HE WHO SAW THE DEEP (I Like Trains), YOU ARE THERE (Hilary Kole) et LONG PLAYER LARGE BLOOMER (Ron Sexsmith) : Histoires de voix

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hewhosawthedeepiliketrainsOn commence avec un son pop-rock sombre et mélancolique qui nous vient d’Angleterre, de Leeds pour être plus précis, avec le groupe I Like Trains et leur album He Who Saw the Deep. Une musique mélodieuse, mais tout de même un peu molle par moments. La voix de Guy Bannister manque de relief, ce qui donne un album un peu plat et globalement répétitif. Heureusement, la qualité va croissante et les derniers morceaux sont les meilleurs. On retiendra notamment Sea of Regrets, qui,à l’image de l’album, va crescendo.

youaretherehilarykoleHilary Kole est une chanteuse de jazz qui possède une particularité rare. Elle ne possède qu’une seule page Wikipédia… en hongrois. Ne parlant pas cette langue, j’ai du consulter son site internet pour apprendre qu’elle était américaine, visiblement originaire de New York. You Are There, est un album de duos avec un grand nombre de pianistes de jazz parmi les plus célèbres de la planète. Le résultat fait fortement penser à Diana Krall, mais avec une voix nettement moins chaude et profonde cependant. Du coup, c’est un tout petit peu monotone. Il n’y a vraiment que sur le titre You Are There qu’Hilary Kole pousse vraiment sa voix et on peut vraiment regretter qu’elle ne le fasse pas plus souvent.

longplayerlatebloomerronsexsmithOn remonte un peu vers le Nord, direction le Canada, pour retrouver Ron Sexsmith et son album Long Player Late Bloomer. Il nous y offre un rock élégant qui glisse tout seul à l’oreille. La voix est mélodieuse, mais avec ce qu’il faut de conviction, bien que rarement poussé. Les morceaux mélangent le rock avec des influences variées, entre swing et country, pour un résultat réellement convaincant.

LE HOBBIT : LA DESOLATION DE SMAUG : Le dragon souffle toujours deux fois

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hobbit2afficheL’humeur dans laquelle on se trouve joue forcément un rôle dans l’appréciation que l’on peut avoir d’un film. J’ai pu le constater une nouvelle fois avec le Hobbit : la Désolation de Smaug que j’ai été voir au premier jour de mes vacances, la tête encore pleine de mes problèmes au boulot. Et j’en suis sorti déçu, mais surtout avec l’impression bizarre de n’avoir jamais été complètement attentif au film et, du coup, incapable de rentrer vraiment dedans. J’ai donc attendu un peu plus de quinze jours avant d’y retourner, pour m’en faire une opinion tout autre.

Ce second volet m’a fait la même impression que m’avait faite le Hobbit : Un Voyage Inattendu. C’est à dire qu’on y retrouve la magie du Seigneur des Anneaux, dans la limite autorisée par un roman moins riche, moins dense, moins sombre, même enrichi considérablement par les annexes de l’oeuvre de Tolkien. La forme est toujours impeccable, mais le fond manque toujours d’un rien de souffle épique, d’un rien de démesure. En effet, on ne demande pas ici à un hobbit de sauver le monde, juste de voler un bijou (bon c’est plus compliqué que ça, mais je résume) et cela change tout.

hobbit2Heureusement, le grand spectacle est au rendez-vous et quand on est dans l’humeur de se prêter au jeu, on peut facilement s’enthousiasmer pour ces aventures qui puisent dans les profondeurs d’un imaginaire occidental qu’elles ont profondément contribué à renouveler. Le Hobbit : la Désolation de Smaug offre quelques moments de bravoure cinématographique, jusqu’à un dénouement qui nous présente un dragon particulièrement grandiose et réussi.

La critique est donc définitivement un art particulièrement subjectif. J’irai peut-être voir une troisième fois le Hobbit : la Désolation de Smaug, histoire d’être définitivement bien sûr de moi. Mais quelque chose est vraiment sûre ! Le troisième et dernier volet est attendu avec une grande impatience !

