SI DOUCE NOSTALGIE

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10ansdepromoSamedi soir, nous avons été une bonne centaine à venir fêter nos 10 ans d’entrée à l’Agro. Et il faut bien avouer que ce fut une très belle soirée, une de celles dont on se souvient pour toujours. J’aurais bien dit une des plus belles soirées de ma vie, mais ça n’a quand même rien à voir avec la naissance d’un enfant (enfin j’imagine), un mariage (j’imagine aussi) ou la victoire de la France en finale de la Coupe du Monde (ah ça je sais !).

Pourtant, cet été, en parlant de cet événement avec mes camarades de promo que je continue de fréquenter, certains avaient alors émis des doutes sur l’intérêt d’une telle soirée. Il est vrai que les personnes avec qui j’ai pu tisser des liens fort d’amitié pendant ces trois ans font toujours, à quelques rares exceptions près, partie de ma vie et je n’ai pas besoin d’une telle soirée pour les revoir. Quant à revoir les lieux de notre folle jeunesse, là aussi, je n’avais pas besoin de ça, puisque je fréquente régulièrement le site de Grignon pour le boulot. De plus, la salle de soirée et le Cavô ne sont plus ceux qu’on a connu à l’époque. Quant à me trémousser sur de la musique pendant une bonne partie de la nuit, c’est une activité que je pratique encore régulièrement (merci la Penya !) ! Enfin, revoir le film de promo, il me suffit de la mettre dans le magnéto pour en profiter.

Mais voilà, l’émotion, ça ne s’explique pas. Et la soirée de samedi en fut chargée. Non pas celle qui vous oppresse et vous donne envie de pleurer. Non, celle qui vous fait dire que vous vivez un moment rare et qu’il faut le savourer. Un vrai moment de nostalgie certes, mais un de ceux qui vous fait dire aussi que cette époque est bien révolue mais qu’elle n’est pas morte, loin de là.

Lors de mon dernier jour en cours à l’Agro, un élève de master, qui avait donc 10 ans de plus que nous et qui avait déjà fréquenté le monde du travail, nous avait prévenu en nous voyant impatient d’en finir. Les années d’études sont un moment de la vie unique et dont on ne retrouve que trop rarement le goût dans la « vraie » vie. Cette stimulation intellectuelle permanente qui nous enrichit à chaque instant et que l’on vit pour soi, non pour enrichir un patron ou un actionnaire. Cette diversité des savoirs et des tâches, surtout dans notre cursus où nous n’avons que rarement eu plus de 10 cours de la même matière, loin de la routine que l’on vivra forcément, à des degrés plus ou moins importants, dans notre vie d’adultes. Tout cela, il est vrai, on ne le revivra jamais vraiment.

Et ce qui est perdu à jamais, c’est une certaine insouciance. La première année à Grignon est une expérience fantastique que peu de gens dans leur vie auront vécu. 10 mois à vivre dans ce lieu, un peu isolé mais immense, livré à nous mêmes dès les cours terminés, auto-gérés en grande partie par une communauté de 220 élèves. L’absence des 2 et 3ème années sur le site nous a offert un espace de liberté rarissime. Peu de traditions à respecter, mais tellement que nous avons du inventer. Nous avons bâti un monde, presque une culture, ce qui n’est pas donné à tout le monde. Après, bien sûr, comme chaque règles du jeu, elles ne plaisent pas à tout le monde et je peux comprendre que certains n’aient pas apprécié cette année à sa juste valeur, puisque trop de choses étaient décidées sans qu’on leur demande leur avis. Mais bon, ça s’appelle la vie en société et je doute que quiconque soit sorti traumatisé par cette année à Grignon.

Peut-être que certains m’ont trouvé quelque peu excessif en parlant de culture. Mais si on la définit par un lien intellectuel, mais souvent indéfinissable, qui unit des êtres, je pense que c’est bien le cas. Je ne l’avais peut-être pas réalisé avant samedi. Je n’ai pas fait le tour de tout le monde, mais j’ai bien eu l’impression que toutes les personnes présentes ont apprécié cette soirée, que tous ont ressenti cette émotion, cette nostalgie. Bien sûr, dès aujourd’hui, nous nous sommes à nouveau séparés et peut-être que mon chemin ne croisera plus jamais celui de certaines personnes avec qui j’ai discuté samedi en me disant « ça me fait plaisir de le revoir ». Mais voilà, samedi soir, quelque chose nous unissait, un lien qui n’appartient qu’à nous, qui mourra avec le dernier d’entre nous, le dernier avoir été enthousiaste à un concert des Boule Quiès, le dernier à savoir que les plus belles fesses de la promo appartiennent à Grégoire, de dernier à avoir remporter les Interagros 2000, le dernier à trouver que l’Espace Jean Monet à Rungis est un peu grand pour y organiser une Nuit de l’Agro, le dernier à savoir ce qu’on peut faire dans le domaine de Grignon pendant une panne d’électricité… et tant d’autres choses qui nous rappelleront toujours ce qui restera quoiqu’il en soit des années uniques dans notre existence.

