IRON MAN 3 : La boîte de conserve devient plus humaine

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ironman3afficheJe dois bien avouer que je ne suis pas vraiment fan de la franchise Iron Man. J’avais trouvé le premier relativement moyen et le second franchement décevant. Ce n’est donc sans attente particulière que je suis allé voir le troisième volet, aux critiques plutôt élogieuses pour un film de super-héros. Je n’en suis pas ressorti débordant d’enthousiasme, mais au moins je ne peux qu’admettre que j’ai passé un assez bon moment.

Si Iron Man 3 m’a nettement plus séduit que les deux précédents, c’est qu’il laisse une plus grande place au personnage principal par rapport aux scènes d’action. Ces dernières sont d’ailleurs assez moyennes et manquent franchement d’imagination. Heureusement, on peut apprécier à loisir le charme dévastateur de Robert Downey Jr. Il est sans doute moins cabotin que dans les épisodes précédents et arrive à donner un tout petit peu d’épaisseur à son personnage. Du coup, on s’y attache beaucoup plus, quand il avait tendance précédemment à être plutôt horripilant.

ironman3Par contre, Iron Man 3 souffre comme les deux précédents de l’absence d’un méchant d’envergure. Du coup, le scénario n’est pas aussi épique qu’il aurait pu l’être. Heureusement, tout cela ne se prend pas trop au sérieux et le second degré fait passer ces quelques faiblesses (contrairement à un Thor par exemple). Mais on reste très loin de la qualité d’un Captain America, sans même parler des Spider-man de Sam Raimi.

LA NOTE : 11,5/20

Fiche technique :
Production : Marvel Films, DMG Entertainment, Noble Media
Distribution : The Walt Disney Compagny France
Réalisation : Shane Black
Scénario : Hane Black, Drew Pearce
Montage : Peter S. Elliot
Photo : John Toll
Format : 35mm
Décors : Bill Brzeski
Musique : Brian Tyler
Effets spéciaux : Alec Muradian
Costumes : Louise Frogley
Maquillage : Allan A. Apone
Directeur artistique : Desma Murphy, Jay Pelissier
Durée : 131 mn

Casting :
Robert Downey Jr. : Tony Stark/Iron Man
Gwyneth Paltrow : Pepper Potts
Don Cheadle : James Rhodes
Ben Kingsley : Le Mandarin
Guy Pearce : Aldrich killian
Rebecca Hall : Maya Hansen
Jon Favreau : Hogan

OBLIVION : Faut pas se fouler surtout, les gars !

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oblivionafficheIl y a des scénarios qui commencent très mal. Quand un film de science-fiction s’ouvre sur une longue explication en voix-off, on se dit déjà que le spectacle ne s’annonce pas très subtil, mais on se dit que cela va nous permettre d’aller directement au but. Malheureusement, quand ce monologue du personnage principal s’achève par un « on a du nous effacer la mémoire avant le début de la mission par mesure de sécurité », on est définitivement persuadé que les scénaristes, au nombre de trois, ce qui est quand même assez sidérant, ont vraiment décidé de ne pas se fouler de trop et de se faciliter grandement la tâche. Bref Oblivion, au bout de cinq minutes, sent le film raté.

La suite nous donne raison. Si on est magnanime, on dira qu’Oblivion constitue quand même un spectacle divertissant, qui réserve même quelques rebondissements et surprises, pas tous cousus de fil blanc (mais certains quand même un peu beaucoup…). Mais force est d’admettre que rien ne vient vraiment contrebalancer cette entame catastrophique. Dès le début, on sait que les personnages sont manipulés et il ne faut pas être devin pour avoir largement compris le pourquoi du comment alors que l’intrigue n’en est même pas à sa moitié.

oblivionLa déception est d’autant plus grande que la bande-annonce faisait plutôt envie et laisser croire à un scénario plutôt complexe. Elle restera au final la meilleure partie d’Oblivion qui traîne sa pauvreté scénaristique jusqu’à un dénouement convenu et d’une platitude désolante.

