DJANGO FOREVER (Joscho Stephan) : Divine surprise !

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djangoforeverjoschostephanParfois, on fait des découvertes surprenantes à des moments où on ne s’y attend pas du tout. Et comme je sais que ma vie vous passionne, je vais vous conter de ce pas comment j’ai connu Joscho Stephan, un des plus grands musiciens de jazz manouche.

A l’occasion des 50 ans du jumelage et en tant que conseiller municipal, il y a un mois, je me suis rendu à Hassloch en Allemagne. Le vendredi soir, nous avons été invités à un concert d’un chansonnier franco-allemand, Marcel Adam. Un artiste sympathique, mais bon pas non plus un artiste d’envergure internationale. Il était accompagné de ses propres musiciens et aussi de ce fameux Joscho Stephan et son groupe. Il nous l’a présenté comme un artiste mondialement connu, se produisant même au Japon. Vu l’envergure du monsieur, cela nous a laissé circonspect car il aurait été surprenant qu’une « star mondiale » soit le petit nom sur l’affiche en dessous du sien…

Puis, à un moment donné, Joscho Stephan et ses musiciens se sont retrouvés seuls sur scène. Et là, nous avons compris… Putain de bordel de Dieu ! (désolé mon langage, mais j’essaye de restituer l’ambiance du moment)… Allez on va dire, diantre, fichtre, sac à papier. La belle claque ! On a tout de suite compris de quoi il en retournait et qu’il ne nous avait pas raconté de conneries. C’était totalement inattendu, mais ce fut un très beau moment de bonheur musical.

Pour résumer, Joscho Stephan est tombé dans la musique quand il était petit. Il faut dire que son propre père fait partie de ses musiciens Puis à 15 ans, il est tombé dans le Django Reinhardt. Pire endroit pour une faire une chute. Et si ce dernier est un maître difficile à égaler, ce musicien s’en approche quelque peu. Pour preuve ce Django Forever qui mélange reprises et compositions originales. Pour le novice que je suis, il est impossible de les distinguer.

Le jazz manouche est une technique musicale qui demande une extrême dextérité et se caractérise par un jeu à la guitare incroyablement rapide, si bien qu’on a parfois l’impression d’entendre les notes qui s’enchaînent aussi vite que sur un piano. Dextérité, c’est bien le mot qui vient à l’esprit quand on écoute Joscho Stephan. C’était formidablement vrai sur scène, cela le reste en écoutant ce Django Forever. Si vous ne deviez écouter qu’un seul morceau de cet album, jetez-vous sur Micro, c’est tout simplement incroyable.

Mais il serait vraiment dommage de passer à côté de tout le reste. Car ce Django Forever est un vrai bonheur de la première à la dernière seconde. Une énergie incroyable transparaît au travers de cette musique. Pourtant avec une guitare, une contrebasse et parfois un violon, on pourrait croire qu’on n’a pas là de quoi avoir envie de remuer du popotin. Mais si le son reste acoustique, cela swingue terriblement avec des mélodies terriblement entraînantes et enthousiasmantes.

Ce Django Forever n’est pas qu’une prouesse musicale que l’on admire, une sorte de numéro de cirque particulièrement difficile à accomplir. Pour preuve, beaucoup de titres sont sur le ton de la ballade douce ou mélancolique et cela n’enlève strictement rien à l’émotion qu’ils dégagent. La dextérité de Joscho Stephan en soi est impressionnante, mais c’est surtout la manière dont il l’a met au service de sa musique qui l’est encore plus. Jamais il ne contente d’étaler sa technique, il l’utilise pour nous faire vivre sa passion pour ce grand musicien et lui rendre un très bel hommage.

Je n’ai vraiment rien d’un passionné de jazz, mais face à un tel talent, on ne peut que vivre la musique et s’en laisser pénétrer. C’est pourquoi, je ne peux que vous recommander ce Django Forever de Joscho Stephan.

Pour terminer, faisons le tour des morceaux que l’on trouve sur cet album. Les morceaux dont le titre est suivi d’une étoile sont des reprises de Django Reinhardt

1.: Blues Clair*
Une petite mélodie enjouée pour commencer.

2.: Ballade Pour Django
Une jolie mélodie mélancolique.

3.: Daphne*
Un air enjoué, sous forme de dialogue entre la guitare et le violon.

4.: Valse Samois
Le ton est plus sombre, mais la maîtrise est impressionnante.

5.: Train to Paris
Un titre très doux, accompagné au violon.

6.: Nuages*
Une ballade très épurée, où le violon joue un grand rôle.

7.: Hot Club Swing
Retour à la gaité et à l’entrain.

8.: Chica
Un morceau aux accents sud-américains, mais Joscho Stephan s’y montre toujours aussi à l’aise.

9.: Minor Blues*
Un morceau assez simple, permettant d’admirer la technique parfaite.

10.: Micro*
Virtuosité incroyable ! Quelle vitesse ! Deux minutes de pur bonheur !

11.: Gypsy
Ambiance feutrée pour ce titre aux accents romantiques.

12.: Swing 39*
Un morceau particulièrement entraînant ! Du pur bonheur !

13.: Troublant Bolero*
Un titre très sensuel.

14.: All Together
Un morceau très gai, rythmé et d’une grande virtuosité.