Et pour ce qui me concerne, incontestablement parmi les plus belles…

NOUS IRONS A RIO

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rioorganiseralesjoJ’ai quelque peu hésité avant de ranger ce billet dans une catégorie. Organiser les Jeux Olympiques est un enjeu qui dépasse largement le cadre du sport. Il n’y a qu’à voir le défilé des chefs d’état aujourd’hui à Copenhague pour s’en rendre compte.

Les Jeux Olympiques de 2016 seront donc organisés à Rio de Janeiro. Ce résultat ne constitue pas vraiment une surprise, on s’y attendait. Ce n’est que justice pour le continent sud-américain qui n’avait pas encore eu la chance d’organiser cette compétition. C’est surtout une immense victoire pour le Brésil qui, avec la Coupe du Monde 2014, va être le centre du monde sportif pendant deux ans. Les yeux du monde seront par deux fois braqués sur eux, la pression sera immense. Mais si le succès est là, cela constituera à n’en pas douter un tournant dans l’histoire de ce pays.

La surprise vient de l’élimination dès de le premier tour de Chicago, dont le dossier a pourtant été présenté par Barack Obama himself. Mais est-ce vraiment une surprise ? L’attention sur cette candidature n’a été attirée que par la déplacement du Président Américain. Avant cette annonce, elle restait avant tout celle pour laquelle l’adhésion de la population locale était la plus faible. Son dossier technique n’était pas non plus le meilleur. On peut tirer de là toutes les conclusions géopolitiques que l’on veut, sur le déclin de l’omnipotence américaine notamment, mais elle renvoie surtout à une réalité que l’on oublie trop souvent : les USA pèsent sur le monde sportif quasiment uniquement par l’argent qu’ils y injectent. On l’a vu à Pékin avec les horaires de la natation aberrant pour satisfaire les chaînes de télé américaine.

Mais au-delà de ça, les Américains ne pèsent que très peu culturellement dans le mouvement sportif globalisé. Ils sont leurs propres sports, ou alors les mêmes avec leurs propres règles, comme pour le basket. Et surtout, ils sont inexistants dans ce qui représente le phénomène culturel le plus universel, le football. Certes ce dernier tient une place un peu à part dans l’olympisme. Mais la présence de Pelé aux côté de Lula, ce vendredi à Copenhague, montre bien que le sport le plus populaire de la planète garde une influence prépondérante dans le domaine du sport.

Enfin, la défaite de Madrid sonne, espérons-le, la fin définitive pour le mouvement olympique du régime Samaranch et de ses dérives quasi-mafieuses. Et ça, c’est une très bonne nouvelle !

HOTEL WOODSTOCK : Comme une envie de me laisser pousser les cheveux !

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hotelwoodstockafficheMai 68, Woodstock, mouvement hippie autant de mots qui évoquent pour les gens de ma génération une époque qui a pris avec les ans une dimension quasi mythique. Bien sûr il y’a derrière tout cela beaucoup de fantasmes, mais la fascination exercée est réelle. Elle touche tous les continents, et notamment, l’Asie. Ang Lee a avoué son attirance pour cette époque. Il en a tiré un film, excellent au demeurant, Hôtel Woodstock.

Elliot organise chaque année dans la petite ville du fin fond de l’Etat de New York, où ses parents, proches de la faillite, tiennent un motel minable. Pour empêcher une saisie par la banque, il accepte d’accueillir un festival de musique hippie, qui vient de se faire renvoyer d’une ville voisine. Mais très vite, le succès de l’événement est hors de contrôle et ce sont des centaines de milliers de personnes qui envahissent la petite ville, à la grande fureur de ses habitants.

Commençons par une petite précision, Hôtel Woodstock n’est en rien un film sur la musique, comme a pu l’être Radio Rock par exemple. Bien sûr, elle joue indirectement un rôle capital dans l’intrigue, mais au final, elle est presque absente de ce film, alors que je m’attendais plutôt au contraire. C’est un choix, et le film est assez riche pour que cela ne pose pas vraiment de problèmes, mais je ne peux m’empêcher de ressentir une petite pointe de regret. Mais bon, c’est une question de goût personnel.

Hôtel Woodstock est avant tout un hommage à une époque, un état d’esprit, une manière de vivre, ceux du mouvement hippie. Une vision, certes très naïve et idéalisée, qui ferait passer Hair pour une diatribe contre les cheveux longs, mais particulièrement rafraîchissante. Et que cette époque n’est jamais vraiment existée, enfin pas comme cela en tout cas, n’enlève rien à la force du message que ce film sous-tend. Un peut d’utopie fait du bien parfois.

