Certains récits prennent une dimension supplémentaire lorsque la marche du monde vient résonner avec lui. Brasier Noir nous plonge au cœur d’un des aspects les plus dramatiques de l’histoire américaine. Le racisme et la violence qu’il engendre ont bouleversé le monde entier et n’a pas fini de faire parler, comme on a pu le constater lors du dernier Euro de football et la polémique sur la génuflexion avortée de l’Equipe de France. La lecture de roman permettra de mieux comprendre à quel point cette violence est profondément ancrée dans les esprits et forge les relations sociales. Un résultat souvent passionnant mais qui malheureusement a quelque peu tendance à se diluer.
Brasier Noir est pavé de près de 1100 pages. Pour être clair, il aurait sûrement gagné à être un peu plus court. En effet, l’histoire avance en faisant des cercles, plutôt qu’en ligne droite. Cela donne une impression de répétition qui finit par frustrer le lecteur qui aimerait voir l’intrigue avancer nettement plus vite. En effet, celui-ci a envie de plonger sans aucune retenue dans ce roman qui nous propose une grande histoire, en lien profond avec la grande Histoire. Des personnages forts, des rebondissements et une vérité qui attendra les dernières pages pour définitivement se révéler. Globalement, c’est ce que l’on retient au final, même si l’enthousiasme n’est du coup pas aussi complet qu’il aurait pu l’être.
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Clap You Hands Say Yeah, que l’on peut abréger CYHSY, et leur album New Fragility, sorti cette année. Il s’agit pas moins de leur sixième album. Le premier titre sonne comme une longue intro. On y découvre la voix d’Alec Ounsworth, un peu fluette et qui manque passablement d’impact. Quand il la pousse, elle devient même quelque peu désagréable. Les instrumentations sont sans relief particulier. Au final, rien de complètement mauvais, mais rien d’enthousiasmant. On notera tout de même une jolie ballade, Mirror Song, et un morceau de pop sucré sympathique, CHYSY, 2005.
On poursuit avec une légende la musique, Monsieur Nick Cave et son album Carnage. Le tout commence en douceur, mais dans une douceur sombre, ce qui n’étonnera personne. L’Australien ne se montre néanmoins pas super inspiré. Les instrumentations sont minimalistes et pas toujours agréables. La voix donne parfois l’impression qu’il a enregistré les titres en étant bourré en fin de soirée. La magie à laquelle il nous a habitué n’est pas là. Cela redevient un peu plus harmonieux et inspiré sur la fin mais sans parvenir à nous faire totalement oublié le début beaucoup plus hésitant.
Le cinéma de Bruno Podalydès se distingue par deux caractéristiques. Tout d’abord, ses films sont généralement des comédies fantaisistes et humanistes, portant un regard critique sur la vacuité et la frénésie du monde moderne. Ensuite, il met généralement en scène son frère Denis, ce qui est relativement compréhensible, vu le talent du frangin. Les 2 Alfred ne déroge pas à ces deux règles. Il en confirme également une troisième. Son oeuvre se caractérise aussi par un aspect très inégal. D’un film à l’autre, mais aussi au sein même de chacun d’eux. On aurait aimé que ce film-ci fasse exception.
Etre juif et vivre dans un Kaboul contrôlé par les Talibans, voici un destin que l’on n’envie pas. Chicken Street nous permet de rencontrer Simon et Alfred, les deux derniers juifs d’Afghanistan. Une idée de départ inattendue mais qui se voit considérablement enrichie par bien d’autres éléments, malgré la brièveté de ce roman, qui a intégré ma bibliothèque par le plus grand des hasards, l’ayant ramassé un jour dans la rue. La surprise s’avéra cette fois très bonne, car le récit touchant nous fait naviguer entre rires et larmes.
Les films à forte dimension sociale sont toujours confrontés à un ennemi redoutable, qui peut facilement rendre leur propos beaucoup moins intéressant, voire insupportable : le misérabilisme. On peut dénoncer des situations, souligner des causes, mais le danger est de faire des personnages de simples victimes passives. Or la réalité n’est jamais aussi manichéenne et si un tel travers passe pour un film d’actions, ce n’est évidemment pas le cas pour ceux dont l’objectif est de nous faire réfléchir sur le monde tel qu’il est ou sur la nature humaine. Nomadland échappe totalement à ce travers et nous offre le plus beau film de cette reprise cinématographique.
L’amour, l’amour, toujours l’amour… Il façonne nos existences et nous passons notre vie à savoir comment vivre avec pour que le bonheur qu’il nous apporte dépasse définitivement la peine qu’il nous cause parfois. Cela s’appelle grandir, mûrir.. pour ne pas dire vieillir. Il se trouve donc au cœur des innombrables récits d’apprentissage peuplant littérature et cinéma. Playlist n’est définitivement pas le plus profond ou le plus inoubliable d’entre eux. Mais il possède bien assez de qualités pour mériter d’être vu.
Oscar du meilleur scénario original, Promising Young Woman fait partie de ces films qui peuvent parfois décevoir les spectateurs à l’esprit des plus étroits. En effet, difficile de le ranger dans une case bien déterminée. Ce n’est ni vraiment une comédie, ni un polar, ni film social. Aller le voir avec des attentes très précises constitue le meilleur moyen d’être déçu. Par contre, si on se laisse porter par cette histoire qui dévoile peu à peu toute sa richesse, on en ressortira agréablement surpris et surtout satisfait d’avoir eu la chance de voir un excellent film.
Le manque de moyens n’est pas toujours rédhibitoire pour réaliser un film qui puisse être pleinement apprécié par les spectateurs. Parfois cependant, cela ressemble à un petit grain de sable qui vient se glisser dans la chaussure de l’audience. Ainsi, pendant Vers la Bataille, je n’ai pas arrêté de me dire : ça n’a clairement pas été tourné au Mexique, mais en forêt de Rambouillet et ça se voit… Bon, vérifications faites, le tournage a eu lieu en Colombie. Mais qu’elle soit vraie ou non, l’impression citée plus haut m’a clairement empêché de rentrer dans le film. C’est peut-être injuste, mais c’est bien la réalité.
Les distributeurs sont des personnes opportunistes et il faut bien admettre qu’ils ont bien raison de l’être. Si une vague de succès se présente, pourquoi effectivement ne pas surfer dessus. Donc, pourquoi ne profiteraient-ils pas de l’immense succès de Parasite et du regain d’intérêt qu’il a provoqué pour le cinéma est-asiatique pour ne pas ressortir des cartons quelques longs métrages n’ayant pas à l’époque trouvé le chemin des écrans hexagonaux ? Hospitalité est sorti au Japon en 2010. C’est seulement cette année qu’il est visible en salle en France. Un choix étonnant, mais au final, on ne peut que se réjouir de pouvoir découvrir cette petite curiosité réjouissante.
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