2016 sera définitivement l’année de la Corée au cinéma. En effet, ce n’est pas un, ce ne sont pas deux, mais bien trois petits chefs d’œuvre que nous aura livré le Pays du Matin Calme. Après The Strangers et Dernier Train pour Busan, Mademoiselle constitue un temps fort de cette fin d’année cinématographique. Un film sur lequel on souhaite pas trop en dire tant il réserve de surprises et de changements de perspectives. Il confirme les grandes forces du 7ème art de ce pays, un des plus vivants qui soient.
Le cinéma coréen se caractérise très souvent par deux choses. D’abord, des personnages qui mangent (je ne pense pas qu’il y ait de films de ce pays sans scène de repas), mais surtout un mélange des genres qui surprend toujours le spectateur occident pour qui les films sont souvent rangés dans de belles cases bien formatées. Mademoiselle ne le mélange peut-être pas au même moment, mais va évoluer tout au long de l’histoire pour passer d’un ton à l’autre, d’un sujet principal à l’autre, tout en gardant une vraie cohérence et un fil narratif fort. Si on ajoute à cela des rebondissements tout ce qu’il y a de plus classiques, mais toujours inattendus, cela donne une œuvre vraiment passionnante.
Mademoiselle est aussi remarquablement mis en scène. Le jeu des acteurs, les costumes, les décors, tout concourt à créer une ambiance très particulière à travers lequel le spectateur se laisse porter sans savoir une seule seconde où tout cela va le mener. La Corée confirme une nouvelle fois qu’elle possède un vivier de comédiens extraordinaires qui semble inépuisable. De comédiens, mais aussi de cinéastes. Park Chan-Wook signe là sans doute son film le plus abouti, après les excellents Sympathy for Mister Vengeance et Old Boy. Un film totalement maîtrisé, malgré une complexité certaine, qui figurera à coup sûr dans les palmarès de cette année cinématographique.
LA NOTE : 15,5/20
Fiche technique :
Production : Moho Film, Yong Film
Réalisation : Park Chan-wook
Scénario : Chung Seo-kyung, Park Chan-wook, d’après le roman de Sarah Waters
Montage : Kim Sang-Bum
Photo : Chung-hoon Chung
Décors : Seong-hie Ryu
Distribution : The Jokers, Bac Film
Musique : Cho Yung-wuk
Durée : 144 min
Casting :
Kim Min-Hee : Hideko
Kim Tae-ri : Sookhee/Tamako
Jo Jin-woong : Oncle Kouzuki
Jung-woo Ha : Le Comte
Hae-suk Kim : Le majordome

Le Petit Locataire est une comédie foncièrement différente. En fait, on pourrait même s’interroger sur la pertinence de ce statut. De mon point de vue, ça en est incontestablement une, car la volonté de faire rire en utilisant tous les degrés de l’humour est présente du début à la fin. Après que le rire se mêle à beaucoup d’autres choses est un fait également incontestable. Par contre, dire qu’elle est une comédie réussie ne serait pas tout à fait la vérité.
Mr Wolff ne fait pas non plus dans la dentelle. Mais pour le coup, on ne lui en demande forcément pas tant. Entre polar, film d’action et film de gangster, il n’a d’autres ambitions que de divertir. Ou bien si ce n’est pas le cas, c’est passablement raté. En fait, on peut tout de même noter une réelle volonté de donner à ce film une certaine originalité avec ce personnage de comptable-tueur à gage-autiste. Une somme de qualificatifs relativement inattendue pour une seul et même homme. Mais malgré cela, les ficelles restent grosses et hyper classiques.

Maman a Tort peut faire croire dans sa première moitié qu’elle est aussi une comédie sympathique. En fait, on ne sait pas trop ce que ce film est censé être. Ca semble avancer sans aller nulle part, ça semble plutôt drôle et léger, mais être non plus vraiment hilarant. Mais peu à peu l’histoire prend une tout autre tournure pour aborder un ton beaucoup plus grave. Au final, on a vrai propos sur la fin de l’innocence, sur le moment où on arrête d’idéaliser ses parents pour s’apercevoir qu’ils sont des êtres humains comme les autres, avec leurs erreurs et leurs failles, parfois béantes.
Une douce nostalgie flotte également sur Sing Street, nouveau film de John Carney, qui m’avait tant enthousiasmer avec New York Melodies l’année dernière. Il revient avec un nouveau film plaçant la musique au cœur de l’histoire. Il prouve qu’il a un talent incontestable pour créer une synergie entre les deux avec une histoire qui explore sûrement une part de sa propre adolescence. Et qui rappellera quelques souvenirs à ceux qui ont grandi dans les années 80.
On reste aux Etats-Unis, mais on change de genre avec Kelis, une artiste RnB, et son album Food. Là encore la voix est belle, le son délicatement funky, parfois un peu éthéré. Les titres sont parfois un peu répétitifs, mais au moins ils ne se ressemblent pas les uns les autres. C’est du coup quelque peu inégal, mais ça a le mérite d’explorer des sonorités différentes. Il y a une vraie maîtrise artistique qui en fait un album solide et agréable.
On termine par un petit voyage en Angleterre avec Sun Structures du groupe anglais Temples. Un rock psychédélique maîtrisé et agréable, rythmé et envoûtant. Leur musique dégage une vraie élégance. C’est propre, même si du coup ça l’est peut-être un peu trop. Mais cela pourra plaire à un public allergique à la brit’pop et qui préfère un travail sur les mélodies plus intéressant et abouti. On retiendra avant tout le titre the Golden Throne.
Le deuxième élément qui a douché mon enthousiasme reste ce dénouement bien trop prévisible. On le voit arriver de très loin et cela dénote une volonté de charger la mule du drame autant que possible, sans discernement, ni subtilité. Ken Loach arrive à créer assez d’empathie avec ses personnages pour que l’on soit tout de même profondément ému par tout ce déluge de malheur, mais le procédé est un peu trop facile pour être totalement honnête. C’est d’autant plus dommage que Moi, Daniel Blake recèle en son sein des passages d’une force prodigieuse justement parce qu’elles sont inattendues, notamment une scène dans la Banque Alimentaire qui justifierait presque à elle seule cette Palme d’Or.
Willy 1er est quant à lui un réel OVNI cinématographique. Une histoire improbable pour une forme qui ne l’est pas moins. On est plus proche de reportage de l’émission Strip-tease que du long métrage. La présence à l’écran de Noémie Lvosky est là pour nous rappeler qu’il s’agit bien d’un film. Cependant, l’acteur principal joue en fait quasiment son propre rôle. En effet, le scénario s’inspire de la véritable histoire de Daniel Vannet, cinquantenaire illettré, qui décide à 50 ans, après le suicide de son frère jumeau de quitter la ferme familiale et de monter à la ville… Enfin à Caudebec le petit bourg voisin.
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