ALELA DIANE & WILD DIVINE (Alela Diane), BLOOD PRESSURES (The Kills), BELONG (The Pains of Being Pure at Heart) : Sympathiques

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aleladianeandwilddivinealeladianeTrois disques de qualité au programme aujourd’hui, même si aucun ne sort vraiment du lot. On commence par la belle voix de Alela Diane et son album, sorti en 2011, intitulé Alela Dine & Wild Divine. Une artiste américaine quelque peu inclassable, donc la musique tourne autour du rock, du blues, du jazz et de la country. Sa voix profonde nous rappelle parfois The Corrs ou bien The Cranberries. Le résultat est parfois pétillant, mais aussi souvent un tantinet plat. Bref, elle est loin d’exploiter tout son potentiel. On retiendra notamment un beau titre country : Of Many Coulours.

bloodpressuresthekillsOn poursuit avec Blood Pressures, du groupe américano-anglais The Kills. Un duo formé d’une chanteuse, Alisson Mosshart, à la voix profonde et d’un guitariste, Jamie Hince. Le tout donne un rock parfaitement maîtrisé, un poil sombre. L’album est vraiment homogène en qualité, mais il manque tout de même un titre phare. On peut néanmoins retenir The Last Goodbye. Mais retenir la jolie ballade pour un disque de rock n’est jamais très révélateur du style de ce dernier.

belongthepainsofbeingpureatheartOn termine avec Belong, le second album du groupe américain The Pains of Being Pure at Heart. Il nous propose un rock un peu basique, mais souvent énergique. Sur certains titres les accents sont plus pop. Dommage que les voix sont souvent un peu effacées derrière la musique. Cela donne certes un style plus personnel, mais pas sûr que cela apporte un vrai plus. Au final, l’album reste quand même un rien inégal, mais globalement assez sympathique.

MY SWEET PEPPER LAND : Fraîcheur kurde

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mysweetpepperlandafficheLe Kurdistan irakien ne constitue pas vraiment une destination touristique que l’on rêve de découvrir en touriste insouciant. On imagine donc facilement qu’un film qui aurait cette région pour décor serait forcément sombre, dramatique, pour ne pas dire un rien déprimant. My Sweet Pepper Land nous prouve le contraire, en nous parlant sans détour de la société locale, mais avec une énergie, un humour et une fraîcheur tout à fait réjouissants.

My Sweet Pepper Land est une mélange assez improbable entre le western et la comédie romantique. Le réalisateur, Hiner Saleem, assume d’ailleurs totalement le parallèle avec le grand ouest américain, qui lui rappelle la situation actuelle de la région. Une contrée sauvage donc, où règne la loi du plus fort… jusqu’à l’arrivée des deux principaux protagonistes qui vont venir perturber l’ordre établi. Ce film est d’ailleurs avant une rencontre avec deux merveilleux personnages, interprété par deux merveilleux acteurs, dont la merveilleuse (oui, je sais je me répète) Golshifte Farahani, dont on était déjà tombé follement amoureux dans Syngué Sabour.

Mmysweetpepperlandy Sweet Pepper Land, c’est aussi un scénario bien construit, riche et parcouru d’une ironie et d’un second degré salutaires. Le film dénonce beaucoup de choses, mais toujours avec beaucoup de subtilité et en tournant les travers, même les plus graves, à la dérision. Ce procédé est au final d’une efficacité terrible car il permet au spectateur de rentrer totalement dans le film pour des raisons positives, tout en captant au passage le portrait sans détour de cette contrée qui ressemble un peu au bout du monde.