Car Hôtel Woodstock est avant tout un film sur les rapports humains, de manière générale et familiaux en particulier. Un message éminemment positif, mais qui est emballé d’assez d’imagination, de fantaisie et d’originalité pour qu’il soit tout à fait digeste. Rien de gnangnan, mais beaucoup de joie de vivre, de tolérance, mâtinés d’enthousiasme et de sincérité. Les rencontres et les amitiés improbables qui se nouent dans ce film, on y croit car il nous donne envie d’y croire.

hotelwoodstockLe talent d’Ang Lee y est pour beaucoup dans cette réussite. Le film n’est pas spectaculaire visuellement, mais l’intrigue se déroule sur un tempo parfait. Avec le recul, beaucoup de situations et d’évènements peuplant ce film sont totalement improbables, mais l’histoire les amènent peu à peu et dans un fil narratif qui les rend logique et crédibles. Ca s’appelle tout simplement savoir raconter une histoire !

Un mot enfin sur Demetri Martin, l’acteur sur lequel repose une bonne partie d’Hôtel Woodstock. Encore un acteur sorti de nul part mais qui fait preuve là d’un grand talent. Je ne lui promets pas forcément une immense carrière, mais dans n’importe quel autre pays au monde, il serait assurément une immense star.

Après le Secret de Brokeback Mountain, Ang Lee est la preuve que devenir réalisateur à Hollywood ne signifie pas forcément tirer son sens artistique vers le bas (bon ok, on oublie Hulk…) et qu’il est possible de tirer le meilleur de toutes ses affluences. Hôtel Woodstock en est une nouvelle preuve.

Fiche technique :
Production : Focus Features
Réalisation : Ang Lee
Scénario : James Schamus, d’après le livre de Tom Monte et Elliot Tiber
Montage : Tim Squyres
Photo : Eric Gautier
Décors : David Gropman
Musique : Danny Elfman

Casting :
Demetri Martin : Elliot
Liev Schreiber : Vilma
Emile Hirsch : Billy
Paul Dano : le hippie
Imelda Staunton : Mrs. Tiber
Eugene Levy : Max Yasgur

DEMINEURS : Un propos explosif

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demineursafficheFilmer la guerre et ceux qui la font est toujours un exercice délicat. Comment ne pas transformer en quelque chose d’esthétique et d’attirant ce qui reste une des plus insupportables expressions de la barbarie humaine ? Comment montrer l’horreur de la vie sur le front sans glorifier ses acteurs, au point d’en faire des modèles à imiter ? Les auteurs de Démineurs se sont attaqués à cet exercice périlleux et s’en sont remarquablement sortis, malgré un angle d’attaque (sans mauvais jeu de mots) périlleux.

A la suite du décès d’un des ses membres, la meilleure équipe de déminage de l’US Army présente en Irak reçoit le renfort du lieutenant James, tout juste débarqué d’Afghanistan. Mais il s’avère très vite qu’il s’agit d’une tête brûlée qui se soucie guère des protocoles de sécurité et semble s’amuser à risquer sa vie, provoquant frayeurs sur frayeurs à ses équipiers.

Démineurs est avant tout un film sur ceux qui font la guerre, bien plus que sur la guerre en elle-même. Même les quelques scènes « d’action » sont réalisées pour nous faire vivre les sentiments des protagonistes, au détriment du grand spectacle. C’est donc un film profondément humain, qui se veut une réflexion avant d’être un divertissement. Mais cependant, pour nous faire comprendre l’angoisse des personnages et l’adrénaline qui monte, il nous fait bien partager la réalité des combats. Certaines scènes sont même assez dures visuellement.

Le propos de Démineurs est quant à lui radicalement original. Il cherche à nous montrer les horreurs de la guerre… mais aussi l’addiction qu’elle provoque chez ceux qui la font. C’est une idée qui peut paraître choquante a priori, mais qui prend tout son sens dans ce film. Une vie faite de décharges d’adrénaline incessantes laisse évidemment des traces sur le mental mais aussi le physique des soldats. Après cela, est-il possible de revenir à une vie normale et paisible ? Le film y répond clairement et la réponse ne fait pas forcément plaisir à entendre.

Il y’a donc dans Démineurs une volonté de nous faire découvrir un aspect un peu tabou de la guerre. Le sujet de l’impossible retour a déjà été souvent traité à propos de la Guerre du Viêt-Nam, mais pas tout à fait de la même manière. Il n’y a dans ce film aucun propos lénifiant, de compassion artificielle envers les personnages. Ce sont certes des victimes mais qui ont conscience des choix qu’ils font, même si ces derniers peuvent nous apparaître à première vue incompréhensibles. Ce film apporte donc un éclairage différent sur un sujet dont le cinéma semblait avoir fait quelque peu le tour.

demineursA côté de ça, Démineurs fait l’objet d’une réalisation, et en particulier d’une photographie, vraiment remarquable. Il est vrai que les paysages désertiques se prêtent bien à ce genre de travail sur l’image, mais cela n’enlève rien au mérite de l’équipe technique de ce film. De plus, Kathryn Bigelow, la réalisatrice du cultissime Point Break, a parfaitement réussi à faire monter la pression et l’angoisse autour d’un acte, le déminage, qui n’implique pas forcément des actions particulièrement spectaculaires.