LA NOTE : 09/20

Fiche technique :
Production : Chernin Entertainment, Ironhead Studios, Radical Pictures, Truenorth Productions, Universal Pictures
Distribution : Universal Pictures International France
Réalisation : Joseph Kosinski
Scénario : Joseph Kosinski, Karl Gadjusek, Michael Arndt, d’après la BD d’Arvid Nelson
Montage : Richard Francis-Bruce
Photo : Claudio Miranda
Décors : Darren Gilford
Musique : Anthony Gonzalez, M.8.3.
Effets spéciaux : The Third Floor
Costumes : Marlene Stewart
Durée : 125 mn

Casting :
Tom Cruise : Jack Herper
Morgan Freeman : Malcolm Beech
Nikolaj Coster-Waldau : Sykes
Olga Kurylenko : Julia
Melissa Leo : Sally
Andrea Riseborough : Victoria

THE GRANDMASTER : In the mood for kung-fu

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thegrandmasterafficheSi Bruce Lee est parfois considéré comme le maître absolu des arts martiaux, lui-même a eu un maître, Yip Man, qui lui a permis de devenir ce qu’il a été. Le film The Grandmaster nous raconte son histoire, de manière certes très romancée. Il s’agit donc bien d’un film de kung-fu, réalisé par Wong Kar-wai, monsieur In the Mood For Love. Autant vous dire qu’il y a nettement plus d’action que dans ce dernier, mais on y retrouve tout l’esthétisme de ce réalisateur et un rythme de narration assez asiatique. Le spectacle proposé à quelque chose de fascinant et d’envoûtant, combien même on est loin des combats épiques et hyper spectaculaires d’un Tigre et Dragon.

En effet, le kung-fu de The Grandmaster est surtout du kung-fu de salon, ce qui ne veut pas dire que les protagonistes se battent en restant assis dans un canapé. Ici, le combat est un art qui est affaire de gentlemen. On le fait pour l’honneur, la gloire, mais avec toujours un grand respect de son adversaire. Et celui qui ne respecte pas cet état d’esprit (parce qu’il y a forcément un méchant arriviste dans ce genre de film) finira par être châtié. Ce film nous expose avant tout la philosophie qu’il y a derrière cette culture, ce qui donne des dialogues parfois un peu abscons, mais terriblement dépaysants. Certes, le scénario manque un peu de corps, mais la forme compense largement les petites faiblesses du fond.

thegrandmasterEn effet, les scènes de combat constituent de superbes chorégraphies, malgré leur caractère ici très épuré. La caméra de Wong Kar-wai a cette magnifique faculté à saisir les émotions par la beauté des images et il le prouve encore une fois ici. Comme pour In The Mood for Love, son talent nous préserve de l’ennui, où on aurait immanquablement plongé avec un réalisateur moins brillant. Voilà un film dont il faut savoir se laisser imprégner en oubliant l’espace de deux heures ses références occidentales. Le cinéma de Wong Kar-wai est à la frontière entre ces deux mondes et il n’en est que plus riche.

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :
Production : Jet Tone Films, Sil-Metropole Organisation, Block 2 Pictures, Bona International Film Group
Distribution : Wild Bunch Distribution
Réalisation : Wong Kar Wai
Scénario : Wong Kar Wai
Montage : William Chang
Photo : Philippe Le Sourd
Format : 35 mm
Décors : William Chang Suk Ping, Alfred Yau Wai Ming
Musique : Shigeru Umebayashi
Durée : 120 mn

Casting :
Tony Leung : Ip Man
Zhang Ziyi : Gong Er
Chang Chen : The Razor
Zhao Benshan : Ding Lianshan
Xiao Shengyang : San Jiang Shui
Song Hye Koye : Zhang Yongcheng
Zhang Jin : Ma San
Lo Hoi Pang : Oncle Deng
Wang Qingxiang : Maître Gong Baosen

PROMISED LAND, LE TEMPS DE L’AVENTURE : Leçons de cinéma

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promisedlandafficheIl y une dizaine de jours, j’ai pu assisté une double leçon de cinéma. La première, avec Promised Land, était une illustration magistrale… de ce qui ne faut pas faire. Ceux qui comparent ce film avec Erin Brokovich devrait revoir le film de Steven Soderbergh avant de lui faire ainsi injure. En effet, le scénario apparaît pendant plus d’une heure complètement cousu de fil blanc et on ne doute pas une seule seconde d’où tout cela va nous amener. Puis viens quand même un vrai rebondissement, une surprise que je n’ai pas venu venir. Le souci ? C’est qu’on arrive quand même à la conclusion attendue, sans en avoir dévié le moins du monde. Bref, la pertinence de la cause défendue par ce film ne peut faire oublier la médiocrité du scénario.

