Les conflits sociaux inspirent profondément la science-fiction qui regorge de visions d’un futur totalitaire, où les classes dirigeantes vivent séparées et isolées du reste de la population. High-Rise se situe dans cette veine, même si on ne se situe qu’à l’échelle d’un immeuble et même si on ne peut pas vraiment parler de science-fiction. En fait, on tient là un film totalement inclassable, qui peut tout aussi bien décontenancer que séduire.
High-Rise est un film allégorique, où un seul immeuble représente toute une société. Du coup, le propos est marqué par une bonne dose de poésie et d’un rien d’ésotérisme. La lutte des classes se transforme en un concours entre les étages pour savoir qui organisera la fête la plus folle. La violence des rapports sociaux se transforme en une violence crue entre individus. Il faut se laisser porter par le film sans chercher à se raccrocher à des repères réalistes et encore moins à des élément classiques des films d’anticipation.
High-Rise offre un très beau rôle à Tom Hiddleston, qui confirme ici son immense talent. On est loin du film de super héros en costume, mais il est aussi à l’aise dans ce rôle de personnage un peu lunaire qu’en Loki. Le reste du casting est d’un très beau niveau avec des valeurs sûres comme Jérémy Irons et Sienne Miller, mais aussi une apparition remarquée sur grand écran de Elisabeth Moss que les fans de Mad Men connaissent bien. Ils mettent leur talent et leur enthousiasme au service de ce film qui sort des sentiers battus. Qualité malheureusement bien trop rare.
LA NOTE : 13/20
Fiche technique :
Production : Recorded Picture Company
Distribution : The Jockers Films, Le Pacte
Réalisation : Ben Wheatley
Scénario : Amy Jump, d’après le roman IGH de J.G. Ballard
Montage : Amy Jump, Ben Wheatley
Photo : Laurie Rose
Décors : Mark Tidesley
Musique : Clint Mansell
Costumes : Odile Dicks-Mireaux
Durée : 119 mn
Casting :
Tom Hiddleston : Laing
Jeremy Irons : Royal
Sienna Miller : Charlotte
Luke Evans : Wilder
Elisabeth Moss : Helen
James Purefoy : Panghourne
Keeley Hawes : Ann
Peter Ferdinando : Cosgrove

On reste aux Etats-Unis avec Black Rebel Motorcycle Club et leur album Specter at the Feast. Le groupe nous propose un rock un rien basique, parfois lancinant, parfois mou du genou, mais toujours maîtrisé. Enfin, leur musique est peut-être justement un peut trop maîtrisée et on aimerait parfois plus d’originalité et qu’il lâche un peu les chevaux. Au final, l’album se laisse tout de même écouter, mais d’une oreille plutôt distraite !
Etats-Unis toujours, avec le groupe Low et leur dixième album intitulé The Invisible Way. On se retrouve cette fois dans un univers musical très doux, voire parfois minimaliste, mais surtout maîtrisé et très agréable. Le début de l’album est un peu transparent, proposant des titres qui ne décollent jamais vraiment. Puis les mélodies, la voix deviennent plus affirmées. On y trouve notamment Holy Ghost, un très joli titre où la voix est plus poussée. Globalement, l’album est vraiment charmant à défaut d’être vraiment marquant !

Batman vs Superman, l’Aube de la Justice nous livre tout de même une petite demi-heure vraiment jouissive. Certes, elle présente quelques aspects risibles et ridicules, mais on pardonne aisément car c’est le moment où le film renoue avec un esprit comics qui tranche avec la prétention dont il fait preuve par ailleurs. On retourne enfin en enfance et surtout on en a enfin pour notre argent en assistant au spectacle que l’on était venu voir. Face à la longueur du reste, on trouve ça trop court… Batman vs Superman, l’Aube de la Justice est donc un film qui ne sert pas à grand chose… Si ce n’est introduire le futur film consacré à la Justice League… Bref, 2h30 le teaser, record battu !
Les graphismes de Kung-Fu Panda 3 sont vraiment agréables. Même si on est désormais quelque peu blasé en la matière, le film arrive à nous arracher quelques regards admiratifs, notamment les séquences de combat qui parviennent à rester claires, fluides et parfaitement maîtrisées. Tous ces éléments font qu’après avoir passé un très bon moment, on se surprend à espérer un quatrième épisode. Il sera peut-être celui du déclin. Mais qui sait…
Restera cependant un beau casting. Julien Rappeneau réalise là son premier film, après avoir signé un très grand nombre de scénarios à succès. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il a un talent artistique certain pour mettre en valeur les acteurs. Difficile de mettre plus en avant un acteur ou une actrice plutôt qu’un ou une autre. Je citerai cependant Kyan « Bref » Khojandi qui prouve qu’il a sa place dans autre chose que de pures comédies et Sara Giraudeau, elle aussi remarquée sur Canal+ (le Bureau des Légendes) et qui a ce petit quelque chose en plus qui fait la différence. Ils participent à la grande réussite de ce film et ne sont en rien responsables du dérapage final.
Cependant, Thomas Lilti n’est pas qu’un artiste. Il cherche aussi à nous faire partager un point de vue. Il nous livre une ode à une forme d’exercice de la médecine qui est en voie de disparition. Bien sûr, chacun est libre de ses opinions, mais il y a ici un côté nostalgique, c’était mieux avant, un rien ridicule. Avoir un point de vue au cinéma, c’est très bien. Présenter un point de vue un minimum objectif sur un sujet de société, c’est quand même mieux. Ce n’est pas grand choses, mais suffisant pour ne pas réussir à donner à ce film la même dimension qu’à Hippocrate.

Reste enfin la galerie de personnages. Il est clair que Pierre Niney écrase totalement le reste du casting de Five. Cela tient en partie à son rôle, autour duquel tout gravite, mais aussi à un talent sans commune mesure avec le reste du casting. Les autres acteurs font certainement du mieux qu’ils peuvent, mais ils ne sont clairement pas au niveau. Restent quelques caméos sympathiques, comme celui de Fanny Ardant, mais cela reste maigre. Aussi maigre au final que les raisons d’aimer ce film.
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