WE STARTED NOTHING (The Ting Tings))

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westartednothingtingtingsIl y a des chansons qui vous donnent irrésistiblement envie de monter le son et parfois même de bouger votre petit corps. Des tubes qui vous remplissent d’enthousiasme et d’énergie pour la journée et que vous vous ne vous lassez pas d’écouter. Personnellement, c’est mon cas avec le titre des Ting Tings « Shut Up and Let Me Go ». Restait à savoir si le reste de leur album, We Started Nothing, sorti en 2008, était à la hauteur.

Evidemment, il est très difficile de tomber sur un album où tous les titres sont du même acabit que le principal single. Dans ces rares cas, on se retrouve devant un moment d’exception. Soyons clair, We Started Nothing n’en est pas un. Cependant, il constitue une belle réussite musicale… au moins pour moitié. En effet, l’album semble coupé en deux, avec 5 premiers titres vraiment excellents et 5 autres beaucoup plus moyens. La version que je possède contient également 4 versions acoustiques plutôt sympathiques et pas forcément superflues.

Alors verre à moitié vide ou à moitié plein ? Soyons positifs et retenons avant tout le meilleur. 5 très bons titres, c’est un peu court, diront certains. Mais c’est déjà beaucoup plus que beaucoup des albums que l’on trouve dans les bacs. Entre jazz, pop et électro, We Started Nothing nous propose avant tout de l’énergie à revendre. Cela compense une instrumentation pas forcément hyper élaborée, mais qui a au moins le mérite de nous fait battre des pieds. La musique n’a pas forcément besoin d’être belle et sophistiquée pour être entraînante et celle des Ting Tings sait l’être.

L’énergie est vraiment ce qui constitue la plus grande force des Ting Tings. C’est lorsqu’elle se met à décliner que les titres deviennent moins bons. Ils sont alors renvoyés à leurs limites musicales et We Started Nothing n’arrive vraiment plus à attraper l’oreille de l’auditeur. Ca reste propre, mais plus plat, plus transparent, presque insipide pour Impacilla Carpisung. Enfin, on trouve bien des albums qui ne sont constitués que des morceaux de cet acabit, alors ne boudons pas notre plaisir et oublions le sérieux trou d’air que connaît ce CD sur la fin.

Les titres acoustiques que l’on trouve à la fin permettent de mieux apprécier un des grandes qualités des Ting Tings qui passent un peu inaperçu par ailleurs : la qualité vocale. Les Ting Tings sont en fait un duo et la chanteuse, Katie White, prouve ici que, sans posséder une voix absolument exceptionnelle, elle sait mettre aussi de l’émotion dans son chant. Les mélodies restent simples, mais le groupe arrive à réellement les réinterpréter pour en faire des titres radicalement différents de l’original. Ce premier album permet donc d’espérer pour eux une longue carrière, jalonnée de chansons variées, nous faisant découvrir l’ensemble des facettes de leur talent.

We Started Nothing des Ting Tings confirme si besoin était que la Grande-Bretagne est une terre de musique, où même le deuxième rang est occupé par des artistes capables de nous enthousiasmer au moins sur un titre ou deux. Le potentiel est là, les débuts sont prometteurs, espérons que leur second album qui devrait sortir dans l’année confirmera tous ces espoirs. Comme l’on dit, cela reste le plus difficile, mais la perfide Albion nous a déjà livré assez d’artistes majeurs pour ne pas voir de raison à ce que le liste continue de s’allonger.

Pour finir, faisons le tour des titres que l’on trouve sur We Started Nothing.

1.: Great DJ
Mélange entre rock et électro. Très énergique, à défaut d’être génial.

2.: That’s Not My Name
Autre single, excellent, très rythmé et énergique.

3.: Fruit Machine
Plus jazzy, sympa, même si un peu lancinant sur la fin.

4.: Traffic Light
Une ballade pop sucrée qui permet d’admirer la très belle voix de Kate White.

5.: Shut Up And Let Me Go
Enorme tube débordant d’énergie et d’enthousiasme.

6.: Keep Your Head
Plus rock, un peu plus transparent, même si reste très énergique.

7.: Be The One
Une pop lancinante pas géniale.

8.: We Walk
Moins d’énergie, plus transparent.

9.: Impacilla Carpisung
Son électro pop très plat.

10.: We Started Nothing
Un morceau électro un peu plus énergique

11.: Be the One (Acoustic)
Une jolie ballade

12.: Shut Up and Let Me Go (Acoustic)
Une version acoustique pas mal du tout et plutôt intéressante.

13.: Great DJ (Acoustic)
Version chantée en duo, vraiment très belle, très supérieure à l’original

14.: That’s Not my Name (Acoustic)
Une version vraiment bonne qui garde toute l’énergie de l’original

LA JUSTICE NE PRETE QU’AUX GRANDS

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cristianoronaldoLe football a ceci de terrible que la justice n’y triomphe pas toujours, même sans parler de tricherie. Pourtant la compétition, quand elle est loyale, est censée sacrer au final le plus fort, le plus méritant, celui qui a porté au plus haut les valeurs de sacrifice et d’abnégation. Le meilleur est censé y triompher. Mais le ballon rond, s’il n’a pas les rebonds capricieux du ballon ovale, ne roule pas toujours dans la direction que la logique, et j’ai envie de dire la morale sportive, devrait lui imposer.