Pendant une petite heure, Le Temps de l’Aventure représente lui aussi une vraie leçon de cinéma. Le thème du cours : comment raconter une histoire rien qu’en filmant les personnages, leurs expressions et leurs regards ? Une démonstration magistrale de la manière dont l’image joue par elle-même un rôle central dans le 7ème art, au-delà du scénario et des dialogues qui peuvent se décliner au théâtre ou dans un livre. Mais jamais le film ne devient purement contemplatif (il y a bien des dialogues, je vous rassure), car cette splendide mise en scène contribue au contraire à créer une vraie tension narrative et un vrai suspense.

letempsdelaventureafficheLa dernière partie de Le Temps de l’Aventure est par contre plus délicate. Une fois que les amants ont consommé, il est vrai que Jérôme Bonnell a quelque peu épuisé son sujet. Alors il meuble jusqu’à atteindre une durée de long métrage. Il nous offre notamment une scène chez la sœur de l’héroïne très drôle, mais dont on se demande ce qu’elle vient faire là et quel est le rapport avec le sujet. L’intensité retombe donc un peu, mais jamais on ne s’ennuie car la tension née auparavant ne disparaît jamais complètement jusqu’à un dénouement qui reste incertain jusqu’au bout.

Et puis, Le Temps de l’Aventure constitue une occasion d’admirer tout le talent d’Emmanuelle Devos. Rien que pour ça, passer 105 minutes dans une salle obscure se justifie pleinement tant son talent et sa justesse sont époustouflants.

LES NOTES :
Promised Land : 9/20
Le Temps de l’Aventure : 13/20

PROMISED LAND
Fiche technique :
Production : Focus Features, Imagenation Abu Dhabi, Participant Media, Pearl Street Films
Distribution : Mars distribution
Réalisation : Gus Van Sant
Scénario : Matt Damon, John Krasinski, d’après une histoire de Dave Eggers
Montage : Billy Rich
Photo : Linus Sandgren
Décors : Daniel B. Clancy
Musique : Danny Elfman
Durée : 106 mn

Casting :
Matt Damon : Steve Butler
Frances McDormand : Sue Thomason
Rosemarie DeWitt : Alice
John Karisnski : Dustin Noble
Hal Holbrook : Frank Yates
Lucas Black : Paul Geary
Scott McNairy : Jeff Dennons

LE TEMPS DE L’AVENTURE
Fiche technique :
Réalisation : Jérôme Bonnell
Scénario : Jérôme Bonnell
Photographie : Pascal Lagriffoul
Son : Laurent Benaïm, Julie Brenta, Emmanuel Croset
Montage : Julie Dupré
Musique : Antonio Vivaldi, Giuseppe Verdi
Décors : Anne Bachala
Costumes : Carole Gérard
Producteur : Édouard Weil
Durée : 105 minutes

Casting :
Emmanuelle Devos : Alix
Gabriel Byrne : L’homme
Gilles Privat : Rodolphe
Aurélia Petit : Diane
Laurent Capelluto : Olivier
Françoise Lebrun : La mère (voix)
Denis Ménochet : Antoine (voix)
Sébastien Pouderoux : Jeune homme casting
Olivier Broche : L’administrateur de la troupe

MARIAGE A L’ANGLAISE, PERFECT MOTHERS, 11.6 : De la beauté des rides au coin des yeux

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mariagealanglaiseaffichePetit retour sur ma journée ciné du week-end dernier, avec trois films assez différents, aussi bien au niveau de leur sujet, de leur nationalité, mais aussi il faut bien l’avouer de leur qualité.

Commençons par Mariage à l’Anglaise, une sorte d’anti-comédie romantique britannique. S’il nous propose dix dernières minutes plutôt originales et réussies, le résultat est plutôt décevant. Faute à un couple de personnages principaux assez insupportable, entre une femme chaleureuse comme une porte de prison et un mari franchement lourd. Du coup, on comprend très bien pourquoi les sentiments de l’autre s’érode, mais on a bien du mal à s’attacher à eux et se passionner réellement pour leurs problèmes matrimoniaux. Rose Byrne est peut-être une très bonne actrice de série, mais le grand écran fait apparaître clairement les limites de son talent. Heureusement, le duo formé par Simon « The Mentalist » Baker et Anna Faris apporte un peu de charme à cette comédie globalement moyenne.

perfectmothersaffichePerfect Mothers est une production frano-australienne, réalisée par Anne Fontaine, la réalisatrice de Nettoyage à Sec ou encore Coco avant Chanel. L’histoire assez improbable de deux amies d’enfance, quadragénaires, qui se retrouvent chacune à vivre une histoire d’amour avec le fils de 20 ans de l’autre. Mais le film fonctionne cependant grâce à deux choses. Déjà le scénario qui semble pourtant dans un premier temps nous emmener vers une fin prévisible, avant de nous surprendre. Ce genre d’histoire repose en grande partie sur la qualité de sa conclusion et le film aurait été franchement raté si elle n’avait pas été convaincante. Et puis, la seconde raison pour aller voir Perfect Mothers s’appelle Naomi Watts. Une grande, une très grande actrice qui a la bonne idée d’assumer son âge et les rides qui commencent à se former au coin de ses yeux. Elle éclabousse le film de sa classe, de son talent, de son charisme et de sa beauté ! Puisqu’on est en Australie, je dirai que Naomi Watts, c’est Nicole Kidman, sans les liftings.