LA NOTE : 13,5/20

Fiche technique :
Production : Agat Films, Rohfilm, HS productions, Chaocorp, Arte France cinéma
Réalisation : Hiner Saleem
Scénario : Hiner Saleem
Montage : Juliette Haubois
Photo : Pascal Auffray
Distribution : Memento films
Musique : Pascal Mayer
Durée : 100 mn
Casting :

Korkmaz Arslan : Baran

Golshifteh Farahani : Govend
Suat Usta : Reber
Mir Murad Bedirxan : Tajdin
Feyyaz Duman : Jaffar

X-MEN : DAYS OF THE FUTURE PAST : Retour gagnant

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xmendaysofthefuturepasafficheMarvel a décidé d’inonder nos écrans de films de super-héros. Une invasion qui ravira les fans du genre. Mais parfois, on préfère la qualité à quantité. Force est de constater que le début de l’année avait été plutôt décevant avec un Captain America faiblard et un Spider-Man 2 frôlant le pathétique. Beaucoup d’espoirs reposaient sur X-Men : Days of the Future Past. Des espoirs qui reposaient sur le retour de Bryan Singer derrière la caméra, même si ce dernier n’avait pas forcément permis à la franchise de prendre le meilleur départ.

Au final, les espoirs sont plutôt comblés. Même si X-Men : Days of the Future Past n’est pas le plus grand chef d’œuvre du genre, il offre richesse, péripéties variées et grand spectacle. Richesse par le foisonnement des personnages, même si certains sont du coup totalement sous-exploités (Omar Sy est plus proche de la figuration que du rôle marquant, à l’inverse de Jennifer Lawrence qui est la grande star de ce film). Péripéties variées avec un croisement incessant des intrigues qui fait plonger constamment le spectateur d’un lieu et d’une époque à l’autre. Et grand spectacle avec des scènes de combats épiques, des poursuites… et un grand moment de cinéma.

xmendaysofthefuturepastX-Men : Days of the Future Past nous propose en effet un grand moment de cinéma. Une scène absolument géniale qui nous rappelle qu’il n’y a pas n’importe qui derrière la caméra. Ce genre de moment qui différencie les films d’actions simplement efficaces de ceux qui recèlent une petite part de magie créatrice. Certes, une scène ne fait pas tout un film. Mais celle-là fait de cet épisode des X-Men un film d’assez bonne qualité pour que les fans attendent la suite avec impatience. Surtout que la petite séquence de fin de générique fera saliver tous les fins connaisseurs de cet univers.

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :
Production : 20th Century Fox, Marvel Entertainment, Dune Entertainment, Bad Hat Harry Productions
Distribution : 20th Century Fox France
Réalisation : Bryan Singer
Scénario : Simon Kinberg
Montage : John Ottman
Photo : Newton Thomas Sigel
Décors : John Myhre
Musique : John Ottman
Costumes : Louise Mingenbach
Durée : 131 mn

Casting :
Hugh Jackman : Logan, Wolverine
James McAvoy : Charles Xavier
Michael Fassbinder : Erik Lehnsherr, Magneto
Jennifer Lawrence : Raven Mystique
Nicholas Hoult : Hank, Beast
Ellen Page : Kitty Pride
Peter Dinklage : Dr. Bolivar Trask
Omar Sy : Bishop
Ian McKellen : Magneto
Patrick Stewart : Professeur X

DEUX JOURS, UNE NUIT : Chapeau, les frangins !

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deuxjoursunenuitafficheJe l’avoue… enfin non je n’avoue pas, ce n’est pas non plus un crime. Je dis simplement que je n’étais pas vraiment fan des frères Dardenne. Ou plutôt je trouvais l’enthousiasme critique vis-à-vis de certains de leurs films quelques peu exagéré, peut-être parce que je déteste ces films où on vous colle devant la misère et le malheur pour qu’on se sente obligé d’être ému, sous peine de culpabiliser. Mais cette fois, je dis chapeau bas les frangins avec ce Deux Jours, Une Nuit aussi bouleversant que magnifique.

Deux jours, Une Nuit a beaucoup fait parler de lui à travers la performance assez extraordinaire de Marion Cotillard. Elle confirme, après De Rouilles et d’Os, qu’elle est faite pour les rôles difficiles. Elle possède un talent rare que les grands directeurs d’acteurs savent transcender. Les frères Dardenne font partie de cette race là. Pourtant, la tâche était ardue car savoir se renouveler tout au long d’un film, quand on doit rejouer encore et encore la même situation, demande d’aller chercher au plus profond de soi. Ne doutons pas que Marion Cotillard a mis beaucoup d’elle même dans ce rôle et on ne peut que l’en remercier.