La finale de la Coupe d’Espagne hier soir en est une nouvelle preuve. La victoire du Real Madrid ne constitue pas une si grande surprise que cela dans l’absolu, même si le FC Barcelone partait tout de même favori. Pourtant, dans le jeu, il n’y a pas eu photo, malgré une première mi-temps où les joueurs de Guardiola ont été complètement étouffés. Car ensuite, leur domination fut totale, signant des mouvements collectifs de toute beauté, dont les Madrilènes semblaient totalement incapables, ancrés dans une organisation défensive dont le seul but était de détruire le beau jeu catalan.

Et il aura suffit d’un éclair de génie pour tout faire basculer en sens contraire. Un éclair signé du joueur qui symbolise si bien cet esprit individuel face à la force collective barcelonaise. Cristiano Ronaldo a marqué ce but qui a tout changé, alors même que son match s’était jusqu’à lors résumé à une série d’actions égoïstes et désespérées, se terminant invariablement par une perte de balle, après laquelle ses coéquipiers étaient priés de courir pour la récupérer.

Injustice est faite a-t-on envie de dire ! Mais la victoire du Real de Madrid n’a rien d’injuste. Elle confirme juste qu’à ce niveau la plus-value d’un talent individuel comme celui du Portugais représente un atout qui peut faire la différence, même quand les circonstances semblent contraires. Mais dans le camps d’en face, les joueurs de cette trempe ne manquent pas non plus. Alors, il ne tient plus qu’à eux de prendre leur revanche en demi-finale de Ligue des Champions.

Et les spectateurs continuent d’en saliver d’avance !

SCREAM 4 : Pas de quoi hurler de joie, mais de peur un peu

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scream4afficheIl y a 15 ans (et oui, ça ne nous rajeunit pas), Wes Craven, le papa de Freddy, nous offrait Scream, un vrai faux film de serial killer, parodie filmée avec le plus grand sérieux et le plus grand talent. Pour des millions de spectateurs, un film culte qui les a fait autant rire que hurler de terreur. Dans les quatre ans qui ont suivi, le film eu droit à deux suites, plutôt réussies et qui semblaient avoir épuisé le sujet… 10 ans plus tard, Scream 4 nous confirme que cela était bien le cas.

Sydney est de retour à Woodsboro pour la sortie de son livre. Un retour qui coïncide avec l’anniversaire des évènements qui ont marqué sa vie à jamais… et le retour manifeste d’un tueur en série arborant le célèbre costume de « Ghostface ». Le cauchemar ne prendra-t-il donc jamais fin ?

Le principe de base des films de la série Scream est toujours le même. Ils suivent les codes des films d’horreur, puisque le tueur s’amuse lui-même à commettre ses crimes selon ces derniers. Cela permet donc de parodier sans se moquer, à faire rire mais sans une seule seconde oublier de nous faire sursauter à tous les coins de caméra. C’était la grande force et la réelle originalité du premier volet, enrichie par les volets suivants qui s’amusaient à démonter les codes des suites qui sont généralement donnés à ce genre de film. Wes Craven en sait quelque chose puisque son personnage de Freddy a donné naissance à près d’une dizaine de longs métrages.

Scream 4 s’attaque quant à lui aux remakes (ou reboots, terme à la mode, dont a justement bénéficié récemment… le Freddy de Wes Craven). L’idée peut sembler logique et susceptible d’apporter une vraie nouveauté. Le problème c’est qu’entre une suite et un remake, il n’y a finalement pas de si grande différence. Du coup, Scream 4 ne renouvelle que très peu les idées exploitées à l’occasion des volets 2 et 3. On ressort assez déçu car le charme de cette saga reposait justement sur cet aspect décalé et parodique, qui est largement éteint ici. La série devient ainsi elle-même victime des travers dont elle s’est toujours moquée.

Au-delà de ça, Scream 4 reste un film efficace et réalisée avec talent. Sans cette impression de déjà-vue, ce film, sans atteindre les sommets du premier volet de la saga, constituerait un joli moment d’ironie cinématographique. Wes Craven continue de savoir créer comme personne chez le spectateur l’angoisse du tueur caché dans le placard susceptible de surgir à tout instant. Un effet basique, mille fois mis en œuvre, mais qui marchent toujours quand il est mis en œuvre avec autant de talent.

scream4Scream 4 laisse un peu moins de place à l’humour que les volets précédents. C’est largement du à l’épuisement du pouvoir parodique que j’ai évoqué plus haut. Les ressorts sont quelque peu épuisés, mais surtout les personnages sont nettement moins réussis que dans les premiers volets. Les survivants sont toujours bien là, mais la nouvelle génération ne leur arrive pas à la cheville, il faut bien l’admettre. Du coup, on a envie que l’on nous débarrasse au plus vite de ces adolescents un peu palots pour se concentrer sur la vieille garde. Mais cette dernière est censée désormais ne jouer que les seconds rôles. Peut-être que je suis trop nostalgique… Cependant à quoi sert de donner un 4ème volet à cette saga, si ce n’est pour satisfaire la nostalgie des fans de la première heure ?