L’interprétation est elle aussi impeccable, comme le cinéma américain sait nous en proposer, même avec des acteurs peu connus. A part une courte apparition de Ralph Fiennes, pas de star à l’écran. Cependant, le duo Jeremy Renner et Anthony Mackie fonctionnent à la perfection, dans un rapport de haine-solidarité des combattants interprété avec une grande justesse.

Démineurs n’a donc rien d’un film de guerre hollywoodien classique. Il nous fait part d’une réflexion quelque peu inattendue sur un sujet d’actualité. Bref, un film pas hyper spectaculaire mais qui rend moins con.

Fiche technique :
Réalisatrice : Kathryn Bigelow
Scénariste : Kathryn Bigelow et Mark Boal
Directeur de la photographie : Barry Ackroyd
Compositeur: Marco Beltrami et Buck Sanders
Monteuse : Chris Innis et Bob Murawski
Chef décorateur : Karl Juliusson

Casting :
Sgt William James : Jeremy Renner
Sgt JT Sanborn : Anthony Mackie
Owen Eldridge : Brian Geraghty
Sgt Matt Thompson : Guy Pearce
Sergent Matt Thompson : Ralph Fiennes
Colonel Reed : David Morse
Connie James : Evangeline Lilly

LA PROPOSITION : Drôle, tout simplement

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lapropositionafficheUne bande-annonce qui lassait présager le pire, la présence en tête d’affiche de Sandra Bullock, Madame Je ne fais que des navets depuis Speed… Bref, je n’étais pas du tout parti pour aller voir, et encore moins aimer, la Proposition. Et puis, une bonne critique dans Télérama et là, mon côté midinette et romantique, m’a ordonné d’aller le voir… Je lui ai obéi et je ne l’ai pas regretté.

Au début, ils se détestent, à la fin, ils s’aiment…

… Comment ça, j’ai tué tout suspense ? Ah oui, excusez-moi, je n’avais pas fait attention. A la fois, s’il y’a une seule personne qui se soit assis dans une salle obscure en se demandant vraiment comment cela va finir, qu’elle se dénonce, il y’a des docteurs qui soignent ça très bien. Bref, La Proposition est une comédie romantique, on sait très bien comment tout cela va finir. C’est comme un épisode de Columbo, le seul intérêt c’est de savoir comment cela va se produire.

Et puis, dans comédie romantique, il y’a aussi le mot comédie. Et c’est là que la Proposition devient un très bon film. En effet, c’est drôle, vraiment drôle. De l’humour très premier degré (un degré en dessous de Very Bad Trip tout de même), mais qui nous fait rire au début, à la fin et au milieu. Et je peux en témoigner, c’était toute la salle 3, un des plus grandes, de l’UGC des Halles qui riait à plein poumons. Après, certes, le rire est communicatif, peut-être que je trouverai ça un peu moins drôle, tout seul devant ma télé, mais il n’en reste pas moins que ce film a contribué à la musculature de mes zygomatiques et c’est un mérite que je ne peux lui refuser.

Et l’autre chose que l’on demande à une comédie romantique, c’est d’y croire. Et là encore, c’est vrai, en tant qu’éternel romantique (y’en a qui rigolent, qu’ils arrêtent, c’est vexant !), je suis peut-être parfois un peu bon public dans ce domaine. Il n’empêche que la bande-annonce faisait craindre le pire, que tout ça soit trop gros, trop facile, trop improbable. Et bien, il faut reconnaître à Peter Chiarelli, le scénariste, une grande intelligence. Evidemment, ce n’est pas non plus de la psychologie de très très haut niveau, mais bon, ça marche et c’est non dénué d’une certaine subtilité sous le premier degré.

lapropositionEnfin, le dernier facteur de réussite est le charisme du couple. Bon, je ne m’étendrais pas sur le charme de Ryan Reynolds, mais il faut admettre que son personnage est éminemment sympathique et la manière dont il arrive à renverser la position de faiblesse dans laquelle il se trouve au départ le rendrait presque intéressant. A ses côtés, Sandra Bullock… Si son parcours d’actrice peut prêter à sourire et aux moqueries, elle prouve là que c’est une femme magnifique et une actrice qui mérite mieux que les navets dans lesquels elle tourne. Tous ceux qui étaient tombés amoureux d’elle, il y’a 15 ans dans Speed peuvent aller voir la Proposition sans peur. Son charme n’a pas pris une ride… Euh et elle non plus d’ailleurs, mais ça c’est la magie d’Hollywood (et du maquillage… et de la chirurgie…).

