L’impression que vous laissez un film tient à ses caractéristiques et qualités intrinsèques, mais aussi parfois du décalage entre ce à quoi on s’attend et ce que à quoi on assiste finalement. L’effet de surprise peut bien sûr être positif ou négatif, mais il peut changer radicalement votre opinion sur un long métrage. J’avais quand même lu un certain nombre de choses sur Sausage Party. Cependant, j’étais loin de m’imaginer ce qui allait m’être proposé. Un dessin-animé pour adultes certes, mais j’ai passé le film à me dire « non, quand même, ils ont osé »… Ca va loin… mais c’est bon quand ça va loin généralement !
Sausage Party est certainement encore plus drôle pour les vrais anglophones, capables de comprendre dix jeux de mots à la seconde à partir de mots d’argot. On saluera donc le travail de traduction de ceux qui ont proposé les sous-titres qui ont du vraiment se creuser la tête pour trouver systématiquement un équivalent en français. Forcément, on y perd un peu, mais rarement un film aura autant joué sur les mots. Les mots crus certes, mais les mots quand même. Le tout s’accompagne d’une foule de « gags » visuels ou situationnels. On pensera ce qu’on veut de cet humour, mais on peut reconnaître qu’en terme d’intensité, le film met la barre très haute. Après, il est vrai, on est quand même largement constamment sur le même registre.
Il est clair que Sausage Party a de grandes limites, comme toutes parodies qui forcément recyclent au moins autant qu’ils n’inventent. J’ai d’ailleurs peur d’être très déçu si un jour je devais le revoir, car sans l’effet de surprise ne jouerait plus et beaucoup de faiblesses me sauteraient peut-être alors aux yeux. Mais rarement j’aurais passé une séance de ciné la bouche bée, au sens premier du terme, réellement estomaqué par ce que je voyais. Le final constitue notamment un spectacle des plus… non je ne saurais même pas le décrire. D’ailleurs, ce serait trop cruel de gâcher ainsi cet effet de surprise qui fait de ce film potentiellement un moment assez inoubliable.
LA NOTE : 14/20
Fiche technique :
Production : Nitrogen Studios, Annapurna Pictures, Point Grey Pictures, Columbia Pictures
Distribution : Sony Pictures Releasing France
Réalisation : Conrad Vernon, Greg Tiernan
Scénario : Seth Rogen, Evan Goldberg, Kyle Hunter, Ariel Shaffir
Montage : Kevin Pavlovic
Format : couleur – 1,85:1 – son Dolby Digital / DTS / Dolby Surround 7.1 / SDDS / Auro 11.1
Décors : Kyle McQueen
Son : Phillip Bladh
Musique : Christopher Lennertz, Alan Menken
Directeur artistique : Kyle McQueen
Durée : 89 min
Casting :
Paul Rudd : Darren
Craig Robinson : M. Grits
Danny McBride : Moutarde au Miel
Michael Cera : Barry
James Franco : le Drogué
Bill Hader : Firewater, une bouteille de tequila et El Guaco
Jonah Hill : Carl
Kristen Wiig : Brenda Bunson
Seth Rogen : Frank et le sergent Pepper
Nick Kroll : Douche

