A LA MERVEILLE : Pas deux fois, Terrence !

alamerveilleaffiche

alamerveilleafficheEvidemment, quand quelque chose fonctionne bien, il est tentant de vouloir le reproduire. Cela marche bien avec les objets, un peu moins avec les œuvres d’art. L’inspiration ne vient pas sur commande et quand on la force, le résultat est souvent décevant. C’est exactement ce qui semble expliquer qu’A la Merveille, le nouveau film de Terrence Malick, constitue une réelle déception. En effet, en voulant absolument nous livrer un Tree of Life 2, il nous sert un film qui sent le réchauffé et qui manque passablement d’intérêt.

Les détracteurs de la Palme d’Or 2011 soutiendront qu’il n’y a pas de différence entre les deux films, ils sont tout aussi ennuyeux et abscons l’un que l’autre. Les deux films sont en effet constitués de scènes du quotidien, sans réel scénario, avec une voix-off qui débite des propos philosophiques pas toujours hyper compréhensibles. Mais si The Tree of Life réservait surtout des moments de pure magie et de pur émotion, A la Merveille ne réserve rien. Que du vide et du vent.

Certes, Terrence Malick sait toujours aussi bien filmer tout et n’importe quoi pour le rendre sublime. Il y a quelque chose de prodigieux chez ce réalisateur un peu à part et A la Merveille est une nouvelle preuve de ce talent unique. Mais une série de belles images ne font pas un film. Le spectateur attend qu’on lui dise quelque chose. Or il n’y a ici aucun propos. On assiste à la vie d’un couple et aux interrogations d’un prêtre qui vit dans le même quartier, mais dont on se demande bien ce qu’il vient foutre ici. Le tout est commenté par les personnages eux-mêmes en voix-off, qui débitent inlassablement des phrases tellement obscures et creuses qu’elles en deviennent pénibles. On a vraiment envie qu’elles se taisent et qu’on nous remette la Moldau pour pouvoir simplement apprécier ces images, sans que cela soit pollué par ce discours sans intérêt.

alamerveilleLe principal problème de A la Merveille est qu’il nous montre des personnages dont on sait tellement peu de chose qu’on se moque éperdument de ce qu’il peut leur arriver. On mesure surtout la différence de charisme entre Brad Pitt et Ben Affleck. Ce dernier, dans ce rôle quasi muet, est totalement transparent, semble toujours un peu perdu et surjoue systématiquement ses expressions. Tout cela renforce vraiment l’impression d’assister à une version ratée de The Tree of Life.

Le résultat : 112 minutes d’ennui et d’envie de demander à Terrence Malick d’arrêter définitivement la drogue… ou de se foutre de nous en essayant de nous refourguer deux fois le même film !

Fiche technique :

Production : FilmNation Entertainment, Redbud Pictures

Distribution : Metropolitan FilmExport

Réalisation : Terrence Malick

Scénario : Terrence Malick

Montage : A.J. Edwards, Keith Fraase, Shane Hazen, Christopher Roldan, MArk Yoshikawa

Photo : Emmanuel Lubezki

Format : 35mm

Décors : Jeanette Scott

Son : Craig Berkey

Directeur artistique : David Crank

Durée : 112 mn

 

Casting :

Ben Affleck : Neil

Olga Kurylenko : Marina

Rachel McAdams : Jane

Javier Bardem : Père Quintana

Tatiana Chiline : Tatiana

Romina Mondello : Anna

Charles Baker : Charles

 

POUR UNE POLITIQUE AGRICOLE COHERENTE ET PERTINENTE

tracteur

tracteurVoici un texte que j’ai écrit en tant que contribution au forum de la transition écologique organisée par le PS :

Je poste cette contribution en tant qu’ingénieur agronome. En juin 2010, suite au forum des idées consacré à l’agriculture, notre parti avait produit un texte très intéressant, très complet et tout à fait cohérent. Il évitait de nombreux raccourcis ou erreurs dans lesquels il est facile de tomber. Mais en lisant les contributions générales pour notre dernier congrès, j’ai souvent été choqué par les courts passages consacrés à l’agriculture. Des propos généralement sans intérêt, car totalement caricaturaux.