Bref, la Proposition est un film de toute façon réussie parce qu’il est vraiment drôle. Après, il possède toutes les faiblesses inhérentes aux comédies romantiques, mais franchement, qui s’en soucis ?

Fiche technique :
Production : Mandevilel films, Touchstone pictures
Distribution : Walt Disney Studios Motion Pictures France
Réalisation : Anne Fletcher
Scénario : Peter Chiarelli
Montage : Priscilla Nedd Friendly
Photo : Oliver Stapleton
Décors : Nelson Coates
Durée : 108 mn

Casting :
Sandra Bullock : Margaret Tate
Ryan Reynolds : Andrew Paxton
Betty White : Grand mère Annie
Craig T. nelson : Joe Paxton
Mary Steenburgen : Grace Paxton
Oscar Nunez : Ramone 

L’AFFAIRE FAREWELL : C’est quand qu’il se passe quelque chose ?

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laffairefarewellLe cinéma français accepte enfin de faire des films traitant de l’histoire contemporaine de notre pays et je m’en suis déjà réjouit à maintes reprises. Je renouvellerai cette satisfaction avec l’Affaire Farewell. Mais malheureusement, ma satisfaction s’arrêtera là, car le film n’est pas du tout à la hauteur ni du sujet, ni des moyens mis en œuvre.

En 1981, Pierre Froment est ingénieur chez Thomson à Moscou. Sans jamais vraiment le vouloir, il va se retrouver à devenir l’agent de liaison de Serguei Griogriev, colonel du KGB, qui a décidé de faire passer un maximum d’informations à l’Ouest. Le contenu des documents est explosif et remonte très vite à Mitterrand et à Reagan. Les deux hommes prennent des risques, ils le savent et doivent mentir à leur famille respective.

Le problème de l’Affaire Farewell est assez simple. Il ne s’y passe rien, ou si peu. Seules les dix dernières minutes offrent quelques péripéties, mais étonnement, ce passage est en grande partie sous forme de l’ellipse. On ne sait jamais, le spectateur aurait pu se réveiller. Bref, il n’y avait vraiment pas de quoi en faire un film, mais Christian Carion l’a quand même fait.

En fait, l’Affaire Farewell est essentiellement basé sur les relations des protagonistes avec leur famille. Mais là encore, on en a vite fait le tour. Ils mentent, elles s’en rendent compte et ça se passe mal… Voilà, c’est à peu près tout. Ca ne va pas très loin et c’est surtout sans aucune surprise. En fait, ce film semble totalement ignorer la notion de rebondissement. Vu le sujet, il n’était pas question d’en truffer le scénario, mais surprendre au moins une fois le spectateur par un fait inattendu n’est jamais un luxe.

Ce qui sauverait presque le film, c’est son aspect historique. Certes, les faits relatés ici sont bien sûr largement romancés, mais d’après ce que j’ai pu en lire, reposent tout de même sur une base historique solide. C’est d’ailleurs peut-être ça la plus grande limite de l’Affaire Farewell : en voulant montre l’espionnage tel qu’il fût réellement, on s’aperçoit qu’il est nettement moins passionnant que chez James Bond. Tout n’est pas perdu, on aura au moins appris quelque chose avec ce film.

laffairefarewellphotoReste que l’Affaire Farewell fait un peu gâchis. En effet, les têtes d’affiche étaient prometteuses. D’un côté, Guillaume Canet, toujours aussi talentueux, même s’il commence à tomber dans le travers de la plupart des acteurs français : Guillaume Canet fait du Guillaume Canet. De l’autre, Emir Kusturica qui nous surprend (il fallait quand même une surprise dans se film) en passant de l’autre côté de la caméra. Et bien, cette première est une réussite car il est réellement excellent et porte le film comme il peut à bout de bras en interprétant le seul personnage un minimum charismatique de ce film.

A côté de ça, les photographie est très réussie. Un vrai travail propre et soigné qui fait revivre l’Union Soviétique du début des années 80. Les acteurs qui jouent Mitterrand, Reagan et Gorbatchev leur ressemblent, rien n’est cheap, tout sonne vrai. Bref, du vrai cinéma, avec des moyens. Dommage qu’ils aient été aussi mal employés.

L’Affaire Farewell est donc un film tout simplement ennuyeux alors qu’il avait le potentiel pour être passionnant. C’est regrettable.

