




Gagarine dresse un double portrait. Celui de la cité vouée à la destruction, vous l’aurez compris, mais aussi celui d’un jeune garçon qui n’accepte pas la situation et entreprend même de rénover ces bâtiments parfois proche de l’insalubrité. Un projet un peu fou qui va… Non je ne dirai rien de plus car l’histoire va prendre des chemins inattendus et c’est en cela qu’il prend tout son intérêt. L’histoire est final d’une force que l’on imaginait pas, dégageant une profonde émotion qui ne vient pas de ce à quoi on pouvait s’attendre vu le sujet de départ. Il parvient à parler avec la même puissance du lieu et de ses habitants. Et c’est là son plus grand mérite.
Continue reading GAGARINE : La cité dans les étoiles
Comme beaucoup de films noirs hexagonaux, Médecin de Nuit repose largement sur les rapports entre les personnages. Des rapports souvent ambigus et tendus, qui créent une ambiance particulière dès les premières minutes. On sent bien que chacun d’eux cache quelque chose et qu’ils auraient bien tort de se fier les uns aux autres. Le scénario repose sur une sortie progressive de l’ambiguïté, soit par la découverte de la vérité, soit par les choix que doivent faire les personnages. Cette somme de petits rebondissements forment une histoire particulièrement solide, l’exercice étant mené avec beaucoup d’intelligence et de subtilité. Il parvient à maintenir la tension jusqu’au bout avec une force remarquable, captivant le spectateur au passage.
Continue reading MÉDECIN DE NUIT : Nuit noire
Cruella est un film de personnages. Personnages au pluriel, car le fil rouge du scénario est le duel entre deux personnalités, dont la rivalité va aller crescendo. Plus encore que les péripéties, c’est bien l’attachement ambiguë que l’on ressent pour le duo. Elles évoluent dans un univers où les bonnes idées se multiplient pour donner naissance à un film doté d’un supplément d’imagination apportant une réelle plus-value. Tous les éléments pour proposer un excellent divertissement sont rassemblés pour le plus grand bonheur des spectateurs, ravis de trouver un petit rayon de soleil au milieu de cet été pourri.
Continue reading CRUELLA : Vilaine surprise
Les récits de Georges Simenon ne se contentent généralement pas d’être de simples polars. Ils dressent toujours un portrait, parfois peu reluisant, de la petite bourgeoisie, de ses travers et de son hypocrisie. Il explore aussi les travers de l’âme humaine, les petits comme les grands. La Grande Perche nous propose une histoire dont le décor ne possède pas cette richesse. Il reste bien le mécanisme de découverte de la vérité, grâce à la perspicacité et le sens de la psychologie du commissaire Maigret, mais sans tous les à côtés. Bref, c’est fromage sans dessert, ce qui rend le menu un peu moins appétissant.
Continue reading LA GRANDE PERCHE (Georges Simenon) : Moment de faiblesse
Sans Un Bruit 2 reprend exactement là où le premier nous avait laissé. Avoir vu ce dernier facilitera la compréhension, mais je pense qu’il est tout à fait possible de rentrer dans ce deuxième volet même sans cela. La complexité du scénario n’est de toute façon pas le point fort de ce film. Mais même si les éléments sont très classiques, et finalement sans grande surprise, ils sont manipulés avec assez d’habileté par John Krasinski pour que l’on prenne un vrai plaisir à suivre cette histoire. C’est rythmé, sans fioriture, mais avec pas mal de petites idées qui font vraiment la différence et nous procurent tous les frissons pour lesquels le spectateur s’est déplacé dans une salle obscure.
Continue reading SANS UN BRUIT 2 : Le danger après le virage
La Nuée n’est pas un film d’horreur à proprement parler. Il s’agit plutôt d’une plongée progressive vers une folie destructrice. Just Philippot maîtrise à la perfection de faire sentir au spectateur dès les première seconde que des événements a priori anodins vont conduire de manière certaine à une terrible catastrophe. Cela crée une tension narrative immédiate, qui ne fera qu’aller crescendo pour un final, qui a de plus le mérite de ne pas être cousu de fil blanc. Beaucoup de maîtrise narrative et artistique pour un premier long métrage vraiment prometteur. J’ignore si Just Philippot a l’intention de changer de style pour son prochain film, mais on peut que se réjouir à l’idée que le cinéma français compte un réalisateur de films de genre d’un aussi grand talent.
Continue reading LA NUÉE : Le bon genre
On retrouve dans l’Argent, le personnage de Saccard, qui était déjà le personnage principale de la Curée, deuxième volet de la saga. Cette fois, il ne spécule plus sur l’immobilier, mais sur des actions. Le décor change, mais le parallèle entre les deux épisodes est trop frappant pour ne pas avoir une légère impression de panne d’inspiration. Les deux sont les miroirs l’un de l’autre, ils explorent les mêmes travers de l’âme humaine, pour une conclusion largement similaire. Moins marquant que la Curée, ce volume est un des volets les moins lus et on comprend aisément pourquoi.
L’Argent ressemble parfois presque à une caricature de ce que peut être les Rougon-Macquart et la démarche entre science et littérature de son auteur. Le lecteur se trouve quelque peu noyé sous les termes techniques relatifs aux opérations boursières, traduisant une nouvelle l’impressionnant travail de recherche réalisé par Emile Zola pour l’écriture de son œuvre. Au final, ce n’est guère différent d’un épisode de Billions et ceux qui ont l’habitude des récits sur le monde de la finance ne seront sûrement pas gênés outre mesure. Les autres trouveront que cela alourdit terriblement un récit qui n’a pas le même souffle que les épisodes les plus marquants. Reste la qualité de l’écriture et l’insertion dans une saga à nulle autre pareille. Et cela vaut largement le détour.

