
Le premier tiers du Test laisse effectivement penser que le seul propos de ce film est de faire rire le spectateur, sans forcément se révéler d’une grande finesse. On peut alors commencer à se dire qu’on n’en aura pas pour notre argent. Les situations sont certes amusantes, mais on ne rit pas non plus aux éclats toutes les trente secondes. Mais peu à peu, on comprend aussi que le scénario nous parle aussi de bien d’autres choses. La crise de la quarantaine, l’adolescence, le désir et l’amour face au temps qui passe… Des propos qui sont amenés avec plus de subtilité et de profondeur qu’attendues et qui, si on est près à accepter ce changement de pied, fait naître un intérêt nouveau chez le spectateur.
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Cette année, j’ai pris un terrible risque. Oui, je suis un peu fou parfois… Bon OK, il n’était pas si terrible que cela. J’ai juste établi mon classement de l’année avant de voir tous les films de 2021 que je souhaitais rajouter à ma culture. Ainsi, j’ai vu Belle assez tardivement et je ne l’ai pas regretté. La question qui reste en suspens est de savoir s’il s’est montré suffisamment bon pour intégrer ce club très privé. Réponse dans quelques lignes. J’espère que vous survivrez à ce suspense insoutenable. En tout cas, mon absence de regret démontre d’ors et déjà de nombreuses qualités.
Paul Thomas Anderson n’est pas le réalisateur le plus prolifique qui soit. 9 films en 25 ans de carrière. Mais aucun de ses films n’est totalement anodin. Il fait surtout partie de ces cinéastes qui auront offert des œuvres extrêmement différentes avec la même maestria. Pas grand chose de commun entre Punch-Drunk Love et There Will Be Blood, ses deux films qui m’ont le plus marqué. Licorice Pizza ne ressemble à nouveau à aucun de ses films précédents. Une comédie pseudo-romantique pseudo-adolescente merveilleusement bien réalisée et pleine de jolies surprises.
A première vue, cela ressemble à un coup de tête. A 11h, le jeudi 13 janvier 2022, je ne m’imaginais pas quitter le Parti Socialiste. A midi, j’avais claqué la porte. Avec trois jours de recul, je sais que j’ai pris la bonne décision, parce que le soulagement surpasse de loin le doute. Rarement l’expression « la goutte d’eau qui fait déborder le vase » n’aura semblé si bien adaptée pour décrire une situation. Car tout cela vient de loin.
Le cinéma français n’échappe pas toujours à ses propres clichés, on vient de le voir avec Tromperie. Heureusement, c’est parfois le cas. Avec le sexe, les thèmes sociaux sont souvent prisés par les films hexagonaux, mais avec une fâcheuse tendance à un misérabilisme parfois un insupportable. Heureusement, certains films parviennent à échapper à ce travers fâcheux. C’est par exemple le cas de Mes Frères et Moi, dont les bases pouvaient pourtant faire craindre le pire. Mais le talent de Yohan Manca est suffisamment affirmé dès son premier film pour échapper à tous les pièges.
Les mauvaises langues véhiculent le cliché que les films français racontent quasiment exclusivement des histoires de culs entre intellectuels bourgeois. Et comme tous les clichés, il y a un fond de vrai… Tromperie, le nouveau film d’Arnaud Desplechin répond parfaitement à la définition énoncée plus haut. Certes, il s’agit de l’adaptation d’un roman américain, mais si c’est au final un Français qui l’a porté à l’écran, ce n’est sans doute pas pour rien. Après, il n’est pas certain que ce film réconcilient les mauvaises langues avec le cinéma français.
Quand on manque d’idée pour une nouvelle suite, il reste toujours la possibilité de proposer un prequel. C’est facile, c’est pas cher (enfin tout dépend du budget quand même) et ça peut rapporter gros au box-office. Bon, je ne suis pas certain que The King’s Man : Première Mission batte des records d’audience, mais ne doutons pas les producteurs rentreront dans leurs frais. Non que les qualités de ce film vaille de faire un grand détour, mais le marketing et l’envie des amateurs de la franchise assureront un minimum de public. La preuve, j’y suis allé…
Le cinéma américain possède une capacité unique de transformer les blessures les plus fraîches en scénario. On peut trouver ça parfois un rien indécent, mais cela vaut sans doute mieux que laisser les choses s’enfouir dans le sable pour être oubliée, comme on le fait parfois chez nous. Surtout quand le résultat est de la qualité de The Card Counter. Un film dont le vrai sujet met du temps à se dévoiler, mais qui sera traité avec beaucoup de force. Paul Schrader signe là un film magnifique après plus de 40 ans d’une carrière qui n’en compte pas beaucoup. Comme quoi, le talent peut mettre bien du temps à avant de s’exprimer pleinement.
Maintenir un maximum de temps le spectateur dans le flou est un jeu dangereux, mais qui peut rapporter gros. Dangereux car cela peut empêcher celui-ci de rentrer dans une histoire dont il ne comprend pas les tenants et les aboutissants. Mais à l’inverse, cela peut aiguiser sa curiosité et le pousser à suivre avec un maximum d’implication une histoire dont il brûle de connaître la vraie nature. Antoine Barraud a pris ce risque avec Madeleine Collins, un film qui s’ouvre sur une longue séquence dont on attendra longtemps de comprendre quel est le rapport avec le reste. Mais ici, le pari est totalement réussi.
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