On commence cet avis musical par une destination proche, mais assez rare quand il s’agit de rock. En effet, on part du côté de Barcelone pour découvrir un groupe féminin, Mourn, et leur album Self Worth, sorti en 2020. On y découvre une musique plutôt énergique. Le rock au féminin reste assez rare pour que cette seule caractéristique leur donne un style particulier. Les arrangements sont un rien basiques, voire très basiques parfois, assez directs, mais au final plutôt efficaces. Leur énergie réveille, mais le résultat s’avère un rien répétitif. Mais elles possèdent ce zeste de maîtrise qui permet au positif de l’emporter.
On part ensuite aux Etats-Unis pour le nouvel album de Matthew Ward, dont le nom de scène est M. Ward, intitulé Think of Spring. On est tout de suite séduit par sa voix claire et cristalline. On se trouve bercé par l’ambiance doucement éthéré. On regrette simplement que tout cela manque un rien de consistance. On aimerait parfois ne plus être bercer mais entendre quelque chose qui nous accroche vraiment l’oreille. Mais au final, l’album se montre fort agréable. On retiendra notamment une très belle reprise du classique I’m a Fool to Want You.
Les lieux ont une histoire et même parfois une âme. C’est évidemment vrai pour des lieux hautement symboliques, ayant traversé l’histoire et qui nourrissent l’imagination y compris de personnes ne les ayant jamais vus en vrai. Il suffit de voir l’émotion mondiale provoquée par l’incendie de Notre-Dame. La perspective de la destruction de la cité Gagarine d’Ivry-sur-Seine n’a pas ému grand monde. Pas grand monde, sauf tous ceux qui ont pu y vivre, naître ou grandir. Un long métrage, sombrement appelé Gagarine, né d’un court-métrage documentaire sur les habitants de la cité, vient leur rendre hommage. Un film d’une étonnante poésie pour un sujet qui aurait pu facilement virer au pur drame social et misérabiliste.
Le film noir, grande tradition du cinéma hexagonal, peut prendre des formes particulièrement variées. Evidemment, on pense plus naturellement à un détective bourru ou un flic flirtant constamment avec la légalité. Un peu moins à un docteur. Pourtant Médecin de Nuit est un vrai film noir. Pas uniquement par son caractère avant tout nocturne. Aussi parce qu’il explore quelques recoins sombres de l’âme humaine, là où la violence et la force façonnent les rapports humains et peu facilement broyer les plus faibles. Vous l’aurez compris, on est loin de l’ambiance de Grey’s Anatomy. Ce film ravira les amateurs de plongée dans les bas-fonds plutôt que ceux qui ont toujours rêvé d’écouter à travers un stéthoscope.
Un des beaux livres qui trônent depuis le plus longtemps dans ma bibliothèque, auquel je suis particulièrement attaché, est consacré aux méchants dans les films de Walt Disney. Cependant, les 101 Dalmatiens ne fait pas partie de mes classiques préférés de la firme aux oreilles rondes. C’est donc sans attentes particulières que je suis allé voir Cruella, surpris par la nature particulièrement positive des critiques formulées à l’encontre de ce film. Mais parfois les points de départ les moins attractifs donnent des résultats surprenants. En tout cas, cela confirme bien à mes yeux le fait que ce sont bien les « vilains » qui donnent tout leur intérêt et toute la profondeur aux histoires.
Même le plus grands génies ont des moments de faiblesse. Enfin, au moins des moments où ils sont juste bons et non plus géniaux. Un auteur aussi incroyablement prolifique que Georges Simenon n’a évidemment pas pu écrire que de parfaits chefs d’œuvre. La Grande Perche ne figure certainement pas dans les lignes les plus inoubliables de sa bibliographie. Un roman non totalement dénué de qualité, mais qui ne propose pas la même profondeur et le même intérêt que ce à quoi le créateur du Commissaire Maigret nous avait habitué.
Quand un film à petits moyens connaît un grand succès et qu’une suite est envisagée se pose alors une difficulté supplémentaire par rapport à celles déjà nombreuses que connaissent les deuxième épisode. En effet, il faut gérer le changement de statut. Sans Un Bruit était un huis-clos où l’angoisse naissait d’une ambiance oppressante, plus que d’un déluge d’effets spéciaux. Sans Un Bruit 2 est un film à beaucoup plus grand spectacle, avec une bonne dose d’action, grâce, imaginons-le, à un budget nettement plus confortable. Un virage délicat mais parfaitement négocié ici, en préservant l’esprit du premier volet et en ne misant pas uniquement sur le bruit à la fureur.
Le cinéma a, au cours de son histoire, réussi à faire passer tout un tas de choses pour une menace mortelle. Quand le ton est à la parodie, cela peut aller jusqu’aux tomates tueuses ou bien encore la moussaka géante. M. Night Shyamalan a même prouvé que l’on pouvait faire des plantes vertes des psychopathes en puissance. Faire de simples criquets un objet d’inquiétude qui vire vite à l’angoisse n’est donc pas si impressionnant que cela. Pourtant, on ne peut que saluer la qualité de la Nuée, un film de genre bien français. Un domaine où le 7ème art hexagonal s’aventure de plus en plus. Et au vu du résultat, on ne va pas s’en plaindre !
Le plus dur dans l’écriture d’une série est de savoir se renouveler continuellement pour maintenir l’intérêt de son histoire dans la durée. C’est vrai pour les scénaristes œuvrant pour Netflix bien sûr, mais c’était déjà vrai au XIXème siècle, quand la littérature était le seul vecteur de récits au long cours. La saga des Rougon-Macquart en est un parfait exemple. L’Argent en est le dix-huitième épisode. Emile Zola y explore le monde de la finance, et dans la moindre mesure celui du journalisme. Un nouveau thème qui vient compléter ce portrait volontairement exhaustif de la société du Second Empire. Par contre, le roman exploite largement des ressorts narratifs déjà exploités.
Il ne faut pas juger un livre à sa couverture. Non plus parfois parfois à la collection dans lequel il est édité. Ainsi, Intérieur Nuit se trouvait dans ma bibliothèque en me présentant la tranche blanche qui caractérise la collection Folio. Une collection que j’associe plutôt aux plus grands classiques et à une littérature contemporaine, en dehors de la littérature de genre. En tout cas, je ne l’associe pas à la publication de polars… pour lesquels la collection Folio Policier existe. Mais j’ai compris après quelques pages que je tenais dans les mains un roman très noir. Et très vite également qu’il s’agissait d’un excellent roman.
2020, année définitivement particulière dans tous les domaines. Pour le 7ème art forcément aussi, avec les salles obscures fermées la moitié de l’année et de très nombreuses sorties repoussées sine die. Ce palmarès 2020 sera donc maigre. Seulement trois films, dont une reprise. Autant dire quasiment rien. J’aurais effectivement pu modifier les critères de sélection pour l’occasion, en baissant la barre de sélection à 14,5 (ce qui aurait permis à le Cas Richard Jewell et Drunk de figurer dans le classement) ou à 14. Mais je suis un homme de principes !
Niveau interprétation, j’accorderai une mention spéciale à Laure Calamy, Pete Davidson et Mads Mikkelsen pour leur interprétation dans respectivement Antoinette dans les Cévennes, The King of Staten Island et Drunk. Autant de performances qui nous font espérer que 2021 sera une merveilleuse année cinématographique… Enfin dès que les cinémas auront rouvert…
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