116Enfin, 11,6 nous raconte l’histoire de Toni Musulin, convoyeur de fonds, qui a défrayé la chronique en 2009, en dérobant 11,6 millions d’euros, dont une partie n’a toujours pas été retrouvée, alors que l’homme purge sa peine de 5 ans de prison. Bien sûr, le film ne nous dira pas où est passé l’argent, mais il dresse un portrait convaincant (même s’il est forcément romancé) de cet homme, que certains ont voulu comparer à Robin des Bois. Il y avait de quoi en faire un personnage de cinéma. Le petit soucis tient à l’histoire déjà connue, qui peine à créer une réelle tension narrative. Du coup, le résultat est un tantinet contemplatif, mais pas inintéressant et plutôt bien foutu. Et puis, François Cluzet démontre une nouvelle fois l’étendu de son talent.

LES NOTES :
MARIAGE A L’ANGLAISE : 09/20
PERFECT MOTHERS : 13,5/20
11.6 : 12/20

MARIAGE A L’ANGLAISE
Fiche technique :
Production : StudioCanal, ACE, Starcrossed Films, Paradis films, TF1 Film production, Working Title Films, LoveFilm International
Distribution : StudioCanal
Réalisation : Dan Mazer
Scénario : Dan Mazer
Montage : Tony Cranstoun
Photo : Ben Davis
Décors : Simon Elliott
Musique : Ilan Eshkeri
Durée : 97 mn

Casting :

Rose Byrne : Nat
Rafe Spall : Josh
Minnie Driver : Naomi
Anna Faris : Chloe
Simon Baker : Guy
Olivia Colman : Linda

PERFECT MOTHERS
Fiche technique :
Production : Gaumont, Mon voisin productions, Hopscotch Features, Screen Australian Ciné@
Distribution : Gaumont distribution
Réalisation : Anne Fontaine
Scénario : Christopher Hampton, d’après le roman de Doris Lessing
Montage : Luc Barnier, Veinwen Berry
Photo : Christophe Beaucarne
Décors : Annie Beauchamp, Steven Jones-Evans
Musique : Christopher Gordon
Costumes : Joanna Park
Durée : 100 mn

Casting :
Robin Wright : Roz
Naomi Watts : Lil
Ben Mendelsohn : Harold
Xavier Samuel : Ian
James Frecheville : Tom
Sophie Lowe : Hannah

11.6
Fiche technique :
Réalisation : Philippe Godeau
Scénario : Agnès de Sacy et Philippe Godeau, d’après l’œuvre Toni 11,6 : Histoire du convoyeur d’Alice Géraud-Arfi
Décors : Thérèse Ripaud
Costumes : Nathalie du Roscoat
Photographie : Michel Amathieu
Son : Jean-Pierre Duret, Stanislas Moreau et Jean-Paul Hurier
Montage : Thierry Derocles
Durée : 102 minutes

Casting :
François Cluzet : Toni Musulin
Bouli Lanners : Arnaud, convoyeur collègue de Toni
Corinne Masiero : Marion, la compagne de Toni
Juana Acosta : Natalia, la guide de haute montagne, italienne
Johan Libéreau : Viktor
Mireille Franchino : Svetlana
Stephan Wojtowicz : le directeur d’IBRIS
Jean-Claude Lecas : Lepoivron
Éric Bernard : Nabil
Karim Leklou : Bruno Morales

JACK LE CHASSEUR DE GEANTS et CLOUD ATLAS : Un spectateur sous influence

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jacklechasseurdegeantsafficheEn fait, je suis quelqu’un de très influençable. J’avais pourtant décidé de ne pas aller voir ni Jack le Chasseur de Géants, ni Cloud Atlas. Et puis, à force de croiser des gens qui les avaient bien aimés (enfin surtout le second), j’ai fini par me laisser convaincre, sans beaucoup de résistance il faut bien l’avouer. Je ne regrette finalement pas d’avoir suivi le mouvement, puisque j’ai passé deux bons moments. Enfin, un meilleur que l’autre quand même.

