A 42 ans, parmi les petits regrets que je peux avoir concernant ma première moitié de vie, c’est de n’avoir pas autant voyagé que je l’aurais souhaité. Mais heureusement, j’ai pu compenser cette légère frustration par de très nombreux voyages par procuration grâce au cinéma. Compartiment n°6, récompensé par le Grand Prix au dernier Festival de Cannes, offre un tel moment de dépaysement. Pas forcément en nous amenant dans une destination rêvée, mais en tout cas en nous emmenant sur une route (ou plutôt une voie ferrée) que l’on imaginerait pas forcément emprunter sans la magie du 7ème art. En effet, le film nous emmène au cœur de la Russie ultra profonde, à la rencontre de ses habitants, pas toujours ultra sympathiques au premier abord.
Dans Compartiment n°6, on épouse bien le regard d’un étranger qui réaliserait ce voyage relativement inattendu. En effet, on suit les pas d’une archéologue finlandaise qui va traverser la Russie pour aller voir de très anciennes gravures rupestres (des pétroglyphes… nouveau mot à mon vocabulaire grâce à ce film). Ceci ne constitue évidemment qu’un prétexte pour toutes les découvertes et rencontres qui émaillent le scénario, et notamment avec l’homme, d’abord un peu rustre, avec laquelle elle se trouve contrainte de partager son compartiment pour ce trajet qui va durer plusieurs jours. L’histoire est riche d’épisodes savoureux qui confère un charge certain à ce film, avec une dimension humaine forte et réellement touchante.
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Je souligne souvent par ici que l’amour reste le sujet numéro un des histoires que se racontent les êtres humains depuis qu’ils se racontent des histoires. Mais l’amour est-il pour autant quelque chose de totalement immuable ? Le sentiment au plus profond, oui sûrement, mais les pratiques amoureuses évoluent d’une époque à l’autre au gré des changements sociétaux. Les Olympiades est un film profondément romantique, contrairement à ce que pouvait laisser penser la très mauvaise bande-annonce, qui témoigne fidèlement (pour ne pas crûment) de celles d’une époque et d’une génération.
Le propre de l’humour est de pouvoir dédramatiser les débats qui prennent bien trop d’importance dans les débats par rapport à ce que la raison voudrait. C’est une de ses grandes vertus, au-delà du plaisir simple de rire un bon coup. Barbaque possède bien cette vertu. Par contre, on peut débattre du deuxième point. En tout cas, Fabrice Eboué confirme sa volonté de s’attaquer à des sujets bien casse-gueule (l’esclavage, le racisme, la religion…) pour les dédramatiser. L’intention est louable, même si ici à nouveau la mise en œuvre est imparfaite.
Le cinéma français laisse souvent de grande places aux questions sociales dans les scénarios. Il n’évite pas toujours le travers qui guette toujours tous ceux qui s’attaquent à ce genre de sujet. Le misérabilisme est le défaut de bien des propos, pourtant plein de bonnes intentions, mais qui peinent à convaincre. La Fracture échappe largement à ce piège qui se dressait pourtant clairement devant lui. Se montre-t-il pleinement convaincant pour autant ? Pas si sûr, car d’autres traquenards attendent les scénaristes. Dure vie que la leur !
Vaut-il mieux lire d’abord le livre ou voir le film ? Si cette question n’a pas vraiment de sens, si ce n’est pour le plaisir réel de lancer des débats inutiles et donc indispensables, j’aurais pu être en mesure de me la poser. En effet, dans l’organisation très précise de mes lectures, Illusions Perdues de Balzac va être le prochain livre dont je vais entamer la lecture. Et au même moment, son adaptation sort sur nos écrans. Il m’est arrivé de bouleverser mon organisation (si, si, j’en suis capable) pour lire un livre avant de voir le film. Je ne l’ai pas fait cette fois. Je ne sais pas si j’ai eu tort ou pas, mais une chose est sûr, ce long métrage ne m’a sûrement pas détourné de l’envie de lire le roman.
Apprendre, grandir, mûrir, voilà la plus grande aventure que chaque être humain a à vivre. Cela donne de grands récits d’aventures, désignés sous le terme de roman d’apprentissage. Roman ou film évidemment. Julie (en 12 Chapitres) nous livre une telle histoire, en nous permettant de suivre le parcours d’une jeune femme cherchant sa voie au tournant de le trentaine. Un film baigné des sujets contemporains qui parcourent nos sociétés, mais qui livre au final une très belle réflexion sur l’accomplissement individuel.
La valeur n’attend pas le nombre des années, paraît-il. Mais l’inverse est évidemment vrai. Ridley Scott en est la preuve. A bientôt 84 ans, il continue d’être un des réalisateurs les plus brillants, nous livrant des films le plus souvent spectaculaires, mais d’une étonnante variété. 2021 sera une année particulièrement riche avec le Dernier Duel déjà sur nos écran et House of Gucci qui va très bientôt le rejoindre. Le réalisateur anglais n’était pas forcément celui dont on attendait le plus qu’il contribue à l’émergence d’un cinéma embrassant pleinement le combat féministe. Mais il le fait à sa façon. En nous emmenant en plein moyen-âge.
Certaines parties du monde cumulent un nombre assez conséquent de raisons de ne pas vouloir y habiter. Pauvreté, catastrophes naturelles en tout genre, dictatures régulières, institutions défaillantes et tout ça dans une grande indifférence, voire même l’ignorance totale du reste de la planète. Haïti fait partie de ces lieux à qui rien ne sourit, sans que cela empêche grand monde en dehors de dormir. Ce sera peut-être un peu moins le cas grâce à Freda, un film qui nous emmène dans les faubourgs de Port-au-Prince à la rencontre d’une jeune fille peu ordinaire.
Quand la santé mentale de quelqu’un devient défaillante, jusqu’à adopter des comportements dangereux, on peut s’interroger pour savoir qui devra être qualifiée de victime. Celui qui « pète les plombs » ou ses proches qui en subissent les conséquences ? Ceci forme le cœur du sujet de les Intranquilles, un film sur la manière dont la bipolarité vient rendre impossible la vie d’un couple et leur enfant. Sur la manière surtout où certaines forces irrésistibles peuvent conduire certains à faire du mal à ceux qu’ils aiment pourtant de toutes leurs forces.
Rarement un épisode des aventures du plus célèbre des espions a été à ce point attendu. En plus du monde, comme à son habitude, James Bond devait cette fois carrément sauver le cinéma, en ramenant le public vers les salles obscures, après des mois de confinement et de mesures sanitaires diverses et variées. Mais aussi, rarement un James Bond aura fait l’objet d’autant de controverses que Mourir Peut Attendre. Des avis aussi tranchés qu’opposés ont été formulés à l’égard de ce film. Une polémique qui rappelle quelque peu celle ayant accompagné les débuts de Daniel Craig, qui était loin de faire l’unanimité pour ses débuts dans le smoking de 007. Mais ne pas laisser indifférent n’est-il pas déjà en soi une qualité ?
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