Pdeuxjoursunenuitendant une partie du film, j’ai vraiment peur que Deux jours, Une Nuit ne s’enferme dans une sorte de voyeurisme, face à cette humiliation qui se répète encore et encore. On partage vraiment cette souffrance et on peut craindre à un moment que cela finisse par devenir insupportable et gratuit. Mais le scénario est assez bien construit pour dépasser cela très vite et tendre vers un vrai suspense. Jusqu’au bout, on se demandera quel sera le dénouement. De plus, ce dernier finira par délivrer un message plus complexe et ambiguë que ce que l’on pouvait craindre et qui change du discours totalement misérabiliste qu’ont parfois eu les Frères Dardenne.

Mais le plus grand exploit des Frères Dardenne est sans doute d’arriver à signer un film d’une telle force et d’une telle qualité, avec une réalisation aussi sobre. Mes voisins au cinéma ont fait souligné le fait qu’il n’y a pas de musique dans Deux Jours, Une Nuit. Mais sans ce commentaire, je ne l’aurais absolument pas remarqué tant ils arrivent, sans aucun artifice, à nous faire partager les sentiments des personnages et nous plonger au cœur de ce film qui aurait fait une très belle Palme d’Or.

LA NOTE : 15/20

Fiche technique :
Production : Les Films du Fleuve
Réalisation : Jean-Pierre & Luc Dardenne
Scénario : Jean-Pierre & Luc Dardenne
Montage : Marie-Hélène Dozo
Photo : Alain Marcoen
Distribution : Diaphana Distribution
Durée : 90 mn

Casting :
Marion Cotillard : Sandra
Fabrizio Rongione : Manu
Catherine Salée : Juliette
Christelle Cornil : Anne

DAYS (James Lovegrove) : La bonne surprise du jour

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daysNouvelle bonne surprise dans mes lectures avec Days du romancier britannique James Lovegrove. Ce roman est rangé dans la case science-fiction, mais je parlerai plutôt de mon côté de roman d’anticipation. En effet, on n’est pas projeté dans l’espace ou confronté avec une invasion extra-terrestre. Ce roman raconte simplement 12h de la vie d’un grand centre commercial dans un futur plutôt proche.

C’est vrai que dit comme ça, on peut avoir un peu de mal à mesurer tout l’intérêt de Days. Mais je n’en dirai pas plus car c’est justement dans son aspect original et surtout surprenant que réside une large partie de l’intérêt de ce roman. Il s’agit d’une critique acerbe de la société de consommation, traitée avec un certain humour et pas mal d’imagination. Le récit est extrêmement bien construit, avec des personnages très réussis et une intrigue qui s’épaissit à chaque page.

Et si au final, on dévore vraiment Days, c’est aussi parce qu’il est plutôt bien écrit. On n’est pas là face à un chef d’œuvre de la littérature, mais une écriture fluide, claire et très agréable. On peut d’ailleurs regretter que ce roman soit un des rares de son auteur à avoir été traduit en Français. Bon, rien ne me prouve que le reste de sa bibliographie soit du même acabit, mais j’ai du mal à croire qu’elle ne vaut pas bien mieux que beaucoup d’auteurs largement distribués sous nos contrées francophones.

MAPS TO THE STARS : Loin des étoiles

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mapstothestarsafficheDavid Cronenberg a signé au cours de sa longue carrière quelques chef d’œuvres, mais aussi un certains nombre de films tournant un peu au n’importe quoi. Map to the Stars fait partie de l’un ou de l’autre selon les critiques. Malheureusement pour moi, il appartient clairement à la deuxième catégorie. Pourtant j’aurais adoré adorer ce film. Mais au final, je n’ai pas trouvé grand chose auquel m’accrocher pour encenser ce film.