Fiche technique :
Production : Nord-Ouest Films, Le Bureau, Pathé, France2 Cinéma, Blackfeet Pictures, Une Hirondelle Productions
Distribution : Pathé Distribution
Réalisation : Christian Carion
Scénario : Eric Raynaud, Christian Carion
Montage : Andréa Sedlackova
Photo : Walther Vanden Ende
Format : 35mm
Décors : Jean-Michel Simonet
Son : Pierre Mertens
Musique : Clint Mensell
Maquillage : Mabi Anzalone
Durée : 113 mn

Casting :
Emir Kusturica : Grigoriev
Guillaume Canet : Pierre
Alexandra Maria Lara : Jessica
Oleskii Gorbunov : Choukov
Philippe Magnan : Mitterrand
Niels Arestrup : Vallier
Fred Ward : Reagan
David Soul : Hutton
William Dafoe : Feeney

LA DAME DE BERLIN (Franck et Vautrtin) : Un héros est né

ladamedeberlin

ladamedeberlinCréer un personnage que l’on souhaite voir jouer les héros d’une série qu’elle soit littéraire, télévisuelle ou cinématographique est toujours un exercice délicat. Si on se plante, la série est morte-née. Il faut savoir faire naître chez le lecteur-téléspectateur l’envie de le retrouver pour de nouvelles aventures. La Dame de Berlin est le premier tome de celles de Boro, reporter-photographe. Le personnage est parfaitement réussi. Ses aventures un tout petit peu moins…

En 1931, Blémia Borowicz est un jeune assistant-photographe de 20 ans. S’il rêve de devenir grand reporter, il rêve surtout de conquérir Maryka, sa belle cousine, devenue star de cinéma dans une Allemagne, marquée par la montée du nazisme. Pour cela, il se rend à Munich. Les retrouvailles sont chaleureuses, mais l’amour qu’il recherche ne sera pas au rendez-vous. Mais avant de partir, il la prend en photo avec en arrière-plan un homme qui fait vite part de sa fureur. Les deux jeunes gens se moquent de lui, mais vont vite découvrir que ce cliché pourrait avoir des conséquences d’une ampleur inattendue.

Boro est l’archétype du héros ayant pour seule arme son talent, son culot et son insolence. Il énerve autant qu’il séduit les personnes qu’il croise. Mais pour le lecteur, c’est de très loin la séduction qui domine. Il se dégage de lui une fraîcheur et une sympathie des plus réjouissantes. Un vrai personnage romanesque et ça tombe bien puisque la Dame de Berlin est un roman. La vie est bien faite parfois !

Malheureusement, l’intrigue quant à elle souffre de quelques faiblesses. Les aventures de Boro se veulent dans la lignée des romans populaire type Arsène Lupin ou Fantômas. C’est vrai que la Dame de Berlin possède un réel charme un peu désuet tout à fait savoureux. Mais l’histoire a un peu de mal à passionner et ce sont les numéros de charme de Boro qui maintient l’intérêt du lecteur à flots. A vouloir nos offrir une histoire riche et étoffé, Franck et Vautrin éloignent trop souvent l’intrigue de ce qui en constitue le cœur, la relation entre Boro et sa cousine. On se demande souvent où l’histoire va nous mener, et même s’il finit par nous ramener le long du fil rouge de ce roman, on regrette ce détour pas forcément utile.

Dan Franck et Jean Vautrin nous offrent par contre une plume très agréable à suivre. Là aussi, il y’a une réelle volonté de recréer le style des romans « populaires » avec un style direct et assez peu de description. Il y’a beaucoup de vie dans leur écriture et, du coup, dans leurs personnages. Ceci explique notamment qu’ils soient très réussis. La Dame de Berlin se lit donc assez facilement, tel un roman de gare, mais avec une qualité littéraire bien supérieure.

La Dame de Berlin est loin d’être un mauvais roman. Il donne même envie de connaître la suite des aventures de son personnage principal. Mais bon, il laisse tout de même une impression d’une œuvre pas tout à fait aboutie, qui est certes divertissante mais qui aurait pu être facilement réellement passionnante.

LE GRAND SAUT QUE JE NE FERAI PAS

sautenparachute

sautenparachuteDemain, je vais accompagner une amie à son baptême de parachute. Enfin moi, je fais juste le taxi jusque dans la Somme et je reste bien les deux pieds sur terre. Pas question, de me jeter le vide, même avec un monsieur derrière moi qui, lui, est sûr de savoir ouvrir le parachute à temps.

Pourtant n’ayant pas du tout le vertige, je suis persuadé que j’adorerais la sensation. Mais soyons clair, je ne le ferai jamais parce que j’ai tout simplement beaucoup trop peur, les boules, les chocottes et bien plus encore. De même, je ne sauterai jamais à l’élastique, je ne ferai jamais de parapente ou de deltaplane.

