux.

L’Autre Dumas se distingue par deux qualités principales. La première, c’est son intérêt historico-littéraire. Certes, Alexandre Dumas est particulièrement culte dans ma famille. C’est donc avec une grande curiosité que j’ai été voir ce film. Mais s’il m’a intéressé, c’est surtout parce que j’ignorais tout de cette histoire. Car au final, le film ne prend pas position et ne tranche pas le débat. De toute façon, on ne connaîtra jamais vraiment la vérité.

L’autre grande qualité de ce film est bien sûr son interprétation avec le duo Depardieu-Poelvoorde. Les deux sont vraiment excellents, parfaitement dirigés par Saffy Nebbou. L’acteur belge confirme ici le talent dramatique entraperçu dans Coco avant Chanel. Bien sûr, il est quelque peu éclipsé par Gérard Depardieu, mais c’est aussi le rôle qui veut ça. Il faut aussi féliciter la jeune Mélanie Thierry et surtout la fantastique Dominique Blanc, qui irradie de tout son talent.

lautredumasCes deux éléments suffisent déjà à faire de l’Autre Dumas un spectacle agréable à suivre. Surtout que costumes et décors sont de premier ordre. Reste tout de même ce qui est en fait le cœur de l’intrigue, ce triangle amoureux entre les deux Dumas, le vrai et le faux, et la jeune Charlotte. Là, au fond, l’histoire est plutôt classique et n’a rien d’extraordinaire. Le prétendant inhibé dans l’ombre d’un homme charismatique n’est pas vraiment un thème très original. Mais s’il est traité ici sans génie, il l’est avec assez de talent pour véhiculer une réelle émotion, pour peu qu’on s’identifie quelque peu au personnage.

En dehors de la direction d’acteurs, la réalisation de Saffy Nebbou est propre et sobre, mais manque un peu de peps. Il manque un soupçon de rythme dans la narration pour que l’Autre Dumas prenne une dimension supplémentaire. Si les moyens visuels sont ceux d’un grand film historique, le tout s’apparente quand même plutôt globalement à une production intimiste typiquement tricolore.

L’Autre Dumas est donc un film globalement réussi, porté par deux grands acteurs. S’il a également quelques limites, aucune d’elles ne gâche réellement le plaisir qu’on éprouve face à cette belle production.

Fiche technique :
Production : Film oblige, UGC Images, K2, France 2 Cinema
Distribution : UGC Distribution
Réalisation : Safy Nebbou
Scénario : Safy Nebbou, Gilles Taurand, d’après la pièce de Cyril Gély et Eric Rouquette
Montage : Bernard Sasia
Photo : Stéphane Fontaine
Décors : Cyril Gomez-Mathieu
Costumes : Karen Müller-Serreau
Durée : 105 mn

Casting :
Gérard Depardieu : Alexandre Dumas
Benoit Poelvoorde : Auguste Maquet
Dominique Blanc : Céleste Scriwaneck
Mélanie Thierry : Charlotte Desrives
Catherine Mouchet : Caroline Maquet
Michel Duchaussoy : Le sous préfet Crémieux
Roger Dumas : Mr. de Saint Omer 

LE HAMBURGER DE LA DISCORDE

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QuickhalalJ’ai quelque peu hésité à écrire ce billet, vu qu’on a déjà beaucoup trop parlé de cette anecdote, qui n’est certainement pas un événement. Mais bon les voix de l’emballement médiatique sont impénétrables et tout le monde a donné son opinion sur la fameuse affaire des Quick qui ne propose plus que la viande halal. Je vais donc faire de même.

Que Quick, en tant qu’entreprise privée, fasse le nécessaire pour attirer une certains clientèle est son droit plein et entier. Aux dernières nouvelles, on a le droit de vendre des produits halal en France, et encore heureux, alors pourquoi pas sous la forme de hamburgers. Certes, le choix a été fait de ne vendre que de la viande halal, mais c’est bien le cas des boucheries halal justement. Alors la plainte pour « discrimination » portée par le maire de Roubaix me semble totalement hors de propos.

Par contre, cette affaire est vraiment regrettable pour ce qui est du rôle « social » d’un tel restaurant. Ceci n’a rien à voir avec le droit, mais simplement avec notre devoir moral de construire, chacun à notre niveau, « un vivre ensemble ». Un Quick, c’est un lieu de rencontre, d’échange et de convivialité notamment pour la jeunesse. On y va rarement seul, mais le plus souvent entre amis. Si le restaurant avait proposé deux types de menu, il aurait contribué à créer un lieu où tous pouvaient se retrouver, sans que personne ne se sente exclu. Le choix qui a été fait contribue au contraire, à créer des barrières et contribue à un « vivre chacun de son côté ».