Maps to the Stars reprend une des grandes obsessions du réalisateur canadien : le malaise profond des gens qui ont beaucoup d’argent. Je suis bien d’accord que c’est un sujet comme un autre, mais bâtir une bonne partie de sa carrière là-dessus est quelque peu risqué. On a bien du mal à avoir le moindre sentiment d’empathie pour les personnages. Ce film n’est même pas vraiment une vision au vitriol d’Hollywood, comme certains ont essayé de nous le faire croire, mais juste le destin individuel d’enfants gâtés et pourris en profondeur.

mapstothestarsDavid Cronenberg a évidemment mis sa patte artistique sur Maps to the Stars. Mais là encore, le résultat rappelle ce qu’il nous a déjà offert à de nombreuses reprises, sans arriver ici à rien nous proposer de nouveau. Qu’il n’ait pas son pareil pour filmer les coins les plus sombres des âmes torturées, à créer une ambiance de malaise, là où il ne devrait y avoir que paillettes et glamour, est une chose. Reste à lui donner un sens. Ici tout cela tourne un peu dans la vide et finit par faire ressembler ce film à un exercice de style un peu vain.

Par contre, je serai injuste si je ne saluais pas la performance extraordinaire de Julianne Moore. Mais peut-on en attendre moins d’une si grande actrice ? Allez, j’arrête de faire mon critique blasé pour apprécier à sa juste mesure cette interprétation magistrale.

LA NOTE : 08/20

Fiche technique :
Production : Prospero Pictures, Sentient Entertainment, SBS Prod., Integral film
Réalisation : David Cronenberg
Scénario : Bruce Wagner
Montage : Ronald Sanders
Photo : Peter Suschitzky
Décors : Carol Spier
Distribution : Le Pacte
Musique : Howard Shore
Durée : 111 mn
Casting :

Julianne Moore : Havana Segrand
Mia Wasikowska : Agatha Weiss
John Cusack : Dr Stafford Weiss
Robert Pattinson : Jerome Fontana
Olivia Williams : Cristina Weiss
Sarah Gadon : Clarice Taggart
Evan Bird : Benjie Weiss
Justin Kelly : Rhett
Carrie Fisher : elle-même

CREEP ON CREEPIN’ON (Timber Timbre), THE GATHERING (Arbouretum), THE KING OF LIMBS (Radiohead) : Confirmation et déception

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creeponcreepinontimbertimbreUne fois n’est pas coutume, je vais garder le moins bon pour la fin et commencer par le meilleur. En l’occurrence, Creep on Creepin’On du groupe canadien Timber Timbre. J’avais déjà commenté leur précédent album, sobrement intitulé Timber Timbre. J’écrivais alors : L’album est assez homogène en qualité, mais finit tout de même par manquer de relief à la longue. Cela peut une nouvelle fois définir globalement cet album folk aux accents jazz. La musique est toujours douce, un rien sensuelle, mélodieuse, la voix de Taylor Krik toujours aussi intéressante. Mais le tout reste toute même parfois un rien transparent. Il ne manque pas grand chose à ce groupe pour proposer une musique vraiment plus marquante, mais force est de constater qu’ils ont bien du mal à franchir ce cap.

thegatheringarbouretumOn enchaîne avec The Gatehering du groupe Arbouretum. Je n’ai pas trouvé beaucoup d’informations sur ce groupe sur Internet, si ce n’est qu’il s’agit de leur 4ème album et qu’ils sont américains. En tout cas, ils livrent un rock plutôt sombre, plutôt acoustique, avec des guitares très présentes. Le résultat n’est pas toujours très fluide, sonne souvent comme un martellement pour se révéler au final souvent assez lancinant. Sans être totalement à rejeter, cela ne présente donc pas un intérêt spectaculaire.

ThekingoflimbsradioheadOn termine par une grosse déception avec The King of Limbs, le dernier album-studio en date de Radiohead. J’aime beaucoup ce groupe, cet album a été largement salué par la critique, mais personnellement, je ne partage pas du tout cet enthousiasme. Déjà, je trouve qu’il s’ouvre sur un titre incroyablement moche et inaudible. Et ce ne sera pas le seul pour un résultat globalement très tristounet et qui ressemble terrible à ce qu’ils ont déjà fait avant… mais en moins bien !

