
Les Chevaliers Blancs nous rapportent des faits, nous présentent des personnages, mais sans les juger. Chaque spectateur pourra se faire sa propre opinion sur le caractère machiavélique ou non de chaque personnage. On peut les voir comme des idéalistes dépassés par leurs propres ambitions ou des faussaires sans aucun scrupule, manipulateur du début à la fin. La vérité se situe sûrement entre les deux, si tant est qu’une vérité existe dans ce genre d’histoire. Il s’agit là du grand mérite de ce film, mais aussi sa limite, car à être trop objectif, le film ne nous entraîne pas dans son point de vue. Beaucoup d’intérêt donc, mais pas d’enthousiasme.

LA NOTE : 13,5/20
Fiche technique :
Production : Les films du Worso, Versus Production
Distribution : Le Pacte
Réalisation : Joachim Lafosse
Scénario : Joachim Lafosse, Bulle Decapentries, Thomas van Zuylen, d’après l’oeuvre de François-Xavier Pinte et Geoffroy d’Ursel
Montage : Sophie Vercruysse
Photo : Jean-François Hensgens
Son : Christophe Giovannoni
Musique : Sascha Ring
Directeur artistique : Jean-François Hensgens
Durée : 112 min
Casting :
Vincent Lindon : Jacques Arnault
Louise Bourgoin : Laura Turine, sa compagne
Valérie Donzelli : Françoise Dubois
Reda Kateb : Xavier Libert
Philippe Rebbot : Luc Debroux
Bintou Rimtobaye : l’interprète
Jean-Henri Compère : Roland Duchateau
Yannick Renier : Chris Laurent

Creed, l’Héritage de Rocky Balboa bénéficie enfin du caractère magique, pour ne pas dire miraculeux, de la boxe au cinéma. Le combat qui conclut le film est lui aussi sans surprise, aussi bien dans son déroulement que dans la forme. Mais il frappe tout de même le spectateur comme un uppercut. On ressort donc finalement avec cette petite pointe d’enthousiasme qui nous fait oublier que le reste du film n’avait pas du nous l’apporter. Et on garde une pensée émue pour ce Sylvester Stallone qui assume pleinement le poids des ans qui le frappe. Et avec cette vieillesse qui vient, c’est un peu de notre jeunesse qui s’en va.
Le Garçon et la Bête démontre qu’une animation tout ce qu’il y a de plus classique a encore droit de cité sur nos grands écrans. Cela donne un côté vintage assez sympathique et rafraîchissant. Il n’y a pas le foisonnement visuel d’un Miyazaki, mais cela nous permet de nous concentrer plus fortement sur l’intrigue. Pas d’esbroufe donc, mais des dessins au service de l’histoire, chargés de lui donner vie. Mission accomplie avec beaucoup de talent pour le plus grand bonheur de ceux qui aiment les belles histoires qui parlent à l’imaginaire des petits (enfin pas trop non plus) et des grands.
Carol est aussi à l’origine d’une grande injustice de mon point de vue. En effet, Cate Blanchett a reçu un prix d’interprétation à Cannes, alors que Rooney Mara l’aurait encore plus mérité qu’elle. Il y a une prime à la carrière, ce qui peut arriver avec ce genre de prix. Cependant, les deux actrices sont vraiment formidables, donc ce n’est pas totalement immérité non plus. Heureusement que leur jeu donne vraiment vie à cette très belle intrigue. C’est pour elle qu’il faut aller voir ce film qui ressemblent un peu trop à un bel objet que l’on n’ose pas toucher, quand on aurait aimé embrasser cette histoire avec enthousiasme.
Quentin Tarantino fait preuve dans les 8 Salopards une nouvelle fois d’une maîtrise artistique absolue. Seule petite entorse à ses habitudes, une bande originale largement… originale justement. Mais quand on sait qu’elle est signée Ennio Morricone lui-même, on comprend mieux pourquoi il n’a pas trouvé utile de nous trouver de vieux tubes oubliés mais géniaux. Le casting est parfait, les acteurs sont dirigés à la perfection et sont totalement dans leur rôle. Bref, sur la forme, on frise encore une fois le 20/20. Mais globalement, on sent quand même un réalisateur sur le point de tourner en rond…Enfin, je joue peut-être les oiseaux de mauvaise augure et son 9ème film viendra me contredire magistralement. Et avec son génie, il faut s’attendre à tout.
Arrêtez-moi là est avant tout un film portrait. Les mésaventures judiciaires du personnage sont avant tout là pour nous faire explorer sa personnalité et ses sentiments. Mais elles prennent tant de place qu’elles éclipsent tout autre propos. Le dernier quart d’heure est trop court pour permettre au spectateur de vraiment se replonger dans le film sous cette nouvelle optique. Malgré l’immense talent de Reda Kateb, on en ressort surtout déçu et frustré.
Au milieu de tout cela, Jennifer Lawrence s’ennuie ferme et ça se voit. Le souci est que son personnage portant quasi totalement le film sur ses épaules, les spectateurs ont vite fait de la suivre dans cet état d’esprit. Joy souffre donc d’un réel manque de maîtrise de la part de David O’Russell qui semble ici retomber dans les travers du début de sa carrière, époque Les Rois du Désert. On est loin de la réalisation brillante de Happiness Therapy ou American Bluff. Mais ne doutons pas qu’il fera bien mieux la prochaine fois ! Avec ou sans Jennifer. Enfin de préférence avec !
Eric Besnard aurait vraiment pu nous embarquer dans du grand n’importe quoi. Et si Le Goût des Merveilles nous fait sourire, ce n’est pas à ses dépends, mais bien grâce à lui. Certes, il faut déconnecter la partie la plus cartésienne de son cerveau pour apprécier ce déluge de bons sentiments. Il flirte parfois avec la ligne blanche en arrivant tout de même à ne jamais en faire trop. Au final, on se dit qu’une peu de douceur dans ce monde de brute ne peut pas faire de mal !
The Big Short : le Casse du Siècle se situe donc à mi chemin entre ses deux prédécesseurs cités plus haut. Si j’étais méchant, je dirais aussi le cul entre deux chaises, car du coup, le film est un peu tiraillé entre son intrigue et l’évolution des personnages d’un côté et la volonté pédagogique de l’autre. En mélangeant les deux, il donne de quoi satisfaire les amateurs de l’un ou l’autre, mais sans les contenter complètement. Cependant, le film est assez bien foutu et rythmé pour que l’on ne s’ennuie pas une seconde. Et quel plaisir de voir Christian Bale, Brad Pitt, Steve Carell et Ryan Gosling réunis à l’écran… même si une partie de ces personnages n’ont jamais l’occasion de s’y croiser. Bref, pas un chef d’œuvre, mais une belle réussite.
A Peine J’Ouvre les Yeux est aussi un film très abouti artistiquement. Certes, le manque de moyen provoque un peu parfois quelques flottements. Mais les moyens mis en œuvre le sont pour mettre parfaitement en valeur un merveilleux casting. La jeune Maya Medhaffar est tout simplement incroyable dans le genre de rôle qui vous marque à vie. Sa grâce, sa présence à l’écran nous fait tomber sous son charme et donc sous celui de son histoire dès les premières secondes pour ne plus jamais nous lâcher. Sa voix quand elle chante nous enchante à chaque fois. Pourvu que dans la Tunisie nouvelle qui se dessine ce genre de voix ne soit jamais obligée de se taire. Et Leyla Bouzid nous proposer bien d’autre film de cette trempe.
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