
Le temps, c’est de l’argent. Dans un futur proche, le lieu commun est devenu réalité. Et si votre compteur arrive à zéro, c’est la mort qui vous attend. Du coup, les pauvres sont habitués à courir, quand les riches prennent leur temps et ne sont pas loin d’être immortels. Will Salas, en sauvant un homme fortuné venu traîner dans les bas-fonds, se voit offrir une fortune par ce dernier… ce qui revient à un suicide. Mais accusé de meurtre, il lui sera difficile de profiter du temps qui lui est offert.
Bon, allez, il y avait longtemps que je n’avais pas poussé un coup de gueule contre une traduction de titre. En effet, en Anglais, Time Out s’appelle In Time… Allez comprendre… Bon, revenons à nos moutons. Andrew Niccol marche vraiment sur les pas de Bienvenue à Gattaca avec la vision d’un futur où une minorité oppresse le reste de la population, le tout dans un contexte « technologique » proche du notre. Une nouvelle fois, il se focalise sur son idée de base et ne noie pas le poisson à coups d’effets spéciaux ou de gadgets futuristes. Mais cette fois, le fond n’est pas tout à fait exploité jusqu’au bout.
Time Out possède cependant quelques fulgurances qui le fait tout de même sortir du lot. Une course mortelle d’une mère vers son fils, quelques belles poursuites… bref, quelques bons moments de cinéma qui nous rappelle qu’il y a du talent derrière la caméra. Tout cela contribue à faire de ce film un vrai bon divertissement. Le film se laisse regarder, on ne s’ennuie jamais. Sans Andrew Niccol derrière la caméra, on dirait même qu’il surprend agréablement, car la bande-annonce pouvait faire croire au navet. Dans l’absolu, on est donc plutôt devant un bon film de genre, mais définitivement pas devant un chef d’œuvre.

Pour en finir avec la comparaison avec Bienvenue à Gattaca, on notera immédiatement une légère différence dans le choix de l’acteur principal. Je ne veux absolument pas insinuer par là que Justin Timberlake soit dénué de toute qualité d’acteur, il a déjà largement prouvé le contraire dans plusieurs comédies. Cependant, il est quand même loin de posséder le charisme d’un Ethan Hawke. Et dans le style de « je cours tout le temps parce que j’ai des méchants à mes trousses », il y a longtemps de Tom Cruise ou Matt Damon ont fait mieux. Par contre, Amanda Seyfried est infiniment mieux que dans l’horrible Mamma Mia ! Cillian Murphy confirme quant à lui qu’il est un des meilleurs seconds rôles d’Hollywood.
Time Out est donc un des meilleurs films de science-fiction de l’année. Mais on pouvait attendre beaucoup plus d’un tel réalisateur. Ca sera pour la prochaine fois, n’en doutons pas !
Fiche technique :
Production : Regency Enterprises, New Regency, Strike Entertainment
Distribution : 20th Century Fox France
Réalisation : Andrew Niccol
Scénario : Andrew Niccol
Montage : Zach Staenberg
Photo : Roger Deakins
Décors : Alex McDowell
Musique : Craig Armstrong
Durée : 109 mn
Casting :
Justin Timberlake : Will Salas
Amanda Seyfried : Sylvia Weis
Cillian Murphy : Raymond Leon
Shyloh Ootswald : Maya
Johnny Galecki : Borel
Olivia Wilde : Rachel Salas