THE HOMESMAN : A l’Ouest, du nouveau !

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thehomesmanafficheTommy Lee Jones se sera mis à la réalisation, en parallèle d’une carrière d’acteur d’une richesse rarement égalée, à plus de 60 ans, mais force est de constater que c’est une vraie réussite et qu’on peut amèrement regretter qu’il n’y ait pas pensé avant. Une nouvelle preuve avec ce très bon The Homesman. Un film qui prouve qu’il est encore possible de faire des westerns qui ne ressemblent pas au milliers de westerns qui les ont précédés.

The Homesman reprend pourtant des éléments assez classiques. La femme livrée à elle-même qui va trouver un appuis auprès d’un vieux routier de l’ouest a servi de base encore récemment au sympathique Sherrif Jackson. Par contre y introduire un thème social, le traitement des maladies mentales et de la dépression à une époque pré-freudienne, constitue une démarche beaucoup plus originale. Elle est menée avec beaucoup d’intelligence, menant dans un subtil équilibre les dangers que recouvrent la traversée d’un ouest encore sauvage avec une vraie émotion et un profond humanisme.

thehomesmanSi Tommy Lee Jones le réalisateur produit un travail remarquable avec The Homesman, Tommy Lee Jones, l’acteur est pas mal non plus. Mais il est vrai que ce dernier est quelque peu éclipsé par une Hilary Swank qui livre là une nouvelle performance magistrale. Si le rôle est moins fort que celui qu’elle a tenu dans Million Dollar Baby, elle l’interprète avec le même talent et la même intensité. Mais le reste du casting n’est pas mal non plus et c’est avec grand plaisir que l’on retrouve Mirand Otto, qui peut donc jouer autre chose que les princesses guerrières dans le Seigneur des Anneaux.

LA NOTE : 14/20

Fiche technique :
Production : Ithaca Pictures, Javelina Film Company, EuropaCorp
Réalisation : Tommy Lee Jones
Scénario : Tommy Lee Jones, Kieran Fitzgerald, Wesley Oliver, d’après le roman de Glendon Swarthout
Montage : Roberto Silvi
Photo : Rodrigo Prieto
Décors : Merideth Boswell
Distribution : Europacorp Distribution
Musique : Marco Beltrami
Durée : 122 mn

Casting :
Tommy Lee Jones : George Briggs
Hilary Swank : Mary Bee Cuddy
Grace Summer : Arabella Sours
James Spader : Aloysius Duffy
John Lithgow : Révérend Dowd
Tim Blake Nelson : Freighter
Miranda Otto : Theoline Belknap
Sonja Richter : Gro Svendsen
Meryl Streep : Altha Carter

D’UNE VIE A L’AUTRE : Le Mur tombe, le suspense aussi

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duneviealautreafficheLe cinéma allemand s’est durablement installé sur nos écrans depuis l’immense succès de Goodbye Lenin puis de la Vie des Autres. C’est clairement grâce à eux qu’un film comme D’Une Vie à l’Autre est distribué dans notre beau pays. Un film qui revient une nouvelle fois sur les blessures causées par la chute du Mur. Mais un film aussi qui souffre de beaucoup trop de faiblesses pour être aussi mémorable que ses glorieux prédécesseurs.

D’Une Vie à l’Autre souffre d’une grosse faille dans son scénario. On comprend le fin de mot de l’histoire bien avant les personnages. Du coup, on passe une partie du film, surtout le dernier tiers, à avoir envie que les choses s’accélèrent. Le film essaye bien de faire comme ci et d’entretenir un suspense totalement artificiel, mais ça ne fonctionne pas du tout. Cela vient gâcher une première partie plutôt bien foutue, beaucoup mieux maîtrisée, où les éléments se dévoilaient progressivement les uns après les autres.

duneviealautrePour le reste, la réalisation de D’Une Vie à l’Autre est sobre, sans éclat, mais totalement au service de l’histoire. Les personnages sont plutôt réussies. En fait, toutes les bases étaient vraiment réunies pour faire un très bon film. Ca aurait pu être le cas si Georg Mass avait su donner plus de corps à un sujet auquel il a su donner un intérêt, pas de souffle narratif.