L’EXERCICE DE L’ETAT : Exercice périlleux

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lexercicedeletatafficheDécidément, la dernière semaine fut celle des films politiques avec d’un côté les Marches du Pouvoir de George Clooney et de l’autre l’Exercice de l’Etat de Pierre Schoeller. L’occasion de voir comme un même sujet peut être traité de manière différente d’un côté et de l’autre de l’Atlantique. Mais si les formes diffèrent quelque peu, la conclusion reste la même. Et elle n’est guère rassurante.

Bertrand Saint-Jean est une star montante de la politique française. Ministre des transports, il doit son ascension à son seul talent, sans implantation locale et sans réseau très développé. Il reste un homme tenace attaché à ses convictions. Mais alors que la prochaine élection approche, les grandes manœuvres politiques commencent au sein du gouvernement et vont vite le placer devant des choix impossibles.

Si les Marches du Pouvoirs se basait sur une intrigue solide pour nous dépeindre un milieu et des personnages, l’Exercice de l’Etat se focalise avant tous sur les hommes, leurs sentiments, leurs relations. Cependant, il s’appuie sur un fil rouge narratif tout ce qu’il y a de plus consistant et si le côté polar n’est pas vraiment présent, on se demande bien comment tout cela va finir. La conclusion surviendra après plusieurs rebondissements et beaucoup de péripéties.

L’Exercice de l’Etat nous parle donc dont fonctionnent les élites politiques. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il n’en dresse pas un portrait très glorieux, même si s’il ne s’agit absolument pas ici d’un pamphlet. Simplement, il nous montre sans détours comment le pouvoir et la volonté de le conserver peuvent influencer les comportements. Après, il reste des hommes, avec leurs faiblesses et leurs contradictions. Pierre Schoeler ne cherche pas à juger, simplement à mieux nous faire comprendre comment tout cela fonctionne et à quel point il est difficile de survivre en dehors du système.

L’Exercice de l’Etat a ceci de passionnant qu’il ne nous emmène pas du tout là où on s’y attendait. De ce point de vue là, il est beaucoup moins prévisible que les Marches du Pouvoir. Car en se focalisant sur l’humain, il se focalise sur le maillon le plus imprévisible du système. Après tout, on sait à peu près tous comment cela fonctionne, consacrer tout le film à le décrire n’aurait pas apporter grand chose. Par contre, nous montrer comment les uns et les autres vivent cette obligation inexorable de s’y plier a offert à ce film un sujet beaucoup plus original et intéressant. Il n’y a pas ici de bons ou de méchants, simplement des hommes qui essayent de faire de leur mieux entre leurs idéaux et la nécessité d’être au pouvoir pour agir.

lexercicedeletatL’Exercice de l’Etat jouit d’une réalisation sobre, mais sûrement pas sans talent. Pierre Schoeler possède un vrai sens de la mise en scène. Ce film est tout sauf statique et même si les intrigues sont de couloir, le montage est assez nerveux pour créer une vraie tension. Tout est feutré, dans le non-dit dans ce milieu et on ressent ici parfaitement comment tout est en fait en ébullition permanente, jamais très loin de l’explosion.

L’Exercice de l’Etat offre sans doute un de ses plus grands rôles à Olivier Gourmet. Comme quoi, il fallait sûrement un acteur belge pour personnaliser les arcanes du pouvoir français. A moins que ça soit la crise politique en Belgique qui l’ait inspiré. Enfin, il n’empêche qu’il est en tout point excellent. A ses côtés, Michel Blanc confirme qu’il est loin le temps de Jean-Paul Dusse… enfin si on oublie les Bronzés 3… En tout cas, on le préfèrera dans ce rôle-ci ! Enfin, c’est toujours un plaisir de voir à l’écran Zabou Breitman, actrice que j’aime personnellement beaucoup.

L’Exercice de l’Etat confirme la bonne santé actuelle du cinéma français. Un film riche, remarquablement construit, qui à défaut d’apporter un œil vraiment neuf sur la politique, peut nous permettre de mieux comprendre ceux qui la font.

  

Fiche technique :
Production : Archipel 35, Les Films du Fleuve, Belgacom, France 3 Cinéma, RTBF
Réalisation : Pierre Schoeller
Scénario : Pierre Schoeller
Montage : Laurence Briaud
Photo : Julien Hirsch
Décors : Jean-Marc Tran Tan Ba
Distribution : Diaphana Distribution
Son : Olivier Hespel
Musique : Philippe Schoeller
Maquillage : Michelle Constantinides
Durée : 112 mn

 

Casting :
Olivier Gourmet : Bertrand Saint-Jean
Michel Blanc : Gilles
Zabou Breitman : Pauline
Sylvain Deblé : Martin Kuypers
Jacques Boudet : Le sénateur Juillet
Didier Bezace : Woessner
Laurent Stocker : Yan
Arly Jover : Séverine

LOGEMENT SOCIAL : PAYE TON LOYER D’ABORD !

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logementsocialParmi les grands comiques qui font de la politique, il y a Laurent Wauquiez. Le seul problème réside dans le fait qu’il ne fait rire personne, bien qu’il débite des absurdités à la pelle. Après les bénéficiaires des minima sociaux vivant plus aisément que les travailleurs devant effectuer des travaux forcés, voici venue une nouvelle idée brillante : réserver une partie des logements sociaux aux travailleurs… Cette idée n’aurait pas été aussi absurde, si la majorité des logements sociaux n’étaient pas déjà occupés par des travailleurs. Si on exclut les retraités, le chiffre se monte à environ 70%. Et ce pour une raison bien simple : pour occuper un logement social, il faut être en mesure de payer son loyer.