Scream 4 est l’occasion de revoir Neve Campbell à l’écran. Elle n’est pas devenue la grande star qu’elle semblait destinée à devenir. On comprend mieux ici pourquoi. Je suis peut-être un peu méchant, mais on ne peut vraiment pas dire que son jeu soit éblouissant. Dans la série nostalgie, on se réjouit de revoir Courteney Cox, qui, comme tous ses petits camarades de Friends, avait quelque peu disparu (à l’exception peut-être de Jennifer Anniston). Chez la jeune génération, les amateurs de séries seront heureux de retrouver leur cheerleader préférée, en la personne de Hayden Panettiere, vue dans la série Heroes. Bref, rien de très éblouissant dans ce casting, à l’image de ce film : propre mais sans génie.

Faire un Scream 4 n’était donc vraiment pas indispensable. Attendre 10 ans pour le produire pouvait faire espérer qu’ils rassemblent un maximum de bonnes idées accumulées au fin du temps. Il n’en est rien et au-delà du divertissement bien foutu, il n’y a pas grand chose dans ce film, loin d’être digne du premier du nom donc !

Fiche technique :
Production : Dimension Films
Distribution : SND
Réalisation : Wes Craven
Scénario : Kevin Williamson
Montage : Peter McNulty
Photo : Peter Deming
Décors : Helen Britten
Musique : Marco Beltrami
Effets spéciaux : Ron Bolanowski
Directeur artistique : Gerald Sullivan
Durée : 110 mn

Casting :
Emma Roberts : Jill Kessler
Courteney Cox : Gale Weathers
David Arquette : Dwight Dewey Riley
Neve Campbell : Sidney Prescott
Hayden Panettiere : Kirby Reed
Anna Paquin : Rachel
Heather Graham : Casey

LIVE IN LONDON AND PARIS (Otis Redding) : Deux concerts pour le prix d’un

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liveinparisandlondonotisreddingLes meilleurs s’en vont toujours les premiers, c’est bien connu. C’est particulièrement vrai dans le monde de la musique, où nombre de grands artistes ont quitté la scène bien avant l’heure. Parmi eux, Otis Redding, mort à seulement 26 ans, dans un accident d’avion. Même pas d’une overdose ! C’est vraiment trop bête ! Une carrière courte donc, mais incroyablement riche et qui nous a laissé beaucoup de morceaux inoubliables.

Live in London and Paris est comme son nom l’indique tiré de deux concerts, enregistrés au printemps 1967, soit quelques mois avant sa mort (en décembre de la même année). Un bon moyen pour se rappeler quel immense artiste il fut, car sa performance scénique le confirme. Ceux qui ont pu le voir sur scène sont donc particulièrement chanceux. Une chance que cet album nous fait heureusement partagé.

Bon, commençons par le petit détail qui fâche. Deux concerts donc, pour le prix d’un, c’est évidemment tentant. Sauf que la plupart des chansons que l’on trouve lors du concert londonien sont exactement les mêmes que celles du concert parisien. Et leur interprétation ne diffère que très très peu, il est vrai. La plus-value du double lieu d’enregistrement est donc faible.

Mais l’autre détail qui nous fait vite oublier tout cela est que ce Live in London and Paris comporte pas moins de 19 plages (pour 17 chansons si on retire les introductions). Il y aurait bien des producteurs qui se seraient contentés de 9 morceaux et puis basta. Là, on en a vraiment pour son argent et la qualité des titres nous fait largement oublié que certains sont, à peu de choses près, en double.

La performance d’Otis Redding dans ce Live in London and Paris est réellement impressionnante. Si vous trouver que certains de ses morceaux sont débordants d’énergie en studio, c’est que vous ne l’avez pas encore entendu en live. Je n’ose même pas imaginer à quel point le public devait être électrisé par cette incroyable enthousiasme vocal. Que vous soyez ou non fan de soul music et de funk, vous ne pourrez que battre la mesure avec vos pieds en entendant les irrésistibles titres Respect ou Shake.

Mais les amateurs de belles mélodies seront également comblés par un My Girl ou Fa Fa Fa Fa Fa. La voix d’Otis Redding chaude et profonde prend ici toute sa mesure, sur des mélodies qui transmettent une formidable émotion. Et que dire de son titre le plus célèbre qui prend ici une dimension supplémentaire, si cela était possible. La version… pardon les deux versions live de Try a Little Tenderness justifieraient à elles seules l’acquisition de ce CD.

Je connaissais Otis Redding par son best of. Je réalise grâce à ce live l’immense artiste qu’il a été et n’ose imaginé quelle aurait été sa carrière si le destin n’avait privé précocement l’humanité d’un tel talent. C’est con parfois un avion !

Avant de se quitter, un petit tour des titres de cet album

1.: Introduction (live in London)
Le présentateur chauffe la salle en attendant l’arrivée d’Otis.

2.: Respect
Pas d’introduction pour ce titre qui nous plonge de suite dans l’énergie pure.