LA NOTE : 14/20

Fiche technique :
Production : New Line Cinema, Metro-Goldwyn-Mayer Pictures, Wingnut Films
Distribution : Warner Bros.
Réalisation : Peter Jackson
Scénario : Fran Walsh, Philippa Boyens, Peter Jackson, d’après J.R.R. Tolkien
Montage : Jabez Olssen
Photo : Andrew Lesnie, ACS, ASC
Décors : Dan Hennah
Musique : Howard Shore
Effets spéciaux : Weta Digital Ltd
Maquillage : Weta Workshop Ltd, Peter Swords King
Durée : 161 mn

Casting :

Richard Armitage : Thorin
Martin Freeman : Bilbo
Stephen Fry : Maître d Esgaroth
Luke Evans : Bard
Aidan Turner : Kili
Orlando Bloom : Legolas
Evangeline Lilly : Tauriel
Ian McKellen : Gandalf
Cate Blanchett : Galadriel
Benedict Cumberbatch : Smaug / Necromancer

LE GEANT EGOISTE : Made in UK

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legeantegoisteafficheAutre film remarqué à Cannes (dont la cuvée est à vrai dire relativement exceptionnel), le Géant Egoiste confirme que les britanniques n’ont pas de rivaux quand il s’agit de faire des films sociaux. Visiblement, ils n’ont pas que Ken Loach et Mike Leigh qui excellent dans ce domaine, puisque le film de Clio Barnard peut tout à fait rivaliser avec les meilleurs films de ces deux grands réalisateurs.

Pourtant, ce n’était pas gagné que j’aime ce film. En effet, son personnage principal est un jeune garçon passablement insupportable. D’habitude, que ce genre de personnage ait des problèmes dans la vie ne constitue pas pour moi une excuse qui le rend sympathique. Jeune ou vieux, un monstre reste un monstre et les paires de claques se perdent du berceau à la tombe. Mais le grand mérite de le Géant Egoïste est d’arriver à vous faire aimer ses personnages malgré tout.

legeantegoisteLe Géant Egoïste est un vrai drame dans tous les sens du terme. N’y aller par pour vous marrer un grand coup, cela serait peine perdue… A moins d’avoir un sens de l’humour très particulier… Par contre, les amateurs d’histoire forte et au final réellement poignante en auront pour leur argent. On en ressort un peu secoué, frappé en plein ventre par la dernière demi-heure réellement bouleversante.

Si la réalisation fait parfois penser à un téléfilm, Le Géant Egoïste bénéficie cependant d’un casting d’une immense valeur. C’est vraiment à se demander comment le cinéma britannique arrive à produire ainsi des comédies formidables à la chaîne.

LA NOTE : 14/20

Fiche technique :
Production : BFI Film Fund, Film4, Moonspun Films
Réalisation : Clio Barnard
Scénario : Clio Barnard
Montage : Nick Fenton
Photo : Mike Eley
Décors : Helen Scott
Distribution : Pyramide distribution
Musique : Harry Escott
Directeur artistique : David Bowes
Durée : 91 mn

Casting :
Conner Chapman : Arbor
Shaun Thomas : Swifty
Sean Gilder : Kitten
Lorraine Ashbourne : Mary
Ian Burfield : Mick Brazil

TEL PERE, TEL FILS : Un dernier pour la route

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telperetelfilsaffiche013 étant au final une bonne année cinématographique, elle nous devait un dernier grand film. Il s’agit de Tel Père, Tel Fils, film japonais, Prix du Jury au dernier Festival de Cannes. Une histoire d’échange de nourrissons et surtout une sublime réflexion sur les rapports père-fils. Si le point de départ est le même que la Vie est un Long Fleuve Tranquille, le moins que l’on puisse dire, c’est que le traitement du sujet est très différent.