Je ne pense pas que Laurent Wauquiez soit un idiot ou un ignorant. Sa sortie est un acte politique délibéré pour flatter son électorat et exploiter la méconnaissance générale de la population sur la réalité du logement social. Car s’il y a bien un domaine où tout le monde dit tout et n’importe quoi, c’est bien celui-là. C’est un sujet complexe, si bien que même ceux qui sont en demande n’en connaissent pas clairement les mécanismes.

Déjà, il y a logement social et logement social. Plus précisément, il y a trois catégories de logements sociaux : les PLAI (Prêt Locatif Aidé d’Intégration), PLUS (Prêt Locatif d’Usage Social) et PLS (Prêt Locatif Social). Elles tirent leur nom des moyens de financement dont elles peuvent bénéficier, sur lesquels je reviendrai un peu plus tard. Chacune de ces catégories est associé à un plafond maximal de revenu mensuel. Pour une personne seule, en Ile de France, il se monte à 1013 euros pour un logement PLAI, 1842 euros pour un logement PLUS et 2395 euros pour un logement PLS.

La loi SRU qui impose l’obligation d’au moins 20% de logements sociaux par commune ne fait aucune distinction entre les catégories (ni entre les tailles de logement, ce qui est un autre problème que je ne vais pas traiter ici). Et vous imaginez facilement que beaucoup de communes aisées, genre…Viroflay, ont essentiellement construit des logements PLS, où l’on peut loger de jeunes cadres. Depuis les pouvoirs publics ont réagi et il devient difficile de financer un projet ne comprenant que des logements PLS, mais le mal est fait. Aujourd’hui, une large part du logement social est tout simplement inabordable pour un chômeur… car trop cher.

En effet, le deuxième élément que l’on oublie trop vite, c’est qu’une large part du logement social, notamment celui qui se construit aujourd’hui, appartient à des bailleurs sociaux privés. Car le logement social est un business comme un autre et ces entreprises, aussi louable soit leur activité, ont besoin de recettes et de dégager un minimum de bénéfices, même si ces derniers servent surtout à être réinvestis dans de nouvelles constructions. Leurs logements ne sont donc pas loués à des personnes n’ayant pas des revenus suffisants pour pouvoir payer leur loyer, même si ce dernier est plus modeste que dans le privé. Et même les offices publics, comme les HLM de la ville de Paris, sont tenus à un minimum de résultat financier.

Evidemment, si les bailleurs sociaux peuvent proposer des loyers inférieurs au marché, c’est qu’ils sont subventionnés. Mais ils le sont non pas dans leur fonctionnement, mais lors de la construction de nouveaux logements. Cela diminue le coût de l’investissement, mais cela n’enlève rien au fait qu’il faudra le rentabiliser par la suite. Pour une même opération, un bailleur social va s’adresser à plusieurs collectivités (commune, département, région, Etat, 1% logement…) qui vont chacun l’aider de deux façons. Elles peuvent verser une subvention directe (10 000 euros par logement environ à Viroflay, ce qui ne pèse que très peu sur le budget communal). On parle alors de surcharge foncière puisque l’on compense le prix élevé du foncier. Elles vont surtout garantir l’emprunt contracté par le bailleur social (les fameux PLAI, PLUS et PLS) auprès de la Caisse des Dépôts (financé par les livrets A) pour construire ces logements. En contrepartie, la collectivité pourra choisir les attributaires d’un nombre de logements proportionnels à leur contribution.

Ceci a plusieurs conséquences, notamment pour l’usager. Lorsqu’un immeuble de logements sociaux se construit, plusieurs acteurs choisiront les attributaires. S’il se construit 30 logements, cela ne va pas dire que la commune pourra en attribuer 30, mais généralement 6 ou 7. La pile de demandeurs enregistrée auprès des services communaux ne va donc pas diminuer de 30 dossiers, mais de beaucoup moins. Un demandeur a donc tout intérêt à déposer des dossiers auprès d’un maximum de collectivités et non auprès uniquement de sa commune de résidence. Or, il est rare que les personnes qui effectuent ces démarches en aient vraiment conscience, ce qui explique leur incompréhension totale face au délais d’attribution (qui seront de toute façon très longs).

J’ai évoqué plus haut le fait que les collectivités garantissent les emprunts des bailleurs sociaux. Cela veut dire que si un de ces derniers faisaient faillite, chose heureusement très rare, ce sont les communes, les conseils généraux ou les régions qui continueront à payer les traites des emprunts. Ces dernières n’ont donc aucun intérêt à proposer des attributaires qui ne peuvent payer leurs loyers et donc menacer la pérennité financière du bailleur. Enfin, reste le problème de la transparence des attributions. Elle est évidemment variable d’une collectivité à l’autre. A Viroflay, par exemple, il a fallu attendre 2008 pour qu’un élu de l’opposition puisse siéger à la commission d’attribution de la commune. On peut penser qu’il y a encore beaucoup de communes où cette anomalie perdure.

L’idée de Laurent Wauquiez n’est donc même pas absurde. Elle n’a juste aucun sens. Mais je doute fort qu’il ait jamais cherché à ce qu’elle est en est un.

THE BEST DAMN THING (Avril Lavigne) : Je le dis, je l’affirme… je kiffe !