3.: My Girl
Un grand classique tout en douceur.

4.: Shake
Les saxophones se font entendre sur ce titre effréné.

5.: Day Tripper
Un morceau moins maîtrisé, dans l’énergie pure, mais ça reste toujours aussi bon !

6.: Fa Fa Fa Fa Fa (Sad Song)
Un titre très mélodieux où Otis joue avec le public.

7.: I Can’t Get No Satisfaction
Une reprise du tube des Stones qui ne vaut pas l’original (à mon goût), malgré l’énergie déployée.

8.: Try A Little Tenderness
Un pur chef d’œuvre qui prend encore une nouvelle dimension en live.

9.: Introduction (live in Paris)
En français cette fois !

10.: Respect
Même entrée en matière, tout en énergie.

11.: I Can’t Turn You Loose
Encore une fois bourrée d’énergie.

12.: I’ve Been Loving You Too Long
Une ballade triste superbement interprétée.

13.: My Girl
Toujours aussi magnifique.

14.: Shake
Energique et entraînant, en un mot génial.

15.: I Can’t Get No Satisfaction
Même reprise, même remarque.

16.: Fa Fa Fa Fa Fa (Sad Song)
Même jeu avec le public.

17.: These Arms Of Mine
Nouvelle ballade triste, mais toujours aussi superbe.

18.: Day Tripper
Festival d’énergie.

19.: Try A Little Tenderness
On finit en beauté !

UN ECRAN DE FUMEE A 1 000 EUROS

prime1000euros

prime1000eurosCa y est le gouvernement Sarkozy s’attaque aux dividendes abusives ! J’ai moi-même dans ce blog dénoncé le fait que les dividendes versés par les plus grandes entreprises françaises dépassaient depuis plusieurs années leur résultat, situation ubuesque et intenable. Je devrais donc être le premier à me réjouir de cette annonce de cette prime de 1000 euros que devront verser à leurs salariés les entreprises qui nourrissent grassement leurs actionnaires.

Ah quel bel effet d’annonce ! Car plus le projet se précise, plus il se vide de son contenu. Déjà, la prime ne concernerait que les entreprises qui augmentent le montant des dividendes reversés. Ouf, celles qui font n’importe quoi depuis des années déjà n’auront rien à craindre, elle pourront continuer de faire exactement la même chose. Par contre, ceux qui ont, en situation de crise, privilégié le futur de l’entreprise sur le revenu à court terme des actionnaires seront priés de passer à la caisse.

Puis, on apprend que les 1000 euros ne sont qu’un maximum et surtout qu’ils seront exonérés de charges sociales ! Ah bah voilà ! On comprend mieux ! Cette mesure n’est pas du tout destiné à augmenter le pouvoir d’achat des braves travailleurs. Non, il s’agit juste d’un énième moyen donné aux entreprises d’échapper au financement de la sécurité sociale, sans que ça ne se voit pas trop. Et ce seront les mêmes qui, demain, face aux déficits qu’ils auront eux-mêmes creusés, qui expliqueront aux citoyens lambda qu’il faut qu’il fasse un effort, travaille plus longtemps pour financer sa retraite et s’acquitte de franchises médicales toujours plus élevés.

Il y a donc très loin entre les annonces et la réalité. Surtout, que le problème de notre pays ne réside pas dans des salaires trop bas. Quoi qu’on en dise, ils augmentent régulièrement et même parfois plus vite que l’inflation. Non, le problème est dans le sous-emploi, le temps partiel subi et évidemment le chômage. Et contrairement à ce que tous les brillants esprits de droite essayent de nous expliquer, ce n’est pas en baissant les salaires et les charges, ce qui ne crée aucune demande supplémentaire, bien au contraire, que l’on y remédie.

C’est en investissant que l’on développe l’activité des entreprises ! Le pillage actuel organisé par les actionnaires (ou du moins, les plus gros d’entre eux) a surtout contracté les investissements, la recherche, l’innovation. Bref, autant de points de croissance, d’emploi, de progrès qui partent en fumée pour l’enrichissement de quelques uns.

La mesure proposée pour le gouvernement est évidemment un écran de fumée, cherchant à « acheter » la passivité des salariés. Mais, comme quasiment aucun d’en eux ne verra la couleur des 1000 euros, pas sûr qu’ils les remercient en 2012.

Source dessin : http://resistanceinventerre.wordpress.com/

MORNING GLORY : Professionnalisme à outrance

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morninggloryafficheLa fille jeune et sympa qui doit cohabiter avec un vieux grincheux, voilà un ressort comique largement éculé. Cela n’empêche pas certains de vouloir le réutiliser encore et encore. Bon, il est vrai que certaines recettes sont indémodables et leur saveur fait que l’on se moque bien de l’arrière-goût de déjà-vue. Mais dans le cas de Morning Glory, on se dit surtout qu’on aurait mieux fait d’aller dans un autre restaurant.