Si finalement j’ai surmonté les mauvaises critiques presse à propos de Jack le Chasseur de Géants, c’est que j’avais du mal à croire qu’un réalisateur comme Bryan Singer puisse vraiment réaliser une daube absolue. Quand on a à sa filmographie Usual Suspects, on ne peut quand même nous livrer un navet au scénario sans intérêt. Et pourtant… Bon allez, je peux dire que j’ai bien aimé, dans le sens où je ne me suis pas ennuyé une seule minute devant ce divertissement basique, mais tout de même très efficace et consensuel. Mais de la part d’un cinéaste de ce calibre, le manque d’épaisseur de l’intrigue et des personnages constitue tout de même un motif de réelle déception. N’importe quelle réalisateur-carpette à la solde des studios auraient pu signer une telle production qui atteint son but, mais ne dépasse pas du moindre millimètre son statut de pur entertainment pour empiéter sur le terrain de la création artistique.

cloudatlasafficheCloud Atlas a confirmé ce que je pensais de la famille Wachowski (on ne peut plus dire les frères depuis qu’un des deux est désormais une femme…) : beaucoup d’ambition, mais pas tout à fait le talent pour en être à la hauteur. Parti, comme ça, on peut avoir l’impression que je vais dire du mal de ce film. Mais il serait injuste de ma part de critiquer trop vertement un film de près de 3 heures devant lequel je ne me suis absolument jamais ennuyé. 3h c’est pourtant long, mais malgré les faiblesses du scénario, parcouru d’une philosophie mystique obscure, on reste quand même relativement fasciné par cette œuvre originale.

6 histoires en parallèle qui nous emmène du XIXème siècle à un futur a priori lointain, voilà qui pourrait perdre le spectateur. Mais la narration reste toujours claire et d’une qualité assez homogène. On peut parfois s’interroger sur le lien entre les différents fils narratifs, mais on les suit tous avec un réel intérêt. La maîtrise des Wachowski est très imparfaite, mais ils arrivent parfaitement à faire naître une curiosité constante chez le spectateur. Et l’idée de faire intervenir les mêmes acteurs dans chacune des histoires, dans des rôles et des apparences très différentes, est au final un tout petit peu plus qu’un gadget pour cinéphiles. Mention particulière à Hugh Grant en barbare du futur, impossible à reconnaître. Heureusement, l’excellent générique de fin nous présente tous les rôles endossés par chacun des acteurs et le surprises sont nombreuses.

cloudatlasCloud Atlas est la preuve qu’avec de la créativité, de l’énergie et de la foi dans ce qu’on fait (ce qui est incontestablement le cas des Wachowski), on arrive à compenser des petites faiblesses que mépriseraient bien des artistes reconnus mais qui n’inventent plus rien.

JACK, LE CHASSEUR DE GEANTS
Fiche technique :
Production : Warner Bros. Pictures, New Line Cinema, Legendary Pictures, Bad Hat Harry Productions, Original Films
Distribution : Warner Bros. France
Réalisation : Bryan Singer
Scénario : Darren Lemke, Christopher McQuarrie, Dan Studney
Montage : John Ottman, Bob Ducsay
Photo : Newton Thomas Sigel
Décors : Gavin Bocquet
Musique : John Ottman
Effets spéciaux : Hoyt Yeatman
Durée : 110 mn
Casting :
Stanley Tucci : Roderick
Ewan McGregor : Elmont
Eleanor Tomlinson : Isabelle
Nicholas Hoult : Jack
Ian McShane : Le roi
Eddie Marsan : Crawe

CLOUD ATLAS
Fiche technique :
Production : Cloud Atlas prod., X-Filme Creative, Anarchos Pictures, ARD Degeto Film, Ascension Pictures, Five Drops, Media Asia Grou
Distribution : Warner Bros France
Réalisation : Tom Tykwer, Andy Wachowski, Lana Wachowski
Scénario : Tom Tykwer, Andy Wachowski, Lana Wachowski, d’après le roman de David Mitchell
Montage : Alexander Berner
Photo : Frank Griebe, John Toll
Décors : Hugh Bateup, Uli Hanisch
Musique : Reinhold Heil, Johnny Klimek, Tom Tykwer
Durée : 172 mn
Casting :
Tom Hanks : Dr Henry Goose, Isaac Sachs, Dermot Hoggins, Zachry
Halle Berry : Jocasta Ayrs, Luisa Rey, Ovid, Meronym
Jim Broadbent : Capitaine Molyneux, Vyvyan Ayrs, Timothy Cavendish
Hugo Weaving : Haskell Moore, Bill Smoke, Boardman Mephi
Jim Sturgess : Adam Ewing, Highlander, Hae-Joo Chang
Doona Bae : Tilda, Sonmi 451
Ben Whishaw : Robert Frobisher
Keith Dabid : Joe Napier
James D’Arcy : Rufus Sixsmith