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thebestdamnthingavrillavigneJe l’avais déjà évoqué au détours de plusieurs avis, mais sans oser le crier sur tous les toits. Ce n’est pas vraiment que j’en ai honte, que ce soit un fardeau à porter tous les jours, mais bon, un coming-out n’est jamais facile à réaliser. Le regard des autres, les murmures derrière le dos, des amis qui vous appellent un peu moins souvent… Autant de choses que l’on redoute… Mais voilà, aujourd’hui, j’ai décidé d’assumer pleinement et de le crier haut et fort : je kiffe Avril Lavigne ! Et ce n’est pas cet excellent The Best Damn Thing qui va me faire changer d’avis.

Bien sûr, ça a un petit goût de soupe. On qualifie souvent son style de pop-punk, pour bien signifier que dans le genre no future rebelle, on a fait mieux. C’est vrai que la jeune franco-canadienne n’est pas tout à fait aussi subversive que les Sex Pistols et quand on essaye de comprendre le sens profond de ses paroles, on ne tombe pas sur une prose rageuse et révolutionnaire. Mais parfois l’oreille a ses raisons que la raison ignore.

Elle beau n’être pas très épaisse, elle a beau avoir le sex-appeal d’une fouine pré-pubère, la jeune femme est une vraie boule d’énergie. The Best Damn Thing, sorti en 2007, est l’album de la confirmation, après ses deux premiers sortis alors qu’elle avait moins de 20 ans. Depuis un autre est venu et l’age adulte ne semble pas avoir en rien diminué sa formidable énergie. Au contraire, l’expérience lui a apporté une maîtrise, une capacité à garder une ligne mélodique claire, à ne jamais beugler qui font de cette auteur-interprète une artiste accomplie. Voilà, c’est fait, c’est dit et je n’ai pas peur des mots !

The Best Damn Thing s’ouvre sur un single qui résume très bien ce à quoi ressemble cet album. Girlfriend parle peut-être de choses bien futiles (genre ta copine craint, largue-la et choisis-moi à la place…), mais donne envie de secouer la tête très fort. Et tout le reste est dans la même veine, avec une énergie incroyable, énormément d’enthousiasme et une conviction de tous les instants. C’est plutôt festif, léger et entraînant. Pas un chef d’œuvre du rock, mais un de ces albums que l’on continue d’adorer écoute après écoute.

The Best Damn Thing contient évidemment quelques ballades qui font bien. Trois si j’ai bien compté : When You’re Gone, Innocence et Keep Holding On qui clôt parfaitement cet album. Tout cela est très classique, avec un son typique du rock US. Il n’est pas encore sûr qu’Avril Lavigne connaisse la même carrière que Bruce Springsteen, mais les deux sont les héritiers de la même tradition. Après évidemment, entre un vieux routier qui sent le vrai mâle et la petite puce juvénile, ça ne sonne pas tout à fait de la même façon. Mais personnellement, je n’ai pas du tout envie de choisir. D’ailleurs, ça tombe bien, personne ne me le demande. Comme quoi la vie est bien faite parfois.

Après avoir écoutéThe Best Damn Thing, je ne vais donc pas cesser d’aimer beaucoup Avril Lavigne. Et j’espère très sincèrement qu’elle nous livrera encore bien des albums de cet acabit au cours d’une longue et belle carrière.

Pour finir, regardons de plus près les titres de The Best Damn Thing.

1.: Girlfriend
Un single plein de punch et d’énergie. Tout simplement excellent !

2.: I Can Do Better
Un titre qui sonne très rock US, très énergique mais avec une ligne musicale maîtrisée.

3.: Runaway
Un morceau plus dans la maîtrise, mais cela reste très bon.

4.: The Best Damn Thing
Ressemble beaucoup à Girlfriend, mais avec un peu moins d’énergie.

5.: When You’re Gone
Ballade romantique sympathique et interprétée avec conviction.

6.: Everything Back But You
Retour au rock festif et entraînant.

7.: Hot
Un rock plus classique mais très bon.

8.: Innocence
Ballade un peu triste mais le résultat est très bon.

9.: I Don’t Have to Try
L’intro hip-hop n’est pas terrible, mais la suite est un rock classique avec toujours cette même énergie.

10.: One of Those Girls
Un rock qui ressemble à ce qu’elle faisait à ses débuts. Bien mais sans plus.

11.: Contagious
Un rock court, énergique et suffisant.

12.: Keep Holding On
Une ballade fort sympathique pour un résultat pas mal du tout.

POULET AUX PRUNES : On est jamais aussi bien servi que par soi-même

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pouletauxprunesafficheOn n’est jamais aussi bien servi que par soi-même. Voici un adage auquel Marjane Satrapi doit adhérer puisqu’elle a pris la très bonne habitude (vue la qualité du résultat) d’adapter elle-même ses bandes-dessinées au cinéma. Elle l’avait fait sous forme d’un film d’animation pour le formidable Persepolis, là voilà cette fois avec un film tourné avec de « vrais » acteurs : Poulet aux Prunes.

Nasser Ali est désespéré. Violoniste, on vient de lui briser son instrument et il semble incapable d’en retrouver un qui lui convienne. Alors, il décide de mourir. Trouvant, toute forme de suicide trop douloureuse, il se contente de s’allonger dans le noir et d’attendre que la mort le prenne. Elle viendra 8 jours plus tard, le temps de découvrir quel est vraiment son histoire.

