LES CHEVALIERS BLANCS : L’enfer est pavé…

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leschevaliersblancsafficheLes pires intentions peuvent se cacher sous les meilleurs qui soient. Ceci n’est pas qu’un peu de philosophie de bas étage, mais aussi une bonne façon d’introduire Les Chevaliers Blancs, un film inspiré de l’histoire rocambolesque de l’Arche de Zoé, une fausse ONG qui avait tenté de ramener des soit-disant orphelins tchadiens pour les confier à des familles françaises dans la plus totale illégalité. Un sujet qu’il n’était pas évident d’aborder avec la bonne distance. Joachim Lafosse y est plutôt bien parvenu.

Les Chevaliers Blancs nous rapportent des faits, nous présentent des personnages, mais sans les juger. Chaque spectateur pourra se faire sa propre opinion sur le caractère machiavélique ou non de chaque personnage. On peut les voir comme des idéalistes dépassés par leurs propres ambitions ou des faussaires sans aucun scrupule, manipulateur du début à la fin. La vérité se situe sûrement entre les deux, si tant est qu’une vérité existe dans ce genre d’histoire. Il s’agit là du grand mérite de ce film, mais aussi sa limite, car à être trop objectif, le film ne nous entraîne pas dans son point de vue. Beaucoup d’intérêt donc, mais pas d’enthousiasme.

leschevaliersblancsLes Chevaliers Blancs est également parfaitement réalisé. Les moyens ont été mis, la narration est efficace, même si elle a tendance à tourner un peu en rond à un moment donné, cela ne dure pas bien longtemps. Les acteurs sont parfaitement dirigés et le casting de très haut niveau est remarquablement valorisé. Je trouve par exemple que Vincent Lindon est ici réellement plus convaincant que dans La Loi du Marché, rôle pour lequel il a été pourtant considérablement encensé. En tout cas, le résultat final est un film solide, totalement maîtrisé et éclairant sur le sujet qu’il traite.

LA NOTE : 13,5/20

Fiche technique :
Production : Les films du Worso, Versus Production
Distribution : Le Pacte
Réalisation : Joachim Lafosse
Scénario : Joachim Lafosse, Bulle Decapentries, Thomas van Zuylen, d’après l’oeuvre de François-Xavier Pinte et Geoffroy d’Ursel
Montage : Sophie Vercruysse
Photo : Jean-François Hensgens
Son : Christophe Giovannoni
Musique : Sascha Ring
Directeur artistique : Jean-François Hensgens
Durée : 112 min

Casting :
Vincent Lindon : Jacques Arnault
Louise Bourgoin : Laura Turine, sa compagne
Valérie Donzelli : Françoise Dubois
Reda Kateb : Xavier Libert
Philippe Rebbot : Luc Debroux
Bintou Rimtobaye : l’interprète
Jean-Henri Compère : Roland Duchateau
Yannick Renier : Chris Laurent

CREED : L’HERITAGE DE ROCKY BALBOA : Uppercut nostalgique

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creedafficheLes suites à rallonge ne présagent généralement rien de bon. Fast and Furious 7 ? Sérieusement ? Mais certains personnages légendaires sont assez attachants pour que l’on ait jamais vraiment envie de les quitter. Rocky Balboa nous aura offert un premier volet il y a 40 ans récompensé par un Oscar puis des suites assez inégales. Il est cependant devenu un mythe cinématographique majeur. C’est avec une pointe de nostalgie que l’on va voir Creed, l’Héritage de Rocky Balboa. De la nostalgie et un peu indulgence.

Creed, l’Héritage de Rocky Balboa est un film sans aucune surprise. On est même plus proche du remake que de la suite. Mais le premier volet ayant été de loin le meilleur de la série, en se rapprochant de lui, le film se concentre sur l’essentiel et nous offre tout ce que l’on peut en attendre. Le plat sans le réchauffé mais garde une certaine saveur. On peut regretter cette absence totale de prise de risque scénaristique. Mais si elle nous empêche d’être réellement enthousiaste, elle nous préserve aussi de la déception.

creedCreed, l’Héritage de Rocky Balboa bénéficie enfin du caractère magique, pour ne pas dire miraculeux, de la boxe au cinéma. Le combat qui conclut le film est lui aussi sans surprise, aussi bien dans son déroulement que dans la forme. Mais il frappe tout de même le spectateur comme un uppercut. On ressort donc finalement avec cette petite pointe d’enthousiasme qui nous fait oublier que le reste du film n’avait pas du nous l’apporter. Et on garde une pensée émue pour ce Sylvester Stallone qui assume pleinement le poids des ans qui le frappe. Et avec cette vieillesse qui vient, c’est un peu de notre jeunesse qui s’en va.