La connerie n’est pas encore un délit malheureusement. Sinon, effectivement, porter plainte contre Quick aurait été le premier réflexe à avoir.

PORT TROPIQUE (Barry Gifford) : Oui et ?

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porttropiqueIl arrive fréquemment que face à une œuvre, généralement un livre ou un film, on rencontre le phénomène du « oui et ? ». Vous ne venez pas de passer un mauvais moment, ce que vous venez de voir ou lire n’était pas désagréable, pas mauvais, pas bâclé. Mais voilà, vous restez désespérément indifférent, comme si tout était fini avant même d’avoir commencé. C’est exactement ce qui s’est passé avec Port Tropique, un polar de Barry Gifford.

Dans un pays d’Amérique Centrale imaginaire, en proie à la Révolution, Franz Hall est un écrivain Américain qui prétend écrire une biographie de Benjamin Franklin. Mais à ses heures perdues, il fait également le coursier pour des contrebandiers locaux. Mais l’avancée des rebelles va finir par le mettre dans une position délicate vis-à-vis de ses employeurs.

J’ai bien eu du mal à écrire ce court synopsis. Car Port Tropique possède plus un fil rouge qu’une réelle trame narrative. Le but principal de roman est de nous décrire un personnage, plus que de lui faire vivre des aventures palpitantes. Bien sûr, il est quelque peu hors du commun, mais pas tant que ça. Là est une des principales limites de ce livre.

Port Tropique tient d’ailleurs plus de la longue nouvelle que du roman. S’il s’étale sur 180 pages, c’est surtout qu’il est présenté de manière originale, en cours chapitres, aucun ne dépassant trois pages et certains ne faisait que quatre ou cinq lignes. Autant dire qu’il y’a presque autant de blanc que d’écriture de ce roman. C’est sans doute une volonté de l’auteur, mais pour quiconque payera pour ce livre (ce n’était pas mon cas, heureusement), cela pourra être un peu frustrant et un tantinet agaçant.

Si ce roman n’est donc pas inoubliable, il se lit trop vite pour qu’on lui en veuille. C’est presque plus un objet de curiosité qu’un vrai moment de littérature, comme une nouvelle dans un magazine. Ca peut occuper une après-midi à la plage et ça change de Gala ou Voici. Je suis un peu vache, car la plume de Barry Gifford est plutôt agréable, et vraiment littéraire pour le coup. Et on pourra tout de même apprécier cette description d’un petit monde où les Occidentaux viennent cherche soleil, aventures et dépaysement. On aurait pu facilement situer ce roman à Cuba, au moment de la chute de Batista. L’auteur a préféré inventer un lieu imaginaire pour se donner toute liberté, ce dont il fait pleinement usage

Port Tropique n’est même pas frustrant. Le récit a une certaine cohérence, on ne s’attend pas vraiment à plus. Il n’est ni trop court, ni trop long, on a juste un peu de mal à comprendre ce que l’auteur a vraiment cherché à faire passer. L’histoire est plutôt bien raconté, elle se termine bien par une chute, mais on se dit qu’au fond, on en ignorerait tout que ça ne changerait pas grand chose à notre existence. Si tant est qu’un polar puisse changer quoique ce soit à une existence, mais ceci est un autre débat…

Bref, Port Tropique, c’est un peu comme le steack frites de la cantine. Ca nourrit, ce n’est pas désagréable en bouche, mais on ne lui prête pas une grande attention. Aussitôt avalé, aussitôt oublié.

LA HORDE : Un film de genre bien de chez nous

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lahordeafficheS’il y’a un parent pauvre du cinéma français, c’est bien le film de genre. Il y’a bien eu quelques tentatives, comme Brocéliande ou Haute Tension, mais ça reste toujours un peu cheap. Mais voici donc La Horde, un film de zombie ultra-classique dans la forme et le fond, si ce n’est sa nationalité. Pas de révolution dans le genre, mais beaucoup d’adrénaline.