Becky Fuller est engagée par une chaîne de télévision nationale pour relancer leur « matinale » qui est loin derrière ceux de leurs concurrents en termes d’audience. Elle s’aperçoit vite qu’il s’agit d’un cadeau empoisonné. Mais il lui en faut plus pour la décourager. Pour remonter la pente, elle force Mike Pomeroy, journaliste légendaire, lié contractuellement à la chaîne à coprésenter ce programme très orienté divertissement, qu’il méprise. Il s’agit surtout d’un vieux grincheux que ces anciens collaborateurs considèrent comme un des pires êtres humains au monde…

… mais qui se révèlera tout de même avoir bon fond. Ah diantre, j’ai en partie révélé la fin. J’en suis fort contrit. A la fois, il suffit de voir la bande-annonce pour la connaître. N’attendez aucune surprise, aucun contre-pied et surtout aucune idée politiquement incorrecte. Morning Glory est un film totalement prévisible du début jusqu’à la fin. Certes, une comédie n’a pas forcément besoin de briller de ce point de vue. Mais tout de même, un peu de d’imprévu, ça ne gâte rien.

Par contre, une comédie se doit avant tout d’être drôle. C’est quand même sa vocation première. Morning Glory l’est-il ? Oui et non… Je serais bien sévère en disant que je me suis ennuyé, mais de là à dire que j’ai vraiment ri, il y a un pas que je ne franchirai pas. Quelques éclats oui, mais rien de quoi avoir des crampes aux abdominaux. C’est au mieux amusant, mais même pas cocasse ou ironique. Il s’agit là d’un comique de situation tout ce qu’il y a de plus classique, pour ne pas dire de plus lisse.

Mais le plus énervant avec Morning Glory, c’est de voir des légendes du cinéma comme Harrison Ford et Dian Keaton se faire débaucher pour leur proposer des rôles aussi plats. Ils y mettent pourtant beaucoup de cœur, apportant tout leur talent dans la bataille. Mais il reste totalement sous-exploité et ne leur permet jamais de compenser le manque de relief de leurs personnages respectifs. Harrison Ford fait très bien le vieux grincheux, une fois, deux fois, trois fois… Ok, c’est bon, on a compris, on n’a plus qu’à attendre le moment où il va faire quelque chose de sympa… C’est censé être inattendu, sauf que ça ne l’est pas du tout.

morninggloryEn face de ces deux poids lourds, Rachel McAdams déploie une énergie folle pour rappeler que c’est quand même elle l’actrice principale de Morning Glory. Il est vrai que c’est le personnage qui veut ça, celui d’une productrice hyperactive et passionnée par son job. Mais malgré toute l’amitié que l’on a pour son visage sympathique et son talent très professionnel, elle est loin de posséder le charisme pour tirer le film vers le haut.

Morning Glory à défaut d’être une comédie vraiment drôle, aurait pu être un excellent film de personnages. Mais ces dernières ne quittent jamais les lieux communs dans lesquels le scénario les enferme. Seul petit moment de grâce, celui où les deux présentateurs vedettes commencent à s’insulter avec le sourire le plus professionnel en direct. Mais même là, on reste dans le bien propre sur soi et aucun vent de folie ou de subversion ne se met alors à souffler.

Morning Glory n’es pas la pire comédie qui soit. Mais elle reste tellement sur les sentiers balisés du professionnalisme hollywoodien qu’on préfèrera largement n’importe quel chemin un peu détourné.

Fiche technique :
Réalisation : Roger Michell
Scénario : Aline Brosh McKenna
Producteurs : J.J. Abrams et Bryan Burk
Producteurs exécutifs : Sherryl Clark et Guy Riedel
Producteurs associés : Udi Nedivi et Lindsay Paulson
Musique : David Arnold
Directeur de la photographie : Alwin H. Kuchler
Montage : Daniel Farrell et Nick Moore
Distribution des rôles : Marcia DeBonis et Ellen Lewis
Création des décors : Mark Friedberg
Direction artistique : Alex DiGerlando et Kim Jennings

Casting :
Rachel McAdams : Becky Fuller
Harrison Ford : Mike Pomeroy
Diane Keaton : Colleen Peck
Jeff Goldblum : Jerry Barnes
50 Cent : lui-même
Patrick Wilson : Adam Bennett
John Pankow : Lenny Bergman
Arden Myrin : producteur « Day Break »
Steve Park : météorologue « Channel 9 »
Vanessa Aspillaga : Anna Garcia
Lloyd Banks : lui-même
Liam Ferguson : le producteur de « Day Break News »
Reed Birney : Gouverneur Willis
Jayne Houdyshell : régisseur plateau

L’AGENCE : Les rectificateurs de destin

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lagenceaffichePhilipp K. Dick est un des auteurs les plus adaptés au cinéma, souvent pour le meilleur, parfois pour le pire. En voici une nouvelle preuve, avec l’Agence qui perpétue cette tradition. Si nous sommes très loin de la qualité d’un Blade Runner ou d’un Total Recall, nous sommes tout de même face à un film plutôt réussi qui fonctionne très bien.

David Norris est une star montante de la politique. Jeune et impulsif, il rate de peu l’élection au poste de Sénateur de New York, suite à la publication de photos compromettantes. Peu avant son discours de soir de défaite, il croise Elise qui lui inspirera un discours qui va le relancer. Trois ans après, il la croise à nouveau par hasard et en tombe définitivement amoureux. Mais cette relation est vue d’un très mauvais œil par les superviseurs de « l’Agence », chargés de veiller à ce que l’on accomplisse bien le destin qui nous est promis, et qui vont tout faire pour mettre fin à l’idylle.