Poulet aux Prunes est une fable, un conte, appelons-cela comme on le souhaite. Une très belle histoire en tout cas, une histoire triste, une histoire d’amour. Marjane Satrapi met dans son récit une poésie envoûtante et aussi délicieuse qu’un met oriental. En nous montrant très vite quel sera le dénouement, elle évite un faux suspense et l’émotion facile. Ce film est un puzzle qui nous fait découvrir pièces après pièces ce qui a bien pu conduire cet homme à vouloir quitter la vie. Car vous l’imaginez bien, l’explication ne tient pas que dans un violon…

Comme tout film puzzle, Poulet aux Prunes est parfois un peu inégal. On met un peu de temps à entre totalement dans cette histoire et certains passages laissent plus froid que ce qui était voulu et certains apartés semblent parfois quelque peu superflus. Mais paradoxalement, c’est aussi du à la remarquable intelligence d’un scénario qui semble dans un premier temps décousu, avant que toutes les pièces ne finissent pas s’assembler pour rendre le tout parfaitement cohérent. Une fois le flou du début estompé, on entre totalement dans cette histoire et on se laisse totalement pénétrer par l’émotion.

pouletauxprunesVisuellement, Poulet aux Prunes fait aussi preuve de beaucoup d’imagination et de poésie. Si la majeure partie du film est tourné « normalement », certains passages sont sous forme d’animation et certains plans larges apparaissent en partie dessinés, sans que l’on cherche vraiment à nous le cacher. Personnellement, je n’ai pas lu la bande-dessinée, mais on sent bien que Marjane Satrapi a vraiment voulu conserver son esprit aussi bien visuel que narratif. A la fois, elle était la mieux placée pour le faire.

Pour Poulet aux Prunes, Marjane Satrapi a réuni un casting plus que prestigieux. Rien que la présence de Matthieu Almaric à l’écran pourrait suffire, tant cet acteur est capable de porter à lui tout seul un film sur ses épaules. Mais il est parfaitement secondé par Edouard Bear qui est un parfait narrateur. Ce film nous permet également d’admirer l’immense talent de la beaucoup trop rare Maria De Medeiros. On notera également les très belles apparitions de Djamel Debouzze, Chiara Mastroianni et Isabella Rosselini, rien que ça…

Poulet aux Prunes est donc un très beau film mêlant rire et tristesse, poésie et belle histoire, le tout dans un emballage visuel très imaginatif. Une nouvelle grande réussite pour Marjane Satrapi donc !

 

Fiche technique :
Production : Celluloïd Dreams, The Manipulators, uFilm, Studio 37, Le Pacte, Lorette productions, Arte France Cinéma
Distribution : Le Pacte
Réalisation : Marjanne Satrapi, Vincent Paronnaud
Scénario : Marjanne Satrapi, Vincent Paronnaud, d’après la BD de Marjane Satrapi
Montage : Stéphane Roche
Photo : Christophe Beaucarne
Décors : Udo Kramer
Son : Gilles Laurent
Musique : Olivier Bernet
Durée : 91 mn

 

Casting :
Mathieu Amalric : Nasser Ali
Maria De Medeiros : Faringuisse
Golshifteh Farahani : Irâne
Edouard Baer : Azraël
Eric Caravaca : Abdi, le frère
Chiara Mastroianni : Lili adulte
Rona Hartner : Soudabeh
Jamel Debbouze : le mendiant et Houshang
Isabella Rossellini : Parvine

UN PARIS BIEN LANCE

psgbienlance

psgbienlanceEn 1994, alors que le PSG d’Arthur Jorge venait de remporter très logiquement le titre de champion de France, si on m’avait dit que 17 ans plus tard, le club parisien n’aurait toujours pas connu à nouveau une telle consécration, j’aurais sûrement ri au nez de mon interlocuteur. Pourtant, ce dernier aurait eu raison. Du coup, toutes ces années de déceptions ont rendu le supporter du PSG méfiant et quelque peu désabusé.

Je dois bien l’avouer, j’ai accueilli assez froidement l’arrivée des investisseurs qatari à la tête du club de la capitale. L’argent règne certes en maître sur la planète football, mais l’arrivée de ce genre de mécène n’a que rarement donné de résultats probants. Le meilleur exemple étant Manchester City… Mais ce début de saison est en train de me donner doublement tort.

Déjà parce que Manchester City semble lancé inexorablement vers le titre de champion d’Angleterre. Mais surtout parce qu’avec six victoires consécutives et une solide première place au classement, le PSG apparaît un peu plus à chaque journée comme le grand favori de la Ligue 1. Les commentateurs font parfois la fine bouche face au niveau de jeu, à la solidité de la défense ou le réalisme des attaquants. En attendant, les résultats sont là et les buts pleuvent. Et Javier Pastore, l’homme le plus cher de l’histoire du championnat de France, semble bien être le crack annoncé.

Alors oui, aujourd’hui, l’espoir renaît dans tous les cœurs des supporters parisiens. Les beaux principes d’éthique dans lesquels on pourrait se draper disparaissent avec les victoires qui s’enchaînent et ceux qui les usent encore passent de plus en plus pour des aigris. Cependant, on sait aussi qu’à Paris, tout ne se passe jamais comme ailleurs et on a trop souvent vu les résultats chuter avec le printemps. Mais cette fois, aucun fan n’a envie de faire preuve de circonspection.