Rosanne Cash est, comme son nom l’indique, la fille de Johnny Cash. Même si elle n’aura jamais la notoriété de son illustre père, elle a quand même du talent à revendre. La preuve avec son album The River and The Thread. Si l’univers musical très country rappelle celle de son père, son style est quelque peu différent. Sa voix aussi bien que sa musique sont particulièrement posées, témoignant d’une grande maîtrise. Le résultat est convaincant, coule tout seul aux oreilles. La qualité des titres est constante, même s’il manque un vrai morceau sortant du lot. On retiendra tout de même Modern Blue, un morceau où elle met un peu plus d’énergie.
On termine avec Samantha Crain, une autre américaine, beaucoup plus jeune, et son album Kid Face. Sa musique alterne entre le guilleret et le plus mélancolique. C’est très doux, trop parfois, manquant passablement de punch. La voix est assez limitée et ne permet pas de sublimer des titres agréables, mais largement oubliables. On peut tout de même écouter avec grand plaisir Sand Paintings, une jolie ballade.
Et tout ceci ne fonctionnerait pas si bien sans un immense Tom Hanks qui éclabousse le film de sa classe et de son charisme. Un peu comme pour le Pont des Espions de Steven Spielberg, il y a un an, il arrive à donner au film tout entier une dimension supplémentaire. Le scénario tourne autant sur les sentiments de ce personnage, devenu en quelques minutes un héros pour tout un pays, que sur son « exploit » en lui-même. Là aussi beaucoup de sobriété pour un très grand rôle interprété avec une justesse rare. Sully représente donc une réussite totale. Le sujet n’autorisait peut-être pas à donner un film immense, mais force est de constater qu’il pouvait être difficilement plus grand.
Ensuite, la Fille de Brest est un film portrait, celui d’Irène Frachon. Elle est incarnée par Sidse Babett Knudsen qui fait une seconde incursion dans le cinéma français après l’Hermine. Le moins que l’on puisse dire c’est qu’elle incarne son personnage avec une énergie folle. Mais là aussi cette énergie est un peu à la fois une force et un faiblesse car elle donne parfois l’impression d’en faire un peu trop. On sent aussi bien que le français n’est pas sa langue maternelle et cela donne un jeu un peu forcé parfois. Mais heureusement la caméra d’Emmanuelle Bercot pose sur elle un regard assez doux pour que l’on ressente un grand attachant pour ce personnage objectivement admirable. Et du coup, on partage très vite son indignation et son envie d’agir ! Des sentiments salutaires !
Les Animaux Fantastiques est un film d’aventures assez classiques dans ses péripéties, mais qui bénéficient pleinement de l’imagination féerique de JK Rowling. Le bestiaire est séduisant, même si les effets spéciaux leur donnant vie ne sont pas toujours parfaits. Mais rien qui puisse gâcher le plaisir. Le point fort reste cependant les personnages, le héros principal en tête, mais aussi tous les acolytes, bons ou méchants, qui croiseront sa route. Une caractéristique qui rappelle une saga à grand succès… Ah oui Harry Potter !

Le film de genre prend peu à peu ses lettres de noblesse dans le cinéma français, même s’il ne bénéficie pas encore des mêmes moyens que pour les productions hollywoodiennes. Nouvelle preuve avec Ares, un film d’anticipation tendance cyberpunk plutôt réussi. Pas de déluge d’effets spéciaux, pas de réalisation aussi aboutie que celle de Ridley Scott pour Blade Runner, mais le film propose un spectacle cohérent, agréable et rythmé. Le film n’a pas peur de faire moins d’une heure et demi pour se concentrer sur l’essentiel, sans pour autant dédaigner de creuser assez les personnages pour leur donner un peu d’épaisseur. Cela ne restera pas un film culte du genre, mais c’est agréable de voir ce genre de production chez nous.

Réparer les Vivants bénéficie d’un casting hors pair. La direction d’acteur s’en trouve évidemment facilitée, même s’il serait injuste de ne pas souligner la qualité du travail de Katell Quillévéré en la matière. Si Tahar Rahim et Emmanuelle Seigner occupent le haut de l’affiche, on retiendra avant tout la bouleversante interprétation d’Anne Dorval. On notera également le très beau rôle de Kool Shen, prouvant que les anciens de NTM n’excellent pas que dans le rap. Le tout bénéficie d’une photographie et d’un sens de l’image qui vient amplifier encore l’émotion. Une émotion qui n’a rien de sombre, mais souligne au contraire à quel point la vie vaut le coup d’être vécue.
On enchaîne avec une vraie déception. Present Tense est le troisième album du groupe anglais Wild Beasts dont j’écris la critique. Si le deuxième m’avait déjà un peu moins convaincu que le premier, ce troisième est carrément désastreux. Il nous offre un son électro particulièrement sombre. Une musique éthérée, mais surtout passablement chiante, si vous me permettez l’expression. Je reconnais cependant une vraie maîtrise artistique et un réel travail sur les sonorités et les mélodies qui séduira peut-être les adeptes du genre.
On termine par un album d’un de ces artistes qu’on a l’impression de connaître… mais en fait pas du tout. Boy George en fait partie. C’est donc avec une vraie curiosité que je me suis lancé dans l’écoute de This is What I Do. Et ce fut une vraie surprise. Mais plutôt une bonne surprise. Cela commence par un son assez rock, un rock posé mais avec une vraie conviction. La suite navigue plus entre des sonorités jazzy et pop, parfois même country. La voix est grave et chaude, pas forcément celle dont on se souvenait. L’album reste quand même globalement inégal, avec une certaine diversité dans les titres. Certains sont plutôt bons, sans jamais être des tubes en puissance et certains souffre d’une certaine platitude.
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