L’originalité de Intérieur Nuit est qu’il s’agit d’un roman dont fait partie des éléments « graphiques ». Principalement des captures de pages Internet ou des coupures de journaux. Ce n’est finalement pas grand chose, mais je n’ai pas d’autres exemples en tête d’un tel procédé. Cela contribue à rendre le récit plus vivant et beaucoup plus immersif. On rentre d’autant plus facilement dans cette histoire et le mystère épais qu’il fait naître dès les premières pages. Cela n’enlève rien à la part d’imagination qui fait de la lecture d’un roman quelque chose de profondément différent d’une fiction audiovisuelle. Cela s’avère au final un peu plus qu’un simple gadget, même si les principales qualités du roman sont ailleurs.
En effet, Marisha Pessl rend son récit incroyablement vivant avant tout par la qualité et la légèreté de son style. Elle fait preuve aussi d’un sens de la narration remarquable en construisant son histoire comme un puzzle qui ne prendra vraiment sens qu’à la dernière pièce. Dommage simplement, qu’elle n’ait pas su à un moment donné raccourcir son intrigue qui finit tout de même par tourner en rond avant les révélations finales. Intérieur Nuit reste un roman long et épais, même s’il se lit très facilement. On prend du plaisir du début à la fin, mais force est de constater qu’on s’y attarde un peu trop longtemps pour que la tension reste toujours maximale. Mais elle reste toujours suffisamment réelle pour faire de ce polar une œuvre sortant réellement de l’ordinaire.

Ce classement voit triompher pour la seconde fois Christopher Nolan, après son couronnement en 2010 pour Inception. Tenet est un film qui a profondément divisé, mais son caractère unique et les qualités artistiques exceptionnelles de ce cinéaste font qu’il sort du lot et ne peut laisser indifférent. Il prouve que l’imagination et le talent parviennent encore à renouveler des thématiques déjà maintes fois traitées.
1917 est aussi l’œuvre d’un immense cinéaste, Sam Mendes. Un chef d’œuvre d’une grande audace formelle. Une plongée vertigineuse dans l’horreur de la guerre qui saisit le spectateur de la première à la dernière seconde. Du grand spectacle, mais bien plus qu’un spectacle !
Enfin Akira est un grand classique du cinéma de science-fiction. Sorti à l’origine en 1988, le film nous emmène en…2020. Le futur décrit n’est pas celui que l’on connaît (et heureusement). Même si certains aspects ont quelque peu vieilli, mais cela reste un chef d’œuvre que certains spectateurs, comme moi, ont eu la chance de découvrir sur grand écran pour la première fois.

Le CLASSEMENT :
1-Tenet
2-1917
3-Akira
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