Pour commencer et avant de trouver des solutions pour aboutir à une évolution des modes de production des denrées agricoles, il est primordial d’arrêter de tomber dans un certain nombre de travers :

-ne jamais perde de vue que le but premier de l’agriculture est de produire des denrées alimentaires en quantité suffisante pour nourrir l’humanité. On a trop souvent tendance dans notre pays, qui se sait à l’abri de toute pénurie, à ne plus penser qu’au qualitatif, comme si le quantitatif n’avait plus aucune importance. Par contre, il faut évidemment considérer la durabilité des modes de production. Il s’agit bien de nourrir la population d’aujourd’hui et de demain. Pour cela, il ne faut pas détruire les ressources naturelles, ne pas produire des denrées qui nuisent à la santé et continuer à avoir des agriculteurs pouvant vivre de leur travail. L’usage avec une connotation négative du terme « productivite » est donc particulièrement malheureux, mais puisque c’est l’usage, je vais l’employer moi aussi dans ce texte.

-arrêter de repeindre les choses en noir et blanc, avec d’un côté les gentils agriculteurs bio et de l’autre les méchants agriculteurs  « productivistes ». Une exploitation agricole peut être gérée de multiples façons, avec un bilan environnemental toujours différent. Il existe tout un panel de pratiques sur lequel on peut coller des étiquettes (agriculture bio, raisonnée, de précision, écologiquement intensive…) parce que cela facilite la compréhension, mais cela se révèle toujours réducteur. Il ne faut pas non plus oublier que l’agriculture biologique n’est qu’un label avec un cahier des charges extrêmement contraignant. Beaucoup d’agriculteurs ont aujourd’hui des pratiques culturales proches de l’agriculture biologique mais n’ont aucun intérêt à se faire labelliser et n’ont donc aucune raison de le faire. Réduire les politiques publiques à un développement de l’agriculture biologique, comme c’est souvent le cas, n’est donc en rien gage d’efficacité. Il vaut mieux n’avoir que 10% d’agriculture biologique à côté de 90% d’agriculture non labellisée mais qui limite son impact sur l’environnement, que 30% d’agriculture biologique avec 70% d’agriculture extrêmement « productiviste » à côté.

-arrêter de croire que rien n’a changé depuis 50 ans. Les pratiques ont déjà largement évolué dans le bon sens. Et ce pour une simple raison : les produits phyto-sanitaires coûtent cher. En tant que produits chimiques, ils suivent le prix du pétrole et leur coût donc pèse donc fortement sur la rentabilité des exploitations. Personne n’épand plus de l’engrais en masse comme ça pouvait se faire il y a plusieurs décennies. N’oublions jamais que ce n’est pas l’engrais qui pollue, mais l’engrais qui n’est pas absorbé par la plante. Cette fraction pollue et représente également un gâchis financier pour l’agriculteur, puisqu’il aura payé à prix d’or un produit qui ne remplit pas sa mission. Malheureusement, les cycles de l’eau sont parfois très lents et beaucoup des molécules utilisées hier ont une durée de vie très longue et vont rester présentes dans l’environnement pendant encore des décennies. Il y a une inertie très forte et les évolutions d’aujourd’hui ne donneront des résultats visibles que dans de nombreuses années.

-arrêter de penser qu’une petite exploitation est forcément plus vertueuse qu’une grande. C’est une idée qui ne repose sur rien et qu’on peut même juger contraire à la réalité. En effet, un exploitant qui possède une surface très importante pourra plus facilement, voire même aura intérêt, à adopter des pratiques culturales plus extensives. A l’inverse, ne posséder qu’une surface limitée implique d’optimiser la valeur ajoutée obtenue sur chaque hectare afin de dégager un revenu et donc de produire au maximum.