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :
Production : MGM, New Line Cinema, Chartoff-Winkler prodictions
Distribution : Warner Bros France
Réalisation : Ryan Coogler
Scénario : Ryan Coogler, Aaron Covington, d’après les personnages créés par Sylvester Stallone
Montage : Claudia Castello, Michael P. Sawver
Photo : Maryse Alberti
Décors : Hannah Beachler
Musique : Ludwig Göransson, Gabe Hilfer
Durée : 134 mn

Casting :
Michael B. Jordan : Adonis Johnson
Sylvester Stallone : Rocky Balboa
Tessa Thompson : Bianca
Phylicia Rashad : Mary Anne Creed
Andre Ward : Danny Stuntman Wheeler
Ritchie Coster : Pete Sporino

LE GARCON ET LA BETE : Bonheur condensé

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legarconetlabeteafficheL’animation japonaise au cinéma ne se limite pas à Hayao Miyazaki et au studio Ghibli. Bien d’autres artistes nippons méritent de venir honorer nos grands écrans. Mamoru Hosoda fait partie de ceux-là. Il nous avait déjà livré Summer Wars et la Traversé du Temps entre autres que j’avais grandement appréciés. Le revoici avec le Garçon et la Bête. Un nouvel excellent film, encore meilleurs que les précédents.

Le Garçon et la Bête est un condensé des thèmes chers à l’animation japonaise. L’histoire est donc composé de beaucoup d’éléments déjà vus, mais sa richesse et le tout cohérent que forme ces inspirations variées offrent une réelle originalité au film. Un peu comme Star Wars en fait. Comme quoi l’art du recyclage constitue un art à part entière pouvant donner des œuvres singulières. L’intrigue se déroule sans que l’on puisse deviner où elle va nous conduire ensuite. On est donc happé par le récit, par son univers et les personnages. On pardonne donc aisément les bons sentiments un peu sirupeux qui viennent ça et là alourdir quelque peu l’histoire.

legarconetlabeteLe Garçon et la Bête démontre qu’une animation tout ce qu’il y a de plus classique a encore droit de cité sur nos grands écrans. Cela donne un côté vintage assez sympathique et rafraîchissant. Il n’y a pas le foisonnement visuel d’un Miyazaki, mais cela nous permet de nous concentrer plus fortement sur l’intrigue. Pas d’esbroufe donc, mais des dessins au service de l’histoire, chargés de lui donner vie. Mission accomplie avec beaucoup de talent pour le plus grand bonheur de ceux qui aiment les belles histoires qui parlent à l’imaginaire des petits (enfin pas trop non plus) et des grands.

LA NOTE : 13,5/20

Fiche technique :
Production : CTV, DN Dream Partners, Dentsu, HTV, Kadokawa, NTV, Studio Chizu, Toho Company, YTV
Distribution : Gaumont
Réalisation : Mamoru Hosoda
Scénario : The Boy and the Beast
Son : Yuji Akazawa, Yoshio Obara
Musique : Masakatsu Takagi
Effets spéciaux : Ryo Horibe
Costumes : Daisuke Iga
Directeur artistique : Yôichi Nishikawa, Takashi Omori, Yohei Takamatsu
Durée : 119 min

Casting :
Koji Yakusho : Kumatetsu
Aoi Miyazaki : Kyuta enfant
Shota Sometani : Kyuta adulte
Suzu Hirose : Tatara
Lily Franky : Hyakushubo

CAROL : Le yeux et le coeur

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carolafficheLa perfection et la maîtrise sont a priori des qualités qui caractérisent les grands films. Mais il ne faut jamais abuser des bonnes choses, comme dit le proverbe. Parfois, certains sujets, certaines histoires demandent non pas des imperfections, mais au moins des aspérités pour passer de l’admiration à l’émotion. C’est le cas pour Carol, un film artistiquement parfait et maîtrisé, qui ravit les yeux et la raisons… Nettement moins les tripes et le cœur.