The Lady nous rappelle aussi que Luc Besson sait tenir une caméra. On l’oublie souvent, mais ses films sont souvent visuellement très travaillés et c’est sûrement un de meilleur dans ce domaine avec Jean-Piere Jeunet au niveau de l’Hexagone. Il a opté cette fois pour la sobriété mais il alterne les scènes intimistes avec les scènes de foule avec le même bonheur. Par contre, il s’obstine à confier la bande-originale à Eric Serra, son éternel complice, qui continue à faire un tantinet dans le too much. Du coup, au lieu de porter l’émotion, elle exaspère parfois par une lourdeur superflue. 
Le résultat donne un film incroyablement drôle et distrayant. L’ironie et le second degré sont de rigueur, mais on rit tout de même aux éclats. En fait, tout est classieux dans Intolérable Cruauté. Le talent est partout, tout le temps. On s’attache aux personnages, même les plus odieux. Les petites touches de fantaisie apportées par les frères Coen, qui rendent ce film incontestablement moderne (à la différence de Bye-bye Love, avec Renée Zellweiger et Ewan McGregor, qui avait tenté de ressusciter le cinéma des années 60 mais sous un aspect rétro, sorti à la même époque et qui a depuis disparu des mémoires), donnent à ce film une dimension à laquelle la légèreté du propos ne destinait pas forcément. Les inconditionnels de The Big Lebowski et de Fargo trouveront peut-être que le grain de folie ne va ici pas assez loin, mais les frères Coen prouvent surtout une nouvelle fois l’incroyable palette de leur talent.
… Mais soyons honnêtes. Le Stratège souffre tout de même d’une limite indéniable pour nous, pauvres Français. Il s’agit de baseball, un sport totalement obscur pour nombre d’entre nous. Heureusement grâce à ma Wii, je connais désormais les règles, mais je me souviens aussi d’être déjà tombé sur du baseball à la radio quand j’étais au Québec et d’avoir entendu la retransmission la plus inintéressante qui soit, vu qu’il ne se passe à peu près rien la plupart du temps. Du coup, il manque cette dernière étincelle qui aurait pu donner à ce film une dimension supplémentaire. Si les qualités cinématographiques sont indéniables, il manque un écho à nos propres émotions. Certes, on peut facilement transposer tout cela à un sport qui nous est plus familier, mais cela rend les sentiments plus distants, moins profonds et moins naturels.
Mais le pire dans Or Noir reste la direction d’acteurs. Je ne pouvais pas imaginer qu’Antonio Banderas puisse être aussi mauvais. Et encore, je reste poli pour qualifier cette performance absolument indigne d’un acteur professionnel. C’est tellement surjoué, qu’on se demande si le bel Espagnol ne fait pas exprès pour finir de décrédibiliser ces dialogues ineptes. Cela donne envie de revoir La Piel que Habito, où il était formidable, pour finir de mesurer ce qui sépare désormais un réalisateur comme Pedro Almodovar de Jean-Jacques Annaud. Mark Strong s’en sort un peu mieux, malgré un personnage d’opérette. Quant à Tahar Rahim, il sombre carrément se contentant de nous servir le même air de chien battu pendant plus de deux heures. 

Si le budget de Kaboom ne devait sûrement pas atteindre des sommes astronomiques, ce n’est pas pour autant que la réalisation vaut trente centimes d’euros. Là encore, c’est l’imagination au pouvoir. Gregg Araki pêche parfois peut-être pour le coup un peu par excès, mais cela contribue largement à l’originalité de l’ensemble. Le film est très stylisé visuellement d’autant plus facilement que les personnages ont parfois tendance à abuser de certaines substances ayant un impact certain sur la perception. 
Ensuite graphiquement, l’esprit est là aussi. Mais l’esprit, pas le pinceau d’Hergé. En choisissant le « motion capture », Steven Spielberg a trouvé à mon sens un bon compromis entre la volonté de faire un « vrai film » et de respecter un univers graphique entré dans la légende. De toute façon, un film, même d’animation, ne sera jamais une BD. Si on ne peut l’accepter, alors il ne vaut mieux pas se déplacer dans une salle obscure. En tout cas, on ne peut que se réjouir qu’il ait attendu aussi longtemps pour faire aboutir son projet, car il n’est pas évident que les effets spéciaux d’il y a quinze ans auraient permis d’aboutir à un tel résultat esthétique.

Le tout est filmé par l’extraordinaire caméra de Steven Soderbergh. Il possède un vrai style visuel bien à lui, tout en élégance, avec un vrai sens esthétique et une photographique toujours hyper soignée. On pourrait simplement lui reprocher d’exposer une nouvelle fois un talent dont il a fait preuve déjà à maintes reprises. Contagion est un film très beau cinématographiquement, mais venant de ce réalisateur, sans vraie prise de risque. Enfin de là à dire que l’on se lasse, il y a un gouffre que ne suis pas prêt de franchir.
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