Il faut aussi avoir quelques éléments à l’esprit avant de chercher à élaborer une politique agricole efficace et pertinente :

-le revenu de beaucoup d’agriculteurs dépend exclusivement des aides. Sans elles, aucune exploitation céréalière, je dis bien aucune, n’existerait aujourd’hui. Avant la hausse des cours de ces dernières années, la rentabilité d’une telle exploitation était au mieux égale aux montants des aides. C ‘est à dire que sans elles, un céréalier ne pouvait espérer au mieux que de ne pas perdre d’argent. Il faut donc bien comprendre l’enjeu pour cette profession du montant des aides. Les diminuer, c’est diminuer directement leur revenu. Pour certains, cela ne nous arrachera pas de larmes, mais cela reste une minorité. Il faut se demander combien d’entre nous accepterait une diminution de salaire brutale suite à un changement de politique publique avant de juger certaines réactions.

-la rentabilité du capital en agriculture est extrêmement faible, environ 3% pour les exploitations les plus performantes. Avec les cours actuels, les exploitations céréalières atteignent certainement des chiffres supérieurs, mais s’interroger sur la pérennité de cette hausse est un autre débat dans lequel je ne rentrerai pas ici. Cela revient à dire qu’un agriculteur a presque toujours intérêt à vendre son exploitation et à placer l’argent. Cela implique surtout que l’investissement y est particulièrement délicat et n’est possible que parce que les agriculteurs ont leurs revenus largement garantis. Si la politique agricole commune le expose à des risques plus importants, les investissements nécessaires aux changements de mode de production seront d’autant plus difficiles.

Je prêche pour ma paroisse, mais l’agronomie est une science complexe et comprendre comment une exploitation fonctionne est un exercice qui demande de solides connaissances. Beaucoup de gens jugent l’agriculture, comme si c’était quelque chose de simple, alors qu’ils n’auraient aucun avis sur les procédures de contrôle des avions, n’étant pas eux-même ingénieurs aéronautiques. C’est un sujet qui touche chacun de nous, les discours trop simplistes font peut-être plaisir à une partie de notre électorat, mais cela ne peut pas aboutir à des politiques cohérentes et pertinentes. Sans parler de l’impact que cela auprès de la profession agricole. Employer le terme d’empoisonnement pour parler d’une activité qui nous nourrit et nous a mis à l’abri de la famine grâce à une augmentation de la production est évidemment très mal vécue. Ce terme s’est pourtant retrouvé dans plusieurs contributions, oubliant peut-être que cela revient à accuser une partie des agriculteurs de tentative de meurtre.

Une fois tous ces éléments pris en compte, quels pistes pour avancer :

-soutenir l’innovation que ce soit au niveau de la recherche fondamentale que dans les exploitations elles-mêmes. Les choses ont déjà largement évoluées, mais il reste tout de même une inertie non négligeable. Elle tient à la résistance naturelle au changement, mais aussi, comme je l’ai souligné plus haut, aux difficultés à financer ces évolutions dans les exploitations, qui ne peuvent pas toujours prendre d’importants risques financiers. La mutation des pratiques ne peut donc qu’être lente. Les travaux de l’Institut National de Recherche Agronomique (INRA) vont évidemment désormais tous dans le sens d’une agriculture durable. Mais j’ai pu constater lors de mes études au début des années 2000 que cette évolution a été lente et a démarré avec une ou deux décennies de retard. Il s’agit maintenant de le combler.

-avoir des politiques territoriales cohérentes. S’il y a bien une activité économique dont le fonctionnement dépend de la nature du territoire, c’est bien l’agriculture. Terroir, géologique, relief, nature des sols, pressions urbaines, autant de paramètres qui vont déterminer la direction la plus pertinentes à suivre. Mais là encore, il faut veiller à ne pas rentrer dans les clichés et les fantasmes. Il faut aussi accepter les expertises agronomiques et techniques. Par exemple, développer le maraîchage sur le Plateau de Saclay est peut-être très tendance, mais il s’agit d’un des meilleurs plateaux céréaliers au monde et il doit donc garder cette vocation principale, puisque c’est dans ce genre de terres que l’on peut obtenir de bons rendements en céréales sans intrant. Mais à l’inverse, combien de parcelles avec une pente bien trop forte pour que les engins agricoles y fonctionnent sans consommer une maximum de carburant ont perdu leur nature de pré pour devenir de la grande culture dans le cadre de la PAC de 1992 ?

