THE SUICIDE SQUAD : Le retour du reboot

On efface tout et on recommence. Désormais, cela ne fait plus peur aux producteurs, en particulier dans le domaine des super-héros. Et rapidement si nécessaire. En 2016, j’avais qualifié Suicide Squad de « raté de l’été », lui attribuant la note peu flatteuse de 07/20, à l’unisson de la moyenne des avis formulés sur ce film. Cette année, DC Comics nous offre The Suicide Squad (la différence est subtile). A la fois suite (on retrouve certains personnages avec les mêmes interprètes) et reboot (il y a une volonté claire d’effacer le premier volet raté), le film atteint cette fois-ci pleinement son objectif. Mais une nouvelle fois sans génie.

Pour ne prendre aucun risque, DC Comics a cette fois misé sur une valeur sûre derrière la caméra. James Gunn nous avait séduit avec sa vision des Gardiens de la Galaxie. Celle qu’il nous propose pour The Suicide Squad reprend les mêmes ingrédients, avec notamment une bande-originale particulièrement séduisante. On y retrouve aussi le même humour décalé réjouissant et la maîtrise dans les scènes d’action. Tout cela aboutit à un joli moment de divertissement ne laissant aucune place à l’ennui. Mais tout cela s’insère dans un scénario qui va droit au but, mais offre quelques idées originales et inattendues. Cela se fait sans doute au détriment de l’épaisseur des personnages et ne fait pas totalement oublier un certain nombre de clichés.

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CHRONIQUE DES JO DE TOKYO : JOUR 10: Histoire de famille

(Photo by Attila KISBENEDEK / AFP)

Depuis le début des Jeux Olympiques, je m’efforce de montrer comment derrière chaque médaille, il y a une histoire. Regarder les Jeux Olympiques ne revient pas qu’à regarder des compétitions sportives, c’est aussi découvrir toutes sortes d’histoire. Et forcément, dans cette diversité, il y a des histoires de famille. Celle de la famille Manaudou aura marqué l’histoire du sport français ces vingt dernières années, avec sept médailles olympiques à eux deux, dont une médaille d’or chacun. Ils resteront pour longtemps les plus grandes stars de l’histoire de la natation française. Par leur histoire (on y revient), leur personnalité et évidemment leur formidable palmarès.

La médaille d’argent remporté ce matin par Florent Manaudou n’a rien d’ordinaire. Au-delà de l’histoire de la famille, il nous a rejoué l’histoire de l’improbable retour, un autre grand classique indémodable. Quand il a annoncé sa volonté de se mettre… au handball après les Jeux Olympiques de Rio, la plupart des commentateurs (moi le premier) considérait que cela mettait fin à sa carrière sportive au plus haut niveau. Comme attendu, il n’a pas réussi à accéder à l’élite du handball, car on n’atteint pas ce niveau en débutant une carrière à un âge aussi avancé, quelles que soient ses qualités physiques de départ.

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LA LOI DE TEHERAN : Iranian connection

Le cinéma iranien reste étonnamment dynamique quand on connaît la situation du pays à tous points de vue. Peut-être que cette dernière pousse justement les cinéastes locaux à s’emparer d’un des rares territoires d’expression. Ils parviennent toujours à dresser un panorama de la société et du pays, de façon assez neutre, mais avec assez de réalisme et de subtilité pour laisser le spectateur formuler ses propres critiques. La Loi de Téhéran se situe pleinement dans cette logique. Un film qui ressemble à première vue à un polar assez classique, mais qui se révèle être au final bien plus que cela.

La Loi de Téhéran ne nous raconte pas l’histoire de gentils policiers poursuivant de méchants trafiquants de drogue. Il s’agit plutôt d’une autopsie du système policier et judiciaire de l’Iran et à travers elle, il formule une profonde critique sociale. La tension constante entre les personnages crée une tension narrative de tous les instants. On en apprend surtout beaucoup sur les rouages d’un pays qui semble reposer sur une immense hypocrisie. Tout cela crée une violence constante dans les rapports humains, chacun semblant pris dans une lutte pour la survie. Tout cela est décrit sans fard et la plongée est relativement vertigineuse.

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CHRONIQUE DES JO DE TOKYO : JOUR 9: TOUT SIMPLEMENT IMMENSE

Bouh, bouh, mais c’est quoi cette arnaque ! C’est du bidon en fait ces supposées chroniques des Jeux Olympiques ! Aujourd’hui, on se retrouve avec le même titre qu’hier et encore une photo avec Teddy Riner. Franchement, depuis qu’il poste des belles photos de lui sur Internet, il n’en fout plus une le Julien et il essaie de recycler deux fois la même deux jours de suite ni vu, ni connu ! Heureusement que je suis là pour démasquer cette infâme tentative d’escroquerie !