Un immeuble, des zombies, des survivants…

Voilà pour le scénario. C’est le même depuis La Nuit des Morts-Vivants de Romero en 1968 et on serait presque déçu s’il en était autrement. Donc, il ne fallait pas s’attendre à quoique ce soit à ce niveau-là… Et ça tombe bien, parce qu’on ne trouvera rien de bien intéressant à ce niveau-là. Mais bon, il faut bien un prétexte à tout ça en attendant la boucherie. Cependant qui va voir ce genre de film pour l’intérêt de l’intrigue ?

A côté du scénario, il y’a aussi des dialogues. La Horde joue plutôt la carte d’un mélange entre film noir et humour. Mais bon, malheureusement, Michel Audiard est mort alors il n’y aura rien non plus d’inoubliable à ce niveau. Enfin, là encore, on n’est pas venu au ciné pour écouter les personnages déblatérer. Bon ils le font malgré tout, mais on n’y prête qu’une oreille distraite en attendant que l’action reparte.

Dans un film, il y’a aussi des acteurs. Mais dans un film de ce genre, rarement de grandes stars. C’est encore le cas ici… Et on comprend pourquoi. Allez soyons pas vaches, les rôles ne se prêtent pas non plus à des performances de premier ordre. Cependant, là aussi on est à la limite du hors-jeu. On notera simplement la réelle personnalité affichée par Claude Perron, étonnante dans un rôle qui change quelque peu de celui qu’elle tenait dans le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain.

Et la réalisation alors ? Et bien, malheureusement, il faut admettre qu’avec la Horde, Yannick Dahan et Benjamin Rocher n’ont pas vraiment rejoint Sam Raimi ou John Carpenter au rang des maîtres du genre. Sans même parler d’un Tarantino… Mais bon, si artistiquement le film n’a définitivement pas d’intérêt, il a le mérite d’être efficace. Très efficace !

lahordeCar si vous allez voir la Horde, c’est pour voir des gens pourchassés par des hordes (d’où le titre) de zombies et les massacrer en nombre. Et pour ça, le film fait fort, très fort, pour le plus grand bonheur du spectateur qui était venu uniquement pour ça. Ces scènes-là sont d’une rare violence et d’une rare intensité. Le film est très crue, assez gore et l’hémoglobine coule à flots de manière plutôt réaliste. Bref, âmes sensibles s’abstenir car c’est très certainement le film de ce genre le plus dur. Pas le plus spectaculaire, mais justement en privilégiant la violence réaliste sur le délire visuel que peut permettre ce genre de film, il donne un ton plutôt original qui déverse des flots d’adrénalines dans les veines des spectateurs.

Peut-être que certains trouveront que la Horde ne trouve pas son ton, entre la noirceur et l’humour et le second degré. En fait, l’humour est souvent, avouons-le, quelque peu involontaire. Il y’a bien sûr un personnage qui se veut clairement comique, mais il n’est pas non plus la plus grande réussite de ce film. De mon côté, j’ai trouvé que ce mélange des genres rendait de ce film très sympathique et le dote d’une certaine personnalité.

Comme tous les films de genre, La Horde est à réserver aux amateurs du genre justement. Mais pour une production française qui s’aventure sur des chemins inhabituels, elle s’en est quand fort bien sortie en se concentrant sur l’essentiel, même si l’accessoire laisse un peu à désirer.

Fiche technique :
Réalisation : Yannick Dahan et Benjamin Rocher
Scénario : Yannick Dahan, Benjamin Rocher, Arnaud Bordas etStéphane Moïssakis
Directeur du casting : Michaël Laguens
Effets spéciaux : Olivier Afonso
1er assistant réalisateur : Paul-Henri Belin
Choregraphe : Alain Figlarz
Directeur de production : Marie-Laure Merriaux
Directeur de la photographie : Julien Meurice
Costumière : Priscilla Van Sprengel
Chef décorateur : Jérémy Streliski
Superviseur des effets visuels : Olivier Junquet

Casting :
Claude Perron : Aurore
Jean-Pierre Martins : Ouessem
Eriq Ebouaney : Adewale
Aurélien Recoing : Jimenez
Doudou Masta : Bola
Antoine Oppenheim : Tony
Jo Prestia : José

LES ENFANTS DE L’ATLANTIDE, TOME 4 : LA TERRE DES MORTS (Bernard Simonay) : Voyage dans un futur qui craint

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lesenfantsdelatlantide4Ecrire un récit cohérent en 4 tomes, dont chaque partie est réellement différente des autres, était un vrai défi que Bernard Simonay a parfaitement relevé avec les Enfants de l’Atlantide. Personne, après une centaine de pages du Prince Déchu, premier volet de la saga, ne peut imager là où l’auteur finira par l’emmener. Voyage dans l’espace et dans le temps, cette histoire est très agréable à suivre. Si La Terre des Morts, 4ème et dernier (pour l’instant ?) tome, n’est pas le meilleur, il reste surprenant et très plaisant.