-utiliser le levier financier intelligemment et non comme une punition. Mais pour cela, il faut que des pratiques de substitution existent. C’est alors la transition vers elles qui doit être financée. Mais il faut laisser aux agriculteurs leur autonomie et faire appel à leur propre expertise. Les mesures aussi technocratiques que les bandes enherbées, qui partent d’une bonne intention mais dont la mise en œuvre s’est révélée parfois être un enfer, doivent laisser place à des politiques visant à améliorer le fonctionnement de l’exploitation dans sa globalité. Bien sûr, cela passe par des moyens de suivi et de contrôle pas forcément faciles à créer. Mais rappelons-nous que moins de fuel et moins d’intrants, c’est autant moins de charges pour les exploitations. S’ils peuvent maintenir des rendements acceptables, les agriculteurs auront tout intérêt d’effectuer la transition vers des pratiques qui les limitent. La politique des Contrats Territoriaux d’Exploitation (CTE) mis en place sous le gouvernement Jospin allait dans ce sens. Leur mise en œuvre s’était révélée délicate et insatisfaisante, mais c’est vraiment dommage que la droite ait tout simplement abandonné cette idée au lieu de chercher à l’améliorer.

-enfin le volet réglementaire doit être activité lorsqu’il est nécessaire d’interdire l’usage de produits nocifs pour la santé ou la qualité de l’environnement. Mais il faut le faire en mesurant les bénéfices et avantages. Encore une fois, diminuer les quantités de denrées produites n’a rien d’anodin. Notre pays est exportateur de céréales, ce qui signifie qu’il contribue à nourrir le monde, au-delà de notre pays. Une expertise indépendante de tout lobby est donc plus que jamais indispensable. Facile à dire, je sais bien…

LE CALVAIRE EST FINI

franceecosse

franceecosseLe calvaire est enfin terminé. Le tournoi 2013 se termine certes sur une victoire, mais aussi sur une dernière place, alors qu’on avait parlé de Grand Chelem avant le début de la compétition. Battre une Ecosse qui manque terriblement de puissance physique constituait le minimum syndical pour ne pas se couvrir d’une honte totale. C’est chose faite, mais vue la manière, il n’y pas de quoi pavoiser. La première mi-temps notamment fut d’une désespérante faiblesse et l’équipe de France n ‘a vu la lumière en seconde uniquement parce que le XV au chardon a baissé de pied physiquement.

On dit souvent pour se rassurer que c’est dans la défaite que l’on apprend et que l’on grandit. On peut donc s’attendre à un Tournoi riche en enseignements et voir le XV de France prendre une bonne dose de maturité. Tout cela n’est évidemment qu’un poncif comme les commentaires sportifs les aiment tant. Il n’y a rien à retenir, rien à sauver de cette compétition. Le projet de jeu n’a pas avancé et on aurait bien du mal à dégager une colonne vertébrale, si ce n’est le seul Picamoles. La sortie sur blessure de Frédéric Michalak, si décevant, peut nous faire penser que le chantier de la charnière va encore être remis sur l’ouvrage.

On peut donc s’attendre au pire à l’été en Nouvelle-Zélande. Mais quand on connaît un peu l’histoire du rugby et du XV de France, rien n’est impossible et on peut aussi s’attendre au meilleur.

LE CHOC DES TITANS : La fin d’une époque, mais un charme éternel

lechocdestitansaffiche

lechocdestitansafficheLes hasards des promotions sur les DVD et des diffusions télé m’ont conduit ces dernières semaines à une plongée dans les films culte de mon enfance, ceux qui m’ont tant fait aimer le cinéma, mais que je n’avais pas revu depuis plusieurs décennies. Pour l’instant, cela a abouti à une tranche toujours aussi belle de rigolade avec Y’a-t-il un Pilote dans l’Avion ? et à une grosse déception avec Les Tribulations d’un Chinois en Chine. Voici venu le tour de Le Choc des Titans, l’original, le seul, le vrai, l’unique, pas l’immonde remake sorti il y a deux ans.

