Si l’histoire a ancré dans la mémoire collective beaucoup de contes (de fée ou pas), le monde moderne n’en produit beaucoup plus de nouveau. Certes, il y a le phénomène Reine des Neiges, mais force est de constater que le grand succès Disney précédent était Raiponce, une histoire inventée il y a quelques siècles déjà. Cependant, le genre n’est pas totalement mort. La preuve avec La Tortue Rouge, une collaboration entre le meilleur de l’animation française et japonaise (le studio Ghibli himself).
La Tortue Rouge est un vrai conte, rempli de beaucoup de magie et de poésie. Une histoire sans aucun dialogue, mais sans que cela n’enlève rien à sa richesse. Au contraire, cela permet au film de toucher un imaginaire universel. On se laisse porter par une histoire simple, mais tout de même surprenante. Rien ne permet de savoir où elle nous mènera. Pas de voyage intergalactique, pas de bataille épique, mais assez de consistance pour un récit qui en vaut bien d’autres.
La Tortue Rouge est graphiquement très réussi. Il y a un peu de naïveté dans le trait, mais c’est pour mieux retrouver le charme d’un dessin réalisé par la main de l’homme et non simplement une machine. Une petite touche vintage donc, mais qui vient renforcer le caractère universel de cette histoire. L’ambiance visuelle colle globalement parfaitement avec la teneur du récit. Tout ceci concourt à la réussite de ce très joli film qui ravira petits et grands et tout ceux un minimum sensibles à la poésie.
LA NOTE : 13,5/20
Fiche technique :
Production : Studio Ghibli, Wild Bunch, Why Not Productions, CN4 Productions, Arte France Cinéma, Belvision
Réalisation : Michael Dudok de Wit
Scénario : Michael Dudok de Wit, Pascale Ferran
Montage : Céline Kélépikis
Décors : Julien de Man
Distribution : Wild Bunch Distribution
Musique : Laurent Perez del Mar
Directeur artistique : Isao Takahata
Durée : 80 min

Mais à l’inverse, le Monde de Dory sombre quelque fois dans le n’importe quoi. La séquence finale est notamment trop improbable pour être honnête. Certes, on ne va pas demander du réalisme à un film d’animation sur des poissons qui parlent, mais cela n’empêche pas un minimum de sens de la mesure. Pas sûr évidemment que cela, tout comme le côté moralisateur un peu lourdingue, dérangera les plus jeunes, auquel le film est tout de même destiné. Mais Pixar s’est toujours démarqué par sa capacité à rassembler les générations. Ce n’est pas le cas ici. Peut-être que ce n’est que moi qui vieillit… ou pas…
Tout de Suite Maintenant fonctionne grâce notamment au talent multiforme d’Agathe Bonitzer. Sous l’œil de son père, elle est à la fois femme-enfant, femme fatale, avec pourtant un soupçon d’androgynie. Des facettes qui peuvent apparaître contradictoires mais qui s’incarnent toutes entre cette actrice qui a désormais largement dépassé le stade de révélation. Le reste du casting se contente de capitaliser sur son talent. Mais quand il est composé de Lambert Wilson, Isabelle Huppert et Jean-Pierre Bacri, on part sur des bases très élevées. Tout ceci donne un film peut-être moins riche que prévu, mais tout de même très réussi.
On traverse l’Atlantique pour atteindre le Canada, patrie de Mac De Marco qui nous a offert son album Salad Days. Ce dernier commence sur les chapeaux de roue, sans introduction, nous plongeant dans une ambiance country avec un style de dandy assumé. C’est un peu éthéré, un peu mélancolique. Le résultat est maîtrisé et plutôt agréable. Dommage qu’il soit marqué par un effet « loin du micro » qui ne sert à rien, sinon desservir son auteur.
On termine par Benji, album du chanteur folk américain Sun Kil Moon. La voix est belle, mais les mélodies sont le plus souvent assez molles, pour ne pas dire tristounettes. C’est un peu mieux quand l’instrumentation se fait plus élaborée et dynamique, mais ça ne casse jamais trois pattes à un canard. C’est globalement assez monotone et répétitif. Heureusement, l’album se termine par une bonne note avec Ben’s My Friend, le meilleur titre du lot.
Toute la richesse de ce film transparaît dans la très belle performance de Josiane Balasko, très drôle mais encore plus émouvante. Certes, Retour Chez ma Mère, à force d’emprunter trop de chemins, finit par n’aller au bout d’aucun d’eux. Mais au moins, le spectateur est agréablement surpris par ce divertissement sans prétention mais qui offre un petit supplément d’âme.
Si sa réalisation flotte parfois, Frédéric Beigbeder affiche un sens artistique plus aiguisée que dans 99 Francs. A tel point que l’on a envie de le voir poursuivre dans le 7ème art. L’Idéal révèle un vrai potentiel, même s’il ne s’accompagne pas de la maturité nécessaire pour être pleinement exploité. Dommage que ce talent intermittent n’est pas su tirer le maximum d’un très beau casting. Si Gaspard Proust et Audrey Fleurot sont plutôt bons, on retiendra surtout la performance de Jonahtan Lambert qui apporte une excise touche de folie. Bref beaucoup de bonnes choses dans ce film, mais cela reste trop souvent un peu trop brouillon pour être pleinement apprécié.
C’est dommage car The Witch se distinguer par une élégance visuelle assez rare dans ce style cinématographique. Le film est beau, la manière dont les personnages sont mis en valeur par la qualité de la photographie remarquable. La direction d’acteurs est aussi d’un standing inhabituel, avec la jeune Anna Taylor-Joy qui crève vraiment l’écran. Mais tout ceci ne peut totalement sauver un film de ce genre quand il lui manque trop de l’essentiel. Un film trop incomplet pour être emballant donc.
Par contre, Bienvenue à Marly-Gomont perd quelque peu le sens de l’équilibre quand le balancier se retourne. Sans sombrer dans les bons sentiments sirupeux, le film en fait parfois un peu trop. Certes, il véhicule une vraie émotion, peut arracher une petite larme, mais il n’évite pas certaines facilités. La métamorphose semble trop soudaine, trop subitement unanime pour être vraiment convaincante. Certes, les contes de fée forment de belles histoires, mais le sujet aurait mérité de ce côté là plus de subtilité. Cela n’enlève rien au vrai mérite de ce film qui nous faire rire et pleurer, nous consterne et nous donne espoir.
Du coup, Johnny Depp semble passablement anesthésié. Son jeu est paresseux et sans conviction. Heureusement, Sacha Baron Cohen apporte une réelle énergie et une certaine fraîcheur par son enthousiasme visible. Mia Wasikowska ne parvient pas à donner de l’épaisseur à son personnage, même si son charme suffit à emporter la sympathie du spectateur. Au final, Alice De l’Autre Côté du Miroir est un produit formaté, pas désagréable, mais d’un intérêt tout de même limité.
Mais voilà, The Neon Demon ne nous mène strictement nul part. On comprend alors qu’il est entièrement conçu pour célébrer le talent esthétique de Nicolas Winding Refn. Mais des images qui n’ont pas de sens ne seront jamais que des objets froids et sans émotion. Le film est une ode à l’autosatisfaction, une œuvre d’une prétention incroyable et surtout d’une vacuité totale. Il est beaucoup question d’ego dans ce film, mais le réalisateur de Drive devrait surtout penser à dégonfler un peu le sien avant de parler de celui des autres.
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