Astyan et ses compagnons ont accosté de l’autre côté de l’Océan. Il finit par découvrir l’ancien repaire des Géants, responsables de la chute de l’Atlantide et de la disparition des Titans. Il y découvre surtout un moyen de rejoindre Thanata, la Terre des Morts, un monde parallèle où les autres demi-dieux ont été emprisonnés. Un monde qui ressemble étrangement au nôtre, mais a été ravagé par de terribles cataclysmes.

Bon, je vais tuer un peu le suspense, mais Thanata n’est autre que la Terre dans 200 ans, dévastée par la guerre et la pollution. La Terre des Morts ne nous propose donc pas un voyage dans l’espace, comme le pensent les personnages, mais à travers le temps. Une vision très pessimiste de l’avenir, qui concrétise les pires cauchemars qui habitent notre époque. Réchauffement climatique, pluies acides, montées des eaux, holocaustes nucléaires… bref toutes les menaces qui pèsent sur l’avenir de l’humanité concrétisées.

La principale limite de la Terre des Morts est la relative naïveté de cette description de l’apocalypse qui nous menacerait. Certes, le message écologique est plein de bonnes intentions, mais Bernard Simonay ne nous épargne rien et intègre à son récit tous les fantasmes qui peuplent les discours des plus extrémistes. Bref, tout cela manque cruellement de subtilité et prête parfois à sourire. Ce livre multiplie également les clins d’œil géopolitiques (conflit israélo-palestinien, terrorisme, relations entre les religions…), malheureusement là encore, on nage parfois en pleine caricature et raccourcis un rien faciles.

Mais La Terre des Morts garde les qualités qui ont fait le succès du reste de la saga et on s’accommode aisément des défauts du récit. Comme je l’ai évoqué plus haut, ce tome ne ressemble pas du tout aux précédents. Il garde pourtant sa cohérence et enrichit encore cette saga vraiment surprenante et qui ne ressemble à aucune autre. Ce 4ème épisode est une nouvelle fois riche en péripéties et jamais l’auteur ne s’appesantit sur de laborieuses descriptions du monde qu’il nous décrit. Cette découverte se fait peu à peu, au gré des aventures d’Astyan et de ses compagnons. Bref, un vrai roman d’aventures porté par le style léger et agréable de Bernard Simonay.

On est donc un peu triste de quitter Astyan et les Titans à la fin du récit. Cependant, ce livre se termine vers une porte ouverte à un cinquième tome, qui verra très certainement le jour. Il ne sera pas évident de rebondir une nouvelle fois et d’emmener le lecteur dans une direction inattendue. Mais Bernard Simonay a pour l’instant toujours réussi à trouver de nouvelles dimensions à explorer, alors on a hâte de savoir ce qu’il peut nous réserver.

La Terre des Morts souffre un peu d’un message naïf un peu trop présent. Mais, personne n’ayant lu les trois premiers tomes ne renoncera à lire ce quatrième épisode. Surtout qu’il constitue tout de même un lecture agréable et distrayante.

UN CHAMPION BIEN DE CHEZ NOUS

brianjoubert

brianjoubertIl y’a quelques jours, je vantais les qualités hors norme de Jason Lamy-Chappuis pour un sportif français. Et bien, cette fois, je vais vous parler d’un champion bien de chez nous, typique jusqu’à la caricature de notre tradition de défaites héroïques, à savoir Brian Joubert.

Après son bide retentissant du programme court, j’avais imaginé rédiger un article très sévère à son égard. En effet, après avoir raté à peu près tous les grands rendez-vous auxquels il a participé durant sa carrière, malgré un potentiel et un talent immenses, il continuait à rejeter avec mépris toutes critiques à son égard, les trouvant injustes et refusant de se remettre une seule seconde en question. Mais voilà, sans doute trop tard dans sa carrière, il vient enfin d’ouvrir les yeux.