Le Choc des Titans nous raconte l’histoire de Persée, d’Andromède, de Pégase, de la Méduse et bien sûr du Kraken, le dernier des Titans. On y retrouve tout ce qui nous a fait rêver en lisant des récits mythologiques : des dieux qui font mumuse avec le destin des humains, des créatures fantastiques et des héros particulièrement héroïque, accomplissant leurs exploits dans une tenue aussi légère que seyante. Je vous rassure, on n’en est pas ici au slip jaune-or de la série des Maciste, mais on a largement l’occasion d’admirer quelques torses dénudés quand même.

Le Choc des Titans, sorti en 1981, a marqué la fin d’une époque pour les effets spéciaux au cinéma. Il s’agit en effet du dernier film de Ray Harryhausen, le grand spécialiste du stop-motion. Une méthode d’animation image par image qu’il avait mis en œuvre dans des classiques des années 60 comme Jason et les Argonautes ou le Voyage Fantastique de Simbad. Quelques années après la révolution Star Wars, cette technique apparaît alors déjà complètement dépassée, mais confère à jamais à ce film son côté kitsch qui fait tout son charme.

En effet, ce dernier continue de fonctionner. Il nous rappelle que le cinéma fut pendant longtemps un artisanat, avant l’arrivée massive du numérique. Bien sûr, en regardant le Choc des Titans, on se dit que c’est encore moins crédible que les effets spéciaux du King Kong des années 30, mais qu’importe. Cela donne à ce film un côté humain et chaleureux, où les jouets avec lesquels nous avons grandit semble prendre vie à l’écran.

lechocdestitansLe Choc des Titans continue de séduire aussi parce qu’il s’appuie sur un récit qui a fait ses preuves, en traversant les siècles pour continuer à nous faire rêver. En termes de récit d’aventures, c’est vrai que l’on a rarement fait mieux que la mythologie gréco-romaine. Il y a bien sûr une certaine naïveté dans ce récit avec là aussi des éléments qui peuvent nous faire désormais sourire. C’est encore une fois parce que cinéma ne s’adressait pas à un public blasé et incapable d’émerveillement. Ceux qui n’ont pas encore perdu totalement cette capacité continueront à voir dans ce film l’incarnation du rêve et de l’imaginaire.

Si Harry Hamlin n’aura pas vu sa carrière lancée par le Choc des Titans, on retrouve au casting des stars hollywoodiennes, certes déjà déclinantes à l’époque, mais qui tiennent là certainement pas leur rôle le plus anecdotique. On pense notamment à Laurence Olivier, inoubliable en Zeus, et Ursula Andress, qui ne pouvait incarner personne d’autre qu’Aphrodite. On notera la présence, dans le rôle de Thétis, de Maggie Smith, 20 ans avant de devenir Minerva McGonagall dans Harry Potter.

Le Choc des Titans représente donc le chant du cygne d’un cinéma qui appartient désormais au passé, mais qui appartient surtout à jamais à la belle histoire du 7ème art.

Fiche technique :
Réalisation : Desmond Davis
Scénario : Beverley Cross
Décors : Frank White
Costumes : Emma Porteus
Photographie : Ted Moore
Montage : Timothy Gee
Musique : Laurence Rosenthal
Production : Ray Harryhausen et Charles H.Schneer
Société de production et de distribution : Metro-Goldwyn-Mayer
Pays : États-Unis
Langue : anglais
Genre : aventures, fantasy
Budget : environ 15 millions de dollars
Durée : 118 minutes
 
