
Michael Llodra aura passé un drôle de week-end. Samedi, il était un héros, après le point du double acquis au bout d’un match au scénario renversant. Un moment comme seul le tennis peut en proposer. Un vrai match de Coupe Davis où chacun des acteurs se bat avec acharnement sur chaque point, l’enjeu dépassant largement sa propre réussite personnelle. Cette « magie » propre à cette compétition a souvent profité à l’Equipe de France. Cette fois, elle a précipité sa défaite.
Aujourd’hui, Michael Llodra a connu ce que Paul-Henri Mathieu a vécu il y’a 8 ans. Cette impression d’avoir failli à son devoir et de ne pas avoir été à la hauteur du maillot que l’on porte. Mais dans une proportion sans commune mesure. Il n’y a pas eu de match, Michael Llordra s’est fait laminer par un joueur pourtant censé être inférieur. Certes, Viktro Troicki s’est porté à un niveau qu’il n’avait jamais encore atteint. Cependant, cela n’explique pas tout. Il suffit de regarder les statistiques au service pour voir que Michael Llodra a tout simplement livré une performance indigne d’une finale de Coupe Davis. Il a gravement failli et la belle victoire de la veille ne pourra effacer ce constat.
C’est d’autant plus difficile à supporter que la France possède un réservoir de joueurs de haut niveau comme il n’en a jamais connu auparavant. Si sa présence régulièrement en finale de Coupe Davis a souvent tenu du miracle, désormais, elle est nettement plus logique. Du coup, il serait tentant de jeter la pierre au capitaine, Guy Forget. Le choix de Michael Llodra pour le match décisif s’est révélé être une erreur fatale. Il a donc une lourde part de responsabilité dans la défaite.
Evidemment, il est facile de dire tout cela a posteriori. Espérons que l’histoire retiendra surtout la victoire largement méritée de la Serbie. Même s’il avait évolué à son meilleur niveau, rien ne prouve que Michael Llodra aurait pu battre un Viktor Troicki marchant sur l’eau. Ah par contre, si Jo-Wilfried Tsonga n’avait pas été blessé…

Le second défi consistait dans l’écriture d’un scénario qui nous offre assez de rebondissements pour maintenir l’intérêt du spectateur du bout en bout. C’était sans doute là la clé qui pouvait faire basculer Buried d’un côté ou de l’autre de la réussite. Sans être génial dans son contenu, le scénario déploie assez d’intelligence pour que le challenge soit parfaitement relevé. Son plus grand mérite réside dans sa capacité à faire monter la pression peu à peu jusqu’à un final de toute beauté. Cette histoire n’était sûrement pas facile à conclure et une fin ratée aurait pu tout gâcher. Heureusement, il n’en est rien, bien au contraire.


Plus généralement, la principale limite de Le Nom des Gens réside dans son inégalité. Que ce soit dans l’humour ou la réflexion, il recèle quelques moments un peu faibles. Oh rien de bien méchant, ni de bien long surtout, rien qui ne gâte réellement le plaisir, mais juste assez pour ne pas classer ce film parmi les petits chef-d’œuvres. Il reste un film remarquable, bourré de qualités vraiment rares, mais il manque un petit je ne sais quoi pour en faire véritablement un film culte.
On pourra aussi reprocher à Inside Job un certain angélisme quand il aborde les mesures prises par l’Union Européenne en termes de régulation financière, qui ne sont pas, contrairement à ce qui est dit, spectaculairement plus poussées que le plan de Barack Obama. C’est un point de détail certes, mais qui montre que quoi que l’on fasse, un tel sujet ne peut être traité sans au moins une petite part de subjectivité. Cependant, Inside Job laisse la parole à toutes les parties qui exposent leur point de vue en tout liberté. Après, quand on les titille un peu, parfois, le masque tombe, mais non ne va pas non plus reprocher aux auteurs d’avoir fait ce que devrait faire tout journaliste digne de ce nom. 

Date Limite, comme tout film de ce type, repose énormément sur ses deux acteurs principaux. Et là encore, le bilan n’est pas homogène. En effet, Robert Downey Jr se contente vraiment du minimum, usant et abusant de son charme naturel, sans vraiment avoir l’air de trop fatiguer son talent. Du coup, il a bien du mal à donner l’ampleur à son personnage que Tood Philipps semblait souhaiter. A l’inverse, Zach Galifanakis s’en donne à cœur joie. Du coup, certains pourront dire qu’il en fait peut-être un tantinet trop. Mais comme son compère lui laisse tout le champs libre, il aurait bien eu tort de s’en priver. L’un ne compense pas tout à fait l’autre, mais s’il avait été lui aussi un ton en dessous, ce film aurait été vraiment raté. 

C’est pour cela que je placerais vraiment Potiche parmi les meilleurs films de François Ozon. En effet, il véhicule réellement une opinion qui provient du plus profond des convictions du réalisateur. Alors bien sûr, il reste encore un tantinet ce côté très académique, mais au moins, on sent que le réalisateur s’est investi dans l’écriture de ce scénario, ce qui lui donne ainsi un côté assez personnel à ce film.
Commentaires récents