Par contre, on a tous retrouvé l’envie de rêver !

A STRANGE EDUCATION (The Cinematics) : Energie et élégance

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astrangeeducationthecinematicsOn poursuit dans les groupes pop-rock énergiques avec, après The Hoosiers, The Cinematics. Un groupe venu une nouvelle fois de Grande-Bretagne, même si cette fois, c’est plus précisément d’Ecosse. Comme quoi les terroirs de la perfide Albion font pousser des groupes avec la même qualité. C’est la beauté des traditions et il vaut mieux, à mon sens, faire pousser des groupes de rock que des groupes de country…

The Cinematics a deux albums à son actif, dont le premier, A Strange Education, sorti en 2007.Un second est sorti en 2009, intitulé Love and Terror. Le groupe est composé d’un chanteur (Scott Rinning), d’un guitariste (Larry Reid), d’un bassiste (Adam Goemans) et d’une batteur (Ross Bonney). Pas de grande originalité donc de ce côté là, on est face à une formation rock tout ce qu’il y a de plus classique. Encore une, certains diront avec un peu de lassitude dans la voix. Il est vrai que ce n’est pas certain que The Cinematics marque profondément l’histoire de la musique, mais il possèdent néanmoins de grandes qualités.

La première, et ceux qui lisent régulièrement mes critiques musicales savent à quel point j’y attache de l’importance, c’est leur énergie. Le rock pour moi ne peut se jouer qu’avec entrain et conviction et The Cinematics en font largement preuve dans A Strange Education. Leur musique est peut-être parfois un peu basique, mais au moins elle communique à l’auditeur un minimum de punch et de joie de vivre. Ils ne ressemblent pas à des fonctionnaires de la musique et ont vraiment l’air de croire en ce qu’ils jouent.

The Cinematics savent aussi faire preuve d’une vraie maîtrise et même d’une certaine élégance dans leur instrumentation. Le début et la fin de A Strange Education le prouve, notamment les titres Break, A Strange Education, Human, Alright et Asleep at the Wheel. Leur interprétation se fait alors avec une certaine retenue qui ne nuit pas pour autant à la qualité des morceaux. Entre les deux, ils se lâchent un peu plus, deviennent parfois un peu plus brouillon mais tous les titres ou presque sont assez plaisants pour que l’on parcourt cet album avec un réel plaisir. Encore une fois, The Cinematics n’est pas le groupe de rock du siècle, mais ils en donnent pour son argent à l’auditeur.

A Strange Education est un album assez homogène, bien équilibré, on vient de le voir, entre énergie et maîtrise. Seul le titre Rise and Fall se situe un peu plus en retrait des autres. A l’inverse, il lui manque peut-être un vrai titre phare pour se démarquer définitivement de la concurrence. Personnellement, mon morceau préféré est Keep Forgetting, mais le choix reste tout de même difficile. Mais bon, comme l’homogénéité se fait quand même plutôt par le haut, on n’en voudra guère aux The Cinematics pour si peu.

Au final, A Strange Education est un très bon album pop rock, souvent énergique, parfois élégant, très homogène et de globalement de très bonne qualité.

Pour finir, un petit tour des titres que l’on trouve sur A Strange Education.

1.: Race to the City
De la pop-rock énergique.

2.: Break
Plus dans la maîtrise, mais cela reste vraiment pas mal.

3.: A Strange Education
Un rock élégant, tout à fait maîtrisé.

4.: Human
Un morceau plus lent, plus sombre.

5.: Chase
Un titre pop-rock enjoué et interprété avec conviction.

6.: Rise & Fall
Un titre plus en retrait, plus transparent.

7.: Sunday Sun
Beaucoup de punch, mais un peu brouillon.

8.: Keep Forgetting
Plein d’énergie et de conviction dans ce très bon titre.

9.: Ready Now
L’énergie y monte encore d’un cran.

10.: Maybe Someday
Un morceau vraiment entraînant.

11.: Alright
Un titre plus calme, plus maîtrisé.

12.: Asleep at the Wheel
Un morceau dans la même veine que le précédent.

LES MARCHES DU POUVOIR : Attention montée glissante !

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lesmarchesdupouvoirafficheOn parle beaucoup de politique depuis quelques mois et cela ne va aller qu’en s’amplifiant au fur et à mesure que va approcher l’élection présidentielle. C’était donc le bon moment pour sortir un film politique. Il y en a même eu deux pour le prix d’un cette semaine, avec notamment Les Marches du Pouvoir, de George Clooney. Bon certes, il est peu probable que l’homme le plus beau du monde se soit calé sur le calendrier électoral français pour la réalisation de son film, mais je trouve que cela sonnait bien comme introduction.

Stephen Meyers est un des principaux conseillers du gouverneur Morris, qui est en pleine campagne des primaires démocrates. Il est encore jeune et très idéaliste. Mais la concurrence est rude avec leur rival. Les coups tordus et les manipulations en tout genre se multiplient. Est-il possible dans un tel contexte de conserver son intégrité envers et contre tout ?

Filmer les coulisses du pouvoir n’est pas nouveau et la politique peut être un excellent sujet pour un film à suspense. Même sans meurtre, on peut mettre facilement en place les mécanismes d’un polar-thriller avec ces « qui va trahir qui ? » et « quel est le plan machiavélique qui se cache derrière tout cela ? ». C’est exactement ce que fait les Marches du Pouvoir, un film à l’intrigue solide et mise en scène avec beaucoup d’intelligence par George Clooney.