Casting :
Harry Hamlin: Persée
Judi Bowker : Andromède
Burgess Meredith : Ammon
Laurence Olivier : Zeus
Jack Gwillim : Poséidon
Claire Bloom : Héra
Maggie Smith : Thétis
Ursula Andress : Aphrodite
Susan Fleetwood : Athéna
Pat Roach : Héphaïstos
Siân Phillips : Cassiopée
Neil McCarthy : Calibos
Tim Pigott-Smith : Thallo Le Compagnon De Persée
Flora Robson, Anna Manahan, Freda Jackson : Les trois Grées
Donald Houston : Acrisios
Vida Taylor : Danaé

INVICIBLE FRIENDS (Lilly Wood and the Prick) : Coup d’essai, coup de maître

inviciblefriendslillywoodandtheprick

inviciblefriendslillywoodandtheprickBon ce coup-ci, je vais vous parler d’un album qui mérite qu’on s’y attarde un peu plus que ceux de mon dernier billet : Invicible Friends de Lilly Wood and The Prick. Un groupe à propos duquel j’avais entendu tant de bien et dont j’ai toujours aimé les singles. Il était donc temps d’écouter de plus près ce que vaut ce premier album, qui leur avait valu la Victoire de la Musique 2011 dans la catégorie « Révélation du public ». Et je n’ai pas été déçu ! Mais alors pas du tout !

Invicible Friends nous entraîne dans un univers musical qui marie avec beaucoup de bonheur des sonorités entre jazz, folk, rock et même parfois un peu d’électro. D’un côté, nous avons les instrumentations de Benjamin Cotto à la guitare, toujours pleines d’énergie, tout en gardant une grande maîtrise. De l’autre, la voix de Nili Hadida, qui colle toujours parfaitement à l’ambiance des morceaux. Elle mord dans ses textes avec à la fois beaucoup de douceur et de conviction. Un duo particulièrement complémentaire donc, en synergie devrait-on dire. Le tout donne un album très dense puisqu’il n’y a vraiment rien à jeter, tous les titres sont excellents. Lilly Wood and the Pricik nous livre une musique particulièrement tranquille et paisible, mais jamais paresseuse.

Allez, si je devais tout de même faire un petit reproche, c’est que tous les morceaux sont toujours joués sur le même rythme. Je ne veux pas dire par là qu’ils se ressemblent, car c’est vraiment loin d’être le cas, tant les influences sont diverses et se traduisent par des résultats toujours différents. Par contre, on n’est jamais surpris par un titre avec plus de punch, ou au contraire particulièrement doux. Bon, je vais chercher la petite bête, mais il est possible d’entrer dans une certaine torpeur en écoutant Invicible Friends. Ce n’est pas qu’on s’ennuie, pas du tout, mais à force d’être bercé, on finit par ne plus vraiment faire attention à ce qu’on écoute.

En tout cas, Lilly Wood and The Prick est un des meilleurs duos que la scène française n’ait jamais vu naître. Pour un premier album, Invicible Friends n’est pas un coup d’essai, mais une pleine réussite !

UN SEISME QUI NE SECOUE PAS GRAND MONDE

budgeteuropeen

budgeteuropeenHier a eu lieu un événement d’une portée considérable, un vrai séisme… Non, je ne parle pas de l’élection d’un pape sud-américain, dont on a abondamment parlé (et qui constitue tout de même un événement un peu plus remarquable que le fait qu’il neige parfois en hiver, admettons-le). Je parle du rejet, à une quasi unanimité par le parlement européen du projet de budget de l’Union. Imaginez en France si droite et gauche confondues votaient d’une seule voix contre un budget proposé par le gouvernement. On serait alors dans la situation d’une crise majeure dont tous les journaux feraient leur une et qui animerait toutes les conversations dans notre beau pays.

Mais voilà, l’Union Européenne organise bien des élections, mais ne constitue pas un espace politique et démocratique, au moins dans l’esprit de nos concitoyens. L’Union Européenne a bien un budget, mais d’un montant anecdotique. L’Union Européenne a une monnaie, mais pas de gouvernance économique. Bref, on n’a pas à chercher bien loin les raisons profondes de cette indifférence. Surtout que cet épisode n’est qu’un énième rebondissement d’un feuilleton qui a mis en lumière depuis 2008 les graves problèmes de fonctionnement des institutions européennes, feuilleton qui commence sérieusement à lasser, surtout qu’il n’est pas toujours très aisé d’en comprendre les subtilités.