Carol nous raconte un amour interdit, un amour pouvant être vu comme sulfureux ou immoral dans le contexte de l’époque. Il parle donc de sentiments violents et irrépressibles, nés au plus profond de ses deux êtres qui ont beaucoup à perdre en y succombant. Tout cela prend vie à travers une réalisation extrêmement académique. La photographie est superbe, chaque plan est calculé au millimètre. Mais du coup, c’est aussi un peu lisse, un peu froid, alors que l’histoire a des caractéristiques diamétralement opposée.

carolCarol est aussi à l’origine d’une grande injustice de mon point de vue. En effet, Cate Blanchett a reçu un prix d’interprétation à Cannes, alors que Rooney Mara l’aurait encore plus mérité qu’elle. Il y a une prime à la carrière, ce qui peut arriver avec ce genre de prix. Cependant, les deux actrices sont vraiment formidables, donc ce n’est pas totalement immérité non plus. Heureusement que leur jeu donne vraiment vie à cette très belle intrigue. C’est pour elle qu’il faut aller voir ce film qui ressemblent un peu trop à un bel objet que l’on n’ose pas toucher, quand on aurait aimé embrasser cette histoire avec enthousiasme.

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :
Production : The Weinstein Company, Number 9 Films, Film4, Killer Films
Réalisation : Todd Haynes
Scénario : Phyllis Nagy, d’après le roman de Patricia Highsmith
Montage : Laura Rosenthal
Photo : Edward Lachman
Décors : Judy Becker
Distribution : UGC Distribution
Musique : Carter Burwell
Directeur artistique : Jesse Rosenthal
Durée : 118 mn

Casting :
Cate Blanchett : Carol Aird
Rooney Mara : Therese Belivet
Sarah Paulson : Abby Gerhard
Kyle Chandler : Harge Aird
John Magaro : Dannie
Jake Lacy : Richard

LES 8 SALOPARDS : Le crépuscule d’un Dieu ?

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les8salopardsafficheIl paraît que Quentin Tarantino ne sait compter que jusqu’à dix. Enfin, tout du moins ne compte-t-il réaliser que dix films avant de se retirer dans une retraite bien méritée. Pour ceux qui comme moi le considère comme un des plus grands réalisateurs de tous les temps (très certainement dans mon top 5 perso… même si je n’y ai jamais vraiment réfléchi), ce compte-à-rebours n’a rien de réjouissant. Surtout que la fin est proche, les 8 Salopards étant son huitième film. Mais finalement, en le regardant, on se demande si s’arrêter bientôt ne serait pas une si mauvaise idée que ça.

Entendons-nous bien, les 8 Salopards est absolument génial… par moments. Les près de trois heures que dure le film lui laisse même le temps de caser beaucoup de ces moments géniaux. Il nous offre une nouvelle fois des situations jubilatoires dans son style unique et reconnaissable entre tous. Certains passages, certains dialogues sont voués à un futur culte de la part des cinéphiles les plus exigeants. Mais entre deux bouffées de bonheur absolu, il y a tout de même des longueurs. Et les près de trois heures de que dure le film lui laisse aussi le temps de caser beaucoup de ces longueurs.

les8salopardsQuentin Tarantino fait preuve dans les 8 Salopards une nouvelle fois d’une maîtrise artistique absolue. Seule petite entorse à ses habitudes, une bande originale largement… originale justement. Mais quand on sait qu’elle est signée Ennio Morricone lui-même, on comprend mieux pourquoi il n’a pas trouvé utile de nous trouver de vieux tubes oubliés mais géniaux. Le casting est parfait, les acteurs sont dirigés à la perfection et sont totalement dans leur rôle. Bref, sur la forme, on frise encore une fois le 20/20. Mais globalement, on sent quand même un réalisateur sur le point de tourner en rond…Enfin, je joue peut-être les oiseaux de mauvaise augure et son 9ème film viendra me contredire magistralement. Et avec son génie, il faut s’attendre à tout.

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :
Production : The Weinstein Company
Distribution : SND Films
Réalisation : Quentin Tarantino
Scénario : Quentin Tarantino
Montage : Fred Raskin
Photo : Robert Richardson
Décors : Yohei Taneda
Musique : Ennio Morricone
Directeur artistique : Richard L. Johnson
Durée : 167 min

Casting :
Samuel L. Jackson : Major Marquis Warren
Kurt Russell : John Ruth
Jennifer Jason Leigh : Daisy Domergue
Walton Goggins : Sheriff Chris Mannix
Demian Bichir : Bob
Tim Roth : Oswaldo Mobray
Michael Madsen : Joe Gage
Bruce Dern : General Sandy Smithers
James Parks : O.B. Jackson

ARRETEZ-MOI LA : Mauvais sujet

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arretezmoilaafficheL’erreur judiciaire constitue un excellent sujet pour un scénario. L’asymétrie entre le spectateur et l’accusé qui connaissent la vérité et les autres acteurs convaincus dans leur erreur constitue un ressort narratif puissant. C’est exactement celui qu’exploite Arrêtez-moi là. La police et la justice en prennent pour leur grade. A tort ou à raison.