En plus d’être la preuve de l’existence de Dieu, George Clooney s’affirme un peu plus à chaque film comme un excellent réalisateur. On sent chez lui le même potentiel que chez un Clint Eastwood, même si rien n’assure encore qu’il atteindra les mêmes sommets. Cependant, les Marches du Pouvoir traduise déjà une maîtrise. Car à l’heure où 24h Chrono a imposé aux scénaristes la règle du 24 rebondissements à la seconde, George Clooney prend le temps de nous dérouler lentement mais sûrement son histoire. Il y a certes de nombreux rebondissements, mais il ne se sent pas obligé de nous emmener sur d’incessantes fausses pistes tellement énormes que l’on voit tout de suite où on veut nous emmener. On échappe même au retournement de situation de la dernière seconde, exploit à l’heure où il semblait devenu obligatoire.

De toute façon, avec les Marches du Pouvoir, George Clooney ne cherche pas qu’à nous livrer un film à suspense. Il y a aussi du fond derrière tout ça, avec une volonté de nous montrer l’envers du décor et la manière dont la machinerie politique peut broyer les intentions les plus pures. Le propos n’est pas nouveau, on n’apprend guère de choses très surprenantes, mais la thèse est exposée avec assez de maîtrise et de brio, pour être tout à fait convaincante. Et moi qui fait activement de la politique, à un niveau plus modeste certes, je peux vous assurer que l’on est pas loin de la vérité, même si tout cela est évidemment extrêmement romancé pour les besoins de l’intrigue.

lesmarchesdupouvoirLes Marches du Pouvoir met en scène le beau et sémillant Ryan Gosling. Ce n’est pas vraiment une surprise tant il est omniprésent sur nos écrans depuis quelques mois. Il faut dire que le garçon à du talent et un charisme fou et qu’on comprend que les producteurs se l’arrachent. Cependant, gare à l’overdose. Enfin, elle ne viendra pas avec ce film où il brille encore par son jeu sobre mais d’une justesse remarquable. George Clooney est bon comme George Clooney, ce qui n’est pas peu dire, même si son rôle n’est pas le plus essentiel de ce film. Enfin, le casting est complété par deux des meilleurs seconds rôles d’Hollywood, qui confirment ici ce statut : Philippe Seymour Hoffman et Paul Giamatti.

Les Marches du Pouvoir est donc un film solide, élégant et bien construit, avec tout plein de très bons acteurs dedans. Un programme pour lequel on a tout de suite envie de voter !

 

Fiche technique :
Production : Cross Creek Pictures, Exclusive Media Group, Smoke House
Distribution : Metropolitan FilmExport
Réalisation : George Clooney
Scénario : George Clooney, Grant Heslov, Beau Willimon d’après sa pièce Farragut North
Montage : Stephen Mirrione
Photo : Phedon Papamichael
Décors : Sharon Seymour
Musique : Alexandre Desplat
Costumes : Maggie Martin
Directeur artistique : Chris Cornwell
Durée : 95 mn

Casting :
Ryan Gosling : Stephen Meyers
George Clooney : Gouverneur Mike Morris
Philip Seymour Hoffman : Paul Zara
Paul Giamatti : Tom Duffy
Evan Rachel Wood : Molly Stearns
Marisa Tomei : Ida Horowicz
Jeffrey Wright : Senateur Thompson
Max Minghella : Ben Harpen
Jennifer Ehle : Cindy Morris

LE NAVIRE PS VOGUE VERS 2012

francoishollande

francoishollandeSi j’ai quelque peu délaissé certaines parties de mon site depuis quelques semaines et donc n’ai pas eu l’occasion de parler des primaires socialistes, c’est notamment à cause de l’organisation de ces dernières qui m’a prise un peu de temps (enfin entre beaucoup d’autres choses). D’ailleurs, je suis bien content que cela soit fini, car pour le militant et élu socialiste que je suis, ce fut une période où ce sont mêlés espoirs et inquiétudes. Sans parler évidemment des deux journées à passer 5h derrière une urne, activité sympathique mais un peu longuette parfois.

Le succès des primaires socialistes sont incontestables et ceux qui ont cherché à le faire se sont tout simplement couverts de ridicule. L’organisation sans accro, malgré sa complexité (je peux en témoigner), la participation inespérée (notamment à Viroflay!) et surtout la bonne tenue des débats ont donné une image extrêmement positive du Parti Socialiste, la meilleure depuis bien des années. Elle a aboutit à la nomination d’un candidat qui part au combat contre Nicolas Sarkozy dans les meilleures conditions qui soient.

D’un point de vue personnel, ces primaires ont donc constitué une double satisfaction puisque j’ai soutenu François Hollande depuis juin dernier. Avec le recul, cela me semble d’ailleurs relativement incroyable. Je n’aurais pas parié un seul centime sur lui il y a tout juste un an de cela. Comme quoi la ténacité et la constance peuvent parfois payer en politique. Bien sûr, l’affaire DSK lui a été particulièrement favorable puisque c’est sûrement à l’ancien patron du FMI que serait allé mon vote sans tout cela. Et cela aurait été sûrement le cas d’une majorité des votants à ces primaires.