Et oui, j’ai un petit côté chochotte. Déjà, j’ai super peur de l’eau. Et pas parce que cette saloperie dilue le pastis ! Ca a toujours été et le fait que je n’ai pas pu apprendre à nager avant l’age de onze ans n’a évidemment rien arrangé. Enfin, ce n’est pas que je n’aime pas me baigner, ni même nager, au contraire. J’ai simplement la phobie de mettre la tête sous l’eau.

En fait, ce que je n’aime pas, c’est perdre le contrôle. C’est à peu près vrai à tous les niveaux chez moi, mais comme je suis musclé comme un flan aux pruneaux (même si ça s’est bien amélioré depuis 9 mois), que j’ai toujours été nul en gym (je suis le seul con à ne pas avoir réussi à avoir la moyenne en sport au bac…), disons que j’ai facilement et rapidement physiquement cette sensation. J’ai fait une fois du rafting. Je suis certes content d’avoir fait… Mais je dis bien avoir fait, parce que sur le moment je n’étais pas content du tout ! En plus, évidemment, je suis le seul con à m’être retrouvé sous le bateau quand on a fait un exercice de chavirage.

Bref, je félicite Hélène pour le courage qu’elle va avoir demain et que je n’aurais jamais. Mais bon, je vis très bien sans !

LE PREMIER JOUR DU RESTE DE TA VIE : De bien belles tranches !

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lepremierjourdurestedetavieafficheLe Premier Jour du Reste de ta Vie aurait pu être un nouveau symbole de tout ce que le cinéma français nous offre de pire. Chronique familiale sans réelle intrigue, ce film aurait pu nous offrir un moment de faux réalisme chiant, une profondeur totalement surfaite et surtout un ennui abyssal. Et bien, sans être génial, il évite tous ces écueils et constitue à l’inverse un joli moment d’émotion.

La famille Duval est une famille comme les autres. Un mari, une femme, deux fils, une fille, un grand-père. Le film nous raconte 5 jours qui auront marqué son existence. Des moments de joie, de peine, de retrouvailles, de séparation… Bref des moments de vie.

Réaliser genre de film est toujours quelque peu risqué. L’absence d’un fil rouge narratif impose de provoquer l’intérêt du spectateur avec des éléments qui seraient jugés secondaires dans n’importe quel autre film. Certes, le principe de la chronique est vieux comme le monde, mais il est généralement fait dans un but « historique » sans chercher à avoir un début et une fin. Ici, nous sommes dans le cas d’une œuvre de fiction à but divertissant, qui se doit de posséder une cohérence qui manquait par exemple à l’Heure d’Eté.

Le Premier Jour du Reste de ta Vie a déjà le mérite de nous offrir une vraie fin. Le spectateur trouve logique que l’histoire s’arrête là. Cela peut paraître anodin, mais avoir un point d’arrivée précis donne un sens au chemin parcouru, même si ce dernier c’est quelque peu perdu parfois en apartés. C’est aussi un vrai climax émotionnel auquel le reste du film nous a préparé. On n’en sort donc pas en se demandant « Tout ça, pour ça ? », mais en pouvant affirmer avec force « Tout ça, pour ça ! ».

Mais tout ceci n’est que la coquille qui nous permet d’apprécier pleinement ce qu’il y’a dedans. Et bien, on y trouve des personnages attachants, vivant des tranches de vie qui ressemblent en bien des points à celles que nous vivons nous-mêmes. Certains pourront trouver un peu vain et narcissique ce genre d’histoire qui nous renvoie à nos propres vies. Cependant, le Premier Jour du Reste de ta Vie va plus loin que cela. En racontant des évènements s’étalant sur 12 ans, le film cherche à prendre du recul, à relativiser certaines choses qui semblent si importantes sur le moment. Mais le film ne nous impose rien, il nous laisse faire nous même la part des choses, tirer les conclusion qui s’imposent et pourquoi pas, en tirer des leçons pour sa propre existence.

lepremierjourdurestedetavieParfois tendre, parfois cruel, Le Premier Jour du Reste de ta Vie n’est pas un film à thèse. Certes, il y’a un petit côté ode à la vie familiale, mais il en montre les bons comme les mauvais côtés. Evidemment, raccourci d’une petite vingtaine de minutes, avec un peu plus de rythme, le film aurait été encore meilleur. Mais peut-être, du coup, ne nous aurait-il pas permis de réaliser l’introspection à laquelle ce film nous invite sans nous brusquer.

Le Premier Jour du Reste de ta Vie brille aussi par son casting. Si les jeunes Déborah François et Marc-André Grondin ont réalisé un joli doublé au César, raflant les deux pris du meilleur espoir, c’est avant tout le couple Jacques Gamblin-Zabou Breitman qui crève l’écran. Et oui les valeurs sûres, il n’y a que ça de vrai ! Un mot aussi pour le cinquième larron, Pio Marmai, remarquable dans son rôle d’écorché vif.