« Toutes les personnes qui pensent que je suis un petit con ont raison » a-t-il déclaré. J’avoue, c’était mon cas et, comme j’aime bien avoir raison, je suis heureux qu’il le confirme lui-même. Bon du coup, j’en éprouve presque de la sympathie. Réaliser d’un coup qu’il est passé à côté d’une vraie grande carrière non pas par la faute à pas de chance mais par sa propre faute, ne doit pas être facile à gérer. Surtout qu’il est trop tard pour rattraper le temps perdu. Si seulement, il avait pu tirer les mêmes leçons de sa déconvenue de Turin…

Rater systématiquement les grands rendez-vous n’est pas vraiment compatible avec le statut de champion. L’histoire du sport est jalonnée de talents immenses qui n’ont jamais su conquérir les récompenses suprêmes auxquels ils aspiraient. Michel Jazy, Raymond Poulidor, Luc Alphand ou Christine Arron (avec une palme spéciale pour elle dont les interviews constituent des moments consternants d’aveuglement et de prétentions imméritées) ont été des sportifs très populaires en France. Des immenses champions, pas sûr…

RETRAITER LES RETRAITES

retraite

retraiteDepuis que je suis tout petit, j’entends parler de la réforme nécessaire de notre système de retraite qui serait menacé de faillite. Cette idée, brandie constamment par la droite et également parfois par la gauche, semble un fait incontestable et établi. Mais comme souvent pour ce genre d’idée, si on prend le temps de réfléchir cinq minutes, ce que nous faisons trop peu souvent, on est quand même en droit de demander si tout cela mérite la certitude qui semble habiter les esprits.

Ah mais oui, j’oublie le baby-boom qui va faire exploser brutalement le nombre de retraités et pour longtemps… Effectivement, les projections démographiques de 1995, pour le premier projet de réforme par le gouvernement Juppé, avançaient des chiffres très inquiétants. Depuis l’INSEE a largement révisé ses prévisions dans un sens favorable sans que cela fasse ciller l’UMP ou le MEDEF. Mais que le poids des retraites dans le PIB va augmenter est un fait incontestable…

Et là encore, il serait bon de ne pas s’arrêter à cette idée visiblement simple et se demander si cela est si grave que ça. Et là, il est bon de regarder un peu en arrière. En 1959, les retraites représentaient 5,4% du PIB. En 2003, 12%… A ma connaissance cette augmentation n’a pas transformé la France en pays du Tiers-Monde. Aucun effondrement de l’économie n’a eu lieu, du moins pas pour cette raison. Si on ne fait rien, en 2040 le poids des retraites représenterait 18,5% du PIB, soit, en fait, une augmentation comparable à celles des décennies précédentes. Au-delà de cette date, ce chiffre devrait se stabiliser.

Il n’y a donc pas d’effondrement du système de retraite de prévu. Au-delà d’une augmentation des taux, c’est surtout un élargissement des assiettes des cotisations, auxquelles échappent encore trop de revenus financiers, qui permettra d’augmenter le part des retraites dans le PIB, ce qu’on a toujours fait, on le répète, sans que cela ne soit plus douloureux qu’avant.

Pour autant, doit-on être foncièrement hostile au recul de l’âge légal de la retraite ? Pour moi, la réponse est non, mais pas du tout pour les raisons mis en avant par le patronat. Et surtout pas du tout avec le même calendrier. L’évolution de la pyramide des âges ne va pas aboutir à la ruine du système par répartition, mais un problème d’organisation de la société. Cette dernière a besoin pour fonctionner d’une population active suffisamment nombreuse. S’il faudra travailler plus longtemps, ce sera pour répondre à un besoin sociétal, non purement financier… mais bon ce genre de raisonnement est intellectuellement hors de portée d’une large partie de la classe politique, sans même parler du MEDEF.

Le MEDEF d’ailleurs parlons-en. Anne Parisot va quand même très loin dans le foutage de gueule. Comment ose-t-elle clamer si fort la nécessité de faire travailler les gens plus longtemps alors qu’elle et ses petits copains s’empresse de foutre à la porte les salariés de plus de 55 ans. Quand ce mal français sera enfin vaincu, on en reparlera. Et ce mal français est avant tout ancré dans la culture du management des patrons des grandes entreprises française qui n’aiment ni les jeunes diplômés, ni les salariés proches de la retraite. Et ainsi, ils privent la société française d’une richesse qui vaut bien tous les points de PIB consacré à payer les retraites.

Le débat qui s’annonce ne pourra aboutir sur une réforme réellement juste et efficace. Trop d’idées préconçues et de mauvaise foi habitent l’ensemble des acteurs présents autour de la table. Le problème, c’est que ces braves gens vont décider de notre avenir à tous ! C’est quand que j’ouvre mon Plan d’Epargne Retraite ?