QUARTET : Comme le bon vin

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quartetafficheQuand on a eu la carrière de Dustin Hoffman, qu’on a 75 ans, on pourrait choisir de vivre de ses rentes une retraite paisible. Mais le démon qui habite les artistes n’est jamais du genre à faire la sieste. Le voilà donc à se lancer dans la réalisation avec un premier film, Quartet, qui nous parle justement d’une maison de retraite pour artistes. Certes, il s’agit ici de musiciens, mais on peut penser qu’il y raconte largement une part de son propre ressenti vis-à-vis de l’âge qui avance inexorablement.

Dustin Hoffman a été une immense star hollywoodienne, mais c’est en Angleterre qu’il réalise son premier film, pour y gagner de la liberté artistique. Quartet constitue d’ailleurs une synthèse étonnante entre les deux rives de l’Atlantique. On assiste à une comédie des mœurs très européennes, avec quelques touches de politiquement incorrect, mais qui nous offre quelques passages typiquement hollywoodiens. On retiendra notamment le speech de la directrice de l’établissement, juste avant que le récital, typique des tirades moralisatrices et pleines de bons sentiments qui peuplent le cinéma d’outre-Atlantique.

quartetIl en résulte un film plaisant, drôle, fantaisiste et léger. Heureusement que la vieillesse au cinéma n’est pas représentée que par des films comme Amour. Quartet n’est peut-être pas l’œuvre d’un grand réalisateur (en tout cas pas à la hauteur de ce que représente Dustin Hoffman en tant qu’acteur), mais celle d’un artiste qui connaît assez le cinéma pour maîtriser son sujet dès son premier essai.

Fiche technique :
Production : Headline Pictures, BBC Films, DCM productions, Finola Dwyer productions
Distribution : Pyramide distribution
Réalisation : Dustin Hoffman
Scénario : Ronald Harwood, d’après sa propre pièce
Montage : Barney Pilling
Photo : John De Borman
Décors : Andrew McAlpine
Musique : Dario Marianelli
Durée : 98 mn

Casting :
Maggie Smith : Jean Horton
Tom Courtenay : Reginald Paget
Bill Connolly : Wilf Bond
Pauline Collins : Cissy Robson
Micahel Gambon : Cedric Livingston

EFFETS SECONDAIRES : Beaucoup mais pas trop

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effetssecondairesafficheSteven Soderbergh a du talent et cela tombe bien puisqu’il aime nous en faire part parfois jusqu’à deux fois par an. Rarement un réalisateur n’aura été aussi prolifique. Après deux films à l’été 2012, le revoilà déjà avec un nouveau long métrage, Effets Secondaires. Ce n’est plus de productivité, c’est du travail à la chaîne ! Mais le plus incroyable est qu’il arrive à tenir le rythme, puisqu’il nous propose une nouvelle fois un très bon polar, filmé avec son élégance incomparable.

Effets Secondaires se démarque avant tout par un scénario très solide. Alors certes, le rebondissement principal est fort prévisible. Soderbergh ne cherche d’ailleurs pas vraiment à le cacher. Il n’y a donc pas ce suspense artificiel qui a envahi nos écrans, transformés en concours de renversement de situation. Le film se concentre sur les conséquences de cette fausse surprise, sur les rapports entre les personnages et ce à quoi tout cela va aboutir. Pas d’esbroufe donc, mais une intrigue parfaite maîtrisée qui nous amène au bout des 1h40 sans que notre intérêt n’ait une seule seconde faibli.

effetssecondairesAvec un scénario de cette qualité, Effets Secondaires ne pouvait qu’être une réussite. Car la caméra de Steven Soderbergh reste une des plus affutée d’Hollywood. C’est juste beau, sans effets spectaculaires, mais avec un formidable sens de la mise en scène et de la photographie. Bref, beaucoup de talent. Du coup, les acteurs ont envie de tourner avec lui, ce qui lui permet de nous proposer un casting une nouvelle fois de très très haut niveau : Jude Law, Catherine Zeta-Jones (aaaaaaaaaaah Catherine), Rooney Mara (la Lisbeth Salander de David Fincher) et Channing Tatum, qui semble avoir supplanté Benicio Del Toro en tant que chouchou du réalisateur.