Les amours contrariés constituent un excellent sujet d’histoire depuis Tristan et Iseult et Roméo et Juliette. Bon, il n’est pas sûr que l’Agence devienne aussi légendaire. Il reste un film relativement inégal, comportant de bonnes idées, mais aussi quelques moments un peu plus faibles. Heureusement, le final est plutôt réussi et nous laisse globalement sur une bonne impression. Un divertissement entre histoire d’amour, film fantastique et de science-fiction.

L’idée de départ aurait peut-être mérité un traitement plus en profondeur. Mais George Nofli a choisi de se focaliser presque exclusivement sur le couple David-Elise. On aimerait pourtant en savoir un peu plus sur cette mystérieuse Agence, ou du moins de manière moins directe. Le suspense quant à sa nature n’est guère entretenu, ce n’est pas le sujet du film. Cela a sûrement contribué à la préservation du rythme de l’intrigue, mais les amateurs du genre auraient sûrement souhaiter un autre équilibre dans le scénario.

C’est d’autant plus dommage que l’Agence tourne un peu en rond pendant le tiers central du film. Une entame prometteuse, un dénouement réussi, mais entre les deux, le film ne fait que dérouler l’idée de base que l’on a pourtant déjà bien comprise. Mais dire que l’on s’ennuie serait un jugement un peu trop sévère. Simplement, on aimerait être un peu plus surpris par une intrigue un peu trop linéaire, surtout que l’on a guère de doute sur la nature heureuse de la conclusion apportée à cette histoire.

lagenceL’Agence reste tout de même globalement un divertissement agréable par l’efficacité de sa réalisation. C’est sans fioriture, mais effectué avec assez de moyens pour que l’emballage soit largement à la hauteur du contenu. Là encore, pas vraiment de surprise, ni d’imagination débridée, mais un professionnalisme tout hollywoodien qui, à défaut d’enthousiasmer, nous permet de rentrer totalement dans cette histoire pourtant improbable.

Mais ce qui fait définitivement la différence et nous permet de pardonner sans état d’âme les faiblesse de ce film, c’est un casting solide. Matt Damon est vraiment devenu un des acteurs de premier plan d’Hollywood et sa seule présence à l’écran est gage d’une interprétation de qualité. Il ne tient pas là le rôle de sa vie, mais fait preuve de son talent et de son charisme habituel. On n’a aucune peine à croire qu’il puisse un jeune politicien populaire. Mais à ses côtés, Emily Blunt ne s’en laisse pas compter et on comprend aisément pourquoi David est prêt à tout pour vivre son amour avec elle. Enfin, Terence Stamp, en vieux routier d’Hollywood, livre une prestation parfaite en agent résolu et manipulateur.

L’Agence n’est donc définitivement pas le film de l’année. Mais il constitue un moment agréable de cinéma, auquel on pardonne aisément ses imperfections.

Fiche technique :
Production : Gambit pictures, Electric Shepherd Productions, Media Rights Capital, Universal Pictures
Distribution : Universal Pictures France
Réalisation : George Nolfi
Scénario : George Nolfi, d’après la nouvelle de Philip K. Dick
Montage : Jay Rabinowitz
Photo : John Toll
Décors : Kevin Thompson
Musique : Thomas Newman
Directeur artistique : Stephen H. Carter
Durée : 107 mn

Casting :
Matt Damon : David Norris
Emily Blunt : Elise Sellas
Terence Stamp : Thompson
Anthony Mackie : Harry
John Slattery : Richardson
Michael Kelly : Charlie Traynor
Anthony Ruivivar : McCrady
Pedro Pascal : Paul DeSanto
Shane McRae : Adrian

LE MONDE DU FOOTBALL A L’HEURE ESPAGNOLE

messironaldo

messironaldoDepuis le double triomphe à l’Euro et lors de la dernière Coupe du Monde de la « Roja », le monde du football parle désormais espagnol. Cela n‘est plus une mode, c’est un engouement. On ne jure plus que par Barcelone et le Real Madrid. Les quatre matchs que vont disputer ces deux clubs l’un contre l’autre en moins d’un mois passionne déjà le monde, comme jamais pour des matchs concernant deux équipes du même pays.

Une telle passion est-elle justifiée ? Si on en croit le premier volet du duel Barca-Real d’hier soir, pas totalement. Un match d’un incroyable niveau technique, mais plutôt fermé, qui a basculé sur deux pénaltys plutôt contestables. On était loin du prodigieux spectacle du match aller. Cependant, cette rencontre était sûrement celle qui recouvrait le moins d’enjeu, le titre étant déjà promis aux joueurs de Guardiola, quand bien même ils auraient perdu hier soir.