Bien sûr, le plus dur attendent François Hollande et le Parti Socialiste désormais. Le dernier qui a parlé a souvent raison et la manière dont ils ont occupé le temps d’expression médiatique depuis deux mois explique une partie de l’avance que leur donnent les sondages. Il est évident que tout cela va se rééquilibrer et il est impensable que l’élection présidentielle se termine sur un score de 65-35. Il va falloir faire le dos rond jusqu’à la fin de l’année 2011, où les autres formations politiques font tout faire pour réoccuper l’espace médiatique. Ensuite, viendra la campagne à proprement dite et là il faudra savoir repartir de plus belle.

Comme disait Pierre Moscovici avant l’été : « On ne voit pas comment on pourrait ne pas gagner, mais on voit encore comment on pourrait perdre ». Le premier écueil résidait dans les primaires. Elles furent un succès. Les probabilités d’un échec se sont encore amenuisés. Mais tant qu’elles existeront, il faudra être vigilant !

TRICK OF LIFE (The Hoosiers) : Un bon verre de punch

tricktolifethehoosiers

tricktolifethehoosiersTout le monde n’a pas la chance d’être Led Zeppelin ou The Pink Floyd. Mais ce n’est pas pour ça que l’on a pas le droit de faire de la musique et même de la bonne musique. Pour cela, il faut du punch, de l’enthousiasme et si possible ne pas trop se prendre au sérieux. Cela peut sembler simple, mais ce n’est pas donné à tout le monde. Heureusement, c’est bien le cas de The Hoosiers et de leur album Trick to Life.

The Hoosiers est un groupe anglais, composé de Irwin Sparkles au chant et à la guitare, de Martin Skarendahl à la basse et de Alfonso Sharland à la batterie. Leur premier single, Worried About Ray, sorti en 2007 a tout de suite connu un grand succès en Grande-Bretagne, succès confirmé avec le deuxième, Goodbye Mr A. Leur carrière était lancée avec ce premier album, Trick to Life, auquel s’est ajouté depuis deux autres.

La musique de The Hoosiers est à ranger dans la case pop-rock, ou indie-rock, ou indie-pop, ou indie-pop-rock… Enfin comme vous voulez. C’est avant tout à placer dans la catégorie bonne musique qui donne envie de taper du pied. Peut-être pas tout à fait de sauter partout, mais pas très loin. Leur style est dynamique, plein d’entrain et plutôt festif. Ils interprètent tous leurs morceaux avec beaucoup de conviction, d’enthousiasme et d’énergie et ce de manière plutôt communicative. Bref, ils se donnent à fond et font avec ce qu’ils ont.

Je ne veux pas laisser entendre par là que The Hoosiers ne possède pas des qualités de maîtrise purement artistique. Ce sont de vrais musiciens qui ne misent pas non plus tout sur leur énergie. Mais c’est sûr que Trick to Life n’est pas non plus un album révolutionnaire. Plusieurs morceaux se ressemblent quand même pas mal, même s’ils savent aussi changer de rythme et donner à leur musique des airs plus mélancoliques ou sombres. Bref, c’est du bon rock et si ce n’est pas totalement inoubliable, cela ressort quand même largement du lot.

Il suffit de regarder un de leur clip pour voir que The Hoosiers ne se prennent pas trop au sérieux. On est loin des fausses rock stars torturées sans que l’on sache pourquoi. Ici, l’ambiance est plutôt festive et joyeuse et ça se ressent tout au long de Trick to Life. Là encore, ce ne sont pas les seuls à avoir ce genre d’attitude, mais c’est tellement mieux que le rock sinistre à force d’oublier de se lâcher que l’on apprécie vraiment l’écoute de cet album.

Trick to Life est très homogène en qualité. Tous les titres ne sa valent pas, mais aucun n’est vraiment à jeter. Tout juste, certains sont plus en retrait, aussi parce qu’ils ressemblent à plusieurs autres de ce même album. Personnellement, je retiendrais avant tout leur premier single, Worried About Ray qui résume très bien leur style, mais aussi Clinging on for Life, une ballade épurée qui permet d’apprécier la très belle voix de Irwin Sparkles, qui est donc aussi performante dans l’énergie que posée sur une belle mélodie.

Trick to Life de The Hoosiers n’a pas changé la face du rock, mais nous livre un petit moment d’énergie et de joie musicale très appréciable.

Pour finir, regardons de plus près les titres que l’on trouve sur cet album.

1.: Worried About Ray
Un premier single dynamique et entraînant.

2.: Worst Case Scenario
Un morceau très enjoué, dynamique et sympathique.

3.: Run Rabbit Run
Plus triste, plus lent, mais encore très réussi.

4.: Goodbye Mr A
Un titre toujours énergique, mais plus en retrait que les précédents.

5.: Sadness Runs Through Him
Chanson plus mélancolique et une nouvelle fois très belle.

6.: Clinging on for Life
Une ballade épurée qui permet de bien apprécier la voix.

7.: Cops and Robbers
Un rock brillant, enthousiasmant et entraînant.

8.: Everything Goes Dark
Un morceau sobre et un tantinet sombre, parfaitement maîtrisé en tout cas.

9.: Killer
Un titre plus groovy, moins rock, mais cela reste très bon.

10.: Trick to Life
Un rock un peu martelé, mais qui conserve son énergie.

11.: Money to Be Made
Une ballade épurée, mais sans grand relief.

12.: Feeling You Get When, Feeling You Get When (hidden track)
Un morceau évanescent qui sonne comme un au revoir.