Mais qu’aurais-je pu choisir d’autre comme titre ? Comment ne pas saluer l’immensité de la performance de l’équipe de France de judo, parvenue à triompher de l’équipe japonaise sur ses propres terres ! C’est un peu comme si l’équipe du Japon d’épée nous battait… Mais attendez… Ce genre de clin d’œil est quand même magnifique et contribue à créer la légende du sport. Revenons cependant à nos moutons, où plutôt à nos judokates et judokas tricolores qui nous avaient déjà apporté moult satisfactions dans les épreuves individuelles. Si on pouvait à la rigueur leur reprocher un nombre de titres suprêmes limité, avec la seule Clarice Agbegnenou, je crois que toute forme de reproche est désormais proscrite.

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KAAMELOTT : 1er VOLET : Sacré graal

Je garde un très mauvais souvenir de la dernière fois que j’ai été voir un film tiré d’une série dont je ne connaissais rien… ou pas grand chose. C’est d’ailleurs sans doute un pas grand chose qui fait toute la différence. En effet, je ne savais strictement rien de Dowton Abbey avant d’aller voir le long métrage et je ne lui ai effectivement trouvé aucun intérêt. La magie des réseaux sociaux a fait que la situation était fort différente avec Kaamelott : 1er volet. Même sans avoir jamais vu formellement un seul épisode, j’étais un minimum familier avec cet univers, ses personnages et son humour. C’est sans doute pour cela que je suis parvenu à apprécier pleinement ce film.

Passer d’un format court à un format long est forcément un exercice difficile. De ce point de vu là, Kaamelott : 1er volet franchi l’obstacle de belle manière. Certes, l’impression d’être devant un film à sketchs n’est pas totalement absente, mais on a toute de même l’impression de se voir raconter une histoire qui se tient. C’est parfois un peu inégal, mais on apprécie pleinement de retrouver cet humour doucement absurde qui caractérise l’univers d’Alexandre Astier. On retiendra notamment une partie de rugby version Kamoulox qui restera sûrement culte. On passe en tout cas un excellent moment que l’on soit un fin connaisseur ou non de la série.

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LETTRE A MON CORPS

Avouons-le, on ne s’est jamais trop aimé. Ou plutôt, je ne t’ai jamais trop aimé, parce qu’évidemment je ne sais pas ce que tu penses. Tu peux trouver ça injuste parce que tu m’as offert une vie sans problème de santé et j’ai toujours pu me servir de toi pour accéder à toutes sortes des plaisir et de jouissance. Mais voilà, tu me m’as jamais plu. Je t’ai toujours vu comme un handicap, venant gâcher tout le reste par la mauvaise impression que tu pouvais donner. Alors j’ai toujours eu un peu honte de toi, cherchant toujours à te cacher ou à t’enfouir. Tu vois, d’ailleurs je n’ai pas intitulé ce billet « lettre de mon esprit à mon corps », ce qui aurait été plus honnête. Mais j’ai envie de considérer que tu n’es rien et que je suis tout.

Certes, je t’avais déjà vu évoluer. Il y a quelques années, des efforts matinaux t’avaient offert un peu de muscles qui ne te vont pas si mal. Mais cela n’avait pas changé grand chose à mon mépris à ton égard. Un mépris bien commode pour t’attribuer la responsabilité de beaucoup de mes échecs ou de mon manque de courage. Une excuse facile sans doute. Tout cela aura en tout cas ancré au plus profond de moi l’idée que tu n’étais pas à ma hauteur et que tu me tirais vers le bas. Qu’il n’y avait pas grand chose à espérer de toi. Que je ne pouvais que te subir et te traîner comme un boulet.

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CHRONIQUE DES JO DE TOKYO : JOUR 8: Tout simplement immense

J’ai failli intitulé cette chronique « immense quand même »… Mais quatre médailles en quatre olympiades, dont deux en or, ne méritait pas un « quand même ». Tout est relatif, écrivais-je hier. Il faut bien juger la performance de Teddy Riner non relativement aux espoirs du jour, mais bien à la réalité de sa carrière. Il est un des plus grands athlètes de l’histoire, cela ne souffre ni contestation, ni nuance. Cette médaille de bronze est à apprécier pleinement et sans réserve. Surtout que d’autres sont peut-être à venir avec l’épreuve par équipes de demain. Et bien sûr, les JO de Paris dans trois ans.