Arrêtez-moi là fonctionne assez bien pendant une bonne partie du film. En effet, l’empathie avec le personnage principal est immédiate et on est forcément ému de le voir victime d’un tel acharnement à le juger coupable. Tout joue contre lui… peut-être trop justement. Le réquisitoire contre le système judiciaire tourne à la caricature, tant ses acteurs apparaissent tous comme des abrutis profonds. L’intérêt que l’on y porte décline alors lentement. Cependant, le dernier quart d’heure nous fait réaliser que le réel sujet du film n’était pas celui-là.

arretezmoilaArrêtez-moi là est avant tout un film portrait. Les mésaventures judiciaires du personnage sont avant tout là pour nous faire explorer sa personnalité et ses sentiments. Mais elles prennent tant de place qu’elles éclipsent tout autre propos. Le dernier quart d’heure est trop court pour permettre au spectateur de vraiment se replonger dans le film sous cette nouvelle optique. Malgré l’immense talent de Reda Kateb, on en ressort surtout déçu et frustré.

LA NOTE : 9,5/20

Fiche technique :
Production : Legato Films, Nexus Factory, UMedia
Distribution : EuropaCorp
Réalisation : Gilles Bannier
Scénario : Gilles Bannier, Nathalie Hertzberg, d’après l’oeuvre de Iain Levison
Montage : Peggy Koretzky
Photo : Alain Marcoen
Décors : Philippe Van Herwijnen
Son : Cédric Lionnet, Pierre Lorrain, David Vranken, Laure-Anne Darras, Olivier Touche
Musique : Hervé Salters, Siegfried Canto
Costumes : Laure Villemer
Durée : 93 min

Casting :
Reda Kateb : Samson Cazalet
Léa Drucker : Louise Lablache
Gilles Cohen : Maître Portal
Erika Sainte : Elisabeth Ostrovsky
Thémis Pauwels : Mélanie Lablache
Stéphanie Murat : Maître Hélène Lafferière

JOY : Ainsi s’achève 2015

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joyafficheJ’en veux beaucoup à David O’Russell. Pas tant d’avoir raté son film ou d’avoir fait par la même occasion jouer Jennifer Lawrence dans un mauvais film, mais bien de m’avoir privé d’un beau jeu de mot. En effet, si Joy avait été bon, j’aurais pu titré « 2015 s’achève dans la joie », subtil jeu de mot entre le titre du film et sa qualité. Il n’en sera malheureusement rien. Mon humour légendaire attend de pied ferme sa revanche pour la fin 2016 !

En attendant, revenons à nos moutons, ou plutôt à notre film. Joy nous présente une histoire de pure rêve américain, où une jeune femme va surmonter toutes les difficultés du monde pour arriver au succès. Une histoire vraie, même s’il est assez plausible qu’elle soit largement romancée. Le problème, c’est que cette histoire ne décolle jamais. La faute à des scènes beaucoup trop longues où les acteurs ne sont absolument pas dirigés et cabotinent chacun dans leur coin. Même quand l’intrigue arrive à un tournant, quand on se dit qu’enfin le film va nous transmettre une énergie qui nous transportera et bien le tout retombe vite comme un soufflé. Jusqu’à une fin à rallonge qui semble vouloir imiter celle du Seigneur des Anneaux…

joyAu milieu de tout cela, Jennifer Lawrence s’ennuie ferme et ça se voit. Le souci est que son personnage portant quasi totalement le film sur ses épaules, les spectateurs ont vite fait de la suivre dans cet état d’esprit. Joy souffre donc d’un réel manque de maîtrise de la part de David O’Russell qui semble ici retomber dans les travers du début de sa carrière, époque Les Rois du Désert. On est loin de la réalisation brillante de Happiness Therapy ou American Bluff. Mais ne doutons pas qu’il fera bien mieux la prochaine fois ! Avec ou sans Jennifer. Enfin de préférence avec !