Steven Soderbergh tourne beaucoup, pour ne pas dire énormément. Mais tant qu’il nous proposera des films de la qualité de Effets Secondaires, on ne pourra pas dire qu’il tourne trop.

Fiche technique :
Production : Di Bonaventura Pictures, Endgame Entertainment
Distribution : ARP Sélection
Réalisation : Steven Soderbergh
Scénario : Scott Z. Burns
Montage : Steven Soderbergh
Photo : Steven Soderbergh
Décors : Howard Cummings
Musique : Thomas Newman
Costumes : Susan Lyall
Durée : 106 mn

Casting :
Rooney Mara : Emily Taylor
Jude Law : Jonathan Banks
Catherine Zeta-Jones : Dr Victoria Siebert
Channing Tatum : Martin Taylor
Vinessa Shaw : Dierdre Banks

LA CITE ROSE : La banlieue qui sourit… mais pas trop non plus

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laciteroseafficheParler de la banlieue est un exercice difficile car on est vite tiraillé entre plusieurs visions. On peut la décrire comme sombre en se focalisant sur une réalité sociale parfois très dure, comme dans la Haine. Ou alors à l’inverse, on peut essayer de démythifier par l’humour ces lieux qui sont avant tout vivants et remplis de potentialités, comme dans les Kaïras ou les Lascars. La Cité Rose nous offre une synthèse plutôt réussie de ces différents points de vue.

Certes, la Cité Rose nous offre une galerie de personnages tirant quasiment sur le cliché : le dealer très méchant, le jeune qui veut s’en sortir et l’ado tiraillé entre les deux. Mais la force de ce film est d’avoir su ne pas aller trop loin. Certes les protagonistes ne sont en rien inattendus, mais au moins sont-ils crédibles. Du coup, le propos arrive à être relativement convaincant. Certes, il y a une morale à la fin, mais pas d’optimisme béat, ni de pessimisme excessif.

laciteroseLa Cité est porté par une réalisation efficace, à défaut d’être brillante. Le film nous propose la découverte d’un univers et d’un quotidien, mais tout cela se greffe sur une intrigue qui sait avancer quand il faut pour nous préserver de l’ennui. Ce n’est certainement pas un film coup de poing, comme celui de Matthieu Kassowitz en son temps, mais le reflet d’une réalité sociale. Un reflet un rien romancé peut-être, mais certainement pas infidèle.

 
Fiche technique :
Réalisation : Julien Abraham
Scénario : Jimmy Laporal-Trésor, Zackarya Dk et Julien Abraham
Directeur de la photographie: Julien Meurice
Montage : Scott Stevenson
Ingénieur du son: Olivier Le Vacon
Compositeur: Laurent Casano
Mixage et montage son: Lionel Guenoun
Superviseur musical: Pascal Mayer
Chef décoratrice: Eva Van Haastrecht
Costume : Anne-Marie Giacalone
Durée : 97 minutes
 
Casting :
Azize Diabaté Abdoulaye: Mitraillette
Idrissa Diabaté : Isma Khomassi
Ibrahim Koma : Djibril Khomassi
Ismael Ouazzani : La Crête
Juliette Lamboley : Lola
Anaïs Bégué : Océane
David Ribeiro : Narcisse
Steve Tran : Manu
Neva Kehouane : France-Lise Trésor
Diouc Koma : Cheveux
Marie-Philomène Nga : Mariama Khomassi

LES AMANTS PASSAGERS, WARM BODIES, GI-JOE 2 : CONSPIRATION : Soirée légère

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lesamantspassagersafficheMa soirée cinématographique de vendredi soir a été placée sous le signe de la légèreté, ou du moins disons qu’elle ne m’a pas trop coûté de neurones. Elle a débuté par la fantaisie aérienne signée par Pedro Almodovar, les Amants Passagers. Une comédie assez loufoque, à base de marivaudages multiples, aussi bien hétéro qu’homosexuels, mettant en scène diverses personnages dans l’espace assez confiné de la classe affaire d’un vol Madrid-Mexico.

