Vraiment rien ne garantissait que je puisse apprécier Bergman Island. Déjà parce que la bande-annonce ne faisait pas spécialement envie. Mais aussi parce que ma précédente expérience avec le cinéma de Mia Hansen-Løve ne m’avait pas spécialement convaincu. J’étais d’autant plus échaudé que le film tourne beaucoup autour de la figure d’Ingar Bergman, dont la l’œuvre la plus connue, Cris et Chuchotements (et la seule que j’ai vue, j’avoue) est pour moi un film absolument ridicule. Mais j’ai surmonté mes réserves de départ et je ne le regrette pas.
Bergman Island nous offre une nouvelle version d’un schéma de narration classique, mais assez peu fréquent pour être tout de même jugé original. Il nous raconte l’histoire de quelqu’un qui écrit une histoire… Le film nous offre donc deux histoires en une, deux histoires imbriquées l’une dans l’autre. L’intérêt de ce film tient dans un jeu de miroir entre la réalité et comment cette dernière est utilisée pour nourrir la fiction. Cela aboutit à un film un rien contemplatif mais avec essai d’épaisseur narrative pour que le spectateur ait envie de savoir à quoi vont aboutir les deux fils de l’histoire.
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Lentement mais sûrement, je m’approche de la fin de ma réserve de romans mettant en scène ce détective, qui n’en est pas vraiment un, surnommé le Poulpe. Après Un Singe en Isère, il ne m’en restera plus que deux et la source sera tarie. Peut-être que d’autres me tomberont sous la main, mais j’en lirai clairement moins régulièrement. A travers toutes ses aventures, toutes écrites par un auteur différent, j’aurais appris à aimer ce personnage assez unique et particulièrement attachant. Même si aucun volet ne m’aura transporté jusqu’au nirvana littéraire, chacun m’aura apporté sa dose de plaisir. Celui-ci ne fait pas exception.
Il est rare qu’un film récompensé par une Palme d’Or fasse totalement l’unanimité. Cela tient à la nature des longs métrages sacrés, qui se distinguent le plus souvent par une forte originalité, voire un caractère hors normes. Titane n’échappera pas à la règle. Tout le monde s’accordera à dire que l’on ne voit pas des films comme celui-ci tous les jours et sur tous les écrans. Le reste prêtera forcément à des débats où les opinions seront partagés, voire totalement contraires. En effet, certains trouveront le spectacle fascinant, d’autres le trouveront absolument insupportable. En tout cas, il y a peu de chance qu’il laisse quiconque indifférent.
Bien avant le mouvement BlackLivesMatter, de nombreuses œuvres ont abordé la différence de traitement de la justice américaine (et à vrai dire d’une large part de la société) selon l’origine ethnique des personnes concernées. C’est le cas de Papillon de Nuit, de R.J. Ellory. Pourtant, il s’agit d’un récit à la première personne d’un personnage caucasien (pour reprendre le terme le plus politiquement correct qui soit), mais l’histoire… Non je n’en dirai pas plus pour laisser d’éventuels lecteurs découvrir le contenu exact de l’intrigue de ce très bon roman.
Le prétention est un travers très dommageable pour un artiste. Connaître sa valeur est important, se croire plus talentueux que ce qu’on est réellement représente un vilain défaut. D’après certains critiques, Leos Carax est un véritable génie. Ils avaient chanté les louanges d’Holy Motors son précédent film. De mon côté, j’avais trouvé le film incroyablement ridicule et mauvais. Je ne formulerai pas un jugement aussi dur sur Annette, qui vient de recevoir le prix de la mise en scène au dernier Festival de Cannes. Par contre, je ne déborderai toujours pas d’enthousiasme pour un long métrage signé par un réalisateur d’un immense talent, mais persuadé à tort d’être un pur génie.
Sault est un groupe britannique particulièrement mystérieux. En 2019, il a sorti deux albums : Rise et Black Is… et c’est tout. Pas d’interview, pas de photos, pas de scène. Reste juste donc la musique, ce qui est tout de même l’essentiel. Commençons donc par le premier de deux. On y plonge dans une ambiance électro éthérée, mais non dénuée de peps et d’énergie. Cela sonne avant tout comme une musique d’ambiance. En effet, c’est agréable, mais rarement réellement accrocheur. Un peu comme du Daft Punk sous Prozac. On leur connaîtra un gros travail sur les sonorités qui apporté de la variété entre les titres, qui contrebalance un côté parfois lancinant de ces derniers.
Le second nous entraîne sans surprise dans une ambiance similaire. Mais cette fois-ci, le résultat est nettement plus lancinant et encore moins accrocheur, ce qui ne nous pousse guère à la mansuétude. Le travail artistique est moins intéressant. Les titres restent variés mais se démarquent moins les uns des autres. On les traverse sans encombre, rien ne venant agresser les oreilles, mais on n’en retire pas grand chose au final. Cela classe définitivement la musique de Sault dans les pures musiques d’ambiance. Mais on n’a déjà fait mieux en la matière.
Tout au bout d’une grande saga, on s’attend d’abord à une fin, qui achève la narration et marque le bout des fils de l’intrigue, puis à un conclusion, qui tire les leçons de tout ce qui a été raconté. Pour la saga des Rougon-Macquart, Emile Zola nous propose d’abord la Débâcle, récit de la défaite militaire de la France face à l’Allemagne en 1870. Elle marquera la fin du règne de Napoléon III, dont la saga a cherché à brosser un portrait le plus exhaustif possible. Il s’agit donc de l’aboutissement du fil rouge avec lequel ont été brodé les 18 romans qui l’ont précédé. Un aboutissement d’une formidable intensité.
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