Le Premeir Jour du Reste de ta Vie est un film qui ne pourrait venir d’ailleurs que de France. Mais c’est un échantillon remarquable et ils sont assez rares pour le signaler.

Fiche technique :
Réalisateur : Rémi Bezançon
Scénariste : Rémi Bezançon
Directeur de la photographie ; Antoine Monod
1er assistant réalisateur : Jean-Louis Frémont
Compositeur : Sinclair
Monteuse : Sophie Reine
Chef décorateur : Maamar Ech-Cheikh

Casting :
Robert : Jacques Gamblin
Marie-Jeanne : Zabou Breitman
Fleur : Déborah François
Raphaël : Marc-André Grondin
Albert : Pio Marmai
Pierre : Roger Dumas (II)
Prune : Cécile Cassel
Clara : Sarah Cohen-Hadria

RIEN DE PERSONNEL : Les apparences sont parfois trompeuses

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riendepersonnelafficheRejouer plusieurs fois la même scène, mais tournée de différents points de vue, pour découvrir que ce que l’on avait cru voir la première fois ne correspondait pas tout à fait, voire pas du tout, à la réalité, n’est pas un procédé révolutionnaire. Bien des films exploitent déjà cette ficelle, mais assez peu de films français à ma connaissance. C’est le cas de Rien de Personnel, un film très réussi sur l’univers impitoyable des cadres des grandes entreprises.

Müller, un grand groupe pharmaceutique, organise une soirée de gala pour ses cadres. Parmi eux, Bruno Couffe, la cinquantaine, dirige une ligne de production. Il a été embauché il y’a un peu moins d’un an et termine sa période d’essai dans dix jours. S’il n’est pas conservé, il sait qu’il aura bien du mal à retrouver un nouveau travail. Alors quand sa superviseur vient lui parler de venir l’aider à améliorer ses résultats, il comprend qu’il est sur la sellette. La pression est alors insupportable et, malgré le soutien d’un délégué syndical, il tente d’avaler des morceaux de verre. Mais est-ce exactement cela qui s’est passé ?

Rien de Personnel est un film qui souffre quand même de deux défauts. Tout d’abord, le propos, dénonçant le manageriat des grandes entreprises a quelques faiblesses. A l’heure de la multiplication des suicides, notamment chez France Telecom, ce film aurait du recevoir un très fort échos. Cependant, le propos y est ici un peu trop caricatural et superficiel. En fait, le fond a été quelque peu été délaissé au profit de la forme, qui, elle, est très réussie. De plus, le film manque un tout petit peu de substance. On sent bien que Mathias Gokalp a quelque peu lutté pour atteindre l’heure et demi minimale pour un long métrage. Du coup, on a quelque peu l’impression de tourner en rond sur la fin.

riendepersonnelVoilà, le négatif est évacué, passons au positif nettement dominant dans ce film. Tout d’abord, si le procédé n’a, encore une fois, rien de nouveau, il donne à Rien de Personnel un réel intérêt scénaristique. En effet, le procédé est ici parfaitement maîtrisé et les surprises qu’il engendre, réelles. Il est quasi impossible de déceler le vrai du faux avant d’avoir vu l’ensemble du film. Il y’a là un vrai travail, une vraie maîtrise qui méritent d’être signalés. Du coup, même si le film s’étire un peu sur la fin, on ne s’y ennuie pas et on prend un vrai plaisir à se laisser surprendre par chacun des renversements de perspective.

Le casting est lui aussi de grande qualité. Pourtant l’exercice n’est pas facile pour les acteurs qui doivent fournir des prestations qui pourront être interprétées de manière diamétralement différentes selon le point de vue, les coupes et le montage. Mais Rien de Personnel fait appel à de nombreuses valeurs sûres du cinéma français avec Jean-Pierre Darroussin, Denis Podalydes, Zabou Breitman, Pascal Gregory et, ce qui ne gâche rien au plaisir des yeux, la magnifique Mélanie Doutet. Chacun d’eux livrent ici une prestation digne de leur talent.

Rien de Personnel a quelque chose de l’exercice de style. Mais parfaitement maîtrisé, il fait oublier ses quelques faiblesses pour nous offrir un bon moment de cinéma.

Fiche technique :
Production : Karé productions
Réalisation : Mathias Gokalp
Scénario : Mathias Gokalp, Nadine Lamari
Montage : Ariane Mellet
Photo : Christophe Orcand
Décors : Jean-Marc Tran Tan Ba, Clotilde Lourd
Distribution : Rezo films
Musique : Flemming Nordkrog
Durée : 90 mn
 
Casting :
Jean-Pierre Darroussin : Bruno Couffe
Denis Podalydès : Gilles Bergerat
Mélanie Doutey : Natacha Gauthier-Stevens
Zabou Breitman : Christine Barbieri
Bouli Lanners : Pierrick Barbieri
Pascal Greggory : Philippe Muller