Tel Père, Tel Fils est à la fois universel et très lié à la société japonaise. Ou disons qu’il permet de voir comment les caractéristiques de cette dernière exacerbe certains aspects de la réflexion. Cependant, le film ne sombre jamais dans l’excès. Il repose sur la comparaison entre deux figures paternelles très différentes, pour ne pas dire opposées, mais qui ne sombrent jamais dans la caricature. On y retrouvera tous des situations, des réactions, des attitudes que l’on a vécu plus ou moins directement.

telperetelfilsTel Père, Tel Fils dégage une grande émotion à chaque scène. Cela permet à l’intrigue de rester constamment sous tension. De plus, il y a jusqu’au bout un vrai suspense sur le dénouement qui aurait pu être très différent. Le rythme de narration reste japonais, mais là aussi sans excès, et jamais on ne s’ennuie. Il ne s’agit pas d’un film contemplatif, mais d’une réflexion qui se fait au travers des agissements et des réactions des personnages.

Les acteurs sont eux aussi formidables, avec une mention tout particulière pour Masaharu Fukuyama. La réalisation est sombre, mais terriblement élégante et raffinée. Bref, on est là devant un très beau moment de cinéma, alliant une grande humanité, une infinie tendresse, de l’humour parfois et surtout une émotion profonde et sincère.

LA NOTE : 15,5/20

Fiche technique :
Production : Fuji Television Network, Amuse Inc, Gaga corporation
Réalisation : Kore-eda Hirokazu
Scénario : Kore-eda Hirokazu
Montage : Kore-eda Hirokazu
Photo : Takimoto Mikiya
Décors : Mitsumatsu Keiko
Distribution : Le Pacte
Durée : 120 mn

Casting :
Masaharu Fukuyama : Nonomiya Ryota
Machiko Ono : Nonoiya Midori
Lily Franky : Saiki Yudai
Yoko Maki : Saiki Yukari

LE LOUP DE WALL STREET : Quoi de neuf Monsieur Scorsese ?

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leloupdewallstreetafficheA Noël, il y a les Disney. Mais il y a aussi souvent les films de Martin Scorsese. Après nous avoir ravi il y a deux ans avec Hugo Cabret, le revoici avec le Loup de Wall Street. Il s’agit d’un beau cadeau à mettre au pied du sapin, même si je lui ai trouvé quelques faiblesses. Cependant, quand un très réalisateur dirige un très acteur, il ne peut quand même rien sortir de vraiment mauvais.

Avec Le Loup de Wall Street, Martin Scorsese revient à ce qu’il sait faire de mieux : le récit de la vie de quelqu’un pas très honnête de l’ascension à la chute. Pas de mafia ici, mais le milieu de la finance et ses excès. Le déroulé du film est donc sans surprise, l’intérêt reposant beaucoup plus sur le chemin qui sera parcouru plutôt que sur le point d’arrivée. Le réalisateur maîtrise le sujet à merveille, mais ça sent quand même un tout petit peu le réchauffé. Surtout que la forme aussi est typique de son œuvre, avec différents personnages parlant en voix-off comme un narrateur

leloupdewallstreetEnsuite, Le Loup de Wall Street est un peu long, près de trois heures, et quelques peu inégal. J’ai trouvé certaines scènes un peu ratées, allant un peu trop dans l’excès et perdant du coup en crédibilité. Les personnages sont à la fois détestables et attachants, mais parfois surtout détestables. Bref, personnellement, j’en suis resté au stade de l’intérêt, sans aller jusqu’à celui de l’enthousiasme.

A côté de cela, Le Loup de Wall Street reste un film dirigé par Martin Scorsese avec Leonardo Di Caprio. C’est à dire que la classe à l’état pur transparaît dans chaque image. C’est merveilleusement filmé et merveilleusement interprété. Mais un peu comme pour le duo James Gray – Joaquim Phenix, on peut se demander si un tel duo à force d’être reconduit ne finit pas par tomber dans une certaine routine qui ne cherche plus à nous proposer quelque chose d’inattendu.