Mais si le monde est tourné vers l’Espagne, ce n’est pas que pour les qualités collectives des équipes qui y évoluent. Le football, c’est comme la politique, cela devient vraiment passionnant quand il devient une histoire d’hommes. Il s’agit bien sûr avant tout de l’affrontement entre deux équipes, deux cultures, deux histoires. Mais le duel entre Lionel Messi et Cristiano Ronaldo est la cerise qui rend le gâteau définitivement irrésistible !

Lequel des deux est le meilleur joueur du monde ? Voilà une vraie question existentielle qui anime les débats des amateurs de football partout dans le monde, même si l’Argentin a pris une longueur d’avance depuis deux ans. Et ce qui est merveilleux, c’est qu’il s’annonce sans fin, puisqu’il n’y a aucune façon objective d’y répondre. C’est pour ce genre de discussion interminable et totalement vaine que parler football est une activité si universelle.

Il nous reste encore trois FC Barcelone-Real de Madrid pour alimenter la polémique. On s’en régale d’avance. Avant ceux de l’année prochaine…

EASY MONEY : Jolie importation suédoise

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easymoneyafficheLa Scandinavie est peuplée de grands blonds, de rennes, de neige et de bons polars. Ils en écrivent beaucoup, et des très bons, déferlant même parfois sur le monde comme la saga Millenium. Mais ils savent aussi les porter à l’écran. C’est le cas de Easy Money, qui, comme son nom ne l’indique pas, est un film suédois, qui, sans révolutionner le genre, ravira les amateurs de films noirs.

JW est étudiant dans une grande école de commerce. Ses amis sont riches et enchaînent les fêtes et sorties dispendieuses. Alors, il fait comme eux, même s’ils n’en a pas vraiment les moyens. Ils leurs cachent qu’il vit dans une minuscule chambre d’étudiant et qu’il travaille comme chauffeur de taxi la nuit pour gagner de quoi entretenir l’illusion. Mais un jour, son patron lui propose un tout autre travail, beaucoup plus rémunérateur, mais aussi beaucoup plus dangereux.

Allez, je vais me faire plaisir, avec mes 5 minutes, traduction à la con. Le titre original est « Snabba Cash », ce qui signifie effectivement argent facile en Suédois. Mais alors pourquoi le traduire par Easy Money ???? Je suppose que les distributeurs ont voulu attirer un public qui aurait été rebuté par le fait d’aller voir un film scandinave, et l’ont ainsi maquillé en film américain. Les petits malins !

Il est vrai que Easy Money n’a rien à envier aux productions d’outre-Atlantique. C’est propre, efficace et rythmé. Il y a peut-être un léger arrière-plan social typiquement européen, mais ce film reste un polar extrêmement classique, nous racontant la plongée dans le grand banditisme d’un ambitieux qui va vite être dépassé par les évènements. Une histoire pas franchement nouvelle, traité ici avec intelligence, à défaut d’une réelle originalité. C’est là, la plus grande limite de ce film qui ne restera pas inoubliable, ressemblant de trop près à bien d’autres productions du même genre.

Que l’intrigue se situe à Stockholm donne à Easy Money un léger aspect « exotique ». Il tord le cou à tous les clichés sur la société suédoise, que l’on imagine très policée. Mais elle recèle aussi ses bas-fonds, sa délinquance, ses trafics et ses règlements de compte. On plonge encore un peu plus loin que dans Millenium, qui nous présentait plutôt les travers de la haute société suédoise. Les Suédois sont finalement des gens comme nous !

Easy Money se focalise essentiellement sur le personnage de JW et de sa plongée dans un monde qu’il ne connaît pas et qui ne va pas tarder à le manger tout cru. Il y a évidemment un contraste fort entre cet étudiant, certes fauché, mais bien propre sur lui et la pègre suédoise, où s’affrontent différents groupes d’immigrés. Encore une fois, tout cela est très bien amené, traité de manière tout ce qu’il y a de plus crédible, sans manichéisme. On comprend tout à fait son parcours et on finit par s’attacher très fortement au personnage. Mais encore une fois, cela reste d’un grand classicisme.

easymoneyLa seule touche d’originalité d’Easy Money repose peut-être sur son dénouement, très réussi. Il lui permet définitivement de basculer du côté des bons films. Cela prouve vraiment l’art scandinave dans ce domaine. Ce film a sûrement été distribué suite au succès de Millenium et on peut espérer que les salles hexagonales continueront à nous proposer le meilleur de ce qui fait au nord de chez nous.

Un mot enfin sur l’interprétation. Easy Money propose une belle galerie d’acteurs. Les rôles de truands sont tous parfaitement interprétés, avec assez de personnalité, mais sans tomber dans la caricature. Une mention spéciale à Dragomir Mrsic, parfait en mafieux qui doit s’occuper du clan d’en face et de sa fille de 6 ans qu’il vient de récupérer. Mais le rôle le plus marquant reste celui de JK, remarquablement interprété par Joel Kinnaman.

Easy Money n’est donc pas le polar le plus inoubliable qui soit. Mais il y a temps de films américains cent fois plus médiocres qui sont distribués, qu’il aurait été dommage que cette production suédois n’apparaisse pas sur nos écrans.