LA NOTE : 9/20

Fiche technique :
Production : Annapurna Pictures, Davis Entertainment
Distribution : 20th Century Fox
Réalisation : David O. Russell
Scénario : David O. Russell, Annie Mumolo
Montage : Jay Cassidy, Alan Baumgarten, Tom Cross, Christopher Tellefsen
Photo : Linus Sandgren
Décors : Judy Becker, Heather Loeffler
Musique : David Richard Campbell, West Dylan Thordson
Durée : 150 min

Casting :
Jennifer Lawrence : Joy Mangano
Robert De Niro : Le père de Joy
Elisabeth Röhm : Peggy
Isabella Rossellini : Trudy
Bradley Cooper : Neil Walker
Dascha Polanco : Jackie
Diane Ladd : Mimi
Edgar Ramírez : Tony

LE GOUT DES MERVEILLES : Rain Main in love

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legoutdesmerveillesafficheComme vous le savez (ou pas), j’aime bien aller voir un film en ne sachant rien, ou presque, sur celui-ci. C’est ainsi que j’ai été voir Le Goût des Merveilles simplement parce que les notes sur Allociné étaient plutôt bonnes et parce que j’aime bien Virginie Efira, malgré les limites patentes de ses talents d’actrice. Cependant, au bout de quelques minutes, j’ai réalisé qu’il s’agissait d’un film dont j’avais vu la bande-annonce à de nombreuses reprises. Une bande-annonce qui m’avait fait dire « jamais ! »… Il était alors trop tard pour sortir…

… et de toute façon, j’aurais eu bien tort de le faire. Certes, Le Goût des Merveilles n’est certainement pas le film du siècle. Il est vrai que la comédie romantique impliquant un autiste, il fallait oser. Mais voilà, je dois avouer, j’ai fini par me laisser séduire. Mon côté midinette sûrement, mais aussi la sympathie immédiate que provoque le personnage parfaitement interprété par Benjamin Lavernhe. Du coup, on est embarqué dans cette histoire pleine de bons gros clichés, mais qui est tout de même assez bien construite pour être convaincante.

legoutdesmerveillesEric Besnard aurait vraiment pu nous embarquer dans du grand n’importe quoi. Et si Le Goût des Merveilles nous fait sourire, ce n’est pas à ses dépends, mais bien grâce à lui. Certes, il faut déconnecter la partie la plus cartésienne de son cerveau pour apprécier ce déluge de bons sentiments. Il flirte parfois avec la ligne blanche en arrivant tout de même à ne jamais en faire trop. Au final, on se dit qu’une peu de douceur dans ce monde de brute ne peut pas faire de mal !

LA NOTE : 12/20

Fiche technique :
Production : Pulsar Productions, Caméra One, D8 Films, TF1 DA, Rhône-Alpes Cinéma
Distribution : UGC Distribution
Réalisation : Eric Besnard
Scénario : Eric Besnard
Montage : Yann Dedet
Photo : Philippe Guilbert
Décors : Bertrand Seitz
Musique : Christophe Julien
Durée : 100 min

Casting :
Virginie Efira : Louise
Benjamin Lavernhe : Pierre
Lucie Fagedet : Emma
Léo Lorléac’h : Félix
Laurent Bateau : Paul
Hiam Abbass : Mélanie Ferenza
Hervé Pierre : Jules

THE BIG SHORT : LE CASSE DU SIECLE : La crise pour les Nuls

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thebigshortafficheLa crise de 2008 a déjà offert au cinéma quelques beaux, voire très beaux moments. Du côté du documentaire avec le passionnant Inside Job ou bien du côté de la fiction avec le magnifique Margin Call. The Big Short : le Casse du Siècle arrivait donc sur un terrain que d’autres avaient déjà labouré avant lui. La barre était haute. Au final, le petit dernier s’en sort pas si mal grâce à un fabuleux casting et une certaine originalité.