Bon, je dois bien l’avouer, j’ai trouvé ce film ni vraiment drôle, ni vraiment intéressant. Les histoires croisées sont forcément inégales, mais aucune d’entre elles ne m’a vraiment permis de rentrer dans l’avion avec les protagonistes. Les Amants Passagers joue clairement la carte de l’humour décalé, mais on est très loin de la qualité d’un Femmes Au Bord de la Crise de Nerf. Visiblement, avec les années, Pedro Almodovar a oublié comment faire une vraie et bonne pure comédie. Le film nous réserve heureusement trois minutes de pur bonheur, le temps d’une chorégraphie sur I’m so Excited de The Pointer Sisters. Mais il nous laisse quand même globalement une impression d’un cinéaste qui n’a pas réussi à puiser ailleurs que dans son propre univers et ses propres obsessions (sexuelles en particulier) pour une quasi auto-parodie ratée.

warmbodiesafficheLa soirée s’est poursuivie avec Warm Bodies. Bon, je n’avais pas franchement prévu de le voir, mais pour avoir croisé des gens l’ayant quand même apprécié et puisque les horaires collaient, j’ai donc fini par y aller. Comédie romantique adolescente sympathique et presque originale, puisqu’elle concerne une humaine et un zombi. Dommage cependant que tout cela reste si gentillet et premier degré et n’exploite pas pleinement les possibilités offertes par un pitch qui aurait pu conduire facilement au politiquement incorrect. Il n’y a qu’à voir le physique de l’héroïne, désespérément blonde et à la dentition parfaite. N’attendez pas d’allusions sexuelles ou de blagues grivoises, tout cela reste dans le divertissement familial typiquement hollywoodien, avec bons senteiments et happy-end pour finir. Cependant, le film fonctionne incontestablement bien et on passe tout de même un bon moment.

 
gijoe2afficheEnfin, tout cela s’est terminé avec GI-Joe 2 : Conspiration. Là, on est vraiment dans la madeleine de Proust, me replongeant dans les milliers d’heures que j’ai passé dans mon enfance à jouer avec ces figurines. Si le premier volet avait été assez basique, au moins réservait-il quelques passages sympas, dont une belle poursuite dans Paris se terminant par la destruction de la Tour Effeil. Ici, en plus d’un scénario sans aucun intérêt, ni réels rebondissements, on n’a même pas de vrai moment de bravoure, à part peut-être quelques secondes où on assiste à la destruction de Londres (et oui, chacun son tour !). Cette nouvelle production Hasbro prend donc le même chemin que la franchise Transformers. Après avoir épuisé le peu de bonnes idées dans un premier volet se laissant regarder avec plaisir, les suites s’annoncent nombreuses et sans aucun intérêt. Mais bon, que ne ferait-on pas pour replonger en enfance le temps d’un film ?
 
LES AMANTS PASSAGERS
 
Fiche technique :
Production : Ek Deseo S.A.
Distribution : Pathé distribution
Réalisation : Pedro Almodovar
Scénario : Pedro Almodovar
Montage : José Salcedo
Photo : José Luis Alcaine
Décors : Antxon Gomez
Musique : Alberto Iglesias
Costumes : David Delfin
Durée : 90 mn
 
Casting :
Javier Camara : Joserra
Lola Duenas : Bruna
Cecilia Roth : Norma Boss
Carlos Areces : Fajas
Raul Arevalo : Ulloa
Hugo Silva : Benito Moron
Antonio de la Torre : Alex Acero
Paz Vega : Alba
Penelope Cruz : Jessica
Antonio Banderas : Leon
 
WARM BODIES
 
Fiche technique :
Production : Summit Entertainment, Make Movies, Mandeviu
Distribution : Metropolitan Filmexport
Réalisation : Jonathan Levine
Scénario : Jonathan Levine, d’après le roman d’Isaac Marion
Montage : Nancy Richardson
Photo : Javier Aguirresarobe
Décors : Martin Whist
Musique : Marco Beltrami, Buck Sanders
Durée : 98 mn
 
Casting :
Nicholas Hoult : R
Teresa Palmer : Julie
Analeigh Tipton : Nora
Rob Corddry : M
Dave Franco : Perry
John Malkovich : Grigio
 
GI-JOE 2 : CONSPIRATION
 
Fiche technique :
Production : Paramount pictures, MGM, Hasbro, Skydance productions, Di Bonaventura Pictures
Distribution : Paramount Pictures France
Réalisation : Jon M. Chu
Scénario : Rhett Reese, Paul Wernick
Montage : Roger Barton, Jim May
Photo : Stephen Windon
Décors : Andrew Menzies
Musique : Henry Jackman
Costumes : Louise Mingenbach
Durée : 110 mn
 
Casting :
Dwayne Johnson : Roadblock
Jonathan Pruce : le président
Byung-hun Lee : Storm Shadow
Elodue Yung : Jinx
Channing Tatum : Duke
RZA : Blinde Master
Bruce Willis : General Joe Colton
Ray Stevenson : Firefly