LA NOTE : 12,5/20

Fiche technique :
Production : Red Grabite Pictures, Sikelia Productions, Appian Way, Emjag Productions
Distribution : Metropolitan Filmexport
Réalisation : Martin Scorsese
Scénario : Terrence Winter, d’après le livre de Jordan Belfort
Montage : Thelma Schoonmaker
Photo : Rodrigo Prieto
Décors : Bob Shaw
Directeur artistique : Ellen Christiansen
Durée : 180 mn

Casting :
Leonardo DiCaprio : Jordan Belfort
Jonah Hill : Donnie Azoff
Matthew McConaughey : Mark Hanna
Margot Robbie : Naomi Lapaglia
Spike Jonze : Dwayne
Jon Favreau : Manny Riskin
Kyle Chandler : Patrick Denham
Cristin Milioti : Teresa Petrillo
Jean Dujardin : Jean-Jacques Saurel
Rob Reiner : Max Belfort

ABSOLUTION (Anthony Shaffer) : Un mal pour un bien

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absolutionDans un polar ou un roman noir, on s’attend très vite à voir quelqu’un mourir. Or, une fois arrivée à la moitié de Absolution, on n’a toujours aucun cadavre en vue. Simplement le quotidien d’un pensionnat pour garçons catholique au fin fond de l’Angleterre. Mais parmi le qualités d’un bon roman, figure la capacité à nous surprendre et à nous emmener là où on ne s’attend pas. Dans ce cas, on peut vraiment considérer que ce roman est vraiment très bon.

Dès les premières pages, on sent tout de même bien que quelque chose cloche dans ce paysage qui ne devrait être fait que de discipline, de droiture et de repentir. Mais il est difficile de savoir quoi. Tout ça grâce à la plume très habile d’Anthony Shaffer, surtout connu pour ses qualités de scénaristes (Frenzy d’Alfred Hitchcock ou bien les adaptations du Crime de l’Orient-Express ou de Mort sur le Nil d’Agatha Christie). Il arrive à installer le malaise peu à peu, l’air de rien et sans que l’on comprenne bien comment. Cela passe notamment par une grande subtilité et une réelle ambiguïté chez les personnages. Jamais on ne se doute d’où le mal finira par surgir.

Absolution est un roman court, mais riche et suffisant. Anthony Shaffer aurait pu faire preuve de facilité en plaçant son action dans un lieu censé consacrer le « bien ». Mais il traite son sujet avec une grande intelligence, une finesse rare pour le genre et signe là définitivement un excellent roman.

LA REINE DES NEIGES : Disney on ice

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lareinedesneigesafficheQui dit Noël, dit nouveau film signé Disney ! Je n’ai pas dérogé à la tradition en allant voir Reine des Neiges ! Et j’ai eu bien raison puisque ce film est une vraie réussite qui séduira petits et grands. Bon, on n’est pas au niveau des grands grand classiques comme le Roi Lion (de toute façon, rien n’est au niveau du Roi Lion), mais il fera incontestablement partie de ceux que l’on aura plaisir à voir et revoir. Il se situe dans la droite lignée de La Princesse et la Grenouille, Raiponce ou les Mondes de Ralph qui confirme que le studio est revenu au top, loin de l’époque de Frère des Ours ou la Ferme se Rebelle.

Le film est clairement en deux parties. Dans la première, on chante ! C’est une tradition chez Disney, mais là on chante vraiment souvent. Et quand on est amateur de comédies musicales comme moi, on est ravi ! La deuxième est par contre beaucoup plus tournée avec l’action. C’est rythmé, spectaculaire et tout aussi réussi. Bref, la Reine des Neiges est un film riche qui donne beaucoup de raisons de l’aimer.

lareinedesneigesLe tout est porté par une histoire pleine de vrais rebondissements, parfois réellement inattendus. Le propos n’est pas d’une profondeur abyssale, mais pour un divertissement familial, ce n’est pas mal. Ce sont surtout les personnages qui se démarquent par une certaine ambiguïté. A la fin, on distingue bien les méchants des gentils, mais ce n’est pas si évident au cours de l’intrigue. Enfin, le film est visuellement très beau, les effets entre neige et glace étant particulièrement soignés. Si j’avais une seule petite réserve à formuler, le ferai à l’encontre de l’aspect cartoon qui prend la forme ici d’un renne et d’un bonhomme de neige facétieux. C’est sympathique, mais sans génie.