The Big Short : le Casse du Siècle nous raconte l’histoire des quelques acteurs de la finance américaine qui avait vu le coup venir et anticipé le crash. Il s’agit donc d’histoires vraies, avec évidemment une part de fiction. On évolue dans un monde complexe fait de produits financiers qui ne le sont pas moins. Pas de panique, le film nous propose de petites séquences pédagogiques très rigolotes pour que chacun comprenne enfin ce qu’est une subprime ou un Credit Default Swap. Cela donne son originalité au film et cela facilite grandement sa compréhension.

thebigshortThe Big Short : le Casse du Siècle se situe donc à mi chemin entre ses deux prédécesseurs cités plus haut. Si j’étais méchant, je dirais aussi le cul entre deux chaises, car du coup, le film est un peu tiraillé entre son intrigue et l’évolution des personnages d’un côté et la volonté pédagogique de l’autre. En mélangeant les deux, il donne de quoi satisfaire les amateurs de l’un ou l’autre, mais sans les contenter complètement. Cependant, le film est assez bien foutu et rythmé pour que l’on ne s’ennuie pas une seconde. Et quel plaisir de voir Christian Bale, Brad Pitt, Steve Carell et Ryan Gosling réunis à l’écran… même si une partie de ces personnages n’ont jamais l’occasion de s’y croiser. Bref, pas un chef d’œuvre, mais une belle réussite.

LA NOTE : 13,5/20

Fiche technique :
Production : Plan B Entertainment, Regency Enterprises
Distribution : Paramount Pictures
Réalisation : Adam McKay
Scénario : Adam McKay, d’après sur le livre The Big Short: Inside the Doomsday Machine de Michael Lewis
Montage : Brent White
Photo : Barry Ackroyd
Décors : Clayton Hartley, Linda Lee Sutton
Musique : Nicholas Britell
Directeur artistique : Elliott Glick
Durée : 130 min

Casting :
Brad Pitt : Ben Rickert
John Magaro : Charlie Geller
Ryan Gosling : Jared Vennett
Steve Carell : Mark Baum
Christian Bale : Michael Burry
Karen Gillan : Evie
Melissa Leo : Georgia Hale
Marisa Tomei : Cynthia Baum
Margot Robbie : Elle-même
Selena Gomez : Elle-même

A PEINE J’OUVRE LES YEUX : La musique puis le silence

apeinejouvreslesyeux

apeinejouvreslesyeuxIl se passe quelque chose de l’autre côté de la Méditerranée. Enfin cinématographiquement parlant, parce qu »évidemment, il se passe toujours beaucoup de choses de l’autre côté de la Méditerranée. Après Much Loved, film qui en disait long sur la condition féminine dans ce pays au Maroc, voici A Peine J’Ouvre les Yeux qui nous plonge dans la Tunisie de Ben Ali, avant le début du Printemps Arabe. Un film sur l’oppression d’un régime désormais disparu certes, mais aussi de toute une société. Un film qui nous fait partager des émotions contradictoires, mais toujours intenses.

A Peine J’Ouvre les Yeux est pendant un long moment un film joyeux sur une jeunesse qui ne rêve que de liberté et d’émancipation. L’omniprésence de la musique incite à la légèreté, au sourire et à la fête. Puis le couperet tombe… Bon, je m’arrête là sous peine d’en dire trop sur un dénouement particulièrement marquant, qui donne à ce film une toute autre dimension dans son propos. Ce contraste ne fait que décupler l’impression laissée par chacune des parties de cette histoire. On en ressort bouleversé par des sentiments très différents les uns des autres et qui se bousculent et se mélangent.

apeinejouvrelesyeuxA Peine J’Ouvre les Yeux est aussi un film très abouti artistiquement. Certes, le manque de moyen provoque un peu parfois quelques flottements. Mais les moyens mis en œuvre le sont pour mettre parfaitement en valeur un merveilleux casting. La jeune Maya Medhaffar est tout simplement incroyable dans le genre de rôle qui vous marque à vie. Sa grâce, sa présence à l’écran nous fait tomber sous son charme et donc sous celui de son histoire dès les premières secondes pour ne plus jamais nous lâcher. Sa voix quand elle chante nous enchante à chaque fois. Pourvu que dans la Tunisie nouvelle qui se dessine ce genre de voix ne soit jamais obligée de se taire. Et Leyla Bouzid nous proposer bien d’autre film de cette trempe.

LA NOTE : 14/20

Fiche technique :
Réalisation : Leyla Bouzid
Scénario : Leyla Bouzid et Marie-Sophie Chambon
Montage : Lilian Corbeille
Photographie : Sébastien Goepfert
Son : Ludovic van Pachterbeke
Production : Sandra da Fonseca, Nathalie Mesuret, Bertrand Gore, Imed Marzouk ; Blue Monday

Casting :
Baya Medhaffer : Farah
Ghalia Benali : Hayet
Montassar Ayari : Bohrène
Lassaad Jamoussi : Mahmoud