Teddy Riner aura, quoiqu’il arrive, marqué l’histoire du sport français. Il est désormais loin du jeune prodige médaillé à 19 ans. A Pekin, sa première médaille de bronze avait déjà quelque peu déçu. Mais les deux titres de Londres et Rio en ont fait un immense champion, au palmarès unique dans le sport français (au Tony Estanguet près). Mais c’est aussi par sa personnalité qu’il aura marqué les esprits. Comment ne pas être sous le charme devant ses 2m04 de sympathie, d’intelligence, d’humour et de malice ? De courage et d’abnégation aussi. Il faut se rappeler que depuis sa victoire il y a cinq ans, il a traversé des moments difficiles, son corps commençant à souffrir d’une aussi longue période au haut niveau dans un sport de combat.

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DESIGNE COUPABLE : Témoignage à l’ombre

La prison de Guantanamo représente un trou noir de la justice et du droit. Il y reste un peu moins de quarante détenus, toujours sans aucun cadre juridique. Entre temps des procès ont fini par avoir lieu et tous ne se sont pas déroulés comme l’espérait l’administration des Etats-Unis. Un des cas les plus emblématiques est celui du Mauritanien Mohamedou Ould Slahi, qui a tiré de cette expérience un livre traduit dans de nombreuses langues. Un témoignage poignant, édifiant et très instructif. Le voici adapté à l’écran avec Désigné Coupable de l’Ecossais Kevin McDonald, avec Tahar Rahim dans le rôle principal.

Désigné Coupable est symptomatique de deux domaines où le cinéma américain (même si le film est formellement un film américano-brittanique) brille tout particulièrement. En effet, il sait s’emparer de manière forte de sujets d’actualité et polémiques pour dénoncer des situations inacceptables. Et puis, il reste maître de ce genre si particulier qu’est le film de procès. Evidemment, c’est le système judiciaire américain qui permet une telle dramatisation, mais il y a aussi une vraie culture artistique derrière. Kevin McDonald s’en empare avec beaucoup de maestria et tout le talent qu’on lui connaît. Ce film n’est peut-être pas à la hauteur du Dernier Roi d’Ecosse, le film qui l’avait fait connaître, mais on est heureux de le voir signé à nouveau signer un film aussi marquant.

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CHRONIQUE DES JO DE TOKYO : JOUR 7: Chocolat amer ?

J’aurais pu faire le choix en ce septième jour de compétition de parler d’argent, soit la couleur des trois médailles tricolores du jour. J’aurais pu parler également du sport féminin puisque elles ont été décernées toutes les trois à des athlètes de ce sexe. J’aurais pu notamment faire honneur à la magnifique Madeleine Malonga, dont les larmes ont brisé plus d’un cœur aujourd’hui. Il y a dans son attitude tout au long de la journée, dans son refus de la défaite et évidemment dans son talent, quelque chose de Clarice Agbegnenou. On lui souhaite le même destin et que les larmes dans trois ans à Paris soient des larmes de joie cette fois.

Comme je n’aime pas faire comme tout le monde, je vais donc vous parler de toute autre chose. Je vais vous parler de chocolat. Non pas celui que l’on utilise en pâtisserie. Mais celui dont on fait les médailles imaginaires, récompensant les quatrièmes places. Finir au pied du podium revient en effet à occuper une place très particulière pouvant faire naître des sentiments extrêmement contrastés. On dit souvent que c’est la pire des places. Mais est-ce vraiment le cas ?

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BERGMAN ISLAND : A double titre

Vraiment rien ne garantissait que je puisse apprécier Bergman Island. Déjà parce que la bande-annonce ne faisait pas spécialement envie. Mais aussi parce que ma précédente expérience avec le cinéma de Mia Hansen-Løve ne m’avait pas spécialement convaincu. J’étais d’autant plus échaudé que le film tourne beaucoup autour de la figure d’Ingar Bergman, dont la l’œuvre la plus connue, Cris et Chuchotements (et la seule que j’ai vue, j’avoue) est pour moi un film absolument ridicule. Mais j’ai surmonté mes réserves de départ et je ne le regrette pas.

Bergman Island nous offre une nouvelle version d’un schéma de narration classique, mais assez peu fréquent pour être tout de même jugé original. Il nous raconte l’histoire de quelqu’un qui écrit une histoire… Le film nous offre donc deux histoires en une, deux histoires imbriquées l’une dans l’autre. L’intérêt de ce film tient dans un jeu de miroir entre la réalité et comment cette dernière est utilisée pour nourrir la fiction. Cela aboutit à un film un rien contemplatif mais avec essai d’épaisseur narrative pour que le spectateur ait envie de savoir à quoi vont aboutir les deux fils de l’histoire.

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