LA NOTE : 12,5/20

Fiche technique :
Production : Walt Disney Animation Studios, Walt Disney Pictures
Distribution : Walt Disney Studios Motion Pictures
Réalisation : Chris Buck, Jennifer Lee
Scénario : Chris Buck, Jennifer Lee, Shane Morris, d’après le conte de Hans Christian Andersen
Montage : Jeff Draheim
Décors : Dolby Digital, 35 mm, 2.55 : 1
Musique : Christophe Beck
Directeur artistique : Michael Giaimo
Durée : 108 mn

Casting :
Josh Gad : Olaf
Idina Menzel : Elsa
Alan Tudyk : Duc de Weselton
Kristen Bell : Anna
Jonathan Groff : Kristoff

THE LUNCHBOX : A voir avec appétit

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thelunchboxafficheQuand on pense cinéma indien, on pense tout de suite Bollywood, saris colorés et chorégraphies improbables. Mais il ne se résume pas qu’à cela. La preuve avec The Lunchbox, un très beau film entre la comédie romantique et le film social. L’histoire d’un amour épistolaire entre un homme veuf proche de la retraite et une jeune fille délaissée par un mari assez peu attentionné. Une histoire qui nous plonge au cœur de la société indienne moderne, même si les sentiments sont totalement universels.

The Lunchbox est un film drôle et tendre, même s’il décrit les lourdeurs de la société indienne, le désir de certains d’y échapper et la difficulté pour y parvenir. Mais l’humour domine quand même pour nous donner le sourire tout au long du film. Un sourire franc et massif, tant on est séduit par les personnages et les situations. Le tout est porté par un fil narratif qui crée un vrai suspense et maintient donc l’intérêt du spectateur au plus haut jusqu’à la dernière seconde.

thelunchboxJe vous conseille fortement de ne pas aller voir The Lunchbox le ventre vide. Surtout si vous aimez la cuisine indienne (comment ne pas aimer ! Ou alors vous n’avez pas goûté celle de ma mère !). Il y est beaucoup question de nourriture et le film vous mettra l’eau à la bouche. Une autre raison pour trouver ce film particulièrement savoureux !

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :
Production : Sikhya Entertainment, DAR Motion Pictures, NFDC, Asap Films, Rohfilm, Cine Mosaic, Dharma productions, arte France cinéma
Réalisation : Ritesh Batra
Scénario : Ritesh Batra, Rutvik Oza
Montage : John F. Lyons
Photo : Michael Simmonds
Décors : Shruti Gupte
Distribution : Happiness Distribution
Musique : Max Richter
Costumes: Nihaika Khan
Durée : 104 mn

Casting :
Irrfan Khan : Saajan Fernandes
Nimrat Kaur : Ila
Nawazuddin Siddiqui : Shaikh
Denzil Smith : Mr Shroff
Bharati Achrekar : Mme Deshpande
Nakul Vaid : Rajeev

ALBATOR, CORSAIRE DE L’ESPACE : Il revient et c’est bon !

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albatorafficheIl revient, Albator, le Capitaine Corsaire… Et cette fois, il revient sur grand écran pour le grand bonheur de tous ceux qui ont tant aimé ce personnage qui a marqué la fin des années 70 et les années 80 au cours de deux séries inoubliables. Ceux qui ont eu la chance de lire le manga savent bien qu’il s’agit là d’une œuvre majeure de cette culture, d’une qualité et d’une profondeur bien supérieure à la majorité des séries que l’on associe à cette époque. Ceux qui ont revu des épisodes de Capitaine Flam comprendront parfaitement ce que je veux dire…