Les élections européennes de l’année prochaine pourraient bien tourner au désastre. Tout le monde prédit une abstention qui atteindra de nouveaux sommets et surtout une arrivée massive de députés franchement opposés à la construction européenne. Or, le vote d’hier montre bien que le Parlement Européen est le dernier endroit où cette notion semble réellement intéresser des décideurs politiques, à l’inverse de la défense des égoïsmes nationaux pratiquée par les différents chefs d’état européens. Si demain, il ne joue plus ce rôle, on peut être très inquiet sur l’avenir de la construction européenne, pourtant plus que jamais nécessaire.

Je resterai cependant optimiste. Pas forcément pour 2014, mais à plus long terme. Il ne faut pas que la conjoncture nous empêche d’avoir du recul sur un phénomène qui est à l’œuvre depuis plus d’un demi-siècle. La crise que nous traversons est à la fois économique et politique (mais l’un peut-il aller sans l’autre?) et il est quelque part logique que l’Union Européenne et ses institutions y soient plongée. Certains y voit le problème, d’autres la solution. Elles sont pourtant ni l’un, ni l’autre. Elles sont un outil dont l’efficacité dépend de la manière dont l’utilise. Elles sont un chemin que l’on peut toujours tracer en direction du mur plutôt que de la sortie. Mais elles sont à une échelle qui nous permettra d’exister dans un monde plus que jamais ouvert et qui n’a pas grande pitié pour les petits et les insignifiants.

UNE PEINE D’EXCEPTION (Patricia Cornwell) : Le jugement n’était pas définitif

unepeinedexception

unepeinedexceptionJe n’étais jusqu’alors un grand fan de Patricia Cornwell. J’ai notamment lu les deux premiers romans mettant en scène la médecin-légiste, Kay Scarpetta, mais sans grand enthousiasme et j’avais décidé de m’arrêter là. Finalement, le quatrième, Une Peine d’Exception, trainant chez moi, je l’ai lu et j’avoue que ce fut une agréable surprise. Je ne crie toujours pas au génie, mais j’avoue que ce roman m’a plutôt convaincu.

Une Peine d’Exception n’a pourtant rien de révolutionnaire. Il utilise le principe classique des évènements a priori sans lien et qui finissent par se rejoindre. Mais il est ici mis en œuvre avec un certain talent. L’intrigue a vraiment le mérité de n’être jamais cousue de fil blanc, laissant le lecteur dans le brouillard, mais sans jamais le perdre. On ne devine pas à l’avance les tenants et les aboutissants, mais le récit reste clair en toutes circonstances.

Je regretterai simplement un dénouement un peu abrupte et rapide qui laisse quelque peu sur sa faim. C’est dommage, même si ça ne gâche pas fondamentalement le plaisir. Je ne pense pas qu’Une Peine d’Exception me pousse à lire l’ensemble de la bibliographie de Patricia Cornwell, mais je regarderai d’un autre œil un de ses romans s’il venait à me tomber sous la main.

MESSI OU L’ETERNEL RETOUR DES SUPERLATIFS

lionelmessi

lionelmessiIl y avait longtemps que je n’avais pas eu l’occasion de parler de Lionel Messi, l’homme qui nous fait vite manquer de superlatifs. Il faut dire que le Barca avait quelque peu baissé le pied la saison dernière en n’étant ni championne d’Espagne, ni championne d’Europe. Quand on parle de ce qui est peut-être la meilleure équipe de tous les temps, on est évidemment particulièrement exigeant. Le déclin semblait même définitif après le match aller à Milan et une défaite sèche 2 à 0, qui rendait la situation quelque peu compromise.