Fiche technique :
Production : Tre Vänner Produktion
Distribution : MK2 Diffusion
Réalisation : Daniél Espinosa
Scénario : Maria Karlsson, d’après Stokholm noir l’argent facile de Jens Lapidus
Montage : Theis Schmidt
Photo : Aril Wretblad
Décors : Roger Rosenberg
Costumes : Denise Ostholm
Durée : 124 mn

Casting :
Joel Kinnaman : JW
Matias Padin Varela : Jorge
Dragomir Mrsic : Mrado
Lisa Henni : Sophie
Mahmut Suvakci : Abdulkarim

2012, C’EST PARTI !

electionpresidentielles2012

electionpresidentielles2012Particulièrement occupé par ma propre actualité politique (oui, bon, un simple Conseil Municipal où je n’ai pas dit grand chose… on a l’actualité qu’on peut) et accessoirement par la fin de mon célibat, je n’ai pas pu écrire de billet sur ce blog depuis les élections cantonales. Cela ne nous ramène pas très loin en arrière, mais il semblerait que la vie politique française a depuis totalement changé d’époque. En effet, elle est désormais entièrement tournée vers 2012 et l’élection présidentielle.

Et le moins que l’on puisse dire, c’est que cette campagne présidentielle part sur les chapeaux de roue… Enfin, au moins en ce qui concerne le bal des ambitions individuelles. Pour les débats de fond, pour l’instant on repassera. Objectivement, c’est encore un peu tôt pour cela, mais cette déferlante de politique politicienne constitue un spectacle assez consternant, auxquels tous les acteurs s’adonne avec allégresse.

A tout seigneur, tout honneur, commençons par notre Président de la République qui, c’est lui-même qui nous le dit, la sent bien. Il ne parle pas ici de Carla Bruni, mais bien de la future élection présidentielle. L’optimisme fait partie des qualités qu’un leader se doit de posséder. C’est bien la dernière qu’on peut sans conteste lui reconnaître car on ne voit pas sur quoi peut bien se baser cette intime conviction. Il vient encore de battre un nouveau record d’impopularité dans l’opinion et ce n’est pas les sorties xénophobes de son nouveau Ministre de l’Intérieur, Claude Guéant, qui va inverser la tendance. A moins qu’un miracle vienne faire baisser fortement le chômage sur les 12 prochains mois, ce qui contredirait toutes les prévisions, on ne voit pas ce qui pourrait amoindrir le mécontentement général vis-à-vis de son bilan.

D’ailleurs, son propre camp sent bien que le mur n’est plus très loin et beaucoup de rats tentent désespérément de quitter le navire pour attendre 2017 au sec. Le couple François Fillon – Jean-François Coppé nous livre un numéro remarquable de « je t’aime moi, non plus », comme si l’enjeu principal était déjà de savoir qui sera le candidat de la droite dans 6 ans.

Cette déliquescence de la majorité dite présidentielle, fait ressortir un vieux mythe de la politique française, le centrisme ! Le seul problème, c’est qu’une telle chose n’existe pas. Surtout quand tous les leader centristes insistent sur l’alliance de 40 ans entre le centre et la droite… Sauf qu’une si longue alliance, accompagnée d’un discours anti-gauche parfois haineux, prouve simplement qu’ils sont de droite tout court. Simplement, Hérvé Morin, Jean-Louis Borloo ou même Dominique De Villepin rêvent de nous refaire un coup à la Bayrou en 2007. Sauf que l’expérience de ce dernier nous montre que ce genre de candidature ne repose sur aucune base qu’elle soit idéologique et encore moins militante. Il savent surtout qu’ils n’ont plus rien à gagner à être associé de trop près à Sarkozy dans l’opinion et que leur avenir politique ne s’en portera que mieux s’ils passent au plus vite pour un opposant. Quand on pense que Jean-Louis Borloo rêvait il y a quelques mois de devenir son premier ministre, on se dit que la loyauté est une valeur assez peu répandue dans le monde politique.

J’ai déjà écrit sur ce blog un article sur les futures primaires d’Europe Ecologie. Les commentaires autour de l’organisation de ces dernières et de la candidature de Nicolas Hulot démontrent une nouvelle fois que ce parti est de loin le plus politicien de toute la scène politique française. Ils auront désormais bien du mal à expliquer que leurs primaires sont radicalement différentes de celles organisées par le Parti Socialiste.

Dans cette période de grand n’importe quoi, c’est ce dernier qui s’en sort encore le mieux. La présentation de son projet (qui n’est pas son programme, contrairement à ce qu’on lit partout) s’est passé sans heurts et le contenu est plutôt bien reçu dans l’opinion. On peut d’ailleurs s’amuser sur les commentaires déçus des journalistes, qui attendent avec impatience que les candidats à la primaire se déchirent. Il n’en est pour l’instant rien, ce qui a obligé la droite à se couvrir de ridicule en menant un contre-feu médiatique sur une éventuelle illégalité des primaires socialistes. C’est quand même moche d’être à ce point à court d’idées…

Dans ce grand brouhaha, un seul homme continue à rester silencieux. Il s’appelle Dominique Strauss-Khan. Mais pourra-t-il encore rester longtemps en dehors d’une bataille qui est définitivement engagée s’il veut l’emporter au bout ?