Albator, Corsaire de l’Espace nous revient cette fois en images de synthèse. Déjà premier point, le film est esthétiquement très beau. Certes, cela donne un côté un peu froid aux personnages, mais les scènes de batailles sont vraiment sublimes. Cela aboutit surtout à un « graphisme » plus adulte que les séries originales. L’ambiance y est beaucoup plus sombre, collant parfaitement avec le scénario.

albatorLe scénario, parlons-en justement. L’histoire d’Albator, Corsaire de l’Espace n’est peut-être pas le plus grand récit de science-fiction que la terre ait porté, mais il présente assez de complexité, de rythme et de surprises pour le rendre dignes d’intérêt. Ce film n’est pas qu’un revival surfait sur un sentiment de nostalgie. Il revisite complètement le personnage au cours d’une histoire totalement nouvelle, sans liens avec l’œuvre originale, dont il préserve cependant parfaitement l’esprit. Il est donc à même de séduire un public beaucoup plus large que les fans de Récré A2 et du Club Dorothée.

Cette adaptation d’Albator, Corsaire de l’Espace sur grand écran constitue donc une vraie réussite, bien au-delà du simple gadget pour geeks. Un beau film d’animation de science-fiction… qui ne nous empêchera pas d’en ressortir avec la musique du générique orignal dans la tête.

LA NOTE : 12,5/20

Fiche technique :
Production : Toei Animation
Distribution : Ocean films
Réalisation : Shinji Aramaki
Scénario : Harutoshi Fukui, Kiyoto Takeuchi, d’après le manga de Leiji Matsumoto
Montage : Shinji Aramaki, Ryuji Miyamura
Décors : Hiroaki Ueno
Son : Koji Kasamatsu
Musique : Tesuya Takahashi
Durée : 110 mn

Casting :
Shun Oguri : Albator
Haruma Miura : Yama
Yu Aoi : Mimay
Arata Furuta : Yattaran
Ayano Fukuda : Tori
Toshiyuki Morikawa : Ezra

UN MONDE SANS FIN (Ken Follett) : Le retour du (Pont du) roi

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unmondesansfinUn Monde Sans Fin aurait pu bien porter son nom. En effet, 1350 pages, imprimées dans une police assez petite, on se dit qu’on n’en verra jamais le bout. Mais voilà, quand tout cela est porté par une plume aussi habile et une imagination aussi fertile que celles de Ken Follett, on les dévore plus qu’on ne les lit. Et au final, le pavé nous paraît beaucoup moins long que bien des romans médiocres.

Un Monde Sans Fin est donc la « suite » des Piliers de la Terre, l’œuvre la plus remarquable du romancier gallois, pourtant abonnés aux best-sellers. Suite entre guillemets, puisque l’action se déroule près de deux siècles plus tard. Ce sont donc les lieux que l’on retrouve et non les personnages. L’avantage est qu’un lecteur peut s’attaquer à ce roman sans avoir lu le premier volet. Il ne saisira pas certaines allusions, mais elles sont vraiment peu nombreuses et n’ont aucun impact sur la compréhension.

Un Monde Sans Fin est un peu moins inoubliable que les Piliers de la Terre, mais il n’est demeure pas moins ce qu’il se fait de mieux en termes de roman historique. C’est passionnant, avec une foule de personnages remarquables et des rebondissements nombreux sur les 34 années que nous fait parcourir cette histoire (1327-1361). Le style est toujours aussi vivant et léger et on avale les pages avec un appétit féroce.

Allez, pour faire bonne figure, je vais exprimer une toute petite réserve. Dans chaque roman de Ken Follett, il y a une scène qu’on qualifiera sexuellement explicite. Et j’avoue qu’elles me font toujours un peu sourire, parce qu’on se demande parfois pourquoi elles sont aussi détaillées que dans un roman de la collection Arlequin. Cela fait partie du charme de l’auteur, mais c’est vrai qu’ici, elles sont quand même un peu particulièrement nombreuses. Enfin noyées dans tout le reste, il serait injuste d’affirmer qu’elles nous gâchent le plaisir.