C’était sans compter sur l’extraordinaire talent de l’attaquant argentin. Un éclair de pur génie dès la 5ème minute a mis son équipe sur les rails pour un renversement de situation net et sans bavure. Un score de 4-0 qui montre bien la différence entre une équipe européenne de haut niveau et le FC Barcelone actuel, une équipe taillée pour l’histoire. Un collectif incroyablement bien huilé formant un magnifique écrin pour un Lionel Messi à qui on aurait presque déjà envie d’accorder un nouveau Ballon d’Or. Il reste le meilleur joueur du monde, c’est incontestable. Avec 40 buts déjà marqués en championnat, il fait passer les 24 inscrits par Zlatan, dans un championnat tout de même moins relevé, pour une performance totalement anodine.

Tous les amoureux du beau football ont été particulièrement heureux de retrouver le FC Barcelone qui nous a tant émerveillés depuis 5 ans. Et quand on pense que Lionel Messi n’a que 25 ans, on se dit qu’il a encore le temps de connaître enfin la consécration internationale avec l’équipe d’Argentine pour briller définitivement au firmament de l’histoire du football.

EYE ON THE HORIZON (Dreadzone), MAGIC (Sean Rowe), ALL DAYS ARE NIGHTS : SONGS FOR LULU (Rufus Wainwright) : 1 contre 2

eyeonthehorizondreadzone

eyeonthehorizondreadzoneUn rapide passage en revue de trois albums, dont deux ne méritent vraiment pas qu’on s’y attarde. On va commencer par le meilleur avec Eye On The Horizon du groupe Dreadzone. Il s’agit d’un groupe britannique actif depuis 1993 et qui signe là un sixième album studio, sorti en 2010. Cette formation est connue pour ses mélanges de styles détonants. C’est encore le cas ici car sur un fond généralement assez rock viennent se greffer des sonorités diverses allant du reggae au hip-hop, en passant même par l’eurodance. Ils mettent toujours beaucoup d’énergie dans leurs morceaux et font preuve d’une très grande maîtrise artistique. De toute façon, sans cela, leur mélange des genres ressemblerait vite à une infâme bouilli. Il n’en est rien sur cet album qui se laisse écouter, même s’il flotte quelque peu sur les derniers morceaux.

On n’en dira pas autant de Magic de Sean Rowe, un américain qui nous livre du bon gros rock qui tâche. Le problème est qu’il semble plus cracher que chanter. Ca pourrait ressembler à du Nirvana, mais le talent en moins. Bref, sans grand intérêt.

Rufus Rainwright est un musicien-chanteur canadien, qui a la particularité d’avoir écrit un opéra. Mais sur All Days are Nights : Songs for Lulu, il se contente de poser sa voix sur des airs de piano. Sa voix ressemble étrangement à celle d’Ewan McGregor dans Moulin Rouge. Le problème réside dans des envolés lyriques aussi soudaines que pénibles, qui rend irritant un album qui aurait pu se contenter d’être relativement transparent.

S’EN CONTENTER…

irlandefrance

irlandefranceYoupi, on n’a pas perdu ! Après avoir écrit un billet sur les trois dernières défaites du XV de France, il fallait bien que je souligne cette fois-ci les immenses progrès accomplis, puisqu’on est passé de la défait au match nul… Bon, on aurait préféré une victoire, mais en ces temps de disette, on ne va pas non plus faire la fine bouche. On aurait aussi aimé assister à un beau match de rugby, mais là encore c’est sans doute trop demander car le niveau général de ce Tournoi pourrait nous amener à remettre en question l’intérêt d’organiser une telle compétition tous les ans. On s’ennuie ferme !

Le XV de France aura donc joué 15 minutes en quatre matchs. Si on veut vraiment positiver, on se dira que ce sont les 15 dernières, donc il n’y a pas de raison de ne pas continuer sur cette lancée. Si on veut se montrer plus réaliste, on constatera que les 65 qui ont précédé ont été assez désespérantes, en deçà même du niveau affiché face à l’Angleterre. L’esprit des tests matchs de l’automne est définitivement mort et il n’y aura vraiment rien à sauvé de ce Tournoi 2013, même si les Bleus venaient à l’emporter brillamment face à l’Ecosse le week-end prochain.