On démarre cet avis avec un artiste américain, Amythyst Kiah et son album Wary + Strange, sorti en 2011. On y découvre sa voix claire qui dégage une vraie force. Surtout que les titres sont interprétés avec conviction. Certains titres sonnent très rock et rappellent Lenny Kravitz, mais d’autres dégagent une vraie douceur. Ils ont en tout cas tous comme point commun d’être une qualité constante, malgré leur grande variété. On admirera en particulier la maîtrise vocale qui vient se poser sur des instrumentations solides et travaillées.
On part cette fois en Irlande, retrouver le groupe Villagers et leur album Fever Dreams. On est malheureusement vite refroidi par leur musique interprétée très en-dedans. On pourrait prendre ça pour de la douceur, mais cela ressemble plutôt à une forme d’effacement. Certains titres sont un peu plus posés, mais ne décollent jamais vraiment. Quelques uns sont plus suaves et plus affirmés. Mais la voix aigrelette de Conor J O’Brien ne permet jamais de s’enthousiasmer. Au final, l’album se perd trop souvent dans un aspect bien trop éthéré.
En ces heures où la réalité de la guerre nous rattrape de manière inquiétante, on doit se rappeler que c’est finalement une réalité qui n’a jamais été si éloigné de nous que ça. Bien sûr, il y a eu le conflit qui a déchiré l’ancienne Yougoslavie. Mais encore plus proche, la guerre civile en Irlande a représenté un conflit long et sanglant, qui ne s’est finalement achevé qu’il y a quelques années, même s’il était de nature très différente de ce qui se passe aujourd’hui en Ukraine. Kenneth Branagh nous entraîne sur les traces de son enfance marquée par par les troubles qui opposaient Protestants et Catholiques dans le Belfast des années 60. En intitulant sobrement son film Belfast.
Gérard Depardieu, c’est un peu l’oncle qui nous fout la honte au mariage, mais qu’on aime quand même parce qu’il fait partie de la famille. Cet acteur fait partie du patrimoine national, entre le côte du Rhone et le reblochon. On a pourtant tout sous la main pour le détester, mais on n’y parvient pas. Et ce n’est pas Robuste qui va changer cette relation paradoxale. En effet, d’un côté, il fait preuve du génie unique qui a fait de lui cette figure centrale du septième art, de l’autre il interprète un personnage frappé par bien des tares qu’on peut trouver chez l’homme qu’il est. Et là aussi, la détestation est impossible.
La question légitime que l’on pouvait se poser est : pourquoi un nouveau Batman ? Surtout que la version interprétée par Ben Afleck est encore relativement fraîche. Est-ce une maladie qui frappe les franchises de super-héros en manque d’inspiration ? Est-ce que DC cherche juste à imiter Marvel en faisant vivre à l’homme chauve-souris le même traitement cinématographique que l’homme araignée ? Tant d’interrogations et autant de réponses susceptibles d’alimenter les débats entre geeks. Sinon, on peut aussi juste ne pas bouder son plaisir et aller voir The Batman, qui nous offre une vision nouvelle du personnage. Qui nous offre surtout un excellent film !
La Jungle de Calais a déjà inspiré le cinéma français. Il faut dire que la situation sur place dépasse l’entendement et dépasse ce qu’un scénariste aurait pu imaginer. Que ceci puisse exister sur notre sol devrait être totalement inacceptable, mais force est de constater que cela n’éveille finalement que beaucoup d’indifférence, quand ce n’est pas une franche hostilité pour ces femmes et ces hommes qui ne font que témoigner de la profondeur sans limite que peut revêtir la misère. Ils Sont Vivants n’aura malheureusement pas le pouvoir d’éveiller largement les consciences. Mais il apportera son lot d’émotions à ceux qui auront la chance de le voir.
Quand deux légendes se rencontrent, on peut s’attendre à un résultat légendaire. La rencontre entre le mythe de Maigret et le génie dramatique de Gérard Depardieu sonnait comme une promesse, surtout sous la caméra de Patrice Leconte. Restait à tenir cette promesse. Se montrer à la hauteur du génie de Georges Simenon n’est pas non plus une tâche tout à fait aisée. Mettre beaucoup de talent devant et derrière la caméra ne suffit pas. Il faut aussi savoir saisir ce qui fait vraiment l’essence même de l’œuvre de l’écrivain belge. Mais y parvenir peut aussi conduire à décevoir un public qui s’attend à autre chose.
Je vous ai rappelé il y a quelques jours que les enfants sont tous des psychopathes en puissance, à l’occasion de ma critique d’Un Monde. Si ce dernier se contentait de relater la cruauté ordinaire (mais non moins forte) de la cour de récréation, The Innocents explore tout le potentiel de nos chères têtes blondes pour aller encore plus loin dans la méchanceté. On associe rarement l’image d’un enfant à celle d’un « super vilain » mais ce film nous prouve que c’est tout à fait possible. Et c’est plutôt flippant !
Saviez-vous que des homosexuels allemands ayant été condamnés à être enfermés dans des camps de concentration ont dû finir leur peine dans des prisons classiques ? Ca vous étonne et ça vous choque. Eh bien, vous n’êtes pas au bout de votre indignation si vous allez voir Great Freedom, un film poignant sur la répression très dure de l’homosexualité dans l’Allemagne d’après-guerre (jusqu’en 1969 quand même). Si le faits sont déjà bouleversants par eux-mêmes, la manière dont ils sont mis en scène ici décuple l’impact sur le spectateur.
Depuis que le western est passé de mode, le monde de l’entreprise prend souvent la place de l’Ouest Américain comme monde impitoyable où la loi du plus fort règne au cinéma. Au cinéma, comme dans la vraie vie malheureusement, mais nous sommes là uniquement pour parler du 7ème art. Et d’Un Autre Monde plus précisément. Un film qui, après En Guerre, réunit à nouveau Stéphane Brizé et Vincent Lindon pour explorer toute la violence du monde du travail et sa faculté à briser les femmes et les hommes qu’il est pourtant supposé élever. Une violence qui fait quelques victimes collatérales.
Certains situations vous mettent face à un choix émotionnel impossible. Chaque dénouement possible conduira à un drame que l’on ne peut facilement accepter. Un tel déchirement peut s’apparenter à une torture un rien masochiste, mais peut conduire à un flot d’émotion réellement bouleversante. Difficile de rester indifférent devant la Vraie Famille, à moins d’avoir un cœur en granite pur. D’autant plus quand le drame né d’une interprétation aussi inspirée que celle bouleversante de Mélanie Thierry.
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