Le hasard des horaires et l’envie de ne pas me contenter d’un seul film pour cette reprise après une si longue attente m’ont conduit à aller voir On-Gaku : Notre Rock !, un film d’animation japonais d’un genre un peu particulier. Ou du moins très différent de ce que ce pays à l’habitude de nous offrir en la matière. En fait, il est assez original dans l’absolu pour que le constat soit resté le même, même s’il venait d’un autre pays. Une production onirique et parfois étrange, qui peut laisser circonspect et interdit. Voire même nous ennuyer un brin.
La musique joue un rôle central dans On-Gaku : Notre Rock !, avec, surtout dans les ultimes minutes, quelques longs passages musicaux. Ces derniers restent ceux qui éveillent le plus d’intérêt chez le spectateur. Il est difficile d’en dire autant de l’histoire dans laquelle ils prennent place. Les personnages et les situations sont pour la plupart totalement décalés. A tel point que l’on a du mal à trouver un sens à tout cela. L’absence de réel enjeu narratif rend ce film avant tout contemplatif avec des dialogues particulièrement minimalistes. Le film est assez court, une heure dix, mais propose malgré tout de nombreuses longueurs.
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Milla nous raconte l’histoire d’une jeune adolescente atteinte d’un cancer, tombant amoureux d’un junkie. Autant être clair, ce film n’a rien d’une joyeuse comédie. Mais la magie du cinéma fait que ce n’est pas non plus un drame ou un mélo larmoyant. Les sujets aussi lourds sont rarement traités de manière réellement intéressante si le résultat est avant tout plombant. Il y a dans tout malheur quelque chose qui peut nous rattacher à la notion d’espoir. Dans la noirceur peut toujours émerger un peu de poésie. Cela demande beaucoup de subtilité pour y parvenir. Mais le film de Shannon Murphy n’en manque pas.
Après autant de mois de frustration, quel plaisir de retrouver le chemin de salles de cinéma ! Quel plaisir aussi de pouvoir à nouveau écrire des critiques de film, même si j’ai continué à écrire sur les livres et la musique ! Je me souviendrai donc longtemps de Mandibules, le film qui m’aura permis de renouer avec un des plus grands plaisirs de mon humble existence. Un long métrage de Quentin Dupieux (alias Mr. Oizo), qui nous emmène toujours dans des univers profondément absurdes, décalés et inattendus. C’est une nouvelle fois le cas ici puisque le film nous raconte le parcours de deux losers sympathiques qui tombent nez à nez… avec une mouche géante.
Parfois la réalité dépasse la fiction. Du coup, il est tentant de faire de cette réalité une fiction. Hiro Onoda est un soldat japonais qui se rendit et accepta la fin de la guerre en… 1974, après trente ans passés dans les montagnes des Philippines à poursuivre une guérilla contre un ennemi imaginaire. Cela semble trop incroyable pour être vrai, mais ça l’est pourtant. Onoda, 10 000 Nuits dans la Jungle, coproduction internationale, réalisée par le français Arthur Harari, nous permet de découvrir cette histoire relativement incroyable, mais vraie. Un film de près de trois heures, mais dont la longueur témoigne avant tout de sa grande richesse.
J’entretiens un rapport particulièrement ambigu avec Michel Houellebecq. Il n’y pas grand chose que j’aime chez l’homme, voire même beaucoup de choses chez lui m’inspirent un profond mépris. D’un autre côté, je ressens une certaine affection du fait qu’il soit un des rares Agros Paris à avoir accédé à un tel degré de notoriété. Et surtout, il y a quelque chose dans son œuvre qui me parle profondément, que je retrouve nul par ailleurs et que je ne peux donc ignorer. Son roman Sérotonine allie ces deux aspects : il y fait transparaître clairement son titre d’ingénieur agronome et aborde une nouvelle fois avec force son sujet de prédilection. Malgré de nombreux défauts, je ne peux que reconnaître une nouvelle fois un profond attachement à ce roman.
On efface tout et on recommence. Désormais, cela ne fait plus peur aux producteurs, en particulier dans le domaine des super-héros. Et rapidement si nécessaire. En 2016, j’avais qualifié Suicide Squad de « raté de l’été », lui attribuant la note peu flatteuse de 07/20, à l’unisson de la moyenne des avis formulés sur ce film. Cette année, DC Comics nous offre The Suicide Squad (la différence est subtile). A la fois suite (on retrouve certains personnages avec les mêmes interprètes) et reboot (il y a une volonté claire d’effacer le premier volet raté), le film atteint cette fois-ci pleinement son objectif. Mais une nouvelle fois sans génie.
On commence avec une jeune américaine nommée Lael Neale et son album Acquainted with Night, sorti cette année. On est immédiatement frappé par le caractère dissonant de sa voix, mais qui parvient à faire preuve d’une réelle profondeur et d’une jolie personnalité. Elle alterne les moments où elle parle plus qu’elle ne chante, avec ceux où elle pousse un peu plus son chant. Certain titres sont hypnotiques, voire même lancinants. Le léger décalage entre la voix et la musique donne toute son originalité à cet univers musical, mais en constitue aussi la principale limite.C’est au final plutôt agréable, intéressant, mais jamais vraiment enthousiasmant car tous les titres sont bâtis quand même tous plus ou moins sur le même schéma.
On poursuit avec un habitué de mes critiques, à savoir Raphaël et son dernier album intitulé Haute Fidélité. Il nous plonge dans les premiers temps dans une ambiance sombre et rock, avec parfois quelques accents orientaux. Les textes sont moins poétiques que d’habitude. La diction est plus martelée. Il y perd son habituel côté dilettante, qui peut parfois agacer, mais perd du coup une partie de son habituelle personnalité. On a parfois du mal à comprendre le sens des textes, mais c’est souvent le cas avec lui. La deuxième moitié est plus claire et plus classique. On retrouve le Raphaël qu’on aime, où il partage avec nous son spleen et ses blessures intimes. Un univers plus habituel, mais qui ne représente pas ici le meilleur de lui-même. Un album qui laisse donc globalement sur une impression mitigée.
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