LA NOTE : 10,5/20

Fiche technique :
Production : B&T Films, Helgeland Film, Zinnober Film Und Fernsehproduktion
Distribution : Sophie Dulac distribution
Réalisation : Georg Mass
Scénario : Gorg Mass, Christoph Tölle, Stale Stein Berg, Judith Kaufmann, d’après le roman de Hannelore Hippe
Montage : Hansjörg Weissbrich
Photo : Judith Kaufmann
Décors : Bader El Hindi
Musique : Christoph Kaiser
Durée : 97 mn

Casting :
Juliane Köhler : Katrine Evensen Myrdal
Liv Ullmann : Ase Evensen
Sven Nordin : Bjarte Myrdal
Ken Duken : L’avocat Sven Soldbach
Julia Bache-Wiig : Anne Myrdal
Rainer Bock : Hugo

LA LIGNE DE FRONT

europeennes2014

europeennes2014Si les résultats des dernières élections municipales avaient engendré moult commentaires, ceux des européennes font pleuvoir les analyses, depuis le journal le plus sérieux, jusqu’au café du commerce. Un intérêt pour les résultats qui semblent inversement proportionnel à celui que nos concitoyens ont porté à la campagne. Il faut dire qu’on a assisté concours de formules apocalyptiques, (tempête, séisme…) pour décrire ce qui s’est passé le 25 mai.

Pourtant, ce résultat n’avait rien d’une surprise. A quelques arrondis près, il est conforme à ce que tous les sondages annonçaient, avec une dynamique très favorable au FN sur les derniers jours. Cela n’a pas empêché tout le monde d’avoir totalement l’air étonné et abasourdi. Fermer les yeux alors qu’on va droit dans le mur constitue une généralement très mauvaise façon d’éviter le choc. C’est même le meilleur moyen pour le rendre inéluctable. Et c’est bien ce que s’évertue à faire la classe politique depuis longtemps !

S’il y a une grande leçon à tirer définitivement de ce scrutin, c’est que le vote FN est désormais un vote qui dépasse de très loin le clivage gauche/droite. On le sait depuis longtemps, mais c’est très dur à accepter à gauche. Il faut voir comment le PS et le Front de Gauche construisent leur discours pour s’opposer à Marine Le Pen pour comprendre à quel point ils refusent cette réalité. Comment expliquer autrement que la liste PS ait fait plus à Viroflay, ville pourtant très à droite mais où le FN fait toujours des scores faibles, un résultat meilleur qu’au niveau national ? Quelque chose a vraiment changé à ce niveau-là et il est temps d’en tirer les conséquences.

Les résultats de Viroflay montrent aussi à quel point le vote FN se nourrit des problèmes rencontrés par la population. Démontrer que les solutions qu’ils proposent sont inefficaces est un coup d’épée dans l’eau. Car aux yeux de ceux qui leur apportent leurs suffrages,elles n’ont d’autre mérite que d’être différentes que celles proposées par des partis dit de gouvernement, qui se sont montrés incapables de réduire durablement le chômage, la précarité, le mal-logement et les inégalités dans notre pays.

Il n’y a donc qu’un seul moyen pour faire refluer le Front National : faire entrer dans notre pays dans une dynamique positive où les problèmes semblent se résoudre plutôt que s’accroître. Je sais que lorsque l’on a dit ça, on n’a rien dit puisque si la tâche était facile et les solutions connues, ça se saurait. Mais une chose est sûr, le discours de culpabilisation, le rappel à l’histoire deviennent chaque jour plus inefficaces, voir même contreproductifs. IL y a urgence de s’en rendre compte avant de vivre en 2017 des soirées électorales beaucoup plus sombres que celle du 25 mai dernier.